Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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jeudi 1 décembre 2016

La grenouille et la petite fée

Blason de Petersroda (Saxe-Anhalt, Allemagne)

La grenouille s'est cachée dans un bassin enchanté.
As-tu perçu son souffle léger et ses rayons de lumière ?
Ceux-ci ont souvent accompagné les lectures silencieuses de la petite fée.
Elle se venait auprès de cette grenouille attristée.
Elle lui disait les mots qui consolent.
Elle se voulait le sourire de L'Aube Nouvelle.
La grenouille la regardait très étonnée.
A quoi pense cette petite bête quand l'hiver semble s'annoncer ?
La petite fée lui dit que l'hiver est la plus magique des saisons.
Tous ont peur du froid.

« Ils ne savent pas que lorsque l'hiver approche, c'est là que les plus petits secrets deviennent des bonbons sucrés. Sous les feuilles mortes, une autre vie est à se préparer. Petite grenouille, je t'ai vue tant de fois pleurer, les soirs d'été. Tes larmes sont des perles que le soleil a vêtu de sa dorure. C'est près de toi que j'aime me reposer, et voir les plis du bassin argenté. Vois, les arbres autour respirent la brume des montagnes. Petite grenouille, ton corps est drapé des vertes prairies. Il s'y reflète des marguerites et des boutons d'or. Je suis fière d'être auprès de toi. C'est ici qu'un autre cycle se prépare. Allons, petite grenouille, je te vois enfin sourire ! »

Océan sans rivage

vendredi 26 janvier 2018

Alchimie de Grenouille


Blason de Bohutín (République tchèque)

Se nourrir des narcisses de L’Étang,
Des mares de la Grenouille solitaire,
Effigies des autels limitants,
Partition de faux dignitaires.

Grenouille des larmes du vieux bassin,
Viens, je sais que tu ne comprends rien.
Nous rirons ensemble des poussières
Qui volent dans les neiges de l'hiver.

Chauffons nos mains de mitaines
Et toussons des cuillerées au miel.
Hourra, Grenouille, tu n'es pas vilaine !

Viens, un jour, batracien, demain Ciel.
Au Printemps, nous courrons si folles
Jusqu'à L’Été des beaux tournesols.

Océan sans rivage


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dimanche 19 juin 2016

La grenouille et la jonquille

Blason de Vuillecin  (Doubs, Franche-Comté)

Cette grenouille, bien dans sa peau, n'est point vaniteuse
Et ne prétend pas se faire aussi grosse qu'un bœuf ;
Son esprit n'est point roublard ni sa bouche flatteuse ;
Dès lors qu'un vice pointe son nez, elle le tue dans l’œuf.

Aujourd'hui, elle s'entretient avec une jonquille
Qu'elle complimente pour sa prestance et son maintien ;
– Gente Dame florale, comme la nature vous habille !
À vous voir si belle, mon cœur bat, je me retiens.

– Ma bonne amie, de l'être n'est point d'avantage ;
L'on me cueillera demain pour faire bref passage
Dans quelque vase en verre ou parfois en cristal ;

Comme je fane vite, ma destinée est une poubelle ;
Alors à quoi m'aura servi d'être si belle ?
– Au moins vous ne perdrez pas vos cuisses sur un étal !

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D'or à la fleur de jonquille tigée et feuillée au naturel à senestre
accompagnée en pointe à dextre d'une grenouille contournée de sinople.

mercredi 25 novembre 2020

Au royaume de Flore



Au royaume de Flore, Scarabée est le messager des amours florales. On apprend aussi que Sauterelle est secrètement amoureuse de Rose et que les Bourdons aiment le bon vin, tandis que Grenouille-Verte fait sentinelle... Six petits poèmes pour les petits et peut-être même pour les grands. Un peu de douceur dans un monde de brutes.

dimanche 12 mars 2017

Sagesse du crapaud


Blason de Pharamond, premier roi des Francs
Au fond du parc est un sage crapaud
Avec un peu de folie dans la tête.
Vous lui trouvez une allure distraite :
Il est songeur, ne suivant nul troupeau.

