Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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vendredi 8 décembre 2017

Paroles d'Ours


Blason du District de Elizovsky (Russie)

L'ours brun rêvait en son hivernale caverne.
Il voyait des rivières jaillissantes de poissons.
Lors que l'un d'entre eux lui fit cette révélation :
- Sieur des montagnes pâlissantes, d'étranges tavernes,

Des chemins solitaires, des miels à profusion,
De votre Force que l'on sait farouche et exemplaire,
Du violent grognement de vos imprécations,
Je sais que vous nous fîtes maintes fois ce salaire.

Pourtant, à vous, en votre intime tanière,
Je ne vous en veux nullement, et vous exprime
Ici, en ce qui est votre repos et lieu de douces prières,

Les vérités d'un cycle de vie : tout crime
Vient de l'oubli assurément, et c'est inouï
Que je puisse vous dire enfin que vous êtes mon ami.


Blason de la ville d'Anadyr (Russie)

L'Ours brun, en son rêve s'étonne et s'exclame :
- Qu'est-ce ceci ? Suis-je le poisson qui se parle ainsi,
Ou bien suis-je L'ours qui en un songe encor se blâme ?
Je n'ai pourtant jamais cherché à blesser autrui.

Je vais par monts et vaux, de ma démarche lente.
Parfois, je cours et dévale prestement une pente.
Poisson, que me veux-tu donc ? Certes, je suis un ours,
A l'allure bedonnante. J'ai même bu à La Source ;

Sur les hauts plateaux, j'ai rencontré mes frères.
Je suis plutôt un drôle de voyageur et point querelleur.
Mes colères sont terribles, je l'avoue, mais c'est de peur
Que je suis ainsi à vouloir fuir toute sorte de mystère.

– L'ami, des ombres de votre pelage, j'ai souvent observé
Que vous êtes aussi d'un noble lignage et de toute beauté.
Votre corps suggère les lointains horizons.

Votre patte est fière et vos griffes acérées sont redoutables.
Modérons-nous et soyons plutôt charitables :
Toute bête en ses contraires peut vivre L'Union.

Océan sans rivage

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Ours des Pyrénées

Sur Pays de Poésie

jeudi 18 janvier 2018

Le Pays de Lyla


Blason de Chelm (Pologne)


          En un Pays lointain, au milieu d'un hiver glacial, se tenait une âme candide et pure. Elle n'avait du monde que peu de connaissances. On l'avait placée en ce refuge alors qu'elle tenait à peine sur ses jambes. Elle n'avait ni père, ni mère. Tous deux avaient péri au cours d'une avalanche. Les montagnes se rappellent encore de ce malheur qui survint lors d'une secousse effroyable. La Terre s'était ébranlée, lors que des fleuves souterrains avaient soudain rugi de fureur. La jeune fille avait grandi seule parmi les bêtes les plus extraordinaires. Du monde invisible, elles avaient trouvé une issue et venaient apporter à notre héroïne les mets les plus savoureux. Elle s’étonnait de les voir venir à elle les bras chargés de si somptueuses victuailles. Ces bêtes, n'étaient pas si bêtes dans le fond. Elles avaient des allures un peu exotiques, un peu hors d'ici. Elles semblaient parfois épouser les couleurs du paysage. La jeune fille restait souvent assise, au bord de la fenêtre, les guettant. Quand elles finissaient par apparaître, elle riait, et ses dents étincelaient de bonheur. Elle se souvient avoir souvent dressé une table pour ses fidèles amis. Ils ne venaient jamais avec les mêmes costumes. Parfois, ils lui montraient un miroir magique et ils se transformaient en oiseaux du paradis, en lièvres géants, en dauphins où même en immenses éléphants, des mammouths sans doute. Ils lui apprenaient tous les noms. Dans ce miroir, ils lui faisaient découvrir des contrées mystérieuses où le ciel flotte par terre, tandis que les nuages parcourent les chemins des plus grandes forêts du monde. La jeune fille avait grandi et aimait courir dans les prairies, lorsque la neige daignait s'évanouir et former une boue qui la surprenait toujours. On lui donna un nom : Lyla. Elle trouvait que ses compagnons étaient magnifiques. Elle n'avait aucune mesure de comparaison, mais, en son for intérieur, elle le sentait ainsi. La neige avait épaissi le paysage sans fin, et il arrivait que ses amis tardaient à la visiter. Lyla devenait alors mélancolique et les appelait au cœur de la nuit. Le couloir féerique ne s'ouvrait pas. Elle en était vraiment affligée. Il faisait heureusement bien chaud dans la petite maison perdue dans la neige. Une cheminée brûlait sans cesse, et le bois ne semblait jamais se consumer. Lyla ne savait pas que cela tenait du miracle, car, elle ne savait rien du monde des hommes.


