Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


mardi 17 juillet 2018

Figement et autophagie du monde


Blason de la famille Le Valois

D'azur à deux vautours d'argent affrontés, enchaînés d'or par le cou.

Ce monde en son impermanence et en son désir de figement, involutif de fait, en son désir inavoué d’asservissement mental et autre, en son hypocrisie monumentale du fait de son discours aux syllogismes instrumentalisés de façon éhontée, sans le moindre scrupule, ni aucun état d’âme, plus encore en la bêtise incarnée (la bête vorace qui se veut atrophier nos cerveaux à dessein) met en place tous les moyens pour établir une croyance systémique, une croyance qui nous donne à nous coller mécaniquement à un monde devenu l’autophagie.

Océan sans rivage

Note d'appendice à Alchimie (2) sur Naissance et connaissance

dimanche 15 juillet 2018

Panem et circenses



Je me demande ce que peuvent bien signifier
Ces klaxonnements et ces voix vociférantes
Que mon cerveau ne parvient plus à qualifier ;
L'on dirait bien la clameur d'une foule délirante...

Sans doute s'est-il passé quelque chose d'essentiel
Qui explique cette générale effervescence ?
Mais ce tintamarre m'apparaît si démentiel
Que je préfère, je crois, rester dans l'ignorance.

Je me doute bien, au fond, de quoi il peut s'agir
Mais cette idée refuse en moi de s'élargir.
Dieu merci de m'être éloignée de la ville

Sinon j'en aurais fait une crise d'apoplexie !
Certains jours, l'on voudrait changer de galaxie
Et peut-être même demander le droit d'asile.

Le Spectre à trois faces

Sauve qui peut !

Lendemains de foire


Revers du grand sceau des États-Unis

J'ai réussi à remonter un peu le temps
En rassemblant toute une mémoire hétéroclite
De choses enfouies en moi depuis longtemps
Et que, chemin faisant, mon esprit revisite.

J'ai retrouvé le fil de l'éternel instant
Dans l'apnée du regard, au cœur de l'heure profonde,
Quand la contemplation est un état constant
Et qu'une éternité loge en l'infime seconde.

J'ai traversé les arcanes d'un monde finissant
Dont l'emblème arbore un astre noir issant,
Lors qu'aux quatre vents s'érigent des tours à sa gloire.

À leur sommet trône un œil à la vue borgne
Qui survole un désert que jonche la charogne.
Car tel, toujours, s'annoncent les lendemains de foire.*

Marc



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Flamboyances

Mise à jour


Blasons de Schwemsal et de Senst (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Je voulais écrire un sonnet quand, tout à coup,
Windows lança une mise à jour intempestive.
J'eusse aimé, à ce moment-là, tordre le cou
Aux triturateurs de la chose rébarbative.

Je voulais chanter les blés mûrs et les moissons,
Non pas celles de ces bruyantes moissonneuses-batteuses
Qui n'inspirent aucune poésie, de toute façon,
Et qui relèvent de pratiques calamiteuses,

Mais celles des faux qui chantent et des gerbes liées ;
Celles qui font tourner au loin les moulins ailés
Et qui posent le bon pain sur les tables heureuses.

J'ai longtemps attendu que vienne le premier mot
Car j'en ai commis tant qui me valurent mille maux.
Mais aujourd'hui s'éloigne leur ombre terreuse.

Marc


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Moisson

Bleuets du Jardin


Blason de Smiltene (Lettonie)

De délicatesse, l'oiseau s'envole très haut,
Perché sur les ailes éthérées d'un Noble Manteau,
Lors que les bleuets du Jardin s'effacent de Grâce,
Des pistils du Ciel irisent nos yeux puis s'embrassent.

Aux frondaisons élogieuses, sous les branchages,
L'Âme s'incline : c'est un Rayon de Lune, nul ombrage
Vient ternir en ce cœur La Demeure du Cheminant.
Sous un Arbre en pleur, L'Esprit s'élève au Firmament.

Quelques senteurs de lavandes jusqu'au bout des doigts,
Lors que Le Silence est en l'intense hébétude.
Que voguent encor nos cœurs étreints en cet émoi !

