Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


jeudi 29 novembre 2018

Allégorie du Jardin de L’Âme (17)


Blasons de Lebiazhenskoe_et de Lebyazhie (Russie)


Le Jardin du Cœur


L’Humilité est au Temps, L’Épée qui foudroie l’éparpillement. Je l’ai entendu dire, lors que d’un tire d’aile, L’Oiseau fendait Le Ciel et je suis partie en L’Élan de cet Appel. L’on observe au silence notre langueur et elle de nous interroger : qui es-tu au cœur de mon seul émoi ? Lors que je ne sais rien, qui cherche en ce Temps La Clé de tous les Temps ? Je compris que seule une force en L’Au-delà de la pré-existence était à me souvenir les Beautés de L’Éclosion au large des vents tempétueux du Tout Commencement. Ainsi, je fus surprise par la profonde parole de Sagesse qui me tint ainsi sans pouvoir l’ignorer. La Voix de La Langueur me parle depuis cette Aube Florale, lors qu’en Son Cœur, les pétales sont des effluves exultantes. Ô ma Patrie ! Ô mon Parfum ! C’est en l’interstice du Temps que je vis Ton Regard.

Il est Celui qui te voit, tel que tu désires être vu, et là est toute l’étrangeté de L’Illimitation. Lors, c’est en cette promenade, que les feuilles automnales sont L’Humus du Printemps qui s’égaie, et comme est belle La Promesse du Manifesté, lors que de Sa Non-Manifestation, se trouve L’Éclosion imaginale de toutes les créations en leur toute possibilité ! Je sus que je n’étais jamais partie, ni jamais absentée, ni jamais à l’extérieur, ni jamais séparée. L’Être, en Sa Pérennité, d’Essence Immanente, et d’Essence Incréée, est en Son Absoluité, La Neutralité, L’Immutabilité, La Conscience Reliante, La Conscience en ce Seul Point de La Présence. Or, je compris que Le Regard est en Sa Lumière, indéfectible, impersonnelle, telle La Nature qui advient en Le Regard concomitant, en L’Adventice et en ce semblant paradoxe : d’Essentialité Éternelle. Tel est le clignement des yeux, et telle est La Radiance du Cœur. Je formulai ce vœu : ne me donne plus aucun des signes extérieurs et fais-moi entrer en ceux de L’Intérieur. Or, je vis, sur un Lac magistral, un Cygne de blancheur Immaculée. Je souris. Puis, je vis plus loin, sur un autre Lac, deux Cygnes flamboyants de Lumière. Je souris encore. Il joue, pensé-je en moi-même et c’est Lui qui me dit : tous les signes sont intérieurs. Il n’est ni Dedans, ni Dehors, quand même L’Espace est une mesure compénétrée par l’esprit dimensionnel. Il est Celui que tu vois tel que tu désires Le voir. Il ne jamais te réduit, car Il est L’Irréductible. Au dessus des lacs Quintessenciés, L’Ivresse est une Plénitude et Tout est en Lui, Munificence inaltérée. Il est Le Corps, et il n’est pas. Il est L’Esprit et il n’est pas. Il est en ce qui fluctue et en ce qui ne fluctue pas. Il est Celui qu’Il te donne à voir, et Il est au-dessus des regards. Là où je m’étais retrouvée ressemblait à un Jardin inexistant et existant tout à la fois. Il apparaissait autant de fois que mon Souffle s’alignait à Son Désir et c’est Là, juste Là, qu’Il s’effaçait pour me donner à Sa Présence en ce Paradoxe éblouissant de Beauté. Il me dit : que choisis-tu ? Toi, lui répondis-je, et je me soumets à Ta Volonté. Tu es Le Connaissant. Si Tu me montres L’Impersonnel : je Te vois. Si Tu me donnes aux images : je Te vois. Tu me répètes : Je marche avec toi. Alors, je suis entrée par Amour en Ton Jardin foisonnant des mots de L’Incréé, et Riche du Silence de Ta toute Réalité. Tu me dis : prends soin de ton cœur. C’est là que se trouve Ma Demeure.

