Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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vendredi 13 novembre 2020

Le loup en héraldique


Blasons de Passau (Bavière), de la famille Câmara (Portugal) et de Wülflingen (Suisse)
 
Le loup est un animal hautement emblématique. Il fut, jusqu'au XIXe siècle, le principal prédateur de nos forêts. Son extermination systématique débute dès le Moyen-Âge où il apparaît comme meuble sur les écus. Le loup partage sa symbolique entre la cruauté continuelle et la noblesse alliée au courage.

Drapeaux de Razdolevskoe, de Volchenkovskoe et d'Askhvin (Russie)
 
Dans le bestiaire héraldique, la présence du loup sur les blasons est relativement courante, notamment dans les régions où il était un animal de chasse, jusqu'à ce qu'il y soit gravement décimé, voire exterminé.

Ses représentations sont généralement stylisées et le montrent dans une posture plutôt agressive. Sa fourrure et sa queue sont très hirsutes (fourrure dressée), surtout les poils à l'arrière du cou, avec les oreilles le plus souvent pointues et fortement dressées. La gueule grande ouverte met ses crocs en évidence. La couleur dominante de base de l'animal est de sable (noir).

vendredi 5 juin 2020

Le Petit Chaperon rouge



Issu de la tradition orale, le conte du Petit Chaperon rouge est principalement connu par le biais des versions collectées et retranscrites par Charles Perrault en France et par les frères Grimm en Allemagne. Il est publié pour la première fois en France en 1698 par Perrault dans Les Contes de ma mère l'Oye. Il s’agit d’un conte d'avertissement qui contient des thèmes ayant trait à la sexualité, à la violence et à l'anthropophagie.

jeudi 19 septembre 2019

Entre le loup et l'agneau



Blason de Thermes-Magnoac (Hautes-Pyrénées, Occitanie)

De gueules à un loup d'or passant sur un mont de sinople
et tenant dans sa gueule un agneau d'argent ; au chef d'argent plain.



Le monde se partage entre proies et prédateurs,
Sans pourtant que ces catégories soient étanches ;
L'on a vu les premiers servir de rabatteurs
Aux seconds, la distinction n'est pas toujours franche.

Tel valet se révèle bien pire que son maître
Dès lors qu'il a quitté sa condition première,
Sans que rien avant ne l'eût laissé paraître ;
Il ne sort pas forcément du bon d'une chaumière,

Pas plus, d'ailleurs, que du mauvais de tout château.
Si le parvenu se trahit par son vulgaire,
Il demeure attaché à son état grégaire,

Quoique aimant peu son prochain, s'en servant plutôt.
L'occasion fait le larron, les eaux sont profondes.
Sait-on la nature des courants qui courent sous l'onde ?

*  *  *

Il est une tierce espèce, hors les deux précédentes,
Ne relevant d'aucune ci-dessus évoquées ;
Parfois dissidente mais toujours indépendante,
Elle préfère laisser les contraires s'entrechoquer.

Car sait-on vraiment qui est qui, en fin de compte ?
Plus d'une victime est devenue elle-même bourreau ;
L'histoire des hommes n'est pas qu'un recueil de beaux contes
Qui tranchent net entre le méchant et le héros.

Aussi s'assure-t-elle de rester à bonne distance.
Mais s'il faut choisir entre le loup et l'agneau,
Elle préférera, de loin, une maigre pitance

À tout festin que l'on donne sur table princière.
Chacun ses principes et chacun ses idéaux ;
Plus d'un ventre vide retient la bouche carnassière.

Marc

 
Lindworm (dragon bipède dénué d'ailes) : anciennes armoiries bavaroises

Ces deux sonnets s'inspirent d'une anecdote que m'a conté Océan sans rivage. Un jour, une personne de sa connaissance lui affirma qu'elle aussi deviendra un loup. « Jamais ! répondit-elle, je préfère encore rester un agneau ! » Bien des années plus tard, elle ajoutera ceci : « Un agneau a toujours son berger. »

C’est à partir du postulat « l’homme est un loup pour l’homme » que le philosophe anglais Thomas Hobbes (1588-1679) bâtit sa théorie du Léviathan. Du temps de l'Union Soviétique, l'on disait « l'homme est un camarade loup pour l'homme. »

mardi 30 avril 2019

L'homme-coq


 
Blason de Česká Třebová (Tchéquie)


Il était une fois, un homme-coq. Il possédait un corps et des jambes d'être humain, mais une tête de volatile, avec un bec au milieu, et des ailes à la place des bras.
L'homme-coq vivait paisiblement, travaillait, et faisait même des économies. Si bien qu'il en arriva à prêter une forte somme à un homme riche des environs.
Une année passa ; comme l'homme riche ne lui rendait toujours pas son argent, il décida d'aller le lui réclamer.

