Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


jeudi 21 février 2019

Cloches de jadis et de naguère


Composition de l'auteur, d'après le blason de Kunice (Bohême Centrale, Tchéquie)

Sonnez pour moi, cloches de mon enfance ;
Car votre son, comme dans le passé,
Peut rétablir les liens qui sont cassés…
Vous l’avez fait, dans plusieurs coins de France.

Sonnez pour moi, cloches de mon errance,
De mes écrits, des livres entassés ;
Un jour d’école, il n’est pas effacé,
De nos leçons nous avons souvenance.

J’entends sonner une cloche bretonne,
C’est élégant, c’est un son qui m’étonne,
J’entends sonner la cloche de l’oubli.

En traversant la place des Quinconces,
Je me souviens des chemins pleins de ronces
Qui, pour toujours, de douceur sont emplis.

Cochonfucius

Digression (10)


Blason de Gibeaumeix (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)
D'azur au pal ondé d'argent accosté de deux lys de jardin feuillés du même à l'écusson d'argent à trois pals d'azur au chef d'or chargé de trois étoiles à six branches d'azur brochant sur le tout.
Des senteurs ineffables, décelables au parfum de votre matin profond, je me cache derrière la porte pour surprendre les gestes du moulin à café, éthéré de votre candeur, tandis que la nuit languit du rêve défait à la fraîcheur du givre. Ce sont les pâleurs d’une lune incantatrice qui fait battre ce petit cœur et tout devient grandeur de l’âme qui danse, l’avez-vous remarqué ? Nulle aversion, tandis que nos cauchemars prévisibles annoncent les multiples combats qui adviennent lors que tout est apprentissage face à notre propre adversité. Il le fallait, me dites-vous, et aujourd’hui, je le sais. La Lumière est une Connaissance et celui qui se connaît, connaît Son Seigneur. L’Amour nous saisit en ce Regard du cœur irradiant et ce sont des ondées qui proviennent du Rire primordial, lors que L’Âme dansait en ces Noces de Lumière. Souvenance extatique qui n’a plus besoin de rien, qui quitte tout, sans bagage. Juste laisser ce frémissement de L’Âme ondoyant en irradiance reliante au Tout qui se voulut Se connaître. Petit homme, les gestes n’effacent jamais Le Secret, tandis que nous avançons anonymes, noyés d’anonymat. Ceci est encore trop, lors que ce qui se donne à être, nous dépasse de beaucoup, sans pour autant nous ôter La Simultanéité du Regard. Vous me faites cette incroyable confidence : ne vous étonnez pas, petite fille, ce monde est blessé de ses outrages, et nous héritons de La Mémoire de notre chemin, tandis que nous sommes submergés par les blessures d’une mémoire collective. S’émanciper des griefs, se libérer de son moi est un don que seuls les connaissants restituent en silence de Lumière. Serons-nous encore à vivre lors que nous sommes en cette Conscience ? Cela n’a plus aucune importance, me répondez-vous, puisque nous sommes en cet Accord. 

Le café a la souvenance de nos murmures à l’aube, bouton éclos en cette joie étreignante d’un monde qui s’écorche d’Amour. Petit homme, ce sont les trottoirs qui dansent et je tiens votre main.

                Digression (1)                         Digression (2)                           Digression (3)

               Digression (4)                       Digression (5)                          Digression (6)


                 Digression (7)                        Digression (8)                         Digression (9)

lundi 18 février 2019

Il n'est pire aveugle...


Blason de Hoofdplaat (Zélande, Pays-Bas)

Plus d'un prend son nombril pour le centre du monde,
Sans doute en politique plus que partout ailleurs,
D'autant qu'en une souveraineté moribonde,
L'on relève, plus que du tailleur, de l'empailleur.