Armoiries de Ust-Janski ulus (Yakoutie, Russie)

          Un jour, n'en pouvant plus, elle se vêtit chaudement et sortit faire quelques pas dans la neige. Le vent s'était apaisé, et au loin un corbeau volait comme pour déchirer la blancheur de la campagne. Elle marcha vite, soudainement prise d'une sorte de frénésie : elle voulait connaître les lointaines rives du monde inconnu. Elle n'avait pas peur. Comment aurait-elle pu connaître la peur ? Tout était doux à son cœur de candeur. Pourtant, elle ne prit pas garde, car la nuit la surprit, et elle avait de plus en plus froid. Son petit cœur cognait fort tout contre sa poitrine. Elle rebroussa chemin. Lyla s'ébahit du chapeau d'étoiles qui dansait au dessus d'elle. Le Ciel était si clair dans la nuit hivernale. C'est alors qu'elle entendit un bruit sourd. Quelque chose respirait très fort. Lyla crut que ses amis venaient à elle. Or, il n'en était rien. Soudain, face à elle, se dressait un énorme ours. Il semblait tout étonné de se retrouver devant la jeune fille. Il se dressa alors sur ses pattes et commença à se dandiner. Lyla ne put s'empêcher de rire. L'Ours s'arrêta tout net. Il n'avait jamais entendu de rire humain, et encore moins celui d'une jeune fille. Il la regarda avec beaucoup de surprise. Elle s'élança vers lui, le plus naturellement du monde, et l'enlaça de ses petits bras. L'Ours se sentit tout drôle. Son cœur se mit à battre très fort. La jeune fille lui parlait tout bas et lui manifesta la plus surprenante des tendresses. Que faire face à cela ? L'Ours comprit qu'il n'était pas un ours pour elle. Il ne sut plus vraiment qui il était. Lyla finit par s'endormir tout contre sa poitrine, alanguie par la chaleur de la bête. Que fit notre animal ? Il fut vaincu aussi par le sommeil, et dans un petit grognement, enveloppa délicatement la jeune fille de ses pattes et se laissa aller à ce bien-être.

Océan sans rivage



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vendredi 25 février 2022

L'Ours et le Bouquetin


D'entre toutes les espèces animales les plus menacées,
L'ours et le bouquetin ne sont pas les dernières.
Il s'en faut de peu de parler d'eux au passé,
Étant acculés par devant et par derrière

Dans un territoire de plus en plus confiné.
« Certes, dit l'Ours, si notre rareté nous sauve,
Nous restons passibles d'être éliminés.
Tenez, il suffit que je me comporte en fauve

- C'est bien ce que je suis car telle est ma nature -
Et qu'à cet effet, je fasse d'un mouton ma proie,
L'on aura tôt fait de me disputer mon droit.

La tolérance dont je jouis n'est qu'une devanture
Et la réserve qu'on m'octroie n'est jamais qu'un zoo
Où je dois faire le gentil nounours et le beau. »

 


Le Bouquetin acquiesça ces mots et ajouta :
« Serons-nous de ces maux jamais tirés d'affaire ?
Nous voyons se rétrécir notre habitat
Où la vile engeance des braconniers prolifère.

