Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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dimanche 31 mars 2024

L'Ombre n'est rien

Blason de Moscou


L'Ombre n'est rien, quand même elle semble s'étendre ;
Si vaste soit-elle, la moindre étincelle la brise
Et cela suffit comme limite à son emprise.
Car la seule chose à laquelle elle puisse prétendre,

C'est d'être le réceptacle de la Lumière
À laquelle elle sert en fait de révélateur.
N'offrant qu'une courte-vue, sans la première hauteur,
Les ténèbres sont de la conscience les œillères.

Elles n'ont en vérité aucune réalité,
En ce sens qu'elles n'ont pas de nature intrinsèque.
Ainsi, quoi qu'elles fassent, elles sont vouées à l'échec

Et leur déchaînement dans l'actualité
Est le clair signe de leur proche défaite.
Ce fut annoncé. Mais qui écoute les prophètes ?

lundi 30 janvier 2023

Les oracles de Cumes (7)

Énée et la sibylle de Cumes (détail) par François Perrier (1594-1649)


D'être peu pénétrés par la modernité,
Quelques peuples sont encore pétris de sagesse.
À l'inverse, une grande partie de l'humanité
Témoigne de plus en plus d'un état d'ivresse

Qui s'illustre par la subversion des valeurs.
L'Occident, surtout, déjà en pleine décadence,
S'enfonce plus profond dans l'affaissement des mœurs
Et poursuit ainsi son suicide à pleine cadence.

La nature, Dieu merci, reste fidèle à jamais
Et nul n'imagine qu'elle puisse marcher sur la tête,
Depuis la moindre plante jusqu'à la petite bête,

Lors que l'inversion humaine atteint des sommets
Qui font de l'ombre aux turpitudes de Sodome.
Cette époque fait du pire des précédentes la somme.

Chroniques d'un monde finissant

  

Blason d'Auvers-le-Hamon (Sarthe, Pays de la Loire)

dimanche 29 janvier 2023

Centrage (2)

Blason de Veert (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)
 

La possession ne me définit pas,
Qu'elle soit matérielle ou immatérielle.
Le vrai « je » ne se trace pas au compas
Car il est de nature spirituelle

Et donc, en cela, irréductible.
Tout ce qu'il manifeste est composé
Et s'en trouve par là même divisible
L'esprit est-il à la forme opposé ?

Dans l'unité, cette question est oiseuse,
Tout autant que les réponses sont vaseuses.
Elles font encore couler beaucoup d'encre

Chez ceux qui cherchent midi à quatorze heure,
Ayant perdu l'adresse de leur demeure
Et ne sachant plus où jeter l'ancre.


Centrage (1)

vendredi 27 janvier 2023

Ligne tracée

Blason de Chaa-Kholsky (République de Touva, Russie)

 

Trop loin à l'est, c'est l'ouest, disait Lao Tseu.
C'est dire qu'il n'ignorait pas que la terre est ronde.
Ce sage, comme on sait, était loin d'être verbeux,
À l'exact inverse, donc, de ces temps de faconde.

Nul ne peut être plus royaliste que le roi,
Ni plus divin que Dieu ; ce serait une outrance,
Telle qu'en témoigne cette époque par pleins charrois
Et qui multiplie sans frein ses intempérances.

Siddhartha enseignait la voie du juste milieu,
La plus simple, certes, mais sans doute la moins facile.
Se croit-on l'atteindre qu'on s'en trouve à mille lieues !

On pense à la formule « trop c'est comme pas assez ».
C'est pure raison, nul besoin de tenir concile.
Il y a longtemps que cette ligne est tracée.

samedi 21 janvier 2023

Les oracles de Cumes (6)

La Sibylle de Cumes par Michel-Ange (1475-1564)


Ce monde matérialiste est dans le désarroi
Comme jamais il ne le fut en aucune époque.
Ses inquiétudes sont-elles les prémices de l'effroi,
Lors même que les moins égarés battent la breloque ?

