Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

mardi 16 avril 2019

Les Terres lointaines


Blason de Dovolensky (Russie)

D’imprécations que les nues soudain dévorent,
Au creux des pleines Lunes qui cherchent leur Objet,
La cime des arbres s’empourpre de nos craintes encor.
Maître, ce sont les brumes auxquelles je songeais…

Les Terres lointaines nous appellent et voilà que tombent
Les illusions ; mais les rites de notre Tradition,
D’une envolée vivifiante que trace La Colombe,
Au Centre rayonnant, deviennent Noble Oraison.

Les Cieux qui se bousculent forment ainsi des nuages.
De l’unique Temple que connaît Le Firmament,
C’est L’Âme qui enfin atteint son Rivage.

Transpercé de part en part, souverainement,
Le Cœur reçoit l’invisible Flèche, Celle même,
Qui en La Nuit flamboie d’un éternel Je T’aime !

Océan sans rivage


dimanche 14 avril 2019

Allégorie du Jardin de L’Âme (30)


Blason de Pezinok (Slovaquie)


La Lune
Sa Proximité en cette Vision est L’Épanchement dilatant de Lumière, et Te souviens-Tu comme nous courions ensembles, ivres de Liberté, lors que chacune de nos effluves devenaient nos Bras embrassant La Clarté de Joie et de Bonne opinion ? C’est au goût de Ton Amour que Le Cœur devient Les Mondes de Réminiscence, Éternité exaltée en ce Jardin, et là où je pose mes pieds, c’est Ton Chemin. Ne vois-Tu pas comme je me souviens et comme chaque jaillissement est une sorte de Balancement, Le plus tendre qui soit, celui qui au Vent épouse Le Mouvement et répand La Joie ? Mon Regard est effusion de Lumière et Le Soleil est mon Amant. Je L’ai fait entrer en ce cœur et jamais il ne brûle, excepté de Bonheur radiant. Ô Mon Amant ! De certains jours qui sont Le Languissement, Le Sourire s’empare de moi, et Le Visage s’imbibe de Ton Éclat. C’est D’Amour qu’est La Constance, et libres, nous voyons L’Autre Monde. J’ai laissé les sombres jours, ceux qui de ma première naissance, ont clos pour toujours l’époque des sécheresses du cœur. La Palme de ma Lueur est Resplendissance, parce qu’en Mon Soleil est tout mon fougueux Silence. En Lui, j’entends Les Nouvelles de L’Amant et lors que je descends, sans que personne ne pressente ma Présence, je vogue vers les cœurs éblouis de Remembrance. C’est en secret que Je les enveloppe et parfois sur les cimes aux nues flottantes, j’aspire à La Clarté la plus éclatante. Mes cycles sont mes litanies, et chacune sont une matrice qui recèle les enfants de L’Origine. Ô Mon Amant ! Tes Rayons me portent au point culminant de mon Ardent Amour et lors que nous voguons en ces Noces, L’Océan devient notre Union. Là-haut, sur les plateaux, je ne laisse plus aucune écorchure venir empoisonner les innocents et les mendiants. J’ai fait de Mon Manteau Les drapés de leur secret et je déride chaque croissant de mon évolution en Arche Bénie. Lumière ! Lumière ! Lumière ! Telles sont Les Paroles de cette Nuit, lors que le fil de L’Aube nous annonce Le Roi. De cette effusion Lunaire, je suis au diapason et c’est ainsi que les mondes éclosent et de simultanéité, La Beauté nimbe La Face obscure du Cercle de La Présence.
Jamais je ne quitte Mon Amant ! Il est une Promesse solennelle qui rayonne avec La Création perpétuelle et si souffle le vent, parfois ce ne sont pas mauvaises nouvelles. Des Oraisons de Grâce, Je Te suis et ne jamais Te fuis, car, Tu es Mon Secret et Je suis Ton Épousée. Je clame si fort cet Amour, et ainsi Le Soleil apparaît en des multitudes de mondes et conquiert Les Univers.

Le son du cor


Blason de Polessk (Russie)

Tel le son du cor, qui ne jamais fatigue,
Ébranle encor les lointaines steppes de mon cœur,
Lors qu’en ce sursis, n’en doute pas, il est un leurre.
Mais de nos pères, L’Amour est toujours prodigue.

Qu’importe le vent qui souffle tout près des digues,
Celui-ci n’annonce-t-il pas un sourd malheur ?
Au loin, je vois un monde devenir naufrageur,
Mais les vagues créent le seul radeau qui navigue.

Quel est donc ce tremblant et sculptural Écho ?
D’une victoire d’antan qui fut celle de Jéricho,
Soudain s’impose la plus étrange des violences.