L'on nous chasse, non pour la viande, mais pour les trophées
Dont se veut pavoiser la maison roturière,
Se pensant de la sorte quelque peu s'étoffer.
La vanité des hommes est souvent meurtrière

Et leur histoire n'en dresse que la longue litanie.
Combien d'exploits héroïques et de grandes conquêtes
Furent à vrai dire inspirés par l'égomanie ?

Tu es, à côté, un bien piètre prédateur ;
Nul animal, jamais, ne se comporte en bête,
Pas plus qu'il n'est d'une cruauté l'instigateur.
»


jeudi 5 avril 2018

L'ours de la fenêtre


Blason de Chelm (Pologne)

L'ours se garde de perturber l'enfant qui s'évade en son Bouclier.
La fenêtre s'ouvre sur un mur qui semble enfin s'effacer.

Des douceurs des pas de ton approche, Tu es là.
L'Ami, comme jamais je ne voudrais te perdre !
Comme est tendre ta lourdeur en ta superbe !
Je chante les promesses du printemps de l'au-delà.

Parfois je me surprends en ton regard bienveillant,
Et je m’étonne encor que tu sois près de mon être.
Si proche est cet enlacement qui est à naître.
Lors que tu murmures les mots si savamment.

Mon ours des étoiles de mon ciel éblouissant,
Ton Chant est aussi puissant que ce firmament.
Les lumières vives sont mille de Ton Azur.

Comme je cours ivre de tes bras en cette embrasure !
Mon ours des précieux émois ! Sans cesse je suis là.
Toi qui me regardes tant et me veux toute à toi.

Océan sans rivage

samedi 2 novembre 2019

Intelligence de l'Ours


Blason du Raïon d'Oust-Bolcheretsk (Russie)


L'Ours, à ses heures perdues, aime pêcher le poisson
Qu'il surprend, à même le courant, d'un coup de patte,
Et plus d'un pêcheur le voyant faire s'en épate.
Quand même il y aurait d'une telle proie à foison,

Il ne prélève pour sa faim que le nécessaire,
N'ayant jamais les yeux plus grands que le ventre
Et sans emporter le surplus dans son antre.
Il est certes gourmand de miel, c'est là son dessert.

L'instinct est une intelligence qui tout régule
Et nul animal n'en ôterait une virgule,
Une grammaire de la vie que l'homme a oubliée

Et dont il subit les plus fâcheuses conséquences,
Tout en persistant dans sa folle inconséquence.
Lors, il semblerait bien qu'il soit fou à lier.

Marc

Le Cycle de l'Ours

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mercredi 28 septembre 2016

Les dialogues du blason - Recueil héraldique de Marc


Ursula von Fugger et son époux Joachim von Ortenburg, (extrait du Fugger Ehrenbuch, 1545)

Ce recueil met en scène des blasons figurant des rencontres de choses et d'êtres qui deviennent des personnages en relation les uns avec les autres à l'intérieur du blason qui leur tient lieu de cadre contextuel. L'héraldique inspire la poésie et celle-ci la porte au-delà de sa fonction première. Les deux sont à se parler, à instaurer des dialogues parfois surréalistes, et chaque sonnet donne ainsi lieu à une petite fable jouant sur la symbolique, la culture, les références au passé, à l'histoire et les incursions dans l'actualité. Le blason se fait allégorie et la composition qui l'accompagne métaphore et parfois même parabole. Ce mariage improbable entre l'héraldique et la poésie se veut vivifier une science millénaire et un genre littéraire qualifié injustement de désuet, non pas à contre-courant d'une époque affaissée ayant par ailleurs perdu la boussole avec ses repères traditionnels, mais, justement, en misant sur ce qui demeure intact en elle, parce que intrinsèque à la nature humaine et donc intemporel : l'appel du sens. L'héraldique est un chemin possible, une approche en tous les cas, et la poésie une invitation au voyage. Non pas à celui qui rime avec évasion, mais à celui qui se veut initier un Retour.

samedi 17 mars 2018

Les songeries d'un poisson


Drapeau de la ville d'Afanasyevsky (Russie)

Maître Ours, il est une histoire bien singulière,
Le saviez-vous ? Le mur, d'une parure vous vêt.
D'aucun croit que je suis un tantinet distrait.
Or, vous le savez, ce mur est un grand mystère.

