Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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vendredi 22 juillet 2016

Le hibou et la chouette en héraldique

Blasons de Quickborn et Oebisfelde (Allemagne)

En héraldique, le hibou et la chouette sont souvent associés et, de ce fait, confondus, du moins au niveau du dessin. En fait, le hibou se distingue de la chouette par la présence d'aigrettes sur la tête (touffes de plumes donnant l'impression d'oreilles ou de cornes).

vendredi 13 octobre 2017

Les Allégories du Jardin - Le Hibou


Blason de la corporation des marchands de livres, d'art et de musique
(armoiries des coopératives industrielles viennoises, vers 1900)


Allégorie 19 – Le Hibou

          Le hibou, tristement retiré dans une masure solitaire, m’adressa, bientôt après, la parole en ces termes :

          Vrai et sincère ami, ne te fie pas au discours de l’hirondelle et, n’imite pas sa conduite ; car, quoiqu’on ne la soupçonne point de se nourrir des mets de votre table, il n’en est pas moins vrai qu’elle participe à vos plaisirs, à vos joies, à vos fêtes, et qu’enfin elle habite au milieu de vous ; or, tu sais que celui qui se fixe auprès d’une classe quelconque de gens, en fait partie par cela même, et que, n’y fût-il resté qu’un instant, il est dans le cas d’être interrogé sur ces personnes. Tu sais encore que, de même qu’une seule goutte est la source éloignée d’un torrent impétueux, de même la société est la source des crimes ; aussi ne doit-on pas y placer sa félicité. La paix et le bonheur ne se trouvent que dans la retraite ; ah ! celui qui s’y réfugie, n’a pas à craindre que l’envie l’éloigne de son emploi. Suis donc mon exemple et imite mon isolement ; laisse les palais somptueux et celui qui y fait sa résidence ; les mets délicats et celui qui s’en nourrit. Fais attention à ma conduite : je ne réside point dans vos demeures, et je ne suis jamais dans vos assemblées ; mais un creux dans un vieux mur est mon habitation solitaire, et je préfère, pour mon séjour, des ruines à des lieux soignés par la main de l’homme : là, loin de mes compagnons, de mes amis et de mes proches, je suis à l’abri des tourments et des peines, et je n’ai pas à craindre les envieux. Comment, en effet , celui dont l’habitation doit être un jour la poussière, peut-il demeurer avec les autres hommes ! Chaque jour et chaque nuit viennent empiéter sur sa vie et la détruire sourdement ; et il ne se contenterait pas d’une masure ! Celui qui a le bonheur de comprendre que la vie, qui paraît longue, est réellement si courte, et que tout s’avance vers la destruction, celui-là, au lieu de passer la nuit sur un lit voluptueux, prendra pour sa couche une natte dure et inégale, se contentera d’un pain d’orge pour toute nourriture, et ne goûtera que le moins possible des voluptés du monde, en se rappelant qu’une partie des créatures sera placée dans le paradis, et que l’autre sera précipitée dans l’enfer. Pour moi, j’ai jeté un regard sur la vie présente, et je l’ai vue en proie à la dévastation ; j’ai tourné alors mes yeux vers la vie future, et j’ai vu qu’elle s’approche rapidement. Me rappelant ensuite le compte terrible que Dieu fera rendre au jour de la résurrection, j’ai médité sur l’âme, et j’ai pensé au bien qu’elle peut faire et au mal dont elle peut se rendre coupable : c’est alors que, réfléchissant à ma situation et faisant une attention sérieuse à moi-même, j’ai conçu de l’éloignement pour un monde qui n’offre qu’un grand vide ; j’ai oublié ce que mes semblables ont droit d’attendre de moi, et ce que j’ai droit d’attendre d’eux ; j’ai abandonné ma famille et mes biens, et j’ai méprisé les châteaux élevés. Bientôt la foi écartant de la vue de mon intelligence le bandeau du doute, j’ai reconnu que ni joie ni plaisir ne demeure ; que tout périt, si ce n’est l’Être par qui tout existe. Je me suis élevé à la connaissance de cet Être, sans pouvoir pénétrer ce qu’il est : son image adorée est tout ce qu’aperçoivent mes yeux, et son nom béni, ce que prononce ma bouche.

