Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

dimanche 16 février 2020

Le secret des trois étoiles


Blason de Mang Dillherr
Liste chronologique des personnes nommées au Grand Conseil de la ville de Nuremberg
(1560-1670) Bavière, Allemagne


Par tous les pores de la peau, il n’est qu’Amour. Sans Amour, il n’est aucune vie. Sans cette dilatation, quelle relation ? Sans l’Amour, il n’est aucune respiration. Quand il surgit d’entre les eaux, il eut ce geste d’Amour éperdu, et ses lèvres touchèrent l’air et en lui, le souffle se mêla à la chair. Des rivières de son animèrent les membres de son corps, et sans l’Amour, il n’aurait jamais éprouvé le désir de vie, et la vie n’était qu’Amour. Chaque atome danse en L’Éloge, et l’Éloge était la Vie, et sans L’Amour, L’Hymne s’occultait et se drapait de silence et attendait. Tandis que les mains se tendaient, il devint douceur et l’ivresse lui enseigna l’élan et l’élan lui enseigna les signes du Temps, puis La Vue plongea dans l’extase, et L’Amour contempla. Le Silence surprit son éloquence et se retira, mais la voix poursuivit le Silence et celui-ci parla pour cacher Les Paroles du Sage et Le Sage vint au monde et voyagea jusqu’aux contrées les plus sauvages, car L’Amour est au-dessus de l’ignorance, et ne balbutie pas, puisque chaque mot est une cordée qui fixe l’indéfinissable. En lui, L’Amour s’extirpa des nues, mais les nues n’étaient plus les nues, puisque L’Amour est au Centre et Le Point devient L’Amour par quoi tout rayonne et par quoi tout est relié et lors que tout est relié, le Sage rencontre La Sainteté et en Elle, Il entre dans le Jardin et Il entend la Voix de L’Ami et L’Ami lui fait redécouvrir L’Amour qui est pureté de Lumière virginale que nul n’a jamais touchée. Celle-ci atteint La Lumière animée de Feu et de Souffle, puis La Lumière anticipa sur toute chose et révéla L’Origine de La Présence qui devint l’intime Amitié. Alors, L’Amour déclara que L’Amour est plus que L’Amour, et fixa les étoiles au nombre de trois. Quand furent réunies Les épousées, douze constellations, les univers s’épanchèrent et La Joie fut au culminant du Soleil vibratoire. Ainsi, Le Soleil déclara Son Amour à La Dame de son Choix. Au-dessus s’élevèrent les mondes éthériques et la lumière devint royaume angélique, alors L’Amour connut L’étape la plus étonnante et la plus enseignante. Chaque ange fut les mondes successifs d’une révélation. Chaque feuillet fut Les états multiples de La Connaissance. Il fut donné au saint de plier les distances, mais il sembla rester en ce Lieu d’hébétude et L’Amour devint Sainteté du Secret. Les puretés sont les épreuves de L’Amour avéré. Ainsi Le secret devint une Clé et celle-ci fut à révéler une autre Clé. Le Deux s’exprima et tint un Discours qui fut Le Témoignage puis La Louange. Chaque vision fut consignée en simultanéité dans les feuillets dudit Livre et L’Encre conseilla : Exige L’Encre des Secrets infinis. Ne t’arrête jamais ! (…)

De la déréliction des élections


Blason de Conradt im Landt
(1560-1670) Bavière, Allemagne


Ne pas donner le pouvoir à qui le demande
Est, ce nous semble, la plus sage des précautions.
Des voix qu'en période électorale l'on quémande,
Bien souvent avec force promesses valant cautions,

L'on méprise bientôt les mains qui les mirent dans l'urne.
C'est que les élus ont cette fâcheuse propension,
Après avoir sur la scène chaussé les cothurnes,
À pantoufler en leur charge comme hôtes d'une pension

Et à tenir leurs engagements à distance.
Se pensant les propriétaires de leurs mandats,
Ils enverraient très volontiers à la potence

Quiconque se prendrait à leur demander des comptes.
On fait donner la garde, quand ce n'est les soldats,
Pour verser aux impudents leur premier acompte.

