Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

samedi 18 janvier 2020

Miroir


Armoiries de la famille nobiliaire Weichs (Électorat de Cologne, Allemagne ,17e siècle)

La nuit du 4 août abolit les privilèges
Qui, comme on le voit, n'ont fait que changer de camp.
L'on n'a hésité devant aucun sacrilège,
Et sous prétexte de les libérer du carcan

Qui oppressait les sujets de l'Ancien Régime,
On multiplia les lois et les interdits,
Avec plus encore d'impôts et de taxes, en prime.
On ne refait pas les hommes, l'a-t-on assez dit !

Par glissements successifs, on donna les rennes
Aux marchands qui agirent de manière souterraine.
Grâce à la complicité des castes au pouvoir,

La souveraineté devint une coquille vide.
Leur « monde meilleur » n'engendra que des aubes livides
Qui devinrent du désert intérieur le miroir.

L'Abbé Théophile


                Où es-tu, liberté ?                     D'une devise                           Trou dans l'eau

Humble goupil


Blason de Schmetzdorf (Brandebourg, Allemagne)


C’est un goupil timide, il ne sort que la nuit,
Marchant par les sentiers où le granit affleure ;
Plus loin dans la forêt, le hibou dit les heures
Et les astres s’en vont où le ciel les conduit.

Les pas de l’animal ne font presque aucun bruit,
Que l’on trouve parfois fort loin de sa demeure ;
Je le vois méditer sous les arbres qui meurent
Ou sourire, pensif, au lapereau qui fuit.

Je trouve malaisé de lire ses pensées ;
Mais je sais qu’elles sont toujours bien agencées,
Portant sur des sujets qu’il a soin de choisir.

Le goupil dans sa marche écoute le silence
Ou le cri familier que la hulotte lance ;
La longue nuit s’écoule, apaisant ses désirs.

Cochonfucius
 

Lire aussi

    Sagesse du goupil de pourpre             Goupil de proie                   Le Cycle du Renard

mercredi 15 janvier 2020

Abistis, dulces caricæ


Blason de Orchies (Nord, Hauts-de-France)


Vous ne vouliez plus de Dieu ? Vous eûtes César !
Vous rejetez Ses Lois ? Vous avez mille contraintes !
Vous affirmez n'être que les fruits du hasard ?
Vous n'aurez que le néant pour dernière étreinte !

Pauvres de vous ! Vous voici à courber l'échine
Devant vos bourreaux qui vous disputent même le pain.
Les voici à vous remplacer par des machines,
N'ayant de cesse de faire disparaître l'humain.

Et lors que reviendront les élections prochaines,
Vous leur demanderez de resserrer vos chaînes,
Car rien ne vous fait tant peur que la liberté

(Que vous confondez d'ailleurs avec cette licence
Qui veut s'adonner sans frein à toutes les jouissances),
Lors que le bon sens vous a déjà désertés.

L'Abbé Théophile
 


Abistis, dulces caricæ « Vous êtes finies, douces figues. »
Pétrone, Satyricon, 64. Comprendre : « Les beaux jours s'en sont allés ! »

samedi 11 janvier 2020

Le petit Semainier - Cycle 49


Blason de Fintice (Slovaquie)


Dimanche

J’ai vu gorger le soleil pulpeux,
Du jus matinal des montagnes,
J’ai vu la pupille se plisser,
Devant l’incandescent bleuté.



Lundi

Amour qui rencontra Amour,
Put se dissoudre en Lui-même.
Quand Il fut Un,
Il connut Son Secret.



Mardi

Il est des rapacités,
Dont les cris élargissent les Cieux,
Et de voir les vautours,
La Victoire est devenue Amour.



Mercredi

J’ai couru très vite,
Avant que la porte ne se referme.
J’ai traversé des lambeaux,
Les abîmes de mon être.



Jeudi

Brume écume le ciel,
Nuage fait offrande,
Mais du Cœur,
Qui peut se méprendre ?



Vendredi

Quelque chose qui ose,
Nous tous surprendre,
Quand mourir encore,
C’est aussi vivre.



Samedi

L’Amour est aussi Pardon,
Au-delà au-delà.
Combien mourront,
Avec l’amertume au visage ?



Océan sans rivage


Almanach du Jardin
L'Almanach du Jardin

mercredi 8 janvier 2020

Les ignorants


Blason de Motala (Östergötland, Suède)


Globalement, l'humanité est immature,
Pensant que niveau technique et évolution,
Prétendument liés, seraient la signature
Qui attesterait de la civilisation.

