Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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samedi 17 octobre 2020

Histoires fromagères : la vache qui rit

ou la guerre des vaches



L'on s'est toujours demandé pourquoi je riais
Et ce qui pouvait bien me rendre si hilare.
L'histoire à laquelle mon curieux rire me reliait
Est singulière. Si vous voulez, je vous la narre.

mercredi 28 octobre 2020

La vache en héraldique


Kostroma (Russie) – Upahl (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) – Krasnoplamenskoye (Russie)
 
La vache se blasonne comme le bœuf. On la représente avec des pis et la queue généralement étendue le long du flanc. Quand elle porte une clochette suspendue à son cou, on la dit clarinée. Quand les cornes sont d'un émail différent que le reste du corps, on la dit accornée et onglée quand il s'agit des sabots de ses pattes. Si elle porte un collier, elle est dite colletée et couronnée quand elle porte une couronne sur sa tête.

Histoires fromagères : tendrement vache

 


Le camembert a mis la vache à toutes les sauces,
Ce dont les étiquettes témoignent largement,
Nous la montrant parfois en de singulières pauses
Qui – passez l'expression – nous étonnent vachement.

Il y a la vache qui rit et la vache qui pleure
(Sans doute parce qu'on lui a retiré son veau
Privé du lait transformé en fromage et beurre) ;
Tous les goûts sont servis et à tous les niveaux,

En un joyeux festival d'images truculentes
Qui enluminent les rayons des crémeries
Ou, plus couramment, des petites épiceries.

Si la France est toujours une laitière opulente,
Elle a cependant perdu en diversité.
Est-ce d'avoir ouvert ses portes à l'adversité ? *

Marc

* C'est-à-dire à la « libre » concurrence déloyale.

 

Le Cycle de la vache  Histoires fromagères

La vache en héraldique

 

Tyrosémiophilie de la vache (1)

Tyrosémiophilie de la vache (2)


La vache qui rit ou la guerre des vaches

samedi 6 juin 2020

Histoires fromagères - Le recueil



      Les histoires fromagères viennent en parallèle des dialogues du blason, notamment des fabliaux, illustrées par des étiquettes de fromage (appelées tyrosèmes) dont l'imagerie profuse évoque tout ce qui de près ou de loin se rapporte à l'univers de ce produit phare célèbre dans le monde entier. Mais les étiquettes revisitent également et très largement la littérature, l'histoire, les personnages, le patrimoine, les spécificité culturelles et régionales, les paysages, les plantes, les animaux, le monde religieux, le monde du travail, des loisirs, etc. Là encore, l'imagination fertile des concepteurs est d'une incroyable richesse et le résultat est souvent truculent, autant que le produit qu'elle se destine à mettre en valeur est censé être succulent (du moins, est-ce fortement suggéré, voire affirmé sans détour). L'on ne s'étonne donc guère que ces images inspirent leur collection qui porte un nom plutôt singulier et peu connu : la tyrosémiophilie. Au lecteur qui voudrait aller un peu plus avant dans cet univers, nous recommandons les incontournables suivants : Le Club Tyrosémiophile de France et deux sites de collectionneurs richement documentés : Camembert Museum et Le Tyrosémiophile.

 

Jadis, les étiquettes racontaient des histoires
Que nous essayons ici de restituer
En allant puiser dans notre enfantine mémoire.
Le recueil, qui s'est peu à peu constitué,

Se veut suivre la tradition des fabulistes
Qui surent savamment user des allégories
Dont les correspondances forment un vrai jeu de piste.
D'être du genre fable une sous-catégorie,

Ces fabliaux, destinés à l'oralité,
Contiennent, pour certaines, des touches de moralité.
Ils ont, dans ce sens, la même fonction que les contes.

À cet effet, sachez que le premier lecteur
Auquel ils sont adressés, c'est à leur auteur,
Ne voulant être du genre qui se la raconte.

