Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

mercredi 19 avril 2017

Les Souffles de l'Aube - Fidélité

Blason de l'Amt Golzow (Brandebourg, Allemagne)

             Intelligible Souffle que recueille La Fidélité.
             Vois-tu comme Il est à tenir chaque seconde l'Imperceptible Présence ?
             En ce chemin des aspirations est une Réalité qui se nourrit de ton Aube perpétuelle.
             L'atome joue des effusions de Ton Cœur.
             Puis, il concentre les ardences de Ton Amour.
             Chaque seconde est Une. N'en doute pas !
             Si tu écoutes un seul de Ses Soupirs, Ton Âme ne L'oublie pas.
             Lève ton regard intérieur. Le Ciel descendra en pluie bienfaisante.
             Un Seul instant en Lui et tu le sauras.
             Jamais, Ô grand jamais, tu ne pourras t'en détourner
             Sa Prunelle est mille grâces effusives.
             Saisi par Sa Beauté, tu seras en ces larmes, l'esseulé.
             Troublante la vision de cette Fidélité.
             Je te parlerai des parures de Sa Resplendissance.
             Elles sont les pudeurs des visages de Sa Présence.
             Elles sont les Vertus que l'on a oubliées.
             Elles sont mille Noblesses de Sa Majesté.

Océan sans rivage

mardi 18 avril 2017

Considérations simiesques


Blason de la Maison nobiliaire von Stechow (Allemagne, 12e siècle)

L'Amie, laissons là ce temps aux oeuvres futiles
Qui nous inspirent un ennui mortel tout autant
Et voyons se lever cette Aube qui rutile
Des milles Soleils de l'Ailleurs, en ce Seul Instant.

Point ne suffit d'exister pour être Vivant
Car en la vie mécanique, même de grande pointure,
Il n'est rien, finalement, que n'emporte le vent,
Lors qu'avec les éclats saute aussi la jointure.

C'est le propre du fainéant d'être feignant.
Le principe de réalité n'est qu'une posture
S'il ne couvre que l'enveloppe du vide régnant.

Il y a loin, n'est-ce pas, de la coupe aux lèvres ?
Combien de rires sont du vrai sourire l'imposture ?
Plus d'un se pense profond en n'étant que mièvre.

Le Spectre à trois faces



N'imitez rien ni personne. Un lion qui copie un lion devient un singe.

Victor Hugo, Tas de pierres

Aimer


Blason de Valmanya (Pyrénées-Orientales)

Ecu carré en pointe : de gueules à une crosse abbatiale d'argent
accompagnée à dextre, à senestre et en chef d'une fleur de lys d'or.

Est-ce Lumière qui chante en ondes extatiques
Rayonnement qui en son élévation touche le firmament
Est-ce ruissellement d’un Soleil en une Lune Béatifique
Éternité qui s’abreuve des Fleuves du Ciel incessamment?
Aimer, en cette envolée qui devient ondées exquises
Suintement en ces éclats lors que le cœur devient Aimant
Eden d’un Centre si délicat, puissant de L’Origine
Mon Âme qui aspire en cette Ascension, l’Ultime Union
Aimer en ce regret de n’avoir pas su Aimer
Que chaque reflet fut une trahison
Aimer dans Le Souvenir de Celui qui aime
J’ai pleuré, Mon Seigneur, de ne pas savoir T’aimer
J’ai pleuré, saisie par Ta Grandeur et Ta Royauté
Émue, tremblante devant Ta Seule Fidélité
Ravie en cette Suprématie, en Ton infinie Bonté
Aimer, depuis ce cœur qui ne sait aimer, jusqu’à T’aimer
Depuis ces torrents déversés, implorant Ton Aide
Je T’ai demandé de m’enchaîner aux incandescentes Lumières
De faire de moi, Ta Destinée, Te rejoignant dans L’Innommé
Aimer, du Seul pouvoir d’aimer en Ta Sainteté Vénérée
T’aimer, agrandie en ce réceptacle par L’Amour Béatifié
Exaltée en Ton Universalité Seigneuriale, en L’oraison de mes larmes.

