Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Est-il un Signe qui n'ait pas sa dimension en Sa Profonde Cohérence, cherchant Le Sens à L'Essence ? Est-il un Signe qui n'ait pas son Écho dans L'Indicible ? Est-il un Seul Langage qui n'ait pas Sa dimension Sacrée et révélateur des Réalités occultées ?

En ce Souffle que se veut presque recueillir le Blason, s'enveloppant, tout en proclamant, fleurissent mille et une Parures, puisant dans L'Êtreté, Noblesse celée et décelée. En ce cœur du Bouclier, mille essences, lors que Le Chevalier vêt L'Armure et L’Épée. Rituel et Quintessence en cet Art de La Connaissance que brandit La Torche enflammée, L’Éclat des Vertus Conquises et que l'on se veut protéger ! Aspiration d'une Renaissance Lumineuse en un Art de Vie oubliée, La Nouvelle Héraldie est à reconquérir cette Beauté que La Chevalerie a porté très Haut, au delà de ce que nous sommes encore en mesure d'imaginer. Le voyage se poursuit...

mercredi 20 septembre 2017

Point cardinal


Une causerie de Frère Eugène

Peinture de Jehan Georges Vibert (1840-1902)

Plus d'un se rêve, sinon une promotion, du moins
Une belle augmentation, s'estimant du mérite,
Sans doute à raison, étant de lui-même témoin.
Mais c'est souvent d'ingratitude dont on hérite.

Quant à moi, si l'on me voulait nommer abbé
Et qu'il me faudrait, pour ce, quitter ma cuisine,
Ne croyez pas que j'en aurais le torse bombé,
Ne sachant plus me déplacer qu'en limousine.

Je ne suis pas d'esprit à porter la mitre
Et me veux être très clair sur ce chapitre :
Rien, jamais, ne me fera quitter mes marmites,

Quand même je porterais la robe de cardinal !
Du reste, je suis peu porté au doctrinal,
N'étant pas du genre à m'imposer des limites.

Frère Eugène

Les armoiries du (futur) Cardinal Eugène
(inspirées du blason de la commune de Crémines, Jura bernois, Suisse)

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Le roi de la marmite

Les petits ruisseaux


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Kaltenbach (Tyrol, Autriche)

Dans un monde où l'argent-roi est l'unique valeur,
C'est-à-dire où c'est l'avoir qui tout conditionne,
S'en reviennent, comme les saisons, malheurs et douleur.
Ce cercle vicieux, c'est en chacun qu'il s'actionne

Et c'est là même qu'il faut lui serrer le garrot.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières ;
Ainsi en est-il des mouvements généraux :
Nés des confluences des actions particulières.

La chose fut mille fois dites et autant répétée ;
Mais peu le veulent entendre, encore moins l'appliquent ;
L'état des lieux est, en plus grand, notre réplique.

Que nous vaut, sur maints visages, cet air hébété ?
L'on s'étonne d'un monde qu'on a aidé à construire,
Puis l'on s'afflige de ce qu'il soit à nous détruire.

Frère Eugène


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       Tour de roue

mardi 19 septembre 2017

Mondes parallèles


Blason d'Alverdissen (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Les crépuscules, à Paris, sont de toute splendeur ;
Le ciel devient le miroir de mondes parallèles
Et, de l'apparent, nous révèle la profondeur ;
Le regard plonge en une vision intemporelle

Qu'un Peintre Céleste avive de mille couleurs,
Courant des teintes océanes aux rouges d'incandescence.
Les nuages ont l'air de dragons caracoleurs
Qui semblent démontrer leur inquiétante puissance

Et comme inspirer, même, des prémices ténébreuses...
Des montagnes s'érigent et des vallées se creusent ;
L'ailleurs se profile en l'à-venir qui s'écrit.

Mais dans la rue, aucun passant ne lève la tête ;
Ils ont l'air de zombies marchant à l'aveuglette,
Enfermés dans leur bulle dont l'Autre est proscrit.

