Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Est-il un Signe qui n'ait pas sa dimension en Sa Profonde Cohérence, cherchant Le Sens à L'Essence ? Est-il un Signe qui n'ait pas son Écho dans L'Indicible ? Est-il un Seul Langage qui n'ait pas Sa dimension Sacrée et révélateur des Réalités occultées ?

En ce Souffle que se veut presque recueillir le Blason, s'enveloppant, tout en proclamant, fleurissent mille et une Parures, puisant dans L'Êtreté, Noblesse celée et décelée. En ce cœur du Bouclier, mille essences, lors que Le Chevalier vêt L'Armure et L’Épée. Rituel et Quintessence en cet Art de La Connaissance que brandit La Torche enflammée, L’Éclat des Vertus Conquises et que l'on se veut protéger ! Aspiration d'une Renaissance Lumineuse en un Art de Vie oubliée, La Nouvelle Héraldie est à reconquérir cette Beauté que La Chevalerie a porté très Haut, au delà de ce que nous sommes encore en mesure d'imaginer. Le voyage se poursuit...

vendredi 9 décembre 2016

Étranges tenues

Blason de la ville de Cordonnet (Haute-Saône)

L'Amie, quand tu suivras l'horizon ondoyant,
D'un regard qui se voudrait plonger dans la plaine
Où serpente, à travers les coteaux verdoyants,
Un chemin bordé de thym et de marjolaine,

Il te semblera voir une étrange silhouette
Tenant dans sa main un bâton de coudrier.
Si dans l'azur se découpe un vol de mouettes,
Il sera porteur du plus heureux des courriers.

Souviens-toi d'un Jardin où s'est ouvert l'instant
Qui ne finira plus ; d'un autre tout autant,
Qui posa ses scellées, près d'une table en chêne

Où nous fûmes mandés à de bien étranges tenues,
Lors que le sentier n'était plus qu'un fil ténu.
Chaque jour se voyait poser le maillon d'une chaîne. *

Marc
____

De gueules à la bande vivrée d'or, à l'anneau câblé de sinople
feuillé vers l'extérieur de sept pièces du même brochant sur le tout.

* La chaîne est ici entendu au sens de relais.

Franck rencontre Nathanaël




Après plusieurs jours de marche, qui lui semblèrent interminables, Franck se retrouva face à un immense château.
Il voulut le contourner, mais la boussole lui indiquait obstinément cette haute demeure, perdue au milieu d'un étrange vallon.
Il remarqua que des algues géantes encerclaient le Donjon.
Il ne s'agissait nullement de lianes.
Il en était sûr.
Elles étaient teintées du même bleu turquoise que le cadran de la Boussole.
Le lutin crut voir ondoyer une lumière de même couleur tout le long de la tour.
Il lui sembla que des coquillages luminescents y étaient incrustés.
Franck s'approcha de l'immense voûte qui surplombait une impressionnante porte en bois.
A sa grande surprise, celle-ci s'ouvrit en faisant un bruit sourd.
Un frisson parcourut l'échine de notre ami.
Que devait-il faire ?
Il crut entendre une injonction.
On lui intima l'ordre d'entrer.
Sans pouvoir résister à cet appel, Franck avança.
Il traversa un long couloir humide et froid avant de se retrouver face à l'escalier en pierre.
Celui-ci était éclairé par des torches.
Il se mit à gravir les escaliers avec beaucoup de peine.
Lorsqu'il arriva à l'étage, il entendit une voix qui semblait discourir.

- Je t'ai dit de ne plus jamais laisser cette échelle au beau milieu de la chambre !
Combien de fois avons-nous échappé de justesse aux irréductibles.
Maintenant, je suis obligé de fabriquer le Joyau rare qui servira de diadème à l'Empereur.
La petite fille aux pieds nus a de nouveau perdu ses poussières de Lune Rose.
Voyons, comment pouvons-nous remédier à cela ?
Je vais lui ouvrir un passage secret à travers la route des marchands de cristaux.
Je n'envisage pas d'autres solutions pour le moment.
Cela fait trop longtemps qu'elle pleure.
Il lui faut voir les lueurs de l'espoir.
Chacune de ses larmes est maintenant une perle de corail.
Je m'afflige de la voir refuser les soupirants qui lui propose leur Royaume.
Ils n'ont rien compris.
Pensent-ils qu'une si petite fille puisse agréer leur Palais ?
Ils savent parfaitement que Léna est nostalgique de son Pays d'Origine.