          Pour cette divine amie j’ai quitté les hommes ; ce n’est qu’elle que je désire, qu’elle seule à qui je veux plaire. Pour elle , je m’isole de toute société, et, guidé par l’intention la plus droite, je m’abandonne à l’amour le plus pur. Je la verrai, je l’espère ; mon amour ne sera point frustré. Mes amis ont réprouvé la noble passion de mon cœur, sans connaître le sentiment qui l’agite. Si l’objet sacré de ma flamme ôtait le voile qui cache ses appâts , la pleine lune elle-même en emprunterait son éclat argentin. Je n’ose par respect nommer cette beauté divine que toutes les créatures étonnées admirent ; mais, lorsque mon amour violent ne peut se contenir, mes soupirs font entendre un de ses attributs.

          Je saisis avec la plus grande avidité les avis du hibou, et je jetai loin de moi les vêtements de l’amour-propre ; mais les passions semblaient me dire: Reste, reste avec nous.


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lundi 4 septembre 2017

Perplexité d'un hibou


Blason de la famille Hauri (Hirschthal, Suisse)

Les humains sont, en vérité, une drôle d'espèce.
Quelle est cette fièvre qui les fait bouger sans cesse ?
Un air à n'être jamais content de leur sort ;
S'activant, courant, comme voulant hâter leur mort !

Certes, nous autres non plus ne demeurons en place,
Car il faut bien, pour manger, aller à la chasse ;
Mais c'est toujours sur un territoire limité
Dont nous ne menaçons jamais l'intégrité.

L'espèce humaine est, de loin, la seule à détruire
Son milieu de vie. Elle n'est donc guère à reluire !
La cause est que ses désirs dépassent ses besoins.

Ainsi, prise dans les compulsions de l'appétence,
Elle écume la planète sans aucune tempérance,
Lors qu'elle lui fut confiée pour qu'elle en prenne soin.

Marc

Blason de Waldstadt-Karlsruhe (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

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vendredi 22 juillet 2016

Le hibou

Blason de Quickborn (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Je suis l'oiseau de Minerve, alias Athéna,
Réputé pour ma sagesse et ma vigilance,
Tels sont les deux attributs que l'on me donna ;
Et c'est précisément grâce à ma clairvoyance

Que la bonne déesse me prit sous sa protection
Et que m'adoptèrent devins et devineresses ;
Malgré mon air, je m'honore d'une telle élection
Sans que cela me mette dans un état d'ivresse.

À la nuit tombée, mon vol présage une heureuse
Nouvelle ; mais les âmes superstitieuses et peureuses
Voient en moi le funeste présage de la mort.

Je suis à la nuit ce que l'aigle est au jour ;
Je perce l'obscurité et voit tout à l'entour ;
Le crépuscule m'est une aube, sans faire d'oxymore.

Marie-Louise & Justine

Armoiries de la Alcuin Society (Vancouver, Colombie-Britannique, Canada)
Divisé en chevron d’azur sur argent, en chef deux livres ouverts d’argent, 
leur tranche d’or, en pointe une presse à main d’azur.

Voir aussi Le hibou et la chouette en héraldique


Blason de Egvad (Danemark) et du Brandebourg (Allemagne)


Le hibou dit à l’aigle un jour :

Vainement au soleil tu vas faire ta cour,
Lorsqu’il s’éloigne, à ta paupière
Laisse-t-il un peu de lumière ?
Pas la moindre, et ton œil fatigué de clarté
Se ferme dans la nuit, voilé d’obscurité.
Et mes deux yeux sont des étoiles,
Qui me montrent l’oiseau sur la branche endormi :
Le crépuscule est mon ami ;
Aux déserts du chaos je me fraye une route,
J’illumine son front par les ombres noirci.
Oui, répondit l’aigle, mais aussi,
Quand il fait jour, tu n’y vois goutte.
Excentriques de tous les temps,
Qui faites l’impossible en raison comme en style,
Pour vous un seul prodige est toujours difficile,
C’est d’avoir un peu de bon sens.