Les nuages passent sans aucune lassitude.
Ami ! Le bleuet te sourit pudiquement.
Il est des mots qui s'entrelacent furtivement.

Océan sans rivage


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De La Solitude (3)


Blason de Siekierczyn (Basse-Silésie, Pologne)


Pensons-nous être notre commencement ? Quel est donc ce rendu Existant de nous ? Qui de la conscience connaît La Réalité de La Présence ? A partir de quel élément pouvons-nous nous dire Être ? Qui nous dit Être ? Qui nous dit Pensée ? Qui nous dit faire ? Qui nous dit nous interroger ? Qui nous fait Présence ? Qui nous fait Cohérence ? Qui nous fait cette singularité de nous ? Quel est le fil conducteur de notre spécificité ? Je te dirai que nous sommes notre propre fil conducteur. Nous sommes une infinité de possibilités au sein même d’une Forêt monumentale. Nous sommes notre propre labyrinthe. Nous sommes notre propre Reliance et nous sommes notre propre orientation. Une myriade de perplexités et une flèche file droit. Droit. Qui nous donne à La Vision ? Qui nous donne à La Re-connaissance ? Qui nous donne à la marche ? Quelle est donc cette marche pérégrinante qui est Le Prétexte de La Vision ? Ô Vie ! Abondance de La Compagnie, lors que ni « Tu », ni « Je » ne sont, et lors que La Vie est Lui comme Lui en Lui, en La Ronde permanente. De l’insouciance naît la gravité. De La Gravité naît la légèreté. De La Crucialité naît L’Atemporalité, fugacité de L’Interstice, Ouverture tournoyante en ce chapitrage des sept répétées. Assise en ce Trône de L’Axial. Le vent de l’intériorité soulève les monts et déploie L’Echo qui se donne en se remémorant les nouvelles du Tissage. Trame en cette Visibilité de Signes et Le Vivant de leur Prégnance. Élocution du Verbe qui est en Sa Lumière est La Sublimité du Compagnonnage. Mon Poète des effluves imaginales ! La Conscience soulève les voiles de L’Océan et est submergée par les affinités, lors que La Suprême Conscience rend compte des sphères de concomitances et de convergences. La Solitude s’unifie à tous les esprits qui en onde de ressemblance se parlent et se témoignent les affinités de L’Âme. Ô Cœur de L’Amour ! Toi, Le Centre vibratoire de l’intense Reliance, Ô Âmes ! Venez, courez et retrouvez les mains de nos cœurs aimants ! Le monde de La Transcendance s’est aplani devant les aspérités des différences et voit en toute Chose, La Toute-Possibilité des restaurations du Corps de L’Amitié. N’est en la solitude que l’être isolé de Sa Rayonnance et pourtant, pourtant, l’âme s’exile des illusions et des nues de l’incohérence. A toi, monde, je me suis heurtée, mais de ce heurt, la sincérité est mille fois éprouvée et mille fois s’affûte à L’Épée de La Vérité. Il n’est de solitude qu’au heurt des consciences qui n’ont plus de La Réalité que les gestes de la mécanicité. Pourtant, pourtant, bienheureuse l’âme exilée, bienheureuse de s’être laissée compénétrer par la nostalgie et le refus de la limitation du Vivant… Ô Suave trouble et suave hébétude, lors que l’âme s’extrait de la confusion ! Il n’est aucune solitude, mais Beauté de La Pérégrination, lors que Le Toucher subtil est une flèche bien avisée, blessant le cœur de l’éploré, et donnant enfin le sens à L’Exil.


Océan sans rivage

                   De La Solitude (1)          De La Solitude (2)

Se lit aussi sur Naissance et connaissance

jeudi 12 juillet 2018

De La Solitude (2)


Blason de Koptevsky (Russie)