       Un matin, il se mit en route à travers la campagne. Après un temps de marche, il rencontra le renard.
- Bonjour, dit le renard. Tu as de la chance de te promener J'aimerais bien en faire autant.
- Si cela te fait plaisir, répondit l'homme-coq, accompagne-moi, je t'emmène.
Il prit le renard sous son aile et continua son chemin. Un peu plus tard, il rencontra le loup.
- Bonjour, dit le loup. J'aimerais bien me promener comme toi.
- Qu'à cela ne tienne, répondit l'homme-coq.
Le loup blotti sous l'autre aile, il reprit sa marche, content de sa bonne action.
Plus loin encore, il rencontra la rivière. Bien entendu, celle-ci aussi voulut suivre l'homme-coq, qui hésita un peu avant de donner son accord. Une rivière, c'est encombrant à transporter, assez lourd et tout mouillé... Mais l'homme-coq avait si bon cœur... Il l'emmena donc, elle aussi.

L'homme-coq ne se plaignait pas, mais il était assez fatigué par sa charge en arrivant au château de l'homme riche. Il frappa à la porte, un domestique vint lui ouvrir.
- Monsieur ne peut vous recevoir, dit ce dernier.
En effet, l'homme riche était en train de festoyer, pas question de le déranger. L'homme-coq insista pourtant, si bien que le domestique fut obligé d'aller demander des instructions à son maître. Celui-ci se mit à rire avec méchanceté :
- Mène-le au poulailler, ordonna-t-il.
Le domestique obéit.
Au poulailler, d'innombrables poules, affamées par l'homme riche... et avare, attaquèrent aussitôt l'homme-coq, cherchant à lui crever les yeux. Mais le renard sortit de sous son aile, s'élança, et mit à mal toutes les belliqueuses volailles.
Le lendemain matin, le domestique vint aux nouvelles. Voyant l'homme-coq tranquillement endormi, et les poules hors de combat, il alla conter la chose à son maître. Celui-ci en fut fort contrarié :
- Il n'est pas question que je le paye, dit-il, mène-le à la bergerie : les moutons vont l'étouffer.
Le domestique s'exécuta.
Mais, dans la bergerie, lorsque les bêtes bêlantes commencèrent à serrer l'homme-coq de près, le loup jaillit à son tour ; on se doute bien de ce qui arriva.
Cette fois, l'homme riche entra dans une violente colère en voyant son troupeau décimé. Criant vengeance, il ordonna à son domestique de jeter l'homme-coq dans le four.
- On verra bien s'il arrive encore à se sortir de cette situation !
Dans le four, l'homme-coq commença à cuire et crut sa dernière heure venue. Mais la rivière qui dormait sous son aile se réveilla, grossit, enfla, déborda, inonda le four et éteignit le feu.
Alors l'homme riche, ne sachant plus que faire, se décida à payer sa dette.
L’homme-coq n'en demandait pas plus. Il reprit le chemin de son village, tout heureux, accompagné du renard, du loup et de la rivière...

Conte de Chilhac (Brivadois, Auvergne)

dimanche 14 octobre 2018

Le Loup et la Licorne


Drapeau de Bolshie Yalchiki (Tchouvachie, Russie)

Quand un loup de conte et une licorne de légende
Se rencontrent - un fait sans doute improbable,
Il n'est esprit rationnel qui ne le prétende -
L'on pourrait, de la scène, peindre un retable.

Messire Loup, qui symbolise autant la débauche
Que la fécondité, n'est pas un animal
Qui laisse indifférent ; ce n'est pas une ébauche
De guerrier novice que ce grand seigneur brumal,

Mais un redoutable chasseur courant les bois,
En lesquels il fut lui-même souvent aux abois.
Le voici s'entretenant avec Dame Licorne

D'une époque glorieuse et révolue à jamais
Et dont la mémoire pâlie repose désormais
Dans les bibliothèques poussiéreuses des cités mornes.