Voici venus les temps de la grande confusion
Qui nous fut annoncée par les écritures.
Parvenu au paroxysme de l'illusion,
L'humanité se cherche une nouvelle quadrature.

Car la voici patinant sur elle-même, à vide,
Ne sachant plus ses origines ni son destin
Et pourtant plus que jamais cupide et avide,

Comme se voulant repaître encore et encore
De son image brisée, n'ayant plus même l'instinct
De sa nature, se mirant telle une vieille pécore.

mardi 20 décembre 2022

Les oracles de Cumes (5)

Ruines avec une Sibyllepeinture de Giovanni Paolo Pannini (1691-1765)
 
 
L'architecture moderne n'est pas même ruinable,
Contrairement aux anciennes qu'encore l'on admire.
Ses tours de verre dans lesquelles les orgueils se mirent
Offriront demain des vestiges bien minables.

Ce qui est laid par nature le reste à jamais.
Les cités hideuses aux univers cauchemardesques
Où les graffitis barbouillés tiennent lieu de fresques,
Nées d'un système auquel toute nation se soumet,

Ne peuvent générer au final qu'un monde de brutes
Où les rapports sont ceux de l'animal en rut
N'ayant pour destin que celui de l'abattoir.

Le Moloch qu'ils adorent a l'appétit vorace,
Voulant que de l'humain ne subsiste aucune trace,
Quitte à défoncer, s'il faut, le moindre butoir.
 
 
Lire aussi
 
           Babel          De la démesure

jeudi 8 décembre 2022

Les oracles de Cumes (4)

La Sibylle de Cumes par Élisabeth-Louise Vigée Le Brun (Paris 1755-1842)

 

Les hommes sont bavards, nous en savons quelque chose.
Il faut du temps pour se taire, parfois toute une vie.
Du temps pour remonter des effets à la cause
Et pour réaliser que le sens est obvie.

C'est ainsi, les hommes cherchent midi à quatorze heures,
Quand les décalages horaires ne faussent pas le jeu.
Ô passant, qui t'obstines à te croire à demeure,
Est-il une chose en ce monde qui vaille un enjeu ?

Tout ce que tu emporteras est dans ton cœur.
C'est là ton seul trésor, comme disent les écritures.*
Tu as beau courir mille et une aventures,

C'est lui qui sera finalement ton vainqueur
Car à l'instant de sa pesée sur la balance,
Tu réaliseras qu'Essence rime avec Présence.**


  * Matthieu 6:21
** De l'indo-européen es « se trouver », d'où le grec eimi (issu de esmi) « je suis » et le verbe latin e
sse (sum, « je suis »).

mardi 6 décembre 2022

Les oracles de Cumes (3)

La Sibylle de Cumes, peinture de Sebastiano Conca (1680-1764)


L'hiver, qui semblait n'avoir que des dents de lait,
Est en train de nous montrer ses crocs qu'il aiguise,
Comme se voulant régir sa saison sans délai.
C'est son droit ; le temps, dit-on, en fait à sa guise.

Il se pourrait donc qu'il s'installe durablement
Puisqu'il s'annonce à quelques jours de la pleine lune.
Et celle-ci, comme on le sait, vaut adoubement. *
Beaucoup de gens le vivront comme une infortune

En ce qu'il rendra plus mordantes les pénuries.
Voici que sonne le glas de la fausse abondance
Et que s'effondrent les trônes de la discordance.

C'est comme si l'Hadès avait lâché les Furies
Dont on sait qu'elles frappent de châtiments terribles
Les malfaisants qui sont leurs principales cibles.
 
 

lundi 5 décembre 2022

Les oracles de Cumes (2)

La Sibylle de Cumes, peinture d'Edward Burne Jones (1833-1898)

 

Les années passèrent et ses mots le rattrapèrent.
Ils furent sincères ; juste un défaut d'ajustement.
Dieu est patient, c'est dans la durée qu'Il opère.
Les meules divines tournent lentement mais sûrement. 