A l’approche de La Nouvelle, sont-ce les Rameaux ?
N’est-ce pas L’Appel qui soudain déchire Le Silence ?

La douleur sépare-t-elle enfin le vrai du faux ?

Océan sans rivage


Si le grain ne meurt


Blason de Krásna Lúka (Slovaquie)

Si, regardant le monde, tu le crois extérieur à toi,
Tu réduis ta vie intérieure à ton psychique
Qui tourne en boucle tout ce que tu en perçois,
Te renvoyant l'écho de ton regard prismique.

Ce qu'en fait tu penses être la réalité
N'est que le champ d'action de ta propre conscience ;
Quand sera venue l'heure de la devoir quitter
- Et tu en auras, sois en certain, la préscience -

Tu verras défiler toute ta vie à rebours ;
Elle te semblera n'avoir été qu'un long rêve ;
Mais ce n'est jamais qu'une illusion qui s'achève.

Après les moissons s'en vient le temps des labours
Qui préparent la terre pour de nouvelles semailles ;
Le grain ne meurt que pour germer en ses entrailles.

L'Abbé Théophile



En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne 
meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. (Jean, 12 : 24)

samedi 13 avril 2019

Allégorie du Jardin de L’Âme (29)


Armoiries de Trinité-et-Tobago (Caraïbes)

Le Colibri


Le Colibri qui jouait avec les luxuriances de L’Aube, sembla presque s’évanouir face aux rayons du majestueux Soleil. Il avait pris le temps de baigner son petit corps dans une des sept cascades du Jardin, celle même qui bouillonnait constamment de légèreté transparente, puis, après avoir séché soigneusement ses ailes, il s’était envolé avec sa joie coutumière vers ses fleurs préférées. Ils les visitait avec beaucoup de révérence et veillait toujours à les saluer avant de les butiner. Les bégonias, les azalées, les chèvrefeuilles, les clématites, toutes l’attendaient avec un bonheur indicible. Si les fleurs se cachent en leurs pétales effusifs, leur cœur est indicible du Nectar subtil de La Rencontre. Le Colibri sait reconnaître les fluviales spécificités du Langage de chacune. Il en connait le phrasé, le codage, ainsi que les modulations vibratoires de leur géométrie multiple et récurrente. Il sait ce que chacune réverbère dans L’Unité singulière au sein même du Royaume floral et bien au-delà. Son petit corps est parfaitement en harmonie avec les sons mélodieux de leur présence au cœur du Jardin. Je l’ai vu de nombreuses fois se suspendre dans l’air et vibrer de cette Réalité éloquente en ce message de paix. Il ne disputait jamais les autres insectes. Quelque chose de l’ordre de la retenue, de la délicatesse inspirait ses propres gestes. N’avait-il pas fait vœu, en ces Temps mémoriaux, d’être le plus petit oiseau qui se puisse être ? Il aimait frôler les herbes, et quelque part, n’avait-il pas lors de La Conception senti son cœur se tourner tout entier d’ivresse vers son Ami Le Papillon ? Alors, de ses confidences, Lui qui me visite souvent, en cette Région de L’Âme qui s’ouvre à toutes les perceptions, j’appris que Le Vent aime jouer avec les petits bêtes, et les porter en cette volubile gaieté jusqu’à l’effacement. L’Effleurement est étonnant de Grâce et lors que Le Temps épouse votre Rythme intérieur, soudain, vous ne savez plus si de La Grandeur, il n’est pas justement une infinité de petitesses. Oubliez toutes les ruses du calfeutrage, et plongez, tel Le Colibri, en La Joie d’une Cascade. Celle-ci nous appelle, lors que Le Jardin rayonne de Stabilité. N’allez pas penser que Celle-ci est une Neutralité sans goût ni saveur. N’allez surtout pas penser qu’il s’agisse d’une Non-Vie, ni d’un figement. Observez le Jardin. Il respire de votre Cœur de Lumière. Le Colibri se montre à tous, mais peu le voient. Il est en cette tranquillité et ouvre subrepticement un doux sillage de volupté. Lors que L’Aigle passe, le Colibri le dépasse, comme enchanté de voler un moment en Son Ombre. C’est au Zénith que je surprends quelque frénésie de La Nature. De ces mouvements répétés, Le Temps se suspend au Souffle de L’Apnée.