Franck entra sans se faire annoncer.

- Qui cherche donc son Pays d'origine ? Est-ce de ma Lutine dont tu parles ?

C'est alors que le lutin-elfe réalisa qu'il avait enfreint tous les bons usages et qu'il s'était introduit avec brusquerie, dans la pièce.
Il découvrit un jeune garçon penché sur un livre qu'il était à scruter avec beaucoup d'attention.
L'enfant était complètement absorbé par cet étrange recueil dont les pages se mouvaient tel un lac.
Franck vit que les images flottaient.

Était-ce un miroir ?

Franck toussota et se présenta :

- Je suis Franck, le lutin-elfe de la forêt des deux Arches.
La porte de ton château s'est ouverte à mon approche et j'ai entendu une voix m'inviter à entrer.
Le garçon restait silencieux et semblait suivre une scène avec beaucoup d'intérêt.
Soudain, il leva la tête et apostropha le Lutin :
- Entre, Franck. Tu es le bienvenu. Je t'attendais.
Franck fut comme hypnotisé par les yeux clairs de cet enfant singulier.
- Je me nomme Nathanaël. Contrairement aux apparences, je ne suis pas un petit d'homme.
J'appartiens au peuple de La Montagne Bleue. Je vis ici depuis des milliers d'années.
Pourtant, c'est toi que j'attendais.

Nathanaël se pencha de nouveau sur les pages du Livre.

- Il n'est pas impossible que Léna finisse par comprendre que l'un de ses soupirants soit celui qui sera à même de la protéger et de la mener en lieu sûr.
Ces irréductibles sont deux de sortes : les uns sont des proscrits, et les autres ont encore quelques souvenirs. Accordons-leur une rémission !
Je suis certain qu'ils finiront par retrouver le soupirail des élémentaux. C'est à cette seule condition qu'ils pourront retrouver un semblant de leur intégrité humaine.
Pour le moment, ils errent comme des fantômes dans les couloirs de l'entre-deux-mondes. Faut-ils qu'ils comprennent que chaque jour est un nouveau jour et que même balbutiants, ils peuvent renouer avec la brèche des discours de La Clémence ? Je vais leur envoyer Athanor, car il est le seul à pouvoir leur enseigner les règles de la transformation latente.
Les vieux procédés sont toujours les meilleurs. Ha Ha. Je le savais !
Toutes ces activités cérébrales sont le lieu de La Quintessence. Chaque millième de secondes occupe un espace sidéral. Le mieux c'est de leur donner assez de force pour qu'ils entrent en cet autre espace que je ne vais pas encore nommer. Apprenons-leur qu'ils sont aussi cette belle énergie reliée à la plus ancienne souche de leur origine.

Nathanaël releva la tête et sourit :

