Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


dimanche 23 juin 2019

Bisounours


Blason d'Otepää (Comté du Valgamaa, Estonie)


Plus d'un se croyant gentil est juste indolent
Et se voudrait déguiser sa paresse morale
Derrière ce masque et par ailleurs se désolant
De ce que qu'il y ait des voix qui chantent hors chorale.

La gentillesse est une valeur trop élevée
Pour être confondue avec une quelconque mollesse,
Confusion que l'on peut largement observer
Dans ce monde de brutes où le vrai courage régresse.

Tolérance et bienveillance ont souvent bon dos
Quand c'est juste la lâcheté que l'on dissimule ;
L'on est fort d'une virilité que l'on simule

Quand il n'est aucun risque mais on tire le rideau
Dès lors qu'il s'agit de payer de sa personne.
Combien de mots sont l'écho d'une peur qui résonne ?

L'Abbé Théophile


Vrai pedigree


Blason de Fürstenwalde (Brandebourg, Allemagne)


Maître Corbeau est un oiseau intelligent,
Plus d'un ayant eu à l'observer le rapporte ;
Pour le moins n'est-il pas du cerveau indigent,
D'autant qu'à plus d'un se confrontant, il l'emporte.

L’œil toujours alerte et prompt à la décision,
L'animal se voit un autre destin, sans doute,
Et en la Haute-Cour une plus noble position.
Sur l'écu, il n'est guère que l'Aigle qu'il redoute

Car n'ayant de noblesse pas autant de quartiers
(Qui ne valent d'ailleurs plus le quart de leur moitié.)
« A-t-on, d'une illustre ascendance, plus de mérite ?

Est-il un empire qui ne se soit effondré
Et qu'à sa naissance la poussière n'ait saupoudré ?
Dieu est mon Roi et c'est de Lui Seul que j'hérite ! »

Marc


Le Cycle du Corbeau

samedi 22 juin 2019

Le Rouge-gorge


Blason de Malinovsky (Russie)


                                    Nous surprîmes maintes fois le rouge-gorge
                                    Jusqu’à notre porte, il vint et nous chanta,
                                    De grâces et de volubile Amour courtois.
                                    De La Nature, nous apprîmes sans cesse les gestes :
                                    Sagesse et paroles qui toujours regorgent
                                    Des sucs que le vent parfois emporte, sans conteste,
                                    Et ce rouge-gorge tendu de gratitude,
                                    Délicat et farouche en sa douce plénitude,
                                    Nous contait les beautés de L’Âme.
                                    Nul doute, je l’écoutais déverser son incandescente flamme,
                                    Lors que le soir, l’automne avivait son plumage.
                                    Aujourd’hui, la fauvette chante à tue tête…
                                    Seigneur, comme coulent Tes Larmes,
                                    Lors que surviennent mille mystérieuses Joies !
                                    Au-dessus des treillis que voisinent les charmilles,
                                    Se sont alanguis mes pas, et parfois mélancolique,
                                    Le Regard étreint Le Ciel et s’en va
                                    Épouser quelques ondes lyriques,
                                    Pensées que ne poursuivent nulle chimère ;
                                    Et c’est d’avoir vécu sans jamais craindre La Lumière,
                                    Qu’aujourd’hui, des blancheurs matinales,
                                    Les roses frémissent à vos brumes pastorales.
                                    L’Été soulève au Jour quelque rêverie derrière un voile.
                                    Je Vous aime sans craindre L’Amour.
                                    Poignante est cette Épée qui attise mon Regard,
                                    Lors d’une promenade, j’en sais Le Retour.
                                    Je veux m’allonger et tendre à mon cœur apaisé,
                                    Les mains que Le Souverain de mon âme,
                                    Tient sans que jamais je ne puisse Le lâcher,
                                    Et J’aime d’avoir aimé, sans l’avoir méconnu,
                                    Lui, Le Seul Bien-Aimé,
                                    Et j’aime d’avoir aimé pour L’avoir reconnu
                                    Puisque c’est Lui qui aime en premier.


Promenade du Barde



Armoiries de Sladkovsky (Russie)


Il ne faut point être surpris des chants de notre Joie,
Lors que de La Vie, partout, est la pure semence,
Et si rugissent les vagues lointaines, ce sont les Lois,
Quand même elles semblent cruelles, elles sont bienfaisances.

J’en sais quelque chose : d’avoir laisser le Temps agir
Au Souffle profond du Cœur, La Paix rayonne sans cesse.
C’est de marcher sur l’autre Rive, qu’ici je soupire ;
N’en prenez guère ombrage, voyez-y une promesse.