Te conterai-je la sublimité du Compagnonnage ? Il n’est de solitude qu’en la non-présence, car telle est La Réalité de L’Être. Il est en Sa Singularité, non pas isolement, mais bien Lieu de La Rencontre. Qui sommes-nous pour éprouver la crucialité de l’esseulement, et pour entrer en La Marche ? C’est parce que nous sommes tous seuls, que soudain, nous comprenons, à proprement parler, la limitation de la sociabilité. L’Autre est-il un autre moi-même ou bien révélateur, tantôt de l’éloignement, tantôt du rapprochement ? Que signifie donc la solitude si ce n’est le sentiment d’être en solitude ? Soyons en cette clarté et distinguons nettement, le ressenti de la solitude et la solitude en tant que telle. Tout être est en sa singularité et de fait, en sa solitude. Tout être est en ce désir d’Union et de fait, en ce désir de L’Autre. Or, celui qui ne cherche pas expressément à s’extraire de la réalité de la solitude mais plutôt à se re-centrer, n’est pas dans la sociabilité, ni dans la complaisance sociale. Il a non seulement évité les pièges que sont le paraître et la vanité, mais il s’est affranchi aussi de toutes les considérations affaiblissantes de la masse mécanique et systémique. S’unifier, c’est être partout le même, c’est-à-dire, en sa complétude, quand même l’on serait encore à chercher son unité, l’on y serait déjà et donc n’éprouverait jamais le sentiment de la solitude, ni le désir de la compensation. S’il est un esseulement indéniable, préalable à toute Réalité conscientisée et verbalisée de L’Unification, il n’est qu’à renforcer le désir d’être en l’entièreté de L’Être. Le plus étrange, et le plus caractéristique, sont la solitude éprouvée au milieu des autres. Il est comme un écartement, une distinction, une évidence : l’autre qui n’est pas en son désir d’unification, ne manifeste pas les mêmes aspirations, ni en ce monde de contingences, ni même en lui. Il est observable en sa singularité mécanique, en son devenir possible et non en sa singularité et manifestation unifiante et unifiée. Néanmoins, l’autre n’est jamais perçu comme une menace immédiate. Celui qui n’est pas en ce désir d’unification, de rassemblement, en cette immersion en la douce perplexité existencielle, considère ce qui n’est pas semblable à lui comme étant une menace. Celui qui est en sa singularité individuée ne ressent jamais, dans l’a-priori, la crainte de la différence. Bien au contraire. Le Compagnonnage est donc une Révélation, parfois même innée. Il est Les yeux qui s’ouvrent en La Permanence des choses. Il est Contemplation. Il est réjouissance et intimité de L’Être. Il est Alcôve des confidences de La Rencontre du petit et du Grand, de l’intérieur et de l’extérieur. Il est L’Unification permanente de La Vie en Sa Singularité compagnonnée de la manifestation multiple des Signes et du Langage des Signes. Il est Le Cœur suspendu en La Gemme Royale de La Reliance en Lui, L’Un, L’Origine, Le Mystère et La Compénétrabilité du Mystère en L’Illimité. Lors, il n’est jamais de Solitude ressentie, ni de troubles, ni de frustrations, ni de compulsions. Le Livre est grand ouvert et La Vie en est Son Mystère re-transcrite en la Conscience. Telle est La Sublimité du Compagnonnage, de L’Amitié élective et abondante, car L’Ami est Source inépuisable. Efflorescence auto-suffisante en Son Éclosion permanente en l’impermanence conquise, ayant vécu la conversion de la Vanité par Les Vertus attributionnelles de L’Être. Je te conterai les ruissellements du Rapprochement… Je te conterai les sublimités de La Solitude qui est le doux Compagnonnage, lors que Le Centre rayonne aussi loin que ne finit jamais Le Voyage. Je te conterai les re-semblances effectives des réalités infinies de L’Occultation et des réalités infinies de La Visibilité des choses.

Océan sans rivage


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mercredi 11 juillet 2018

Da La Solitude (1)


Blason de Barlahida (Comitat de Zala, Hongrie)