Marc


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              Le Loup et l'Agneau                   Misère partagée                   Cause souveraine



La Geste de la Licorne


                         Union (Océan sans rivage)
                         Chant de la Licorne (Océan sans rivage)
                         Secret de la Licorne (Océan sans rivage)
                         Paroles de Licorne (1) (Océan sans rivage)
                         Paroles de Licorne (2) (Océan sans rivage)
                         Paroles de Licorne (3) ( Océan sans rivage)
                         La Licorne (Marie-Louise)
                         Bal de la licorne
(Cochonfucius)

vendredi 22 décembre 2017

Les Allégories du Jardin - Le Loup-cervier


Blason de Hemsedal (Norvège)

Allégorie 33 – Le Loup-cervier


     J’étais plongé dans la réflexion, lorsque le loup-cervier m’adressa ces paroles : Sage admirateur de la nature, apprends de moi la fierté et les manières superbes. Dirigé par l’élévation de mes vues et par la hardiesse de mes desseins, je suis attentif à tout ce qui peut me rapprocher de l’objet de mon amour, et je finis par m’asseoir à ses côtés. Lorsque je poursuis ma proie, je ne suis pas aussi prompt que le cheval ; et lorsque je l’ai atteinte, je ne la terrasse pas à la manière du lion, mais je cherche à tromper par mes ruses et par mon astuce l’animal que je veux immoler, et si, dès l’abord, je ne puis y réussir, ma colère s’allume’avec violence. Ma famille cherche alors à m’apaiser ; mais je ne veux rien entendre, et je suis insensible aux bonnes manières et à la dou- ceur. La seule cause de mon émotion provient de ma faiblesse et de mon impuissance. Oui, il faut que celui qui veut devenir parfait, et qui n’en a pas la force, qui veut embrasser la vertu, et dont l’ame s’y refuse ; il faut, dis-je, qu’il fasse éclater contre lui-même la colère de l’amour-propre, qu’il prenne ensuite de nouvelles résolutions, qu’il redouble d’ efforts, et que, pour réussir, il ne se contente point d’une volonté faible et de projets mal concertés. On trouve encore dans ma manière d’être une leçon instructive, intelligible seulement pour celui qui a l’esprit propre à saisir les allégories ; c’est que ma gloutonnerie, accroissant la masse naturelle de mon sang et de ma chair, me procure un excessif embonpoint. Appesanti par cette graisse surabondante, je crains d’être atteint, si l’on me poursuivait, et de rester vaincu dans l’arène, si l’on m’attaquait. Tu me verras alors fuir les animaux de mon espèce, et me cacher au fond de mon repaire, pour mettre ordre a ma conscience. Je me traite moi-même, en quittant mes habitudes et en comprimant mon naturel ; je mortifie mon cœur par l’abstinence, qui est la base de la dévotion ; et lorsque mes pensées s’élèvent, que mon ardeur est vraie, que mon corps est purifié de la corruption et mon âme guérie de la langueur, je sors de ma retraite solitaire ; mes infirmités sont passées ; je ne suis plus gêné sur le lieu de mon habitation, et je m’établis ou je me plais. Si tu te sens capable de m’imiter, parcours la même carrière que moi ; à mon exemple , abandonne pour toujours tes anciennes habitudes.
     J’ai vu le loup-cervier s’emporter avec violence, lorsque, attaquant sa proie, il ne peut la terrasser ; ainsi doit faire l’homme sage et généreux qui marche dans la voie du spiritualisme, s’il désire acquérir cette douce gaieté d’esprit à laquelle on parvient si difficilement.

Al-Muqaddasi

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Le Lynx

mardi 2 janvier 2018

Sire loup-coq


D'après une composition de l'auteur

Le loup-coq, semble-t-il, se nourrit d’escargots,
Et s’il n’en trouve aucun, que sa peine est profonde !
Les plus gras sont cachés derrière les fagots,
C’est, dit Pline l’Ancien, en ce lieu qu’ils abondent.

Le loup-coq entreprend de bâtir son tombeau
Qu’orneront, par milliers, des coquilles bien rondes,
Les siennes, tout d’abord, puis celles des corbeaux
Qui, pleins de bienveillance, à ses désirs répondent.

Quand, sur ce monument, les freux ouvrent les yeux ,
Ils ont un grand respect pour la beauté des lieux
Dignes du fier loup-coq à la haute stature.

