Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


mardi 30 avril 2019

Être et comparaître



Blason de Papradno (Slovaquie)


Victoire n’est pas celle que l’on croit, transition qui au regard de l’étonnement ne souffre plus aucun des jugements, car en cette Victoire est Le Temple véritable de Vie : il faut du temps pour ne plus comparaître, pour ne plus être prisonnier de La Paroi qui frappe en coup d’épée les saillis de L’Illusion. Il faut du Temps pour rire au nez de l’infamie et dire : toi, tu ne m’auras pas, ni ici, ni ailleurs, ni jamais, car m’enfermer c’est d’abord t’enfermer. Il faut du Temps pour ne plus être ni satellite de moi, ni celui d’aucun moi. Il faut du temps pour naître, heureux comme autrefois et parler sans bruit aux hommes, parler sans parasitages, juste Être. Ne pas être dupe. De personne. Marcher libre, Être en ce Point de Lumière qui tournoie tel un Phare. Plus jamais tu ne m’affoles, plus jamais tu ne me dis ce que je suis, plus jamais, tu t’immisces en moi. Victoire est Virginité, renouvelée à L’Aube de L’Éclat, L’Amour comme Rayonnance, sans jamais dire : cela est à moi ou tu dois. J‘ai défait le collier en Lui, versé les perles en Son Océan. Faut-il du Temps pour ne plus comparaître sur aucun des chemins de vertiges, mais Le voir apparaître et rester en Son Regard ? Que nous importe la folie des hommes, qui se heurtent aux idées, aux opinions. Es-Tu Idée ? De quel Néant es-Tu Crucialité ? Un petit homme balaie chaque jour. Il fait ce geste avec une précision constante et Son Cœur est tout L’Univers qui s’épanche. Le nouveau Monde est né, Terre Vierge de la folie des hommes, Terre immaculée. Arche prodigieuse, Munificence de L’Âme expansée. Lecture en cette Remontée et Rien ne demeure dans l’obscurité ! Je t’ai heurté du Bélier indomptable, sauvage, je t’ai ruiné par sa violence et par sa rage, en fulminance de ton monde incomplet encore de ton éclosion intérieure. Ses deux cornes ont balayé tout de Ta Terre, et te voilà éventrée, Ô Âme ! Ô Corps répandu en poussière ! Mais, Âme qui jaillit comme La seule Victoire possible. 



Être ou ne pas être


          Être ou ne pas être (1)            Être ou ne pas être (2)          Être ou ne pas être (3)
          Être ou ne pas naître ?           Être et à part Être                  Être et comparaître

L'homme-coq


 
Blason de Česká Třebová (Tchéquie)


Il était une fois, un homme-coq. Il possédait un corps et des jambes d'être humain, mais une tête de volatile, avec un bec au milieu, et des ailes à la place des bras.
L'homme-coq vivait paisiblement, travaillait, et faisait même des économies. Si bien qu'il en arriva à prêter une forte somme à un homme riche des environs.
Une année passa ; comme l'homme riche ne lui rendait toujours pas son argent, il décida d'aller le lui réclamer.

       Un matin, il se mit en route à travers la campagne. Après un temps de marche, il rencontra le renard.
- Bonjour, dit le renard. Tu as de la chance de te promener J'aimerais bien en faire autant.
- Si cela te fait plaisir, répondit l'homme-coq, accompagne-moi, je t'emmène.
Il prit le renard sous son aile et continua son chemin. Un peu plus tard, il rencontra le loup.
- Bonjour, dit le loup. J'aimerais bien me promener comme toi.
- Qu'à cela ne tienne, répondit l'homme-coq.
Le loup blotti sous l'autre aile, il reprit sa marche, content de sa bonne action.
Plus loin encore, il rencontra la rivière. Bien entendu, celle-ci aussi voulut suivre l'homme-coq, qui hésita un peu avant de donner son accord. Une rivière, c'est encombrant à transporter, assez lourd et tout mouillé... Mais l'homme-coq avait si bon cœur... Il l'emmena donc, elle aussi.