La Solitude est ce qui cogne à La Réalité de L’Être, au sein même de Sa Pérégrination. Il n’est de Solitude qu’en l’esseulement du Retour, tandis que La Solitude, en son aspect ombre, devient la frustration révélatrice du non-compagnonnage. Lors, Le Compagnonnage résorbe toute nostalgie et Le Manque devient La Manifestation d’une Conscience éclose qui se retrouve. Elle est en Son Aspiration à tendre L’Arc et c’est La Force du Bras intérieur qui donne L’Ampleur au Voyage. Il n’est de Cible qu’en La Clarté de La Finalité. Il n’est de Flèche qu’en La Conscience d’une Cible. Il n’est de Point qu’en L’Alpha de La Réalité Descendante et il n’est d’Oméga qu’en La Réalité Ascendante. La Solitude est un exil qui fait parvenir Le Pérégrinant à L’Esseulement fécond, qui à son tour devient le fil conducteur rendant apparent le cheminement. Tel est Le Sirat, Pont de La Jointure. Chaque étape est pré-inscrite en La Question qui se pose comme coextensive à la perplexité du regard Témoin. Le Temps qui se suspend est un effet de la crucialité de L’Instant qui devient en cet interstice, Porte et jointure de deux réalités correspondantes, Ciel et Terre. La Réalité se cherche et se désire subsister au travers de L’Événementiel. Or, ne subsiste que La Présence en Le Réel, c’est-à-dire en Le Permanent. Être en L’Impermanent dans Le Permanent est Reliance. Rien ne subsiste excepté ce qui est relié au Vivant. Tout le reste est prétexte et points intermédiaires entre le va-et-vient d’une trame mouvante mais non stationnaire. Ce sont ce que l’on appelle les états. Ces états sont les pas de la pérégrination, tandis que les effets du cheminement sont l’accès à La Connaissance et à La Cohérence. Tout Cela est une véritable Tension qui manifeste les deux dimensions du Retour : l’une se concrétise en une ascèse régulière, et l’autre est une Aspiration révélée prenant Sa Source en L’Amour, c’est-à-dire en L’Intention Originelle qui est Désir de Dieu.

Océan sans rivage


Se lit aussi sur Naissance et connaissance

lundi 9 juillet 2018

Le monde n'est pas si peuplé que cela


Blason de Segovie (Castille-et-León, Espagne)

Le monde n'est, somme toute, pas si peuplé que cela,
Il serait même plutôt vide, en terme de présences ;
Quelques rencontres dans une vie, de-ci de-là,
Je veux parler de celles qui ont vraiment une essence

Et non pas simplement des banales relations
Qui se peuvent multiplier sans limite aucune
Et qui opèrent sur le mode de la translation,
Interchangeables, tant elles apparaissent communes.

Bien peu de gens ont le sens de l'autre, si peu ;
De ce côté-là, les comptes sont plutôt piteux.
La plupart sont bullés dans leur sphère de conscience

Que la prothèse blablaphonique rend manifeste.
Les tireurs de ficelles peuvent avoir la main leste
En ces temps où progresse à grands pas la nescience.

Le Spectre à trois faces


Mémoire d'outre-monde

mardi 3 juillet 2018

Fluctuat...


Blason de la ville de Mosty (Russie)

Globalement, Paris est une ville plutôt sale
Et indécemment coûteuse, le moindre réduit
S'y louant à prix d'or, quand à peine un jour pâle
Éclaire ces logettes que l'appât du gain produit.

Pullulation et promiscuité s'y conjuguent
Et aggravent la cohue endémique des rues.
Ces masses grégaires et hébétés qu'un rien subjugue
Et que tout lasse, poursuivent, en rangs serrés et drues,

Les chimères à la mode de l'euphorie en boîte ;
Pâte molle et festive coulant, docile et benoîte,
Sur les pentes glissantes qu'on lui savonne savamment.

D'une Ville Lumière ne restent que quelques lanternes,
Lors que sa superbe est depuis longtemps en berne.
Voici qu'un ciel de plomb la chapeaute pesamment.

Le Spectre à trois faces

Mémoire d'outre-ville

Le chat


Blason du district de Koshkinsky (Russie)

Quelqu'un marche un peu comme distrait, et soudain voit une femme âgée, presque affalée tout contre une voiture : Avez-vous besoin d'aide, madame ? Voilà qu'elle se retourne et nous convie au plus grand de ses voyages : la vie. A ses pieds, un chat noir effarouché à qui elle donne chaque soir à manger. Ses yeux sont voilés de tant de vêtures et le chat est à miauler. De solitude, l'étreinte d'un instant, lors que nul ne se connaît, juste un bras qui se tend vers L'Aimé et le chat de ronronner.