J'y vois une fenêtre donnant sur l'autre monde.
Vous marchez et vous avez l'air un peu perdu.
Qui est donc l'enfant qui vous suit et vous inonde
De rires ? Vous l'accueillez comme l'on cueille l'inattendu.

Le mur n'est point une tombe. Je vois bien que vous y êtes.
Chaque matin, il ruisselle de rosées perlées de lilas.
Même le vent n'arrache cette étrange silhouette.

Vous me le dîtes tantôt : qu'importe le trépas !
Ce n'est pas un singe qui nous imite et nous limite.
Il s'agit bien d'un ours que j'aime et qui me visite.

Océan sans rivage

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                 Le mur magique                        Paroles d'Ours                     Le Pays de Lyla

mercredi 16 décembre 2020

Contes des sept occidents


Armoiries de Bady Bassitt (Brésil)

Les papillons

     Quelque Chose au fond de mon ventre met au monde les joies du moment. Ce sont des papillons que je ne sais pas rattraper. Mais on me donne à les nommer. Je prends le temps. Je ne nomme pas à la légère. Il me faudrait un millier d’étoiles, des constellations, des lacs et des rivières ; il me faudrait des clairières ainsi que quelques pommes de pins. Il me faudrait des lunes et des soleils, ainsi que des océans et tout ce qu’ils contiennent. Il me faudrait des suspensions de voiles et de drapures.

     Tantôt, j’ai vu passer un ours brun, mais il ne s’agissait pas de l’ours que j’avais connu autrefois. Celui-ci était autrement plus apathique, plus endormi aussi, presque inerte en dépit de sa marche. Il avait l’air d’avoir fait un mauvais rêve. Je n’ai pas osé lui parler. Il traversait une forêt sombre. Je l’ai laissé partir. Comment voulez-vous retenir un ours ? Ceci fut un bref éclair. Pensez-vous qu’il ait vraiment disparu ? Non. Je l’ai retenu du plus profond de mes pupilles. Ensuite, j’ai entendu une musique, exhalée depuis le volètement joyeux des papillons. Alors, il se passa une drôle de chose : chacun de ces lépidoptères me parla et me donna son nom. Ce fut, à chaque fois, des mondes nouveaux qui jaillissaient et je restais sans voix. Il en est un qui attira un peu plus mon attention. Il palpita au creux de mon ventre avec une force inouïe et je fus sous l’effet du plus grand des sortilèges, car depuis ce papillon, je vis apparaître un fabuleux monde. Il y avait des arbres gigantesques et des fleurs de toutes les sortes de tailles et de couleurs inimaginables. Des vallées s’étendaient sous le soleil et resplendissaient d’un vert éclatant. Je planais au-dessus d’une mer étincelante et j’apercevais même le tracé cotonneux de l’écume. C’était à perte de vue une verdure qui semblait se répandre simultanément en mon propre corps. Depuis ce papillon, il naquit un jardin, une mémoire, et j’en ressentis une secousse monumentale. Je vis un homme qui marchait lentement. Je sus qu’il s’agissait de mon frère, mon frère d’âme. Je le suivis doucement, pour ne pas le déranger. Il me fallait m’acclimater à toute cette nouveauté. Effectivement, je ne respirais plus de la même façon, je ne voyais plus de la même manière, et une euphorie naturelle me submergeait. Je ne marchais plus, mais j’effleurais le sol. Cet homme me vit et me salua avec tant de chaleur. Nous nous connaissions et soudain, la mémoire nous aspergea d’autres images d’une vivacité incroyable. Nous n’avions guère besoin de parler. C’était si doux que j’en oubliais l’autre monde. Je ne voulais pas revenir et ne revins finalement que pour une simple raison : il me fallait créer un pont entre les deux mondes, entre l’Orient et L’Occident. Il me fallait créer une brèche. Seulement, cette brèche fut possible, uniquement par l’effet de la grande et majestueuse grâce d’un papillon bleu qui vint se poser sur l’épaule de l’homme. Il vint par trois fois.