Chateaubriand, Le génie du christianisme

samedi 17 novembre 2018

Le Grand-Duc et le Bouquetin


Blason de Rochesson (Vosges, Lorraine)

« Bien que n'étant pas du même bord, ni par les goûts
Ni par les mœurs, l'on n'en est pas moins compères
Et l'on se comprend, faute de s'entendre sur tout.
La hauteur du milieu nous est un sûr repaire,

Sans être, pourtant, hors d'atteinte des humains.
Par chance, les sentiers rocheux sinuent loin des routes
Et ne sont donc pas les plus courus des chemins ;
Le randonneur averti sait ce qu'il en coûte.

D'être proches du ciel nous fait voir le monde de loin ;
Nous y sommes, Dieu merci, à l'abri du besoin.
Nous vivons comme des seigneurs, sans hâte ni tapage. »

Ainsi parlèrent le grand-duc et le bouquetin,
L'un s'en allant dormir au petit matin,
L'autre se voulant brouter une herbe d'alpage.

Marc


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                       Le hibou                       Perplexité d'un hibou               L'oracle d'un hibou

        Les Allégories du Jardin                La Dame Blanche          Héraldique des chats-huants

lundi 30 avril 2018

La Dame Blanche


Blason de Nant-le-Grand (Meuse, Lorraine)

Coupé voûté d'azur à deux fleurs de tilleul d'or et de gueules à l'effraie des clochers d'argent, allumée, becquée et au dessus d'or, soutenue par une trangle ondée d'argent.

Les étoiles pointent à peine dans le ciel quand soudain,
La nuit est fendue par une ombre silencieuse :
C'est la Dame Blanche qui fait sa tournée des jardins
Et son passage inspire comme une crainte mystérieuse

Qui lui a valu, jadis, d'être maltraitée,
Au point qu'on la clouait sur la porte des granges !
Ces pratiques que la raison avait désertées
Étaient le fruit de croyances pour le moins étranges :

Entendre un chat huant annonçait la mort
Et l'on se voulait conjurer le mauvais sort
En sacrifiant de la sorte cette pauvre bête.

De ces stupides superstitions, la chouette effraie,
(Qui n'a pourtant rien d'effrayant) a fait les frais.
Il fallait bien qu'un jour le massacre s'arrête !

Marc


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                   La chouette                                  Le hibou                        Perplexité d'un hibou



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mardi 17 octobre 2017

Les Allégories du Jardin - Le Paon


Blason de Saint-Paul (Hautes-Pyrénées, Occitanie)

Allégorie 20 – Le Paon


          Je me tournai d’un autre côté, et je vis un paon, oiseau qui, après avoir vidé la coupe de la vanité, et s’être couvert du vêtement de la dissimulation, fut associé aux malheurs d’Éblis.* Des couleurs variées embellissent ses plumes ; mais sa vie est en proie à mille genres de douleurs, et il ne reverra jamais le paradis (Dieu en sait la raison). Oiseau malheureux, lui dis-je, combien le sort que le destin t’a réparti est différent de celui du hibou ! Le hibou porte son attention sur les qualités intérieures et réelles, et tu ne t’attaches qu’à ce qui est extérieur ; tu te laisses tromper par une folle sécurité, et tu ne places ta joie que dans ce qui est périssable.