- Ne t'inquiète pas Franck, je suis certes très occupé, mais je suis aussi avec toi. Il faut que je clos ce premier chapitre. Tout avance à une allure si rapide.
Te rends-tu compte qu'en dépit des années qui s’amoncellent, je dois apprendre encore à maîtriser le feu.
Tandis que parfois, c'est la lumière qui me bouscule. Elle va si vite que je suis contraint de la rattraper. Il me faut sans cesse la devancer. C'est comme si je me déplaçais sur un cheval Céleste. Le connais-tu ? Il est irradiant d'Amour. Nul ne peut le chevaucher sans parvenir à acquérir son intense vibration.
- Nathanaël, je suis à la recherche de mon amie Lutine qui s'en retourne vers son pays d'Origine. Cette Léna dont tu parles, est aussi à la recherche de son Pays Natal. Peux-tu m'en dire d'avantage ? osa formuler Franck qui ne comprenait pas un traite mot des propos de ce garçon.
- Lutine est une Léna qui se cherche. Toutes les Léna ont des origines lunaires. Pourtant, il y a autant de Lunes que de Léna. Toutes les Léna ne sont pas des Lutines. Il existe aussi de nombreux Lutins, gnomes et fils d'homme qui aspirent à retrouver Cette Origine. La Porte des secrets s'est ouverte en eux. Ils doivent avancer pas à pas. Car ils doivent traverser de nombreux pays avant de pouvoir retrouver celui qui est le leur.
- Toi-même, as-tu entendu La Voix du Roi ? interrogea Franck.
- Assurément. Nous sommes tous des voyageurs. Mais la plupart des gens ne le savent plus. Ils avancent comme des aveugles. Cependant, ils avancent. C'est le paradoxe !
- Je n'ai jamais entendu cette voix ! Je suis certainement un gros benêt ! s'exclama Franck.
- Ha ha ! Franck ! Tu es extraordinaire ! Je vais te confier ce secret : je te le dis en vérité, tu as entendu la voix du Roi. Seulement, tu ne sais pas encore la discerner. Je pense que cela ne saurait tarder ! Je le vois, tu es le plus obstiné des obstinés. J'aime beaucoup cette force en toi.
- Je n'ai jamais été courageux. J'ai toujours aimé m'amuser. Pourtant, le jour où Lutine est arrivée au village, je ne sais pas ce qui s'est passé. Je n'ai plus vécu comme avant.
- Félicitation !
- Comment ? demanda ahuri notre héros.
- Je vais t'apprendre quelques petites choses et tu pourras continuer ton périple.
- Je n'ai pas le temps d'apprendre quoi que ce soit. Chaque jour qui passe m'éloigne de Lutine d'avantage.
- Aie confiance en moi. Je t'aiderai à plier le temps et l'espace qui se seront écoulés en ma compagnie.
Reste encore ici et je te dirai comment retrouver Lutine.
- Non, merci. Je n'ai pas le cœur à rester, rétorqua le lutin, le temps de mon cœur n'a aucune mesure. Je dois le suivre ! J'ai trop mal.
- Bien comme tu le veux Franck. je te suivrai grâce à mon Livre Magique. Bonne chance l'ami.

Nathanaël baissa de nouveau la tête et reprit son élocution mystérieuse.

- Il n'est de temps qu'en ce vague instant. Le sourire d'un cœur est une valeur inestimable. Si l'on trouble ses aspirations, alors, le temps échappe à toute instance. Vous, les irréductibles, je ne gage pas de votre victoire sur les tendres. Il est une clarté du jour qui imbibe l'esprit et lui donne sa pleine vivacité. Soyons prêt à dresser cette barrière contre les poursuivants inlassables. Les mers ont unifié les flux de leur contradiction. Si un Rocher devient cristal, alors les souvenirs ont cette limpidité. Ne pleure plus Léna, car vois-tu, ton Aimé, te cherche tel le plus vaillant des Amants...

Franck referma la porte et dévala cette fois-ci les escaliers.

Ma Lutine, je ne t'ai pas oubliée.
Je cours vers toi et peu m'importe ces moments passés.
Je vais les plier seul.
Mon Désir est Ardent !

Océan sans rivage

Les arbres en héraldique - Le Houx


Depuis la nuit des temps, le houx est le symbole de fêtes religieuses ou païennes exprimant à l'origine la persistance hivernale de la vie végétale. Dans la mythologie celtique le houx est l'arbre jumeau du chêne. Le chêne gouverne la partie claire de l'année tandis que le houx règne sur la partie foncée. Le blason de Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime) figure cette symbolique.

Les apogryphes de Maître Coq


Blason de Duszniki-Zdrój (Basse-Silésie, Tchéquie)

Avant que le coq n'ait chanté, je te l'annonce,
Tu m'auras renié trois fois. Et tu dis m'aimer ?
Quand je serai devant le procurateur, Ponce
Pilate, toi et les autres auront essaimé,

Chacun voulant sauver sa pauvre existence.
Et c'est à toi que je remettrais les clefs
D'une Église mort-née ou, du moins, en instance
D'être déviée, lors que la peur t'a déssoclé ?

Beaucoup d'autres paroles, passées en apocryphes,
Furent transmises dans le secret, échappant aux griffes
Des faussaires autant que des récupérateurs.

Nous, les pauvres bêtes, observons l'espèce humaine
Depuis des siècles. Elle se donne beaucoup de peine
Pour rien mais n'aime que tièdement son Créateur.

Marc

Blason de Sankt Peter im Sulmtal (Autriche)

Oiseau sans rivage - Le recueil de Naïla


                   Oiseau, je suis, ma vocation est de voler, mon Pacte Premier
                   Oiseau, je suis et comme les montagnes que l'on ne sait écouter
                   Je chante, je chante, je chante, ivre de mon jour, ivre aussi de ma nuit
                   Oiseau, je suis et oiseau je resterai, ainsi est ma Destinée
                   L'Oiseau est né pour être libre en ce Ciel océanique, mon ciel Alchimique
                   Je ne suis pas de ce monde, m'en suis échappée, sans aucun regret
                   Les effluves de mon Roi ont ce pouvoir de L’Étreinte magique
                   De voyage en voyage, les mondes sont possibles, et c'est là que je vais. 