Se croyant quelqu'un, l'on se découvre personne.
On reste longtemps sous l'effet d'un tel quiproquo.
Il n'est rien par soi semé que l'on ne moissonne.
C'est du fond de chaque instant qu'en remonte l'écho.

L'on comprend qu'apprendre c'est juste désapprendre,
D'autant que l'ego couve toujours sous la cendre.
« Qui suis-je ? » Est-il réponse à cela qui n'enferme ?

Mystère et silence de Dieu qui nous enseignent.
Que sa volonté soit faite ! Qu'arrive son règne !
C'est par l'abandon que toute chose arrive à terme.

dimanche 4 décembre 2022

Les oracles de Cumes (1)

 
La Sibylle de Cumes, peinture florentine d'Andrea del Castagno (1419-1457)
 

Tout pouvoir, d'où qu'il tienne, est vicié par nature.
Dès lors qu'il n'est de souveraineté qu'en Dieu,
Nul autre que l'âme n'en reçoit l'investiture
Car elle est à jamais au cœur et au milieu.

Ceux qui, bardés des meilleures intentions du monde,
Prétendent le contraire ne sont que des fourvoyeurs,
Quand même se prévalant de connaissances profondes
Dont ils n'hésitent pas à engager la gageure.

Il nous incombe, en ces temps d'extrêmes confusions,
De faire sauter les verrous de toute réclusion
Et cela ne saurait être qu'un acte intime.

Il y aura des pleurs et des grincements de dents *
Car ceux qui croyaient avoir sur tous l'ascendant
Verront qu'ils ont engraissé le mauvais Régime.


* Évangile selon Luc, 13:28

jeudi 24 novembre 2022

Jeu de dés

 

  Blason de la famille Daddi (Italie)


On place toute bonne fortune sur le coup de la chance, *
Comme si elle n'était que l'effet d'une loterie,
Et bien rares sont ceux qui parlent de providence.
Est-ce par peur de s'exposer à la moquerie

Et de passer pour arriéré aux yeux du monde ?
Mais quel monde si celui-ci est pris de folie
Et tient pour normales les pratiques les plus immondes,
Quand les bons sentiments n'y sont que parodies ?

Si l'existence est conçue comme une bulle étanche,
Il ne saurait plus être question de destin
Car, pense-t-on, tout est remis en jeu chaque matin

Et qu'il suffit d'avoir la bonne carte dans sa manche.
L'idée de chance est liée à celle de hasard **
Qui est philosophiquement un vrai bazar.

*   *   *

Pourquoi ? Parce que dans cette boutique, rien n'a de sens,
Du fait que la vie elle-même n'a ni queue ni tête.
Il est donc parfaitement vain d'en faire la quête.
Ainsi ouvre-t-on la porte à toutes les licences,

Certain qu'au final, rien ne prête à conséquence.
Comment expliquer certaines abominations
S'il n'y avait pas là une fatale filiation ?
De toute évidence, on a sauté une séquence.

Même la conception mécaniste du Vivant
Induirait la logique d'une cohérence interne ;
Qu'un après ne sort pas de n'importe quel avant

Et qu'une cause produit tout simplement un effet.
Beaucoup tiennent pour aboutie la pensée moderne
Dont ils retiennent un bienfait contre mille méfaits.


* Le mot « chance » vient du médiéval « cheance » (12e siècle), lui-même issu du latin populaire cadentia (les choses qui arrivent), participe présent pluriel neutre de cadere, « tomber » et qui s’employait en latin classique en parlant du jeu d’osselets et de dés.

** Voir sur ce blog Discontinuité et impermanence (7) ainsi que Essence des Mots, où Le Hasard retrouvé sur
Naissance et Connaissance.

vendredi 30 septembre 2022

Archaïté


Blason de Vauthiermont (Territoire de Belfort)

 

Prendre Dieu à témoin ne vaut rien dans ce monde
Qui ne croit pas davantage à Lui qu'au Diable,
Mettant sur un même niveau le sublime et l'immonde
Qui sont étalés pêle-mêle sur la même table.