  


      Allégorie du Jardin de L'Âme               Le Cycle du Cygne
Blasons d'Alikovsky et de Dolgoproudny (Russie)

Longues décennies

 
Blason de Heidenheim (Bavière, Allemagne)

Est-ce la même voix, est-ce la même peau ?
De mon corps vieillissant, que puis-je encore attendre ?
Même si à fort peu de charme il peut prétendre,
Certains jours, il advient qu’il soit frais et dispos.

Il a bien plus souvent besoin de son repos,
Mais je vois qu’il a tant de plaisir à le prendre…
Ce qui est bon pour lui, comment le lui défendre
(Ou ce qui est mauvais, quand ça vient à propos).

De sa jeunesse, un corps a-t-il des souvenirs ?
Ou des prémonitions, quant à son avenir ?
Le corps se soucie peu de ces choses lointaines.

Il laisse aller le sang et palpiter le cœur,
Ni vaincu désolé, ni triomphant vainqueur,
Les ans ne sait compter que par quelques dizaines.

Cochonfucius

Sunny Smile


Drapeau de la ville d'Istra (Russie)

                                                     Children of the stars
                                                     on a human Journey
                                                     we have forgotten
                                                     the Infinite.

                                                     But the Sky remembers
                                                     as well as the Bird in us.
                                                     It is not afraid of heights.
                                                     Not bounded by borders.

                                                     We live in a cage
                                                     with a door wide open.
                                                     Sunny Smile. Sunny World.
                                                     Love gives us wings.


lundi 26 novembre 2018

Le cœur à l'ouvrage


Blason de Baltassi (Tatarstan, Russie)

Le jour qui baisse annonçant l'hiver venant,
Compère Ours se doit mettre en quête d'un refuge.
Qu'y peut-il faire ? C'est un hibernant
Et de sa condition jamais ne fut transfuge.

Mais la grotte est peu répandue dans la contrée,
Lors, il n'est pas rare qu'un confrère vous la dispute,
Et s'il est de taille, mieux vaut ne pas le contrer,
L'on en serait comme d'un rocher qui vous percute.

« L'on est bien en peine de n'avoir pas son chez-soi.
Mais pourquoi ne bâtirais-je pas ma propre hutte ?
En aurai-je le temps ? Ne perdons pas une minute !

D'une sage décision, pas question que je sursois
Et je suis fort aise d'avoir le cœur à l'ouvrage
Car de bien dormir au chaud m'en donne le courage. »

Marc

Blason de Nezbudská Lúčka (Slovaquie)

Aide-toi et le Ciel t'aidera, dit l'adage,
Car le destin a bon dos qu'on s'en fasse l'otage.

dimanche 25 novembre 2018

Chemins parallèles


Suivre les arcs-en-ciel

Blason de Pfreimd (Haut-Palatinat, Bavière, Allemagne)

Allons marcher, dit-il, où sont les bouquinistes,
Sur les bords de la Seine ils nous accueilleront,
En me reconnaissant, bouteilles trouveront ;
Prenons le verre en main, car, vraiment ils insistent.

Suivre les arcs-en-ciel, c'est une bonne piste,
Vers de plus beaux jardins, derrière eux, nous irons,
Et Paris a aussi de charmants environs
Qui ont su autrefois inspirer les artistes.

Ou bien nous flânerons comme des étourdis
Sans que de nos soucis nos cœurs soient alourdis,
Avançant tout au long d'un sentier invisible.

Les villages discrets où vivent mes copains
Ont des auberges qui proposent du bon pain,
Dans des salles vibrant d'une rumeur paisible.

Cochonfucius


Cueillir les sourires

Blason de Sand am Main (Basse-Franconie,Bavière, Allemagne)

Viens, allons en ville et cueillons les rares sourires
Sertis dans des regards plissés en arcs de cœur.
Le long des vitrines où les vanités se mirent,
Nous dévierons le nôtre pour le porter ailleurs.