Peut-il en être autrement, quand la finance
A dépossédé les états de leur pouvoir
Et vidé les institutions de leur substance !
D'une république, qu'on a beau jeu de promouvoir,

Quand les mots ne sont plus que ballons de baudruche,
Les pantomines se jouent en théâtre d'ombres.
C'est comme de danser sur un navire qui sombre,

Ou, au milieu d'une débâcle, de faire l'autruche !
Est-il dossier brûlant qui ne soit ajourné ?
Intention affichée qui ne soit détournée ?

L'Abbé Théophile

… que celui qui ne veut pas voir.

dimanche 17 février 2019

Synthèse (5)


Blason de la colonie rurale de la Kibechny (Russie)

Chaque conquête en ce Périple de L’Âme est une Main offerte aux Mondes. Chaque âme qui perce en ce couloir ne peut avancer uniquement pour elle. Chaque fois qu’elle gagne une étape, Elle restitue tout Cela au monde. Chaque avancée est une bravade devant les multiples vagues de la différence. Chaque fois que L’Âme avance en cette Forêt inextricable, son oeuvre devient le legs incommensurable et se sacrifie devant les ténèbres de l’ignorance. Chaque transpir de son esprit est La Réalité des perles de L’Humanité. Chaque oeuvre est en L’Intériorité La Lumière Unitive. Il n’est de différence perçue qu’en celui qui ne perçoit pas La Réalité Une. Toute Réalité en cette Conscience s’architecture en L’Oeuvre universelle. Il n’est d’Oeuvre parachevée qu’en La Connaissance de L’Oeuvre. La Lumière est une Révélation à l’ombre de la multitude. Chaque orientation est une conquête prodigieuse face à l’inertie figeante des pensées de l’homme enchaîné à sa peur. Aucune âme n’oeuvre pour sa seule délivrance. Chaque délivrance est un pas de plus vers La Connaissance. Il n’est ni concession, ni mensonge. La Lumière est Lumière et elle n’aveugle pas, puisque son éclat est une Guidance. Tout ce qui se déploie revient à L’Humanité. Ce qui est immuable est immuable. Ce qui appartient à ce monde est une réalité mouvante. Elle est une Intelligence que l’on ne peut renier. Il n’est ni endoctrinement, ni influence. Il est Ce qui est à se dire comme toute chose est en son abondance à se dénouer. La Cordée est une Vérité qui rassemble toutes les réalités. Elles ne peut en exclure aucune. Rien n’est faux, tout est à se chercher en Elle. Tout est cette Réalité. Tout est L’Immensité d’Elle. Tout est sagesse qui s’en vient nous donner de nouveau à notre Devenir. Nulle finitude en ce bas-monde. Ceci est une Matrice et tout ne fait que commencer. Ô Lumière ! Comprenez ! Oh ! Comprenez-donc ! Pensez-vous que le bonheur est éphémère ? Pensez-vous que La Réalité est une sensation exclusive ? Pensez-vous que votre conscience se dissoudrait après avoir été un Flambeau dans votre propre nuit ? Comment ? Comment ?



                     Synthèse (1)                           Synthèse (2)                           Synthèse (3)

Digression (9)


Blason de Kunice (Bohême Centrale, Tchéquie)

