Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Affichage des articles triés par date pour la requête hirondelle. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête hirondelle. Trier par pertinence Afficher tous les articles

mardi 5 mai 2020

Ornithologie approximative


 


Oiseaux de sable sont corbeaux ;
D’argent, ce sont pluvians d’Asie.
D’hermine, aigle de Malaisie,
De sinople, un piaf pas très beau.

D’azur, mouette de poésie ;
De gueules, comme un vif flambeau,
L’hirondelle auprès d’un tombeau :
D’or, saffre de Papouasie.

Oiseaux sont pour faire semblant,
Surgis tout droit d’un papier blanc
Où sans contrôle une plume erre ;

Oiseaux pour chasser le cafard,
Pour oublier le temps blafard,
Et pour nourrir l’imaginaire.

Les oiseaux par l'image



Une série de belles planches éditées par les Imageries d’Épinal. Un lien direct renvoie à la page de Wikipédia consacrée aux espèces illustrées.

lundi 30 septembre 2019

Boltonia




Efflorescence au-dessus des prés,
Quand le jardin veut s’évanouir,
Des semences d’automne au soupir,
De nouveau comme un souffle d’été.

Je t’ai surpris ; tu m’as toujours parlé.
Quand l’hirondelle t’effleure, tu viens.
Ton sourire parfume ce matin,
Des paysages qui vont parler.

*  *  *

Dans le langage des fleurs, le Boltonia (Boltonie) symbolise la fidélité du sentiment.

Fleur qui dit : J’ai confiance dans la pureté de ton cœur.
 
 
 

samedi 20 juillet 2019

Le petit Semainier - Cycle 24


Blason d'Aznakayev (Tatarstan, Russie)


Six pas légers et six espaces,
Du Silence des âmes, nuits éplorées,
Puis en ce Temps qui nous compagne
J’ai vu au loin un faucon voler.



Le vent fait des ricochets au Ciel
M’en étonne, sans mon ombrelle ;
Il passe, tremblant, frôlant l’hirondelle
Qu’ai-je donc ainsi à toujours L’aimer ?



Si la seule goutte de pluie mourait à mes lèvres,
A L’Océan de béatitude, jamais ne renoncerais.
Si L’Océan devenait un immense Désert,
Encore m’en abreuverais.



Le Rêve a Cela de réel :
Il s’efface à L’Ombre du Soleil,
Lors qu’en la brise nouvelle,
Le cœur rutile de merveille.



La Forêt est seule d’aucun regard,
Du Souffle à peine frémissante,
Sous les feuillages ombre latente,
Soudain, tendue puis surprenante.



Je marchais et disais : qui existe ?
Véritable phénomène et rien n’y résiste,
A l’ombre des cyprès, du tilleul et de la Roseraie,
Est-il une conscience qui vraiment périsse ? 



Des plaies de L’Âme,
Blessure silencieuse,
Que les ondes sans blâme,
Défont au ruisseau de nos larmes...


…Qui ne jamais se perdent dans le soupir de nos promenades, Ô sous-bois, balbutiez de fougères imprenables et Féerie, entrez au logis, du sourire béat de nos nuits et de beauté et d’oriflamme. L’orage verse un cri perdu dans la montagne et d’Eau primordiale, nos mots sont les citadelles de nos âmes…
Océan sans rivage


vendredi 10 mai 2019

Corvus Pontifex


Composition de l'auteur


Cet oiseau fit un pont, il le fit en un jour ;
Et c’était un corbeau d’une espèce nouvelle
Qui fut d’un magicien le disciple fidèle
Arborant, qui plus est, des plumes de velours.

Du prénom de Corax il voulait qu’on l’appelle,
Aussi nous prenions soin de l’employer toujours ;
Dieu sait quelle hirondelle inspirait ses amours,
Lui qui priait souvent dans la vieille chapelle.

Les autres bâtisseurs lui firent bon accueil ;
Un barde en son honneur écrivit un recueil,
Ce qui, jusqu’à nos jours, la gloire lui assure.

Les dames de la Cour achètent son portrait ;
Il se moque du Roi sans craindre la censure
Et rime des sonnets non dépourvus d’attraits.