Nous l'offrirons à tel passant qui nous verra
Au-delà de notre éphémère apparence
Et le rendrons à tel autre qui relaiera
Le signe de la véritable obédience.

Nous irons par les rues, les avenues, les boulevards,
Fendant les flots de la morne foule des hagards
Dont les pensées flasques et vaines écument le vide.

Nous ouvrirons dans la cité endolorie
Un chemin de traverse en croisée de vies,
Où l'amour peut vieillir sans prendre une ride.

Marc

Baisers célestes


Blason de Tinn (Comté de Telemark, Norvège)

Pluie fine des matins heureux qui mouille la cité
De mille baisers célestes ; en chaque goutte est un ange
Descendu de sa nuée pour nous visiter.
Ce que je dis là est vrai, même si c'est étrange.

Lors qu'un jour tu te promènes sur quelque chemin,
Écoute les feuilles frémir et chanter sous la brise ;
Si tu sens comme les caresses de mille petites mains,
Les sylphes dansent autour de toi et te font la bise.

Tiens, ce clapotis qui monte d'un petite ruisseau,
C'est, n'en doute pas, le gazouillis d'une ondine.
Ne crois pas que ce soit la nature qui badine :

Elle travaille ; tout en elle est du Vivant le sceau.
Cette science par les contes et légendes transmise
Se veut être redécouverte et mieux comprise.

Marc


Lire aussi


samedi 24 novembre 2018

Agonie à Roncevaux


Composition de l'auteur
(d'après le blason de Hätzingen, Canton de Glaris, Suisse)

C’est le comte Roland, où donc est sa grandeur ?
Ce vaincu, ce mourant s’appuie contre une souche,
Son orgueil avec lui se flétrit et se couche,
Le voici regrettant son ancienne verdeur.

Or, en nulle occurrence il n’a manqué d’ardeur,
Mais le doigt de la Mort en cet instant le touche,
Plus d’épée en sa main, plus de cor en sa bouche,
Mais des membres mourants où s’en vient la froideur.

À Roncevaux, pourtant, sereine est la nature
Qui de son Créateur est une portraiture ;
Car jamais on ne vit un ouvrage plus beau.

Le poète impérial prépare une louange,
Les peintres de la Cour pensent à des tableaux,
Et, dans le ciel de Dieu, j’entends prier les anges.

Cochonfucius

Les vrais héritiers de Machiavel


Blason de Heroldsbach (Bavière, Allemagne)

Les souverains ont toujours eu leurs conseillers,
Sauf ceux qui étaient sous l'inspiration divine,
Une espèce dont l'histoire ne fut guère embouteillée
Et aujourd'hui moins que jamais, on le devine.

Certes, on ne peut pas servir Dieu et Mamon, (1)
Car c'est en absolu l'impossible ménage ;
Ce serait comme confondre l'ange et le démon ;
Il est périlleux de dépasser ce bornage.

Mais il sera toujours des apprentis-sorciers
Pour jouer avec le feu, des esprits viciés
Et machiavéliques pour enfreindre les limites.

Bainville disait : « Tout a toujours très mal marché. » (2)
Que dire, à l'heure où tout est soumis au marché
Qui relègue toutes les autres lois au rang de mythes ? (3)

L'Abbé Théophile


Le titre de ce sonnet ne fait pas allusion aux politiques d'aujourd'hui qui ne sont plus les héritiers de rien ni de personne, mais à ceux qui sont les vrais dirigeants de ce monde : les marchands et les financiers (c'est-à-dire les spéculateurs) .

(1) Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. (Matthieu, 6:24)

(2) Jacques Bainville (1879 - 1936), historien et journaliste visionnaire (et donc, en tant que tel, non politiquement correct).