Lui ne s’empresse point de rejoindre les morts,
À tous ses compagnons, il survit sans remords,
Vivre, plus que mourir, étant dans sa nature.

Cochonfucius

mardi 14 novembre 2017

Quand trois poules...


Blason de Waldau (Thuringe, Allemagne)

Voici que remonte à ma mémoire une comptine
Que l'on chantait dans les écoles d'autrefois,
En des temps où les enfants goûtaient de tartines
Accompagnées d'une barre de chocolat, parfois.

Quand trois poules vont aux champs,
La première va devant ;
La deuxième suit la première ;
La troisième vient la dernière.
Quand trois poules vont aux champs,
La première va devant.


Ce que l'histoire a tu, je m'en vais vous le dire :
En chemin, la troisième poule, soudain, disparut.
Ses deux sœurs, fort inquiètes, en perdirent le sourire.
L'on soupçonna le renard, la chose est courue,

D'autant qu'on a vu rôder le rusé compère
Autour de la ferme ; c'était la veille du même jour.
De gras chapons, il en eût bien croqué une paire !
L'on est tôt coupable d'être suspect, toujours,

Et d'une cause entendue, la messe est déjà dite.
L'on sut, plus tard, que la poule ne fut point ravie
Mais qu'elle s'égara d'avoir couru à la suite
D'un papillon dont son regard était ravi.

La Nature entière lui était enchanteresse :
S'arrêtant partout, contemplant la moindre fleur
Dont le parfum la faisait glousser d'allégresse.
Écoutant, sans se lasser, le merle siffleur

Et voyant en chaque caillou la plus belle des gemmes,
Elle aimait à danser avec les sylphes du vent
Dans l'herbe à qui la rosée faisait diadème.
C'est ainsi qu'elle s'en revenait tard, très souvent,

Maître Coq, qui pourtant jamais rien ne refoule,
Ne l'osait gronder car il aimait le discours
Étrange de celle que l'on nommera Gente Poule
Et dont la mémoire demeure en toutes les basses-cours.

Marc


lundi 20 juin 2016

Le loup et l'agneau

 Blason de Montesquieu-Lauragais  (Haute-Garonne, Midi-Pyrénées)

La chose est assez rare pour être rapportée
Et consignée fidèlement dans le grimoire
D'Héraldie dont la mission s'en trouve confortée :
Garder allumée la flamme de notre mémoire.

La rencontre eut lieu sous un arbre d'argent ;
Il faut bien régler les arriérés de l'histoire.
Le loup, que l'on tint du Mauvais le pire agent,
Dit à l'agneau : « J'ai essuyé plus d'un déboire

Et demeure de ma gente le dernier survivant ;
Les hommes nous tinrent en haine, toujours nous poursuivant ;
Bien plus prédatrice que nous est l'espèce humaine.

– Là, tu dis vrai, répondit l'agneau ; vous, au moins,
Ne chassiez que par nécessité et besoin ;
Les hommes nous exterminent par milliers, sans peine. »
_____

De gueules à l'arbre d'argent posé sur une terrasse de sinople, accosté, à 
dextre, d'un loup contourné d'or et, à senestre, d'un mouton aussi d'argent.

jeudi 9 novembre 2017

Coq-loup d'azur


D'après une composition de l'auteur

Ne sachant si sa vie est victoire ou défaite,
Le vieux coq-loup d’azur se fait une raison ;
Tout un sombre dimanche, il reste en sa maison,
Profitant des bienfaits d’une douce retraite.

Évoquant rarement sa carrière imparfaite,
Il voit dans son jardin se suivre les saisons ;
Sa course qui s’en vient à sa terminaison
Traversera bientôt de nouveaux jours de fête.

Il est bon de ne plus se soumettre au labeur,
D’errer par les chemins, de cultiver des fleurs ;
À chaque temps convient sa juste part d’ouvrage.

Plus défilent les jours, plus je trouve à mon goût
D’être, à son domicile, un très ancien coq-loup,
Ayant quitté Paris pour de lointains parages.


Cochonfucius

vendredi 5 juin 2020

Histoires fromagères : le loup n'y est plus


 
Tyrosème ancien (Laiterie des fermiers d'Isigny, Calvados, Normandie)


Tu peux aller dans les bois, le loup n'y est plus ;
Les hommes ont tué le dernier depuis lurette.
Si l'on veut... Une histoire que j'ai souvent relue
Et qui s'adresse aux filles cueillant la pâquerette

N'en finit plus, je crois, de s'actualiser.
Sauf que les prédateurs sont d'une espèce humaine
Que les contes avaient jadis allégorisée
Et qui se trouve en nombre dans les sphères mondaines.