Cochonfucius



dimanche 16 septembre 2018

Ambicoq de sinople


Composition de l'auteur

Au poulailler du comte, il est maître d’école ;
Il instruit dans la Loi les poussins innocents,
Il leur apprend aussi à compter jusqu’à cent
Et à ne point nourrir une espérance folle.

Il leur dit le danger de l’épervier qui vole,
Aussi, que le goupil est un danger constant,
Que l’hirondelle au ciel ne fait pas le printemps,
Que sans doute leur vie est un songe frivole.

Leur père les instruit, le comte les nourrit,
Dès le lever du jour, leur mère leur sourit,
Tel est l’heureux destin de la troupe emplumée.

Ils posent des questions quand ils ont mal compris,
Car d’un noble savoir les poussins sont épris :
Leur cœur est en ce monde une lampe allumée.

Cochonfucius

samedi 28 juillet 2018

Les plantes médicinales



Il arrive que l'on fasse de belles trouvailles dans les brocantes. Au départ, on ne cherche rien de précis. L'on se promène le long des stands, un peu comme on lirait en diagonale. L'on se prend un véritable bain d'objets les plus hétéroclites, les plus improbables parfois. Certains suscitent une curiosité momentanée ou un peu plus marquée ; d'autres laissent complètement indifférent. C'est un musée à ciel ouvert, le quotidien des époques révolues, tous les petits riens des intérieurs disparus. Soudain, c'est le coup de coeur. Du genre où la question d'acquérir ou non la chose ne se pose même pas. La décision tombe en même temps que la découverte. Instantanément. On ne craque pas puisque l'on est conquis d'office. C'est ainsi que je suis tombée sur un lot de chromolithographies anciennes illustrant des plantes médicinales, l'ensemble dans le meilleur des états, comme si ces images avaient été, dès leur parution, soigneusement rangées au fond d'un tiroir pour n'en ressortir qu'un siècle plus tard.


jeudi 19 juillet 2018

Une égratignure


Blason de Sveti Tomaž (Slovénie)

J’égratigne ma chair aux épines des roses
En marchant, tout distrait, dans mon jardin, le soir.
Jardin à l’abandon, seule la pluie l’arrose,
Certains endroits pourtant sont toujours beaux à voir.

L’herbe en se flétrissant n’est pas au désespoir,
Blonde et inanimée au sol elle repose.
Les vitres du salon deviennent des miroirs
Où un autre jardin d’autres fleurs se compose.

Le ciel de ce dimanche est un beau ciel d’été,
Un ciel pour gens heureux (et nous l’avons été
Au moins quelques instants, échangeant des paroles) ;

Soyons heureux ce soir, demain il fera jour,
L’hirondelle en allée ne revient pas toujours,
Mais soyons fous un peu, car cette vie est folle.