L'homme-coq ne se plaignait pas, mais il était assez fatigué par sa charge en arrivant au château de l'homme riche. Il frappa à la porte, un domestique vint lui ouvrir.
- Monsieur ne peut vous recevoir, dit ce dernier.
En effet, l'homme riche était en train de festoyer, pas question de le déranger. L'homme-coq insista pourtant, si bien que le domestique fut obligé d'aller demander des instructions à son maître. Celui-ci se mit à rire avec méchanceté :
- Mène-le au poulailler, ordonna-t-il.
Le domestique obéit.
Au poulailler, d'innombrables poules, affamées par l'homme riche... et avare, attaquèrent aussitôt l'homme-coq, cherchant à lui crever les yeux. Mais le renard sortit de sous son aile, s'élança, et mit à mal toutes les belliqueuses volailles.
Le lendemain matin, le domestique vint aux nouvelles. Voyant l'homme-coq tranquillement endormi, et les poules hors de combat, il alla conter la chose à son maître. Celui-ci en fut fort contrarié :
- Il n'est pas question que je le paye, dit-il, mène-le à la bergerie : les moutons vont l'étouffer.
Le domestique s'exécuta.
Mais, dans la bergerie, lorsque les bêtes bêlantes commencèrent à serrer l'homme-coq de près, le loup jaillit à son tour ; on se doute bien de ce qui arriva.
Cette fois, l'homme riche entra dans une violente colère en voyant son troupeau décimé. Criant vengeance, il ordonna à son domestique de jeter l'homme-coq dans le four.
- On verra bien s'il arrive encore à se sortir de cette situation !
Dans le four, l'homme-coq commença à cuire et crut sa dernière heure venue. Mais la rivière qui dormait sous son aile se réveilla, grossit, enfla, déborda, inonda le four et éteignit le feu.
Alors l'homme riche, ne sachant plus que faire, se décida à payer sa dette.
L’homme-coq n'en demandait pas plus. Il reprit le chemin de son village, tout heureux, accompagné du renard, du loup et de la rivière...

Conte de Chilhac (Brivadois, Auvergne)

lundi 29 avril 2019

Digression (16)


Blasons de Bronnweiler (Bade-Wurtemberg, Allemagne), de Uchaly et de Picheurskoe (Russie)


Ce sont les boutons d’or qui ont ma préférence, au milieu des trèfles dont on goûte la fleur sauvagement, dont on savoure lentement le sucre de chaque pétale mauve. L’herbe est notre tapis quotidien. Celui que nous préférons. Nous n’y échappons pas. Le voudrions-nous seulement ? Nous longeons avec une profonde gravité un mur en ruine, ce vieux muret chargé d’histoire, lors que le lierre indifférent épouse chaque pierre. Je converse avec ces dernières qui me répondent par l’insolite écho. Une voix intérieure me donne à leur dire : posé-je sur vous le regard des anciens ? Alors, elles de me répondre : n’as-tu pas compris qu’il s’agit du même regard ? J’avance timidement, retenant mon souffle, caressant de mes yeux chaque feuille, chaque arbre, chaque fleur, chaque caillou, et même les flaques boueuses attirent mon regard. Lors qu’un oiseau passe, je surprends le chêne et le salue au vent qui frémit. Je m’avance vers la sève de l’érable. De la nature, je suis friande, et l’impalpable est une promesse au détours du sentier, lors que la clairière est un miracle, logée au cœur de la forêt. Non loin, la chaleur timide monte telle une exhalaison et le lézard mordille la pierre de sa peau rugueuse. Il se faufile, surnaturel, au milieu des feuilles qui craquellent. Sont-ce des sursauts, lors que le cœur se réchauffe au goût furtif de leur passage ? Parfois, un écureuil court si vite, que je l’attrape de mes yeux amusés et ris aux éclats. Je ne voudrais jamais quitter ce lieu, dormir à la belle étoile, frissonner de froid aux heures matinales, me couvrir de quelques bruyères et m’enfoncer dans la mousse, au pied de l’arbre. C’est là que je vous surprends. C’est là que vous êtes tout entier à moi, petit être sans jamais que rien ne soit à s’évanouir aux lueurs du crépuscule. J’écoute votre chant, tandis que votre corps entier se penche et c’est aux herbes des sous-bois que vos mains parlent. Je vous vois grimper sur les rochers et suspendre votre regard lors que la mésange passe, ou bien s’agit-il de la grive ? Au loin, le coucou rompt la solitude. Un chant mélodieux se répand partout dans la forêt, tandis qu’un chevreuil vient manger au creux de votre main. Je vous ai attendu tant de fois, cachée derrière les bosquets fleuris tandis que certains insectes me chatouillaient les chevilles bien cruellement. Le soleil me mettait en nage et vous de marcher vers moi, presque nonchalamment : venez petite fille, allons cueillir quelques baies sauvages
 


Ce Jour


 
Blason de Mokošín (Bohême, Tchéquie)
  
L’on est conquis par cet au-delà du Présent.
Quelle âme encor s’étonne de voir les vestiges
Du bruissement vivant, quand la douceur du vent
Nous rappelle une voix qui nous donne au vertige ?