Joie effusive, Oiseau-Papillon de L’Âme qui devient Le Collier de L’Obédience, j’enfile au cœur Floral, L’Amour de La Seule Présence, et en ce filet de Lumière, les ailes au bec de Ton Orientation me donnent à La Joie du Silence ; et Je T’aime sans jamais me lasser de butiner à L’Orée des Bois, les crépusculaires Nectars, lors qu’à L’Aube, tout reprend vie, défroissé de La Nuit occulte, sans que jamais La Création ne perde un seul instant de La Féconde Remembrance. Le Jardin resplendit de vos Chants, Ô Fleurs, tandis que viennent les sourires au Parfum de La Reliance vous caresser et s’épancher de L’Unité de Bonheur. Constance qui ravit et trace Le Relais, Je suis Le Colibri de L’Azur des Pollens et mon Bec est La Certitude d’une Beauté pérenne. Jamais je ne faillis à ma promesse et jamais je ne perds cette allégresse. Car L’Âme danse, et L’Univers entier le sait.




Le petit Semainier - Cycle 10


Blason de la famille Badertscher (Lauperswil, Suisse)


Dimanche

S’il n’était ce Cœur, ni Ciel ni Terre
N’auraient courtisé Ton Âme ;
Pleure de Regrets, essuie Tes Larmes :
Quelque part, Sainte Alliance, de Paix nous arme.


Lundi

Mère, vénérable Corps,
Que l’on enfante de douleur,
Du songe d’aimer encore,
D’Amour est Ton Trésor.


Mardi

A son bec est né Le Jardin,
Lors qu’à peine le fil de L’Aube
Caresse Celui de La Nuit sans fin.
Le Merle en mon cœur se pose.


Mercredi

L’Amour est constante Sagesse
Qui aux plis du Silence
Révèle un rare Joyau :
Est-ce libre que l’on danse d’ivresse ?


Jeudi

D’observer est né ce Regard,
Puis dissout par l’élan,
L’Âme surprend une histoire :
Quelle est donc cette magie ?


Vendredi

Dites au Rossignol de ne pas chanter,
A la Flamme de ne pas brûler,
A L’Arbre de ne pas croître,
Ils vous riront au nez.


Samedi


De petits cailloux effrontés,
Aux rondeurs presque fragiles,
Tressautent sous nos pieds.
De nos paroles, sont-ils étonnés ?


Océan rivage


L'Almanach du Jardin

Aide-toi, le Ciel t'aidera


Blason de Terespol (Pologne)

La ruse du renard ne veut tromper que sa faim,
Se devant, l'animal, trouver sa pitance ;
Mais celle de l'homme n'est guère louable par ses fins,
Se voulant donner d'une voracité quittance.

Certains le font par derrière, d'autres par devant ;
Et s'ils sont gouvernants, ne s'en cachant plus même
- L'actualité met la chose bien en avant -
Ayant leurs godillots pour servir le système.

Lors, il ne faut rien attendre de ces gens-là,
Pas plus d'aucun pouvoir que la sagesse ne coiffe.
Mieux vaut, pour trouver secours, aller au-delà.

N'est-il pas dit : aide-toi, le Ciel t'aidera ? *
C'est en désert spirituel que l'âme s'assoiffe ;
Nulle eau en lui dont elle se désaltérera.

L'Abbé Théophile


* Le Chartier embourbé, La Fontaine, Fables

vendredi 12 avril 2019

Prière d’un Barde


Blason de Érsekhalma (Hongrie)

De Vous avoir rêvé, d’avoir ainsi joué,
D’implorer le sommeil en une paix certaine,
Aujourd’hui, ce cœur qui n’a point connu la haine,
D’oubli, marche sur le chemin, comme étonné.

Ce cœur bien fatigué espère vos Bras et votre Amour.
Il contemple les effets du Silence et du Ciel,
Sans doute attiré par Son mystérieux Appel ;
Telle est Sa Destinée, et c’est en Vous qu’est Son Retour.

Enfant, du bout des doigts, il dessinait quelque songe,
D’une Vision qui le prenait très tôt le matin,
Lors que tous émois encore nous plongent

Puis nous mènent jusqu’au plus merveilleux Jardin.
Telle est ma prière qui dans la douce solitude,
M’inspire ces quelques humbles mots de gratitude.

mercredi 10 avril 2019

Apocalypsis 31 – La danse de Kali (2)


Blason d'Ičići (Comitat de Primorje-Gorski Kotar, Croatie)

Quand un homme comprend que ce qu'il cherche est en lui,
Alors il passe de l'envers à l'endroit des choses.
Dans son ciel intérieur naît une étoile qui luit
Et qui éclaire son chemin de métamorphose.

Tout ce qui est extérieur nous renvoie à nous ;
La chose sera claire quand nous quitterons ce monde ;
C'est à l'heure dernière que la Maya se dénoue
Et que se prend la mesure d'une vie inféconde.