L'Oiseau, 23 juin 2016


Voir aussi dans Noblesse et Art de l'écu

jeudi 8 décembre 2016

Ivre et sans mesure

Blason de Molsheim ( Bas-Rhin, Alsace)

D'azur à la roue d'or de six rayons auxquels est attaché
et lacé un homme nu de carnation nimbé aussi d'or.


Plus rien n'existe en ce Périple, si ce n'est l'intensité,
Cette Voie étroite en La Lumière du Chant Ineffable
Le Rayon orienté en ce Royaume de La Préciosité.
Je suis l'esseulée en ces étranges dunes de sable.
Je suis Le fou, s'abreuvant de sa pauvreté.
Qu'importe ce monde-là, si ma faim est un chemin !
Je dévore ces aspérités en l'Aube de ma Réminiscence.
Ceci est ma conscience, un monde qui tremble d'émoi.
Je m'abandonne en la joie du Retour, mon autre naissance.
Ce fou, en son cri secret, a la certitude de la Rose et de son parfum.
Depuis qu'il respire Son haleine, le fou est ivre de son Roi.
Il titube comme l'ivrogne, chancelle en son désir incessant.
Écorché par les grains de l'éternel désert, il brûle du feu ardent.
N'a plus sa raison, hébété en la Roseraie de L'Âme.
Sa joie est exhalaison, son île, une intime étreinte.
Lors que la nuit est Rosée Seigneuriale en cette Lune d'or,
Vacillement en ce remous astral que lui rappelle L’indélébile Empreinte.
L'extase de la Rencontre qui lui murmure inlassablement: « Viens, mon âme »
C'est en ce murmure suave qu'il tire sa force, l'allégresse du corps.
En cette seconde, ici, se féconde une semence d'Amour.
En cette seconde, ici, chaque grain est une Perle, gorgée d'eau pure.
En cette seconde, je suis à genoux, sur les cimes de l'humble discours.

Océan sans rivage

Gente Poule en sa nostalgie

Blason d'Oye-Plage

D'azur à l'oie couronnée d'argent becquée et membrée de sable.


Gente Oie, recevez Noble Amie, mon Amitié.
De vous, je me languis, et ma peine est grande.
Les secondes sont des grains longs en ce sablier.
Il n'est pas un seul de vous qui ne me hante.

Joies ainsi que peines, nous avons partagées.
Fusionnées, nous sommes en ce lien éternel.
En ce bord du monde, je suis à penser
A nos retrouvailles, qu'avive cet Appel.

Vous soupirez, reçois-je votre nostalgie ?
Il n'est pas un seul de vous qui soit mon désir
D'être en votre douce et belle compagnie.

Fugitive cette larme que l'on cache,
Lors qu'il nous faille en l'étreinte du lent soupir,
Ne pas faillir et poursuivre cette marche.

Océan sans rivage

Frère d'armes, soeur de larmes

Blason de Büderich-Wessel (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Elle ne descendit pas de son destrier car la route était longue encore. Elle allait là où les terres apaisées se jettent dans l'écume qui gronde. Son regard, mêlé de zénith et de nadir, avait du large la promesse et de l'infini la certitude. D'une main de velours dans un gant de fer, elle me tendit un rouleau que je n'ouvris qu'après son départ. Et quand les lourdes odeurs de cuir et de métal s'évanouirent, il demeurait étrangement une fragrance de fleurs blanches. Je lus ses lignes tracées comme des estafilades sur la virginité indulgente du papier. L'altière guerrière n'était que l'étui d'une âme noble. Lionne le jour et la nuit blanche biche, quand les draps suffisent à couvrir la fragilité intacte. Je la saluai comme on salue un frère d'armes. Soeur de larmes, la terre des hommes est trop petite pour ton coeur, et ce monde qu'un écran plat pour illusions mesquines et pensées en codes-barres. Sa demeure est dans un au-delà du vide d'ici. Où irait-elle sinon ?

Marc

Esprit de Lumière

Armorial des chevaliers de la table ronde : Yvain l’Avoutre (Fils naturel du Roi Urien, Demi-frère d'Yvain)

D’azur au pal d’or.