La cloche tinte au bruissement du vent léger de vos paupières closes, tandis que le chant est doux, au rythme affleurant des ondes d’une flûte ondoyante. Il vient, il vient déjà en sa quiétude et ton âme embrasse le rossignol délicat. Soudain, ton cœur s’envole tel un papillon fougueux, tandis que ta voix ravive, au printemps primesautier, les nostalgiques beautés de L’Union. Cette cloche est tel L’Écho de ton rêve culminant qui, à l’aube où tu nous rejoins, devient la fleur sereine des sagesses du moment présent. Qu’as-tu dit en ce murmure ? le vent s’épanche au poids que le roseau peut porter. Ne courbe l’échine qu’au soleil de ton âme et ne crains pas les tempêtes ; l’océan est à noyer chaque illusion aux imprécations de ton tumulte. Tout cela est un prétexte et chaque conscience est une vague de plénitude qui transforme toute tempête en accalmie. Aucune conscience vraie ne corrompt le monde. Chaque plénitude reliée est á modifier le cours des choses. Qui vous a appris tout cela, Ô Ami ? Quelques-uns de mes amis, beaucoup de mes ennemis. Comment donc, Ô Ami ? Ton ennemi ne te trompe jamais, il n’hésite pas à se mettre à découvert. Mais que peut nous apprendre un ennemi ? Il nous donne à voir ce que nous ne sommes pas. La vie est longue d’observation et petit homme, il n’est pas un moment où je ne bois à la Source de vos mots. Le lac est enfin un pont vers la rive de l’autre monde. Petite fille, me dites-vous, vous y êtes depuis toujours. Comment cela, Ô Ami ? Chaque fois que vous L’avez vu, c’était L’autre rive. Je vous embrasse la main et vous dis : il s’agit d’un grand secret, n’est-ce pas ? Vous esquissez un sourire et placez un doigt sur vos lèvres.



                Digression (1)                       Digression (2)                           Digression (3)

               Digression (4)                     Digression (5)                          Digression (6)

                    Digression (7)                        Digression (8)

Apocalypsis 29 – Per radices


Blason de Sertolovo (Russie)

L'on ne change le monde qu'en se changeant soi-même ;
Une oligarchie se combat de l'intérieur
Car c'est là que l'on désarme les prises du système,
Simplement en montant vers le plan supérieur.

Cessons de vouloir manger ce monde de passage
Et de participer à cette funeste curée.
Des choses prédites, nous voyons dès lors les présages ;
Mais beaucoup de consciences sont encore emmurées

Et se veulent poursuivre encor leurs vaines chimères ;
Croyant, en leurs forteresses, être protégés,
Mais sans même voir qu'elles sont à se désagréger.

Qui n'a déjà bu boira la coupe amère
Car ce qui est faux est destiné à tomber ;
Et faute de raison, ce sera dans la flambée.

L'Abbé Théophile


Per radices : « Par les racines »

Le petit Semainier - Cycle 2


Dimanche

Blason de Meyenburg (Brandebourg, Allemagne)

A la douceur de l’écorchure,
A cet instant où tout est fragile,
Le Merle suspend la nuit gracile.
Du Chant est L’Enluminure.


Lundi

Blason de la République de Bouriatie (Russie)

Les flots fleurent l’écume. 
Ne dites pas, ne dites pas,
Lors que les nuages passent sur les toits,
Ne dites pas que L’Univers ne joue pas.


Mardi


Blason de Röhrnbach (Bavière, Allemagne)

S’il n’était ces larmes,
Mon cœur aurait brûlé de soupirs,
Mais le vent pousse les nuages.
Des nostalgies, il sait plutôt en rire.

Mercredi

Blason de Klister (Suisse)

Un petit prince nous visita ce matin.
Il ouvrit un coffret de douceur infinie,
De volubiles récits sans fin.
Du Jardin, nous ôtâmes quelques brins.

Jeudi

Blason de Novoshakhtinsk (Russie)

Ce Chant à Ton Âme aurorale
Défroisse au son d’une vibrante opale
Le long Rêve mémorable :
Où me mène donc ce qui pointe à L’Horizon ?

Vendredi


Blason de Nizhnevartovsky (Oural, Russie)

Lors que les battements du cœur
Déversent des reflets improbables,
L’Eau lisse, comme un miroir, son image
D’irréels silences du monde imperturbable.

Samedi


Blason de Zhezkazgan (Kazakhstan)

Au cœur de la Tulipe
Nacre et Jade opulents.
Quelle est donc son secret ?

Me suis exclamée longtemps.

