Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Est-il un Signe qui n'ait pas sa dimension en Sa Profonde Cohérence, cherchant Le Sens à L'Essence ? Est-il un Signe qui n'ait pas son Écho dans L'Indicible ? Est-il un Seul Langage qui n'ait pas Sa dimension Sacrée et révélateur des Réalités occultées ?

En ce Souffle que se veut presque recueillir le Blason, s'enveloppant, tout en proclamant, fleurissent mille et une Parures, puisant dans L'Êtreté, Noblesse celée et décelée. En ce cœur du Bouclier, mille essences, lors que Le Chevalier vêt L'Armure et L’Épée. Rituel et Quintessence en cet Art de La Connaissance que brandit La Torche enflammée, L’Éclat des Vertus Conquises et que l'on se veut protéger ! Aspiration d'une Renaissance Lumineuse en un Art de Vie oubliée, La Nouvelle Héraldie est à reconquérir cette Beauté que La Chevalerie a porté très Haut, au delà de ce que nous sommes encore en mesure d'imaginer. Le voyage se poursuit...

dimanche 23 avril 2017

Éloquence d'une Tortue



Blason de Wettolsheim (Haut-Rhin, Alsace)

D'argent à une tortue de sable posée en pal.

La Fidélité se passe du flot des mots.
Noble Maître Coq, sachez qu'en ce mien silence,
Est toute la pauvreté qui se veut défaire les maux
De la solitude qui n'est pas absence.

Ce cœur indigent est Celui de L'Univers,
Qui d'étoiles recèle en toute abondance
Les Perles de La Demeure de mon Frère.
Je suis à vous sourire de Sa Rayonnance.

J'aime faire ce voyage en votre compagnie.
Nous sommes en cette perpétuelle Aspiration.
Nous gagnons d'étape en étape, La Force.

Je vous ai vu observer cette tortue Amie.
Lors, j'ai retenu très fort ma respiration.
Certaines pudeurs se suspendent à la gorge.

Océan sans rivage


La Nature s'exclame en silence des douceurs verbales.

Maître Coq en sa vraie demeure


Blason de Baudrémont (Meuse, Lorraine)

C'est en son âme que l'on trouve sa plus sûre demeure
Car aucun voleur n'y peut pénétrer, pour peu
Que l'esprit, toujours en veille, ne soit point dormeur,
Prompt à débusquer les discours sirupeux

Dont ce monde se fait fort de nous faire largesse.
Où que mes pas se posent, c'est sous l'Égide du Roi ;
Mes pauvres mots ne sont sages que de Sa Sagesse
Car hors de Lui, il n'est partout que désarroi.

L'on a cru me séduire par de la pacotille
Et me vouloir vendre, en guise de paradis,
Des parcs d'attractions où la raison s'entortille.

Ils tiennent pour génie leurs pitoyables broutilles
Et vous veulent faire avaler des mets affadis.
L'on perdrait son Éternité à ces vétilles !

Marc
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Coupé voûté d'or à la tête de lion arrachée de gueules couronnée d'argent accostée de deux croix recroisetées aux pieds fichés d'azur; et de sinople au coq hardi d'argent crêté barbillé et allumé de gueules.

Poésie héraldique allemande - Freyhan

Blason de Freyhan (Basse-Silésie, Prusse ancienne)

In Silber ein roter Hahn zwischen drei goldenen Sternen.

Ich Hahn fress' alle Sterne,
Die aus den Wäldern gehn,
Doch die trübe Laterne
Lass' ich am Graben stehn.
Mein munteres Kleid zu striegeln,
Hab' ich ihr Gold zerscherbt
Und hab' mit tausend Siegeln
Den Fittich rotgefärbt.

Erzene Körner rollen
Durch meine Höfe stumm,
Die Gräser sind verschollen,
Die Mauern wandern um.
In meinen Federn wohnen
Möchte Mörtel und Staub;
Ich kräh' aus Zinnenkronen,
Zupfe steinernes Laub.

Meine Füße zerreißen
Wiesen wie vierfaches Schwert.
Dem Rosenkamm ist ein Gleißen
Kriegrischen Schimmers beschert.
Wenn zu die Tore mir fallen,
Sinkt meines Schwanzes Rad;
Aus dem Gefieder krallen
Lichter der nächtigen Stadt.