          Faible mortel qui viens m’insulter, me répondit-il, laisse tes reproches, et ne rappelle pas à celui que le chagrin accable, ce qui lui a été ravi ; car il est dit dans la tradition : Ayez pitié de l’homme illustre qui a perdu son rang, et de l’homme riche qui est devenu pauvre. Je voudrais que tu m’eusses vu lorsque je me promenais dans Éden auprès des ruisseaux limpides et des grappes vermeilles qui l’embellissent ; et que, le parcourant dans tous les sens, j’entrais dans ses palais superbes et jouissais de la compagnie de ses échansons ravissants et de ses houris voluptueuses. Louer Dieu était mon breuvage ; célébrer sa sainteté, mon aliment ; je tins toujours la même conduite, jusqu’à ce que le fatal destin poussa vers moi Éblis, qui me couvrit du vêtement de l’hypocrisie, et changea en défauts mes plus belles qualités. J’eus d’abord horreur de ce qu’il me proposa ; mais, hélas ! le destin plonge, lorsqu’il le veut, dans le malheur et dans l’infortune, et fait fuir les oiseaux de leurs nids pour les livrer au chasseur.

          Quant à Éblis, il marchait fièrement, revêtu des habits célestes de la faveur de Dieu ; mais son mauvais destin finit par le porter à refuser avec orgueil de se prosterner devant Adam ; c’est précisément dans l’événement qui suivit ce refus, que j’eus, par malheur, quelques relations avec cet ange rebelle. Il m’entraîna dans le crime, me déguisant ce qu’il y avait de pervers dans son dessein ; et, pour tout dire, je lui servis d’introducteur dans Éden, tandis que, de son côté, le serpent machinait pour l’y faire entrer. Après l’événement, Dieu me précipita du séjour de la gloire dans la demeure de l’ignominie, avec Adam, Ève, Éblis et le serpent, en me disant : Voilà la récompense de celui qui sert de guide pour une mauvaise action, et le salaire que l’on mérite pour avoir fréquenté les méchants. Dieu me laissa mon plumage nuancé de mille couleurs, pour que cet ornement, me rappelant les douceurs de la vie que je menais dans Éden, augmentât mes regrets, mes désirs et mes gémissements ; mais il plaça les signes de sa colère sur mes pattes, afin qu’en y jetant sans cesse des regards involontaires, je me ressouvinsse de la violation de mes engagements. Que j’aime ces vallées, où tous les charmes de la nature semblent être réunis pour donner une idée de ce lieu d’où j’ai été chassé, et d’où mon destin malheureux m’a éloigné pour toujours ! Les jardins agréables me font souvenir des prairies printanières de mon ancienne habitation, sujet des larmes abondantes qui coulent de mes yeux ; et c’est alors surtout que je me reproche ma faute, et que je m’écrie en pensant à mon malheur :


          Séjour délicieux, puis-je espérer de te revoir jamais ! goûterai-je encore dans ton sein un instant de sommeil paisible, Habitants de ces lieux fortunés, lorsqu’au moment cruel de la séparation, je vous dis un dernier adieu, je fus sur le point de mourir de douleur et de tristesse ; n’aurez-vous donc jamais compassion de mon malheureux état ! Vous avez éloigné le sommeil de mes paupières, et vous m’avez uni de la manière la plus étroite à I’affliction : mon corps est loin de vous, mais mon esprit est au milieu de vos tentes; pourquoi ne pas permettre à mon corps de s’y réunir à mon esprit ! Lorsque je me rappelle les nuits délicieuses que j’ai passées avec ces objets ravissants, sous des pavillons protecteurs, si l’abondance de mes larmes ne soulageait ma peine, je mourrais consumé de désir. J’ai cru, dans mes rêveries, que vous me promettiez de venir voir votre ami fidèle ; hélas ! mon ardeur en a été accrue, et mon désir augmenté. Si je dois cet éloignement pénible a une faute dont j’ai pu me rendre coupable, que ma situation malheureuse soit aujourd’hui mon meilleur intercesseur ! Mais, hélas ! ces doux moments sont passés pour toujours, et mon partage doit être la soumission et la modestie.

          Pour moi, affligé des malheurs du paon, je répandis des larmes sur ses peines. Je sens, en effet, que rien n’est plus douloureux que l’absence, quand on a joui des avantages de la réunion la plus douce ; et que rien n’est plus triste que le voile qui cache des appâts adorés, après qu’on a eu le bonheur de les contempler à découvert.