Océan sans rivage

Éternité


Armoiries de Niourba (Russie)

Tout Amour en ma Prunelle larmoie d’un au-delà, au-delà, et d’intenses vagues ont ma mémoire en Toi, en Toi, car il n’est qu’un Seul Regard et mon Soleil a tous les Rayons. Ô Toi, L’Amant fugace, des traces de Ta Luminescence en ce Discours du Roi ! Et Tout Amour est une Larme encore qui se désire, aux caresses d’un océan qui expire, sans jamais s’apaiser du seul Baiser de L’Étreinte, quand, Ô Éternité, à ma bouche, d’Amour encore, de félicité, Tu suintes.

Océan sans rivage


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Rayons du Cœur


Reconstitution moderne du blason de la colonie hollandaise de Sergipe (1630-1654) :
De gueules au soleil d'or.(manquent les 3 couronnes) Source : Herald Dick Magazine

Au plus culminant, Lors que Le Soleil darde Ses Rayons au Cœur des Univers, et qu’Il ensanglante les horizons, Le Feu devient fraîcheur des ondées crépusculaires. Il est des âmes qui Le vénèrent et prisonnières, elles sont de Sa Beauté. Tandis qu’une étoile aux perles empourprées, s’offrent aux ondes virginales et soudain immaculées, La Terre tournoie et devient féconde des mondes successifs et des mondes exaltés, car d’Amour gorgée, Elle boit en ces Lacs de Majesté. La Source est d’Or pur, et de Cristaux ensemencés. Aux touches diaprées de Son Souffle, le murmure subtil est Le Chant de L’Empyrée. De caresses aurorales en caresses subliminales, les mots sont vagues d’Amour depuis Le Glorieux Jour du Miroir Révélé. De Folie en Folie, les larmes sont des effluves de pluie éthérée. L’Humus entre en Transe et Son Haleine chaude encense nos pas feutrés. C’est en cette quiétude que Le Roi contemple chaque parcelle de vérité, et c’est en cette plénitude qu’est la pleine vacuité. Se sont suspendus les jours et se sont suspendues les nuits, lors que soudain s’envolent les morceaux du Ciel retrouvé. Qu’en est-il de Ta Nuit, Ô Soleil, lors que Tes Rayons épousent un autre Jour ? En ce Réceptacle, chacun de Tes Soupirs exhalent une Aurorée.

Océan sans rivage


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Moisson


Blason de Bätterkinden (Berne, Suisse)

Le blé est mûr ; bientôt, ce sera la moisson :
Tout fruit a son Temps et toute récolte son labeur.
Ainsi en est-il de la terre de L'Homme : Sueur.
En lui Tout se révèle et ce Tout est un Pont.

Il est un champ que l'on sait labourer très tôt,
Lors que L'Aube est une Lueur au front de L'Homme.
Le cœur est vivant : ce sont des gestes ancestraux.
Le corps épouse un sillon que lui seul nomme.

Il est une Rosée de Joie ; la récolte est bonne.
Des gerbes s'envolent, le vent se promène en souriant.
L'on voit quelques chiens aux abois. Qui s'en étonne ?

Le jour soupire auprès du silence mûrissant.
L'ombre courtise les langueurs du laboureur.
En cette fraîcheur le sourire est de douce stupeur.

Océan sans rivage

vendredi 29 juin 2018

Merle de pourpre


Composition de l'auteur

Ce n’est pas un oiseau de bruit et de fureur ;
Car il préfère à tout le silence et l’ombrage ;
Nos frères emplumés sont dispensés d’ouvrage,
Ne compte pas sur eux, ce serait une erreur.

Rien de plus beau, dis-tu, que le plaisant labeur ;
Mieux vaut entendre ça que d’entendre un outrage,
Mais ton propos en vain à bosser m’encourage,
Dit le merle, et pour rien tu parles, j’en ai peur.

Moi qui n’ai rien produit au temps de ma jeunesse,
Tu m’y inciterais en mes jours de vieillesse ?
Pour moi, le labeur n’a ni rime ni raison,

Hercule eut ses travaux comme talon d’Achille,
Un merle, en aucun cas, ne doit se rendre utile,
Mais profiter en paix de toutes les saisons.