Le bateau, qui n'a plus ni pilote ni boussole,
Se condamne lui-même au plus funeste destin.
De ce sombre horizon, les hommes se désolent,
Mais l'équipage ivre fait de piètres mutins.

« C'est la faute de l'autre et j'en suis la victime.
De m'en plaindre est mon droit le plus légitime. »
L'innocence est moins un état qu'une tentation.

Chacun des partis se prévaut d'une juste cause.
De fait, ce sont toujours deux raisons qui s'opposent,
Sans vouloir monter au point de conciliation.

* * *

Car après s'être joyeusement pourfendus,
L'un se retrouve tout nu et l'autre en culotte,
Sans qu'aucun à une raison ne se soit rendu,
Prêt à piquer encore si quelqu'un s'y refrotte.

Pourquoi se combattre au lieu de s'entendre ?
La paix est d'autant plus précieuse qu'elle est précaire.
Monter est plus difficile que de descendre,
Comme de se dissoudre plutôt que de s'abstraire.

Ce monde a toujours été une foire d'empoigne,
Les uns rouvrant les plaies que les autres soignent ;
Et ce siècle-ci est d'autant moins exemplaire

Qu'il était censée être plus civilisé.
Dans les faits, il est plutôt à s'archaïser
Et donc à hâter son destin crépusculaire.

Chroniques d'un monde finissant

jeudi 1 septembre 2022

Voies funestes

 

 Blason de Kanepi (Estonie)


Les voies de l'enfer, pavées de bonnes intentions,
Ne révèlent pas d'emblée leur direction funeste.
Aucun panneau jamais n'en fait la claire mention,
Pas plus qu'il n'y a de douane à l'entrée, du reste.

L'on se croyait monter, ce n'était qu'une descente.
La première porte de l'enfer est toujours fleurie.
Les stupéfiants donnent cette illusion stupéfiante.
Mais bientôt, en lieu et place d'un ange qui sourit,

C'est un démon cynique qui ouvre la seconde,
Disant : « Dépose ton âme avant de la franchir
Car elle est ici plus à noircir qu'à blanchir. »

Chaque génération qui advient croit que le monde
Est né avec elle, traitant l'ancien de ringard,
Avant d'afficher à son tour un air hagard.

Chroniques d'un monde finissant

vendredi 26 août 2022

Nouvel Ordre Mondial



Emblème de la 65th Air Base Wing (US Air Force)
 

Gouverner, disait-on autrefois, c'est prévoir.
Aujourd'hui, c'est très exactement le contraire,
D'autant qu'on ne se fait plus de rien un devoir
Car la tendance serait plutôt à l'arbitraire.

La loi du marché étant celle de la pulsion,
Il est fatal que tout autre droit l'embarrasse
Et lui inspire, à vrai dire, une telle répulsion,
Qu'elle n'a de cesse qu'on l'abroge et l'en débarrasse.

C'est à cette seule fin que les nations sont soumises
Et que les autorités locales sont démises,
Afin d'établir le Nouvel Ordre Mondial.

Les élections ne sont plus que des mascarades
Où le citoyen dupé se retrouve en rade
D'avoir prêté une substance au cérémonial.


mercredi 24 août 2022

Tour de roue (3)

 

Blason de Sorbon (Ardennes, Champagne-Ardenne)


Nous voici à vivre le crépuscule du monde
Et c'est déjà en soi-même un sacré destin !
Le Cycle est enfin à achever sa ronde
Car le paroxysme de la chute est atteint.

Cela dépassera tout ce qu'on conjecture
Et échappera à tous les discours diffus.
Nous avons déjà passé le point de rupture
Et les esprits n'ont jamais été si confus.

Très peu ont le recul et le discernement
Pour avoir une lecture claire des événements.
Surtout, qui ne soit pas purement linéaire.

Bien peu résisteront au rouleau compresseur,
Préférant se soumettre au pouvoir oppresseur
Qui veut violer jusqu'au dernier sanctuaire.

