Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Affichage des articles dont le libellé est Recueils de Marc. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Recueils de Marc. Afficher tous les articles

mercredi 9 septembre 2026

Les bancs-reposoirs d'Alsace

 

 
Jadis, les paysannes se rendaient au marché
Pour y vendre les produits de leur ferme.
Ces femmes vigoureuses ne craignaient pas de marcher
Et parcouraient parfois plusieurs lieues d'un pas ferme.

Elles portaient souvent de lourds paniers sur la tête,
Ce qui les obligeait à marquer des arrêts.
Le retour, à vide, pouvait se faire d'une seule traite.
Parties dès l'aube, elles rentraient tard dans la soirée.

Au bord des chemins se trouvaient des reposoirs
Comportant deux niveaux : le plus bas pour s'asseoir
Et le plus haut pour y poser la pesante charge.

C'est sous les deux empires qu'ils furent aménagés
Et font lors partie du patrimoine à protéger,
Témoins d'un temps où l'horizon semblait plus large.

mardi 25 août 2026

À la saint Louis

 


I

L'on rapporte qu'à la saint Louis, l'été est fini.
D'autres disent que c'est à l'Assomption que tout bascule.
L'automne, bien souvent, arrive en catimini,
Lors que les derniers jours de vacances se bousculent.

Car la rentrée toute proche noue déjà les ventres.
L'on voudrait prolonger la saison estivale,
D'autant que peu se font du travail les chantres,
N'étant plus chez beaucoup une vertu cardinale.

C'est que le monde extérieur est peu bienveillant
Et tend même à être de plus en plus féroce.
Il faut donc se forcer pour le voir attrayant,

Tant les mentalités sont partout affaissées.
On passerait bien là-dessus le balai-brosse,
Au lieu de mener une vie de citrons pressés.

II

Ce noir tableau peut paraître exagéré,
Si n'était que certains faits, hélas, le confirment.
La vie moderne n'est pas facile à digérer
Et génère en grand nombre des esprits infirmes.

La consommation d'alcool et de psychotropes,
Ajoutée à l'immense marché des stupéfiants,
Ne plaident pas en faveur d'un système philanthrope.
Le mal être est général et stupéfiant.

Ce n'est pas une simple histoire de porte-monnaie
Car même les nantis aiment bien se poudrer le nez.
Le malaise est plus profond car il touche à l'âme.

Pourquoi gagner le monde si c'est pour l'égarer ? *
Car n'est-ce pas ce vide-là qui vient nous effarer
Et de nous en divertir qui tisse tous nos drames ?

Frère Eugène

  

du Cloître d'Héraldie

* Évangile selon Marc 8:36

vendredi 21 août 2026

Palatinat


Vue depuis le Martinsturm, secteur du château de Landeck
(Photographie de l'auteur, 23 juillet 2026)



C'est un océan forestier où les monts ondulent
Comme des vagues mouchetées de mille nuances de vert
Que viennent encore teinter l'aube et le crépuscule
Et que le vent s'amuse à brosser à revers.

Des rochers saillants parcourent son échine dorsale
Auxquels répondent les vieilles tours des châteaux d'antan
Qui surplombaient et dominaient les terres vassales
Que le haut silence semble garder hors du temps.

vendredi 7 août 2026

Du contexte comme prétexte

Blason de Nérac (Lot-et-Garonne, Nouvelle Aquitaine)


Si à la sainte Procule arrive la canicule,
Le dicton ne souffle mot quant à sa durée.
Une fois bien installée, pas même le crépuscule
Ne vient d'un peu de réconfort nous assurer.

Et si parfois vient à éclater un orage,
Il laisse une traînée de moiteur une fois éteint.
Si d'antan la canicule faisait court passage,
Elle s'installe à demeure dans les pics qu'elle atteint.

Le climat a de tout temps eu ses sautes d'humeur,
Sauf qu'aujourd'hui, certains les instrumentalisent
À des fins politiques. Ce n'est là qu'une rumeur ?

Allons donc ! Il suffit d'écouter les discours
Issus de ces cerveaux normés qui fiscalisent,
N'ayant que la taxation comme unique recours.

Frère Eugène

samedi 1 août 2026

Au cœur de l'été

Blason de Puerto Moral (Andalousie, Espagne)


À la saint Ignace, s'il te reste un peu de place
Et que la main jardineuse quelque peu t'agace,
Sème des haricots verts et plante la chicorée,
Sous couvert, car des hôtes la viendraient picorer.

