Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

dimanche 5 juillet 2026

Maître Coq en son épilogue

Blason de Gundolsheim (Haut-Rhin, Alsace)

De gueules à un croissant renversé d'or, sommé d'une tête de coq de même.


La source est tarie et mon bec s'est asséché.
Nul mot n'y vient plus, pas même l'ombre d'un qui pointe ;
Et plus d'un, jadis commis, a l'air ébréché.
Un ultime sonnet et le silence en pièce jointe.

Qu'a-t-on à poursuivre les fantômes du passé ?
Nous voici, passants, presque gisant en nos tombes.
Que reste-t-il de tous ces instants trépassés ?
Qu'importe, dès lors qu'en eux la présence ne succombe !

La plupart ne mènent que vie sans grand horizon,
Ne voyant plus même passer les quatre saisons.
Hors sol d'avoir déserté le Ciel et la terre,

Se donnant raison de tout, n'ayant sens de rien,
Ils confièrent les clefs du château à des vauriens
Qui se firent de leur servitude les mandataires.

dimanche 21 juin 2026

Tenir la ligne

Blason de Stadtlauringen (Bavière, Allemagne)


N'attendre rien d'autrui est une vraie liberté ;
Seule une relation désintéressée est saine.
Combien d'assemblées n'avons-nous pas désertées,
Lors qu'en substance elles se sont avérées vaines !

Mieux vaut, dit-on, être seul que mal entouré. *
Si l'idée s'entend bien, la chose est moins facile,
Surtout s'il est beaucoup de vide à rembourrer.
Tenir cette ligne-là est donc très difficile.

Il ne s'agit pas de se prétendre parfait ;
Une telle perfection serait forcément précaire
Et nul, à nos yeux, ne serait jamais d'équerre.

Il n'est rien qui ne finisse par être défait,
Y compris, finalement, l'idée de soi-même,
Malgré, pour la conserver, tous les stratagèmes.

Le Spectre à trois faces

* « Mieux vaut être seul que mal accompagné. »
Pierre Gringoire, poète et dramaturge (1475-1539)

samedi 13 juin 2026

Mathématique

Blason de Monchy-Cayeux (Pas-de-Calais)

D'argent à l'écusson de gueules accompagné de huit papegais de sinople, colletés, becqués
 et membrés de gueules, chacun posé sur une branche alésée du champ, ordonnés en orle.


Un mensonge répété n'est pas une vérité
Car celle-ci ne dépend pas de la quantité.
Mille fois zéro font zéro, c'est mathématique,
Mais une fois un font un, implacable logique.

mercredi 3 juin 2026

Mémoire d'un futur

Blason de Bidovce (Slovaquie)


Les individualistes sont les plus grégaires ; 
 Coincés dans leur petit moi vu comme en chose-en-soi,
Ils effleurent le vaste monde qu'ils ne connaissent guère,
À peine dans les bulles partagées de l'entre-soi.  

De s'être crus préoccupés d'autrui, naguère,
Sous le prétexte d'avoir porté un masque,
Ils ont prêté le flan au narratif de guerre
Relayé sur les ondes de la pensée flasque.

Cette moutonnerie restera une triste mémoire
Que les non dupes ont consigné dans leurs grimoires.
Cette folie, sans doute, verra d'autres éditions,

La raison n'étant pas de la masse l'apanage.
Celle-ci s’accommode de tous les concubinages
Et peut donner, on l'a vu, dans la délation.