Océan sans rivage

jeudi 14 février 2019

Apocalypsis 28 - Statim finis


Blason de Mikhaylovka (Russie)

En nous confinant dans les problèmes matériels,
Le système nous maintient dans les basses vibrations,
À grand renfort d'un arsenal de distractions,
Afin que nous ne pensions plus à l'essentiel.

« Travaille, consomme, vote et tais-toi !
Surtout ne t'avise pas de penser par toi-même
Car cette déviance te vaudrait bientôt l'anathème,
Sans qu'une personne du “bien” sur ton sort s'apitoie ! »

En cette basse époque où l'on appelle bien un mal
Et mal un bien, lors que la comédie humaine
Bat son plein mais où tombent les masques de carnaval,

Perversions et iniquités alertent le Ciel.
Sentant leur fin, les forces de l'Ombre se déchaînent ;
Mais la Bête sera vaincue par l'Archange Michel.

L'Abbé Théophile

 
Stamim finis : « La fin est proche. »

Allégorie du Jardin de L’Âme (26)


Blason de Joudreville (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

Parti : au premier d'azur à la voile de navire d'or, au second coupé au I de gueules 
à la fleur de lys d'or et au II d'argent aux deux étoiles d'azur rangées en fasce.


L’Eau


Y a-t-il un seul moment qui nous sépare de Toi, lors que de L’Intime, Ton Compagnonnage devient Le Silencieux secret où nul n’a accès si ce n’est Toi ? Que peuvent être les écorchures du vent sur le Cœur en Ton Présent, lors que l’on pressent, là, ce qui ne peut jamais disparaître, ne fut-ce qu’un instant ? Des épanchements, du Breuvage de L’Amour, il n’est plus que Lui qui donne au Jour, Son Goût. Tel est L’Entendement des frissons de L’Aurore, des fébrilités du Rêve qui à La Coupe ne peut plus percevoir autre Chose. Visage lunaire à la pâleur radiante me retient et je m’en vais contempler La Beauté.

Des nuits à sourire, des nuits entières à laisser les cheveux se dénouer sur les flots qui rapportent les nouvelles de L’Autre Rive. Se courber, Te mander, Te poursuivre, sourire à l’effervescence mystérieuse, et se laisser absorber par ce puits sans fond. L’Eau est L’Observatrice de toutes choses et ondoie discrètement puis se lisse en L’Imperturbable. Je fus l’objet inconditionné de Son observation. Longtemps, elle me souffla toutes les formes et parfois m’assaillit sans pitié. Elle me fit descendre au plus profond des remous, jusqu’à ce que soit glacé mon cœur de terreur. Elle me donna à L’Inconnu, indimentionné, impénétrable, indistancié. Elle me dit en Sa Clarté : Observe à ton tour. Entre en cette Réalité que tu pressens et qui est La Seule possibilité d’être. Les vagues furent obscures et les nuits furent longues. Elle m’enserra de Ses Bras et me contraint à La Crucialité. Telle est La Vastité et Tel est L’Infinitésimal. Il n’est aucune approche possible si ce n’est par mon illimitation. Des petites choses, des petits moments saisis à la coupe des éloquents détails, précisions qui chirurgicalement nous révèlent au monde manifesté. L’Eau me fit mention de trois étapes nécessaires, incontournable en cette Aspiration. Tu ne peux hâter ces transformations, tu ne peux devancer leur union. Tu es à leur merci. Chaque règne correspond à un corps de lumière. Chaque présence devient substance de La Mémoire. Chaque Souffle est une Empreinte vive. Il t’est donné de remonter Le Temps. Il t’est donné d’aplanir les montagnes. Je ne sais que répondre. J’écoute. Elle m’enveloppe de Sa Fermeté et continue : Le Royaume est en La Réalité Matérielle de Quintessence vibrante et tu perceras le secret de La Terre en Son Verbe. Ceci est Le premier Royaume. Le second Royaume relève du monde subtil où vit le verbe angélique de Lumière et où circulent les démons. Il te sera révélé les subtilités qui sont aussi très dangereuses. Telle est La Connaissance à laquelle l’on te donne accès. Ce Royaume est accessible par sa propre ressemblance. Nul n’entre jamais ici sans escorte. Sans elle, le labyrinthe te rejette au monde de la pensée et des émotions. La douleur est vive si tu n’es pas armé des aspirations de L’Appel. A Ton Carquois, place les flèches de L’Amour. Ténacité et face à face en Ton Miroir. Des peurs ancestrales, L’Illusion te guette et chacun de tes pas doivent se centrer et s’aligner au Son de L’Origine. Qui donc me dit ces choses ? Qui donc ne me les dirait pas ? Où vais-je ?  me dis-je. Boire en L’Amour et t’unir à Son Océan, me répond-on. L’Amour s’aiguise de Ta Sincérité. Ce Vin* est le prétexte extatique par lequel tombent toutes les résistances rationnelles, et les mots trempent leurs lèvres en La Coupe pour t’arracher de tes ténèbres. Ô Voix ! 