À la saint Alphonse, cueillons les fruits de la ronce
Avant que n'éclate l'orage qui au loin s'annonce.
Lors que les tomates mûrissent dans le potager,
Veille à ce qu'elles soient de leur feuillage dégagées.

Si l'août entrant poursuit de juillet la fournaise,
Tu peux dire adieu aux remontantes comme les fraises.
Produire ses propres légumes n'est pas sans labeur,

Je n'en sache aucun qui tombe seul dans la corbeille.
Pourtant, une fois dans l'assiette, au goût, quelle merveille !
C'est un véritable festival de saveurs.

Frère Eugène

mardi 7 juillet 2026

Poucette

Poucette, février 2026


Poucette, estampillée de la race des Coucous,
N'était, sans vouloir l'offenser, qu'une demi-poule.
Quoique un peu naine, elle savait lever haut le cou. 
N'étant pas du genre à qui on la roucoule,

Elle défiait le coq à peine sorti du duvet.
Mais quand celui-ci eut pris du poil de la plume,
Il arriva ce qu'on présume et se devait :
Poucette en perdit une partie de son costume !

La chose allait à bien au fil des pondaisons ;
La basse-cour vivait au rythme des caquetages
Et le coq lançait aux quatre vents sa chanson.

Un jour de juin, Poucette se prit de couvaison,
Las ! sans pouvoir mener à terme son héritage.
Elle repose en forêt, sous une belle frondaison.
 

dimanche 5 juillet 2026

Maître Coq en son épilogue

Blason de Vogüé (Ardèche)
 
D'azur au coq d'or, crêté et barbé de gueules.


La source est tarie et mon bec s'est asséché.
Nul mot n'y vient plus, pas même l'ombre d'un qui pointe ;
Et plus d'un, jadis commis, a l'air ébréché.
Un ultime sonnet et le silence en pièce jointe.

Qu'a-t-on à poursuivre les fantômes du passé ?
Nous voici, passants, presque gisant en nos tombes.
Que reste-t-il de tous ces instants trépassés ?
Qu'importe, dès lors qu'en eux la présence ne succombe !

La plupart ne mènent que vie sans grand horizon,
Ne voyant plus même passer les quatre saisons.
Hors sol d'avoir déserté le Ciel et la terre,

Se donnant raison de tout, n'ayant sens de rien,
Ils confièrent les clefs du château à des vauriens
Qui se firent de leur servitude les mandataires.

samedi 13 juin 2026

Mathématique

Blason de Monchy-Cayeux (Pas-de-Calais)

D'argent à l'écusson de gueules accompagné de huit papegais de sinople, colletés, becqués
 et membrés de gueules, chacun posé sur une branche alésée du champ, ordonnés en orle.


Un mensonge répété n'est pas une vérité
Car celle-ci ne dépend pas de la quantité.
Mille fois zéro font zéro, c'est mathématique,
Mais une fois un font un, implacable logique.

mercredi 26 juin 2024

Querelle au jardin

Blason de Ravilloles (Jura, Franche-Comté)

Taillé : au premier d'or au sapin arraché de sinople, au second
de sinople au bourdon d'or rayé de sable, ailé d'argent.


Un jardin en fleurs attire bon nombre d'insectes
Car toute corolle ouverte aime se faire butiner.
Aussi s'y active-t-on dès l'aube, sans badiner.
Tout le monde trouve sa part et chacun se respecte.

Un bourdon, se voulant poser sur l'angélique,
La trouva investie de punaises arlequin.
« Ôtez-vous de céans que je m'y mette, faquins !
Prétendriez-vous que je reparte famélique ?

En voilà une engeance qui se croit à demeure !
Suis-je d'une espèce à réfréner son appétit ?
J'exige mon comptant, avant que le jour ne meure. »

Le bougon bourdon atterrit sur une ombelle,
Envoie valser les intrus comme des confettis
Qui s'en allèrent former ailleurs leurs ribambelles.

La ronde des insectes

dimanche 31 mars 2024

L'Ombre n'est rien

Blason de Moscou


L'Ombre n'est rien, quand même elle semble s'étendre ;
Si vaste soit-elle, la moindre étincelle la brise
Et cela suffit comme limite à son emprise.
Car la seule chose à laquelle elle puisse prétendre,

C'est d'être le réceptacle de la Lumière
À laquelle elle sert en fait de révélateur.
N'offrant qu'une courte-vue, sans la première hauteur,
Les ténèbres sont de la conscience les œillères.