Souffle cette brise en ce tréfonds.
M'envole sur La monture de L'Esprit.
Ma vie en ce murmure, parfois si fort,
S'élargit des vallées traversées en Toi.
Ma vie, unifiée en ce sein qui T'aspire
Miracle intensifié, Ô ma soif qui se respire
A pleins poumons, Ô ma source inépuisable !
Qui me porte ainsi sur Tes cimes, ivre.
Quelle est donc cette échappée qui me ravit ?
Ô ma brise, qui brise mes résistances
Viens, cet air sent si bon, j'ai tout laissé pour Toi.
Ne le regrette pas, ne le regrette pas.
Ma vie, saisie en cet insaisissable sans fin.
Qui m'étreint que j'étreins ainsi en ma faim ?

Océan sans rivage

Maître Coq sous haute Égide

Blason de la famille Regnaud de Saint-Jean d'Angély (1760-1819)

Deux principes, d'apparence antinomiques, entourent
Mon espace de vie, en un cadre componé :
De sable, qui est d'humilité, qu'ajoure
L'or de noblesse, qui teinte toute vertu élevée.

Le quatre représente le monde de la matière,
Le tangible, l'ordre et la stabilité.
Je m'y pose mais sans me laisser par ses frontières
Enfermer, ni dévier vers la rigidité ;

Les pieds bien sur terre et la tête haut dans le Ciel,
Le cœur au centre réunissant l'essentiel.
Le carré se veut monter en pyramide,

Alors la conscience, parvenue à ce sommet ,
Se peut incarner, à travers l'épistémè, *
Et se déployer, sous la plus haute des égides.

Marc
_____

D'azur chargé en abîme d'un coq d'argent ayant la patte droite posée sur un 4 de sable, surmonté en chef d'une étoile d'argent ; bordure componée d'or et de sable de seize pièces.

* C'est-à-dire, selon les philosophes grecs et notamment Aristote, de la science, à la fois comme savoir établi et comme vertu par l'action savante.

Les trois joyaux

Blason de Sankt Stefan ob Stainz (Autriche)

Le premier joyau consiste à prendre la voie
Avec une détermination sincère, sans faille,
En liant la Tradition à sa propre voix
Pour que l'advenu et l'advenant s'entremaillent.

Le second joyau consiste à se maintenir
Éveillé, par l'attention et la vigilance,
Car sans relâche, le monde nous voudrait désunir
Et nous réduire à notre mode de bivalence.

L'être sensible désire toujours comprendre
Afin d'avoir une intelligence aussi vaste
Qu'un océan, sans chercher ni pouvoir, ni faste.

Le troisième joyau consiste à bien s'entendre
Avec tous ceux qui partagent notre foi intime,
Libres du regard des hommes et de leur estime.


Marc


Voir aussi sur Naissance et connaissance

mercredi 7 décembre 2016

Mon beau sapin

Blason de Feuchtwangen (Franconie, Bavière, Allemagne) et de Trachselwald (Suisse)

Mon beau sapin, roi des forêts profondes du Nord,
Que j'aime ta verdure, ta bonne odeur de résine
Qui parfume la maison, lors qu'il neige dehors
Et qu'un bon feu de bois flamboie dans la cuisine.

Je t'ornerai de guirlandes, de boules colorées,
D'oiseaux et même de papillons ; et à ta cime,
Je mettrai une étoile aux mille rayons dorés,
Puis je te chanterai une ode ourlée de rimes.

Je me souviendrai des Noëls de mon enfance,
Quand l'âme était pleine de candeur et d'innocence
Et que la vie était la promesse d'un Jardin.

Je demanderai pardon pour toutes les blessures
Que j'ai infligé et dans ma petite chaussure,
Je verrai, peut-être, le sourire du Destin.

Marc

Blason de Bad Hindelang (Bavière, Allemagne)

Les arbres en héraldique - Le Sapin


La France est un pays particulièrement montagneux et forestier. Il n'est dès lors pas étonnant de voir figurer le sapin en bonne place sur les blasons des communes forestières. Chez les anciens Celtes, cet arbre symbolisait l'espoir toujours renouvelé des forces de lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort.

Réconciliation

Blason de Morancé (Rhône, Lyonnais)

Deux coqs voisins, Corses de sang autant que d'esprit,
Se menaient depuis longtemps une lutte sans merci.
Leur querelle était en vérité si ancienne
Qu'il n'est plus personne, à ce jour, qui s'en souvienne.