* Nom d’un djinn particulier, un être créé de feu, qui refusa de se prosterner devant Adam.



dimanche 26 mars 2017

L'oracle d'un hibou


Blason de Roquedur (Gard, Occitanie)

Il n'est de nuit que dans le regard sur les choses ;
C'est sa tournure seule qui répand les ténèbres
Ou la Lumière. Celui-là contemple la rose,
Celui-ci ne voit que la ronce funèbre.

Ce que je perçois ne me révèle que moi-même ;
L'on ne juge que selon sa mesure propre,
Tout comme l'on ne récolte que ce que l'on sème.
Le nuisant amoncelle les nuages d'opprobre

Et le bienfaisant les vents de miséricorde.
Je suis Maître Hibou, le veilleur dans l'ombre
Dont l'oeil pénètre les recoins les plus sombres.

Je vois naître l'amour ou poindre la discorde
Dans le secret des cœurs. Mon cri inspire la peur,
Mais c'est juste pour prévenir contre la torpeur.

Marc

mardi 6 novembre 2018

Apocalypsis 23 – La Vérité éclatera toujours


 
Blason du district de Kyakhtinsky (République de Bouriatie, Russie)

Qu'importe les stratégies d'enfumage et méthodes
De censure, la Vérité éclatera toujours !
Elle demeure intacte, lors que le mensonge s'érode,
Jusqu'à ce que sa face apparaisse au grand jour.

Et celle-ci, je peux vous l'affirmer, est hideuse,
Provoquant les pleurs et les grincements de dents.
En notre époque, son ombre est partout rôdeuse
Et les temps à venir seront sans précédent.

L'on se pose volontiers en victime du système
Quand, passés les jours gras, s'en viennent ceux de carême
Où l'on mange, au lieu du froment, de l'épeautre,*

Sans comprendre qu'il est désormais endogène
Et que l'on est le Père Noël de ses étrennes.
Il y a autant d'évangiles que d'apôtres.

L'Abbé Théophile
 

* Appelé souvent « blé des pauvres » car cultivé sur des terres peu fertiles, avec un rendement très faible par rapport au blé qu'il surpasse cependant en valeurs nutritives. De lui, l'abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179) écrira : « L’épeautre est un excellent grain : à celui qui le mange, il donne une chair de qualité, et fournit du sang de qualité. Il donne un esprit joyeux et met de l'allégresse dans l'esprit de l'homme. Sous quelque forme qu'on le mange, soit sous forme de pain, soit dans d'autres préparations, il est bon et agréable. »


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                                L'oracle d'un hibou                         Fosse d'aisance

dimanche 26 décembre 2021

Recueil héraldique de Justine


Mise à jour du recueil de Justine, alias le Spectre à trois faces, dont les interventions à l'emporte-pièce et à rebrousse-poil, à contre-pied du politiquement correct, peuvent heurter le lecteur encore acquis à l'idée de vivre dans un système réformable servi par des gens bienveillants et donc toujours bien intentionnés. Mais nous savons, n'est-ce pas, qu'il n'en est rien et que ce monde se révèle de jour en jour plus brutal et de moins en moins humain. Quant à la bêtise, qui fait des progrès tous les jours, nous savons de même qu'elle n'est jamais trop éloignée de la méchanceté qui trouve à se manifester, en ces temps troubles et confus, sans n'avoir même plus à se dissimuler. A côté de cela, quelques mots cinglants font pâle figure et ne parleront guère qu'à ceux qui ne sont plus dupes de ce qu'il se trame, ayant renoncé à se réfugier dans le confort fallacieux et complice du déni. Où nous pouvons observer à loisir que ce monde prétendument rationnel est à sombrer dans l'irrationnel le plus absurde, sous l'effet d'une hypnose collective, et que ceux qui se prévalent volontiers de réalisme se laissent embarquer sur la nef des fous, un bateau ivre affrété par d'obscurs armateurs aux sombres desseins. Si le père Noël n'existe pas, le Père fouettard, par contre, a repris du service et sa main est lourde.