© Océan sans rivage

Conte des sept Occidents, les papillons

lundi 6 août 2018

L'Ours et le Cerf


Blason de Turčianske Jaseno (Slovaquie)

L'ours, qui fut jadis de nos bois un prédateur,
Bien avant qu'on n'en fît un animal de foire
(Car c'était le chasseur ou bien le bateleur),
Eut un jour cette pensée qu'un cerf rendit notoire.

Les deux seigneurs n'étaient point genre à se croiser,
N'étant pas, ni de près, ni de loin, du même monde,
Quoique tous deux aimassent vivre en terre boisée
Où le fruit, pour l'un, et l'herbe, pour l'autre, abondent.

Pourtant, la chose arriva, un beau jour d'été,
Sous l'ombrage bienfaisant d'un arbre séculaire
Qui fut de bien des faits le témoin tutélaire.

L'atmosphère invitait à la légèreté
Et le cœur de l'ours était à la confidence,
Des mots sans rancœur mais aussi sans complaisance :


Blasons de Zavada-Pod-Ciernym-Vrchom  et de Liptovska (Slovaquie)

« Le fort mange le faible, c'est dans l'ordre des choses.
Si à cet immuable l'on veut déroger,
C'est au déséquilibre qu'alors l'on s'expose.
Ainsi, d'un droit que les hommes se sont arrogés,

Sous le prétexte de dominer la nature,
C'est toute la chaîne du Vivant qui en paie le prix.
Mais ce sont eux qui devront régler la facture,
Ce qu'ils sont encore fort peu à avoir compris.

Après avoir rompu avec les lois naturelles,
Les voici à s'entredévorer à leur tour,
Se faisant grief de tout, se cherchant querelle

Et n'ayant de cesse qu'à la destruction finale.
Ne sachant plus, ni même ne voulant faire retour,
Ils vivent la fatalité d'une vie machinale.. »

Marc



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Romulursus et Remursus

dimanche 11 décembre 2016

Un ours distrait

Blason de Libingen (Suisse)

Compère Ours est tout à son affaire, se sentant
Venir le sommeil, malgré le peu de froidure
De la saison qui se tâte encore, hésitant
Entre un automne qui se prolonge et perdure

Et l'hiver qui esquisse à peine ses premiers traits.
Nonobstant, l'ours se reproche fort son insouciance :
« Me voici bien en peine d'avoir été distrait,
Car de l'an, mon cycle arrive à échéance

Et je ne plus sûr de trouver une antre
Où je puisse dormir jusqu'à la saison nouvelle.
À croire que je n'ai rien dans ma pauvre cervelle !

Lors, je m'en vais de ce pas, sans plus attendre,
Me bâtir en bon bois une solide châsse,
Faute, sinon, d'être la proie de quelque chasse. »

Marc

Blason d'Orvin (Suisse)

vendredi 21 juillet 2017

L'Ours et le Castor


En écho à Paroles d'un castor

Blason de Dielsdorf (Canton de Zurich, Suisse)

Compère Ours, malgré que l'on fût encore au cœur
De l'été, projetait de construire une cabane
Pour passer l'hiver, à l'abri de la rigueur
D'une saison dont il redoutait fort les arcanes.

Il demanda à Maître Castor de l'aider
À mener à bien cette singulière entreprise.
L'animal était perplexe, il fallut plaider :
« Compère, qu'il n'y ait pas entre nous de méprise

Car je sais que votre temps est des plus précieux.
Je ne vous demande pour aumône que quelques branches
Assez solides pour parer aux avalanches.