Cochonfucius

dimanche 13 mai 2018

La Voie du Samouraï : Livres 53 et 54


Mon du clan Itakura Tomoe


Livre 53


Le doute assombrit la rétine de celui qui laisse l’incessant bruit devenir une épine. Faut-il vivre ces écorchures de l’innocence, lors que le regard est éperdu et s’élance aussi loin que l’horizon ? Il est des combats que l’on ne mène qu’en soi. Le plus terrifiant est celui que l’on doit mener pour ne pas se laisser affecter par les pierres que lancent ceux qui se séparent de La Lumière et qui pensent qu’ils sont lésés. Le Samouraï ne peut évoluer au sein du monde qu’en ayant permis à la purification d’opérer au centre même du lac de son âme. Il met des années, voire plusieurs vies à se laisser ainsi en cette alchimie effective, et il sait que cela est vrai et juste, car il retrouve les effets de la mémoire d’origine. Implacabilité de la nudité, offerte sous les bourrasques ! Des ouragans qui soufflent et nous apprennent en Le Vivant. La vie n’est pas figée. Elle est en cette Réalité à ondoyer sur les vagues du vent et à peine, aussi imperceptible que cela puisse être, le bruissement nous donne à entendre le mouvement de La Roue Cosmique. En ce Silence, Le Samouraï retrouve le geste de L’Unité, Rassemblement supranaturel car loin d’être régi par notre volonté. Mon Maître n’a jamais tari, ni dans le silence objectif, ni dans le regard, ni non plus dans les mots. Ceux-ci ne sont qu’une légère brise qui vient rompre le figement. Il m’a appris à être en Son Ecoute, à entrer en l’interstice de L’Echo. Il m’a dérouté pour mieux m’orienter. De fait, Ô fils aimé, sache qu’il n’est jamais de déroute, mais plutôt de rectification et d’harmonisation. Chaque Vie est Sacrée de par Le Souffle de Sa Suprême Volonté. Le Temps n’a pas de rides lors que l’océan lui-même devient Son Lac. « – Quand donc savons-nous que la paix s’installe ? demandai-je, un matin, à mon vénérable maître. – Il est un effet qui ne trompe jamais : le collier de perles. – Qu’est-ce donc que ce collier de perles ? m’enquis-je. – Ce sont les sourires perpétuels de l’âme, lors que chaque fragment du moi se réunifie. L’âme est semblable à une petite embarcation qui  imperceptiblement, imperturbable devant les agitations. Dans un premier temps, il nous faut certes apprendre à ne plus être. Ainsi, tout semble s’éteindre. Puis, miraculeusement, L’Être jaillit et est touché par la Grâce sans besoin même d’être touché. A peine est-Il en un souffle qui tremble de suavité : à toutes choses, Le Sourire s’impose. – Maître, la mort est une Renaissance, n’est-ce pas ? – Celui qui est envahi par la peur ne peut mourir sereinement. Il ne peut se laisser partir, car les éléments de son être sont éparpillés, et la mort le donne à cette réalité. Le Renoncement à notre moi ne nous prive qu’en apparence de notre vie. Il s’agit en réalité d’un basculement qui nous permet de saisir la nuance entre l’avant et l’après. » Le maître continua de marcher sans m’en dire d’avantage et je compris qu’il fallait que les mots fissent en moi leur chemin... Une hirondelle fendit l’espace en son doux tire-d’aile. Le maître salua de la main l’oiseau qui revint alors vers nous en tournoyant de plus belle. Le Ciel est un lac traversé de mouvements qui font nécessairement écho au silence.


Mon du clan Kokonotsu Shippou


Livre 54


L’humilité qui est à se révéler depuis Quelque Chose qui nous en donne la douceur, nous fait entrer en La Révérence et aussi en une certaine vigilance. L’on peut parler aussi d’observance. Lors que mon âme s’apaisa des tumultes de la séparation, j’appris à voir et à écouter. Ou plutôt, je sentis que chaque chose m’appelait et me parlait. Les ailes des oies sauvages interpellaient mon goût du voyage. Vers quelle Destination sommes-nous à nous orienter ? Ces pas en l’intériorité de mon maître me donnèrent au Temps vertical. Un maître polarise son disciple. Un maître nous permet de pratiquer aussi la lucidité, jusqu’à ce que celle-ci redevienne notre nature efficiente. Or, mon maître m’a ouvert à La Voie et m’a mis en confiance, car, j’ai reconnu sa réelle bienveillance. Il n’est de haine et de rage qu’en l’ignorance. Las, cette laideur est manifeste depuis des milliers d’années. Pourtant, la prédation vient de l’origine divine du Souffle. Effectivement, Le Seigneur domine. Il est Le Puissant Souverain en Son Royaume. Il est l’action descendante et nous fait par là-même vivre La Contrainte Révérencielle. Mais lors que nous ne sommes pas reliés à notre principe, nous sommes fragmentés et chacun de ces fragments se voudrait se séparer et dominer. L’élément épars de notre Être entre en la plus grande des confusions et en la plus grande des rivalités. Néanmoins, il est inutile de donner plus d’importance à ces sortes de phénomènes. Il faut s’en dissocier puis les neutraliser par cet entretien intime qui est de leur dire : je vous vois, retournez donc en Ma Singularité. Mon Unicité vous redonnera chaque part de vous en La Lumière de La Toute-Bienveillance. Je suis votre Père et je suis votre Mère. Je suis votre Matrice Essentielle. Je vous aime. Revenez en votre Berceau de L’Esprit. Vous croyez que vous serez engloutis, mais en fait, je vous ferai Don du Collier de Perles qui est Reliance, et vous serez en L’Unité Primordiale. Lors, vous agirez en La Lumière. Vous entrerez dans La Paix et L’Harmonie. Le Paysan surprit les mondes secrets de La Nature. Ceux-ci se révélèrent à lui et lui donnèrent les noms. Leur verbe existencié en l’essence lui ouvrait successivement les mondes de la connaissance subtile et intuitive. Chacun de ces noms agissait sur son âme et l’ennoblissait. Pourtant, le paysan s’effaça totalement et laissa les verbes courir en son corps et en son esprit et lui faire acte d’allégeance. Plus il se laissait compénétrer et plus il recevait les clés de tous les phénomènes. Son cœur s’élargissait des beautés intérieures qui se donnaient aussi à se révéler à l’extérieur. Chaque chose lui souriait. Chaque parfum était un univers entier de possibilités qui l’invitait en La Réalité substantielle. L’Amour était, tour à tour, folie et sagesse. Il comprit ceci : pour entrer dans Le Jardin, il fallait devenir Le Jardin. Or, seule la folie, c’est-à-dire, L’Échappée, Le Retour sur Soi, L’émigration de Son Être vers La Réalité Suprême en La Réalité Suprême, permet de s’extraire de L’Inertie et d’entrer en La Vraie Vie.