Gertrud Kolmar


Blason de Cieszków (Basse-Silésie, Pologne)

A true Poet


Blason de Halle Neustadt (Saxe-Anhalt, Allemagne)

                                                  I’m not a Painter,
                                                  but I dream to paint Words
                                                  like gate and path
                                                  on the wall that separates us.

                                                  I’m not a Sculptor
                                                  but I would love to carve
                                                  a few more poems
                                                  from the soft clay of Silence.

                                                  Poor me !
                                                  I’m not a Musician,
                                                  but I’m still desperately trying
                                                  to make birds of Nowhere sing.

                                                  O God of many Names !
                                                  I wish I had time enough
                                                  to live and leave as
                                                  a true Poet !

Frédéric G. Martin

samedi 22 avril 2017

Maître Coq, frère Contemplatif Pérégrinant


Blason de la seigneurie de Biousse-du-Plan (Vivarais)

Maître Coq, en un temps, se voulut revêtir
D'un ordre contemplatif la rude robe de bure :
« Il s'en est fallu de peu pour m'y convertir
Car qui aime l'oraison ne craint pas la courbure.

Ne vaut-il pas mieux, me dis-je, se soumettre
À Dieu plutôt qu'au monde ? Plus d'un qui ne s'incline
Se voit pliant l'échine devant quelque maître
Dont l'âme à la miséricorde n'est point encline.

L'on est prompt à sacrifier aux idoles sa vie
Et des insensés bavards prendre les avis,
Plutôt que d'écouter ce qu'enseignent les Sages.

Lors, j'ai décidé d'être un contemplatif
Pérégrinant, alliant l'esprit méditatif
Au chemin faisant, cueillant du Ciel les messages. »

Marc

Les confessions de Gente Oie


Blason de Pinsaguel (Haute-Garonne, Occitanie)

Gente Poule, tant de beautés ici célébrées
Ravissent, je vous le dois dire, mon âme candide ;
Lors, de révérences, je me sens toute pénétrée
Car je pressens que la Vérité est Splendide.

Il ne tint qu'à moi de lever sur le Monde Crée
Un regard d'Amour car lui seul donne toute Lumière.
N'éclaira-t-elle pas ma Vie qu'en mon coeur j'agrée
Et n'ouvrit en mon ignorance de belles clairières ?

Comme je me dandinais, en croyant tout savoir !
J'étais – vous le dois-je confesser ? – une oie stupide,
Mon cerveau n'étant pas non plus des plus rapides.

Des futilités, dont j'aimais à m'émouvoir,
Il ne resta bientôt plus grand-chose de solide ;
Plus qu'amer, le goût de ce monde est insipide.

Marc

D'azur à la clef d'or, accostée à dextre d'une oie de sable
et à senestre d'un roc d'échiquier d'argent.

vendredi 21 avril 2017

Janus ou Le Visage de L'Un


Blason de Riksarkivet (Suède)

Que La Terre nourricière au Ciel s'unisse.
Que les aspérités du violent tumulte
En rangs serrés et révérenciels, s'aplanissent.
Vois La Danse des Rayonnances du Pur Culte.

Il est un Chant Solaire qu'absout L'Horizon.
Se sont entrelacés les fleuves en doux heurt,
Lancinances que révèle la Floraison
Des longs chemins, dont s'imprègne encor le cœur.

Une sorte de Lieu est lors maturité.
Quand La Conscience pleine est reliée à ce Tout,
Fulgurance et basculement sont un Chemin.

Ma Noble Cigogne, vous parlez d'acuité.
Or, cette douce pensée me vient, je l'avoue :
Janus est à cacher Le visage de L'Un.