Lors que s'effondrera ce en quoi l'on a cru
Et qu'éclateront comme des bulles les évidences
Qui ont cimenté les esprits les plus férus,

Alors Kali la Noire entrera dans la danse.
Rien ne se passera comme on se l'imagine,
Quand même les choses furent posées depuis l'Origine.

L'Abbé Théophile


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Apocalypsis 30 – Qui manet hominem


Blason de Padoux (Vosges, Lorraine)

Dans le taillis d'une hêtraie, le cerf se repose,
Remerciant le Ciel de ce que nul prédateur
Ne l'y viennent débusquer, lui que la chasse expose
Au tireur quand le veulent cerner les rabatteurs.

Si le loup n'est plus dans les bois, il reste l'homme ;
C'est assez d'un ennemi du genre animal
Et du sien propre. Du vivant peu économe,
Il n'est rien, entre ses mains, qui ne finisse mal,

De la chose faisant foi l'état de notre terre.
Est-ce là de toute l'humanité le caractère ?
Non, car il est des esprits à contre-courant

De cet aveuglement démentiel et funeste
Par lequel les forces de l'Ombre se manifestent
Et dont les desseins sont désormais apparents.

L'Abbé Théophile



Qui manet hominem : « Il reste l'homme. »

Ces simples choses


Blason de Vysny Mirosov (Slovaquie)

Chacun de vos gestes est une réponse sage,
Quand même la lune imbibe, vous le savez bien,
Les paroles à votre bouche et Oh ! combien
Par votre Silence, j’ai senti s’ouvrir un passage.

De l’indicible, vous me dites, il est un aspect
Que seuls perçoivent les cœurs à l’âme pure,
Sans doute faut-il vivre ces quelques usures :
De grande humilité, de patience et de respect.


Un apprenti avance à sa mesure, et s’étonne
Que point ne l’ennuient ces gestes, qui monotones
Recèlent le secret de L’Alchimie du Bonheur.

Je n’ai point peur et je vous suis de tout mon cœur.
Maître, comme me semble bien pauvre et morose
Tout ce qui ne voit pas le jour en ces simples choses !


Océan sans rivage

mardi 9 avril 2019

Citrons pressés


Blason de Menton (Alpes-Maritimes, Provence-Côte d'Azur)

Parti : au 1er, d'azur à saint Michel archange le bras dextre levé tenant un glaive, la pointe en bas, la senestre tenant une balance, terrassant le démon armé de sa fourche, le tout d'or ; au 2e, d'argent au citronnier au naturel fruité d'or posé entre deux monts de sinople, le tout soutenu d'une mer d'azur mouvant de la pointe et au comble du même chargé de trois étoiles d'argent et au franc-canton senestre de gueules chargé de la lettre capitale F d'or.


Citron et Citrone, nés dans une citronneraie
Du beau pays de Menton où chante la cigale,
Se retrouvèrent, l'un, sur un marché du Marais
Et l'autre, dans une épicerie de Pigalle.

Après s'être, tout l'été, gorgés de soleil,
Ils furent cueillis et posés dans une même corbeille ;
Se croyant partager un destin tout pareil
- Car, fleurs encore, butinés par la même abeille -

Ils ne furent pas embarqués dans le même cageot.
L'un se verra pressé jusqu'à la dernière goutte
Pour agrémenter quelque dorade ou pageot ;

L'autre, découpée en rondelles pour l'heure du thé
Pris dans un salon par quelque rombière, sans doute.
De mûrir, ils eussent voulu ne point se hâter !



Blason de Königheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

Moralité :

Les enfants, ne soyez pas pressés de grandir
Car qui sait ce à quoi le destin vous destine !
L'on descend, après le zénith, vers le nadir ;
L'aiguille du temps tourne, sans être jamais mutine.


Marc

La Connaissance secrète (5)


Drapeau du Raïon de Louhi (République de Carélie, Russie)