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï


Se lit aussi sur Naissance et connaissance

La Voie du Samouraï

samedi 24 mars 2018

À la sainte Catherine de Suède


Blason de Mühlanger (Saxe-Anhalt, Allemagne)

C'est aujourd'hui la sainte Catherine de Suède
Qui précède cette année le dimanche des Rameaux,
Le printemps suit son cours et les jours se succèdent.
Voici que bourgeonnent le noisetier et l'ormeau,

Tandis que la mésange chante sa ritournelle
Et que fleurit la jonquille au fond du jardin.
L'hirondelle s'en revient joyeuse à tire d'aile
Retrouver son nid d'antan dans le vieux moulin.

L'abeille, heureuse, reprend ses promenades florales
Par la prairie qui respire la vie pastorale.
Viens-t'en marcher sur les chemins de campagne

Et cueillir dans le sous-bois la blanche anémone
Et le coucou au bord du ruisseau qui fredonne
D'une eau nouvelle descendue de la montagne.

Marc

samedi 24 février 2018

Ornithologie approximative


Blasons de Yanglichskoe et de Korenovsk (Russie)

Oiseaux de sable sont corbeaux ;
D’argent, ce sont pluvians d’Asie.
D’hermine, aigle de Malaisie,
De sinople, un piaf pas très beau.

D’azur, mouette de poésie ;
De gueules, comme un vif flambeau,
L’hirondelle auprès d’un tombeau :
D’or, saffre de Papouasie.

Oiseaux sont pour faire semblant,
Surgis tout droit d’un papier blanc
Où sans contrôle une plume erre ;

Oiseaux pour chasser le cafard,
Pour oublier le temps blafard,
Et pour nourrir l’imaginaire.

Cochonfucius

Blasons de Karpinsk et d'Alsheevsky (Russie)

dimanche 28 janvier 2018

Ambicoq-hirondelle


Composition de l'auteur

L’ambicoq-hirondelle est l’oiseau de Narcisse ;
La flèche du chasseur ne saurait le toucher.
Au tiède poulailler, il n’est pas attaché,
Mais il peut méditer sur un arbre propice.

Sur lui fut un pinard biennfaisant épanché
Dont il but un godet, ce n’était que justice.
Des insectes gloutons l’épargne le supplice ;
Il mange les poissons qu’il parvient à pêcher.

Ô qui pourra chanter ta valeur nonpareille,
Qui donc te décrira, fabuleuse merveille ?
Ceux qui l’ont déjà fait, que leur pouvoir est fort !

Par ta méditation, que mon âme a suivie,
Je sais que tu as su apprivoiser la mort :
Car même ta vieillesse est un trésor de vie.

vendredi 26 janvier 2018

Pèlerin d'Éternité



Blason du District municipal de Susaninsky (Russie)

Il y a ceux qui ne posent jamais de question,
Se trouvant leur confort dans les réponses déjà faites
Car il est pour eux bien assez de la gestion
D'une triviale existence qu'ils imaginent parfaite,

  À l'aune des modèles imprimés par les marchands 
De poudres de Perlimpinpin baptisées « rêves »,
Système qui ne propose, en guise de clef des champs,
Que le consumérisme compulsif sans trêve.