     L'univers des tyrosèmes (étiquettes de fromage) est riche de dizaines de milliers d'images qui sont, pour bon nombre d'entre elles, des œuvres graphiques remarquables et donc artistiques indéniables. L'on en serait même parfois tenté de s'écrier : « Quel gâchis de talent pour un produit aussi commun ! » Pas si sûr que cela, ni pour le gâchis, ni pour le commun. Car en vertu de quelles considérations, l'éphémère (la boîte étant jetée une fois son contenu consommé) devrait-il être exclu de l'art ? Quant au produit en lui-même, il n'est commun que parce qu'il est courant. Mais jusqu'à quand le sera-t-il ? Bien des choses et bien des objets ont quitté notre vie quotidienne pour finir sur les étalages des brocanteurs. Rien n'est pérenne.

     Des milliers de petites fromageries que comptait la France, il n'en reste qu'une portion congrue. Quant aux étiquettes actuelles, elles ont perdu le charme des anciennes. C'est là un point de vue, nous dira-t-on. En effet, c'est le nôtre et nous le partageons volontiers avec tous ceux qui aiment ce charme souvent qualifié de désuet. Certes, le concept de vintage (au sens de rétro) a contribué à réhabiliter des objets sorti de l'environnement courant et quotidien, en élevant un attrait, jusqu'alors plutôt perçu péjorativement comme du passéisme, au rang de « genre », dont le goût singulier s'inclut désormais dans les choix admis sur l'éventail des possibilités. Mais ce n'est jamais là encore qu'un artifice de consumérisme, occupant un créneau commercial et qui joue plus sur la posture qu'il ne témoigne d'un mode vie.

jeudi 14 mai 2020

Une vache en son pré


Blason de Peguerinos (Province d'Ávila, Espagne)


La vache est heureuse à brouter l'herbe d'une prairie
Qui donne ce bon lait crémeux que la fleur parfume.
La commère parfois s'adonne à la rêverie
En voyant passer une locomotive qui fume.

« Quel est cet animal étrange qui souffle fort
Et dont l'haleine semble tout pareille aux nuages ?
Le pauvre, à se déplacer, fait grand effort
Et risque, à s'ainsi surchauffer, le fluage !

L'on raconte que j'aime regarder passer les trains
Quand le ciel est d'azur et l'horizon serein,
Me prêtant, à cet effet, une allure bovine.

Je préfère pourtant contempler le papillon
Qui folâtre dans le pré où chante le grillon.
Plus que celles des hommes m'émerveille l’œuvre divine. »

Marc


Le Cycle de la Vache

     Poudre d'escampette       La Vache et le Cerf         Vache à traire

     Discours d'une vache         Ces yeux-là        La Vache et l’Écrevisse

lundi 11 septembre 2017

Poudre d'escampette


Blason de Sauveterre-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine)

De sinople à la vache d'or, au chef cousu d'azur chargé d'une croisette pattée d'argent.

Une vache décida de prendre la clef des champs
Ou - ce qui est pareil - la poudre d'escampette.
Sans plus se retourner, elle partit sur le champ,
À l'heure où tout dormait, sans tambour ni trompette.

Elle n'en pouvait plus de vivre en close étable,
Où la pitance se résumait à des farines
Inavouables au goût épouvantable
Et dont personne n'aurait juré de l'origine.

Elle rêvait de paître en de verts pâturages
Où l'herbe fleurie était drue et le trèfle gras.
Le foin pour l'hiver est le meilleur des fourrages

Car il est riche de toutes les variétés de plantes.
Une grange bien emplie dure jusqu'au Mardi gras
Et même, les années fastes, jusqu'à la Pâques suivante.


Blason de Bizanos (Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine)

Parti : au 1er d'argent à la montagne au naturel surmontée de sept langues de feu de gueules, au chef d'azur chargé de deux éperons adossés d'argent au 2e d'azur à la colline de sinople, mouvant du flanc senestre, chargée d'une vache colletée et clarinée d'or, et sommée d'un sapin au naturel.

La vérité, c'est qu'aucune vache ne peut ainsi
Quitter, de son propre chef, son lieu d'élevage.
Celle dont nous venons de conter l'histoire, ici,
Est juste d'une allégorie le personnage.

Le lecteur en saisira sans peine le propos,
Pour peu d'en faire les transpositions qu'il implique.
L'on peut changer de costumes, rarement de peau,
Et ce que l'homme fait est de lui-même la réplique.

Beaucoup se voudraient fuir la vie en batterie
Au sein d'un monde clos coupé de toute transcendance.
L'on perd son âme à amuser la galerie
Et n'en récolter qu'illusoire reconnaissance.