Je T’aime de m’aimer
De ce qui se dit à l’instant
De ce qui se dit pour L’Éternité
Je T’aime de m’aimer
Et veux le clamer constamment
En ce qui ne jamais s’épuise
Puisque L’Amour est Ton Firmament
Aimer de cet Amour qui nous unit
Je T’aime de m’aimer
Toi qui Es Ton Amour
Aimer, sans attendre autre que Toi
En cet Êtreté, LUI qui est LUI
Sommité immaculée
Clameur en Ta Souveraine Beauté.

Océan sans rivage

Cigogne bicéphale


Blason de Bessenbach (Basse-Franconie, Bavière, Allemagne)

Dame Cigogne, à qui l'on rapporte les paroles
Que Gente Poule eut un jour pour Maître Corbeau,*
Se voudrait, à la question, verser son obole
Et d'une aussi belle pensée porter le flambeau.

« Quoique je ne sois pas de nature compulsive,
Je me voudrais embrasser tout d'un seul regard.
Je ne suis pas davantage, l'on sait, impulsive
Car d'humeur égale et posée, à tous égards ;

Pourtant, l'idée m'a prise d'être bicéphale,
Ou d'avoir deux faces, comme le dieu latin Janus.
Elle m'est venue ainsi, sans que je le voulusse.

Mais Gente Poule m'apprit que la conscience focale,
En une présence pleine, donne également une vue
Synoptique car en l'infime, tout est contenu. »

Marc

* Voir Réponse jaillissante (à Maître Corbeau)

Je déchire ce tableau


Blason de Cordemais (Loire-Atlantique)

Comme mes veines ensanglantées par ces lames
Je déchire ce tableau
Comme ces morsures qui me poignardent l'âme
Je déchire ce tableau
Avec énergie, ardeur et mouvement
Je déchire ce tableau

Qu'était-il dépeint ? Une histoire sans fin
Pleine de larmes tailladant ce visage boursouflé
Je déchire ce tableau.
Plein de trace de sang de milliers d'être insoumis
Je déchire ce tableau
Avec haine, mépris, rage, et convulsions
Je déchire ce tableau
Dégorgement fétide et infecté
Je déchire ce tableau.

Était-il incompris ? Bien plus qu'un amour indécis
J'ai pitié pour ce tableau
Rejeté, enterré, calciné,
J'ai pitié pour ce tableau.

Le prenant dans mes bras comme un nouveau-né
Je crie ce tableau
Le cordon encore présent mais déchiré
Je crie ce tableau
Empoigné, serré, étouffé,
Je crie ce tableau.

Dans cette chaleur bercée, caressée, par la douceur allaitante
J'écris ce tableau.
De ce linceul de pudeur je recouvre cette étendue déchirante
J'écris ce tableau.


Seule, suis ce tableau.

Mey

Lune rousse


Blason de la famille Wäfler von Frutingen (Canton de Berne, Suisse)

Avril pluvieux et mai venteux font an fécond
Et bienfaiteux ; mais souvent, du premier, la lune
Ne s'écoule sans gelée, à en croire le dicton.
Qu'en sera-t-il vraiment ? Autant jeter les runes !

N'est-il pas dit, quelque part, qu'à la Saint-Parfait,
Qui cette année tombe après le lundi de Pâques,
Le printemps garde sa douceur ou s'en défait,
Recouvrant le clair azur d'une froidure opaque ?

Si en avril, ne te découvre pas d'un fil,
Mai ne présente pas toujours son meilleur profil
Car en son cœur dorment les trois Saints de Glace

Dont les bonnes gens de terre redoutent le réveil.
L'on est avisé d'écouter ce sage conseil :
Jusqu'à la Sainte-Sophie, c'est la lune rousse qui passe.

Marc


Notes :

- La lune rousse est la lunaison après Pâques, une période où, lors de nuits sans nuages, il y a des risques de gelées, nocturnes ou surtout au petit jour, qui font roussir les jeunes pousses des plantes.

