Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

jeudi 27 avril 2017

Expédition


Blason de la famille nobiliaire Lissignols (Vivarais)

D'azur, au buisson d'or terrassé de sinople sommé d'un rossignol du second.

J'ai vu un marcheur solitaire.
Ses pas tracent le chemin du Bonheur.
Son corps, ne s'en préoccupe guère.
Infatigable, le parchemin est son cœur.
Bonne nouvelle : le Rossignol est haut perché !
Une nuit entière, se prépare, a rencontré l'Alouette
Le pinson, les buissons sont ardents de leur chant unifié.
Quel est donc leur secret, pour que leur âme soit si guillerette?
Ils ont décidé, comme leurs ancêtres, de voyager vers Le Roi.
Une Huppe bien célèbre doit leur montrer la Route inconnue.
Ils espèrent rencontrer d'autres volatiles, la force de leurs ailes accrues
Le vent leur a promis d'être leur Ami, car lui aussi cherche Le Roi.
L'Expédition est mystérieuse, l'effervescence fait Loi.

Océan sans rivage

Mon Ami


Armoiries de la Macédoine

Pour l'Amour du Roi, j'aime mon Ami
Pour lui, j'aimerais que le ciel soit voûte Éternelle
Que son Destin soit celui des êtres accomplis
Floraison d'une île, notre jardin secret
Chacun nous nous recueillons, les mains unies
Ces mains qui sont le trésor discret
Que ce Lieu du cœur à cœur soit notre Esprit
Sa voix est le son le plus attendu
Sa note de musique chante tout le long du jour
J'aimerais que sa simple vie ne soit qu'Amour
La Paix, l'enchantement, cet Inconnu
Ensemble, avec le sourire, sous le Trône Divin
Nous serons réunis, car ainsi l'on récompense les Amis
A L'Ombre fraîche du Roi, nous verrons naître le Jour sans fin.

Océan sans rivage

Fleuve d'Amour


Blason de Lendringsen (Rhénanie du Nord - Westphalie, Allemagne)

Un fleuve d'amour irrigue le Jardin de Beauté
Sa Source n'est pas de ce monde, tout est extase
Son philtre est un breuvage perpétuel, caresse de l'Aimé
Deux regards qui s'entrecroisent, sorte d'emphase
Rivés l'un à l'autre, flamme d'Amour devient Éternité
Qui se cherchent et jamais ne se lassent, ainsi sont les Amants
Quêtant l'ombre, la poussière, esclave du présent, unique palpitation
Respirent, s'aspirent, n'ont plus qu'un seul désir, saisir chaque instant
Mourir dans le regard, s'évanouir dans le soupir, l'abnégation
Je sais ce qu'est aimer, sans cesse les bras levés, l'invitation
Sans cesse une faim qui n'a pas plus de nom, encore l'abandon
Sans cesse dans la douleur et la fusion car aimer est une Divine station
Aimer ainsi est une folie, mais mène à la pure Majesté
Si la souffrance est née, sache que l'Amour est Vérité
Il fait hurler les gueux, délaisser leurs vêtements, nus dans le vent
Ne savent plus dormir, sont les torturés, des fous
Si cela te frappe, fuis ou bien mords à pleines dents
Car de cette épopée certainement ploieront tes genoux.


Océan sans rivage

Chant de L'Amant (1)


Blason de Sherbrooke (Québec - Canada)

D'or au pairle ondé d'azur chargé en cœur d'une molette d'argent, en chef de deux éclairs aussi d'argent et en pointe d'un fer de lance d'or, cantonné en chef d'une rose de gueules et en pointe de deux fleurs de lys d'azur.