Mais plutôt que d'opter pour la vraie liberté,
Qui n'est point de celle dont l'argent seul donne licence,
L'on demeure enchaîné aux fausses sécurités
Qui aiguillonnent la tentation de l'innocence.

Le monde n'a besoin de personne, en vérité ;
Que l'on soit ou non n'inspire que l'indifférence ;
De l'être sans l'avoir l'on ne veut hériter ;
C'est là d'une pensée la plus abrupte inférence.

Marc

vendredi 9 octobre 2020

Histoires fromagères : la vache atomique

 
 

Tyrosème ancien « La vache atomique » (Laiterie du Blaiseron, Champagne)


La vache est une bête généralement placide
Qu'un fermier peut mener à son aise et son gré.
Nul ne lui connaît le tempérament acide ;
Sa bonne tenue atteste de son pedigree.

Celle qu'ici nous évoquons est plutôt tonique
Et bien habile qui lui tirerait de son lait.
Aussi la surnomma-t-on la vache atomique.
La gourgandine se sert de sa queue comme balai

Pour vous envoyer tout promener à la ronde,
Sans mal y voir, le plus joyeusement du monde.
En tirer quelque fromage paraît un exploit.

Nous veut-on dire qu'il est aussi bon qu'il est rare,
Tenant le haut du pavé de ce produit phare ?
En tous les cas, bien téméraire qui s'y emploie !

Marc


Histoires fromagères


Tyrosème ancien « La bonne ruade » (Lorraine)

mercredi 24 août 2022

La vache bleue

 Quelle idée de m'avoir appelée la vache bleue !
C'est à croire qu'ils ont l'imagination en panne !
L'on va penser que je suis tout moisie, parbleu !
Je connais plus d'une congénère qui en ricane.

Nous avons déjà la vache violette du Doubs *
Qui est cause de confusion sur la marchandise,
Vu que l'on associe la couleur à un goût.
Je crains qu'avec moi il y ait la même méprise,

Du genre, avec mon lait on fait la fourme d'Ambert,
Voire le bleu d'Auvergne ou celui de la Bresse.
Que nenni, je suis bien une vache à camembert !

Bon, si c'est pour me mieux distinguer, je veux bien,
D'autant que je ne suis pas une mauvaise bougresse.
Mais j'ai ma susceptibilité, ô combien !


Histoires fromagères

lundi 1 juin 2020

Histoires fromagères : la vache et les raisins


Tyrosème ancien de la Vallée du Cher (Touraine)


Sidonie, la bonne vache du Cloître d'Héraldie,
Aime brouter d'une prairie naturelle l'herbe fleurie.
Son lait est d'une haute qualité, bien supérieure
À celle que l'on trouve ailleurs, de loin inférieure.

Les plantes ont leurs vertus mais aussi leur saison ;
En automne, les pâtures sont à peine du gazon.
Un jour qu'on oublia de fermer la clôture,
La vache en profita pour courir l'aventure.

Pourquoi se retenir ? Le chemin est ouvert !
Elle fut dans les vignes, au feuillage encore vert,
Goûta aux baies juteuses qu'elle trouva succulentes.

Au petit-déjeuner du lendemain matin,
Les moines s'attardèrent, comme ils font lors d'un festin.
L'on s'étonna que l'ambiance fût si pétulante.

Marc


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lundi 29 juin 2020

Histoires fromagères : la vache et la chèvre



Tyrosème ancien du Poitou


Une vache et une chèvre paissaient dans le même pré,
Chacune y trouvant à volonté la bonne herbe
À laquelle les fleurs donnaient leur touche diaprée
Et qui en bouquets floraux font les plus belles gerbes.

« Votre lait serait de loin meilleur que le mien
Et vaudrait ainsi moins que votre jus de bique ?
S'étonna la vache. D'un fou-rire je me retiens,
Moi dont le pis peut donner jusqu'à vingt-huit briques !

Bigre ! Comme vous y allez de cet argument !
Cette quantité me paraît suspecte, justement,
Et je crains fort qu'on l'obtienne par des artifices.