* Le Vin dont il est question n’est nullement un breuvage concret enivrant ni il s’agit d’une quelconque substance hallucinogène comme on pourrait le croire, Cela provient du seul effet du voyage intérieur. Il est la réalité personnelle du cheminant qui est à le vivre lors qu’il entre en cette perception initiatique. L’on ne cherche rien à priori, mais Cela se cherche en nous. L’expérience est singulière et nous relie au Verbe de l’éloquence. L’on traduit ce périple en mots lors de la redescente subtile de L’Esprit. Le cheminant perçoit des mondes intelligibles qui le relient à la connaissance du Réel, en ce prisme manifesté, Trésor caché. Les voiles sont les distances qui deviennent des prétextes pour être en ce Compagnonnage lucide et émerveillé. Le Monde devient Autre, libérant ainsi, telle une Fleur, La Saveur de L’Âme Supérieure. Le monde intelligible est un monde proprement imaginal et non imaginaire. Il vient du jaillissement et d’une Rencontre supra-mentale. L’on ne désire pas être ceci ou cela. Cela EST et Cela se vit, en déploiement effusif. L’Homme est une semence germinatrice comme l’embryon au sein de La Mère.

mercredi 13 février 2019

Du sceau de l'âme


Blason-sceau de Robert III, seigneur de Vitré (1118-1173)

La conscience ne se réduit pas à une connaissance
Et mille diplômes ne la font pas monter d'un grain ;
C'est une question de vibrations, d'intelligence
Et de réception qu'aucun prisme ne restreint.

Elle ne se réduit pas à une balance morale
Qui ne distinguerait le bien et le mal
Qu'en fonction d'une bien-pensance qui ferait chorale
Et jugerait du normal et de l'anormal.

La conscience est un état d'éveil que n'oriente
D'autre intention que celle d'aller vers le haut,
Pas pour dominer – qui est une direction déviante –

Mais parce que c'est la destination de l'âme.
Rien au monde ne saurait lui arracher ce sceau ;
Cette vie n'est que l'épisode d'une plus vaste trame.

L'Abbé Théophile


Histoire de crapaud


Blason de Froschhausen (Hesse, Allemagne)

L’histoire fait mention d’un récit plutôt étrange : un crapaud tout rabougri pestait en silence au sein même d’un primitif marécage ; il en avait fait son habitat. Il verdissait de rage, et sa langue devenait, à force de méchanceté, aussi pointue et fourchue que celle d’un serpent. Seulement, ce dernier qui trouvait qu’on l’accusait à tort de tous les maux de la terre en prit ombrage, vint le trouver et lui dit tout net ces quelques mots : dis donc, l’on me fait le récit d’un crapaud crochu, et l’on me rapporte qu’il s’agit, de fait, des attributs même du serpent. Or, le persifleur n’est pas toujours celui qu’on croit. Un crapaud à la langue fourchue n’a sans doute pas connu la belle qui eut éclairé du feu de son Amour, son cœur bien asséché. Un ami m’a confié ce secret : la plupart des créatures en ce monde souffrent de ne pas avoir été aimées. Et sur ce il partit en laissant le crapaud bien hébété.