Des bâtisseurs, vous êtes le meilleur sous les cieux
Si j'en crois l'excellente tenue de vos barrages,
Capables de résister aux torrents en rage.


Blason de Biberstein (Argovie, Suisse)

– Compère, je veux bien satisfaire votre requête
Qui me demande, en vérité, peu de travail,
Quoique étonné que vous vous soyez mis en tête
Semblable projet. Mais laissons là ce détail.

Servez-vous à loisir, la matière est profuse ;
Mais ne voulant point faire de vous mon obligé,
Sachant qu'un service pour service ne se refuse,
Chose que la bienséance ne se peut négliger,

Je me sentirai payé d'un bouquet d'armoises
Qui croissent, généreuses, en aval de ce lieu.
C'est pour nous, castors, un mets des plus délicieux.

– Compère, j'allais justement cueillir des framboises
En cette contrée et je ferai d'une pierre deux coups !
Ainsi chacun trouve son bon compte au moindre coût.
»

Marc


Voir aussi Un ours distrait

dimanche 10 décembre 2017

Rencontre axiale


Blason de Revda (oblast de Sverdlovsk, Russie)

L'Ours et le Renard, sans être des adversaires,
N'en sont pas non plus du monde les meilleurs amis.
Voici qu'en ces temps troubles et crépusculaires,
Bien des différends sont passés par le tamis

Et ce qui ailleurs se renforce et s'exaspère
Trouve ici ses apaisement et résorption.
Dans l'Arche Dernière * se veulent monter nos compères
Car à toute chose est une verticale solution.

_____

Compères Ours et Renard furent conviés à meubler
Un blason où ils prirent la posture héraldique
Rappelant celle des tenants hors écu, d'emblée,
Tant et si bien qu'ils en devinrent hiératiques.

– La place m'est heureuse de vous y rencontrer,
Compère Ours, car nos chemins ne se croisent guère
Depuis que vous disparûtes de nos contrées
Où, sans merci, les humains vous ont fait la guerre.

Je ne suis pas mieux loti moi-même, il est vrai.
Que reste-t-il de nos belles et vastes forêts
Hachées menu par tous leurs chemins de bitume !

– Bon Compère, reformons le Cercle Initial
Et nous unissons autour du Principe Axial
Pour qu'en nos âmes meurtries la Lumière se rallume.

Marc

* Lire aussi

            L'Arche Dernière                Pensée Carencielle            Maître Coq et l'Arche Dernière

mercredi 7 décembre 2016

Les arbres en héraldique - Le Sapin


La France est un pays particulièrement montagneux et forestier. Il n'est dès lors pas étonnant de voir figurer le sapin en bonne place sur les blasons des communes forestières. Chez les anciens Celtes, cet arbre symbolisait l'espoir toujours renouvelé des forces de lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort.

dimanche 11 septembre 2016

Noblesse et Art de l'écu - Recueil héraldique de Naïla


Peinture d'Edmund Blair Leighton (1852-1922)

Noblesse et Art de l'écu est né d'une croisée
Improbable entre la mystique et l'héraldique,
Lors qu'un beau jour, la nef Héraldie, pavoisée
De mille écus célébrés par le chant bardique,

Tandis qu'elle voguait sur le Chemin des étoiles
Rencontra l'Océan sans rivage, là où les eaux
Confluent pour s'ouvrir sur un horizon sans voile,
Vers cet Ailleurs où des destins s'apposent les sceaux.

D'une seule heure profonde sont sorties mille heures fécondes ;
L'écriture s'intériorise en l'âme qui se sonde ;
Mille et un blasons sont à le réverbérer.

Courage, Courtoisie, Fidélité et Noblesse
S'enluminent par l'Amour arboré sans faiblesse.
Il est une splendeur en chaque Beauté libérée.