(3) La dérégulation du marché ne vise pas uniquement la libre circulation des marchandises et des capitaux, ainsi que des travailleurs « flexibilisés » (c'est-à-dire, dans les faits, déracinés), mais entend également faire sauter tous les verrous liés aux droits et aux codes nationaux et donc, pour ce faire, à subordonner la souveraineté des pays à un pouvoir de nature supranationale, au mépris de la volonté des peuples et de la démocratie elle-même, prônée par ailleurs comme le seul modèle possible et donc obligé.

Digression (5)


Blason de Shakulovsky (Tchouvachie, Russie)

La montagne nous fait écho, et je sens que bientôt nous allons atteindre le cœur de la forêt profonde. Je te regarde comme évanouie en ta marche dansante. Petit homme, tu me ramènes doucement en ce lieu béni, ce Jardin de Lumière qui me rappelle l’entêtant parfum de nos escapades.

Sur La Terre de nos origines lointaines, en La Primordialité, Pays des Druides, en l’âme des profondeurs, des chants et des souffles au creux des roches, lors que la voix épouse notre cœur, tel est le chant qui vogue au Nord de L’Etoile, Grande Nouvelle. Puissance des arbres et de l’éloquence végétale, Île de notre Joie, Verdure incantatoire, et feu de l’alchimie en ce vent qui court tout au long de la grève, voici les quelques murmures de La Pleine Gloire ! Ah ! Nous nous retrouverons en ce Lieu-là et la plénitude nous gagnera. Danse, petit homme, au son de la cornemuse, de la harpe et du hautbois ! Je ne sache pas plus Réel que ce transport-là des terres de l’au-delà. Le tambourin est Éloge du Rythme qui donne à La Féerie toute La Force du Souffle cadencé. Tu me donnes Le Nom et je suis en cette hébétude infinie. Les univers s’ouvrent telles des feuillets aux lignes de justesse et d’harmonie cosmiques : Terre et Ciel ! Toutes voiles dehors en L’Âme de L’Océan subtil de Promesse ! Dans tes bras, l’on retrouve les musicalités du parfum de L’Âme. C’est en cette luxuriance de L’Atemporel que s’ouvre La Marche solennelle et c’est en cette Voûte que nous faisons ensemble ces quelques pas. Je t’ai vu cueillir L’Eau fraîche des sous-bois, et je t’ai vu t’endormir sur la mousse, près d’un ruisseau, aux si doux clapotis, que je n’ai pu m’endormir qu’auprès de toi. Petit homme, tu marches sans relâche et jamais ne me défais de toi. Ta Présence est une exultation ; derrière toi, le loup et le renard te suivent sans querelle et au loin, c’est Le Roi de La Forêt qui te salue. Tu fais cette Révérence et soudain, je ne sais plus qui est Le Roi.



             Digression 1              Digression 2                  Digression 3                Digression 4

vendredi 23 novembre 2018

L'Âme de ma Vague


Blason de Kossino-Oukhtomski (Russie)

                                        Ô Vague en cette Vague !
                                        Tu es à nous mener en Toi.
                                        Est-il une Limite à Ton Amour
                                        En L’Opalescence encore des Vagues
                                        Mille fois brisée en ma propre vague ?
                                        L’Océan renaît toujours.
                                        Est-il à se boire en sa Soif !
                                        Ô Vague qui s’évade en Toi,
                                        L’Océan est Ton Jaillissement !
                                        Et le Cœur est traversé des Lumineuses douleurs
                                        Que des écumes transpercent allègrement.
                                        Ô Vague en ma vague !
                                        Est-il un autre Tournoiement,
                                        Lors que les vents te violentent de mille grâces !
                                        Les profondeurs indiscernables,
                                        Des Nitescentes Blancheurs.
                                        Ô Vague de La Vague !
                                        L’Âme est L’Irradiante Beauté
                                        Fondue en l’évanouissement.
                                        Est-il une autre Vague que cette Vague ?
                                        Des mille caresses marines,
                                        De l’effervescence océane,
                                        Lors que les rayons du cœur l’étreignent,
                                        En ce flux est Le Chemin de l’Abondance.
                                        L’Océan n’est pas avare de La Présence.
                                        Vague de La Vague,
                                        Mille Ondoiements et mille mouvances,
                                        Lors que cette Lumière Fluviale
                                        Nous noie de Sa Danse.
                                        Ô L’Âme de ma Vague !


Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

Apocalypsis 26 – De la planétarisation de l'humanité


Blason de Guignen (Ille-et-Vilaine, Bretagne)

De gueules au casque d’argent taré de profil,
accompagné de trois têtes de loup arrachées du même.

C'est par leurs consciences que les hommes se départagent*
Et non par les classes auxquelles ils s'identifient ;
L'on peut être d'un autre monde au même étage ;
Tôt ou tard, l'on s'y révèle et authentifie.

La planétarisation de l'humanité,
Qui est conjointe à l'explosion démographique,
Donne à ce phénomène une visibilité.
Car c'est l'une des phases des temps apocalyptiques :

Les consciences similaires se veulent rassembler,
Lors que les bases traditionnelles sont à trembler ;
Et c'est l'une à la suite de l'autre qui vacille.

L'autophagie du monde est une réalité,
L'appât du gain répandant la voracité,
Voire la rapacité qui à peine se maquille.


L'Abbé Théophile


Une question de conscience


Blason d'Avajan (Hautes-Pyrénées, Occitanie)

D'azur au mont d'argent sur une terrasse herbeuse isolée de sinople,
soutenue de deux fasces ondées aussi d'argent.

Tu ne crois pas en Dieu ? Cherche au moins ta lumière !
Oh ! pas celles qui nous ont menés dans les goulags
Ou amenés à mépriser l'humble chaumière
Pour vivre dans du béton barbouillé de tags,

Mais celle qui est au fond de soi-même : l'intérieure,
Au-delà des marais psychiques et du mental,
Qui nous ramènent sans cesse dans les zones inférieures
Qui s'étagent en strates sur le plan horizontal

Dont les parties supérieures se piquent d'altitude.
Mais celle-ci est sans rapport avec la hauteur
Qui est au-delà des terrestres latitudes.

Croire ou non n'est jamais qu'une question de conscience
Et c'est toujours de soi-même le révélateur.
Un idiot n'est pas forcément sous l'homme de science.

L'Abbé Théophile


Pour Albert Samain


Blason du District de Shchyolkovsky (Oblast de Moscou, Russie)

Notre vie se fragmente avant qu’on ne la brise ;
Chaque fois qu’on renonce à passer aux aveux,
À prendre l’occasion fugitive aux cheveux,
C’est un peu de notre âme envolée dans la brise.

Quand, sur de beaux portraits, nos regards s’électrisent,
La flamme parcourant le système nerveux
Brille de plus d’éclat qu’un milliard d’autres feux ;
Mais souvent, c’est en vain qu’un pauvre cœur se grise.

Ce cœur ne monte pas, tel un nuage, aux cieux
Vers lesquels on nous voit, la nuit, lever les yeux.
Il s’endort dans le froid, s’éveille dans la brume,

Avance au long du jour, porté par des soupirs,
Et garde au creux de lui, profond, le souvenir
D’avoir été, jadis, léger comme une plume.



Lire aussi

                    Versailles                            Coq bicéphale                       Retour à Versailles

Ainsi que Pensée sur La Profondeur

La tête de l'hydre


Blason de Kiakhta (République de Bouriatie, Russie)

Si un chat n'est plus un chat, alors une souris
N'est plus une souris et plus personne n'est personne.
C'est là sans doute l'une des plus grandes tartufferies
De notre temps, quand même la langue se subordonne

À une idéologie qui veut niveler
(Vers le bas, forcément) tout ce qui se veut dire
Simplement et librement, jusqu'à museler
La pensée elle-même, ce qui nous ramène aux pires

Pages de l'histoire qu'on ne cesse d'ailleurs d'indexer,
Tout en les répétant, de manière plus perverse.
Aujourd'hui, c'est l'esprit que l'on veut annexer ;

De ce fait, l'on aura tout le reste de surcroît.
Peu importe, alors, les régimes que l'on renverse
Puisque la tête de l'hydre repoussera tout droit.