À côté, le vrai loup a juste l'air d'un agneau,
Du moins n'a-t-il pas outrepassé son domaine.
Certains hommes, on ne sait que trop ce qui les mène,

Leurs arcanes psychiques relevant plus des boyaux
Que des voies simples d'une claire raison qui élève.
C'est d'une mauvaise graine que découle la mauvaise sève.

Marc



Tyrosème ancien (Laiterie de Semussac, Charente-Maritime)

jeudi 25 janvier 2018

Deux seigneurs Loups


Blason de Vlcince (Slovaquie)

Bien des alliances se sont nouées sous un arbre
Vénérable, particulièrement le chêne.
Plus sacrée que les mots gravés dans le marbre,
La parole donnée était plus solide qu'une chaîne.

En ces temps où les codes étaient encor d'honneur,
Deux seigneurs Loups, qui régnaient tous deux sur une meute,
Se livraient bataille pour être l'unique meneur.
Mais chacun, de son peuple, craignant une émeute,

Ils décidèrent de cesser toute hostilité
Et se rencontrèrent avec force civilité
Pour signer une paix qu'ils se voulaient éternelle.

« Il n'est point sage qu'un loup soit un loup pour le loup ;
De ce travers des hommes ne soyons point jaloux

Et donnons l'exemple d'une entente fraternelle. »

Marc

mercredi 28 septembre 2016

Les dialogues du blason - Recueil héraldique de Marc


Ursula von Fugger et son époux Joachim von Ortenburg, (extrait du Fugger Ehrenbuch, 1545)

Ce recueil met en scène des blasons figurant des rencontres de choses et d'êtres qui deviennent des personnages en relation les uns avec les autres à l'intérieur du blason qui leur tient lieu de cadre contextuel. L'héraldique inspire la poésie et celle-ci la porte au-delà de sa fonction première. Les deux sont à se parler, à instaurer des dialogues parfois surréalistes, et chaque sonnet donne ainsi lieu à une petite fable jouant sur la symbolique, la culture, les références au passé, à l'histoire et les incursions dans l'actualité. Le blason se fait allégorie et la composition qui l'accompagne métaphore et parfois même parabole. Ce mariage improbable entre l'héraldique et la poésie se veut vivifier une science millénaire et un genre littéraire qualifié injustement de désuet, non pas à contre-courant d'une époque affaissée ayant par ailleurs perdu la boussole avec ses repères traditionnels, mais, justement, en misant sur ce qui demeure intact en elle, parce que intrinsèque à la nature humaine et donc intemporel : l'appel du sens. L'héraldique est un chemin possible, une approche en tous les cas, et la poésie une invitation au voyage. Non pas à celui qui rime avec évasion, mais à celui qui se veut initier un Retour.

mercredi 3 janvier 2018

L'Homme Vert


Blason de la colonie rurale de Yamashevsky (Russie)

Symbole d'origine très ancienne, l'Homme Vert ou « Homme feuillu » est généralement représenté sous la forme d'un visage orné de feuilles ou de divers éléments ou motifs végétaux (écorces, branches, lierres, mousse...). Ce mythe, lié à la Nature et au Printemps, parcourt de nombreuses cultures, tant en Occident - où on le retrouve principalement sculpté dans les églises ou en ornement sur des bâtiments séculiers, des auberges et des maisons privées - qu'en Orient. Mike Harding cite des représentations similaires à Bornéo, au Népal et en Inde.

Drapeau de Krymzaraykinskoe (Chuvashia, Russie)

vendredi 20 avril 2018

Prédation


Blason de la ville de Lebus (Brandebourg, Allemagne)

La raison du plus fort est toujours la meilleure,*
Proclament ceux qui appartiennent à la race des loups.
Ce sont les mêmes qui écrivent l'histoire, par ailleurs,
Quitte à l'arranger en occultant les dessous.