 

 
Musique : Karen Matheson, I Will Not Wear the Willow - Illustration : Eve Ventrue

 

Les mots ne sont fragiles que s'ils sont soufflés aux oreilles sourdes à la beauté de leur sonorité et fermées aux vertus de leurs vibrations. Mais ils se revêtent de force s'ils sont tissés en entrelacs d'entente profonde et scellée d'amitié fraternelle et de connivence verticale. Du filigrane des paroles données, nous forgerons une épée de vérité dont le fil tranchera la faconde de qui détrousse les mots justes et tue la pensée qui chemine. Nous l'aiguiserons sur la pierre angulaire de nos cœurs battant et fendrons l'étal des boutiquiers d'âmes, engeance vénale et félonne qui écume la terre des hommes et crucifie l'Âme du monde. Nous briserons la superbe du cupide se mirant et renverserons ses idoles de toc et d'argile qui se nourrissent de la désespérance des promesses vaines. Nous frapperons de l'intérieur, au milieu du jour, quand les ventres repus engoncent l'ardeur mercantile, et au fond de la nuit, quand les reflets flétris se drapent de néant. Nous scanderons des incantations guerrières jamais entendues et dirons les mots ultimes et définitifs. Nous surviendrons quand le temps atrophié se dévorera lui-même et que les visages seront grimaces à revers, blafards d'hébétude. Nos mots trempés de feu bâtiront des cathédrales d'Amour, tandis que s'écrouleront les bâtisses creuses des vies feintes et fardées d'aventures plates jouées dans des cages d'écrans de verre.

samedi 18 janvier 2020

Humble goupil


Blason de Schmetzdorf (Brandebourg, Allemagne)


C’est un goupil timide, il ne sort que la nuit,
Marchant par les sentiers où le granit affleure ;
Plus loin dans la forêt, le hibou dit les heures
Et les astres s’en vont où le ciel les conduit.

Les pas de l’animal ne font presque aucun bruit,
Que l’on trouve parfois fort loin de sa demeure ;
Je le vois méditer sous les arbres qui meurent
Ou sourire, pensif, au lapereau qui fuit.

Je trouve malaisé de lire ses pensées ;
Mais je sais qu’elles sont toujours bien agencées,
Portant sur des sujets qu’il a soin de choisir.

Le goupil dans sa marche écoute le silence
Ou le cri familier que la hulotte lance ;
La longue nuit s’écoule, apaisant ses désirs.

Cochonfucius
 

Lire aussi

    Sagesse du goupil de pourpre             Goupil de proie                   Le Cycle du Renard

mardi 8 décembre 2020

Conte des sept Occidents


Blason de Sept-Saulx (Marne, Champagne)

D'or à l'arche de pierre de gueules, enfermant un champ d'argent et en pointe une fasce d'azur sommée d'une vanne d'écluse de sable et accompagnée de sept arbres coupés au naturel ordonnés en un demi cercle ; au chef de sinople chargé de trois fleurs de lys d'or.