Océan sans rivage

Les Souffles de l'Aube - Vénération du Merle


Blason de Tkon (Dalmatie, Croatie)

Les Grâces Divines ruissellent en cette gorge reconnaissante du Merle.
Sa joie est semblable au frémissement de L'Amour naissant en sa virginité éternelle.
« J'ai recueilli les effets de Sa Descente, dit-il, lors que le jour est le berceau de Sa Présence.
Ô mon frère, L' Étreinte est vive de Sa Bienfaisance.
Il a versé en cette poitrine les lumières de la Quintessence.
Ce sont les transparences des pas de Son Éloquence.
Il est un Chant qui rend compte de notre limitation.
Mon élan rencontre La Voûte Sacrée , et me voici en la pleine nostalgie du voyage.
Le mystère de L'Aspiration est égal à cette distance qui cache La Proximité.
Mon bec effleure les Portes Célestes et ma vocation est de Le chanter.
Vois comme j'épouse Sa Délicatesse : elle est mille raffinements, lors que l'instant est à se cristalliser sur les roches de la transparence.
Mon coeur en est le sanctuaire. Et je dépose à tes pieds ma tremblante vénération.
Vois-y La Seule Réalité de mon Oraison. »

Océan sans rivage

jeudi 20 avril 2017

Considérations autophagiques 2


Blason de Ingolstadt alt (Bavière, Allemagne)

Bon, me dis-je, chacun est enfermé dans sa bulle
Cimentée par sa prothèse digitalisée
Et traverse le jour blafard comme l'on déambule,
S'identifiant au jeu d'une scène globalisée.

L'Amie, chaque matin, des milliards d'individus
Font le rêve américain d'une vie mécanique,
Persuadés, pour le moins, que ce leur est dû ;
Ainsi le modélisent les miroirs médiatiques.

Produire pour consommer, consommer pour produire,
Sauver la Terre pour la manger durablement,
Sans trop se soucier où cette folie va conduire.

Recycler la matière pour dévorer encore,
Puis s'étonner du général dérèglement,
Lors que l'on ne cesse d'ouvrir les boîtes de Pandore.

Le Spectre à trois faces


Au coeur de l'Apocalypse

mercredi 19 avril 2017

Laïcité : quelle transcendance ?


Blason de Chavenay (Yvelines, Ile-de-France)

Parti au pal d'argent ondé, au premier d'azur à la vierge à l'enfant d'argent, au second
de gueules au bonnet phrygien d'or brochant sur trois épis de blé empoignés de même.

L'Ami, la République se cherche une transcendance ;
L'on n'entend plus parler que de laïcité ;
Mais nul ne sait trop sur quel pied ce dieu-là danse ;
Donne-t-il espérance ? Procure-t-il félicité ?

L'irons-nous prier, les jours de désespérance ?
Nous fera-t-il monter en verticalité ?
Nous sauvera-t-il des noirs chemins de l'errance ?
Et quels en seront les prêtres habilités ?

Ceux-là même qui en doivent chanter la feinte louange
Sont fort éloignés de la condition des anges.
Je me hâte d'en rire, de peur d'en devoir pleurer.

J'ai trop d'ire en moi et ne sais plus comment l'écrire.
Quelle comédie ! Comment autrement la décrire ?
N'est pas né qui fera de moi une vierge épeurée.

Le Spectre à trois faces


Pour la séparation de l'Etat et du Veau d'or

Les Souffles de l'Aube - Fidélité

Blason de l'Amt Golzow (Brandebourg, Allemagne)

             Intelligible Souffle que recueille La Fidélité.
             Vois-tu comme Il est à tenir chaque seconde l'Imperceptible Présence ?
             En ce chemin des aspirations est une Réalité qui se nourrit de ton Aube perpétuelle.
             L'atome joue des effusions de Ton Cœur.
             Puis, il concentre les ardences de Ton Amour.
             Chaque seconde est Une. N'en doute pas !
             Si tu écoutes un seul de Ses Soupirs, Ton Âme ne L'oublie pas.
             Lève ton regard intérieur. Le Ciel descendra en pluie bienfaisante.
             Un Seul instant en Lui et tu le sauras.
             Jamais, Ô grand jamais, tu ne pourras t'en détourner
             Sa Prunelle est mille grâces effusives.
             Saisi par Sa Beauté, tu seras en ces larmes, l'esseulé.
             Troublante la vision de cette Fidélité.
             Je te parlerai des parures de Sa Resplendissance.
             Elles sont les pudeurs des visages de Sa Présence.
             Elles sont les Vertus que l'on a oubliées.
             Elles sont mille Noblesses de Sa Majesté.