Elles n'ont en vérité aucune réalité,
En ce sens qu'elles n'ont pas de nature intrinsèque.
Ainsi, quoi qu'elles fassent, elles sont vouées à l'échec

Et leur déchaînement dans l'actualité
Est le clair signe de leur proche défaite.
Ce fut annoncé. Mais qui écoute les prophètes ?

jeudi 6 avril 2023

Hôtes et intrus du jardin

Blason de Chérisay (Sarthe, Pays de la Loire)
 
 D'azur à la coccinelle soutenue de deux branches de chêne,
les tiges passées en sautoir en pointe, le tout au naturel.


Des insectes qui s'en viennent visiter le jardin,
Il en est qui sont les bienvenus, tels l'abeille,
Le gros bourdon et le papillon baladin,
Sans oublier le forficule dit perce-oreille

Et, bien sûr, la coccinelle dite bête à bon dieu
Qui sont du jardinier les précieux auxiliaires
Car les pucerons leur sont un mets délicieux.
Ils ont donc leur place choisie et particulière.

Il en est un autre, malgré son bel aspect,
Que tout planteur de pommes de terre redoute :
On aura reconnu le doryphore sans doute,

Un gaillard qui est loin d'inspirer le respect
Car il met le potager en état de guerre :
Il se sert sans retenue, ça ne le gène guère !

Les dialogues du blason
 

mardi 28 février 2023

Puisque tout est relatif

Blason de Rumpenheim (Hesse, Allemagne)

Puisque tout est relatif, l'Absolu s'impose
Par contrainte logique comme point irréductible.
Il est la Relation sur laquelle tout repose,
Le pôle premier, ultime et irrésistible.

On peut dire de Dieu qu'il est l'Un, Unique et Même
D'où procèdent toute unité, toute unicité.
Il est le désir-en-soi, le vouloir suprême
Vers lequel aspire toute la multiplicité.

Cependant, rien ne le limite ni ne l'enferme.
Nul manifesté n'en fait la totalité,
Car inépuisées sont ses possibilités.

Rien ne fixe son commencement ni son terme.
Et si le plus infime est à le révéler,
Rien ne peut le contourner ni le dévoiler.

lundi 30 janvier 2023

Les oracles de Cumes (7)

Énée et la sibylle de Cumes (détail) par François Perrier (1594-1649)


D'être peu pénétrés par la modernité,
Quelques peuples sont encore pétris de sagesse.
À l'inverse, une grande partie de l'humanité
Témoigne de plus en plus d'un état d'ivresse

Qui s'illustre par la subversion des valeurs.
L'Occident, surtout, déjà en pleine décadence,
S'enfonce plus profond dans l'affaissement des mœurs
Et poursuit ainsi son suicide à pleine cadence.

La nature, Dieu merci, reste fidèle à jamais
Et nul n'imagine qu'elle puisse marcher sur la tête,
Depuis la moindre plante jusqu'à la petite bête,

Lors que l'inversion humaine atteint des sommets
Qui font de l'ombre aux turpitudes de Sodome.
Cette époque fait du pire des précédentes la somme.

Chroniques d'un monde finissant

  

Blason d'Auvers-le-Hamon (Sarthe, Pays de la Loire)

dimanche 29 janvier 2023

Centrage (2)

Blason de Veert (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)
 

La possession ne me définit pas,
Qu'elle soit matérielle ou immatérielle.
Le vrai « je » ne se trace pas au compas
Car il est de nature spirituelle

Et donc, en cela, irréductible.
Tout ce qu'il manifeste est composé
Et s'en trouve par là même divisible
L'esprit est-il à la forme opposé ?

Dans l'unité, cette question est oiseuse,
Tout autant que les réponses sont vaseuses.
Elles font encore couler beaucoup d'encre

Chez ceux qui cherchent midi à quatorze heure,
Ayant perdu l'adresse de leur demeure
Et ne sachant plus où jeter l'ancre.


Centrage (1)

vendredi 27 janvier 2023

Ligne tracée

Blason de Chaa-Kholsky (République de Touva, Russie)

 

Trop loin à l'est, c'est l'ouest, disait Lao Tseu.
C'est dire qu'il n'ignorait pas que la terre est ronde.
Ce sage, comme on sait, était loin d'être verbeux,
À l'exact inverse, donc, de ces temps de faconde.

Nul ne peut être plus royaliste que le roi,
Ni plus divin que Dieu ; ce serait une outrance,
Telle qu'en témoigne cette époque par pleins charrois
Et qui multiplie sans frein ses intempérances.

Siddhartha enseignait la voie du juste milieu,
La plus simple, certes, mais sans doute la moins facile.
Se croit-on l'atteindre qu'on s'en trouve à mille lieues !