- Les Saints de Glace, Mamert, Pancrace et Servais, sont traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai. Sainte-Sophie, fêtée le 25 mai, marque le terme de la période où menacent les gelées nocturnes.

lundi 17 avril 2017

Chant du Lilas


Blason des Lilas (Département de Seine-Saint-Denis)

D'or treillissé de sinople, entre-semé de fleurs de lilas de pourpre

J'étais une jeune fille bien seule sur le chemin.
J'étais cette fille qui scrutait au loin,
Le vertige des matins, lors que les rosées de Lumière
S'offraient au vent des sous-bois.
J'étais une multitude de soupirs et quelques brins lunaires.
Il court comme le clapotis des ruisseaux sur le tremblant émoi,
Et en lourdes grappes pourpres, il suspend le temps du Regard.
Il court en ces pas de danse que se murmurent les confidences.
C'est au creux des sentiers que la fille se perd, lors que le silence
S'allie à la douceur des effluves de l'embaumant nectar.
Je suis cette fille qui de velours est vêtue, et de blanches écumes.
Les ondoiements saupoudrent les féeries que laissent entrapercevoir les bosquets.
Ce sont les lutins qui dansent sans jamais se lasser.
Je suis la pluie infinie des vestiges d'une dune,
Lors que la joie est cascade de rire.
Je suis la magie des lieux que nos pas désirent.
Je suis les traces de Ton Exaltation entêtante.
C'est en ces gerbes que je suis à me vêtir de Ton Souffle.
Sur les écorces d'un Arbre Majestueux glisse L'Aube naissante.
Les tressautements du vent amical caressent l'étreinte du soir farouche.
C'est en son frémissement que je chante les rivières éclaboussantes.
Le miroitement des étoiles ceint de leur joyau le déploiement de mes bras.
C'est en ces fugaces évanescences que mon cœur s'enchante.
Je suis la fille d'un Arbre qui chérit le ciel nocturne.
Vois comme je suis à sourire en mon esseulement et comme mes sœurs me choient.
Je suis en Toi à rayonner de perles quintessentes.
La harpe ruisselle de Ta Présence Diurne.
Tu m'as donné pour Nom Lilas.
Est-ce de langueur ? Vois comme je fais révérence au Roi.

Océan sans rivage

mercredi 12 avril 2017

Coq de gueules


Blason de Colomars (Alpes-Maritimes, Provence)

Dans le ciel d’or un grand coq rouge
Veut s’en prendre à tout ce qui bouge ;
Tant que le jour n’est pas couché,
Il change le monde en bûcher.

Aussitôt que la nuit va naître,
Il rêvera, près des fenêtres,
Aux plumes des poules d’antan,
Il y songera bien longtemps.

Auprès du miroir déformant,
Disant une histoire qui ment,
Il scrutera d’un œil avide
Les trésors d’une boîte vide.

Cochonfucius

Considérations éparses


Blason de l'Abbaye de Kempten, Allgäu, Bavière (752-1803)

Je n'ai pas la prétention de changer le monde ;
Autant vouloir donner à l'eau une forme propre.
Sur cette terre, le sublime côtoie l'immonde ;
Y dominent la concupiscence et le stupre.

J'ai déjà assez à me réformer moi-même,
Ce qui, je vous l'assure, n'est pas du petit lait ;
Je ne suis pas du genre à jeter l'anathème
Sur qui ne se fait pas de ma foi le relais.

J'évite de croire car il n'est pas dans ma nature
De douter ; par contre, j'aime bien la quadrature
Du cercle et tout ce qui défit la raison.

Une certitude intime a sa propre substance ;
C'est par l'intérieur que nous vient la consistance.
Que suis-je si je ne suis maîtresse en ma maison ?

Le Spectre à trois faces


Face première

En cette étrange nuitée


Blason de Herzfelde (Brandebourg, Allemagne)

J'ai rêvé que je me retrouvais toute seule,
Assise dans une barque, au milieu d'un océan ;
Je vis l'horizon étirer un blanc linceul
Et sentis en moi se creuser un vide béant.