Était-ce une affaire de territoire ou de cœur
Dont on sait qu'elles peuvent nourrir longtemps la rancœur ?
Un jour pourtant, de guerre lasse, les deux duellistes
Décidèrent de mettre un terme à la longue liste

De leurs affrontements dont ils ne voyaient plus
Le bienfondé ; l'on se parla et l'on résolut,
Pour sceller la paix, de faire un pèlerinage.

Car il n'est rien de tel, pour se bien entendre,
Que d'aller dans le même sens et, tant qu'à prendre,
D'être compagnons de route dans le même voyage.

Marc
_____

D'azur au bâton prieural chargé d'un patrenôtre d'or, accosté de deux coqs affrontés du même, crêtés et barbés de gueules, au mantel aussi d'or chargé d'une tête de maure de sable tortillée d'argent.

Maître Coq et saint Ambroise de Milan

Blason de Mazamet (Tarn, Occitanie)

« L'on doit avoir toujours dans son cœur et sa bouche
La méditation de la sagesse. » Ainsi dit
Saint Ambroise de Milan et sa pensée me touche,
Au point même que je m'en suis fait un édit.

Un beau matin, lors que le tout petit Ambroise
Dormait quiètement dans son berceau, un essaim
D'abeilles, à l'insu de sa nourrice, une Gauloise,
Se posa sur sa tête. L'on sonna le buccin,

L'on s'affola devant la menace. Mille piqûres
Allaient cribler d'une famille la progéniture !
Pourtant, les abeilles s'envolèrent tranquillement

Et l'on cria au miracle. Devenu grand,
Lors qu'il accéda dans l'Église à un haut rang,
Ambroise prit l'abeille comme emblème, évidemment. *

Marc
_____

D'azur, à un coq hardi d'or crêté, becqué et barbé de gueules,
surmonté de trois abeilles aussi d'or en chef.

* Dans ses sermons, comme évêque de Milan, il citait fréquemment les abeilles, et déclarait par exemple qu’un monastère devait être tenu comme une ruche, « où règne l’ordre, l’obéissance, le silence et la propreté ». Quant aux religieuses, elles devaient selon lui, se comporter comme « l’abeille laborieuse et chaste, ne se nourrissant que de rosées du ciel et du suc des fleurs ». Les apiculteurs en firent leur saint patron.

mardi 6 décembre 2016

Le vol des mouettes

Kaiser-Wilhelm-Kanal (Schleswig-Holstein)

Depuis les miroitements que le vent fait osciller,
Les cristaux de la vague que seule L'Amitié
Des bleutés de L'Océan sait agrémenter,
Forment en cette danse les effets de L'Absence.
Que sommes-nous à survoler en cette Vallée,
Lors que nos ailes se veulent en une seule cadence,
Étreindre les distances et les effacer en cet intime Appel ?
Les Nobles paroles du pur Amour sont cette émouvance,
Et ces sillons du Jour, lors qu'ils tracent des dentelles,
Que la nuit ravive des langueurs de l'Âme suspendue,
Sont encore des souvenirs de La Seule Quintessence.
Alors, voyez comme l'horizon devient le bleu des Nues,
Et comme les lieux de La Subtilité font éclore des étoiles.
En elles sont guidance et en elles sont des fleurs Royales.
Il n'est pas une seule aile qui ne devienne preuve d'Amour.
Chaque effleurement en ce ciel est le gage d'un Retour.
Ce sont des Roses Lunaires et des dunes de Soleil !
Il est des ondoiements qui sourient à cette brise.
Chaque souffle est savamment, un Inspir qui se grise,
Lors que les mots volent si haut en ce Voyage Ascensionnel.
Voyez donc notre constance, et voyez notre aspiration !
Depuis nos cœurs, il n'est d'autres réalités, ni d'autres Respirs.
Les flux de L'Océan ont avivé les délices de cette Adoration.
En ces houles constantes est aussi notre ultime Désir.

Océan sans rivage

Le départ de Franck



Franck se mit en route sans plus tarder.

