Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


vendredi 29 juin 2018

Merle de pourpre


Composition de l'auteur

Ce n’est pas un oiseau de bruit et de fureur ;
Car il préfère à tout le silence et l’ombrage ;
Nos frères emplumés sont dispensés d’ouvrage,
Ne compte pas sur eux, ce serait une erreur.

Rien de plus beau, dis-tu, que le plaisant labeur ;
Mieux vaut entendre ça que d’entendre un outrage,
Mais ton propos en vain à bosser m’encourage,
Dit le merle, et pour rien tu parles, j’en ai peur.

Moi qui n’ai rien produit au temps de ma jeunesse,
Tu m’y inciterais en mes jours de vieillesse ?
Pour moi, le labeur n’a ni rime ni raison,

Hercule eut ses travaux comme talon d’Achille,
Un merle, en aucun cas, ne doit se rendre utile,
Mais profiter en paix de toutes les saisons.

Cochonfucius

jeudi 28 juin 2018

Grappe du Jardin


Blason de l'Ile d'Olkhon (Lac Baïkal, Russie)

A son bec, le fougueux Amour, et L’Oiseau déchire un Dôme invisible. C’est ivre qu’il boit encore à la grappe du Jardin. Chaque instant est Son Vin. Chaque Souffle est Son Silence. Union de L’Âme en L’Empyrée de L’Essence, au Parfum de L’Un. En cet Au-delà, il n’est plus, ni pourquoi, ni comment. Il est une paix où les vagues s’unissent au prétexte d’un Voyage. Des fulgurances de L’Amour, Le Désir est une Constance qui ne vient pas de ce monde-ci. En La Nuit, L’Oiseau s’abreuve des mystères de l’existence. Chacun est à tenir la corde de son Destin. Des yeux qui s’allument à la lueur d’un parchemin, l’œuvre est déjà au firmament Le Livre de L’Union qui danse. Comme est pauvre celui qui vient au Jardin voler subrepticement des semences qui n’auront en lui aucune résonance. L’Oiseau tient une cordée invisible aux yeux de l’inexploré. Entre en tes flots et creuse le sillon de Ta Voix. Fais silence et acte de transparence. Telle est L’Envolée qui devient les feuilles que l’on n’efface pas. Tel est Le Tournoiement grisé de L’Oiseau de L’Êtreté, échappé, échappé en cette Béance qu’il n’a pas soupçonné et qui le laisse hébété, hébété…

Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

La Voie du Samouraï : Livres 61 et 62


Mon du clan Nanatsunagi Uroko


Livre 61


Quiétude n’est pas indifférence et s’extraire des nues n’est pas extimité. Une société chaotique où tout se frôle et se touche sans profondeur ni cohérence, où tout se courtise sans orientation, où tout se dit sans être compris, où l’être devient la façade d’une devanture, tels des étalages dans un magasin, où tout s’aime sans discernement, où tout se dit sans ne rien dire, n’est finalement rien d’autre que le signe d’un rendez-vous manqué. Des postures caricaturales, des démantibulations, de fragmentation en fragmentation, de fausseté d’endoctrinement en endoctrinement, du temps de la hâte et de la précipitation, du chiffre et de la quantité au détriment de la qualité (ne confondons pas qualité et cherté, ni autres balivernes qui se voudraient nous imposer une modalité de qualité, car celle-ci relève proprement de L’Essence des choses, c’est-à-dire de La Source originelle). Compulsions d’énergie humaine qui s’écartèle sans ne plus savoir ce qui la lie à l’existenciation, monde phénoménal auquel elle s’attache sans vraiment se trouver, sans même plus qu’elle ne sache ce qui la distingue de l’indistinction, sans oser la prouesse du face à face, baignant sans cesse dans le bruit du bavardage exempt de triangulation. Que sait-on ? Que sommes-nous à vivre ? Quand comprendrons-nous que là où tout est manifeste est, de fait, à révéler ce qu’il en est. Ce qui est de celui que nous sommes. En ce Lac de Vie, il n’est que notre juste reflet, miroitement incessant lors que la lumière jette une ombre sur ce qui s’occulte au grand jour de l’hystérie collective. Ô fils tant aimé, n’es-tu pas à me demander : alors, quelle est donc la mesure de toute chose ? Comment ne pas se laisser emporter en cette convulsion du mouvement qui dénigre La Réalité du Vrai Voyage ? Ô Noble fils, je vais te dire ceci : il est des êtres, des êtres foncièrement en apathique dormance, qui se masquent délibérément la face et obstruent leurs yeux. Il vaut mieux oublier, se convainquent-ils intérieurement et en une absoluité quasi inconsciente, ne veulent plus se poser de questions… Lors, ils sont à marcher dans les trébuchements de la négligence, et de l’insouciance, où de moult projections et identifications s’amoncellent, comme autant de miroirs convexes, ou concaves, c’est selon. Ils se collent à leurs semblables qui forment la masse rassurante. Ils ont peur d’être seuls… peur d’être face à eux-mêmes, peur d’être différents. Peur de ne plus rien être, ni même de rien posséder. Peur de disparaître. Peur de ne plus paraître, de ne plus être perçus. Peur du silence. Peur de la nuit de leur cécité qui offre le vide abyssal. Pourtant, pourtant, tout est là qui se dit, en cette occultation, lors que les différences sont les vagues de notre unité, Ô Océan !