 

Lire aussi

Tour de roue (1)   Tour de roue (2)   La roue tourne, implacable

dimanche 10 avril 2022

La danse de Kali (3)

Blason de Michalovce-znak (Slovaquie)
 
 
La guerre du feu se poursuit dans celle des énergies
Et les massues d'antan se sont changées en bombes.
Les raisons cupides placent le monde en synergie
Et c'est de concert que les nations creusent leurs tombes.

Car voici venus les temps de l'autophagie,
Lors que souffle le vent mauvais des hécatombes.
Quand de toute perversion l'on fait l'apologie,
C'est le principe même d'humanité qui succombe.

Le règne de Mammon est à son apogée
Et c'est Kali la ténébreuse qui mène la danse,
Quand semblent scellées les portes de la transcendance.

En défi au Ciel dardent mille noires hypogées
Qui sont de l'ancienne Babel les vaines redondances.
C'est dans la folie que s'achèvent les décadences.


Les chefs qui régneront sur la Terre seront violents et s'empareront des biens de leurs sujets. Ceux qui sont paysans ou commerçants devront abandonner leur métier et vivront comme des serviteurs. Les chefs, par les impôts, voleront et déposséderont leurs sujets et mettront fin à la propriété privée. Les valeurs morales et le règne de la loi s'affaibliront de jour en jour jusqu'à ce que le monde soit complètement perverti et l'incroyance l'emportera parmi les hommes. (Vishnu Purana, texte sacré de l'Inde ancienne)
 

mercredi 9 mars 2022

Du choc des consciences (1)


Blasons de Le Poët (Hautes-Alpes) et de Bras d'Asse (Alpes-de-Haute-Provence)


« Chaque homme prend la limite de son champ de vision
Pour la limite du monde. » écrit Schopenhauer.
Quand ces champs se confrontent, c'est la confusion
Et celle-ci ne peut mener ailleurs qu'à la guerre.

« Qu'y a-t-il dans notre paix qui mène à la guerre ? » *
L'actualité, qui réactive cette question
Réveille aussi, malheureusement, l'instinct grégaire
Qui fait se retrancher les camps dans leurs bastions.

Le salut viendrait de l'extérieur, croyons-nous ?
Qu'il suffirait donc de changer la politique
Pour que le sac de nœuds des problèmes se dénoue ?

Certains proposent même une nouvelle révolution
Qui refonderait l'idéal démocratique.
Nous savons ce qu'il en fut de telles solutions...

 

* Lanza del Vasto

 

Révolution ou résolution ?

 

                                      Révolution                     Trou dans l'eau


mardi 8 mars 2022

Centrage (1)


Blason de Novoouralsk (Oural, Russie)
 

Dès lors que s'établit un centre d'attraction,
Il y a effet de pesanteur et d'orbitage.
Deux centres proches entrent en interaction,
Le plus puissant prenant sur l'autre l'avantage,

Sans nécessairement l'absorber tout entier.
Les systèmes naissent d'un jeu d'équilibre des forces
Et c'est ce juste rapport qui fait balancier.
Quand l'un d'eux faiblit, c'est l'autre qui se renforce.

Ainsi, la cohésion de l'ensemble repose
Sur la cohérence, c'est-à-dire l'intégrité
Des parties. C'est la clef de toute stabilité.

C'est sur ce principe que leur relation se pose,
Que des éléments épars peuvent se structurer
Et que tout l'Univers s'est architecturé.


 Blason de Pfarrkirchen (Bavière, Allemagne)
 

Se centrer en soi, c'est du même coup s'aligner
Et donc se relier au Centre universel.
N'est-ce pas à cet état que nous sommes assignés ?
Non, nous n'avons pas lu cela dans un missel

Et nulle part jamais cela nous fut enseigné.
L'on nous a plutôt orienté vers le contraire
Et c'est en eau trouble que nous avons baigné.
Poser des questions, c'était déjà s'en abstraire,

Une vérité décrétée n'en souffrant aucune.
À peine pouvait-on abonder dans le même sens.
Aujourd'hui encore l'on nous ressasse ces vieilles lunes

Qui ont vidé les temples pour remplir les boutiques,
Jetant les « libérés » sur les voies de l'errance
Qui convergent toutes vers un avenir robotique.

dimanche 6 mars 2022

Tour de roue (2)

.