Marc


_____


Vénérable Espace

Il est une Rencontre au delà des Rencontres
Une Seule, et voici Noblesse et Finesse
Voici Beauté et gestes en leur vivante délicatesse
Voici Les Perles rares de nos âmes qui sont à se fondre
En La Plus Pure des Révérences, en ce Souffle de L’Espoir
Par delà encore et encore, lors que Le Ciel est Grâce
L’Ami, en cette sacralité des instants qu’est notre histoire
Les Deux sont à s’unir en L’Éternité d’un Vénérable Espace.

Naïla


dimanche 29 septembre 2019

Le Renard et l'Ours


Blason de Bassins (Vaudois, Suisse)


Le renard et l'ours sont en ces bois des compères,
N'étant pas, pour trouver leur pitance, des rivaux ;
Jamais ils ne se querellent, les deux font la paire ;
Chacun reste à sa place, chacun à son niveau.

Ils aiment écouter l'oiseau chanter sur la branche
Et d'une vieille fontaine le doux clapotis de l'eau ;
Ils s'y retrouvent une fois par semaine, le dimanche ;
L'endroit est peu fréquenté, c'est comme un îlot.

Il est ainsi, au cœur des forêts, des clairières
Où le randonneur à pied ne s'aventure guère
Car préférant marcher sur les sentiers battus.

Nos amis ne s'en plaignent pas, bien au contraire,
Car mieux vaut, de la vue des hommes, toujours s'abstraire.
On s'entend là-dessus, la chose fut débattue.

Marc


samedi 19 novembre 2016

Compère Loup de sable et Compère Ours d'argent


Blasons de Wulferstedt (Saxe-Anhalt) et de Bechtheim (Rhénanie-Palatinat)


Compère Loup, sentant venir les premiers frimas
Se voulut enquérir d'une chaude et sûre tanière.
Il vit venir dans son dos, marchant à grands pas,
Un ours dont la couleur lui parut singulière.

Celui-ci, aussitôt, le héla : « Mon Cousin,
Dieu est bon et je rends grâce à la providence
De te croiser. Connaît-on du Ciel les desseins ?
Je me suis égaré et t'en fais confidence.

– Cousin, tu n'es point du pays, ce me semble...
– En effet, je viens d'une terre de neiges et de glaces
Menacée de disparaître bientôt, hélas.

Lors, je me suis mis en route, allant à l'amble,
Pour avertir le monde du danger qui menace
Et dire aux hommes de regarder les choses en face.

_____


– Si tu ne crains pas de prêcher dans le désert...
Car tu peux toujours parler, les mots se laissent dire.
Sur les bonnes intentions, l'on se montre disert ;
Quant à leurs effets, nul ne les saurait prédire.

L'on se préoccupe davantage de son confort
Que de l'intégrité de notre belle planète.
La vie matérielle concentre tous les efforts
Et l'on n'y considère que ce qui fait recette.

Après que l'on nous eût quasi exterminés,
L'on nous voulut réimplanter dans des espaces
Brisés par l'asphalte multipliant les impasses.

Et dans les réserves où nous fûmes confinés,
Nous ne pûmes plus vivre selon notre nature.
L'homme est ainsi, faisant de tout réécriture.

Marc

vendredi 2 mars 2018

Le mur magique


Drapeau de la colonie de Novoselsk (région de Leningrad, Russie)

                                Soudain, le mur d'en face me tint éveillée,
                                En ces pierres conquises des temps médiévaux
                                Lors que L'Ours drape, de sa danse, L'Enfant.
                                As-tu vu comme il s'approche à pas feutrés ?
                                L'Enfant est sur le sol, répandue du velours de sa robe.
                                La tête est nonchalante et brode, en son esprit, l'étoile filante.