Il est une Lune au Temple de notre invocation,
Lors que siffle un Rossignol, La Belle se penche
Du Firmament, éprise à L’Aube, et guette l’horizon ;
Voix lactée, chant des prés, printemps qui s’épanche.

La pénombre des sous-bois nous tient dans la nuit.
Ce Jour ancien frémit de réminiscences.
Quel est donc ce cœur qui en La Mort voit La Vie ?

Comme est précieux ce point en la toute Présence ;
Enlacés tout deux, qui desserre ce Lien encor ?
Âme ! N’est-il pas un secret que révèle La Mort ?



 

samedi 27 avril 2019

Le petit Semainier - Cycle 12

 
 
Blason de Kosice (Tchéquie)

Des ailes de joyeusetés,
Le Lilas danse.
L’Instant d’après est au Silence :
Effervescence et densité.


Que me dis-tu Merle ?
Au-dessus des toits,
Ton regard est une Perle,
Dans laquelle je Te vois.


L’Eau se lisse de Lumière,
S’érode d’aspérité singulière,
Jusqu’aux flans des montagnes,
Quand Le Miroir soudain s’étonne.


Les toits nous poursuivent,
De quelques mésanges au Jardin,
L’Arbre est furtif et taquin.
Les oiseaux le courtisent.

 Jeudi 

Il est comme un éclair
Dans le Ciel rougeoyant,
Mon cœur encore se taire,
Quelque pressentiment ?


Assis et sans attendre,
Le vent l’efface ; il s’en revient
Il n’est ni commencement, ni fin.
S’agit-il d’un seul point ?


Savamment posé, l’on ose,
De la vie, s’amuser.
Rire de la chose ?
Quelques gravités nous l’imposent. 

Océan sans rivage


Avril


 
Blason de Boisset-les-Prévanches (Eure, Normandie)
 
Fascé d'argent et de gueules, au lion brochant de l'un en l'autre
 tenant dans sa senestre un rameau de buis de sinople et dans
sa dextre une fleur de pervenche de pourpre tigée de sinople.
 

Primevères que l’on convoite comme les Roses,
Plus rares que la douce pervenche au fond des bois.
Le vent souffle fort et le matin est encor froid.
De blanches soies défroissées qui, timides, éclosent.

Les Abeilles venues des féeriques plaines,
S’abreuvent de lilas et fleurent le papillon.
La pluie tarde mais l’orage éclate à l’horizon :
La Terre transpire enfin de toute Son haleine.

Les branches ploient aux feuilles qui se balancent,
Lors qu’au Jardin, le bourdon déjà bien gourmand,
Plonge en quelque cœur, et de fragrante puissance,

Absorbe les lueurs du pollen envoûtant.
A L’Iris du bleu d’Avril, en La Lune fugace,
Le ruisseau serpente les pensées sagaces.

Océan sans rivage


Les mois de l'année

                     Novembre                             Décembre                                    Janvier

                                              Février                                  Mars

mercredi 24 avril 2019

La Tour


 
Blason de Vlašići (Croatie)

Qui de La Louange, la vie entière inspire,
Sur les bords de L’Eau douce, s’élèvent des nues
Aux couleurs de certains spasmes, qui de vos soupirs,
S’extasient lors que le jour ne s’achève plus.

De pluies bienfaisantes et de Soleils qui devancent
Nos éternelles émerveillements, voici La Tour.
D’Elle, magistrale, s’évanouit toute absence ;
Voyez Le Miracle : c’est là que Présence est Amour.

De Lui est Lumière et déploiement que l’on aime,
Lors qu’en La Nature nous gouvernent Ses Lois.
Vous dites : La Vie n’est jamais réellement extrême.

Un récit nous rapporte qu’un Prince d’autrefois,
D’avoir fait montre, envers sa Belle, d’irrévérence,
Lui valut à son tour de vivre la déchéance.

Océan sans rivage


Un instant


 
Blason de Kellenhusen (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Faire que chaque instant vibre, comme éternel ;
Flotter au fil du vent comme au ciel un nuage,
C’est de l’esprit humain le plus bel apanage
Dont il fait profiter son compagnon charnel.

Pas besoin pour cela de vieux calculs formels.
Juste fixer les yeux sur une belle image,
N’importe le format, portrait ou paysage,
Et suspendre le temps est un jeu naturel.

J’entends, tu me diras que c’est une illusion,
L’homme dans l’éternel ne peut faire intrusion,
Ce jeu n’arrête pas l’horloge meurtrière.