                 Tel est le nœud qui lie ensemble les étoiles :
                 Les Deux qui sont un, tel est le secret de tout pouvoir,
                 Les Deux qui sont un, telles sont la force et la loi dans les choses.
                 Silencieuse, son âme soutient le monde et Elle-même,
                 Ses actes sont l’agenda de ce qu’Elle commande.
                 Heureux, inerte, il repose sous ses pieds,
                 Il offre sa poitrine pour qu’Elle déroule sa danse cosmique
                 Dont nos vies sont le théâtre trépidant,
                 Et nul ne pourrait supporter ce pas sans la force qu’il est en nous
                 Et pourtant, nul ne voudrait partir à cause de sa félicité.
                 Ses œuvres, ses pensées, sont tramées par Elle,
                 Son être est un vaste miroir du sien :
                 Actif, inspiré par Elle, il parle et bouge,
                 Ses actes façonnent ce qu’Elle veut muettement dans son cœur :
                 Passif, il porte les chocs du monde,
                 Car c’est ainsi qu’Elle forme son âme et sa vie :
                 Il voyage à travers les jours, Elle est sa marche solaire,
                 Il court sur ses routes, Elle est sa course

lundi 8 avril 2019

Orbitage


Blason de Kourtchatov (Kazakhstan)

Te voilà revenu, avril de ma naissance,
Ajoutant un grain de plus à mon chapelet.
Sans doute l'un des derniers, avant ma révérence,
Lors que chaque aube nouvelle en étire le délai.

Peut-être cueillerai-je encor la primevère
Car jamais d'un printemps je n'ai manqué une fleur.
La Création est belle et vaut qu'on la révère.
Un jour, écoute voir le chant du merle siffleur,

Tu entendras comme une ode à l'œuvre divine.
Combien de personnes sont à regarder le ciel ?
Et combien pensent aux abeilles en mangeant du miel ?

Éteins cet écran en lequel tu te confines
Et reprends contact avec la réalité ;
C'est vers ton âme que ton esprit doit s'orbiter.

L'Abbé Théophile

Pour qu’une Rose naisse


Blason de la ville de Rosà (Vénétie, Italie)

                       Pleure au bec son incendie,
                       Chante au Ciel son frissonnement,
                       Puis, d’Éther, à Son Corps s’allie :
                       Il poursuit un nuage, ou bien est-ce ralliement ?
                       Le Rêve s’étourdit du bruit au loin,
                       Océan qui gémit d’incomplétude,
                       Puis s’engage vers les cimes de quatre montagnes.
                       Pour qu’une seule Rose éclose dans le Jardin,
                       Des milliers d’épines au cœur de L’Amant.
                       Déchirures aux plis du firmament.
                       Pour qu’une Rosée suinte à mon front,
                       D’éclaboussures et d’indécences,
                       Que soit lustrées au bassin
                       Les pluies de notre envoûtement !
                       Est-ce de souffrir que L’Oiseau chante ?
                       Pour qu’une seule Rose s’épanche du Nom,
                       D’Essence au cœur vermeil, vole une tourterelle,
                       Mais du clapotis, les rumeurs cachent encor La Jouvencelle.
                       Pour qu’un seul de Tes Pétales orne mon offrande,
                       En ce soupir d’Éden, L’Âme implore :
                       La Nostalgie est toute Sa Bohème.
                       Pleure sans gémir, étouffe donc Le Sanglot,
                       Suspendu à tes lèvres, lors que vient la mousson.
                       Au loin, quelqu’un t’appelle.
                       Pour que Le Rossignol s’évade des ombres et cherche La Lumière,
                       L’Âme se perd en L’Érosion d’un scalpel.
                       Des Folies de mes nuits, je ne suis point rebelle.
                       Pleure au goût de L’Aube et laisse ainsi Le Jour.
                       Pour qu’une seule Rose naisse, faut-il donc mourir d’Amour ?


samedi 6 avril 2019

L'escapade de Poussinet




L'escapade de Poussinet aurait pu être
Celle de nos amis Maître Coq et Gente Poule ;
Leurs rêves de poussins s'y peuvent reconnaître.
C'est dans la campagne que l'histoire se déroule :

Poussinet, qui s'ennuyait fort dans sa basse-cour,
Rêvait de vivre au loin de grandes aventures ;
Aux contraintes d'une vie monotone il coupa court
Et partit, une nuit, en franchissant la clôture.

Il vivra, chemin faisant, les joies et les peurs
De celui qui va au gré des sentes vagabondes
Et fera mille rencontres au petit bonheur.

Perdu en une forêt, un pigeon voyageur
Le vient secourir et ramener à la ferme
Où les chaudes ailes de sa mère sur lui se referment.

Marc



* * *
Quatre albums magnifiquement illustrés par Benjamin Rabier (1864-1939), Gilbert Dauphin dit Gil (aucune date trouvée) et Maurice Cuvillier (1897-1957). Histoires à lire en ligne.

                               Marius, coq de clocher                                        Chantecler le coq hardi
                          Garnier Frères 1935 & Langlaude Editions 2012                                       Taillandier 1957

             Les émotions de la famille Cocorico                          L'escapade de Poussinet
                                             Mame 1941                                                                        Artima


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