Le Sage Urbain lui confia, avant de le quitter, le Talisman des Subtiles Essences.
Il l'avertit : "N'ouvre cette fiole que si tu en ressens l'impérieuse nécessité. En elle, sont les effluves diaphanes des profondeurs de L'Esprit.
Ils ont des vertus spécifiques et épousent ta sincérité. Si tu n'es pas sûr de toi, ne les utilise pas, car cela te serait immédiatement hostile. C'est au cours du Voyage que tu en prendras la mesure et en comprendras assurément les effets. Je ne peux t'en dire d'avantage. Leur subtilité et leur mystère sont leur atout. Plus tu te rapprocheras de Lutine et plus tu comprendras leur réalité.
Sache que s'il est une chose sur laquelle tu dois veiller, c'est bien sur ta sincérité. En elle, est le gage de ta réussite. Je te donne aussi cette boussole magique. Au son des vibrations de ton Amour, elle t'indiquera La Voie à suivre. Consulte-là chaque soir et chaque matin, puis suis le sentier qu'elle t'indiquera. Je ne peux t'en dire d'avantage. Maintenant, va mon garçon et sois brave. Lutine t'attend quelque part."

Malgré l'oppression qu'éprouvait Franck, sa détermination était grande.
La forêt était si dense, et de cela, il n'avait nullement peur.
La forêt se touche et la forêt se voit.
Même ses dangers sont prévisibles.
Ce qui l’inquiétait n'était pas ces labyrinthes au milieu des arbres.
Il connaissait chaque recoin de la forêt, chaque ruisseau, chaque grotte, chaque rocher et même chaque caillou.
Non, ce qui lui semblait si nouveau et si déroutant, c'était ce langage énigmatique.
Il n'avait osé l'avouer au Sage Urbain.
Il était convaincu en son for intérieur que ce dernier avait deviné sa crainte et sa perplexité.
Aimer Lutine lui semblait naturel.
Avait-il seulement prémédité cela ?
Aimer est déroutant.
Aimer cette petite Elfe est aujourd'hui sa seule raison de vivre.
Pourtant, il se sentait démuni.
Tout lui semblait compliqué !

Ma Lutine !
Où t-en es-tu allée ?

Il s'engagea sous la voûte épaisse des arbres.
Combien de fois n'avaient-ils pas danser en ronde joyeuse dans cette partie du sous-bois ?
Lutins et Elfes étaient amis depuis si longtemps et se rencontraient souvent en ces occasions festives que nuls n'auraient voulu manquer.
C'est à l'aube qu'ils se séparaient, harassés, mais heureux d'avoir tant ri.




Le cœur de Franck battait très fort, et il ne savait guère pourquoi.
Tout lui semblait si singulier.
Il percevait comme une intense présence sans pouvoir se l'expliquer.
Souvent, il se retournait brusquement pour vérifier que personne ne le suivait.
Il se perchait dans les arbres et scrutait longtemps l'horizon.
Il marchait durant des jours entiers, et se reposait sur la mousse.
Il veillait à ne s'endormir qu'au creux d'un arbre.
Tous les arbres étaient ses amis.
Il avait appris à leur parler et quelques uns lui répondaient.
A la nuit tombée, il consultait la boussole comme le lui avait enseigné Le Sage Urbain.
Ne lui avait-il pas recommandé aussi de faire une prière avant chaque consultation ?

Tu saisiras très vite l'intérêt de se recueillir ainsi.
Ferme les yeux et respire lentement puis prononce ces paroles : De par La Connaissance Suprême des Anciens, guide-mes pas !

La boussole émettait une vibration particulière.
Franck entendait comme un souffle et le cadran prenait une teinte bleue.
Les aiguilles tournaient un moment puis se fixaient comme par enchantement.
Une sorte de chemin apparaissait alors au milieu de cette végétation dense.
A chaque fois, Franck en était surpris.
Dès l'aube, il recommençait le rite, et le sentier devenait encore plus apparent et se teintait de bleu.
Jamais il n'avait assisté à un tel prodige.
La Boussole devenait sa compagne.
Il l'enfouissait dans une de ses poches avec un grand soin.
Il vérifiait aussi que le talisman était bien protégé tout contre sa poitrine.
Il reprenait sa marche, et levait souvent la tête.
Le ciel était traversé par de beaux oiseaux blancs qu'il suivait comme fasciné.
Il avait cette étrange impression que ces derniers écrivaient des mots d'amitié et d'encouragement.
Alors en un élan spontané, il leur lançait : Oh Hé, les Amis, si vous rencontrez ma Lutine, dites-lui que j'arrive bientôt !
Oh oui, dites-lui que Franck est en route !

