Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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samedi 31 mars 2018

La Vipère et le Hérisson


Blason de Baudonvilliers (Meuse, Lorraine)

Coupé de sinople à la vipère d'argent affrontée à un hérisson en défense d'or ;
et de gueules à la fontaine héraldique d'or remplie d'azur, traversée de trois
sources d'argent surmontée de deux marguerites d'argent boutonnées d'or.

Un jour, le hérisson rencontra une vipère ;
La chose arrive rarement, l'un dormant le jour
Et l'autre la nuit. L'on a écrit sur cette paire
Moult choses qui ne disent pas la vérité toujours.

Pourtant, si le serpent se dispose à l'attaque,
Le hérisson fait face et prend vite le dessus,
Ses piquants le rendant à toute morsure opaque.
« Dame Vipère, passez votre chemin, car l'issue

D'une fâcheuse dispute ne ferait aucun doute.
Lors, il est sage que chacun suive sa propre route.
De votre espèce vous partagez l'utilité,

Tout comme moi, qui me nourris de petites bestioles ;
Je chasse la nuit durant, guidé par les lucioles,
Mais sans avoir, comme vous, l'air toujours irrité. »

Marc

jeudi 13 septembre 2018

Souvenez-vous


Blasons de Zell (Suisse), de Slovenské Nové Mesto et de Košariská (Slovaquie)

                                          Souvenez-vous de L’Émoi pudique,
                                          Au fil de l’eau, un corbeau,
                                          Puis une libellule…
                                          Le Temps plisse son regard,
                                          A peine imperceptible,
                                          Au Souffle de L’Aube.
                                          Souvenez-vous des coquelicots
                                          De l’escargot,
                                          Et des vignes sur les coteaux.
                                          Souvenez-vous du chant insolite,
                                          A l’ombre des arbrisseaux.
                                          Une flûte nostalgique,
                                          Un vent pourpre,
                                          Puis, le vol de l’oiseau,
                                          Qui de sa plume,
                                          Vous fit le récit du voyage nocturne,
                                          Lors que le hérisson timide,
                                          Explore encore un crépuscule
                                          Au soleil, soudain, votre unique regard.

                                          Venez, il se fait tard.

Océan sans rivage

Se lit aussi sur La Profondeur

jeudi 6 avril 2017

Au fond du subtil Jardin


Blason de Viļaka (Lettonie)

C'est le hérisson, au fond du subtil Jardin
Qui de douceur insolite semble perdu,
En cette soirée que des murmures sans fin
Enveloppent de l'indicible soutenu.

Les longs souffles vespéraux ont les caresses
D'une Aube dont le soupir est une ovation,
Lors que le jour tremble sous l'effet des hardiesses,
Et qu'en son drapé, jaillit une incantation.

Comme sont doux son lent geste et sa patience.
En sa marche bienveillante nous le suivons.
Le Jardin semble s'éveiller de sa présence.

Est-il à creuser cet impressionnant sillon ?
Le cœur le pressent en cet écho vivace.
Et nos yeux sont à poursuivre son étrange trace.

Océan sans rivage

samedi 17 octobre 2020

Histoires fromagères : l'assemblée animale

 


I – Étranges phobies


L'époque est contentieuse, qui n'en a fait les frais ?
Pour un petit mot de trop, le juge vous convoque ;
Si vous persistez, il poussera des cris d'orfraie.
D'un rien, la communauté des hommes vous révoque.

Tel coq s'est retrouvé devant le tribunal
Pour avoir, comme il se doit, chanté à l'aube.
Des citadins se plaignaient du bruit infernal.
Plus d'un les soupçonna d'être gallinophobes.

Comment cela, des grenouilles coassent dans un étang ?
Que l'on fasse immédiatement taire les impudentes ! *
Mais nul ne se plaint des motos pétaradantes,

Ni des chiens qui aboient sans arrêt tout autant.
C'est aux petites bêtes qu'on s'en prend, comme d'habitude.
Telle est à leur égard l'humaine ingratitude.


II – Le discours de Maître Coq


Maître Coq réunit le ban et l'arrière-ban,
À savoir : d'abord les animaux de la ferme ;
Ensuite, tous ceux des champs, des bois et des étangs.
Il s'adressa à eux sur le ton le plus ferme :

« J'en viens à souhaiter le reconfinement **
De l'espèce humaine car rien ne va plus chez elle.
Mon frère Maurice en fit les frais très récemment.
J'en entends des vertes, des pas mûres et des plus belles !

Les hommes ne savent plus d'où ils viennent, ce me semble,
Et en deviennent plus bêtes dès qu'ils sont ensemble.
Heureusement, beaucoup parmi eux plaident notre cause

Et bataillent dur pour ramener à la raison
Des dirigeants qui vivent hors-sol et hors saison.
Leur rendre hommage est bien la moindre des choses. »


III – Chorus


« Leurs dirigeants sont à l'image des électeurs,
Dit un renard ; c'est le bas que le haut reflète.
– Leurs routes sont devenues des théâtres d'horreur,
Ajoute un hérisson ; l'on ne compte plus les bêtes

Qui s'y font écraser en voulant traverser.
Les miens paient un lourd tribut, les rapaces de même.
– L'autre nuit, j'ai bien failli me faire renverser,
Renchérit un sanglier ; j'en suis resté blême. »

Un chœur se fit contre les brutes motorisées.
L'on dénonça toutes ces pratiques autorisées
Qui empoisonnent l'eau, la terre et la nature.

« Soyez patients, dit Maître Coq, gardez espoir.
Ce sont eux qui, en fin de compte, se font avoir.
J'apprends que leur monde est en pleine déconfiture. »

Marc


Lire aussi

Maurice le coq    Histoires fromagères

* Le repos d'une abbesse   ** Maître Coq et les vertus collatérales du confinement


mercredi 28 septembre 2016

Les dialogues du blason - Recueil héraldique de Marc


Ursula von Fugger et son époux Joachim von Ortenburg, (extrait du Fugger Ehrenbuch, 1545)

Ce recueil met en scène des blasons figurant des rencontres de choses et d'êtres qui deviennent des personnages en relation les uns avec les autres à l'intérieur du blason qui leur tient lieu de cadre contextuel. L'héraldique inspire la poésie et celle-ci la porte au-delà de sa fonction première. Les deux sont à se parler, à instaurer des dialogues parfois surréalistes, et chaque sonnet donne ainsi lieu à une petite fable jouant sur la symbolique, la culture, les références au passé, à l'histoire et les incursions dans l'actualité. Le blason se fait allégorie et la composition qui l'accompagne métaphore et parfois même parabole. Ce mariage improbable entre l'héraldique et la poésie se veut vivifier une science millénaire et un genre littéraire qualifié injustement de désuet, non pas à contre-courant d'une époque affaissée ayant par ailleurs perdu la boussole avec ses repères traditionnels, mais, justement, en misant sur ce qui demeure intact en elle, parce que intrinsèque à la nature humaine et donc intemporel : l'appel du sens. L'héraldique est un chemin possible, une approche en tous les cas, et la poésie une invitation au voyage. Non pas à celui qui rime avec évasion, mais à celui qui se veut initier un Retour.