L'Abbé Théophile

jeudi 13 février 2020

Terres conquises


Blason du District de Nizhnevartovsky District (Sibérie, Russie)


La réalité opaque ne nous enferme pas.
Quand donc laisserons-nous s’infiltrer les eaux-vives ?
Tel le goutte à goutte, la lumière ne cède pas.
A notre insu, la voici même vindicative.

Si L’Amour est plus fort, la vie l’est plus encor ;
C’est elle qui nous enseigne, c’est elle qui nous attrape.
J’en sais quelque chose, en l’esprit et l’âme, en ce corps ;
De la vacuité, il naît une étrange grappe.

Tel est le pur Jus au Silence d’un fruit goûteux :
Car du Mystère, le secret est Soi sans conteste,
Beauté dont la savante sève, par elle, nous atteste

Des phases successives d’un Soleil compendieux,
Lors que La Lune, Sa Promise, révèle les prouesses
Paisibles, celles des terres conquises avec allégresse.

Océan sans rivage



Le Chant du Barde

Point crucial


Blason de Brunswick-Broitzem (Basse-Saxe, Allemagne)


Quand la verticale croise l'horizontalité,
Elle brise de fait son cours purement linéaire ;
Chaque moment devient instant de réalité
Que l'état de présence transforme en sanctuaire.

Lors, nul lieu qui ne soit du Vivant le temple ;
Nul temps, de même, où ne sonne l'heure universelle.
L’œil se dilate, le regard devient plus ample ;
Tout s'éclaire et s'illumine d'une seule étincelle.

Si l'horizontale exprime l'indéfinité
Des modalités, sur un plan, d'un état d'être,
La verticale étend cette multiplicité

À une série indéfinie de dimensions
Où se manifestent tous les états de l'être. *
La croix est de cela la représentation.

L'Abbé Théophile


* René Guénon, Le symbolisme de la croix


samedi 8 février 2020

Fin de récréation


Blason de l'École d'Art pour enfants de l'Armée Rouge
(District de Krasnoarmeysky de la République de Tchouvachie, Russie)


Les Trente Glorieuses ne furent qu'une ivresse collective
Qui eut pour effet logique d'asservir les gens,
Abîmés dans la consommation compulsive
Et n'ayant plus d'autre idéal que l'argent.

Ainsi ont-ils « innocemment » nourri la Bête
Qui se retourne contre eux pour les manger tout crus ;
Elle s'est même transformée en hydre à sept têtes
Dont la force s'est considérablement accrue,

Non pas à cause de ceux qui servent la malfaisance,
Mais grâce à tous ceux qui restent dans l'indifférence
Et qui poursuivent leur vie comme si de rien n'était.

C'est ce qu'un jour Einstein avait dit, en substance,
Lors qu'il commencera à prendre ses distances
Avec un monde dont l'évolution l'inquiétait. *

L'Abbé Théophile


* « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal,
mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »
Albert Einstein (1879-1955), Comment je vois le monde (1934)

jeudi 6 février 2020

Proche de Toi


Blason de Verkh-Inversky (Russie)


Je suis si près de Toi, à Te toucher sans voix,
Tu es mon étranger et je suis bien plus proche,
Plongeant dans de feintes eaux qui ne feignent pas l’émoi,
A la Terre et le Ciel, du surplus sans accroche,

Je suis mêlée à Ton noble Parfum, notre Constance.
Tu es si proche de moi, que je ne me vois plus.
A l’insipide, qu’ai-je entendu, Souverain Silence.
Comme est belle la Joie qui boit à l’horizon nu !

Tu es si proche de moi, que je dors dans Tes Bras
Si douleur épouse la Joie, que valent les tourmentes,
Puisque si proche Te voilà, l’esprit n’est jamais las ?

Je suis si proche de chaque seconde qui me hante,
Sans me défaire du goût ivre de Ton cher Discours ;
Je succombe tour à tour ; quel étrange Ton Amour !



Le Chant du Barde

mercredi 5 février 2020

Camélia


Blason extrait de l'ouvrage Flowers and Heraldry (1850), par Tyas Robert (1811-1879)


                 L’élégance était de mise, au bourgeon à peine rosi,
                 L’on fait maintes révérences,
                 Légèreté, mais candides surprises.
                 D’Amour, comme l’on est éprise !