Laissez-moi y plonger, malgré tout, mon esprit.
Lorsqu’un homme médite, ou qu’il chante, ou qu’il rit,
Son âme est hors du temps et de la fourmilière.

Cochonfucius
 
 
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mardi 23 avril 2019

Archer farouche


 
Blasons de la colonie rurale d'Alikovo (Tchouvachie,Russie)

De La Vigne des coteaux s’abreuve un bon Vin,
Qui jadis donnait à tout cœur son cépage ;
L’Oubli est obscur mais Le Souvenir sauvage
Des grains de raisin, au Soleil des cimes sans fin,

Ne disparaît pas ! Notre étreinte est bien sans fin
Car depuis ces allées me vient le présage,
Lors qu’au miel des pluies d’or m’étourdit Ton Visage.
En ce Face à Face, du Mystère est Le Divin.

Nacre au cœur jaillissant d’Amour naît une Rose ;
D’incandescente floraison s’efface le Firmament.
Du Suc des lueurs de Lune, mes paupières closes :

Est-ce Océan qui s’en revient soudainement,
Effleurer Le Silence d’un archer farouche,
Lors que le cœur tremble à l’écume de Ta Bouche ?

Océan sans rivage


 

dimanche 21 avril 2019

Quatre poules dans la vitrine


 
Illustration de Germaine Bouret (1907-1953) 


Il est des lieux dont les instants intimes se renouvellent avec un charme ineffable, un pur enchantement. Dans le salon inondé de lumière, l'enfant fait quelques pas timides, envahi par ce qui lui semble être la vastité d'une pièce. Une grande table trône près d'une porte-fenêtre qui donne sur un balcon. Un petit buffet attire chaque jour l'enfant. Il vient plonger son regard ému dans la vitrine du meuble lustré d'acajou et s'attarder sur les petits objets que des mains affectueuses ont soigneusement placé à l’intérieur : une sculpture en bronze représente un arbre majestueux et une petite biche, à jamais figée dans sa fragilité. Un Bouddha tout plein de joie fait une pose presque nonchalante. Sur une étagère en verre, un oiseau bleu l'intrigue par sa délicate présence décorative. S'agit-il d'un rossignol ? Plus loin, un presse-papier sert de refuge à un minuscule paysage protégé par une voûte de neige floconneuse. L'enfant s'étonne de ces petits objets qui jamais ne bougent, et qui toujours lui confient des secrets bien étonnants. Leur fidélité lui semble presque irréelle. Pourquoi tout lui semble-t-il tellement vivant et animé de profonde présence ? Mais, Ô surprise, lors qu'un jour, dans la vitrine apparurent quatre poules en chocolat, posées sur quatre nids douillets, et qui couvaient des petits œufs pleins de délicieuses couleurs. Avec beaucoup de bienveillance, de douceur incommensurable, on lui fit comprendre que ces petites poules étaient destinées aux quatre enfants de la maison, qu'il fallait juste patienter, et qu'un jour viendrait où les petites poules leur seraient toutes acquises. L'enfant vint alors chaque jour surveiller ces gourmandises pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un rêve. Plus que tout, les poules lui racontaient de tendres histoires de fermes et de campagnes. Des ruisseaux semblaient clapoter non loin. Des arbres s'élançaient fougueusement vers le ciel. Le soleil resplendissait tout au-dessus. Décidément, la vitrine était bien magique.

Océan sans rivage

Le petit Semainier - Cycle 11


 
Blason du District de Kanashsky (Russie)

Dimanche

Les rues dansent dans le silence,
De vieilles maisons abandonnées,
Quelques secrets sans doute envolés.
Au Cœur, c’est une Évidence.


Lundi

Réveillez-vous mes frères !
A L’Aube, Le Roi approche.
Rassemblez toutes vos forces :
L’Amour est notre unique Prière.


Mardi


C’est en ces bourgeons,
Que me viennent toutes ces questions :
Mais, je n’ai pu les voir surgir,
Sans aussitôt en rire.


Mercredi


Restons des heures entières
Ne bougeons plus !
Du bruissement, s’est-on aperçu
Du mille-pattes, cet infini mystère ?


Jeudi


La nuit sans étoiles,
Quelques pensées dérobées
Au Parfum des vergers, soulèvent un voile,
Où peuvent-elles donc se cacher ?

 Vendredi  

J’ai vu la fougère
D’une évanescente Révérence
Attirer mon regard.
Tremblant émoi.