Cochonfucius

jeudi 28 juin 2018

Grappe du Jardin


Blason de l'Ile d'Olkhon (Lac Baïkal, Russie)

A son bec, le fougueux Amour, et L’Oiseau déchire un Dôme invisible. C’est ivre qu’il boit encore à la grappe du Jardin. Chaque instant est Son Vin. Chaque Souffle est Son Silence. Union de L’Âme en L’Empyrée de L’Essence, au Parfum de L’Un. En cet Au-delà, il n’est plus, ni pourquoi, ni comment. Il est une paix où les vagues s’unissent au prétexte d’un Voyage. Des fulgurances de L’Amour, Le Désir est une Constance qui ne vient pas de ce monde-ci. En La Nuit, L’Oiseau s’abreuve des mystères de l’existence. Chacun est à tenir la corde de son Destin. Des yeux qui s’allument à la lueur d’un parchemin, l’œuvre est déjà au firmament Le Livre de L’Union qui danse. Comme est pauvre celui qui vient au Jardin voler subrepticement des semences qui n’auront en lui aucune résonance. L’Oiseau tient une cordée invisible aux yeux de l’inexploré. Entre en tes flots et creuse le sillon de Ta Voix. Fais silence et acte de transparence. Telle est L’Envolée qui devient les feuilles que l’on n’efface pas. Tel est Le Tournoiement grisé de L’Oiseau de L’Êtreté, échappé, échappé en cette Béance qu’il n’a pas soupçonné et qui le laisse hébété, hébété…

Océan sans rivage


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La Voie du Samouraï : Livres 61 et 62


Mon du clan Nanatsunagi Uroko


Livre 61


Quiétude n’est pas indifférence et s’extraire des nues n’est pas extimité. Une société chaotique où tout se frôle et se touche sans profondeur ni cohérence, où tout se courtise sans orientation, où tout se dit sans être compris, où l’être devient la façade d’une devanture, tels des étalages dans un magasin, où tout s’aime sans discernement, où tout se dit sans ne rien dire, n’est finalement rien d’autre que le signe d’un rendez-vous manqué. Des postures caricaturales, des démantibulations, de fragmentation en fragmentation, de fausseté d’endoctrinement en endoctrinement, du temps de la hâte et de la précipitation, du chiffre et de la quantité au détriment de la qualité (ne confondons pas qualité et cherté, ni autres balivernes qui se voudraient nous imposer une modalité de qualité, car celle-ci relève proprement de L’Essence des choses, c’est-à-dire de La Source originelle). Compulsions d’énergie humaine qui s’écartèle sans ne plus savoir ce qui la lie à l’existenciation, monde phénoménal auquel elle s’attache sans vraiment se trouver, sans même plus qu’elle ne sache ce qui la distingue de l’indistinction, sans oser la prouesse du face à face, baignant sans cesse dans le bruit du bavardage exempt de triangulation. Que sait-on ? Que sommes-nous à vivre ? Quand comprendrons-nous que là où tout est manifeste est, de fait, à révéler ce qu’il en est. Ce qui est de celui que nous sommes. En ce Lac de Vie, il n’est que notre juste reflet, miroitement incessant lors que la lumière jette une ombre sur ce qui s’occulte au grand jour de l’hystérie collective. Ô fils tant aimé, n’es-tu pas à me demander : alors, quelle est donc la mesure de toute chose ? Comment ne pas se laisser emporter en cette convulsion du mouvement qui dénigre La Réalité du Vrai Voyage ? Ô Noble fils, je vais te dire ceci : il est des êtres, des êtres foncièrement en apathique dormance, qui se masquent délibérément la face et obstruent leurs yeux. Il vaut mieux oublier, se convainquent-ils intérieurement et en une absoluité quasi inconsciente, ne veulent plus se poser de questions… Lors, ils sont à marcher dans les trébuchements de la négligence, et de l’insouciance, où de moult projections et identifications s’amoncellent, comme autant de miroirs convexes, ou concaves, c’est selon. Ils se collent à leurs semblables qui forment la masse rassurante. Ils ont peur d’être seuls… peur d’être face à eux-mêmes, peur d’être différents. Peur de ne plus rien être, ni même de rien posséder. Peur de disparaître. Peur de ne plus paraître, de ne plus être perçus. Peur du silence. Peur de la nuit de leur cécité qui offre le vide abyssal. Pourtant, pourtant, tout est là qui se dit, en cette occultation, lors que les différences sont les vagues de notre unité, Ô Océan !