Mon du clan Kazaguruma


Livre 62

Sache, Ô Vénéré fils de mon âme, que la Lumière est précisément la seule Concrétude qui se puisse nous éclairer. Or, la Lumière est crue. Elle est La Nudité extrême qui révèle jusqu’à la moelle, notre Corps essentiel. Elle est cinglante et dérangeante. Mais, qui dérange-t-elle vraiment ? Nous avons passablement transposé l’image de l’homme de nos peurs, en une rapacité du paraître hautement narcissique lors qu’il n’est comme fondement à cet étalement, que la manifestation d’un figement, d’une digression, d’un évitement, d’une peur du vide, c’est-à-dire d’une peur devant le réel choix, celui qui remonte à L’Origine. Pour ce faire, l’homme contourne la vraie question, parce qu’il a peur de la vraie réponse, l’incontournable et dérangeante réponse. De peur de se trouver, l’on se perdrait sur les chemins rançonnés. Les chemins de la cécité qui se voudraient éviter de nous défaire de tout confort. Mais de quel confort parlons-nous ? Ce confort auquel l’on s’attache n’en demeure pas moins le signe révélateur d’une angoisse, comme ajoutée au monde phénoménal, monde impermanent que nous craignons de voir disparaître, lors que celui-ci cherche convulsivement et, malgré tout, sa destruction en une cohorte de dénis. Déni et absence, lors que l’oubli est le signe même de l’atrophie évidente de notre mémoire. Mémoire Originelle, celle qui est Souvenance vivante de notre Qualité, Souvenance de notre Origine, Souvenance de notre Devenir. Souvenance de notre Acte d’Être en la simultanéité atemporelle. L’Art du Samouraï est au service de L’Âme ; L’Art est Descente du Divin en La Transcendance qui rappelle Le Réel. Quel Art sinon, lors que le message se perd ? Art ou contre-initiation en la déviance et l’enfermement ? Que de confusions en ce qui se voudrait être la manifestation de la liberté fourre-tout, de l’opinion fourre-tout, du dire et du faire fourre-tout. Celui qui goûte à La Liberté de L’Âme reconnaît la limitation et la fragmentation de ce qui se voudrait confusément imiter cette Liberté, l’usurper en l’absurde de la faconde posturière. Or, naissons-nous libres ou bien sommes-nous à nous incarcérer volontairement, en une démarche claudicante ? Lorsque l’homme comprendra qu’il n’est rien qui ne demeure hormis Le Vivant et que ce Vivant précisément est en Sa Nature à absorber exclusivement tout ce qui est Vivant, il prendra enfin le temps de s’arrêter et de plonger en lui. Un petit homme tenait une boutique dans une ruelle si étroite, qu’il fallait bien connaître son commerce pour aller l’y trouver. Or, ce marchand, dès l’aube, ouvrait grands les rideaux de son magasin et travaillait derrière un immense comptoir. Cet homme tissait des manteaux de laine. Il en avait de toutes sortes. Seulement, ce marchand n’était pas du tout un marchand habituel. Dès qu’un client entrait, il savait parfaitement les mensurations de celui-ci et le type de manteau qu’il lui fallait. Plus que cela, le manteau épousait l’âme du client. Nul ne sortait de cette boutique sans être rendu visible… Nul ne pouvait échapper à sa réalité. Le manteau collait aux vices comme aux vertus de l’acheteur. Le plus terrible, ou le plus extraordinaire était que le client ne soupçonnait nullement ce qui apparaissait aux yeux du tisserand. En effet, il ne dévoilait cette originalité qu’aux initiés, ou à ceux qui entraient en la puissance de la confidence. Le reste le laissait songeur, longtemps, au seuil de la boutique. Comme il en avait appris sur la nature humaine depuis tout ce temps !