Ce que l’on ne sait plus, c’est que de derrière le décor, une petite fille avait été témoin de ce dialogue qui l’avait étrangement émue. Elle s’avança sur la pointe des pieds et offrit à ce triste batracien la fleur de son Amour.

Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

mardi 12 février 2019

Brassée de Lumière


Blason de Bratsk (Sibérie de l'Est, Russie)

                         Ce sont ces brassées de Lumière,
                         Lancées en pleine Terre :
                         Irrigue-Toi, Terre, irrigue-Toi !
                         De nos pleurs et de tous nos Émois !
                         Ce sont ces brassées de Joie,
                         Que vient déverser L’Eau des Confluents.
                         Ce sont ces fleuves au quiescent jaillissement.
                         Amour ! Tu Te connais ! Ah !
                         Radiance de L’Âme qui ne connaît que Toi !
                         Toi ! Soleil de L’Océan Béat,
                         Des gouttes au Reflet du Roi,
                         Ce sont les mains qui ondoient au Bleu de Ton Manteau.
                         Azur, pur de tous nos états.
                         Ivre de L’Amour, ivre des vagues de Toi.
                         Cours, vole, telle est La Lumière de L’Univers.
                         Au Centre du Cœur,
                         Il n’est que Toi.
                         Suspension de Ton Souffle.
                         Que reste-t-il si ce n’est Toi ?
                         Amour ! Tu Te connais ! Ah !
                         Des tissages de soie, des mots que l’on ne dit pas,
                         Tout ce qui vient en fougue, tout ce qui ne vient pas, procède encore de Toi.
                         Ton Cœur Te reçoit, Ton Cœur s’envole en Toi !
                         Printemps de La Cime Éternelle,
                         Inlassable goût de Toi.
                         Amour ! Tu Te connais ! Ah !
                         Embrasse La Terre et caresse Le Ciel.
                         La Braise fait fleurir mille fleurs,
                         Au Silence de Ton Verbe Roi.


lundi 11 février 2019

Fleurs


Blason de Höckelheim (Basse-Saxe, Allemagne)


                           Fleur délicate et de vapeur légère,
                           Des vagues de l’écume en son grand Mystère,
                           Fleur de L’Écho des volubiles Remembrances,
                           En ce subtil mélange de la fascination.
                           Fleur de la cornemuse des joies de l’horizon,
                           Au cœur du vent qui joue au Firmament.
                           Fleur du Soleil des ruissellements de L’Instant,
                           Au Noces blanches des saveurs de nos mots,
                           Fleur des ailes candides de L’Oiseau,
                           A La Gloire exultante des Drapures de velours,
                           Des Soies de nos émois suréminents d’Amour,
                           A La Guidance du Verbe Rutilant de Ton Discours,
                           Ta Voix jaillit et devient L’Éternel Présent,
                           Lors que Le Cœur au diapason est une offrande au Silence.
                           Fleur vaporeuse en L’Océan : Lui m’apprend !
                           Je demeure en L’Hébétude de la profusion,
                           Terres immergées en Ta noble Révérence,
                           Je bois en cette Féconde Seconde et remercie L’Ami.
                           Souveraineté de Ta Gloire, La Nature frémit en cette Fusion.
                           L’Océan verse Ses flots de pleine Souvenance.
                           Qu’importe si Le Vent emporte ces mots, le cœur les grave
                           En L’Alchimie d’un Viatique, et c’est La Perle de Ton Ode
                           Qui ponctue les gestes du quotidien : ainsi est La Reliance.
                           Tout cet Univers en déploiement et en contraction,
                           Est à L’Image du Cœur de Rubis et de Transparence.
                           De L’avoir aimé, elle est L’Aimée, fille du Vent,
                           Des éternelles pensées, butine l’abeille en bouton de nacre,
                           Fleur des mimosas et d’extrêmes Quintessences,
                           Lors que les violettes se répandent en Ton subtil Parfum.
                           Fleur de L’Évanescence et Fleur de nos longs soupirs,
                           Lors que Le Grand Cerf s’absente sur la colline,
                           Nous avons mêlé nos voix, nous avons aimé encore
                           De Vie et d’audace, fragrance qui unifie ce corps,
                           Ivre des boutons de Ton allégresse et des nuits obscures
                           Il joue encore en La Lyre des désirs, notre inspiration.
                           Du secret des Lunes et du secret des merveilles
                           Fleur de L’Horloger, Fleur de L’Incantatoire,
                           Encens du Cœur, musc des exhalaisons de notre écorchure,
                           Volute des Fleurs qu’exhument les Lilas distillatoires.
                           A la vesprée, Fleurs écloses au goût de L’Âme,
                           Des promenades qui se souviennent toujours de Toi.
                           Ondulation du blé en herbe, sous la ferveur de Tes pas,
                           Nous chanterons La Fleur encore, versée à la Source
                           De notre éveil crépusculaire, lors que ce tapis est de mousse,
                           Nous chanterons La Fleur encore, distillée à L’Essence du Cœur,
                           Prisme d’un Arc-en-Ciel qui d’abondance en la pluie douce,
                           Dévêt de ton sommeil les voiles lourds de tes paupières éphémères.