En démocratie, c'est le nombre qui domine
Car dans ce régime le peuple est souverain,
Dont on sait qu'il vote en fonction de la bobine
Des candidats, se donnant piètres suzerains

Qui le plumeront par devant et par derrière,
Après s'être bien assurés de leurs arrières.
Personne n'en est dupe, si l'on en croit l'électeur

Qui pourtant récidive quand revient l'échéance,
Préférant au vrai changement la déchéance
D'un système éloigné de son acte fondateur.

Le Spectre à trois faces

* Jean de La Fontaine, Le Loup et l'Agneau, Fables, 1668

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Loup taciturne

mardi 4 décembre 2018

Jamais les loups ne s'entredévorent


Blason de Lupé (Loire, Auvergne)

Parti : au 1er d'or au loup ravissant de sable, allumé et lampassé de gueules, au 2e de gueules à trois fasces cousues d'azur et au loup ravissant brochant de l'un en l'autre.

La langue de bois et l'oreille de bois marchent de paire
Et font plutôt bon ménage chez l'homme de pouvoir,
Chose qu'il partage avec l'homme de gain, son compère.
On le devine aisément, faute de le bien voir,

Du moins sous les régimes qui se donnent la posture
De vouloir séparer les serviettes des torchons.
Mais plus d'un sou en Bourse provient de la questure
Et l'on s'en tient quitte d'une bataille de polochons.

Il faut bien faire illusion et donner le change ;
Et si quelque scandale éclate, l'on s'en arrange
Par une immunité ou une porte de sortie.

On l'a dit : jamais les loups ne s'entredévorent
Et si l'on s'étripe, c'est en milieu insonore.
Les larrons en foire sont toujours bien assortis.

Le Spectre à trois faces

vendredi 16 septembre 2016

Charles Péguy - Sonnets à Sainte-Geneviève (1912)

Blason de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne, Ile-de-France)

D’azur au donjon d’or couvert, sommé d’un campanile montant de la pointe, flanqué de deux tourelles couvertes en forme d’échauguette du même, ajourées de sable. Le tout maçonné aussi de sable. Le donjon chargé d’un écusson de gueules au buste de Sainte Geneviève d’argent nimbée d’or et accosté en chef de deux fleurs de lys aussi d’or.


I

Comme elle avait gardé les moutons à Nanterre,
On la mit à garder un bien autre troupeau,
La plus énorme horde où le loup et l’agneau
Aient jamais confondu leur commune misère.

Et comme elle veillait tous les soirs solitaire
Dans la cour de la ferme ou sur le bord de l’eau,
Du pied du même saule et du même bouleau
Elle veille aujourd’hui sur ce monstre de pierre.

Et quand le soir viendra qui fermera le jour,
C’est elle la caduque et l’antique bergère,
Qui ramassant Paris et tout son alentour

Conduira d’un pas ferme et d’une main légère
Pour la dernière fois dans la dernière cour
Le troupeau le plus vaste à la droite du père.

samedi 19 novembre 2016

Compère Loup de sable et Compère Ours d'argent


Blasons de Wulferstedt (Saxe-Anhalt) et de Bechtheim (Rhénanie-Palatinat)


Compère Loup, sentant venir les premiers frimas
Se voulut enquérir d'une chaude et sûre tanière.
Il vit venir dans son dos, marchant à grands pas,
Un ours dont la couleur lui parut singulière.

Celui-ci, aussitôt, le héla : « Mon Cousin,
Dieu est bon et je rends grâce à la providence
De te croiser. Connaît-on du Ciel les desseins ?
Je me suis égaré et t'en fais confidence.

– Cousin, tu n'es point du pays, ce me semble...
– En effet, je viens d'une terre de neiges et de glaces
Menacée de disparaître bientôt, hélas.

Lors, je me suis mis en route, allant à l'amble,
Pour avertir le monde du danger qui menace
Et dire aux hommes de regarder les choses en face.

_____


– Si tu ne crains pas de prêcher dans le désert...
Car tu peux toujours parler, les mots se laissent dire.
Sur les bonnes intentions, l'on se montre disert ;
Quant à leurs effets, nul ne les saurait prédire.

L'on se préoccupe davantage de son confort
Que de l'intégrité de notre belle planète.
La vie matérielle concentre tous les efforts
Et l'on n'y considère que ce qui fait recette.

Après que l'on nous eût quasi exterminés,
L'on nous voulut réimplanter dans des espaces
Brisés par l'asphalte multipliant les impasses.

Et dans les réserves où nous fûmes confinés,
Nous ne pûmes plus vivre selon notre nature.
L'homme est ainsi, faisant de tout réécriture.