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï

La Voie du Samouraï

mardi 26 juin 2018

Quintessence d'un Chant


 
Armoiries de Oudmourtie (Russie)

A L'aube enchanteresse des drapés de Rosée,
Les montagnes au loin s'alignent, et sur la branche
Si haut perché, le merle poursuit sa mélopée.
Mon âme en est soudain transfigurée et s'épanche.

Au silence de L'Appel intérieur est une grandeur.
L'Iris même pleure de son extase et blanche,
Cueille Le Silence du Souffle que répand mon cœur.
Je T'aime et bois ivre La Nuit de Ton Opulence.

C'est en ce sourire que La Lune luit des matins
Lors que La Rose pourpre s'offre au Ciel de Lumière.
Le Merle cueille ce Transpir depuis le vent turquin.

Il m'apprivoise de sa Constance : c'est un Mystère.
Quel est donc ce Silence au grappe des Vignes éthérées
Dont l'âme se nourrit sans jamais être rassasiée ?

Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

lundi 25 juin 2018

Chant du Merle (5)


Blason de la famille Merle (Nîmes-Genève, XVIIe siècle)

L’Amour ne ment pas, il a Le Regard féroce du cœur. Il est Le Réveil qui ne trompe pas. Il est L’Union qui ne désunit pas. Il est La Transparence qui ne trouble pas. L’Amour est ce qui commence quand rien ne finit. Il est Un de Sa Clarté et constant de Son Désir. Si La Flèche de Cupidon te touche, Oh ! Sache que le rire fuse déjà. Si farouche que soit ton combat, il a les rayonnances des perles de nacre à ta bouche souriante. Il est Celui qui rassemble ceux qui se ressemblent et lors, Tendresse au lever du Jour, à L’Aurore des Prières, lors que Le Merle encore nous dévoile des pans de La Nuit :

                         Lors que La mort aura son linceul insaisissable
                         Que Ta chevelure flottera au lit de Ta Réalité
                         Tu ne sauras pas ce qui t’advient, et pourtant,
                         Tu seras enfin à te réveiller, et que diras-tu ?
                         Qu’est-ce ceci, où suis-je ? Que me veut-on ?
                         Te souviens-tu alors des boutons irisés en L’Azur ?
                         Cueille, te dira-t-on ce que tu as semé.
                         Ton corps trépassé te trahira et d’éther, tu seras
                         Échappé sans vraiment rien te souvenir.
                         Alors, de peur tu trembleras et seule La Lumière
                         En ton cœur lamenté te viendra t’enlacer.
                         Cette lumière est si vive, qu’il suffit d’un geste.
                         Véridique est ce récit, et je viens pour t’aider.
                         Ne sois pas à méconnaître L’Alchimie d’un Voyage.
                         Les Anciens ont raconté, ils n’ont rien inventé.
                         Des passages, il en est de nombreux, je t’en prie :
                         Considère mon chant comme Le Viatique de Ton Âme.
                         Je suis venu, sur ton épaule me percher.
                         Sens-tu comme ce matin frissonne de La Présence ?
                         Vais-je te dire Le Grand Secret ? Sois d’humeur sans blâme.
                         Chaque seconde en Lui, est Le Don qu’Il te fait.
                         Suspends Le Souffle en Son Apnée, et fais Silence.
                         Sens-tu comme la brise du cœur embrasse ton âme ?
                         C’est en ce Respir qu’Il te désire et que tu vas Le trouver.


Océan sans rivage


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Le Chant du Merle 


            1                        2                           3                         4

Se lit aussi sur Naissance et connaissance

Le prix des choses


Drapeau de Kirovo-Chepetsky (Russie)

Il fut un temps où rien jamais ne se perdait ;
Même l'herbe des bords de chemins faisait fourrage
Pour celui qui n'avait qu'une seule vache pour son lait,
Ne pouvant guère faire mieux, faute de pâturage.

En automne, l'on menait le cochon en forêt
Pour la glandée. C'était le porcher du village
Qui s'en chargeait car le caractère du goret
N'est point docile, sans être pour autant volage.

Toutes les terres cultivables étaient cultivées
Car l'assolement triennal et la jachère
Réduisaient fortement le rapport de la terre.

La famine était chose qui pouvait arriver
Et celles du passé hantèrent longtemps les esprits.
En ces temps-là, l'on savait du pain le vrai prix.