À l’heure noire où j’allume un flambeau
Pour que le parc arbore un air de fête,
Il se concentre, ainsi qu’un vieux poète
Triant les mots pour garder les plus beaux.

Que cherche-t-il en son calme séjour ?
À quoi joue-t-il, la nuit comme le jour ?
C’est de blasons que vit cet esprit sombre ;

Il assortit les meubles, les couleurs,
Les partitions, les brisures sans nombre ;
De l’héraldique, il cultive les fleurs.

samedi 10 juin 2017

Folie d'une grenouille


Blason de Vahle (Basse-Saxe, Allemagne)

Une grenouille, voulant devenir aussi grosse qu'un bœuf,
Éclata, ce faisant, comme une vulgaire baudruche.
L'on en rit, mais plus d'une, à peine sortie de l'œuf,
Se verrait coiffée d'une couronne et reine d'une ruche.

Les choses n'ont guère changé depuis la fable
Et l'on oublie très vite son acte de naissance
Lors qu'il s'agit de s'asseoir à la bonne table
Et de vivre la vie comme en port de plaisance.

Le temps décolore les éphémères paradis
Et s'en vient toujours trop tôt poser son édit.
L'on se donne, pour s'emplir de rien, beaucoup de peine.

L'un pétrit du sable et l'autre chevauche le vent ;
L'on veut, par vanité, se mettre en avant
Et l'on finit par ne suivre que sa bedaine.

Marc

samedi 16 juillet 2016

Sagesse des moralistes

Blason de Poggensee (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Comme j'aime à relire les Fables de La Fontaine
En lesquelles il nous trace des hommes la vanité,
Dénonçant de l'esprit fat la posture hautaine,
Des uns la faconde, des autres l'insanité.

Une cigale va chez la fourmi crier famine ;
Une grenouille prétend se faire aussi grosse qu'un boeuf ;
Tel voit grand palais là où il n'est que chaumine.
Sous le soleil du monde, il n'est rien de bien neuf !

Sébastien Brandt, en ces temps dits de Renaissance,
Fit de son époque un portrait sans complaisance.
Pourtant, je vois voguer encore sa Nef des Fous !

L'on s'instruit fort des Caractères de La Bruyère.
Certes, la pensée libre n'est point métayère
Et se joue d'une censure se voulant garde-fou.

Marc
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D'or à la grenouille contournée de sinople et allumée du champ, 
le chef et la pointe ondés de sinople aussi.
_____

Voir aussi sur Naissance et connaissance

mercredi 18 octobre 2017

Paris certains jours


Blason du 5e arrondissement de Paris

D'azur au livre ouvert tenu par une main d'argent sortant d'une nuée du même mouvant du chef, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en flancs une en pointe; à la bordure de gueules chargée de huit coquilles d'or.


Paris des instants de la prime enfance. Sais-tu combien ce Paris est La Perle de mes merveilles enfilées sur les bords  d'une fenêtre ?
Sais-tu combien l'intensité d'une pièce revêt les profondeurs de ce qui est l'éternité des paupières écloses ?
J'ai plongé longtemps en ces ruelles du coin de notre fenêtre, devenue cadre ou tableau vivant des élans de mon âme.
J'ai suspendu chaque crucialité des lenteurs de mon rythme intérieur.
Paris, citadelle de mes joies et parfois, effroi des nuits solitaires, lors que le sommeil ne sait plus venir en cette conscience aiguisée.
Paris de mes sensibilités extrêmes, et des amours de mon regard qui butine sans cesse, découvrant le monde avec un étonnement que rien ne sait rompre depuis toutes ces années.
Paris des pensées qui flottent sur les ondulations d'une Seine me surprenant au détour des longs quais.
Des rumeurs douces du matin, lors que l'on dépose encore la bouteille de lait au seuil des portes silencieuses.
Paris des pavés que mes pas cherchent avidement, lors que le plus grand défi est de ne perdre aucune de ces rondeurs sous mes pieds joyeux.
Paris de mes récréations dans la cour d'une école qui ressemble à un couvent.
Des chants entraînants, des liesses que l'on n'oublie jamais.
La vie est vraie d'elle-même, lors qu'elle nous étreint de Son Langage suave.
Les jours de pluie, l'on m'accordait, je ne sais comment, cette grâce de faire le tour de la cour, courant sur les bancs disposés tout le long d'un petit muret.
Avec une petite camarade, nous chantions : il pleut, c'est la fête à la grenouille !
J'étais amoureuse de ce batracien qui se réjouissait de la pluie festive.
Je partageais sa joie.
N'étais-je pas soudain cette grenouille ?
Paris des doigts qui pianotent sur le piano à queue, lors que cette petite dame m'enveloppe de sa douceur bienveillante.
Paris de mes extases quand le ciel semble danser soudain au milieu des immeubles à l'architecture si particulière.
Paris des cours qui deviennent des jardins sans fin de leur secret bien gardé.
Paris des promenades qui semblent interminables en l'éclosion de l'hébétude contemplative de l'enfant qui est saisi de la vie si surprenante.
Paris des bassins sur lesquels, chaque dimanche, la main pose un petit voilier.
Je le suis avec tant d'émotion que je ne sais plus si lui navigue, ou bien si je suis devenue le bateau qui vogue au vent.
Je te raconterai combien la vie sauvage de Paris bien rangé me donnait déjà les envolées du firmament.