Le camélia symbolise la fierté et le sens de l’honneur. Le camélia blanc évoque le dépit et le dédain, on l’offre à une femme qui ne semble pas sensible à l’amour que vous lui portez. Le camélia rouge exprime quant à lui, une grande admiration pour la personne aimée. Dans le langage des fleurs, le camélia de couleur rose exprime la fierté d’un amour partagé. La fleur du camélia signifie toujours un désir, une flamme dans le cœur de celui qui l’offre, c’est la fleur qui exprime avec perfection : l’adoration, la perfection ou la beauté de la personne aimée.

En langage des fleurs, quand le cœur s’épanche, je goutte, avec mystère, le bonheur de vous aimer.



Pour un songe de Toi



Blason de Michele Scandiffio (Basilicate, Italie)


Pour un songe de Toi, en cet instant inconnu,
Dépassant le ciel ; et même la lune et le soleil,
Jamais ne sont réduits en nos mains toujours nues,
Pour la fulgurance de notre éternel Éveil,

Et l’instant survenu dans les brisures sauvages
Lors que l’océan voguait éperdu de Toi,
Miroir dont le cœur ne craint ni bourrasque ni orage,
Ni éphémère, ni même Éternité de Toi ;

Pour un songe éveillé, le corps va au-delà
Des poussières envolées, semence après semence,
Pour le seul moment surpris comme à l’insu du Roi ;

Quand jour après jour, depuis L’Aube de notre Alliance,
Tu me donnas la vision claire et me délivras
Des ignorances séculières. Je ne le regrette pas.


dimanche 2 février 2020

Bouton d'or


Blason de Castellón de la Plana Borriana (Leon, Espagne)


Il est de ceux qui attendent,
Puis de ceux qui en silence,
Vous font don de leur présence.
Rien ne trahit les boutons d’or.

* * *

« La fée de cette fleur éprouve tant de compassion et d’empathie pour les humains qu’elle ne souhaite que nous aider à découvrir nos dons et la manière de les exploiter durant notre vie actuelle. Cette fleur et sa fée nous font bénéficier de leurs grandes vertus thérapeutiques et de leur immense compréhension de la condition humaine. C’est pourquoi elles contribuent à nous faire redécouvrir notre valeur personnelle. Elles nous font voir les occasions qui s’offrent à nous et nous indiquent de nouvelles voies à emprunter. » Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006). 

Le bouton d’or dans le langage des fleurs exprime la joie d’aimer et, en général, la joie.



 

Argumentum ad metum


Blason de Riedheim (Bas-Rhin, Alsace)


La caste dominante tient le monde par la peur
Car les moutons doivent rester dociles pour la tonte.
Faute de les pouvoir maintenir dans la torpeur,
Craignant qu'ils ne s'avisent de demander des comptes,

Elle fait diversion en agitant des spectres,
Quitte à créer partout des mouvements de psychose.
« Du pouvoir ne doit changer de main le sceptre. »
Est-il démocratie qui n'ait scellé cette clause

Couverte par la mascarade des élections,
Quand ce sont les médias qui fabriquent l'opinion ?
La chose apparaît au grand jour, les vernis craquent.

L'Apocalypse, c'est le temps des révélations *
Et donc la mise en évidence des relations
Qui se tissaient jusque là de manière opaque.

L'Abbé Théophile


Argumentum ad metum : « Argument de la peur. »

 * Sens étymologique du mot.

samedi 1 février 2020

Le petit Semainier - Cycle 52



Avec le cycle 52 s'achève une année pleine du petit Semainier qui, jour après jour, déposait ses touches d'âme, nées de l'Instant, c'est-à-dire du hors-temps de la Présence et dont l'Almanach du Jardin se fait le recueil que l'on feuillette tel un calendrier intérieur. Invitation à s'arrêter, à poser (pauser) la pensée et le regard, à s'étonner, à contempler, à s'émerveiller. À entrer dans le Vivant.