Mais comme une hirondelle ne fait pas le printemps,
Une question ne fait pas un questionnement
Et beaucoup s'en posent pour se donner une posture,

Mais se gardant de pousser la chose plus avant,
Faisant deux pas en arrière pour un seul devant.
L'on veut bien voyager, mais sans trop d'aventure.

*   *   *

D'où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'erre !
Ainsi formulées, ces questions peuvent amuser,
Mais chaque instant qui passe, leur emprise se resserre,
Jusqu'à celui où l'on ne pourra plus ruser.

L'on préférera se
les poser maintenant,
Plutôt que de les retrouver de toute leur masse
Quand tombe le rideau. La vie est d'un seul tenant
Et toute fuite se transforme en corde qui tisse la nasse.

Cependant, il ne faut pas se focaliser
Sur les réponses ; les questions sont à baliser
Le chemin, elles écartent des voies réductrices

Qui mènent toutes dans les impasses du figement.
Le cheminant doit voyager légèrement,
Telle est du pèlerin la ligne directrice.

L'Abbé Théophile


vendredi 19 janvier 2018

Les Allégories du Jardin - Le recueil


Blason de la ville de Beseda (Oblast de Leningrad, Russie)

Une allégorie (du grec állon, « autre chose », et agoreúein, « parler en public ») est une forme de représentation indirecte qui emploie une chose (une personne, un être animé ou inanimé, une action) comme signe d'une autre chose, cette dernière étant souvent une idée abstraite ou une notion morale difficile à représenter directement. Apparu au XIIIe siècle, à l'époque du Roman de la Rose en France, Révélations des secrets des oiseaux et des fleurs constitue l'une des expressions les plus élaborées de l'enseignement traditionnel soufi. L'auteur, Izzidin Al-Muqaddasi, était un poète et homme de lettres d'origine arabe.

Les Allégories du Jardin nous font visiter le Monde Imaginal et nous enseignent, à travers une invitation au regard en soi-même, que Tout est en tout (et inversement). Ainsi, en s'éveillant à cette « autre chose », l'âme visite en réalité son jardin intérieur.

dimanche 24 décembre 2017

Le sapin de Noël


Blasons de Simonswald, d'Obersimonswald (Bade-Wurtemberg) & de Tann (Bavière)

Dans la haute Antiquité, on trouve déjà mention d'un arbre au moment du solstice d'hiver. Il s'agit de l'épicéa, considéré comme l'arbre de l'enfantement chez les Celtes, qui suivaient un calendrier basé sur les cycles lunaires et où à chaque mois était associé un arbre. Or, l'épicéa (ailm en celtique) était celui du 24 décembre. Il était décoré avec des fleurs, des fruits et du blé.

Certaines des premières tribus germaniques célébraient la tradition de Yule où l'on sacrifiait des animaux et des esclaves mâles en les accrochant aux branches des arbres. En Scandinavie, les rois vikings sacrifiaient neuf mâles de chaque espèce dans des endroits sacrés, alors que les plus pauvres suspendaient des pommes, des pâtisseries et autres petites offrandes dans les branches. Il est probable que le sapin de Noël soit une continuation de cette tradition. Charlemagne, lui-même, accrochait les boyaux ainsi que les yeux de ses ennemis vaincus aux sapins présents dans la région d'Aix-la-Chapelle. (Wikipédia)

Au XIe siècle, lors des fameuses scènes, appelées aussi mystères, l'Arbre de Vie (ou d'Eden) était décoré de pommes rouges.

Blasons de Bad Hindelang (Souabe, Bavière), de Durlangen & d'Adelmannsfelden (Bade-Wurtemberg)

Cependant, le sapin de Noël, dans sa version encore actuelle, est apparu en Alsace dès le XIIe siècle. Mais c'est précisément en 1521 qu'il est mentionné pour la première fois comme tel, dans un registre de la ville de Sélestat qui autorisa à couper des arbres pour Noël. On en déduit que la pratique, déjà bien établie et probablement abusive, imposait une réglementation spéciale.