On pense à la formule « trop c'est comme pas assez ».
C'est pure raison, nul besoin de tenir concile.
Il y a longtemps que cette ligne est tracée.

L'Oie, la Cigogne et le Brochet

Blason de 's-Graveland (Hollande Septentrionale)
 
Tiercé chapé ployé : au premier de gueules à l'oie contournée couronnée d'or ; au deuxième d'argent à la cigogne d'azur ; au troisième du même au brochet d'or aussi.

« Gente Oie, que vous vaut d'être ainsi couronnée,
Vous que l'on tient d'ordinaire pour une bête stupide ?
– Cette réputation est dure à déboulonner,
D'autant que la plus sotte ignorance la préside,

Moi qui symbolise, au contraire, l'intelligence.
– Cela est fort injuste, répond la cigogne.
– Dieu merci, l'héraldique répare telle négligence,
Quoique n'étant pas du bestiaire le genre qui cogne.

– Suis-je, quant à moi, mieux traité ? ajoute le brochet,
Je passe pour cruel, selon l'opinion commune admise,
Moi dont la vie peut finir au bout d'un crochet !

Un blason nous rend justice, cela est fort bien ;
Mais il faut du temps pour qu'une idée soit démise.
Peut-être y contribuera cet entretien ? »

Le bon trappeur

 Poussés par les nécessités de l'existence,
Les hommes se sont toujours montrés très inventifs
Pour survivre et assurer leur subsistance,
Sans être sur les conséquences très attentifs.

Un ours distrait mis sa patte dans un piège à loup
Et ses tentatives pour s'en libérer furent vaines.
Les dents pénétraient sa chair comme autant de clous.
Le jour se promettait heureux ; lors, quelle déveine !

Un trappeur de passage aperçut l'animal.
Il aurait pu l'achever sans le moindre mal
Et se féliciter d'un beau tableau de chasse.

Mais comme cela lui aurait semblé peu loyal,
Il eut pour la bête malheureuse un geste royal,
Après l'avoir rassurée contre toute menace.


Histoires fromagères

mercredi 25 janvier 2023

La petite laitière (2)


Nanette, qui fut déjà évoquée en ces pages *
Et qui se plaignait de sa triste condition,
Est devenue à cet égard beaucoup plus sage,
Et sans y mettre la moindre abnégation.

Le confinement, suite à la crise sanitaire,
Et l'état plus que piteux de la société
Ont eu sur son esprit un effet salutaire.
« Ce monde n'offre que contraintes et contrariétés

Allant jusqu'à vous disputer, même, le pain sec
Et trouvant mille manières pour vous clouer le bec.
C'est bien cher payer pour mener une vie d'esclave !

Je suis assurément mieux ici qu'ailleurs,
Plutôt que d'être la larbine d'un employeur.
Au moins, céans, je me sens comme dans une exclave. »

 

Histoires fromagères

dimanche 22 janvier 2023

Table rase


Le Français de souche est qualifié de Gaulois
Pour le distinguer du citoyen allogène.
Ce surnom n'est pas toujours du meilleur aloi
Quand il sert à pointer l'habitant indigène.

Le sang des Celtes que les siècles ont dilué,
S'il échauffe les esprits, ne coule plus dans les veines.
D'une mémoire lointaine que l'on aime à saluer,
Les évocations semblent aujourd'hui bien vaines.

L'on aimerait concilier modernité et racines,
Sans admettre leur plus parfaite antinomie
Car la première prône le changement qui fascine,

N'ayant de cesse de faire du passé table rase
Et de réduire le monde à la monochromie,
N'étant plus très loin de cocher les dernières cases.


Histoires fromagères

samedi 21 janvier 2023

Les oracles de Cumes (6)

La Sibylle de Cumes par Michel-Ange (1475-1564)


Ce monde matérialiste est dans le désarroi
Comme jamais il ne le fut en aucune époque.
Ses inquiétudes sont-elles les prémices de l'effroi,
Lors même que les moins égarés battent la breloque ?

Voici venus les temps de la grande confusion
Qui nous fut annoncée par les écritures.
Parvenu au paroxysme de l'illusion,
L'humanité se cherche une nouvelle quadrature.

Car la voici patinant sur elle-même, à vide,
Ne sachant plus ses origines ni son destin
Et pourtant plus que jamais cupide et avide,

Comme se voulant repaître encore et encore
De son image brisée, n'ayant plus même l'instinct
De sa nature, se mirant telle une vieille pécore.