Marc

L'Âme


En Écho à Clavis aurea 4

Blason de Wadersloh (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Depuis qu'il marche lentement, Frère Maurice
Entend Le Vent lui rapporter des nouvelles.
En compagnie de Sages, il fait son office.
Plus que tout, il ne sait plus rien, excepté ce Rappel :


Ni fatigue ne l'essouffle, ni obscurité
Ne l'entrave. En Elle, est La Vie qui danse,
L'Âme est Éternité ondoyante de Beauté.
Les yeux touchent les vérités de La Béance.

Pudeur extrême et Joie exaltée de Lumière.
L'Infini est cette approche que Lui est à donner.
Lors que tu avances, Le Seigneur, en ce subtil Mystère,
De par Son Désir, court vers toi, Son Bien-Aimé.

L'Âme s'émancipe des liens qui l'alourdissent,
Elle sait de par une Sagesse sûre, et de par Son Décret,
Que Lui est à l'attirer vers La Liberté.

Elle a connu son ignorance et sa mendicité.
En cette Vacuité, à La Coupe, les lèvres s'unissent.
Dieu en Lui, est Le Seul à vivre ce Secret.

Frère Maurice

lundi 18 septembre 2017

Les odeurs de l'été



Blason de Les Mureaux (Yvelines, Ile-de-France)

D'azur au mur d'enceinte crénelé d'or maçonné de sable, soutenu par une onde d'argent mouvant de la pointe, la porte ouverte du champ chargée d'une ancre d'or, surchargée d'un vol d'argent et d'une étoile tous deux d'argent, le mur surmonté de trois mûres du même tigées et feuillées d'or.

Le long des prés de ronces bordés, la mûre pourpre
S'est gorgée de soleil et se promet juteuse.
Nous prendrons une bassine de cuivre bien propre
Pour faire chanter tout en douceur les baies goûteuses.

L'on en tirera, selon la cueillette, dix pots
D'une gelée onctueuse ou bien d'une confiture
Savoureuse que l'on conservera en dépôt
Dans le placard, dans l'attente des temps de froidure

Où les odeurs de l'été passé reviendront
Parfumer la table garnie, dans la cuisine.
L'on trempera, dans le café chaud, les tartines,

Lors qu'au-dehors, les dernières feuilles danseront
Dans le vent, comme pour faire une ultime révérence
À l'an vieux dont nous aurons heureuse souvenance.

Marc


Blason de La Mure-Argens (Alpes-de-Haute-Provence)

D’or à une fasce d’azur, accompagnée de trois mûres de pourpre,
tigées et feuillées de sinople, deux en chef et une en pointe.


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Arrière-saison

Les Allégories du Jardin - La Nue


Blason de Fjällsjö landskommun (Suède)

Allégorie 14 – La Nue

          Lorsque la nue crut que le moment était favorable pour faire entendre son langage emblématique, elle répandit des pleurs, s’étendit et ’s'agita dans le vague des airs, et sembla prononcer ces mots :

         Végétaux, pouvez-vous méconnaître les bienfaits dont je vous comble, moi qui favorise votre croissance de mon ombre et de ma pluie ! N’êtes-vous pas les enfants de ma libéralité ! pourriez-vous même exister sans moi ! Grâce à ma bienfaisance, les champs ne se couvrent-ils pas d’épis dorés, lamer ne s’enrichit-elle pas de perles étincelantes ! Je nourris les germes des plantes dans le sein de leur mère, et je les dé- barrasse peu à peu de ce qui gênait leur croissance. Quand ensuite les graines, comme la femme féconde, ont mis au monde leurs embryons, et que j’ai fait paraître les jeunes plantes hors du creux de sable où elles étaient, je me charge d’en avoir soin et de les élever, et la mamelle de mes bienfaits, comme celle d’une femelle de chameau au lait abondant, ne cesse de leur fournir l’eau nécessaire à leur développement progressif. Mais lorsque le temps de l’allaitement est fini, et que le moment du sevrage arrive, alors je cesse de leur tendre mes mamelles ; aussi se dessèchent-elles bientôt, et ce ne sont que mes larmes abondantes qui les rendent à la vie, et que les gouttes de mes pleurs généreux, qui leur redonnent la fraicheur. Tous les êtres qui existent sont vraiment mes enfants ; n’a-t-on pas en effet entendu dans toutes les tribus ce passage du Coran : Nous avons donné la vie à chaque être par le moyen de l’eau !