Marc

lundi 13 novembre 2017

Maître Coq - Les chemins parallèles


Blason de Đurđevac (Slavonie, Croatie)

     Quoi qu'on en puisse penser, les mondes parallèles sont une réalité car à l'infinitude physique et spatiale de l'Univers correspond sa profondeur infinie. C'est une question d'échelles et de plans vibratoires. Subséquemment, en un tel Univers, de par sa nature intrinsèque, existe une infinité de possibilités. Maître Coq est sans doute le dernier à l'ignorer car, suivant une voie ascendante qui le mènera de basse en Haute-Cour, explorant le monde autant que les inframondes et les supramondes, son périple singulier court sur des lignes multiples dont Les chemins parallèles, qui font l'objet du présent recueil signé par Cochonfucius.

     Chemins parallèles... ou à part l'aile. Car si Maître Coq ne peut guère voler de ses propres ailes, son esprit, par contre, sait monter très haut, lors même qu'il se tient fermement posé sur une terre qu'il aime et connaît bien. C'est un vagabond céleste à sa façon, en cet étonnement perpétuel qui le rend immensément et profondément contemplatif.

Marc


dimanche 20 décembre 2020

Conte des sept Orients


Armoiries de Betyunsky (Russie)

Les loups blancs

     Dans la désespérance naquit la foi. Celle-ci nous enseigna les flots bouillonnants, les invitations dans l’écume vaporeuse des navires sortis du naufrage. Les tempêtes furent les réalités de la dignité évoquée que certains ouvrages nous content encore avec fidélité, et, parce que nous sommes assis en chaque arbre, nous déployons tous les rivages. Nous parlons à l’ensemble des petits êtres, et nous parlons à ceux qui deviennent sagaces. Bien des hommes ont visité certains lieux mais ils en ont fait des châteaux de sable. Si ton pas ne sait pas où il se pose, commence par l’herbe qui se trouve sous ton pied, nous dit un dicton. La foi est magnanime et s’en va visiter tous ces espaces. Depuis les soupiraux, nous avons vu que la poussière s’amoncelle. Une sombre poussière.

     La Rose des sables nous fut donné, il y a fort longtemps, alors que les dunes devenaient roses. Chaque cristal, accroché de soleil déclinant, était un pastel lumineux. J’ai vu cet homme enveloppé du manteau du désert, le turban, telle une couronne posée sur la tête, et tandis que ses mains tenaient le présent, venir vers nous. Comment puis-je l’oublier ? Ils avançaient avec ces roses, ces hommes chevaliers sortis de derrière les dunes. Le soleil s’était enseveli sous le sable et le ciel devenu un toit. Il n’y avait ni dedans ni extérieur. Je tendis la main et tout me sembla Être. Le mot Être voletait. Le mot Être chantait. Le mot Être était tout Cela en entier. Je brassais l’air, mais je ne voyais pas de différence, ni de séparation. Tout était semblable à Lui. Je me mis à courir pieds nus sur le sable attiédi. Il me fallait sentir la Rosée de Sable sous mes pieds. Pourtant, les hommes du désert me prévinrent des scorpions, mais je ne fus pas effrayée. Aucun animal, fût-il dangereux, ne pouvait m’empêcher de savourer ce moment fusionnel avec le désert.

     La nuit arriva et des loups blancs s’approchèrent de notre campement. Je les regardais longtemps. Au début, je crus qu’ils allaient nous attaquer. Mais il n’en fut rien. Ils se mirent en cercle. J’aperçus leur chef qui se tenait un peu en retrait. Alors, dans la nuit, je ne pus me détacher de son regard. Il était d’une beauté époustouflante et se confondait avec le sable devenu soudainement blanc à la lueur des rayons de la lune. Combien de temps nous fûmes à nous fixer ainsi du regard ? Sa présence entière emplissait l’espace. J’étais émue et touchée par sa noblesse. Au petit matin, alors que le sommeil me gagnait, je vis les loups se lever et s’en aller dans le silence du sable. Nous étions-nous tenus compagnie ? S’étaient-ils mis non loin de nous pour nous protéger ? J’aime à le croire. L’esprit de ce loup avait la présence d’un être surnaturel…Je le vois encore et ne l’oublie pas.

© Océan sans rivage, Conte des sept Orients, les loups