  

Armoiries du Bhoutan (Asie)

 

I

Ce monde... un asile psychiatrique à ciel ouvert
Où des gamins aux égos surdimensionnés,
N'ayant de cesse de mettre l'endroit à l'envers,
Se prévalent d'une civilisation les missionnés.

Et ces fous armés d'une redoutable technique
Servie par des mentaux binaires et primitifs,
Imposent ce qu'ils tiennent pour le Bien à coups de trique,
Une marche forcée - car ce sont des esprits hâtifs -

Qui prétend dépasser jusqu'à l'instantané.
« Le progrès indéfini n'a aucune limite ! »
La plupart adhèrent béatement à ce mythe,

Tenant toute opinion contraire pour surannée.
Nulle verticalité dans cette fuite linéaire
Qui diabolise jusqu'au moindre adversaire.

II

La basse époque que nous traversons sonne le glas
De toutes les valeurs qui ont fait l'humanité
Dont l'Âge de fer (1) n'a d'ailleurs jamais fait grand cas.
Quelques embellies dans ce bal des vanités

Ravivaient parfois la mémoire des temps anciens
Où le Ciel et la Terre se trouvaient réunis.
Mais toujours le Mal mangeait le terrain du Bien,
Se voulant séparer ce qui était uni,

Dans le but d'établir un ordre renversé
Dont nous observons aujourd'hui l'avènement.
Les vertus sont qualifiées de billevesées,

Quand les perversions passent comme progrès de l'esprit.
Il suffit pourtant de lire les événements
Pour se rendre compte de l'exorbitance du prix.

III

Ce système, véritable étouffoir de l'âme,
A pourtant encore quelques beaux jours devant lui
Car ceux-là même qui en souffrent - c'est là le drame -
Préfèrent, par addiction, s'enfoncer dans sa nuit

Allumée d'artifices pour mieux donner le change.
Car tout est faux et truqué, tout est tromperie.
Tout le monde le sait mais la plupart s'en arrangent,
Pourvu, n'est-ce pas, de poursuivre cette rêverie

Censée conduire tout droit au paradis technique
Où c'est la Machine (2) qui décidera de tout.
Dans son jeu de cartes, le Diable n'a qu'un atout :

La bêtise des hommes auxquels il fera la nique
À l'heure où le Ciel libérera son courroux.
Car du présent cycle s'achève le tour de roue. (3)


(1) Le quatrième et actuel âge qui correspond au Kali Yuga de la cosmogonie hindoue.
(2) Alias l'Intelligence Artificielle qui parachèvera sa domination sur le monde.
(3) Voir, notamment, René Guénon, Le règne de la quantité et le signe des temps et Jean Phaure, Le cycle de l'humanité adamique.

Lire aussi

 Tour de roue (1) - La roue tourne, implacable - Le cercle, figure matricielle


dimanche 27 février 2022

Quand les cloches sonnèrent

Armoiries et drapeau de Balkivtsi (Ukraine)


 
Un petit roitelet se piqua de pointure
Et s'en alla jouer les redresseurs de torts.
Il se crut d'une mission avoir l'investiture,
Armé d'un esprit persuasif quoique retord.

En plus d'avoir encore la coquille au derrière,
Plusieurs casseroles le suivaient en batterie.
Aussi, de n'avoir cure d'assurer ses arrières,
Il fit une belle démonstration de pitrerie.

Une fable fameuse appelée La mouche du coche *
S'y retrouva magistralement illustrée.
L'on s'en amusa tant qu'on fit sonner les cloches.

Plus d'un lorgnant par l’œilleton de sa porte
Se pense voir à travers une immense baie vitrée.
Ce n'est jamais qu'une vue borgne, en quelque sorte.
 
 
* Le coche et la mouche, Jean de La Fontaine, Fables, VII,9