           Lorsque je vois ce pavillon printanier, jadis séjour de ma maîtresse, aujourd’hui vide et inhabité, je ne puis m’empêcher de verser des pleurs semblables à ceux que tu répands dans une ondée légère. L’amant laisse échapper des larmes de joie, tandis que l’éclair semble sourire, et que le zéphyr de l’espérance apporte à son oreille de douces nouvelles ; il soupire alors amoureusement, en se tournant vers les vestiges, à demi effacés, de l’habitation de son amie.

        Ne lui fais pas de reproches sur son amour, ne blâme point sa passion ; tu n’apporterais aucun remède à ses maux. Pour, toi, laisse ces violents désirs ; une ardeur brûlante, un chagrin dévorant, voilà ce que tu en retirerais.


Trompe-l'œil


Blason de la municipalité de Ruhla (Thuringe, Allemagne)

Me suffirait-il d'avoir la tête bien remplie
Et, pour m'en prévaloir, d'user de rhétorique,
Lors que je ne saurais pas même comment l'on plie
Une chemise ! Que me vaut un savoir théorique

Si je ne sais pas planter un clou dans un mur !
Une tête bien faite n'exclut jamais la main adroite.
Si les neurones me doivent rendre mou du fémur,
Les pensées en sortant me sembleront étroites .

L'on nourrit, dans ce pays, un profond mépris
Pour le travail manuel. L'on est même surpris
Que cette fâcheuse mentalité demeure vivace.

L'on s'affiche, sans peine, égalitaire par devant,
Mais l'on ne boude pas les privilèges pour autant.
Un trompe-l'œil n'est jamais qu'une peinture de surface.

Frère Eugène

Clavis aurea 4


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Callas (Var, Provence-Alpes-Côte d'Azur)

De gueules à la devise d'argent, accompagnée en chef d'une fleur de lys
au pied nourri d'or et en pointe d'une échelle posée en pal du même.

Chacun est lié à sa nature, c'est en elle
Qu'il nous faut chercher et trouver la perfection ;
C'est là aussi, en l'intime, que se pose l'échelle
De notre conscience pour l'intérieure ascension.

Si les Traditions offrent un cadre propice,
Les modélisations se peuvent suivre un temps.
Puis arrive un point où il n'est plus de notice,
Car le Multiple n'est pas l'Un se répétant.

Pour m'exprimer d'une manière plus conventionnelle,
Je dirais : la relation à Dieu est personnelle,
Unique et totale ; il n'y a que Lui et moi !

C'est la première porte de la conscience cosmique,
Où notre unicité se fond en L'un Unique
Et Même, et où le Moi qui meurt renaît au Soi.

Frère Eugène

dimanche 17 septembre 2017

Les petites fées


Blason de Kungsbacka (Suède)