Mon du clan Kazaguruma


Livre 62

Sache, Ô Vénéré fils de mon âme, que la Lumière est précisément la seule Concrétude qui se puisse nous éclairer. Or, la Lumière est crue. Elle est La Nudité extrême qui révèle jusqu’à la moelle, notre Corps essentiel. Elle est cinglante et dérangeante. Mais, qui dérange-t-elle vraiment ? Nous avons passablement transposé l’image de l’homme de nos peurs, en une rapacité du paraître hautement narcissique lors qu’il n’est comme fondement à cet étalement, que la manifestation d’un figement, d’une digression, d’un évitement, d’une peur du vide, c’est-à-dire d’une peur devant le réel choix, celui qui remonte à L’Origine. Pour ce faire, l’homme contourne la vraie question, parce qu’il a peur de la vraie réponse, l’incontournable et dérangeante réponse. De peur de se trouver, l’on se perdrait sur les chemins rançonnés. Les chemins de la cécité qui se voudraient éviter de nous défaire de tout confort. Mais de quel confort parlons-nous ? Ce confort auquel l’on s’attache n’en demeure pas moins le signe révélateur d’une angoisse, comme ajoutée au monde phénoménal, monde impermanent que nous craignons de voir disparaître, lors que celui-ci cherche convulsivement et, malgré tout, sa destruction en une cohorte de dénis. Déni et absence, lors que l’oubli est le signe même de l’atrophie évidente de notre mémoire. Mémoire Originelle, celle qui est Souvenance vivante de notre Qualité, Souvenance de notre Origine, Souvenance de notre Devenir. Souvenance de notre Acte d’Être en la simultanéité atemporelle. L’Art du Samouraï est au service de L’Âme ; L’Art est Descente du Divin en La Transcendance qui rappelle Le Réel. Quel Art sinon, lors que le message se perd ? Art ou contre-initiation en la déviance et l’enfermement ? Que de confusions en ce qui se voudrait être la manifestation de la liberté fourre-tout, de l’opinion fourre-tout, du dire et du faire fourre-tout. Celui qui goûte à La Liberté de L’Âme reconnaît la limitation et la fragmentation de ce qui se voudrait confusément imiter cette Liberté, l’usurper en l’absurde de la faconde posturière. Or, naissons-nous libres ou bien sommes-nous à nous incarcérer volontairement, en une démarche claudicante ? Lorsque l’homme comprendra qu’il n’est rien qui ne demeure hormis Le Vivant et que ce Vivant précisément est en Sa Nature à absorber exclusivement tout ce qui est Vivant, il prendra enfin le temps de s’arrêter et de plonger en lui. Un petit homme tenait une boutique dans une ruelle si étroite, qu’il fallait bien connaître son commerce pour aller l’y trouver. Or, ce marchand, dès l’aube, ouvrait grands les rideaux de son magasin et travaillait derrière un immense comptoir. Cet homme tissait des manteaux de laine. Il en avait de toutes sortes. Seulement, ce marchand n’était pas du tout un marchand habituel. Dès qu’un client entrait, il savait parfaitement les mensurations de celui-ci et le type de manteau qu’il lui fallait. Plus que cela, le manteau épousait l’âme du client. Nul ne sortait de cette boutique sans être rendu visible… Nul ne pouvait échapper à sa réalité. Le manteau collait aux vices comme aux vertus de l’acheteur. Le plus terrible, ou le plus extraordinaire était que le client ne soupçonnait nullement ce qui apparaissait aux yeux du tisserand. En effet, il ne dévoilait cette originalité qu’aux initiés, ou à ceux qui entraient en la puissance de la confidence. Le reste le laissait songeur, longtemps, au seuil de la boutique. Comme il en avait appris sur la nature humaine depuis tout ce temps !