Outre l'anecdote qui raconte qu'en 1738, la reine de France, Marie Leczinsaka, épouse de Louis XV, aurait installé un sapin de Noël dans le château de Versailles, ce n'est qu'après 1870 que cette tradition se généralisera, grâce aux immigrés d'Alsace-Lorraine qui la firent connaître par tous les Français.

lundi 13 novembre 2017

Maître Coq - Les chemins parallèles


Blason de Đurđevac (Slavonie, Croatie)

     Quoi qu'on en puisse penser, les mondes parallèles sont une réalité car à l'infinitude physique et spatiale de l'Univers correspond sa profondeur infinie. C'est une question d'échelles et de plans vibratoires. Subséquemment, en un tel Univers, de par sa nature intrinsèque, existe une infinité de possibilités. Maître Coq est sans doute le dernier à l'ignorer car, suivant une voie ascendante qui le mènera de basse en Haute-Cour, explorant le monde autant que les inframondes et les supramondes, son périple singulier court sur des lignes multiples dont Les chemins parallèles, qui font l'objet du présent recueil signé par Cochonfucius.

     Chemins parallèles... ou à part l'aile. Car si Maître Coq ne peut guère voler de ses propres ailes, son esprit, par contre, sait monter très haut, lors même qu'il se tient fermement posé sur une terre qu'il aime et connaît bien. C'est un vagabond céleste à sa façon, en cet étonnement perpétuel qui le rend immensément et profondément contemplatif.

Marc


samedi 11 novembre 2017

Hirondelle Flamboyante


Armoiries accordées au conseil du comté d'East Sussex en 1975

La Mort Flamboyante exalte L’Intensité de mon Désir.
Et Toi Printemps Ardent de mon Âme, savoure L’Instant !
L’Hirondelle s’est nichée en ce Cloître insaisissable et frémit.
Des Ailes de Sa Légèreté, son cœur bat contre le mien.
Ne fais aucun mouvement, Je suis là !
Ne respire pas, Je suis entre Ce Souffle !
Ne parle pas, je suis Toi !
J’ai pris Ta voix et Je chante.
Hirondelle de mon Automne, Tu es en L’Azur de mon Émoi.
Cristal de mon Silence, vibration de mes larmes !
Rosées translucides de L’Expir infinitésimal !
Contraction de cette mort qui me donne La Vie,
Qu’est-ce donc que ceci ?
Hirondelle des frémissements du Jour, et des douceurs de La Nuit !
Les lambeaux de ma douleur sont alors Ma Joie !
Chauffe mon cœur, pétris-le de Ta Présence et ne jamais l’abandonne !
Amour des Quintessences, des sublimances, du Retour Virginal !
Petit oiseau frêle, petit oiseau fort !
Tu braves les tempêtes de mes insouciances et tu voles sur les vagues de ma fougue !
Mes mains fouillent en Ta douceur et le corps s’allonge des suppliques.
Hirondelle de ma chair et Hirondelle de mon Âme.
Que fusionnent éternellement nos êtres en L’Amour !

                                                 Sur le flan de Ton Cœur
                                                 Une Porte s’ouvre
                                                 C’est Là que je me trouve.
                                                 Dans le Secret de Ton Être.
                                                 Et Je T’aime, et je T’aime !
                                                 Ici est gravée L’Épitaphe de mes mots !
                                                 La Pierre se scelle du Noble Sceau.
                                                 Et Je T’aime, et Je T’aime.
                                                 Lumière de mon corps.
                                                 Je suis à mourir de Ton Essor.