Océan sans rivage


Blason du 1er arrondissement de Paris

Écartelé : au 1er d'azur au clocher de Saint Germain l'Auxerrois d'argent accosté de deux rosaces d'or, au 2e de gueules à la colonne de Vendôme d'argent accostée de deux couronnes de laurier d'or, au 3e de gueules à la Bourse du Commerce d'argent, au 4e d'azur à l'Arc de triomphe du Carrousel d'argent.

mercredi 28 octobre 2020

Le bœuf en héraldique



Le bœuf symbolise la force domptée et la fertilité. Au Moyen-Âge, son adoption comme meuble d'écu par les seigneurs indique la richesse des terres agricoles, notamment celles vouées à la culture du blé et aux pâturages. En héraldique, le bœuf se distingue du taureau par la queue, qui est pendante, tandis que celle du premier est dressée sur le dos.

mercredi 28 septembre 2016

Les dialogues du blason - Recueil héraldique de Marc


Ursula von Fugger et son époux Joachim von Ortenburg, (extrait du Fugger Ehrenbuch, 1545)

Ce recueil met en scène des blasons figurant des rencontres de choses et d'êtres qui deviennent des personnages en relation les uns avec les autres à l'intérieur du blason qui leur tient lieu de cadre contextuel. L'héraldique inspire la poésie et celle-ci la porte au-delà de sa fonction première. Les deux sont à se parler, à instaurer des dialogues parfois surréalistes, et chaque sonnet donne ainsi lieu à une petite fable jouant sur la symbolique, la culture, les références au passé, à l'histoire et les incursions dans l'actualité. Le blason se fait allégorie et la composition qui l'accompagne métaphore et parfois même parabole. Ce mariage improbable entre l'héraldique et la poésie se veut vivifier une science millénaire et un genre littéraire qualifié injustement de désuet, non pas à contre-courant d'une époque affaissée ayant par ailleurs perdu la boussole avec ses repères traditionnels, mais, justement, en misant sur ce qui demeure intact en elle, parce que intrinsèque à la nature humaine et donc intemporel : l'appel du sens. L'héraldique est un chemin possible, une approche en tous les cas, et la poésie une invitation au voyage. Non pas à celui qui rime avec évasion, mais à celui qui se veut initier un Retour.

dimanche 17 septembre 2017

Les petites fées


Blason de Kungsbacka (Suède)