À l’indolente ivresse, le rire est une larme,
Cueillie à la fournaise ardente, tel un Rubis.
Ce parfum, certes, nous unit puis nous désarme.

Quand même, je marche éternellement et je souris ;
L’Amour est L’Âme, ambre et turquoise, sans nul écueil.
Tantôt, le savez-vous ? J’ai vu le chèvrefeuille.



Le Chant du Barde

Discours d'une taupe


Blason de Meltewitz (Saxe, Allemagne)


Le jardinier n'apprécie guère mon entourage
Car je lui défigure la belle géométrie
De ses plantations auxquelles mes buttes font outrage ;
Loin de me voir en quelque bestiaire d'armoiries,

Il n'a de cesse que du jardin je disparaisse,
En posant des pièges perfides dans mes galeries.
Il me faut, pour les déjouer, beaucoup d'adresse.
Lors, je préfère m'installer en les vertes prairies

Où je peux, sans péril, creuser tout à mon aise ;
D'un ver abondant l'on n'est jamais en ascèse.
Je fais moins de dégâts que les profonds labours

Et suis, bien au contraire, pour les sols bénéfique, *
Lors, participant d'une fenaison prolifique,
Sans demander pour cela trompette ni tambour.

Marc


* Les galeries de la taupe contribuent à aérer et à drainer les sols.
 
Lire aussi

Le petit Semainier - Cycle 20


Drapeau de Perevolotcky (Russie)


Les toits se cachent de la fauvette,
Musicienne indomptable et secrète
Les murs d’un Jardin t’appellent ;
Jamais rien tu ne rejettes… 



Il n’est aucun sentier connu :
Tous deux s’en vont sous les nues,
Le temps est-il venu,
Aux Amants de veiller ?
 



Il reste au moment de la mort,
Les seuls moments vrais.
D’Alchimique Présence,
Le goût jamais ne s’en défait.
 



Au Ciel qui fuit,
La Nef sourit,
D’écume qui la poursuit,
Tel est le sillon.
 



Quand je vous vis,
L’ébauche du sourire fut ma joie,
Et vous de vous incliner sans sursis,
Des rosées de vos pourpres émois. 



Ah ! depuis longtemps,
C’est encore ce moment,
Sur les matins ondulants,
Le Ciel s’épanche de notre Regard.
 
 


Étais-je jamais plaintive ?
Au firmament les flamants roses,
Du printemps suis captive,
Moissons fauchées, la saison est close.


Océan sans rivage



vendredi 21 juin 2019

Mémoire effacée



Peinture de Erwin Eichinger (1892 - 1950)


Savoir que près de la moitié des aliments
Produits ou fabriqués finissent à la poubelle
Vous laisse plus que pantois : sidéré, carrément !
Si plus d'une chose en ce système nous interpelle,

Celle-là seule en montre toute l'absurdité,
D'autant que la plupart des méthodes culturales
Sacrifient la qualité à la quantité,
Avec les lois du marché pour caution morale ;

Ces mêmes lois qui prétendent coiffer toutes les autres
Et dont les politiques se font les apôtres,
Quand les raisons d’État servent les raisons vénales.

Tout cela apparaît maintenant au grand jour
Et c'est à peine si l'on prend encore des détours,
Tant la corruption est devenue chose banale.





L'incroyable apathie de la masse des gens
Le permet car c'est en ce miroir qu'elle se mire,
N'ayant pour dieu et unique valeur que l'argent,
Prête à accepter l'innommable et bien pire

Pour mener sa petite vie d'homo festivus,
Avec quelques bons sentiments en devanture ;
Lors, encombrant les quatre coins à coups d'Airbus
Et courant, tous forfaits compris, plates aventures.

Déserter la terre conduit à vivre hors-sol
Et, faute de s'y courber, à hausser le col.
L'on se voulut mener grand train et vie bourgeoise

Et de son acte de naissance s'asseoir dessus.
Mais à mémoire effacée il n'est plus d'issue
Et d'aucun genre il y a lieu que l'on pavoise.

L'Abbé Théophile


jeudi 20 juin 2019

Apathie


Blason de Sottrum (Basse-Saxe, Allemagne)


Parler pour ne rien dire et faire l'exact contraire
De ce que l'on avait promis, voilà tout l'art
De la politique qu'inspire parfois l'arbitraire
Sans que l'on sache si c'est du cochon ou du lard,

Car ceux qui s'en font profession et viatique
Ne reculent devant rien pour servir leurs desseins ;
Il n'est besoin d'aucun regard exégétique
Et inutile que l'on nous en fasse un dessin.