Le Spectre à trois faces


dimanche 17 mai 2026

Le chant du Chevalier

Blason de Mensiken (Argovie, Suisse)

 
            Ô instant pur de Grâce,
            Que nous est-il arrivé ? 
            L'Écho des montagnes avive mon ardeur,
            Et le genou à terre, ma joie pleure.
            Que nous est-il arrivé ? 
            Parle-moi de nous ! 
            Ni ma faim, ni ma soif
            Ne me détournent de Toi.
            Quelle est donc cette  détresse,
            Qui du désert aride,
            Continue de m'abreuver,
            Depuis les profondeurs exhalées ?
            Le soleil me terrasse, 
            Malgré tout, entière est mon audace 
            Et la lune s'épanche à l'Aube levée. 
            Qui donc est né ? 
            Le monde entier. 
            Quel est donc le secret ?
            L'insatiable témérité ! 
            De douceur inviolable,
            Voici qu'une voix aimable 
            Me fait le récit de la Beauté. 
            Que nous est-il arrivé ? 
            Le tréfonds palpite, 
            Puis, comme incapable, 
            Jaillit l'étoile sans résister.
            Nuit et jour, insolite,  
            Mon âme ne cesse de Te chercher. 
            Quel est donc le secret ?
            Est-il possible de T'oublier ? 
            Même après la chute, 
            Ta Main soulève mon âme 
            Et d'un languissement 
            Toi Seul, dans les décombres,
            Investis mon corps hébété, 
            Le transforme encore par le feu de L'Amour.
            Ta fidélité est plus forte
            Et Tu vaincs toute trahison, 
            Venin et poison.
            Dès lors, nous ne nous sommes jamais quittés. 
            Ô Toi, veuille éternellement me chercher !

samedi 16 mai 2026

Chant du gisant

Armoiries des Capitaines du parti des Guelfes de Florence (Italie)
 
                    Dans la  nuit profonde de l'âme,
                    J'ai entendu ta plainte, 
                    Enveloppée d'écorchure,
                    L'indicible brûlure,
                    Sous les griffes acérées,
                    Ton corps gisant dans  les flammes,
                    Lors qu'un cri surgit du désert incendiaire,
                    Âtre matricielle de ton enfantement, 
                   Puis, qu'un Souffle puissant te transperce,
                    Étreignant et compressant ton cœur.
                    Ô gisant ! Délaisse cet insignifiant corps ! 
                    N'entends-tu pas le chant du ruisseau ? 
                    Des pierres, suinte le firmament.
                    Victoire ! Le dragon s'est soumis. 
                    Le voici ton ami.
                    Gardien vigilant des combats, 
                    Porte et Rosaire des effluves du trépas,  
                    L'épée même de ton Épousée, 
                    Le Ciel te compagne et te salue.
                    L'Amour ardent de l'âme a vaincu
                    Brigands et imposteurs ! 
                    La noble Dame ceint du doux baiser 
                    La Rose rose, née d'un pur et blanc suaire.

jeudi 7 mai 2026

Considérations chtoniennes

Blason d'Achterdeich (Basse-Saxe, Allemagne)

 

     Ma chère Mado, après le délire collectif d'un épisode sanitaire de sinistre mémoire et malgré que le pot aux roses ait été mis à jour, malgré tous les livres parus sur la question, malgré les innombrables vidéos publiées dans les médias et sur les réseaux, malgré tous les scandales révélés et à venir, le monde poursuit méthodiquement son programme d'autophagie, sinon dans l'indifférence quasi générale, du moins dans le fatalisme apathique qui fait que plus rien n'a de véritable impact et que tout s'avère finalement soluble dans la même bouillie. À telle enseigne, d'ailleurs, qu'il faudrait installer partout des vomissoires.

 

Quand on atteint le fond, on trouve toujours une pelle 
Pour creuser plus profond, la formule est connue. 
Je la fais donc mienne, elle résonne en ma chapelle, 
Quand bien même je ne suis plus à tomber des nues.

Ayant posé ma plume pour raisons personnelles, 
Voilà bien qu'elle recommence à me démanger, 
Au risque de rechanter de vieilles ritournelles, 
Mais toujours parlantes car rien ne s'est arrangé.

L'on pourrait même dire que les choses ont empiré 
Et je doute que le Système soit prêt d'expirer 
Car rien ne semble enrayer sa folle descente,

Entraînant tout ce qu'il touche dans les bas enfers 
Auxquels se destine cet Âge de feu et de fer 
Où depuis belle lurette toute sagesse est absente.

Le Spectre à trois faces