Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

samedi 6 juin 2020

Histoires fromagères - Le recueil



      Les histoires fromagères viennent en parallèle des dialogues du blason, notamment des fabliaux, illustrées par des étiquettes de fromage (appelées tyrosèmes) dont l'imagerie profuse évoque tout ce qui de près ou de loin se rapporte à l'univers de ce produit phare célèbre dans le monde entier. Mais les étiquettes revisitent également et très largement la littérature, l'histoire, les personnages, le patrimoine, les spécificité culturelles et régionales, les paysages, les plantes, les animaux, le monde religieux, le monde du travail, des loisirs, etc. Là encore, l'imagination fertile des concepteurs est d'une incroyable richesse et le résultat est souvent truculent, autant que le produit qu'elle se destine à mettre en valeur est censé être succulent (du moins, est-ce fortement suggéré, voire affirmé sans détour). L'on ne s'étonne donc guère que ces images inspirent leur collection qui porte un nom plutôt singulier et peu connu : la tyrosémiophilie. Au lecteur qui voudrait aller un peu plus avant dans cet univers, nous recommandons les incontournables suivants : Le Club Tyrosémiophile de France et deux sites de collectionneurs richement documentés : Camembert Museum et Le Tyrosémiophile.

 

Jadis, les étiquettes racontaient des histoires
Que nous essayons ici de restituer
En allant puiser dans notre enfantine mémoire.
Le recueil, qui s'est peu à peu constitué,

Se veut suivre la tradition des fabulistes
Qui surent savamment user des allégories
Dont les correspondances forment un vrai jeu de piste.
D'être du genre fable une sous-catégorie,

Ces fabliaux, destinés à l'oralité,
Contiennent, pour certaines, des touches de moralité.
Ils ont, dans ce sens, la même fonction que les contes.

À cet effet, sachez que le premier lecteur
Auquel ils sont adressés, c'est à leur auteur,
Ne voulant être du genre qui se la raconte.

     L'univers des tyrosèmes (étiquettes de fromage) est riche de dizaines de milliers d'images qui sont, pour bon nombre d'entre elles, des œuvres graphiques remarquables et donc artistiques indéniables. L'on en serait même parfois tenté de s'écrier : « Quel gâchis de talent pour un produit aussi commun ! » Pas si sûr que cela, ni pour le gâchis, ni pour le commun. Car en vertu de quelles considérations, l'éphémère (la boîte étant jetée une fois son contenu consommé) devrait-il être exclu de l'art ? Quant au produit en lui-même, il n'est commun que parce qu'il est courant. Mais jusqu'à quand le sera-t-il ? Bien des choses et bien des objets ont quitté notre vie quotidienne pour finir sur les étalages des brocanteurs. Rien n'est pérenne.

     Des milliers de petites fromageries que comptait la France, il n'en reste qu'une portion congrue. Quant aux étiquettes actuelles, elles ont perdu le charme des anciennes. C'est là un point de vue, nous dira-t-on. En effet, c'est le nôtre et nous le partageons volontiers avec tous ceux qui aiment ce charme souvent qualifié de désuet. Certes, le concept de vintage (au sens de rétro) a contribué à réhabiliter des objets sorti de l'environnement courant et quotidien, en élevant un attrait, jusqu'alors plutôt perçu péjorativement comme du passéisme, au rang de « genre », dont le goût singulier s'inclut désormais dans les choix admis sur l'éventail des possibilités. Mais ce n'est jamais là encore qu'un artifice de consumérisme, occupant un créneau commercial et qui joue plus sur la posture qu'il ne témoigne d'un mode vie.


Le coq et le renard
Des goûts et des couleurs
 

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