L'on peut d'autant mieux gouverner par le mensonge
Quand la masse des gens est tombée en apathie,
Sans plus éprouver pour autrui de l'empathie.

Le flot incessant d'informations passe l'éponge
Sur les précédentes ; l'on ne s'étonne plus de rien
Et sans plus distinguer l'honnête homme du vaurien.

L'Abbé Théophile


Sagesse de la libellule


Composition de l'auteur (d'après le blason de Kiili en Estonie)


La libellule chasse à la fin du printemps,
Je suis émerveillé par sa noble apparence ;
Je la vois survolant ce ruisselet de France,
Qui frôle la surface et s’y va reflétant.

Au bord de ce cours d’eau longuement méditant,
Le héron au long bec se nourrit d’espérance ;
Comme la libellule, il est plein d’assurance,
Il se tient sur la rive, il observe, il attend.

De ces deux prédateurs la quête n’est pas vaine,
Ils prendront du gibier bientôt, sans trop de peine ;
Il se rassasieront, et puis, ils s’en iront.

J’entends un peu plus loin le cri d’une corneille,
Un oiseau ténébreux qui dans l’ombrage veille ;
Quant à moi, j’aime aussi ce troisième larron.

Cochonfucius

Juin


Blason de Blažice (Slovaquie)


Du soleil turquin, l’Azur semé de cerises
 Des mains gantées de joie qui sentent si bon le foin,
Lors que ruminent quelques veaux dans les champs, au loin.
L’Ami, te souviens-tu de cette fameuse devise ?

« Qui en juin se porte bien – là est tout notre désir
Au temps chaud ne craindra rien ». Est-ce de bonne augure ?
Juin commence par une Fête, lors qu’aussi il clôture
Le Printemps qui fut tel un florissant soupir.

En ce Sacré-cœur, l’homme sincère jamais n’oublie
Que l’heure cruciale est un Souvenir intouchable.
De La Solitude vécue, je bois aujourd’hui

Ce qui durablement me semblait improbable.
Je quitte ce monde, au vol des oiseaux insouciants.
Chaque jour est un pas vers la tombe qui nous attend.


mardi 18 juin 2019

Il n'y avait personne


Blason de Buochs (Canton de Nidwald, Suisse)


Hier, j'ai marché en ville et l'on se serait cru
À Zombieland, en dépit d'une effervescence
(Sans doute consumériste) qui encombrait les rues,
Phénomène dont je constate la recrudescence

Depuis quelque temps, et ceci ressemble fort
À l'agitation qui s'empare d'une fourmilière
Avant l'orage. Il m'a fallu faire un effort
Pour voir quelque sens à cette parfaite termitière.

Ce fut en vain : il ne s'en dégageait aucun !
« Hé ! Lançai-je, y aurait-il quelque part quelqu'un ? »
De fait, ce samedi-là, il n'y avait personne.

Il faudra bien qu'un jour je cesse d'en revenir
Car le passé a déjà écrit l'avenir !
Mais c'est souvent malgré moi que mon cœur raisonne.


Le Spectre à trois faces 

Paris, certains jours

Hac itur ad astra



Armoiries d'Aracena (Andalousie, Espagne)


Il nous faut pour réapprendre beaucoup de silence,
Surtout désapprendre ; nous défaire de nos acquis.
Il me faut du temps ; ce qu'il me reste aussi de vie.
Je médite sur ce monde, de même sur la conscience.

Les liens de l'esprit et ceux de l'âme nous conduisent
À ne pas manquer ce qui véritablement nous unit,
À sonder nos corps, puis ces jours qui s'amenuisent.
Paix, amour, constance, tel est ce qui en nous survit.

Malheur à l'indolence et aussi à la négligence !
Nous oublions que nous ne sommes que des passants,
Lors même que nous sommes à cette vie si peu présents.

Nos passions sont à révéler notre errance ;
Mais il n'est jamais trop tard pour nous raviser,
Puis regarder la mort sans en être troublés.

Marie-Louise


Hac itur ad astra : « Par ce chemin, l'on s'élève vers les étoiles. »

L’Appel du Barde


Blason de São Sebastião do Paraíso (Brésil)

Je veux Vous ramener depuis les rives anciennes,
Je veux Vous extraire de toutes les nuits insensées,
Par Vous, chasser tous les crimes, fussent-ils par centaine
Qui surgissent des abîmes que l’on a occultées.