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï

La Voie du Samouraï

mardi 26 juin 2018

Quintessence d'un Chant


 
Armoiries de Oudmourtie (Russie)

A L'aube enchanteresse des drapés de Rosée,
Les montagnes au loin s'alignent, et sur la branche
Si haut perché, le merle poursuit sa mélopée.
Mon âme en est soudain transfigurée et s'épanche.

Au silence de L'Appel intérieur est une grandeur.
L'Iris même pleure de son extase et blanche,
Cueille Le Silence du Souffle que répand mon cœur.
Je T'aime et bois ivre La Nuit de Ton Opulence.

C'est en ce sourire que La Lune luit des matins
Lors que La Rose pourpre s'offre au Ciel de Lumière.
Le Merle cueille ce Transpir depuis le vent turquin.

Il m'apprivoise de sa Constance : c'est un Mystère.
Quel est donc ce Silence au grappe des Vignes éthérées
Dont l'âme se nourrit sans jamais être rassasiée ?

Océan sans rivage


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lundi 25 juin 2018

Chant du Merle (5)


Blason de la famille Merle (Nîmes-Genève, XVIIe siècle)

L’Amour ne ment pas, il a Le Regard féroce du cœur. Il est Le Réveil qui ne trompe pas. Il est L’Union qui ne désunit pas. Il est La Transparence qui ne trouble pas. L’Amour est ce qui commence quand rien ne finit. Il est Un de Sa Clarté et constant de Son Désir. Si La Flèche de Cupidon te touche, Oh ! Sache que le rire fuse déjà. Si farouche que soit ton combat, il a les rayonnances des perles de nacre à ta bouche souriante. Il est Celui qui rassemble ceux qui se ressemblent et lors, Tendresse au lever du Jour, à L’Aurore des Prières, lors que Le Merle encore nous dévoile des pans de La Nuit :

                         Lors que La mort aura son linceul insaisissable
                         Que Ta chevelure flottera au lit de Ta Réalité
                         Tu ne sauras pas ce qui t’advient, et pourtant,
                         Tu seras enfin à te réveiller, et que diras-tu ?
                         Qu’est-ce ceci, où suis-je ? Que me veut-on ?
                         Te souviens-tu alors des boutons irisés en L’Azur ?
                         Cueille, te dira-t-on ce que tu as semé.
                         Ton corps trépassé te trahira et d’éther, tu seras
                         Échappé sans vraiment rien te souvenir.
                         Alors, de peur tu trembleras et seule La Lumière
                         En ton cœur lamenté te viendra t’enlacer.
                         Cette lumière est si vive, qu’il suffit d’un geste.
                         Véridique est ce récit, et je viens pour t’aider.
                         Ne sois pas à méconnaître L’Alchimie d’un Voyage.
                         Les Anciens ont raconté, ils n’ont rien inventé.
                         Des passages, il en est de nombreux, je t’en prie :
                         Considère mon chant comme Le Viatique de Ton Âme.
                         Je suis venu, sur ton épaule me percher.
                         Sens-tu comme ce matin frissonne de La Présence ?
                         Vais-je te dire Le Grand Secret ? Sois d’humeur sans blâme.
                         Chaque seconde en Lui, est Le Don qu’Il te fait.
                         Suspends Le Souffle en Son Apnée, et fais Silence.
                         Sens-tu comme la brise du cœur embrasse ton âme ?
                         C’est en ce Respir qu’Il te désire et que tu vas Le trouver.


Océan sans rivage


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Le prix des choses


Drapeau de Kirovo-Chepetsky (Russie)

Il fut un temps où rien jamais ne se perdait ;
Même l'herbe des bords de chemins faisait fourrage
Pour celui qui n'avait qu'une seule vache pour son lait,
Ne pouvant guère faire mieux, faute de pâturage.

En automne, l'on menait le cochon en forêt
Pour la glandée. C'était le porcher du village
Qui s'en chargeait car le caractère du goret
N'est point docile, sans être pour autant volage.

Toutes les terres cultivables étaient cultivées
Car l'assolement triennal et la jachère
Réduisaient fortement le rapport de la terre.

La famine était chose qui pouvait arriver
Et celles du passé hantèrent longtemps les esprits.
En ces temps-là, l'on savait du pain le vrai prix.

L'Abbé Théophile