Océan sans rivage

mardi 18 avril 2017

Considérations simiesques


Blason de la Maison nobiliaire von Stechow (Allemagne, 12e siècle)

L'Amie, laissons là ce temps aux oeuvres futiles
Qui nous inspirent un ennui mortel tout autant
Et voyons se lever cette Aube qui rutile
Des milles Soleils de l'Ailleurs, en ce Seul Instant.

Point ne suffit d'exister pour être Vivant
Car en la vie mécanique, même de grande pointure,
Il n'est rien, finalement, que n'emporte le vent,
Lors qu'avec les éclats saute aussi la jointure.

C'est le propre du fainéant d'être feignant.
Le principe de réalité n'est qu'une posture
S'il ne couvre que l'enveloppe du vide régnant.

Il y a loin, n'est-ce pas, de la coupe aux lèvres ?
Combien de rires sont du vrai sourire l'imposture ?
Plus d'un se pense profond en n'étant que mièvre.

Le Spectre à trois faces



N'imitez rien ni personne. Un lion qui copie un lion devient un singe.

Victor Hugo, Tas de pierres

Aimer


Blason de Valmanya (Pyrénées-Orientales)

Ecu carré en pointe : de gueules à une crosse abbatiale d'argent
accompagnée à dextre, à senestre et en chef d'une fleur de lys d'or.

Est-ce Lumière qui chante en ondes extatiques
Rayonnement qui en son élévation touche le firmament
Est-ce ruissellement d’un Soleil en une Lune Béatifique
Éternité qui s’abreuve des Fleuves du Ciel incessamment?
Aimer, en cette envolée qui devient ondées exquises
Suintement en ces éclats lors que le cœur devient Aimant
Eden d’un Centre si délicat, puissant de L’Origine
Mon Âme qui aspire en cette Ascension, l’Ultime Union
Aimer en ce regret de n’avoir pas su Aimer
Que chaque reflet fut une trahison
Aimer dans Le Souvenir de Celui qui aime
J’ai pleuré, Mon Seigneur, de ne pas savoir T’aimer
J’ai pleuré, saisie par Ta Grandeur et Ta Royauté
Émue, tremblante devant Ta Seule Fidélité
Ravie en cette Suprématie, en Ton infinie Bonté
Aimer, depuis ce cœur qui ne sait aimer, jusqu’à T’aimer
Depuis ces torrents déversés, implorant Ton Aide
Je T’ai demandé de m’enchaîner aux incandescentes Lumières
De faire de moi, Ta Destinée, Te rejoignant dans L’Innommé
Aimer, du Seul pouvoir d’aimer en Ta Sainteté Vénérée
T’aimer, agrandie en ce réceptacle par L’Amour Béatifié
Exaltée en Ton Universalité Seigneuriale, en L’oraison de mes larmes.

Je T’aime de m’aimer
De ce qui se dit à l’instant
De ce qui se dit pour L’Éternité
Je T’aime de m’aimer
Et veux le clamer constamment
En ce qui ne jamais s’épuise
Puisque L’Amour est Ton Firmament
Aimer de cet Amour qui nous unit
Je T’aime de m’aimer
Toi qui Es Ton Amour
Aimer, sans attendre autre que Toi
En cet Êtreté, LUI qui est LUI
Sommité immaculée
Clameur en Ta Souveraine Beauté.

Océan sans rivage

Cigogne bicéphale


Blason de Bessenbach (Basse-Franconie, Bavière, Allemagne)

Dame Cigogne, à qui l'on rapporte les paroles
Que Gente Poule eut un jour pour Maître Corbeau,*
Se voudrait, à la question, verser son obole
Et d'une aussi belle pensée porter le flambeau.

« Quoique je ne sois pas de nature compulsive,
Je me voudrais embrasser tout d'un seul regard.
Je ne suis pas davantage, l'on sait, impulsive
Car d'humeur égale et posée, à tous égards ;

Pourtant, l'idée m'a prise d'être bicéphale,
Ou d'avoir deux faces, comme le dieu latin Janus.
Elle m'est venue ainsi, sans que je le voulusse.