Les petites fées sont de l'enfance la pleine réalité.
Te souviens-tu ma sœur comme la maison devenait la forêt de Brocéliande, et comme une journée devenait à elle-seule, l’Éternité ?
Nos yeux voyageaient à travers les bosquets et les mousses enchantées.
Nous volions comme emportées par la saveur des branchages luxuriants.
La Terre nous enlaçait des bruyères sauvages, et les champignons exhalaient les chaudes présences de leur humus délicat.
Je ne savais plus si j'étais à exister.
La Beauté nous étreignait si vivement que je me mettais à rire.
Souvent, nous levions les bras et chantions.
Comment aurions-nous pu parler ?
Seul le chant nous prenait en otage de son ardente douceur.
Nous avions signé ce fameux pacte des fées.
Tu étais Morgane et j'étais Éléonore.
La forêt nous révélait les moments magiques de ses sous-bois et nous nous couchions à la belle étoile.
Le loup ne nous faisait pas peur, et le renard était notre ami.
Parfois, c'est une grenouille qui nous suivait partout.
Je l'observais longtemps et je la trouvais si belle !
Une chose si verte ! Une chose si vivante !
Nous nous allongions sur les bruyères hospitalières, et nous laissions le doux vent nous caresser les cheveux, ou bien était-ce nos mollets ?
Fée Morgane, nous devons aller au plus profond de la forêt, car, il est un secret étrange qui nous y attend !
Peut-être rencontrerons-nous Merlin ?
Nous serons sages et nous le laisserons nous parler.
Il nous apprendra tout sur tout !
Si si, te dis-je !
Dans les vieux grimoires, j'ai lu de merveilleux récits.
Mais, chut ! Dormons au pied du lierre.
Demain, je te raconterai l'histoire des sept cerfs volants.
Il paraît qu'ils ont réussi à quitter cette sphère, et qu'à présent, ils séjournent dans la forêt bleue.
Une forêt bleue, me demandes-tu ?
Oui, je sais, cela semble improbable. Mais ne l'oublie pas, tu es Morgane et je suis Eléonore.

Océan sans rivage


Peinture préraphaélite représentant une fée
Sophie Anderson (1823 - 1903)

Une petite pierre au bord de l'eau


Blason de Muldenstein (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Je te cherche sur un chemin,
Tu ne viens pas.
Je suis en cette mélancolie du Ciel qui m'étreint.
Ai-je un sursaut, une vision ?
Les petites abeilles s'accrochent à mon regard du pollen des minuscules fleurs.
Des chaleurs du Zénith, mon corps souffre plus que de raison.
Ce sont les herbes au creux des rocailles qui sont à me raconter la nostalgie.
Le monde est nouveau ! m'exclamé-je.
Il n'a jamais cessé d'être en Ta Présence, puisque Tu es Celui qui veille jour et nuit.
Ce sont les longues solitudes que je cherche pour être enfin en Ta Compagnie.
Je T'ai dit : Tu as volé mon cœur, et je Te l'ai aussi offert sans hésitation !
Le soleil me donne cette lancinante tristesse des ardents rayons.
Il est brûlant en ce chemin où l'ombre se cache sous les pierres.
J'en ai retourné quelques unes, mais l'ombre fuit de son espièglerie.
Alors, je ne peux m'empêcher de sourire.
Je marche comme accablée, mais en fait, je ne le suis nullement.
J'entends le ruisseau et L'Eau qui est mon Amie, m'appelle.
Elle me dit au creux de l'oreille : je chante pour toi qui m'écoute attentivement.
Je lui réponds : Ô Eau ! Je suis gourmande de tes danses douces qui ondoient sur le cristal des roches.
Voici que nous rions toutes les deux !
Elle me confie le secret de son grand voyage.
Un jour, dit-elle, tu comprendras que la douceur est une pierre polie.
Je sais, car j'ai toujours souhaité être une petite pierre au bord de l'eau !

Océan sans rivage

Le chant du soir


Blason de Mellenbach-Glasbach (Thuringe, Allemagne)

                                             Les rayons d'or du soleil roussi,
                                             Par la longue journée accomplie,
                                             Obliquent sur le quartier
                                             Où encore quelques enfants se sont attardés.

                                             Le gazouillis si gracile des moineaux,
                                             Effleure le bord des rues,
                                             Ou bien traverse-t-il l'oubli venu,
                                             Au soir d'un printemps nouveau ?