L'Abbé Théophile

Lire aussi sur Naissance et connaissance

jeudi 22 novembre 2018

De la hâte


Blason de Pavezin (Loire, Auvergne)

Écartelé en sautoir : au 1er d'or à la locomotive de sable, au 2e d'azur à l'arbre d'argent feuillé d'or, au 3e d'azur à la Croix des Chartreux du lieu d'or, au 4e d'or au soc de charrue de sable posé en pal la pointe en bas, accosté de deux clous du même.

La hâte qui tout dévore est née de la machine,
Et par elle, le temps, qu'il faudra sans cesse gagner,
Devint une valeur en soi qui pliera l'échine
Des hommes auxquels rien ne sera épargné.

Mais du mot « hâte », regardons l'acte de naissance :
Haist, du vieux-francique, langue parlée en Germanie,
Désignait la véhémence et la violence,
Actes par lesquels se traduit la vilenie.

Le fruit révèle l'arbre contenu dans la graine.
La précipitation, que plus rien ne réfrène,
Induit dans les faits une forme de brutalité,

Et c'est de ce monde le plus marquant caractère,
Aggravé par cet autre fléau planétaire
Qu'est le bruit, une véritable calamité !

L'Abbé Théophile

mercredi 21 novembre 2018

Mémoires oubliées


 
Blason de Haisne (Pas-de-Calais, Hauts-de-France) 

D’argent à la divise ondée d’or, accompagnée en chef de trois gerbe de blé aussi cousues d’or, liées de sable, surmontées d’une jumelles ondée d’azur, et en pointe d’un wagonnet de sable poussé par un mineur du même.

Tu quittas le sol qui te nourrissait à peine,
Lors, devant mettre les petits plats dans les grands
Car souvent la moisson s'annonçait incertaine.
Tu quittas le pays pour devenir migrant,

Rêvant pour toi et les tiens d'une vie meilleure,
Où l'on mangerait au moins chaque jour à sa faim.
Tu ne crains pas l'ouvrage, tu es un travailleur
Et d'une misère, tu veux voir le bout et la fin.

Mais te voici à des centaines de pieds sous terre
À piocher le charbon que par tonnes tu déterres,
Sans ne plus savoir ce qu'est la lumière du jour.

Même ton visage disparaît, on t'appelle gueule noire.
Bientôt, tu ne seras plus même dans les mémoires ;
Puis, comme tant d'autres, l'on t'oubliera pour toujours.

Marc

Allégorie du Jardin de L’Âme (16)


 
Blason de Sainte-Anne-d'Auray (Morbihan, Bretagne)


Le Temps Zéro est la plus inouïe des sensations que nous offre Le Silence. L’on sait que soudain, plus rien n’est, hormis Celui qui est La Présence. Depuis que Le Livre s’est ouvert au quintuple de L’Essence, les yeux se noient en La Réalité et chaque perle, et chaque pierre précieuse sont des joyaux qui indiquent les effets de La Lumière. Au Jardin, il est une paix et, bien des fois, j’ai rencontré le prince de ces lieux. Il avait le regard comme perdu et je lui demandais souvent, sans que les mots ne viennent à être prononcés par les lèvres, car seuls nos cœurs étaient à se comprendre, ce qu’il était à voir. Il me montrait en ouvrant un large Livre, l’univers qu’il avait délaissé. J’en fus étonnement surprise. Mais, je n’anticipais jamais sur ce qu’il voulait ou non me dire. Sans attendre, car, il me semblait par une science sûre que cela viendrait en son temps, je le regardais et c’est ainsi que j’ai beaucoup appris de Lui. Ce Prince avait été un mendiant sur la terre que nous connaissons. Un mendiant, vêtu de riches parures, et néanmoins, un mendiant. La richesse, la position sociale, les mondanités sont en réalité de bien pauvres attributs. tout cet apparat tombe comme de la poussière au regard de La Nature Essentielle, Elle, qui revêt avec un soin authentique tous les aléas étranges des hommes. Vous me demandez si ce Prince me regardait ? Qu’importe, je ne me sentais pas être vue. Qu’Il me fasse Ses confidences, ou qu’Il me laisse près de Lui, en son Silence, j’en mesurais toujours La Grâce et savourais la paix. A Lui seul, il était autant d’univers que de Souffle. Chaque fois que je le voyais courber la tête, je me sentais comme prise par Sa mélancolie. Je L’ai surpris un jour qui se transformait en Arbre et Ses Branches étaient des Mains d’abondances.