Les petites fées sont de l'enfance la pleine réalité.
Te souviens-tu ma sœur comme la maison devenait la forêt de Brocéliande, et comme une journée devenait à elle-seule, l’Éternité ?
Nos yeux voyageaient à travers les bosquets et les mousses enchantées.
Nous volions comme emportées par la saveur des branchages luxuriants.
La Terre nous enlaçait des bruyères sauvages, et les champignons exhalaient les chaudes présences de leur humus délicat.
Je ne savais plus si j'étais à exister.
La Beauté nous étreignait si vivement que je me mettais à rire.
Souvent, nous levions les bras et chantions.
Comment aurions-nous pu parler ?
Seul le chant nous prenait en otage de son ardente douceur.
Nous avions signé ce fameux pacte des fées.
Tu étais Morgane et j'étais Éléonore.
La forêt nous révélait les moments magiques de ses sous-bois et nous nous couchions à la belle étoile.
Le loup ne nous faisait pas peur, et le renard était notre ami.
Parfois, c'est une grenouille qui nous suivait partout.
Je l'observais longtemps et je la trouvais si belle !
Une chose si verte ! Une chose si vivante !
Nous nous allongions sur les bruyères hospitalières, et nous laissions le doux vent nous caresser les cheveux, ou bien était-ce nos mollets ?
Fée Morgane, nous devons aller au plus profond de la forêt, car, il est un secret étrange qui nous y attend !
Peut-être rencontrerons-nous Merlin ?
Nous serons sages et nous le laisserons nous parler.
Il nous apprendra tout sur tout !
Si si, te dis-je !
Dans les vieux grimoires, j'ai lu de merveilleux récits.
Mais, chut ! Dormons au pied du lierre.
Demain, je te raconterai l'histoire des sept cerfs volants.
Il paraît qu'ils ont réussi à quitter cette sphère, et qu'à présent, ils séjournent dans la forêt bleue.
Une forêt bleue, me demandes-tu ?
Oui, je sais, cela semble improbable. Mais ne l'oublie pas, tu es Morgane et je suis Eléonore.

Océan sans rivage


Peinture préraphaélite représentant une fée
Sophie Anderson (1823 - 1903)

jeudi 8 octobre 2020

Digression (28)

 

Blason de Novákfalva (Roumanie)


     Comment éluder certaines situations, récurrentes au demeurant, et comment ne pas se figer des propos rencontrés dans les boisements de nos effigies ? Comment contourner l’incontournable quand se délecte l’étang de nos impropres saturations ? Il était une fois l’incroyable, l’enchantement le plus délicat, et les mots nous aspergent de leur inconfortable confort. J’ai longtemps entendu dans les sous-bois, les indiscrets bohémiens, ceux des véritables grands chemins, ceux qui s’annihilent quand vient le jour. D’une petite libellule gracieuse, nous vîmes sur-jaillir une infinité de farandoles. De celle-là, vous n’en avez aucun souvenir. Chaque fois que l’un éternue, l’autre applaudit. Ne me demandez pas pourquoi le papillon aux motifs originaux, plutôt que de s’échapper vient se poser sur l’épaule amie. Ne me demandez pas pourquoi, quand tremble le nuage, il me survient une sorte d’euphorie. Quand nous marchons sur le sentier, petit homme, un âne et un mulet nous saluent. Je cours vers les brebis dont la tonte est certainement récente puisque leur peau est blanche et leur corps est d’une douceur étrange. Ne me demandez pas pourquoi ces moutons me semblent si gracieux et si beaux. Voilà qu’un agneau saute et fait des bonds joyeux. Ne me demandez pas pourquoi je ris en le voyant ainsi. Ne me demandez pas pourquoi les bosquets et les haies ont toujours été des pays magiques où des lutins se cachent subrepticement dès qu’ils nous voient. Mais, comment se fait-il que je sais qu’ils sont là ? Font-ils exprès de laisser quelque trace bien en évidence ? Sous les mauves, les insectes s’activent et je les suis empêtrée dans ma robe longue. Les ronces ne nous épargnent guère. Mon châle s’accroche à toutes sortes de branchages tandis que vous, petit homme, courrez après les champignons. Vous semblez vous promener comme une marquise, me lancez-vous, et je ris car l’image m’apparaît décalée et pourtant, d’une certaine façon, si proche de la réalité. Le vent joue dans les branchages et voici que les fusains ou ceux que l’on nomment aussi bonnets de curé nous saluent allégrement. Son compagnon le chêne nous confie qu’ils sont là depuis des dizaines et des dizaines d’années, et que le sentier a vu passer tant de monde qu’ils ont tenu ensemble un mémorable registre. Néanmoins, quand plus personne n’est là, nos deux amis se confient réciproquement leurs histoires et je puis vous assurer que celles-ci sont nombreuses et parfois même des plus cocasses. Petit homme, voyez comme le geai passe alors que vous l’attendiez ? Je n’ai pas voulu vous le dire, mais figurez-vous, que là-bas, près de l’étang, une grenouille jouait de la mandoline et il me semble même l’avoir vue me faire un clin d’œil.