L'Abbé Théophile

Les fourmis


Blason de Bjärtrå (Ångermanland, Suède)

Les fourmis, au réveil, sortent de leur caserne ;
Le jour est déjà clair, pas besoin de lanternes.
Chacune suit la route, et prend, chemin faisant,
L’air de ce beau jardin dans le matin naissant.

Mille insectes cachés, ça palpite et ça bouge.
L’un n’est qu’un éclat noir, l’autre une tache rouge,
Un troisième blottit son corps revêche et lourd
Sous l’herbe qu’éclaircit l’éclat d’un nouveau jour.

Plus loin, les vermisseaux, dans la pelouse verte,
Pressentaient vaguement, dans leur conscience inerte,
Le pas des prédateurs quasi silencieux
Venus pour les détruire avant qu’ils ne soient vieux.

Cochonfucius



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ainsi que

              Ce regard                      Discours d'une fourmi                    Il est une Fourmi

L'Âme du Goéland

 
 
Blason de la ville D'Ouraï (Russie)

Je marche, dit le goéland, sans craindre les vagues.
Lors que les brumes gagnent les plaines de mon cœur,
L'Océan devient ma terre lointaine où rien ne divague.
J'entends les chants des douces nuits sous la lune en pleur.

Qu'est-ce donc l'inertie des hommes si ce n'est un leurre ?
Sur le sable fin, ma danse est une valse ; au seul grain
De ma soif, j'échappe : là est tout mon grand bonheur.
Une vie aux ailes de larmes, le sel devient noble Vin.

D'écume en écume, de rivage en rivage, enfin !
Des hommes déchaînés, quelle est donc cette imposture ?
Je marche sans sourciller, tel est mon doux Destin.

A cette Source, je bois : je suis sans désinvolture.
Que me veut-on encore dire ? L'Amour m'a terrassé.
J'y suis comme aimanté et mon âme est exaltée.
 
Océan sans rivage

Un bonjour en langue des saules


Drapeau de Gostitckoe (Oblast de Leningrad, Russie)

Un bonjour en langue des saules,
C’est, en effet, silencieux ;
Un frémissement des épaules,
Un tremblement malicieux.

Un bonjour en langue des feuilles,
C’est un peu sourd, comme un sanglot,
Comme le clapotis de l’eau,
L’oreille à peine le recueille.

Grand merci donc au rossignol
Qui saisit les bonjours en vol,
Comme des mouches qu’il capture ;

Ah, tous ces bonjours inconnus !
Que n’avons-nous mieux retenu
L’enseignement de la Nature !

Cochonfucius

samedi 23 juin 2018

Une instruction silencieuse


La Roue du Dharma ou Dharmachakra
(Symbole bouddhiste de la loi et du cycle sans fin de la naissance et la renaissance) 

Bouddha ne parle pas. Chaque fois qu’un adepte
Dit qu’il l’a entendu, sache qu’il a rêvé.
Si ce disciple danse en disant « J’ai trouvé »,
Il est dans les erreurs de notre monde inepte.

Cette vie est errance, et ne suit nul précepte.
Exode avec fardeau, et nos pieds entravés,
Aussi, ne marche plus. Laisse-­toi dériver
Et n’entre qu’en maison qui ta visite accepte.

Bouddha ne parle pas. C’est pourquoi l’excellence
De la compréhension se voit dans le silence,
Comme, au fort du combat, se taisent les lutteurs.

Bouddha ne parle pas. Mais le vent, parfois, chante
Pour rendre la froidure, au matin, moins méchante,
Pour donner un sourire, aussi, à l’instructeur.

Cochonfucius


L'éternel nœud (symbole bouddhiste)

Le nœud éternel avec ses lignes liées dans une structure fermée représente la dépendance et l’interdépendance de tous les phénomènes. Il symbolise aussi la loi de cause à effet et l’union de la compassion et la sagesse.

Suis-je le gardien de mon frère ?


Blason du quartier historique de Kupchino (Saint-Pétersbourg, Russie)

En fin de compte, ce n'est pas tant l'agitation
Du monde qui nous fatigue que le vide qu'il dégage ;
D'être en mouvement sans changer de station;
Machine aveugle qui ignore où elle s'engage ;

Vie mécanique devenue sa propre raison,
Absorbant pour la mieux détruire l'alternative ;
Voulant cueillir le fruit avant la véraison,
Manger le blé en herbe, à des fins lucratives.

