Ma chère Mado, après le délire collectif d'un épisode sanitaire de sinistre mémoire et malgré que le pot aux roses ait été mis à jour, malgré tous les livres parus sur la question, malgré les innombrables vidéos publiées dans les médias et sur les réseaux, malgré tous les scandales révélés et à venir, le monde poursuit méthodiquement son programme d'autophagie, sinon dans l'indifférence quasi générale, du moins dans le fatalisme apathique qui fait que plus rien n'a de véritable impact et que tout s'avère finalement soluble dans la même bouillie. À telle enseigne, d'ailleurs, qu'il faudrait installer partout des vomissoires, comme aime à le rappeler mon amie Océan sans rivage.
Quand on atteint le fond, on trouve toujours une pelle
Pour creuser plus profond, la formule est connue.
Je la fais donc mienne, elle résonne en ma chapelle,
Quand bien même je ne suis plus à tomber des nues.
Ayant posé ma plume pour raisons personnelles,
Voilà bien qu'elle recommence à me démanger,
Au risque de rechanter de vieilles ritournelles,
Mais toujours parlantes car rien ne s'est arrangé.
L'on pourrait même dire que les choses ont empiré
Et je doute que le Système soit prêt d'expirer
Car rien ne semble enrayer sa folle descente,
Entraînant tout ce qu'il touche dans les bas enfers
Auxquels se destine cet Âge de feu et de fer
Où depuis belle lurette toute sagesse est absente.
Le Spectre à trois faces