À considérer l'état du monde, l'on rit jaune.
Où l'aura menée sa puérile vanité,
Sinon à asseoir des prédateurs sur les trônes,
N'ayant pas même la première once de charité

Mais s'appliquant méthodiquement à détruire
L'ordre naturel et, plus que tout, à réduire
Le Vivant en simple produit pour le marché !

Nulle chose qu'à de noirs desseins ils ne manipulent !
Nulle iniquité devant laquelle ils reculent !
Nulle vertu qu'ils n'aient finalement entachée !

L'Abbé Théophile



Dans le bouddhisme, ainsi, notamment, que dans le soufisme, l'ignorance est tenue comme le première et la pire des impulsions destructrices, d'où découlent les deux suivantes que sont l'avidité et l'arrogance.

Dans l'âtre du Cloître 13 : les rochers aux noix


Blason proposé pour Beaulieu (Isère, Rhône-Alpes)
par le site Les communes sans blason


Vous ouvrez patiemment la quantité de noix
Que vous jugez à propos, une pleine corbeille
Ou un petit panier, avec un bon casse-noix
(Car l'on ne se trouve point à casser des groseilles !) ;

Vous moulez les cerneaux plus ou moins finement ;
Ajoutez du bon beurre et un peu de farine,
Puis versez enfin le sucre, mais sobrement,
Non pas tant parce que là-dessus on nous serine,

Mais pour ne point altérer le goût du fruit sec ;
Malaxez le tout et faites des petites boulettes ;
Laissez-les cuire au four, le temps d'une chansonnette.

La recette est sûre, l'on ne risque aucun échec.
 Le rocher aux noix est un bredele d'Alsace
Dont les traditions de Noël demeurent vivaces.

Frère Eugène

mardi 7 janvier 2020

L’incessible


Blason de Bluszczów (Pologne)


J’ai lavé le lierre puis j’ai contemplé ses mains
Comme un moment d’indolence, à l’hiver qui se balance,
J’ai cueilli des reflets de lumière son essence.
Le lutin, de ses yeux, m’a offert un festin.

J’ai pensé : désormais, qu’importe ce qui se passe !
Tout en nous est une porte et même vérité,
Et c’est au frissonnement que l’instant pourchasse
Que le monde éveillé éclot de sa Beauté.

Celui qui est à nous sauver est notre Temple.
Ce siècle n’a pu Le détruire, ni Le dévoyer.
La fin est une bouche au Ciel qui tremble

De voir témérité et constance inépuisée.
Comment alors être troublé par la fin d’un cycle,
Qui fait acte de Retour sans faillir à l’incessible ?

Océan sans rivage


Le Chant du Barde
Le Chant du Barde

lundi 6 janvier 2020

Le petit Semainier - Cycle 48


Blason de Constantina (Séville, Espagne)

Dimanche


Si je crayonne des morceaux du clavecin,
C’est pour Toi, jour après jour,
Et quand je lis l’écume du matin,
Je sais que c’est L’Amour.



Lundi

J’ai pressenti le printemps,
Du givre à Ton haleine,
Je marche longtemps,
Jusqu’aux coteaux du rêve.



Mardi

Sur le givre s’est posé le temps
Poudré de légèreté,
Quand poussé par le vent,
L’enfant cueille un raisin.



Mercredi

Quand l’Aube s’est levée,
Le soleil a tremblé,
Des effets sur la montagne,
Puis tu l’as rencontrée.



Jeudi

Le visage de l’autre,
Est le visage de soi.
Il n’est pas un masque
Il est L’Amour de Toi.


Vendredi


Y a-t-il autre chose que L’Amour ?
Après L’Amour, il y a Toujours.
Après Toujours, il n’y a que L’Amour.
Mais que sait-on de L’Amour ?



Samedi

Quelque chose d’approfondi,
Sur les cœurs imprimés,
Au goût d’Éternité,
Jamais commencé, jamais achevé.