Océan sans rivage

Voir aussi sur La Profondeur

10167939_314984401981883_7384003337910775331_n.jpg

vendredi 13 octobre 2017

Les Allégories du Jardin - Le Hibou


Blason de la corporation des marchands de livres, d'art et de musique
(armoiries des coopératives industrielles viennoises, vers 1900)


Allégorie 19 – Le Hibou

          Le hibou, tristement retiré dans une masure solitaire, m’adressa, bientôt après, la parole en ces termes :

          Vrai et sincère ami, ne te fie pas au discours de l’hirondelle et, n’imite pas sa conduite ; car, quoiqu’on ne la soupçonne point de se nourrir des mets de votre table, il n’en est pas moins vrai qu’elle participe à vos plaisirs, à vos joies, à vos fêtes, et qu’enfin elle habite au milieu de vous ; or, tu sais que celui qui se fixe auprès d’une classe quelconque de gens, en fait partie par cela même, et que, n’y fût-il resté qu’un instant, il est dans le cas d’être interrogé sur ces personnes. Tu sais encore que, de même qu’une seule goutte est la source éloignée d’un torrent impétueux, de même la société est la source des crimes ; aussi ne doit-on pas y placer sa félicité. La paix et le bonheur ne se trouvent que dans la retraite ; ah ! celui qui s’y réfugie, n’a pas à craindre que l’envie l’éloigne de son emploi. Suis donc mon exemple et imite mon isolement ; laisse les palais somptueux et celui qui y fait sa résidence ; les mets délicats et celui qui s’en nourrit. Fais attention à ma conduite : je ne réside point dans vos demeures, et je ne suis jamais dans vos assemblées ; mais un creux dans un vieux mur est mon habitation solitaire, et je préfère, pour mon séjour, des ruines à des lieux soignés par la main de l’homme : là, loin de mes compagnons, de mes amis et de mes proches, je suis à l’abri des tourments et des peines, et je n’ai pas à craindre les envieux. Comment, en effet , celui dont l’habitation doit être un jour la poussière, peut-il demeurer avec les autres hommes ! Chaque jour et chaque nuit viennent empiéter sur sa vie et la détruire sourdement ; et il ne se contenterait pas d’une masure ! Celui qui a le bonheur de comprendre que la vie, qui paraît longue, est réellement si courte, et que tout s’avance vers la destruction, celui-là, au lieu de passer la nuit sur un lit voluptueux, prendra pour sa couche une natte dure et inégale, se contentera d’un pain d’orge pour toute nourriture, et ne goûtera que le moins possible des voluptés du monde, en se rappelant qu’une partie des créatures sera placée dans le paradis, et que l’autre sera précipitée dans l’enfer. Pour moi, j’ai jeté un regard sur la vie présente, et je l’ai vue en proie à la dévastation ; j’ai tourné alors mes yeux vers la vie future, et j’ai vu qu’elle s’approche rapidement. Me rappelant ensuite le compte terrible que Dieu fera rendre au jour de la résurrection, j’ai médité sur l’âme, et j’ai pensé au bien qu’elle peut faire et au mal dont elle peut se rendre coupable : c’est alors que, réfléchissant à ma situation et faisant une attention sérieuse à moi-même, j’ai conçu de l’éloignement pour un monde qui n’offre qu’un grand vide ; j’ai oublié ce que mes semblables ont droit d’attendre de moi, et ce que j’ai droit d’attendre d’eux ; j’ai abandonné ma famille et mes biens, et j’ai méprisé les châteaux élevés. Bientôt la foi écartant de la vue de mon intelligence le bandeau du doute, j’ai reconnu que ni joie ni plaisir ne demeure ; que tout périt, si ce n’est l’Être par qui tout existe. Je me suis élevé à la connaissance de cet Être, sans pouvoir pénétrer ce qu’il est : son image adorée est tout ce qu’aperçoivent mes yeux, et son nom béni, ce que prononce ma bouche.

          Pour cette divine amie j’ai quitté les hommes ; ce n’est qu’elle que je désire, qu’elle seule à qui je veux plaire. Pour elle , je m’isole de toute société, et, guidé par l’intention la plus droite, je m’abandonne à l’amour le plus pur. Je la verrai, je l’espère ; mon amour ne sera point frustré. Mes amis ont réprouvé la noble passion de mon cœur, sans connaître le sentiment qui l’agite. Si l’objet sacré de ma flamme ôtait le voile qui cache ses appâts , la pleine lune elle-même en emprunterait son éclat argentin. Je n’ose par respect nommer cette beauté divine que toutes les créatures étonnées admirent ; mais, lorsque mon amour violent ne peut se contenir, mes soupirs font entendre un de ses attributs.