Vous serez usée au bout de trois lactations
Et l'abattoir sera votre prochaine station,
Sans même la sacralité du sacrifice. »

Marc


dimanche 12 juillet 2020

Histoires fromagères : la vache et les chiens


Tyrosème ancien (Franche-Comté)


La vache, comme on sait, est une bête plutôt placide :
Toujours d'une humeur égale et très réservée,
Elle a la langue râpeuse mais jamais acide ;
Il faut donc vraiment le vouloir pour l'énerver.

Ce jour-là, la traite achevée, deux chiens de ferme
Tournèrent, si l'on peut ainsi dire, autour du pot.
La vache, les voyant, y voulut mettre un terme :
« Tenez-vous à distance ou gare à votre peau !

Je n'aime guère vous voir rôder dans les parages
Car votre vraie place n'est pas dans un pâturage
Mais dans une niche à monter la garde, sans faillir

Et sans aboyer de manière intempestive
Contre n'importe qui qui passe ou qui arrive.
Et puis vous puez tant que je manque défaillir ! »

Marc

samedi 13 juin 2020

Histoires fromagères : attention à la vache




Une vache pourpre ne se peut voir qu'en héraldique,
Quoique l'émail soit assez rare en général.
Couleur des souverains depuis la Rome antique,
La porter fut longtemps privilège impérial.

Une vache peut en cacher une autre, c'est peu dire ;
L'on pensait chocolat et c'est du camembert !
D'une belle étiquette qui veut nous agourmandir,
Il vaut certes mieux la lire à l'endroit qu'à l'envers.

Rien de tel, pour vanter d'un bon lait les mérites,
Que de montrer l'animal dans son élément.
Et quoi de mieux qu'un pré fleuri, assurément !

L'on se pose en maître fromager émérite
D'une nature intacte, de toute qualité le sceau.
Au consommateur de n'être ni dupe ni sot.

Marc


mercredi 28 septembre 2016

Les dialogues du blason - Recueil héraldique de Marc


Ursula von Fugger et son époux Joachim von Ortenburg, (extrait du Fugger Ehrenbuch, 1545)

Ce recueil met en scène des blasons figurant des rencontres de choses et d'êtres qui deviennent des personnages en relation les uns avec les autres à l'intérieur du blason qui leur tient lieu de cadre contextuel. L'héraldique inspire la poésie et celle-ci la porte au-delà de sa fonction première. Les deux sont à se parler, à instaurer des dialogues parfois surréalistes, et chaque sonnet donne ainsi lieu à une petite fable jouant sur la symbolique, la culture, les références au passé, à l'histoire et les incursions dans l'actualité. Le blason se fait allégorie et la composition qui l'accompagne métaphore et parfois même parabole. Ce mariage improbable entre l'héraldique et la poésie se veut vivifier une science millénaire et un genre littéraire qualifié injustement de désuet, non pas à contre-courant d'une époque affaissée ayant par ailleurs perdu la boussole avec ses repères traditionnels, mais, justement, en misant sur ce qui demeure intact en elle, parce que intrinsèque à la nature humaine et donc intemporel : l'appel du sens. L'héraldique est un chemin possible, une approche en tous les cas, et la poésie une invitation au voyage. Non pas à celui qui rime avec évasion, mais à celui qui se veut initier un Retour.

mardi 19 mai 2020

Album d'images



Album d'images indexe les articles consacrés : d'une part, à l'héraldique quand leur contenu se décline, entièrement ou complémentairement, par l'imagerie ; d'autre part, à une thématique particulière, avec une prédilection pour les chromolithographies anciennes ; enfin, aux livres illustrés, albums pour enfants, manuels scolaires, gravures scolaires..

vendredi 15 mai 2020

La Vache et le Cygne


Blason de Leede en Oudewaard (Pays-Bas)


En temps normal, les campagnes sont plutôt calmes.
Quand même ne se valant pas toutes, selon les lieux.
Mais toutes, sans exception, ont décroché la palme
Durant le confinement. On ne fit pas mieux !

Le cygne pouvait se laisser glisser sur l'onde
Sans déranger aucun pêcheur à la ligne.
Il aima beaucoup cette atmosphère d'aube du monde
Et trouva que c'était là un très bon signe.