                                             Les aboiements d'un chien
                                             Errant sur l'inévitable goudron,
                                             Assiettes, marmites, chaudrons :
                                             Les fourchettes remuent la faim.

                                             Odeur de brise, lenteur des nuages,
                                             Répand son parfum sauvage,
                                             Vient transpercer l'aile des oiseaux,
                                             La quiétude du soir vole là-haut.

Océan sans rivage

Clavis aurea 3


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Königs Wusterhausen (Brandebourg, Allemagne)

Il est tout à fait vain de vouloir changer le décor
Si c'est pour monter et jouer sur la même scène ;
Ceux qui d'une révolution veulent sonner le cor
Se retrouveront à poser de nouvelles chaînes.

L'Histoire n'est-elle pas éloquente à ce sujet ?
Oh ! les intentions de départ sont toujours bonnes,
Mais il en est des belles idées comme d'un budget :
Difficiles à tenir car par nature gloutonnes !

Les sciences de la Matière, mues par l'appât du gain,
Ont ouvert, en batterie, des boîtes de Pandore ;
Le phénomène connaît même un certain regain,

Malgré les voix de la raison qui est moquée.
Où est sa place quand c'est le Veau d'or qu'on adore ?
Il n'est plus que le Ciel que l'on puisse invoquer !

Frère Eugène

Clavis aurea 2


Une causerie de Frère Eugène

 
Blason de Douarnenez (Finistère, Bretagne) 

Plus d'un, ayant encore la coquille au derrière,
Se voudrait nous apprendre ce qu'est l'existence,
Croyant que nous sommes tombés de la pluie dernière
Et ne sachant prendre de ce monde la distance.

La Terre est vieille. Que sait-il des temps passés,
Celui qui n'a du réel qu'une approche livresque
Et pensant connaître du temps présent assez,
Pour nous réduire à ses vues mesquines et grotesques !

Qu'avons-nous à faire d'une pensée stérilisée
Dont les actes sont loin d'être civilisés ?
Que nous pourrait bien dire, usant de sa faconde,

Celui qui n'a vécu que par procuration,
Par écrans interposés, à fortes rations,
Quand même il eût fait plusieurs fois le tour du monde ?

Frère Eugène

L'omniprésente vibrance


Blason de Peyresq (Alpes-de-Haute-Provence)

Écartelé : au 1 er et 4e d'azur, à un rocher d'argent ;
au 2e et 3e, d'or à une étoile à 16 rais de gueules.


Nous sommes toujours à vouloir prendre, comme un dû,
Tout cet Univers qui s'offre en sa cohérence,
Nous le soumettons à ce qui nous semble entendu,
Comme si notre jugement était la seule instance.

Il est une voix qui nous enseigne inlassablement.
Elle est à nous éclairer de douceur et d'Amour.
Sur toutes choses, en son intime Discours,
La Grâce est le Don qui suffit à L'Aimant.

Il est né, ce pur instant qui féconde La Présence,
Cet Instant de partage, lors que nous offrons.
Cette Réalité, depuis L'Enfance, se voulait

S'unir au Passant, lui dire : je T'aime en secret.
Puisses-tu trouver les jours de désolation,
Cet Amour relié à L'Omniprésente vibrance.

Océan sans rivage

Clavis aurea 1


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Hoßkirch (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

Celui qui s'interroge si Dieu existe ou non
Est comme un tel qui cherche midi à quatorze heures.
Tout est faux de ce que nous en imaginons,
Et même le concept le plus abstrait n'est qu'un leurre.

Dieu n'existe pas puisque n'étant pas « hors de » ;
Et si nous devions de Lui chercher une preuve,
Nous la serions ! Ne pensez pas que je plaide
Pour ma chapelle, m'étant moi-même mis à l'épreuve,

Sans recourir au prêt-à-croire d'aucune façon.
Dans ma quête, j'ai écarté mille contrefaçons
Qui se voulaient toutes insinuer en mon âme.