Je veux par mon ardente fougue Vous tous appeler
Et lors que des blanches vallées, Vous, Ô Anges, sublimes,
De Clarté opportune, enfin nous rejoindrez,
Puis clore ce cycle qui devient lamentables ruines.

Je veux à genoux Vous accueillir, Vous chanter,
Car depuis Les Cieux de l’autre Rive, celle de La Mémoire,
Mon cœur tremble encor d’avoir rencontré Beauté.

Lors que je suis en ce Rêve, qu’ai-je encor à voir ?
Ce sont les passions qui réduisent l’humanité
A manger la chair de son frère sans nulle pitié.

Océan sans rivage


lundi 17 juin 2019

L’Île verte (4)


Blason du village de Kouban (Russie)


En marchant sur la grève, le vent de l’Espérance
Bouscule tous les rêves, tandis qu’au dessus, passant,
La mouette franchit libre en cette soudaine fulgurance,
Le cœur d’un enfant surpris qui la suit souriant.

Fragrance de L’Été léger qui joue et l’appelle ;
N’est-ce pas enfin, venu de loin, le doux Zéphyr ?
D’extase, volubiles danses, voici les hirondelles.
J’en sais voir leur ardent et frémissant désir.

Bientôt, nous marchons en cette Île enchanteresse,
Lors que de L’Écho, nous retrouvons le chemin ;
Est-il un autre but, un tout autre Destin ?

Je n’ai jamais su voir une autre poigne maîtresse :
Celle de L’Amant et en Lui, rien n’est un Adieu,
Mais soupir d’Amour, lors que nous envoûtent les Cieux.

 
Blason de Grinkiškis (Lituanie)


Le Barde suit l’ininterrompu et se remémore : Il y a bien longtemps, L’Île verte nous apparut en songe, lors que les écumes douces flottaient sur la plage et quelques rochers alentours, L’Archange vint nous extraire du monde visible et nous fit survoler ce Lieu de La Virginale Naissance. La Verdure nous saisit en Sa Vêture profonde et depuis, nous restons souvent à survoler les étendues qui nous parlent encore et encore d’un monde surgit depuis les Ailes d’un Archange. La Beauté est tel un léger frémissement au feuillage imperceptible de ruissellement et de luminescence, tandis que L’Âme reçoit inlassablement, et les yeux épousent L’Amour insondable né au Jardin du cœur, sans que Rien ne soit prémédité. De là, l’épopée se déploya, et La Vie est à La Mort le juste revers d’un Songe Éveillé.
 

dimanche 16 juin 2019

Cor sans nom


Composition de l'auteur


À Roncevaux surgit la menace incertaine,
Les chevaux sont cabrés sous les éperons d’or ;
Les chevaliers vaillants suivent leurs capitaines
Et le seigneur Roland, qui fut comte en Armor.

Ils ne reverront plus les bouleaux ni les chênes
Parmi lesquels courait la chasse, au son du cor ;
Et Roland tout à l’heure en sonnera bien fort,
À se déchirer l’âme, à se rompre les veines.

Roncevaux, lieu d’histoire et lieu de souvenir,
Tu vois Turpin l’évêque empressé de bénir
Les mourants et les morts, combattants de légende.

Quand la nuit tombera sur le val embrumé,
Par quelques survivants ils seront inhumés ;
L’empereur ne dit rien, tant sa tristesse est grande.

samedi 15 juin 2019

Le petit Semainier - Cycle 19


Blason de Kiili (Estonie)



Silence des nuages,
Sur les toits ordonnés,
Du gris écumé,
Prélude au voyage.



La Paix est diffuse en Ton Silence,
Et c’est là que je vogue éternellement.
Est-il un seul de nos inspirs
Qui ne soit en Ton Expir ?


Mardi

S’il n’est aucun Temps,
Il est une Éternité,
Au Jardin de L’Amitié,
Qui se veut Jubilant.



 Le soupir court,
Jusqu’au Souffle,
Du Désir d’Amour,
Ainsi naquit Le Jour.


Jeudi

Libellule, je t’attends,
Et toi aussi grenouille.
Luciole et farfadet,
Je ne vous oublie jamais.


Vendredi

La pluie lave-t-elle les carreaux ,
Embrouille-t-elle la vue
Des soifs d’un miroir qui a bu ?
J’aimerais bien le savoir…


Samedi

Samedi fait écho :
De La Vue, tout est à voir,
Mais du cœur, je t’en dirai bien plus,
Quand même, toute la journée, il a plu.
 
Océan sans rivage
 

L'Almanach du Jardin