Samedi

Volées de pluie au Jardin,
Palpable au matin,
Poudré de nuages,
L’Ami est sur Le Chemin.


Océan sans rivage



vendredi 19 avril 2019

Le Sort


Blason de Kungsbacka (Comté de Halland, Suède)

Quelles sont ces douloureuses fièvres qui nous séparent
Lors qu’indéfectibles, tu le sais, sont nos liens ?
Qui de nous deux en la houle titube et s’égare ?
Jetons les amarres, ou bien qu’il ne soit plus rien !

Telles sont les larmes effusives de nos brises marines ;
Des Cieux impétueux, j’entends cet appel encor.
Mille flèches atteignent de douleur ma poitrine.
De toutes parts, l’on semble vouloir nous jeter un sort.

Des nœuds semblent inextricables jusqu’au fond des cales,
Lors que cent rivages ploient de nos renoncements…
Sont-ce fragrances d’une secrète île tropicale ?

Combien de fois, ai-je désiré fuir mon Amant,
M’enfoncer dans les forêts de mes nuits, ma Terre,
Devenir simplement un ermite solitaire.


* * *

Quel est cet esclavage que nul ne supporte si ce n’est en ce Filtre d’Amour, et comme la raison fuit épouvantée devant les affres de cette folie, tandis que Le Cœur supplie : ne me donne à aucune vie si ce n’est en elle, car toute autre chose est une prison à mon être. Chante, chante, Ô Ma Terre, ma Mère, et que Tes houles soient ma crucialité. Il me répugne de voir s’ouvrir mes yeux à Autre que Toi, car, de mon cœur, plus rien ne m’appartient, et lors que La Roseraie devient une multitude de Jardins, je bois à La Coupe et meurs chaque fois, et je bois à La Coupe et je renais en Toi.



jeudi 18 avril 2019

Apocalypsis 32 - Extinction


Blason d'Ohnišťany (Tchéquie) 

J'ai vu, un soir, les flammes dévorer Notre-Dame ;
Des langues de feu s'en venaient lécher les deux tours.
Ainsi s'effondre ce que ne portent plus les âmes,
Les temples n'étant plus que du vide les contours.

Le monde se démaille de nos coupables absences,
Nous qui le foulons sans vraiment le regarder
Et sans n'avoir plus la moindre reconnaissance
Pour cette Création que nous ne savons garder.

Érigeant nos raisons triviales en certitudes,
Nous pétrifions nos esprits dans la finitude,
Lors que Dieu voulut faire de nous ses lieux-tenants.

Mais à l'essentiel nous préférons le futile ;
À l'amour du prochain, l'intérêt mercantile.
L'écu du veau d'or a d'innombrables tenants.

L'Abbé Théophile

mercredi 17 avril 2019

Le feu tremblant des immortelles


Blason de Karaevskoye (Russie)

Dans la clairière, le doux bruissement est d’Amour,
Car tel est le feu tremblant des immortelles,
Qui du Soleil se gorgent des rayons sempiternels,
Lors que L’Exaltation fait naître un nouveau Jour.

Des vains mots, il reste celui de nos ruines : L’Amour.
Maître, vous collectez les sciences de naguère,
Dont certains encor semblent être réfractaires :
Du sentier, quelques auréoles s’unissent à votre Discours.

Il me semble voir cette belle lueur en vous…
Ici et là, les herbes s’éprennent de votre rétine,
Et L’Océan caresse de sa joie saline

Vos lèvres asséchées, tandis que vous suit un loup,
Qui de la vie, nous rappelle la beauté sauvage.
Êtes-vous donc cet oiseau libéré de sa cage ?

Océan sans rivage


Le Chant du Barde

mardi 16 avril 2019

Les Terres lointaines


Blason de Dovolensky (Russie)

D’imprécations que les nues soudain dévorent,
Au creux des pleines Lunes qui cherchent leur Objet,
La cime des arbres s’empourpre de nos craintes encor.
Maître, ce sont les brumes auxquelles je songeais…

Les Terres lointaines nous appellent et voilà que tombent
Les illusions ; mais les rites de notre Tradition,
D’une envolée vivifiante que trace La Colombe,
Au Centre rayonnant, deviennent Noble Oraison.

Les Cieux qui se bousculent forment ainsi des nuages.
De l’unique Temple que connaît Le Firmament,
C’est L’Âme qui enfin atteint son Rivage.

Transpercé de part en part, souverainement,
Le Cœur reçoit l’invisible Flèche, Celle même,
Qui en La Nuit flamboie d’un éternel Je T’aime !

Océan sans rivage