Les gourous de foire et philosophes de salon
Se disputent là-dessus pour prendre du galon.
Je souris car leur mode de vie les amalgame.

Frère Eugène


Le latin Clavis aurea signifie « clef d'or ».

En cet Instant


En écho à Instant partagé

Blason du Finistère (Bretagne)

L’Ami, en nous est Le Regard lumineux.
En Lui, point de doute, car Il est Lumière.
L’Âme qui danse de L’Amour garde ce Mystère,
De voir, en La dent cariée même d’un porc, Dieu.

La Rencontre dépasse notre intention,
Et soudain, en une allée, l’on croise les yeux,
D’une âme qui nous reconnaît, en ce Lieu
Où L’Espace et Le Temps sont en Expansion.

Le cœur tressaute, et l’on est à vibrer tout entier.
Depuis L’Amour éternel, qui Lui appartient,
L’on se voudrait à genoux tomber et pleurer,

L’on se voudrait aussi lui ouvrir nos pauvres mains.
L’Âme reconnaît L’Âme, Le Vivant est Son Moment.
L’Ami, en nous, en Lui, est ce crucial instant.

Océan sans rivage


Instant partagé


Blason de la ville de Pöttmes (Souabe, Bavière, Allemagne)

L'Amie, il faisait beau, je suis sorti en ville,
En ce samedi ordinaire de septembre,
Faire quelques menues courses, allant d'un pas tranquille.
« Il faut te bouger pour dégourdir tes membres,

Me suis-je dit ; et puis, l'arrière-saison est si belle,
Ai-je ajouté, pour me convaincre d'y aller.
Peut-être mangerai-je une tarte aux mirabelles
Ou irai-je d'un jardin arpenter les allées ? »

Blason de Gugney (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

Burelé d'argent et de sable aux trois mirabelles
d'or feuillées de sinople brochant sur le tout.

Le métro a l'air d'une grosse chenille qui transporte
D'autres chenilles se rêvant toutes en papillons.
Mais les visages ne disent que les illusions mortes,
Graines stériles qui n'ont pas levées dans les sillons.

Mille destins entrecroisés, le temps d'un voyage ;
Mille regards vides qui ne se souviendront d'aucun
Et qui ne furent, dans ce désert, que des mirages.
Dites, parmi toutes ces personnes, y a-t-il quelqu'un ?

Je veux dire, quelqu'un de Vivant ; une Âme, en sorte.
Je lui dirais : « Ah ! Je t'ai vue et reconnue
En l'instant vrai, dans le courant qui nous emporte ! »

Nous revoir serait parfaitement inutile
Puisque du futur nous nous serions souvenus.
Les rencontres essentielles sont toujours subtiles.

Écusson Art Nouveau (Métro Abbesses, Hector Guimard 1900)

Post scriptum : il n'y avait pas le moindre regard
Dont j'eusse pu dire qu'il était d'une réelle présence.
Je n'ai vu que des visages fermés ou hagards,
N'ayant, vis-à-vis du décor, aucune distance.

Je me suis pris à penser que si tous ces gens
Cessaient de concert d'être en leur psychique bulle
Dont la prothèse tactile est le plus sûr agent,
L'instant partagé s'écrirait en Majuscule.

Marc

samedi 16 septembre 2017

Mon Frère


Blason de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre

Il est un qui marche. Il est venu de loin.
Je l'appelle mon frère, et il sourit à sa sœur.
Nous avons, tel un pont, joint en L'Azur, nos mains
Son Âme vive s'adoucit des secrets du cœur.

Il n'est pas un instant où je tremble du Mystère,
Lors que frémit le vent, je suis à le saluer.
De son regard, j'ai appris les profondeurs éthérées.
Des pas que nous faisons, jaillit La Lumière.

Jamais je n'oublie mon frère, je le connais
Depuis L'Ailleurs de nos retrouvailles, je le sais.
Ce moment que nous savons être L'Origine.