Il était une fois un Arbre qui se souvint de La Constance. Il prenait de multiples formes, mais ne changeait jamais, car La Majesté de son Essence résidait dans L’Élévation. Il avait plusieurs fois rencontré les animaux de la forêt et quand nul ne pensait à lui, ni ne lui prêtait attention, il glissait vers la douce clairière. Là, il scrutait le ciel avec ses branches et s’élançait pour atteindre les nuages. Il laissait volontiers se nicher dans ses feuillages les plus belles étoiles, et même les constellations. Il offrait sa robe brune aux rayons du soleil, et la pie se posait avec quelque fracas, comme il lui en semblait toujours avec cette drôle de bête, mais il ne bronchait pas. La mésange et la fauvette aimaient à se retrouver au creux de ses bras. Il avait vu tant d’oiseaux qui s’étaient naturellement abrités dans les branchages. Souvent un écureuil grimpait jusqu’à la cime de l’Arbre avec une telle légèreté qu’il lui était impossible de le surprendre. Il le cherchait partout mais en vain. Même quand le pivert l’attaquait de son dur bec, il savait qu’une raison l’y poussait et cela l’enchantait. Cet Arbre se souvint aussi de La Fidélité et s’émut de voir que les petits êtres de la forêt venaient lui rendre visite avec une grande vénération. Certains lui faisaient le récit de leurs exploits, pour d’autres il s’agissait de leurs déboires. En Lui-même, Il croisait les jambes et les écoutait tous très attentivement.  Souvent dans la nuit, il entendait le hululement du hibou. Il apercevait des yeux luire et sentait quelque renard le frôler, presque comme dans un souffle. Le vieux pin lui contait ses malheurs, car son grand frère avait été coupé par des bûcherons. Ce dernier s’en remettait à peine. Quelques aiguilles jonchaient le sol et étaient les seuls vestiges de son frère. L’Arbre le rassurait comme il pouvait. Leur amitié était indéfectible. – Tu es le plus vieil arbre de la forêt et tu en as vu passer des choses. Tes meilleurs amis t’ont quitté mais tu restes impassible. – Détrompe-toi, ils ne m’ont jamais quitté. Je les ai tous gravés en moi, car il est un grand secret que l’homme ne connaît plus : rien ne sombre dans le néant. Tout peut être détruit, mais tout peut renaître. En nous est une puissante Mémoire.

 

© Océan sans rivage 

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Conte des sept Occidents, L’Arbre

samedi 2 mars 2019

Digression (12)


Drapeau de Severny et blason de Yanglichsky (Russie)

Que glissent donc toutes les opacités, et du bruit de la ville me parvient Le Silence au Repos des diapasons que les sons harmoniques viennent incessamment surprendre au bout de nos mots étanches de toute vilenie, lors que la clameur vient du tréfonds de nos assises,  et je sais que les nuages nous portent au vent que soulève Le Nord de Sa Promptitude tandis que j’entends les sifflements d’une autre secousse, aux branches de notre contemplation. Depuis les régularités, sont-ce les dunes qui couchent les grains ensemencés de La Vesprée ? Que souffle donc ce manteau des cieux sur les caresses de nos sandales abandonnées au seuil de La Vallée ! Les forêts nous suivent, et soudain, avec une grande espièglerie, Le Cerf fait un bond. De nos phrases, j’entends les soubresauts du lointain horizon. C’est en Lui que Tout repose et c’est en Lui qu’est L’Effervescence au cœur de L’Oasis. Qu’en est-il de La Fontaine des Eaux vives ? Silence, me dites-vous, ce pays est aux réminiscences des parfums d’Antan, et chaque fois que les arbres frémissent, le vent élève la douce moisson. Petit homme, où donc m’emmenez-vous ? Des fraîcheurs, à l’ombre du figuier, quelque serpentaire plane au goût de votre vision, et vous levez la tête en aspirant les Rosées des crépuscules séculaires. Je compte les Roches opales qui s’alignent et nous voici transportés. Du tourbillon de nos pensées, s’assagissent les bruissements de L’Envolée et vous venez vers la petite fille, en robe qui flotte sur les ondées du Soleil couchant. Encore La Clameur au cœur de La Nuit, tandis que le hibou hulule comme pour nous dire : qu’importe les tempêtes, en L’Écrin est un Jardin vivant. Ce sont les effusions d’un Aigle en ce Ciel étoilée d’étranges et insolubles contrées lors que Le Voyage est sans fin. Chaque grain est à lui seul une assemblée et vous me soufflez les subtilités qui défient tous les cris sauvages. Ainsi, nous allons, et du voyage, nous racontons souvent nos légèretés, car, si le monde se défile, La Nature nous révèle à La Profondeur des atemporels sillages.