Océan sans rivage

 

Digression
Digression

mercredi 6 juillet 2016

Inquiétude d'une veilleuse

Blason de Castillon-en-Couserans  (Ariège, Midi-Pyrénées)

Du haut de sa haute tour d'argent, Dame Cigogne
Jouit d'une vue imprenable jusqu'à l'horizon ;
Qu'il pleuve à torrent ou que le soleil cogne,
Elle fait sentinelle comme toute une garnison.

Ce n'est pas la souris des champs ni la grenouille
Des mares qu'elle veut débusquer de son oeil perçant,
N'ayant point le cœur ni l'esprit à la tambouille ;
Elle guette au loin, au-delà des derniers versants

D'ondoyantes collines, le retour de Maître Coq
Parti Dieu sait où ; tout près du pays des phoques,
Prétendent certains, en des contrées où vivent les rennes

Et où il n'est pas rare de rencontrer des trolls.
Cela inquiète notre amie, elle en devient folle ;
Du poulet rôti leur irait bien aux étrennes.

_____

De gueules, à une tour d’argent, surmontée d'une cigogne du même.

samedi 3 octobre 2020

Histoires fromagères : questionnement d'une grenouille


Tyrosème ancien du Pays de Bray (Lachapelle-aux-Pots, Oise)


« Que suis-je donc à faire dans une histoire fromagère,
Ne me voyant, pas plus que l'écrevisse, de lien
Avec ce milieu dont je me sens étrangère ?
Voilà un débat qui se promet cornélien !

Je n'ignore pas que l'on mange des cuisses de grenouilles
Qui se peuvent apprêter sous la forme d'un gratin
Ou qu'une recette chinoise accompagne de nouilles,
- Il en existerait même une au beurre de thym -

Mais de là à figurer sur un tyrosème
Pour devenir de quelque plat fromage l'emblème,
C'est comme mélanger les serviettes et les torchons.

Est-ce au pêcheur de batraciens qu'on le destine,
Pour l'inciter à le choisir pour ses tartines ?
Ce serait là pousser un peu loin le bouchon ! »

Marc


lundi 15 janvier 2018

Genèse d'une rupture


Blason de Stockhausen-Illfurth (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)

Des élémentaux, les hommes ne savent plus grand-chose,
Sinon qu'ils font désormais partie des légendes.
C'est au fond des grimoires que ce savoir repose,
Dans le secret des forêts et au bout des landes.

Un édit des plus étranges avait interdit
Tout rapport avec les esprits de la Nature
Dont alors le caractère sacré se perdit,
Reléguant aux enfers les subtiles créatures. *

Mais du fait des survivances, la chasse aux sorcières
S'est ouverte pour longtemps, envoyant aux bûchers
Ceux auxquels l'Inquisition avait arraché

De faux aveux, selon des méthodes outrancières
Que l'on a aujourd'hui peine à imaginer.
Des milliers de gens furent ainsi assassinés.

Marc

* « Sous Charlemagne, un texte daté de 789 condamne les païens qui continuent d'allumer des feux en hommage aux entités féériques. » (Gilbert Monbaron, Tibul(le) compagnon du devoir, les secrets d'un druide Helvète, tome 2, p. 72)


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dimanche 20 août 2017

Mélancolie d'une cigogne


Blason de Jürgenshagen (Mecklembourg-Poméranie Occidentale, Allemagne)

L'été vieillissant est encore fort généreux
De sa pleine ardeur, quoique les soirées fraîchissent.
Petit à petit, les jours se glissent, langoureux,
Dans l'arrière-saison, avant qu'ils ne fléchissent.