Mais Gente Poule m'apprit que la conscience focale,
En une présence pleine, donne également une vue
Synoptique car en l'infime, tout est contenu. »

Marc

* Voir Réponse jaillissante (à Maître Corbeau)

Je déchire ce tableau


Blason de Cordemais (Loire-Atlantique)

Comme mes veines ensanglantées par ces lames
Je déchire ce tableau
Comme ces morsures qui me poignardent l'âme
Je déchire ce tableau
Avec énergie, ardeur et mouvement
Je déchire ce tableau

Qu'était-il dépeint ? Une histoire sans fin
Pleine de larmes tailladant ce visage boursouflé
Je déchire ce tableau.
Plein de trace de sang de milliers d'être insoumis
Je déchire ce tableau
Avec haine, mépris, rage, et convulsions
Je déchire ce tableau
Dégorgement fétide et infecté
Je déchire ce tableau.

Était-il incompris ? Bien plus qu'un amour indécis
J'ai pitié pour ce tableau
Rejeté, enterré, calciné,
J'ai pitié pour ce tableau.

Le prenant dans mes bras comme un nouveau-né
Je crie ce tableau
Le cordon encore présent mais déchiré
Je crie ce tableau
Empoigné, serré, étouffé,
Je crie ce tableau.

Dans cette chaleur bercée, caressée, par la douceur allaitante
J'écris ce tableau.
De ce linceul de pudeur je recouvre cette étendue déchirante
J'écris ce tableau.


Seule, suis ce tableau.

Mey

Lune rousse


Blason de la famille Wäfler von Frutingen (Canton de Berne, Suisse)

Avril pluvieux et mai venteux font an fécond
Et bienfaiteux ; mais souvent, du premier, la lune
Ne s'écoule sans gelée, à en croire le dicton.
Qu'en sera-t-il vraiment ? Autant jeter les runes !

N'est-il pas dit, quelque part, qu'à la Saint-Parfait,
Qui cette année tombe après le lundi de Pâques,
Le printemps garde sa douceur ou s'en défait,
Recouvrant le clair azur d'une froidure opaque ?

Si en avril, ne te découvre pas d'un fil,
Mai ne présente pas toujours son meilleur profil
Car en son cœur dorment les trois Saints de Glace

Dont les bonnes gens de terre redoutent le réveil.
L'on est avisé d'écouter ce sage conseil :
Jusqu'à la Sainte-Sophie, c'est la lune rousse qui passe.

Marc


Notes :

- La lune rousse est la lunaison après Pâques, une période où, lors de nuits sans nuages, il y a des risques de gelées, nocturnes ou surtout au petit jour, qui font roussir les jeunes pousses des plantes.

- Les Saints de Glace, Mamert, Pancrace et Servais, sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai. Sainte-Sophie, fêtée le 25 mai, marque le terme de la période où menacent les gelées nocturnes.

lundi 17 avril 2017

Chant du Lilas

Blason des Lilas (Département de Seine-Saint-Denis)

D'or treillissé de sinople, entre-semé de fleurs de lilas de pourpre

J'étais une jeune fille bien seule sur le chemin.
J'étais cette fille qui scrutait au loin,
Le vertige des matins, lors que les rosées de Lumière
S'offraient au vent des sous-bois.
J'étais une multitude de soupirs et quelques brins lunaires.
Il court comme le clapotis des ruisseaux sur le tremblant émoi,
Et en lourdes grappes pourpres, il suspend le temps du Regard.
Il court en ces pas de danse que se murmurent les confidences.
C'est au creux des sentiers que la fille se perd, lors que le silence
S'allie à la douceur des effluves de l'embaumant nectar.
Je suis cette fille qui de velours est vêtue, et de blanches écumes.
Les ondoiements saupoudrent les féeries que laissent entrapercevoir les bosquets.
Ce sont les lutins qui dansent sans jamais se lasser.
Je suis la pluie infinie des vestiges d'une dune,
Lors que la joie est cascade de rire.
Je suis la magie des lieux que nos pas désirent.
Je suis les traces de Ton Exaltation entêtante.
C'est en ces gerbes que je suis à me vêtir de Ton Souffle.
Sur les écorces d'un Arbre Majestueux glisse L'Aube naissante.
Les tressautements du vent amical caressent l'étreinte du soir farouche.
C'est en son frémissement que je chante les rivières éclaboussantes.
Le miroitement des étoiles ceint de leur joyau le déploiement de mes bras.
C'est en ces fugaces évanescences que mon cœur s'enchante.
Je suis la fille d'un Arbre qui chérit le ciel nocturne.
Vois comme je suis à sourire en mon esseulement et comme mes sœurs me choient.
Je suis en Toi à rayonner de perles quintessentes.
La harpe ruisselle de Ta Présence Diurne.
Tu m'as donné pour Nom Lilas.
Est-ce de langueur ? Vois comme je fais révérence au Roi.