Océan sans rivage

L'Almanach du Jardin

vendredi 3 janvier 2020

Conte de Décembre : l’enfant de la forêt magique (3)



Illustration de Tae


Il était incontestable que Quelque chose s’était passé, mais il fut impossible de l’exprimer, Quelque Chose d’incroyable qui s’étonne toujours de l’océan et des vagues, Quelque Chose qui donne aux écumes les dispositions du nacre. L’Amour le submergeait et il ne lui donna pourtant pas de Nom. Il le laissa se décliner dans les transparences de la fluidité. Le quotidien n’était pas ordinaire et même ce qui semblait si important pour d’autres, ne l’était en aucune façon pour lui. Il n’avait peur de rien. Il n’avait pas peur de la faim ; il n’avait pas peur de manquer. Il n’avait pas peur de la soif, ni peur de la peur. Ce n’était pas qu’il était invulnérable. Non ! Il sentait bien que les choses l’atteignaient, mais, il n’en avait simplement pas peur. De fait, il voyait bien la peur, tout en étant en elle, l’éprouvant, mais il la savait furtivement passante, étrangère et simultanément, en lui comme transformée. Parfois, il se trouvait au creux même du Centre, et parfois, il survolait ce Centre en sa verticalité. Cela formait un Cône ; cela formait aussi une Pyramide. Chaque fois, il pouvait à loisir gravir les étages et ondoyer en ces cercles tournoyants qui, tout en oscillant, restaient étonnamment stables. C’est cela qui ressemblait le plus à L’Arbre de la forêt magique. Il s’endormit et le vit comme lui-même. Tantôt son visage se tournait vers L’Occident, tantôt il faisait face à L’Orient. Le Centre de cet Axe avait réuni tous les points cardinaux et chacun devenait étrangement un seul et exclusif point. Quand il se fondit dans le regard de L’Enfant, il comprit qu’il s’agissait non pas de la chair, mais de l’esprit. Il comprit aussi qu’en entrant dans la Lueur, il avait touché la primordialité et L’Enfant n’avait plus aucun lien avec l’enfance de chair. Il n’y a aucune innocence en cet enfant-là, se dit-il. L’innocence naît dans les profondeurs de la présence, exponentiellement épanchée de présence en La Présence. Il se mit à voir. La vision devint son visage, ses mains, son nez, sa respiration, ses pas, et il ne perdit jamais La Présence, car c’est Cela la Verticalité : L’Echelle qui relie tout à chaque Chose et devient Paroles. Alors Le Verbe est inondé de L’Essence originelle et chaque parole est Le Silence qui se met à parler. Il sut en lui que plus rien ne séparerait L’Enfant de L’Âme. Il sut que La Vie est L’Amour. Celui qui pense que L’Amour meurt, n’est pas encore né*.

© Océan sans rivageConte de Décembre : l’enfant de la forêt magique


*Petite variante possible : celui qui pense que l’Amour meurt, n’a jamais vraiment aimé…

jeudi 2 janvier 2020

Calendrier de l'année 2020


Illustrations de Henri Bacher (1890-1934)


Nous proposons à nos lecteurs, en téléchargement, le calendrier de l’année 2020 indiquant les principales fêtes religieuses chrétiennes, juives, musulmanes, bouddhistes et celtiques, ainsi que les phases lunaires (premier quartier, pleine lune, dernier quartier et nouvelle lune), l’entrée dans les signes du zodiaque et les changements d’heure.


L’an 2020 de notre calendrier correspond à :
– l’an 7522 de la Création selon Sextus Julius Africanus [né en Libye, cet historien chrétien (Chronographie) relate l’histoire du monde à partir de la Création jusqu’en 221 ap. J.-C. (il estime que la Création remonte à 5 499 ans avant la naissance du Christ qu’il avance de 3 ans par rapport à la date habituelle)];
– l’an 6982 de la Création du monde (selon la Genèse) ;
– l’an 6024 selon l’archevêque anglican James Ussher (1581-1656) qui fixe la date de la création le dimanche 23 octobre 4004 av. J.-C. (l’Année de la Lumière : Anno Lucis), à midi !
– l’an 5970 de l’ère julienne (durée de 7980 années juliennes à compter de l’an 3950 av. J.-C., utilisée pour la chronologie des phénomènes astronomiques ; cycle proposé par l’humaniste français Joseph Juste Scaliger en 1583) ;
– l’an 5780/5781 de l’ère hébraïque (calendrier israélite) ;
– l’an 5133 de l’ère maya ;
– l’an 4717/4718 de l’ère chinoise dite Année du Rat ;
– l’an 4364 depuis le déluge de la Bible ;
– l’an 2796 olympique ;
– l’an 2773 de la fondation de Rome (calendrier romain) ;
– l’an 2562/2563 du calendrier bouddhique ;
– l’an 1950 de la destruction de Jérusalem ;
– l’an 1941/1942 de l’ère Saka (Inde) ; 5121 selon le calendrier solaire ancien ;
– l’an 1736 de l’ère des Martyrs ou de l’ère de Dioclétien (calendrier copte) ;
– l’an 1440/1441 de l’Hégire (calendrier musulman) ;
– l’an 1398 du calendrier perse ;
– l’an 228/229 du calendrier républicain.
 