Digression (8)


Blason de Shuryshkarsky (Russie)


Les lunes valsent au regard de votre emportement et lors que nous marchons en la nuit qui se lève, nous dansons un peu sur les collines qui frôlent le vent de leur ombre passagère et c’est au souffle marin que l’âme s’épanche. Du bruit des sous-bois, nous escaladons les marches du Temps, tandis que le lierre s’amuse de nos pas à peine s’essoufflant. Là-haut, lors que le précipice caresse les herbes encore folles de l’hiver s’épuisant, encore ivres du prochain printemps qui hisse la terre, ce sont les taupes qui s’agitent dans les couloirs humectés de senteurs impatientes, ensevelies sous les décombres d’un château au sommet des ruines. Les pas dansent encore sous la petite pluie qui joyeusement nous éclabousse de sa légèreté juvénile. Bientôt du sentier arpenté, la vallée se déploie et songe à peine aux rumeurs du passé. Petit homme, je vous suis sans relâche, et votre sérénité est le point de mon ancrage. Tout de votre silhouette m’apprend à jouer, à courir à travers les plaines de notre enthousiasme. Si vous levez le regard, les oiseaux passent et je vous vois sonder en cette plongée céleste les flux d’une ondée nourrissante, bienveillante et luminescente. Quelquefois l’effacement est la suspension du Temps qui s’étonne. Lui s’incarne en ce Silence et les oiseaux conversent ensemble, en ce dialogue harmonieux, se donnant la réplique avec la juste révérence. Les animaux de la forêt se rassemblent tandis que j’aperçois au loin le renard qui nous scrute de ses yeux intenses. Voici qu’à son tour le loup s’approche avec cette parcimonie entêtante, voire envoûtante. Ne vous a-t-il pas conté ce mystère de L’Amitié irréprochable ? Beaucoup de secrets en cette forêt deviennent d’improbables paradoxes et de fait, vous me confiez cette vérité universelle qui, en simultanéité, nous apprend ce qui seul se cherche au goût de notre marche. Si les vagues rugissent au lointain océan, sache petite fille, que la fascination cache les contraires qui deviennent des compléments. Similitude des distances qui s’ignorent et c’est en La Lumière qu’il n’est de singularité qu’en ce rapprochement. Prends toujours le temps ! L’Amitié est Le Flambeau de L’Amour qui jamais ne dément.


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