Blason de Boiry-Sainte-Rictude (Pas-de-Calais, Hauts-de-France)


Dimanche

Les profondeurs n’ont jamais renié,
Ni La Terre, ni Ses semences,
Ni rien du Ciel, ni rien de L’Eau.
Que de salmigondis dans certains propos !


Lundi

– Que lis-tu dans ce livre secret ?
– Les pages inachevées.
– Et que disent celles qui se sont imprimées ?
– Tout cela reste secret.


Mardi

Nous avons noirci des pages,
Qui ont fini par devenir blanches
Des mots qui se dérobaient sans violence,
Comme devenus sages avec l’âge.


Mercredi

Jamais ne languis du languissement,
Jamais ne taris d’entrer en La Nuit,
Jamais ne faiblis des sombres tourments,
Jamais ne désespère des tyrannies.


Jeudi

Sais-tu pourquoi Il ne change pas ?
En ton âme, il n’est aucun masque,
Et te voilà dans la solitude,
A vivre cette marche-là.


Vendredi

L’instant devant,
Ici, sans autre but.
L’instant seulement,
Impromptu.



Samedi

Entends-tu la voix qui court,
Comme les pluies égouttées,
Dans la pureté d’une touche,
Le son, délicate volupté ?
 


Océan sans rivage

L'Almanach du Jardin

mercredi 29 janvier 2020

D'un monde de brutes


Blason de Laponie (Finlande)


Ce bas monde a toujours été un monde de brutes,
Les livres d'histoire nous le montrent clairement,
Et c'est en masse que notre époque les recrute,
Tout en poursuivant de plus belle ses errements.

Est-il une ligne rouge qu'enfin elle ne franchisse ?
Une seule liberté qu'elle n'a de cesse de cercler ?
« Tant pis pour la planète si nos poches se remplissent !
Tant pis pour l'homme si le profit est à la clef ! »

C'est en ces termes que leur idéal se résume,
N'en imaginant pas d'autre, on le présume.
L'on pourrait sourire de tant d'infantilisme

Si n'était les malheurs qu'ils répandent sur la terre,
Lors qu'il n'est aucune hache de guerre qu'ils ne déterrent.
Où ailleurs peut mener le mercantilisme ?

L'Abbé Théophile

Devenir


À nos Amis

Blason de Ebeltoft (Jutland, Danemark)


Quand l’indicible souffle révélera le jour d’ambre,
Et que l’Aube plaintive en Toi enfin s’accordera,
Jusqu’à ce que l’oiseau nu sorti des décombres,
Au bec fleurissant le thème des doux entrelacs,

Les arbres du verger plantés à leur juste place,
Annonceront les grâces et l’opulence des fruits,
Tandis que les ruisseaux perdus au fond des glaces,
Jailliront de nouveau sous les gouttes de pluies.

Les femmes tisseront les lumières sans nom,
Et la terre nouvelle aura goût de friandises.
Oui partout, les pages des livres de nos bourgeons

Formeront de blanches veines sur les rouges cerises,
Et nous laisserons le temps venir ardent nous cueillir,
A la sève des amants, d’un été qui soupire.

Océan sans rivage

samedi 25 janvier 2020

Le petit Semainier - Cycle 51


Blason de Aebtissinwisch (Schleswig-Holstein, Allemagne)


Dimanche

Les gerçures du vent
Ont raison d’une promenade.
J’aime l’hiver,
J’en dirais de même du printemps.



Lundi

Peut-être que la solitude guérit bien des maux,
Ou bien est-elle pour certain une maladie ?
Dans le repos, qui nous sort de la nuit ?
Qui donc rencontrons-nous ?



Quand L’Homme fut Achevé,
Il entra dans La Lumière du Temps,
Essence dont le Gardien détient La Clé.
Voici Le Pôle et par Lui fut La Rose respirée.



Mercredi

A n’importe quel moment je T’aime,
Mais comme je T’aime aussi dans la langueur :
Elle me ramène plus proche de Toi.
Mon Bien-Aimé, berce-moi.



Jeudi

D’avoir aimé, m’a transformée.
D’avoir chanté, je me suis envolée.
D’avoir écoutée, j’ai entendu la joie.
Mais d’être aimée de Toi, qu’est-ce Cela ?