Que m'arrivait-il ? Que faisais-je là ? Qui étais-je ?
Il me sembla n'être rien de plus qu'une ombre
A laquelle faisaient mystérieusement cortège
D'étranges papillons dont cinq était le nombre,

Celui qui symbolise la cohérence globale
De l'Univers : le principe de matière du Deux
Uni au principe divin du Trois... Seigneur mon Dieu !

La boucle se bouclant annonçait l'heure tombale,
Ouvrant l'ultime cycle de mon incarnation ;
Je me sentis bien, libre de toute passion.


Justine

mardi 11 avril 2017

Considérations pavloviennes 3


Blason de Kelbra (Saxe-Anhalt, Allemagne)

La quantité n'est souvent qu'un empilement
Du rien, la répétition du pareil au même,
Et l'accumulation qu'un éparpillement
Que l'orgueil ourdit à travers mille stratagèmes.

Mais qui es-tu donc, pour ôter de sa bouche le pain
De ton frère ? Tu édifies des Babel de verre
Dont les fausses hauteurs ne donnent que vertiges mesquins,
Lors que ta superbe finira six pieds sous terre.

Tes promesses ne valent pas la moitié d'un radis !
Je ne vois que fêtes foraines en tes paradis
Où les mêmes refrains font tourner les mêmes manèges.

Ce monde meilleur que tu imprimes dans les cerveaux
N'est jamais qu'un abattoir destiné aux veaux.
Et comme ils y courent, lors que tout se désagrège !

Le Spectre à trois faces


Mémoire d'outre-monde

dimanche 9 avril 2017

La Coupe

La coupe d'amertume

Blason de Elz-Westerwald (Hesse, Allemagne)

J'ai bu jusqu'à la lie à la coupe d'amertume
Que me tendait Kali sous les traits de Lilith,
Celle dont l’œil de nuit liquide verse son voile de brume
Sur la raison des jours qui bientôt se délite.

J'ai toujours vu au lieu d'une sorcière la bonne fée
Et dans tout sourire de femme celui de la Mère ;
Mon cœur n'est plus que cendres d'autodafés
Froides sur les marchés des amours intérimaires.

Dans les vallées que baignent les eaux saumâtres,
L'âme guerrière s'émousse et ne récolte que la rouille
Des heures vides qui ne laissent de soi que la dépouille.

L'Amie, en cette demeure tu m'es comme un âtre
Où mon âme qui remonte peut déposer les armes ;
Puisse la chaleur des mots vrais y rompre le charme !

Marc


Cette Coupe

Blason de Weng (Bavière, Allemagne)

Je bois à leur coupe tant désirée
Me voilà dans un piteux état
Vais-je me plaindre si je suis enivrée?
Je voulais être parmi ces hommes-là
Leurs Amours sont entêtants, quelle folie
Vais-je me plaindre si je n'ai plus de raison ?
Vais-je me plaindre si tout est ma propre dérision
Vais-je me plaindre si de mon jour et de ma nuit
Je ne sais plus où j'en suis, même si cela aussi est ma Joie ?
Je ne savais pas qu'un tel vin avait ces effets-là
Vais-je me plaindre si mes écarts font de moi cette insensée ?
La Lune se boit la nuit tombée et nous mène en l'au-delà
Pleine ou Coupe, égale est son énergie en moi
Ici se transforme toute la réalité pour Le voir LUI
Il a ravi mon cœur que je Lui cède volontiers
Ces étreintes ont ôté tous les voiles, Son Mystère est une voix
De nouveau, Son secret dans l'Essence d'une Rose Amourée
Si je me perds, je sais qu'Il est toujours Là, L'Ami de ma vie
Si je me perds, je sais que j'ai un allié dans ma nuit
Si je me perds, je sais qu'Il est Celui qui me trouve mieux que moi.