mercredi 1 janvier 2020

La Porte aux Deux Visages ou le secret de Janus


Blason d'Ełk (Pologne,1950)


Assis près du bassin, au silence du matin,
Lors que s’étiole la lueur des étoiles mourantes,
Balancement au dénuement des yeux turquins,
Reflets d’une eau dont les rondeurs si étonnantes,

Me captivaient sans que je puisse m’en défaire,
M’apparut, flottante, une sylphide qui chantait.
Je me levai soudain, étreint par le Mystère :
Ainsi la sylphide me révéla le secret,

Et dans les mots, elle m’initia aux Deux Visages,
Paradoxe subtil semblable à une Porte dont l’entrée,
Est réservée à ceux qui cèdent en cette étape,

Orgueil et vaines prétentions, puis entrent dans la vallée
Pieds nus, esseulés, jusqu’au désert aride de leur âme.
C’est quand l’illusion tombe qu’il naît un oriflamme.

Océan sans rivage


Le Chant du Barde
Le Chant du Barde

dimanche 29 décembre 2019

Passant, si tu entends, tout près, une cloche qui sonne


Peinture de Carl Hasenpflug (1802-1858), Ruines de monastère en hiver, 1842


Le Cloître d'Héraldie serait imaginaire
Selon l'opinion commune et c'est bien ainsi ;
Nul livre ne le mentionne, aucun dictionnaire ;
Et si l'évoquèrent parfois quelques rares récits,

Personne ne songea à les mettre à l'épreuve ;
De cette sorte, le lieu a su rester préservé.
Il est certes des rumeurs dont son mystère s'abreuve,
Comme enraciné dans une mémoire conservée

Rapportée ici de manière allégorique,
Mais sans qu'on en déduise rien de catégorique.
Nul, donc, ne pense que l'endroit existe vraiment.

Sans doute est-il plus réel qu'on ne le soupçonne ?
Passant, si tu entends, tout près, une cloche qui sonne,
C'est celle du Cloître d'Héraldie, très sûrement...

Marc
 

Failed Poet / Poète raté



Blason de Uray (Khanty-Mansis, Russie)

                                             It was so presumptuous of me
                                             to think I was able to write
                                             about the beauty of the sunset light !

                                             Still, I wrote my lines in Moonlight.
                                             But no one liked the paper words
                                             I found at Night, after the sun had gone.

                                             Silence is gifted. Silence is enough.
                                             So tomorrow I will throw all my poems
                                             into the great Fire of Dawn,

                                             and when I scatter their ashes
                                             I will tell myself that finally
                                             it’s not so bad to be a failed poet. 

*   *   *

                                             Au coucher du soleil la lumière est si belle !
                                             J’ai cru pouvoir le dire. Ce n’était pas la peine.
                                             J’écrivais au clair de lune mais nul n’aima
                                             les mots de papier qu’à la Nuit je trouvais.

                                             Le silence est doué, le silence suffit.

                                             Aussi demain je jetterai mes poèmes
                                             au grand feu de l’aurore
                                             et puis en dispersant leurs cendres
                                             je me dirai que ce n’est pas si grave d’être

                                             un poète raté.


samedi 28 décembre 2019

Le petit Semainier - Cycle 47


Blason de Weifa (Saxe, Allemagne)


Dimanche

Le temps a soufflé,
Le vent a éternué.
Quand viendra donc l’étrangeté
De tes yeux bien avisés ?


Lundi

Les plaines effleurent
Les champs de l’hiver
Sans que l’oiseau
Ne fuie son Azuré.


Mardi

Notre ivresse au silence,
S’émeut de Ta Grâce,
Et ces vagues t’embrasent,
Au soleil du Regard.



Mercredi

Sérénité de l’écrin,
A la Topaze,
Des rayons de notre entrain,
Quand ton âme s’est épanchée.



Jeudi

Chaque jour, tu as cru que je te parlais.
Il n’en est rien, il s’agissait du discours :
Tantôt Il, tantôt Tu, tantôt Je, tantôt Nous.
Pourquoi as-tu cru que c’est à toi que je m’adressais ?


Vendredi

Combien de mondes
Qui séparent de L’Accueil
Et combien qui poursuivent
Le Recueil ?


Samedi

Faisceau de joie,
Ne vient pas de moi,
Semblable aux roucoulements,
Des petits ruisseaux.


Océan sans rivage


L'Almanach du Jardin