Vendredi

Je ne retiens qu’une chose :
Partir est comme revenir,
Recevoir est accueillir
Le vibrant message.


Je ne sais rien quand je marche,
Je ne sais rien quand je vais,
C’est juste que l’on me donne à voir,
Puis que je n’oublie pas.


Océan sans rivage



Almanach du Jardin
L'Almanach du Jardin

Fleur à cinq pétales


Composition de l'auteur


Tout au fond de la friche est la fleur vespérale,
Elle goûte l’azur et ne craint pas le froid ;
Son ancêtre poussait peut-être au fond des bois
Ou près de l’ancien temple où furent les vestales.

Un bourdon matinal frôle ses cinq pétales,
Puis part au cimetière où sont les blanches croix ;
Un oiseau sans souci fait entendre sa voix,
C’est pour dire un refrain de sa terre natale.

La fleur entend la cloche en son tintement clair
Appelant les passants loin des choses profanes ;
Ce jour est un peu gris, mais il n’est pas amer.

Un arbre dénudé se souvient de l’hiver ;
Une mouette joyeuse est venue de la mer
Pour voir la friche avant que la fleur ne se fane.

Cochonfucius

Les fruits de la vanité


Blason de Kröpelin (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Allemagne)
 

Quand le monde entier s'habille de la même façon,
Qu'il consomme les mêmes produits, la même fast culture,
Enlaidissant la terre d'une même architecture,
Bref, se calquant sur le modèle anglo-saxon,

Alors sont réunies les parfaites conditions
Pour établir cette société totalitaire
Dont les forces de l'ombre sont les commanditaires.
Nous voici déjà dans la phase de constriction

Dont le but est d'asphyxier toutes les divergences.
Deux moyens : la dictature de la bien-pensance
Et l'établissement de la précarité.

Car c'est de la peur que se nourrit ce système,
De toute force oppressive le grossier stratagème.
D'amertume sont les fruits de la vanité.*

L'Abbé Théophile

 

* Qui sont aussi ceux de la quantité, c'est-à-dire de l'avoir comme mesure de l'être.

mercredi 22 janvier 2020

Chant de L’Âme


Blason de Pervomajskoe (Russie)


Tous les royaumes m’importent peu. Toutes les voix se sont éteintes. Ni la mort, ni la vie ne protégeront nos mots envolés. Ni la gloire, ni la renommée n’auront raison de notre illusion. Ni le parfum d’une étoile fragile et enneigée, ni les joies, ni les peines ne suffiront à remplir l’univers, ni ton esprit, ni ton âme n’auront de sursis, et j’attends que les aiguilles de l’horloge se dissolvent, et ta voix ne me détourne pas de ce qui reste, sous les décombres, dans la vétusté du sol retourné, dans les flots, car dans le silence, j’ai rencontré l’amour et mon cœur a crié, puis a vu, puis a reconnu. L’amour m’a saisie et ne m’a plus lâchée. J’ai dit : je vais chanter. Il m’a dit : Viens ! Depuis, j’entends le son d’une Lyre et mon cœur se refuse à toutes les illusions, et la liberté vient du Maître de La Toute Puissance. Je sus que dans un puits, j’avais plongé. Dans les jours qui ont suivis, le puits est devenu L’Âme qui distingua les confusions et s’aligna dans la margelle qu’effleura l’étoile. Je vis la grande ourse et m’émerveillais. Soudain, elle était à me parler. Elle me rappela la loyauté et l’intégrité. L’Amitié est La Constance du Vrai, car mentir est la condamnation des cœurs malades. Je ne veux ni Terre ni Ciel, car ici, L’Amour m’a encerclée. Il a tracé les constellations en chaque membre, puis la voix a encore parlé : Ceux qui ont L’Empreinte sont les seuls à La reconnaître. Quelle est-elle, Ô Voix  venue depuis les constellations ? L’Empreinte est un signe de limpidité. Le cœur pur, tu ne peux le tromper. Ne mens jamais au cœur pur, car un jour, L’Amour l’emporte loin de toi et tu ne peux plus le trouver.

mardi 21 janvier 2020

De l'ironie


Blason de Bad Salzhausen (Hesse, Allemagne)


L'ironie, on sait, est une manière détournée,
Sous couvert de légèreté, de dire ce qu'on pense ;
Parfois même, un trait d'esprit, un mot bien tourné
Peuvent subtilement masquer l'intention d'offense.