C'est un Parfum si ancien, je me l'imagine,
En cet Alast Divin, Berceau de notre Amour,
Nos yeux versent ces larmes de l'unique Jour !

Océan sans rivage

vendredi 15 septembre 2017

Poésie héraldique allemande - Hameln


Blason de hameln (Basse-Saxe, Allemagne)

In Rot ein weißer Mühlenstein mit blauem Mühleisen.

                                       O, über unseren Köpfen liegt ein Stein.
                                       O schwerer Mühlstein ob dem kleinen Haupt !
                                       Der uns die Sonne nimmt,
                                       Der uns die Winde raubt:
                                       Wir sehn ihn nicht und wissen doch, er muß sein.

                                       Er ist in einer unsichtbaren Mühle,
                                       Die plump auf unserem Berge lastet.
                                       Sie mahlt verschollene Klagen
                                       Aus hundert Nächten, tausend Tagen.
                                       Wir hören, daß sie niemals rastet.

                                       Unsere Eltern sind wohl gestorben.
                                       Wir wachsen nicht.
                                       Jedes hat noch sein kleines blasses Kindergesicht,
                                       Nur unsere Kleidchen sind zwischen den Wurzeln verdorben.

                                       Traurig ist es in diesem Berge.
                                       Rings bräunlicher Schatten.
                                       Der fremde Pfeifer war nie mehr hier.
                                       Aber manchmal kommt zu dem versandeten Kind
                                       Eine der grauen, häßlichen Ratten,
                                       Und wir spielen mit ihr,
                                       Weil wir so arm und einsam sind.


Les Allégories du Jardin - L'Anémone


Blason de Seraincourt (val-d'Oise, Ile-de-France)

D'azur au chevron d'or, accompagné de trois palmes d'argent,
les deux du chef adossées, surmonté d'une anémone du même.


Allégorie 13 – L'Anémone

L’Anémone, que l’on distinguait de loin au milieu de ses compagnes, par la teinte de sang qui colore ses pétales, soupira alors, et , soulevant sa tige inclinée, sembla dire ces paroles :

Pourquoi ai-je si peu de part aux hommages que l’on rend aux autres fleurs, quoique ma beauté soit éclatante et ma couleur agréable ! Quoi ! personne ne fait l’éloge de mes agréments , personne ne désire me cueillir ! Quelle est donc la cause de cette indifférence marquée ! Je m’enorgueillis des riches nuances de mon vêtement, et cependant celui qui m’aperçoit me dédaigne : on ne me place point dans les vases qui décorent les salons ; que dis-je ! je semble rebuter également et la vue et l’odorat ; on ne me donne que le dernier rang parmi les fleurs qui ornent les parterres ; on va même jusqu’à me chasser du milieu d’elles, et à m’éloigner de leur douce compagnie. Tout cela n’a lieu, à ce que je m’imagine, que parce que mon cœur est noir ; mais que puis-je contre les décrets de la providence ! Aussi, en considérant que mon intérieur est plein de défauts, et que mon cœur est souillé de vices, et sachant que le Très-Haut ne fait pas attention aux formes extérieures, mais seulement aux qualités du cœur, je vois que ma complaisance pour ma beauté apparente est précisément ce qui m’a privée de la faveur divine. Je suis semblable a l’hypocrite, dont la conduite est irréprochable en apparence, mais dont l’âme renferme la turpitude : au dehors, son mérite ne saurait être trop prisé ; mais au fond il est bien petit. Si mon intérieur était conforme à mon extérieur, je ne serais pas obligée de me plaindre, et si Dieu l’eût voulu, j’aurais pu être estimée et offrir à l’odorat une émanation suave ; mais le bien ne provient que de celui qui est réellement bon. C’est ainsi que les signes de la faveur ne paraissent que sur ceux dont la divine maîtresse a agréé les hommages. Qu’il gémisse douloureusement et qu’il verse des larmes abondantes, celui que les dédains de sa céleste amie plongent dans le chagrin, et qui est privé de connaître l’essence véritable de cette éternelle beauté !