Océan sans rivage

Rose d'Azur


Blason de la ville de Lemgo (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Au milieu d’un cadre, une Rose bleue.
Quel est donc son secret, d’Azur est son velours ?
De l’UN possible, le souvenir est cristal des yeux.
Les pétales sont le drapé d’un Océan d’Amour.

Vais-je te confier cette larme devenue vague bleue ?
Vers un autre rivage s’échoue, exhalaison des cieux
Rejoint le sable des nuages doux, se meurt dans l’écorchure.
Douleur qu’étreint le jour, la nuit devient le miroir pur.
Soleil, Lune, astres inconnus, que vais-je devenir?
Le cœur doit encore s’élargir pour tous vous contenir.
Le corps est plié devant L’Univers, vibration, seule guérison.
Les éléments épars veulent fusionner en un accord parfait.
Larme bleutée, fleuve de l’intuition, vallée creusée tel un sillon.
Que vais-je devenir, plaine du ciel, tumulte des effets ?
Jusqu’à Toi, soupir de l’Aspirant, l’oiseau plonge dans les dunes,
Car le ciel est la terre de mon âme, le cycle d’une lune.
Ivre de cet air-là, bois, et encore à cette eau miraculeuse.
Le bonheur est vif des douleurs de l’étreinte amoureuse.

Océan sans rivage

samedi 8 avril 2017

Identité

Blason de Langeoog (Frise-Orientale, Basse-Saxe, Allemagne)

Même sang
Même flamme
Même ciel
Même terre

Aqua viva
Fuego húmedo
Aire libre
Tierra caliente

Noé

Entre toutes ces voiles qui mènent à l’horizon
Gonflées au vent de l’orgueil
Qui me dira la pauvreté de l’être à n’être que lui-même
Qui dévoilera à mon oreille la parole essentielle ?

C’est au fond des poitrines la plus sûre caverne protégeant cette perle infime et précieuse entre toute ;
C’est au fond des poitrines comme une conque pleine d’un souvenir enfoui que vogue le navire aventureux des âmes en quête de l’amour ancestral et présent.

Qui me dira la pauvreté de l’être à n’être que lui-même ?
Qui voilera mon œil du regard de ce monde ?

C’est à l’instant même où le vent s’émerveille de sa propre fureur que l’Intime s’élève en un seul point d’attache ; 
C’est à l’instant même où le vent s’émerveille de sa propre rumeur que l’Ami seul paraît qui efface la peine, le chemin et l’errance.

Jean d'Armelin


Toile de David M. Bowers

Poésie héraldique allemande - Bernstadt


Blason de Bernstadt (Prusse ancienne, actuel Bierutów, Pologne)

Auf rotem Grunde, zum Dreipaß geordnet und
in der Schildmitte durch einen Ring vereint, drei
gekrümmte silberne Angelhaken; dazwischen
drei goldene Sterne.


Geh' jeder zu und trag' sein Licht,
Umschwankt von Faltern, Schattenkerfen.
Ihr mögt die Angeln nachtwärts werfen,
Was sie erbeuten, wißt ihr nicht.

Ein säumig wiegendes Gebraus
Umsingt die Brücke, die wir treten.
Beschwert den Faden mit Gebeten,
Ihr lotet nicht die Tiefe aus.

Verwagt ein Würmlein, zart und rot,
Die kleine Guttat, rasch vergessen,
Das Lächeln, armem Kind gemessen
Zu Zuckerherz und Pfennigbrot.

Die Wolke brütet grau im Rohr.
Da schnellt ein stürzendes Geflimmer,
Und freudig hüpft der Korkenschwimmer:
Ihr reißt beglückt den Fang empor.

Ein schwaches, blasses Ding von Gold
Und jäh durchzittert gleich dem Rochen.
Ihr könnt es nicht zu Mittag kochen
Und fragt euch, was ihr damit sollt.

Gertrud Kolmar

La lumière diurne et nocturne


Blason de Sankt Wolfgang im Salzkammergut (Haute-Autriche)

Pour observer un astre, il faut s’en tenir loin ;
L’éclairer d’une lampe est d’ailleurs impossible.
Pour ta méditation, c’est une bonne cible :
Propice y est le jour, la nuit ne l’est pas moins.