Mais aujourd'hui, l'on s'embarrasse de moins en moins
- Surtout dans les grands médias – d'y mettre les formes.
S'en faut-il convaincre quand on en est témoin ?
Tourner en dérision est devenu la norme

Chez tous ceux qui n'ont plus la moindre conviction,
Prétendant du bien-penser faire la prescription,
Lors qu'ils ne font que relayer une propagande.

Se faut-il étonner de cet affaissement
Dont s'illustre le général effondrement,
Quand les plus viles fripouilles sont partout aux commandes ?

L'Abbé Théophile



Dans son sens initial, l'ironie désignait l'action d'interroger quelqu'un en feignant l'ignorance (telle, par exemple, que l'ironie socratique), pour prendre peu à peu celui d'une figure rhétorique servant à exprimer le contraire de ce que l'on pense, puis celui de moquerie sarcastique. Nous employons le terme dans ce dernier sens.

lundi 20 janvier 2020

Perpétuel souvenir


Blason de Kalistep (Tchéquie)


Il faut beaucoup de temps pour s’extraire des filets,
Mais il faut encore plus de temps pour le dire,
S’apercevoir que l’on a déjà tout quitté,
Par ce regard qui a vu l’étranger venir.

Il était bien en nous, toujours à nous unir ;
Il était nos yeux, notre toucher, notre guide.
Il était plus que tout, notre perpétuel souvenir,
Celui qui traduisait Le Rêve et le rendait limpide.

Barde, avant de tout quitter comme tout nous quitte,
Sans qu’aucune distance ne soit à nous séparer !
C’est Toi, L’Homme de notre âme, qui nous y invites,
Dans le murmure indicible, dans le simple arrêt,

Et le cœur de tressauter et de mettre les mots,
Sur ce qui a devancé et qui nous anime.
Gloire à La Reliance, quand la fin n’est pas fléau,
Ni même outrecuidance : Ta Présence est magnanime.

Océan sans rivage


dimanche 19 janvier 2020

Héraldique des métiers



Nul n'a autant fouillé l'univers héraldique que notre ami Herald Dick qui, depuis huit ans déjà, nous en montre toute la richesse et la diversité, à travers des articles abondamment illustrés. Car comme il le souligne si bien dans l'en-tête de son blog Herald Dick Magazine : « L'héraldique est une passerelle spatiotemporelle. Les blasons nous parlent des Hommes, des Nations, des Communautés, de l'Histoire, du Spirituel, de la Nature, de l'Art, des Sciences, de la Vie, presque tout en fait... »

 
Ayant ici même largement évoqué l'héraldique des métiers, nous invitons les lecteurs à découvrir la série consacrée par Herald Dick à cette spécificité, notamment aux Guildes de métiers, artisans et marchands qui avaient une activité dans la capitale autrichienne Vienne aux alentours de l'année 1900. « Délicieuses images d'un autre temps, qui sont l’œuvre du peintre héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl (1851–1919), sans doute l'un des plus grands parmi les artistes que l'on connaisse, tous pays confondus, dans cet art. »

Le mur du Barde



Blason de Drovninsky (Russie)


Quand l’aube fut rougeoyante, l’étoile s’effondra
Sur un lac, mais alors tu vins ; de tes mains pures
Tu la tiras des tréfonds et la ramenas.
Barde, je fus saisie par son éclatante parure.

Barde, auprès de toi, j’ai vu le fond des eaux-vives,
Les cascades qui s’échappent d’entre les vieux rochers.
J’ai vu ta droiture et la nuit allusive :
Ton grand silence est semblable à un livre caché.

Tu m’as tirée de ma somnolence. J’ai dansé.
Qu’importe ! Ainsi je suis avec pleine démesure
Le chemin, celui de ceux qui ont tout quitté !

Je t’ai suivi sans rien dire, sans même me plaindre,
Jusqu’à ce que nous parvenions au fameux mur,
Ébrasure comme le secret sait empreindre.

Océan sans rivage