Ne me blâme point si j’ai déchiré mes vêtements ; ton reproche aggraverait le mal que l’amour m’a causé. Mes fautes ont noirci mon âme, et le destin contraire a fixé l’arrêt de mon malheur. Ceux qui me voient, m’admirent ; mais, hélas ! celui qui m’a formé sait que je renferme un cœur hypocrite : mon extérieur est la beauté même ; mais les vices sont renfermés dans mon sein coupable. Quelle honte, lorsqu’au dernier jour je serai interrogé ! Hélas ! je n’aurai point d’excuse à apporter. Ah ! si tu écartais le voile qui cache mon ignominie, tu verrais la joie sur le visage de ceux qui me haïssent.

L'Âme de l'Origine


Blason de Lanester (Morbihan, Bretagne)

De gueules semé de mouchetures d’hermine d’or au mantel
d’argent chargé de six burelles ondées d’azur
.
Devise « Ensemble et pour tous ».


C'est Vénus en Sa grandeur, de L'Onde, Ses effets,
Lors que L’Écume Primordiale épouse Son Drapé,
Les Perles de nos étoiles ont le goût iodé
Des enlacements de Ta Seule Réalité.

L'Aube est un Printemps que Le Cœur pérennise.
Une chose semble la même, et L'Atome est une Danse,
Que des embrasements de Ton Âme en mouvance,
S'élance, lors que Souverain, en Toi, Tout se précise.

De L'Enchantement Céleste, en Sa descente,
Et nul ne voit comme Tu marches en cet Azur,
Des nuages majestueux de Ta pleine Gloire !

Voyez, Ô mes frères, comme est incandescente
L'Âme de L'Origine ! Son Baiser est Pur,
Au Jour Saint et Béni qu'exalte Sa Mémoire.

Océan sans rivage

De profundis 3


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Quierschied (Sarre, Allemagne)

Il suffit d'une personne, et c'est l'Humanité !
La quantité importe peu à cette échelle
Qui est nôtre, car qu'un seul soit de qualité,
Et les ténèbres sont brisées ! Une étincelle,

Une seule, suffit à mettre le feu aux poudres !
L'effet papillon opère sur les plans subtils,
N'en doutez jamais. Quand tomberont les foudres
Du Ciel qu'annoncèrent les Prophètes et les Sibylles,

Les hommes se lamenteront sans se repentir, *
Ne pouvant pas de leur nature se départir.
Fut-il, que la nôtre, époque plus arrogante ?

L'on prêche dans le vide car ce monde n'est qu'un désert
Et c'est d'une raison sèche les antiennes qu'il nous sert.
Or, que voyons-nous ? Les mêmes sottises, redondantes !

Frère Eugène


** Apocalyse selon Saint-Jean, 9-20

De profundis 2


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Drachenheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

L'on voudrait aller instantanément partout
Et, à son gré, plier le temps et les distances,
Chacun se croyant de sa vie le Manitou
Mais mettant le cœur et la raison en latence.

Dès lors, l'on se précipite dans la quantité
Pour mordre à pleines dents les fruits de l'abondance,
Usant de tout, sans retenue ni équité,
En une vaste foire où le Diable mène la danse.

Là où s'étendaient de verts paysages, jadis,
Surgissent des tours de béton et des boîtes en tôle,
Répandant leur grisaille dont la vue se désole.

De la nature meurtrie monte le de profundis *
Dont l'écho se propage de par la Terre entière.
Son souffle a réveillé les trompettes dernières.

Frère Eugène


* De profundis sont les premiers mots latins du psaume 130 extrait du Livre des Psaumes de la Bible. Sa version latine donne : « De profundis clamavi ad te, Domine » (« Des profondeurs, je criai vers Toi, Seigneur »).