Pourtant un jour, Il me tendit une bougie. Sa Flamme était si scintillante de Présence que je ne pus en détacher mon regard. La Flamme dansait et me parlait avec autant de réalité et de concrétude qu’un être humain. J’avais déjà remarqué que les choses n’étaient pas celles que l’on croit en ce monde. Tout avait une bouche et tout avait une Histoire. Plus que tout, Tout était à nous inviter en La Substance de La Signifiance. Tout nous conviait à La Lumière des symboles. L’on me fit comprendre bien des fois que tout était langage et tout était Sagesse. Ce monde, sans être éloigné de la pure matière, lui donnait Sa Plénitude, en étant tour à tour exhalaison et toucher. La Bougie me donna à La pleine Concentration. Je fus extraordinairement déconcertée par l’approche vivante de Sa Flamme. La Bougie me regardait. En Son regard, douceur et bienveillance, je trouvais.

En ce qui flotte en mon absence, en mon mystère du feu jaillissant, en cette occultation, en cette compénétration de la complicité, lors que je me voile de mon effet, j’apparais au Regard de celui qui s’efface et se noie en La Présence. J’ai conquis les mondes de L’Éthéré, et j’ai savouré les luminescences froides de ma sœur La Lune. J’ai trempé dans l’obscurité du règne minéral, et me suis faufilée en l’interstice du Souffle Seigneurial. Je suis tel que l’on me voit : tantôt douleur et tantôt chaleur bienfaisante. Je suis à cuire en La Pureté des Eaux de L’Incandescence, car, l’on ignore encore le Feu de L’Eau, mais il viendra un jour, et la raison même sera confondue par les écarts de L’Acquis. Tout est mouvant, et tout relève de La Volonté Une. Lors que ma flamme s’apaise, je suis irradiance et rayonnance en La Lumière et je ne brûle pas, mais illumine. Je suis à La Source que nul n’approche et je suis en Elle à déployer les Fleurs extatiques de La Réalité des Convergences. Chaque flux est une Parole. Entends-tu La Voix du fond des âges ? C’est là, en une Caverne, que j’ai rencontré Celui qui aujourd’hui t’offre à mon Verbe. Du Nar*, je suis Nour, et ce sont là mes attributs éternels qui font de moi, ou le salut alchimique, ou les tourmentes de la Géhenne. Pourtant, même en ces charriements, je suis encore La Réconciliation. De ce pouvoir, Je n’ai qu’Une Seule Réalité. Sache-le et Je suis Le Vassal du Roi. Je suis soumis au Miroir de L’Âme et je La cherche car tel est Le Décret. J’ai traversé les ventres du règne animal, et j’ai couru aux frondaisons des abîmes que l’on ignore. Je suis tantôt la désolation et tantôt je suis La Beauté en La Vision. Incandescence joyeuse, en cette neutralité, je suis en L’Appel. Je réponds à L’Appel. Telle est ma réalité : je suis telle que l’on me voit. Et je te parlerai du monde et de l’animation du Souffle primordial. En Lui, est La Reconnaissance et, en Lui, est Résurgence.


* Nar : signifie feu, de la même racine arabe que Nur qui signifie Lumière. Les deux procède du même principe, mais n’ont pas les mêmes réalités. Nara : Briller, être en la vision. Nawara : qui illumine, qui fleurit. Telles sont les autres acceptions.