                Digression (1)                         Digression (2)                           Digression (3)

               Digression (4)                       Digression (5)                        Digression (6)

                 Digression (7)                        Digression (8)                       Digression (9)

                 Digression (10)                        Digression (11)                    Digression (12)

jeudi 15 décembre 2016

Ciel Espoir

Blason de Le Vésinet (Yvelines, Ile-de-France)

De gueules au cor de chasse d'or, contourné et virolé d'argent, au chef cousu d'azur, chargé d'une marguerite d'argent, boutonnée d'or, tigée et feuillée de sinople, accostée de deux feuilles de chêne d'or en bande et en barre.

L’Amour est gorgé de gratitude.
Il est les gestes simples de la sollicitude.
Il est Lumière qui ceint les montagnes de leur effusion crépusculaire.
Il est en ce pur jaillissement de l’instant.


Mon Amie a pour Le Ciel Espoir.
Les veillées douces en sa présence sont les gestes de la grandeur.
Il est des profondeurs que l’on sait être les pas qui sont à nous mener vers les rives de L’Amour.
De délicatesses et de bienveillances.
Son cœur est une marguerite d’été et je la veux citée ici.
En son secret subtil, en sa fidélité.
Penses-tu L’Amie de mon cœur que je puis oublier ?
Nos rires et nos larmes ?
Nos nuits et nos jours ?
Nos chants en ces cimes, lors que le hibou est à hululer.
Les biches des sous-bois et les cascades de mimosa ?
Nous avons traversé des sentiers et encore d’autres sentiers.
Nous avons dévalé des pentes et transpiré sous les torrides rayons en ce cimetière.
C’est en haut que nous avons cueilli les chants les plus éthérés.
Te souviens-tu L’Amie ?
Nous avons pleuré ensemble devant une mer sauvage et déchaînée.
Partout où j’allais, tu m’as tenue la main.
J’ai pleuré.
Nous étions en cette minuscule grotte de l’intimité.
Ô L’Amie !
Nos pas se sont mêlés dans la poussière des longs voyages.
Nous avons bu l’eau d’un puits vénérable.
Les étoiles du Nil nous ont enlacé et parfois nous avons laissé les chiens du désert étonnés.
Lors que mon cœur saignait des lambeaux d’une Voie qui se voulait nous épouser, tu as patienté.
L’oublierais-je ?
Les mille révérences et les mille fidélités d’un cœur aimant !
Chaque moment est un Noble moment, puisque c’est en Lui que nous avons marché.
N’est-ce pas en Lui que nous nous aimons ?
L’oublierais-je ?
Nous nous sommes agenouillées ensemble et nous avons prié les mains levées.
Les arbres ont frémi et nous ont embrassées.
Ce sont les vagues qui ont accroché nos pas.
Les roches que nous avons escaladées.
Les nuits étranges lors que ce saint nous a visitées depuis l’autre monde.
Il est des gestes qui sont les précieux actes de générosité.
Il est une Amie qui a pour Le Ciel, L’Espoir des mendiants en leur nudité, et je suis à l’aimer du noble Amour qui est aussi notre longue Amitié.

Océan sans rivage

Voir aussi sur La profondeur

Peinture de Louis Janmot (1814-1892)

vendredi 19 janvier 2018

Les Allégories du Jardin - Le recueil


Blason de la ville de Beseda (Oblast de Leningrad, Russie)

Une allégorie (du grec állon, « autre chose », et agoreúein, « parler en public ») est une forme de représentation indirecte qui emploie une chose (une personne, un être animé ou inanimé, une action) comme signe d'une autre chose, cette dernière étant souvent une idée abstraite ou une notion morale difficile à représenter directement. Apparu au XIIIe siècle, à l'époque du Roman de la Rose en France, Révélations des secrets des oiseaux et des fleurs constitue l'une des expressions les plus élaborées de l'enseignement traditionnel soufi. L'auteur, Izzidin Al-Muqaddasi, était un poète et homme de lettres d'origine arabe.

Les Allégories du Jardin nous font visiter le Monde Imaginal et nous enseignent, à travers une invitation au regard en soi-même, que Tout est en tout (et inversement). Ainsi, en s'éveillant à cette « autre chose », l'âme visite en réalité son jardin intérieur.