Caïn dit : « Suis-je le gardien de mon frère Abel ? » *
Le monde moderne ajoute : « Après moi le déluge ! »
Se gaussant de ceux qui en Dieu Seul trouvent leur refuge.

Tel est le destin des héritiers de Babel
Que de ne plus savoir pourquoi ils existent,
Une amnésie qui étrangement persiste.

L'Abbé Théophile



* Genèse : 4:9

vendredi 22 juin 2018

Considérations liturgiques


Blason de Kaustinen (Ostrobotnie-Centrale, Finlande)

La journée de la musique... le meilleur moment
Pour n'écouter rien et rester chez soi, tranquille.
Je me plongerai dans la lecture d'un roman
Ou m'essaierai à la cuisine de tante Sibylle.

Tout, dis-je, pourvu que cela me garde éloignée
De la fièvre ambiante de ces marées festives
Dont je doute très fort qu'elle se puisse encore soigner,
D'autant moins qu'à ce stade toute raison est rétive.

Je rêve debout d'une journée sans décibels,
Où l'on éteindrait tous les machins et machines
Qui partout dominent et font plier les échines.

La cuculture a pris un tournant cultuel
Et suit un nouveau calendrier liturgique
Qui célèbre le vide béat et léthargique.

Le Spectre à trois faces


À contre-pied d'homo festivus

Les âmes promises


 
Drapeau de Kholstovskoe (Russie)

C'est un authentique compagnonnage que l'Amitié.
De longues années qui s'éprouvent, un long voyage.
Au Plafond des étoiles qui nous éclairent, une Réalité.
L'Amour en Lui nous fait souvenance d'un autre âge.

Ainsi disait un maître à propos des âmes aimantées :
En un autre monde, elles se sont aimées et promises
De se retrouver en cette Atemporalité.
De fait, La Cordée n'est jamais compromise.

Que dire de cette Beauté qui rassemble les âmes ?
Nul ne sait ce qu'un cœur peut recueillir en secret.
Il passe anonyme et cache ainsi sa flamme ;

Il traverse toutes les sphères sans avoir de regret.
Comme l'on apprend en cette vie ! C'est peu de le dire.
S'émanciper de tout, pour quitter sans médire.

Océan sans rivage

mercredi 20 juin 2018

L'heure promise


Blason de Yaivinsky (Russie)

Dame, je vous revois m'attendre près du bassin,
Comme sortie d'un autre temps ou d'un autre monde
Et qu'une main géante aurait posée à dessein
En ce lieu dont je sens encor vibrer les ondes.

En l'instant juste renaissent ceux qui l'ont précédé
Et il n'est plus aucun qui par lui ne s'éclaire.
Depuis ce jour, tant d'autres se sont succédés,
Comme autant de jalons sur le chemin stellaire.

Dans le bruissement des feuilles, si l'on écoute bien,
L'on entend parfois l'écho de paroles intimes,
Comme des feux endormis qu'une brise légère ranime

Et dont le jardin s'est fait le fidèle gardien.
Dame, lors que, jadis, vous fûtes sur un banc assise,
Peut-être sentiez-vous déjà cette heure promise...

Marc

mardi 19 juin 2018

Réalité de l'Âme (2)


Drapeau de Staraya Kupavna (Russie)

L'Âme se souvient au delà du "dire" et du "faire",
Semblable à une fiole qui aurait tout Son Parfum,
La Matière issue de L'Incréé recèle Lumière.
Peu à peu, le voyage révèle le parcours de chacun.

En ces Ondes, Le Corps retrouve Le Traducteur.
Telle est Le Souffle depuis L'Origine en Lui.
Si ascendante, L'Âme s'y élève et trouve en son Cœur
La Fiole du Mystère, Éther qui parle dans La Nuit.

Du Secret, La Reliance est sûre. Rien n'est vain.
Beauté qui s'offre en L'Alliance avec Le Divin.
Le Sens à toute Chose est à donner La Présence.

Qu'en est-il de cette pureté de Semence
Unie en L'Âme qui tournoie et n'en jamais revient ?
Ô Toi, La Vie est un rêve qui n'est certes pas vain.

Océan sans rivage


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Réalité de l'Âme (1)

La tête à l'envers, le cœur à l'endroit


Blason de Jigouliovsk (Samara, Russie)

J'ai marché la tête à l'envers, le cœur à l'endroit.
Je m'amusais des passants froids sur les trottoirs
Et je riais en leur pointant le ciel du doigt.
Ils portaient soudainement très haut leur regard.