Océan sans rivage

mercredi 12 avril 2017

Coq de gueules


Blason de Colomars (Alpes-Maritimes, Provence)

Dans le ciel d’or un grand coq rouge
Veut s’en prendre à tout ce qui bouge ;
Tant que le jour n’est pas couché,
Il change le monde en bûcher.

Aussitôt que la nuit va naître,
Il rêvera, près des fenêtres,
Aux plumes des poules d’antan,
Il y songera bien longtemps.

Auprès du miroir déformant,
Disant une histoire qui ment,
Il scrutera d’un œil avide
Les trésors d’une boîte vide.

Cochonfucius

Considérations éparses


Blason de l'Abbaye de Kempten, Allgäu, Bavière (752-1803)

Je n'ai pas la prétention de changer le monde ;
Autant vouloir donner à l'eau une forme propre.
Sur cette terre, le sublime côtoie l'immonde ;
Y dominent la concupiscence et le stupre.

J'ai déjà assez à me réformer moi-même,
Ce qui, je vous l'assure, n'est pas du petit lait ;
Je ne suis pas du genre à jeter l'anathème
Sur qui ne se fait pas de ma foi le relais.

J'évite de croire car il n'est pas dans ma nature
De douter ; par contre, j'aime bien la quadrature
Du cercle et tout ce qui défit la raison.

Une certitude intime a sa propre substance ;
C'est par l'intérieur que nous vient la consistance.
Que suis-je si je ne suis maîtresse en ma maison ?

Le Spectre à trois faces


Face première

En cette étrange nuitée


Blason de Herzfelde (Brandebourg, Allemagne)

J'ai rêvé que je me retrouvais toute seule,
Assise dans une barque, au milieu d'un océan ;
Je vis l'horizon étirer un blanc linceul
Et sentis en moi se creuser un vide béant.

Que m'arrivait-il ? Que faisais-je là ? Qui étais-je ?
Il me sembla n'être rien de plus qu'une ombre
A laquelle faisaient mystérieusement cortège
D'étranges papillons dont cinq était le nombre,

Celui qui symbolise la cohérence globale
De l'Univers : le principe de matière du Deux
Uni au principe divin du Trois... Seigneur mon Dieu !

La boucle se bouclant annonçait l'heure tombale,
Ouvrant l'ultime cycle de mon incarnation ;
Je me sentis bien, libre de toute passion.


Justine

mardi 11 avril 2017

Considérations pavloviennes 3


Blason de Kelbra (Saxe-Anhalt, Allemagne)

La quantité n'est souvent qu'un empilement
Du rien, la répétition du pareil au même,
Et l'accumulation qu'un éparpillement
Que l'orgueil ourdit à travers mille stratagèmes.

Mais qui es-tu donc, pour ôter de sa bouche le pain
De ton frère ? Tu édifies des Babel de verre
Dont les fausses hauteurs ne donnent que vertiges mesquins,
Lors que ta superbe finira six pieds sous terre.

Tes promesses ne valent pas la moitié d'un radis !
Je ne vois que fêtes foraines en tes paradis
Où les mêmes refrains font tourner les mêmes manèges.

Ce monde meilleur que tu imprimes dans les cerveaux
N'est jamais qu'un abattoir destiné aux veaux.
Et comme ils y courent, lors que tout se désagrège !

Le Spectre à trois faces


Mémoire d'outre-monde

dimanche 9 avril 2017

La Coupe

La coupe d'amertume

Blason de Elz-Westerwald (Hesse, Allemagne)

J'ai bu jusqu'à la lie à la coupe d'amertume
Que me tendait Kali sous les traits de Lilith,
Celle dont l’œil de nuit liquide verse son voile de brume
Sur la raison des jours qui bientôt se délite.

J'ai toujours vu au lieu d'une sorcière la bonne fée
Et dans tout sourire de femme celui de la Mère ;
Mon cœur n'est plus que cendres d'autodafés
Froides sur les marchés des amours intérimaires.