Océan sans rivage

Tristesse de Gente Oie

Blason de Lapoutroie (Haut-Rhin, Alsace)

Ce matin-là, Gente Oie traînait sa langueur
À travers une campagne d'infinie tristesse.
Le temps lui paraissait s'étirer en longueur,
Lors même que tout lui semblait frappé d'étroitesse.

L'absence de Gente Poule pesait sur son cœur.
« Las ! ma bonne Amie, quand reviendrez-vous, chère Âme ?
Moi qui buvais vos mots comme l'on boit une liqueur,
Me voici à errer comme sur la scène d'un drame !

Parfois me saisit l'irrépressible envie
De vous aller rejoindre car sans vous, la vie
M'est proprement insupportable ; c'est peu dire !

J'aimais vous ouïr parler de Dieu et de Son Ciel ;
Je voyais couler partout le lait et le miel !
Même les petits cailloux étaient à resplendir ! »

Marc

Dies Natalis

Blason de Altötting (Bavière, Allemagne)

La Vierge représente la nature immaculée
Qui fut en notre âme imprimée dès l'Origine
Et qu'aucune tâche jamais ne saurait maculer.
C'est vers cet état que le retour nous destine.

C'est encore la Vierge en nous, au plus profond
De notre être, qui devient l'intime matrice
De notre renaissance, et c'est par un Cordon
De Lumière que s'accomplit l'Oeuvre Créatrice.

Tel est de la voie verticale le sens réel :
Établir en ce lien une colonne nourricière ;
Telle aussi, la signification de Noël,

Car en nous est un enfant qui se veut naître,
Semence d'étoile au cœur de l'opaque matière,
Remontée de l'âme vers la plénitude d'Être.

Marc

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Peinture de William-Adolphe Bouguereau (1825-1905)

Maître Coq et saint Nicolas de Myre

Blason de Diefmatten (Haut-Rhin, Alsace)

Mon bon saint Nicolas, patron des écoliers,
Apporte-moi des bonbons dans mon petit panier.
Je promets d'être sage comme une belle image,
Au moins jusqu'à Noël et même jusqu'aux rois mages
.


Cette comptine remonte à ma mémoire, en ce jour
Qui marque de ce temps d'enfance l'heureux retour.
Comme l'on aimerait se réenchanter encore !
Écouter les anges du Ciel sonner du cor

  Auquel ferait écho des bergers la musette,
Lors que la neige cotonneuse recouvre les bois
Et que dans la chaumière brûle un bon feu de bois ;

Humer l'odeur des petits biscuits aux noisettes ;
Manger une brioche trempée dans le chocolat…
Telles sont les douceurs qu'inspire la saint Nicolas.

Marc
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Coupé, au premier d'argent à un buste de saint Nicolas de carnation, mitré d'or, vêtu pontificalement de gueules, au pallium d'argent chargé de trois croisettes de sable, tenant dans sa main dextre trois pains d'or, dans la senestre une crosse de même posée en barre; au second, de sinople au coq hardi d'argent, becqué et membré d'or, crêté et barbé de gueules.

La saint Nicolas

Blasons de Liptovský Mikuláš (Slovaquie) et de Landstraße (3e arrondissement de Vienne, Autriche)

Avec la Saint-Nicolas, fêtée le 6 décembre, débute véritablement la période de Noël, du moins dans les régions et pays de culture germanique et, plus généralement, en Europe du Nord et de l'Est. Nicolas, né en 270 et mort en 345, fut évêque de la ville de Myre en Lycie, située dans l'Anatolie du sud-ouest, près d'Antalya (Turquie actuelle). Sa vie est remplie d'anecdotes souvent représentées dans l'iconographie religieuse et héraldique : ainsi, il jette par la fenêtre de l'argent à trois jeunes filles pauvres pour qu'elles puissent avoir une dot et se marier (générosité rappelée et symbolisée par les trois pains d'or qu'il tient dans sa main droite sur certains blasons). Il ressuscite trois enfants qui, étant allés glaner aux champs, avaient été tués et découpés par un boucher. Il sauve de la tempête un bateau portant une cargaison de blé pour la ville de Myre. Il serait décédé un 6 décembre. C'est un saint très populaire, patron des enfants, des étudiants, des enseignants, des marins, de la Lorraine et de la Russie. Lors de sa fête, on distribue des friandises et parfois des cadeaux aux enfants.