Je crois que cela ne durait pas très longtemps.
Leurs yeux roulaient de nouveau sur les gris trottoirs.
Je parlais alors à la lune les ignorant.
Que faire ? C'est ainsi, on ne peut guère plus déchoir.

Ne vendez pas à vil prix toutes ces lumières.
Il vous en cuira sans doute, je vous le dis.
Mais un jour, L'Oiseau ivre s'échappe de son nid.

Il s'évade des prisons des consciences délétères,
Et vole libéré sans jamais rien regretter.
La Présence se suffit, le reste est fatuité.

Océan sans rivage


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Oiseau du passage des saisons

lundi 18 juin 2018

Silence


Blason de la ville de Volosovo (Russie)

Aux confins des terres, en un singulier pays,
Au déclin du jour, un homme scrutait le ciel.
Il vit trois mésanges le saluer et l'appeler : L'Ami.
Il sourit en accueillant ce signe providentiel.

Depuis longtemps, il vit sans rompre le silence.
Seules quelques bêtes se rassemblent autour de lui.
Je l'ai surpris un jour, malgré sa vigilance.
Il fait montre de bienveillance : je suis son ami.

Peut-être ne suis-je qu'un oiseau sur une branche ?
Qu'en savez-vous ? Je l'aime sans limitation.
Il peut me négliger en ce pieux silence.

Chaque jour, je m'unis à sa méditation.
Peut-être ne suis-je qu'une herbe que foulent ses pas ?
Qu'en savez-vous ? Je lui suis fidèle jusque là.

Océan sans rivage


Blason de la région de Pechora et de la ville de Petchora (Russie)

dimanche 17 juin 2018

Fallacium gloriarum


Blason de la colonie rurale de Skobelev (Russie)

Si vous tuez un homme, vous êtes un criminel,
Mais que des milliers périssent par vos décisions,
L'on chante votre gloire et vous érige un autel.
Le voleur est poursuivi pour son intrusion

Mais l'on chante celui qui annexe un territoire,
Nommant conquête ce qui ne fut qu'une invasion.
L'on célèbre encore les faits d'armes méritoires
Des vainqueurs dont la gloire ne fut que dérision,

Leur donnant prescription sur les horreurs commises,
Sous prétexte d'avoir été dans le bon camp,
D'autant que celui du mal n'est jamais vacant.

La vision binaire du monde est par tous admise.
Pourtant, des causes partagées l'on peut s'assurer :
C'est l'orgueil qui crée les besoins démesurés.

L'Abbé Théophile



Fallacium gloriarum : « Fausses gloires »

Gloire du Cerf


Blason d'Odintsov (Russie)

                         L'amertume du temps est caché dans les blessures
                         Et nul onques ne sait ce qu'il advient du cœur éploré
                         Des trames que les affres submergent sans jamais rien effacer.
                         La Béance de L'Amour, à la gloire du Cerf, est encore ciselure.

                         En ces pas cadencés, L'Ombre est le nid de mes écorchures
                         Et je n'ai que faire de tout le fiel déversé en ces épleurements
                         Sans déboire et sans conflit, en moi est le combat de L'Amant.
                         Je souris des larmes qui deviennent des torrents de blessures.

                         C'est en ces pas de douceur que la vue se transforme.
                         Sache, que celui qui sépare les corps est à vivre de leurres,
                         Et nul onques ne sait le pouvoir des prières si ce n'est ce cœur.
                         Au sommet de la Montagne. Je bois au vent qui Te transporte.

                         Le cerf est venu jusqu'à ce que L'Âme s'envole près de Toi.
                         J'entre en cette étrange cérémonie, jamais ne fuis.
                         Tu es en cette danse La Joie de mon désastre, doux émoi.
                         Les fougères évoquent L'Autre Monde et je m'en réjouis.

                         Il est en ce cœur L'Illimité qui se déploie, tel est Le Ravissement.
                         Ô Cerf des bois, tu vins si subrepticement, L’évitement est un sourire.
                         De dérision en dérision, un Jour, Le Vrai est une Clairière qui ardemment
                         Révère La Lumière des Astres que l'on sait ici nous conquérir.

                         Frémit Ta Robe d'ambre épanchée de Ta Noblesse.
                         Qui suis-je pour trembler devant Ta Beauté magistrale ?
                         En Ton Regard s'évanouissent mes yeux et, de délicatesse,
                         T'embrassent et Te saluent, Ô Toi, Roi de L'Aube Ancestrale.

Océan sans rivage


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         Grand Cerf des Bois                    Cerf ascendant               Évêque aux bois de cerf