Une vache, paissant sur la berge, ne fut pas de reste,
Voyant derrière toute chose la volonté céleste.
Elle lui dit : « Tout ce qui advient a lieu d'être.

Ce me fut enseigné, tantôt, par Gente Poule
Qui s'en revenait de sa cueillette d'escargoules
Que l'on trouve d'abondance dans les bois de hêtres. »

Marc

mercredi 10 janvier 2018

La Vache et l'Écrevisse


Blason de la municipalité de Fitzen (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Une vache qui paissait dans la plus belle des prairies
Était privilégiée parmi la race bovine :
L'herbe poussait abondante, savoureuse et fleurie
En ces terres choyées par la douceur angevine.

Elle s'ennuyait pourtant et eût bien changé d'air ;
Les jours se répétaient, sereins mais monotones.
« Que n'ai-je des ailes, dit-elle, pour voler dans les airs,
Ou des nageoires pour nager, l'eau me serait bonne ! »

Une écrevisse, non loin de là, se morfondait
Dans les profondeurs tranquilles d'une dolente rivière ;
Elle regardait avec envie la gente aviaire

Dont les chants, d'arbre en arbre, se répondaient.
Ailleurs, l'eau est plus mouillée et plus verte l'herbe,
Mais l'on en revient aussi, d'après le proverbe.

Marc

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Écrevisse d'azur

mercredi 7 novembre 2018

Discours d'une vache


Blason de Talheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

D'être vache, l'on a tort de me croire bovine
Car telle qualité se prête plutôt aux humains.
Je pourrais plaider de même pour la race ovine ;
Aucun animal n'est bestial ni inhumain

Car sa nature le guide en bonne intelligence.
L'on dira que c'est le seul mérite de l'instinct
Et que, n'étant point sous sa propre régence,
L'on a beau jeu d'être le soir tel qu'au matin.

Auquel cas je répondrais que les hommes possèdent
Quelque chose de semblable qui est l'intuition,
À laquelle ils prêtent souvent trop peu d'attention,

Et ne cessent d'en douter, quand même ils y concèdent,
Se pensant que tout est soumis à la raison
Qui serait du Réel la seule déclinaison.

Marc

lundi 18 mars 2019

Dès qu'il est quelque vache à traire


Blason de Kostroma (Russie)

L'on a, je crois, l'envergure de son contenu ;
Que moins l'on a de confiture, plus on l'étale.
Une posture n'a que l'apparence de la tenue ;
Une fleur hors-sol ne tient pas longtemps ses pétales.

Donner l'idée des choses s'appelle communiquer,
Quand même les faits démontreraient l'exact contraire.
La novlangue, qui est l'art de la parole truquée,
Fort employée dès qu'il est quelque vache à traire,

Est l'une des spécialités des politiciens,
Rompus, comme on sait, aux pratiques managériales
Qui sont aux antipodes des vertus seigneuriales.

Il y eut à Rome la plèbe et les patriciens.
Deux mille ans après, l'on se retrouve au même point :
Les uns souffrent d'anémie, les autres d'embonpoint.

L'Abbé Théophile
Au cœur de l'époque

vendredi 12 août 2022

Vacheries

On traite parfois de grosse vache une femme corpulente,
Une métaphore peu aimable à mon endroit.
Mais il en est d'autres, à peine moins désolantes,
Dont l'une me rend carrément méchante, de surcroît :

On qualifie de vache une action malveillante
Et un coup fumeux par derrière de vacherie,
Moi qui suis de nature placide et bienveillante,
Ne sachant pas même ce qu'est une fâcherie !

Puis il y a l'hyperbole qu'on emploie à outrance,
Typique d'un lexique indigent, plein de carences,
Un adverbe qu'on met à toutes les sauces : vachement.

L'on me reproche jusqu'à mes humeurs flatulentes
Qui seraient pour l'ordre climatique menaçantes...
C'est de mes qualités un vrai détournement ! 


Histoires fromagères


mercredi 27 mai 2020

La laitière et le pot au lait



Neuvième fable du livre VII de Jean de La Fontaine et éditée pour la première fois en 1678, La laitière et le pot au lait est un conte réaliste qui met en scène Perrette, une jeune paysanne entreprenante, dont le portrait nous est tracé avec beaucoup d'enjouement et de naturel.