          Je saisis avec la plus grande avidité les avis du hibou, et je jetai loin de moi les vêtements de l’amour-propre ; mais les passions semblaient me dire: Reste, reste avec nous.


Lire aussi 

jeudi 5 octobre 2017

Les Allégories du Jardin - L'Hirondelle


Blason de Schieder-Schwalenberg (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Allégorie 18 – L'Hirondelle


         Tandis que je m’entretenais avec la colombe des qualités qui constituent la perfection, et de ce qui constitue la perfection de ces qualités, voilà que j’aperçus une hirondelle qui voltigeait autour d’une chaumière :

        Je suis étonné, lui dis-je aussitôt, de te voir toujours auprès des maisons, aspirer à l’amitié de l’homme ; ne serait-il pas plus sage de ne point quitter tes semblables, et de préférer la douce liberté des champs à ton emprisonnement dans nos demeures ! Pourquoi ne te fixes-tu donc jamais que dans les endroits cultivés et dans les lieux qu’habite l’espèce humaine.

        Puisque ton esprit est si peu délié et que ton oreille est si dure, ne répondit-elle, sache donc quel est le motif de ma conduite, et pourquoi je me sépare ainsi des autres oiseaux : si j’ai abandonné mes pareils ; si j’ai fréquenté des êtres d’une autre nature que la mienne ; si j’ai pris pour mon habitation les toits plutôt que les rameaux et le creux des arbres, c’est qu’à mes yeux il n’y a rien de préférable à la condition d’étranger, et que je veux me faire aux manières élégantes de la société. Je me mêle donc parmi des êtres qui ne sont pas de mon espèce, précisément pour être étrangère au milieu d’eux ; et je recherche le voisinage de celui qui est meilleur que moi, pour recevoir l’influence de son mérite ; je vis toujours en voyageuse, et je jouis ainsi de la compagnie des gens instruits. On traite d’ailleurs avec bonté celui qui est loin de sa patrie, et on l’accueille d’une manière obligeante. Lorsque je viens m’établir dans les maisons, je ne me permets pas de faire le moindre tort à ceux qui y demeurent ; je me contente d’y bâtir ma cellule, que je forme de matériaux pris au bord des ruisseaux, et je vais chercher ma nourriture dans des lieux déserts. Jamais d’injustice, jamais de perfidie envers celui auprès de qui je réside ; j’use au contraire avec lui des règles les plus exactes de la complaisance qu’un voisin doit avoir pour son voisin, et cependant il ne pourvoit point à ma subsistance de chaque jour. Comme j’habite dans les maisons, j'augmente le nombre des gens du logis, mais je ne demande point à partager leurs provisions ; aussi le soin que je mets à m’abstenir de ce qu’ils possèdent, me concilie leur attachement ; car, si je voulais prendre part à leur nourriture, ils ne m’admettraient point dans leurs demeures. Je suis auprès d’eux lorsqu’ils sont assemblés ; mais je m’éloigne lorsqu’ils prennent leurs repas ; je me joins à eux dans les moments de leurs prières, jamais lorsqu’ils se rendent à la salle des festins ; c’est à leurs bonnes qualités que je désire participer, et non à leurs banquets ; c’est leur état heureux que j’ambitionne, et non leurs richesses ; je recherche leur mérite, et non leur froment ; je souhaite leur amitié, et non leur grain ; me conformant, dans ma conduite, à ce qu’a dit celui à qui le Très-Haut a daigné révéler ses volontés ( que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut !) « Si tu sais te priver des plaisirs de ce monde, tu jouiras de l’amitié de Dieu ; et si tu t’abstiens scrupuleusement de ce que possèdent les hommes, tu auras leur affection. »


       Oui, abstiens-toi scrupuleusement de ce que possèdent les autres, et tout le monde t’aimera. Ne vois-tu pas l’hirondelle ! elle ne touche jamais à nos provisions ; aussi la recevons-nous dans nos foyers comme un pupille gue l’on presse sur son sein.
      J’ai entendu avec plaisir ton éloquent discours, dis-je alors à l’hirondelle ; que tu es heureuse ! ta conduite sensée est digne de louange ; tes paroles sont sages, j’en profiterai. Adieu.