Dame Cigogne, d'ordinaire plutôt détachée,
Reste plantée, des heures durant, sur une patte, songeuse :
« Du temps qui passe me sens triste, presque fâchée,
Quoique n'étant pas animal d'humeur nuageuse.

Il me semble que le printemps est là, toujours,
Et que mille fleurs embaument la prairie, alentour.
Las ! bientôt, je devrai m'envoler pour l'Afrique.

Ni la grenouille, ni le mulot ne s'en plaindront
Et, avec eux, maintes bestioles plus ne me craindront,
Du moins jusqu'à l'an nouveau, vers la saint-Patrick. »

Marc

Blason de Velika Polona (Slovénie)


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samedi 12 novembre 2016

Dame Cigogne

Blason de Wahrenberg (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Dame Cigogne ayant passé le bel été
Dans les prés fleuris à poursuivre la grenouille
Et le mulot, tant et plus, qu'elle fut tout hébétée
Que le temps eût filé si vite sur sa quenouille.

– Il est l'heure, se dit-elle, que je prenne mon envol
Car l'on sent déjà du proche hiver la froidure.
N'étant pas oiseau à m'accoutrer d'un cache-col,
Mes plumes me seraient d'une bien pauvre vêture.

Le chemin est long jusqu'à la vallée du Nil
Et je ne sache pas, en ces lieux, quelque mesnil
Qui me pourrait faire l'aumône hospitalière.

Las, me voici bien en peine de devoir quitter
Ce Jardin dont j'ai aimé la sérénité
Et son atmosphère si étrange, si singulière.

Marc

mercredi 7 mars 2018

Oiseau de bon aloi


Blason de Počepice (Tchéquie)

La cigogne est un oiseau de bon aloi
Avec lequel nul jamais ne chercha querelle ;
Nul emblème ne l'arborait comme le coq gaulois,
Quoique l'héraldique lui fit une part plutôt belle.

Jadis, elle annonçait d'une naissance la nouvelle
Et même, dit-on, en apportait elle-même le fruit :
Tantôt un damoiseau, tantôt une damoiselle !
Mais plus personne ne croit cette légende aujourd'hui.

Le chant d'une cigogne ne se peut mesurer
Aux trilles et aux fins trémolos de l'alouette
Car pour chanter tout en volant dans l'azuré,

Il convient d'être dans les deux bien assuré.
L'on n'est pas non plus un volatile d'opérette,
Ce créneau-là étant déjà bien saturé !

Blason du volost de Polnovsky (région de Pskov, Russie)

Son long bec ne lui permet guère de gazouiller ;
Quant à ses hautes pattes qu'elle ne craint pas de mouiller,
Elles lui servent à arpenter, tout à son aise,
Les prés humides, ce qu'à la grenouille ne déplaise !

Dans les airs, elle peut tenir, s'il faut, la longueur ;
Si ses claquements secs font piètre sérénade,
Elle n'y met pas moins que quiconque tout son cœur
Et se révèle gracieuse en sa nuptiale parade.


Marc


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samedi 3 octobre 2020

Histoires fromagères : questionnement d'un kangourou

 

Tyrosème "Le bon kangourou" (Poitou, illustration de L. Gilbert, 1960)

 « Je ris d'écouter l'écrevisse et la grenouille,
Étant bien moins qu'elles un animal fromager.
Que ce soit en haute cuisine ou pour la tambouille,
J'ignore quelle place l'on me pourrait bien ménager,

Accompagné d'un produit tel que le fromage.
L'on comprendra donc sans peine mon étonnement
De retrouver sur un tyrosème mon image.
Il y a là une explication, forcément.

Peut-être est-ce pour un fromage que l'on exporte
Et que l'on destine aux habitants d'Australie ?
À moins que ce ne soit là que pure fantaisie ;

Une manière de se distinguer, en quelque sorte.
Mais ce qui pour une vache est tout à fait normal,
Est pour moi, un kangourou, loin d'être banal.
»


Marc


Histoires fromagères