Dans les vallées que baignent les eaux saumâtres,
L'âme guerrière s'émousse et ne récolte que la rouille
Des heures vides qui ne laissent de soi que la dépouille.

L'Amie, en cette demeure tu m'es comme un âtre
Où mon âme qui remonte peut déposer les armes ;
Puisse la chaleur des mots vrais y rompre le charme !

Marc


Cette Coupe

Blason de Weng (Bavière, Allemagne)

Je bois à leur coupe tant désirée
Me voilà dans un piteux état
Vais-je me plaindre si je suis enivrée?
Je voulais être parmi ces hommes-là
Leurs Amours sont entêtants, quelle folie
Vais-je me plaindre si je n'ai plus de raison ?
Vais-je me plaindre si tout est ma propre dérision
Vais-je me plaindre si de mon jour et de ma nuit
Je ne sais plus où j'en suis, même si cela aussi est ma Joie ?
Je ne savais pas qu'un tel vin avait ces effets-là
Vais-je me plaindre si mes écarts font de moi cette insensée ?
La Lune se boit la nuit tombée et nous mène en l'au-delà
Pleine ou Coupe, égale est son énergie en moi
Ici se transforme toute la réalité pour Le voir LUI
Il a ravi mon cœur que je Lui cède volontiers
Ces étreintes ont ôté tous les voiles, Son Mystère est une voix
De nouveau, Son secret dans l'Essence d'une Rose Amourée
Si je me perds, je sais qu'Il est toujours Là, L'Ami de ma vie
Si je me perds, je sais que j'ai un allié dans ma nuit
Si je me perds, je sais qu'Il est Celui qui me trouve mieux que moi.

Océan sans rivage

Rose d'Azur


Blason de la ville de Lemgo (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Au milieu d’un cadre, une Rose bleue.
Quel est donc son secret, d’Azur est son velours ?
De l’UN possible, le souvenir est cristal des yeux.
Les pétales sont le drapé d’un Océan d’Amour.

Vais-je te confier cette larme devenue vague bleue ?
Vers un autre rivage s’échoue, exhalaison des cieux
Rejoint le sable des nuages doux, se meurt dans l’écorchure.
Douleur qu’étreint le jour, la nuit devient le miroir pur.
Soleil, Lune, astres inconnus, que vais-je devenir?
Le cœur doit encore s’élargir pour tous vous contenir.
Le corps est plié devant L’Univers, vibration, seule guérison.
Les éléments épars veulent fusionner en un accord parfait.
Larme bleutée, fleuve de l’intuition, vallée creusée tel un sillon.
Que vais-je devenir, plaine du ciel, tumulte des effets ?
Jusqu’à Toi, soupir de l’Aspirant, l’oiseau plonge dans les dunes,
Car le ciel est la terre de mon âme, le cycle d’une lune.
Ivre de cet air-là, bois, et encore à cette eau miraculeuse.
Le bonheur est vif des douleurs de l’étreinte amoureuse.

Océan sans rivage

samedi 8 avril 2017

Identité

Blason de Langeoog (Frise-Orientale, Basse-Saxe, Allemagne)

Même sang
Même flamme
Même ciel
Même terre

Aqua viva
Fuego húmedo
Aire libre
Tierra caliente

Noé

Entre toutes ces voiles qui mènent à l’horizon
Gonflées au vent de l’orgueil
Qui me dira la pauvreté de l’être à n’être que lui-même
Qui dévoilera à mon oreille la parole essentielle ?

C’est au fond des poitrines la plus sûre caverne protégeant cette perle infime et précieuse entre toute ;
C’est au fond des poitrines comme une conque pleine d’un souvenir enfoui que vogue le navire aventureux des âmes en quête de l’amour ancestral et présent.

Qui me dira la pauvreté de l’être à n’être que lui-même ?
Qui voilera mon œil du regard de ce monde ?

C’est à l’instant même où le vent s’émerveille de sa propre fureur que l’Intime s’élève en un seul point d’attache ; 
C’est à l’instant même où le vent s’émerveille de sa propre rumeur que l’Ami seul paraît qui efface la peine, le chemin et l’errance.

Jean d'Armelin


Toile de David M. Bowers