Ici, d’un sens logique, il n’est aucun besoin.
Ce que tu dois savoir est pleinement visible,
Du moins pour qui regarde avec un coeur sensible,
Qu’un trait anecdotique, aussi, n’égare point.

En restant concentré sur les causes premières,
Tu finis par baigner dans leur blanche lumière.
Dans chaque astre tu vois l’image de ton coeur ;

Ce qui est essentiel se discerne sans peine.
Même si sa planète est petite et lointaine,
Le prince a dans ses yeux le reflet de la fleur.

vendredi 7 avril 2017

Maître Coq en son Viatique


En écho à Poule caqueteuse

Blason de Haan (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Plus d'une poule, à me voir, en devint gloussante,
Se voyant déjà pondre, sans doute, des oeufs d'or ;
Se pavanant en arborant sa crête bouffante
Et se rêvant en le plus somptueux décor.

Ne suis plus coq à me faire lisser le plumage
Par les sots caquets de la commère caqueteuse ;
N'est point mélodieux tout ce qui se veut ramage ;
Lors, je repère très vite l'intrigante chichiteuse

Qui se voudrait régenter basse et haute cour.
À être bonne poire, l'on perd peu à peu ses plumes
Et les clairs matins finissent dans les soirs de brume.

Voyez, Gente Poule, comme j'ai ouï votre discours
Dont j'ai fait le Viatique de mes viatiques :
L'Amour vrai est la plus sûre voie initiatique.

Marc

Poule caqueteuse


Blason de La Gaude (Alpes-Maritimes)

La poule caqueteuse, qui n'avait aucun cerveau,
A peine un raisin sec qui flottait dans le vide,
Avait coutume - ce n'est pas son moindre défaut -
De remplir de fiel son bec, et en tout avide,

De voir en l'autre les failles et de les exposer,
Sans peser en son âme, les effets cyniques
D'une perversité qui dévoile son infatué
Discours et sa précaire pensée famélique.

Maître Coq, comme est laide la promiscuité,
De celle qui poursuit l'artifice d'une présence !
L'esprit limité se voudrait vous accaparer,

Vous servir de l'amitié, comme on sert l'indigence
Sur un plateau de mielleries insipides.
Vraie Présence n'est pas haleine fétide.

Océan sans rivage
(coécrit avec Marc)

Commères qui s'assemblent
n'est pas toujours Noble Assemblée.

Considérations sur le bornage de la vue



Blason de la Maison Fourmanoir de Merlain (Tournai, Belgique)

D'or fretté de sable semé de yeux au naturel.

Nous sommes trop souvent à regarder les autres
Et à pointer leurs faiblesses et leurs défaillances,
Sans voir que ce qui est leur est aussi nôtre.
Un tel savoir exige de l'âme toute sa vaillance.

Car c'est depuis mon intérieur que je perçois
Ce qui est au-dehors de moi, et là de même
Que se métabolise tout ce que j'en reçois
Et que naît cette pensée que par mes mots je sème.

N'oublions jamais que le monde dit extérieur
N'est que le champ réflecteur de notre conscience
Et qu'à le bien réaliser fonde la vraie Science.

Tout ce que nous vivons est en cet intérieur ;
C'est notre vue bornée qui en trace les limites
Et là de même que notre unité se délite.

Le Spectre à trois faces

Miroir, dis-moi...

jeudi 6 avril 2017

Considérations sur la creusité ordinaire


Blasons de Krieglach (Styrie, Autriche) et Sehlde (Basse-Saxe, Allemagne)

Cette conscience, en laquelle tu ne veux pas monter ;
Cette porte, que tu ne laisses pas franchir à ton âme ;
Cette mesure, avec laquelle tu es à compter
La Vie ; ces bruits de bouche, que partout tu déclames ;

Ce paraître, que tu n'es pas, et cet être,
Que tu ne parais pas... Quelle est l'appartenance
De laquelle tu te prévaux, envoyant paître
Quiconque ne fait de ton ego la soutenance ?