                                Sieur Ours, votre Belle se languit des effluves d'une Lune.
                                L'avez-vous conté, ce Roman de trouvères perdus,
                                Joyeux bohèmes des forêts d'antan, des rires qui fusent
                                Des senteurs délicates d'une aubépine écarlate ?
                                Il s'est penché sur L'Enfant, sans désir autre que la voir
                                Au pré dormant des heures de promenades
                                Lors que les Rosées perlent sur les hauteurs d'un Donjon !

Océan sans rivage

Peinture de Lucy Campbell

lundi 6 février 2017

À la sainte-Véronique

Blason de Pérignat-lès-Sarliève (Puy-de-Dôme)

Un dicton nous apprend qu'à la sainte-Véronique,
Les marchands de marrons chauds peuvent plier boutique ;
Et quoique le soleil fasse à l'hiver la nique,
Il se pourrait encor qu'une bise tardive nous pique.

Tout comme il ne faut pas vendre la peau de l'ours
Avant de l'avoir tué, il est plus prudent
D'attendre que la saison ait fini sa course
Avant de l'enterrer. L'hiver a de bonnes dents,

Acérées, et peut faire ressentir ses morsures
Jusqu'à fin mai, en le jour de la sainte-Sophie (1)
Dont les gelées nocturnes infligent cruelles blessures

À la vigne, à moins que les trois saints de glace (2)
Ne lui aient déjà fait perdre tous ses profits.
Et s'il pleut à la Saint-Philippe, trois fois hélas ! (3)

Marc
____

Taillé, au premier d'azur à trois roses d'argent boutonnées de gueules posées en barre, au second, d'or à la grappe de raisin de gueules feuillée de sinople posée en pointe, au cœur d'argent traversé d'une flèche du même mise en barre, brochant sur la partition.

(1) Fêtée le 25 mai.
(2) Saint-Servais, Mamert et Pancrace apportent souvent la glace. (11, 12 et 13 mai)
(3) Quand il pleut à la saint Philippe, point besoin de fût ni de barrique. (3 mai)

mercredi 15 avril 2020

L'Europe aux mille blasons


Marc MOSNIER, Philippe JOUET & Jean de LA HUBERDIERE : L'Europe aux mille blasons

 L'héraldique est un art et un code. Loin d'être réservées à quelque milieu fermé, les armoiries illustrent le caractère d'une personne, d'un groupe, d'une cité, en rapport avec son histoire et sa culture. Le blason est donc à la fois ce qui distingue et ce qui rassemble. Nous présentons ici les armoiries des communautés régionales et des districts - broioù, Länder, shires, cantons, voïvodies, provinces, oblasts, etc., officialisés ou non -, qui constituent les appartenances fondamentales des Européens. Les auteurs ne se sont donc pas pliés à la carte administrative des Etats, arbitraires, artificiels et instables, mais ont suivi les réalités culturelles et ethniques en les replaçant dans leur contexte spatial et temporel. Malgré des phases de minoration ou d'occultation, l'hermine de Bretagne, les pals de Catalogne, l'ours de Carélie, la harpe d'Irlande, le trident d'Ukraine, sont l'expression des peuples et des patries réels, vécus et non subis. Les sections de cet ouvrage reflètent des solidarités historiques, culturelles et géographiques immémoriales, ce qui explique l'inclusion de la Sibérie et de l'extrême-Orient russe, occasion de découvrir le riche patrimoine de ces régions. C'est aussi un voyage dans le temps, et l'on a indiqué les variantes et les blasons anciens avec les sources. Pour documenter cette grande enquête, l'ouvrage comporte une introduction, des commentaires, des notices, des cartes de situation et un index, auxquels les Auteurs ont apporté toute leur expérience. L'art, l'histoire vécue, les dynamiques sociales, l'imaginaire et la réalité se rencontrent pour faire de ce volume le guide suggestif d'un voyage dans l'Europe aux mille blasons.

Relié: 352 pages
Editeur : YORAN EMBANNER (2011)
ISBN-10: 2914855745


Extrait illustrant l'héraldique des villes roumaines

Le site de Marc Mosnier, illustrateur