Tu penses te relationner, mais en vérité,
Ce n'est jamais que toi-même que tu énergétises,
Truffant ton discours de formules explétives,

Te fermant à toute possible altérité
Qui se pourrait féconder ton esprit stérile
Avant que ne s'abatte sur lui la nuit sénile.

Le Spectre à trois faces



Si tu tapes ta tête contre une cruche et que ça sonne creux,
n'en déduis pas que c'est la cruche qui est vide. (Proverbe chinois)

Au fond du subtil Jardin


Blason de Viļaka (Lettonie)

C'est le hérisson, au fond du subtil Jardin
Qui de douceur insolite semble perdu,
En cette soirée que des murmures sans fin
Enveloppent de l'indicible soutenu.

Les longs souffles vespéraux ont les caresses
D'une Aube dont le soupir est une ovation,
Lors que le jour tremble sous l'effet des hardiesses,
Et qu'en son drapé, jaillit une incantation.

Comme sont doux son lent geste et sa patience.
En sa marche bienveillante nous le suivons.
Le Jardin semble s'éveiller de sa présence.

Est-il à creuser cet impressionnant sillon ?
Le cœur le pressent en cet écho vivace.
Et nos yeux sont à poursuivre son étrange trace.

Océan sans rivage

mercredi 5 avril 2017

J'ai marché


Blason de Stäfa (canton de Zurich, Suisse)


J'ai marché en son écueil, et je l'ai vu,
Ce frère qui me tendait la main ;
Je lui tendais la mienne et nous étions en ce Jardin.
Il a tantôt jailli, et tantôt , s'évanouissait en Son Secret.
J'ai couru et cueilli mille fleurs, et mille autres encore.
Ce sont les cascades de perles que des vapeurs Célestes ont suscitées.
Les guirlandes édéniques de nos nuits ont fait naître le jour.
J'ai vu La Tente Éthérée d'un Autre Monde.
Les roses ont tapissé le sentier que foulent les pieds de L'Amourée.
Il est une Lune qui savamment poursuit Le Mystère des Cycles de L'Insondable.
Il s'est élevée une nef, et celle-ci tanguait des furtives caresses d'un Océan.
Le Lilas embaume Le Printemps de celle qui se promène.
Elle dit adieu et s'en va sur L’Île que Les Anciens nous ont contée.
J'ai vu les écumes féconder les aurores des Constellations et c'est Vénus qui s'est voilée de pudeur.
Au loin, je l'ai entendue soupirer.
Elle m'a confié le plus beau des secrets.
Depuis, je suis à errer.
Je cherche les traces de Son Amour.
La Lune s'est unie à ses effluves.
Ses cheveux sont les grâces du Jour qui se lève.
J'ai tendu de nouveau la main et mille papillons ont surgit comme l'effervescence de notre Amour.

Océan sans rivage

mardi 4 avril 2017

Les Souffles de l'Aube - Douceur de La Proximité


Blason de Schomberg (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

          Le jour est nouveau de son origine et son discours est le chant précieux de L'Amour.
          Il s'élève depuis les profondeurs de sa gravité et se répand telle une rosée.
          As-tu vu comme le lilas embaume du printemps exalté ?
          Nul ne soupçonne ses épanchements langoureux.
          C'est dans la nostalgique vallée que s'installent les suppliques d'un amoureux.
          Je l'ai vu marcher sans jamais se retourner.
          Il a en son coeur le souvenir de la fidélité.
          Sais-tu ce que veut dire Le Ciel qui est à se voûter ?
          Il est à louer Celui qui Le Fait vibrer.
          Sache que le silence est une grâce inestimée.
          J'ai vu soudain l'Âme éplorée.
          Ses larmes sont les fruits d'une requête.
          En ce frémissement de L'Aube, l'Étreinte est douceur de La Proximité.
          Je viens ici en témoigner.

Océan sans rivage