Mon Jardin, mon Parfum, ma Main, ma Bouche, mon cœur Témoin !
Viens.
Explore-Toi en ma Terre.
Le cœur est devenu Ta Chair.
La Transparence de Ton Cristal.
Toi.
Viens.
Je me suis laissé enivré à La Vision.
Ceci n'est plus un corps.
Il est Ton Temple.
Je suis Le sol qui se veut être Ton Horizon.
La Voix s'envole et vogue en ondes de Présence.
Le Ciel est plus fort que cette ombre.
Je suis né sous La Larme de L’Épousée.
Comme je T'ai cherché follement en ces femmes.
Elles avaient le parfum de l'illusion et je m'y suis étourdi.
Elles étaient la puissance de mon désir bouillonnant.
Lors que mes mains se voulaient les atteindre, je rencontrais la morsure de leur trompeuse vélocité.
Des harpies qui se nourrissaient de mon sang chaud.
Le goût de leur étreinte sont les affres de mon regret.
J'ai couru jusqu'au précipice de mon illusion.
La boue est devenue le plus rugissant de mes fleuves incandescents.
La foudre de mon ultime pas a brûlé mon corps des feux de la suprême douleur.
J'ai cogné de mes poings ces tortures et la nuit a entendu les cris de ma torpeur.
Je T'ai appelé.
Tu ne m'as jamais quitté.
Ta Majestueuse Robe flottait autour de mon esseulement.
Viens.
Toi, L'Unique qui patiente.
Je ne suis que Ta Créature.
Mes lèvres se sont asséchées et j'ai vu La Virginale Épousée.
Sa Blancheur a Le Parfum du doux printemps.
Elle est mille oasis en mon désert.
C'est pieds-nus qu'elle passe en cette âpre vallée.
Elle ne craint pas mon indigence misérable.
Elle a le sourire qui couvre toutes mes blessures.
Son Regard a eu raison de tous mes soupirs et de tous mes désirs.
Ses yeux sont Le Discours des sublimes sphères.
Elle a levé la main et chassé le voile de mes ténèbres.
Ma nudité, elle la couvre de Sa Bienveillance.
C'est elle qui m'apprend L'Amour.
Son Diadème est La Quintessence du Jour.
Les Souffles de L'Aube sont les nouvelles qui rafraîchissent mes yeux.
En Sa Prunelle, tous les univers dansent et se prosternent devant La Beauté des Cieux.
Ils font cette ronde que l'on ne sait plus nommer.
Par les larmes de Sa Clémence, mes blessures se vêtent de lumière.
Les Nuits sont désormais les Conquêtes de Ton Royaume.
J'entends Le Rossignol qui me tient en éveil.
Ô ma douce et fidèle.
Je suis à Te Vénérer des pieds jusqu'à La Couronne de Tes Cheveux.
Ils sont à onduler en soie nitescente.
Le rubis de Tes Lèvres est L'Orient de mes yeux.
Je ne sais plus voir autre que Toi, et comment le pourrais-je, lors que Tu es mon Basculement ?
Même aimer est encore fade face à Ton Noble Amour.
Même désirer est insipide, lors que Tu es à désirer.
L'Embrasement de Ton Étreinte vaut toutes les étreintes et plus encore.
Viens, ma Beauté des Rayonnances de L'Autre Monde.
Viens que ma soif soit encore La Soif de Toi.
Viens et fais de moi Ton Amant.
L’Éternité de nos Retrouvailles.

Océan sans rivage

mercredi 26 avril 2017

Lettre ouverte en cet instant (1)


Blason de Meisach-Oppenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne)


L'hébétude est une sorte de Perplexité émerveillée.
Suis-je née en Cela ?
Est-il important de parler de soi ?
S'il était possible, un seul moment, de se dissoudre en Cela, alors, je serais cette Eclipse.
Cette Permanence en Son Unique Éloquence.
Le fait de s'évanouir en Lui, est assurément faire ce pas et proclamer : ce n'est pas moi.
Je n'ai pas changé.
Il s'est déployé.
Les Ailes de La Proximité effleurent en cette Grâce, les soies du Ciel.
Les yeux se sont voilés des mille voiles de Sa Pudeur.
Lors que ces drapés flottent en La Vision, il est comme L'Apparition.
Le Cœur frémit.
Je sais que Cela est depuis La Lumière de L'Origine, Sceau de La Prophétie, Complétude de L'Unicité en Sa Totalité.
Verbes qui s'extraient des Nues de La Source.
Soleil et Lune tout à la fois.
J'aspire en ce qui est Sa Seule Réalité, Lui, Ô Lui, La Resplendissance de Lui, à témoigner et à renouveler mon serment.
Je suis la petite fille qui n'a pas dix ans.
J'entre en cette solennité dans la chambre.
Je tremble d'une indicible exaltation.
C'est Le Cœur qui reçoit.
Suis-je ?
Je fais ce serment : Seigneur de mon Âme, je Te glorifierai de Ta Sainte Gloire.
Je ne suis qu'une petite fille.
Je marche et je joue, comme tous les enfants.
Je ne sais rien.
Il est Là.
Je L'aime.
Je ne suis pas la vie, Il est La Vie !
Il est devenu ce Confident depuis que j'ai six ans, lors qu'il se passa cette étrange Révélation :
Ma mère avait coutume de nous laisser quelques courts instants pour faire de petits achats et me confiait la garde de mes petits frères et sœurs.
Elle me disait : L'oiseau vous surveille.
Chaque fois qu'elle sortait, j'allais de fenêtre en fenêtre et guettais ce fameux oiseau.
Je voulais le voir et lui parler.
Je me disais : comme il doit être gentil ! Comme il veille sur nous !
Un jour, n'en pouvant plus, je demande à ma chère mère : Mais où est-donc cet oiseau ? Je le cherche partout, partout et je ne le vois pas.
Alors, mon aimée maman, toute rougissante, me confie ceci : Oh, ma petite fille, je te demande pardon, ce n'est pas ainsi que sont les choses. En fait, cet oiseau n'est pas La Réalité. Mais il est un Dieu qui nous a créés et qui nous voit. Où que nous soyons, Il peut nous voir, même en nous.
J'écarquille les yeux et sens soudain une douceur naître et m'envahir telle une chaleur bienfaisante.
Je suis en un état d'Amour.
J'interroge alors ma mère : Dieu, peut-Il nous voir, même dans le noir ?
Elle me répond : oui, mon enfant.
Je ne sais pas ce qui se passe.
Je flotte.
Mon cœur semble s'élargir.
Je ne suis plus ici.
Je suis là-bas, quelque part que je sais Être.
Je n'en doute pas une seule seconde.
Je sais que Cela est Vrai !
Je me sens mue par une force amicale : j'entre à l'intérieur d'un placard, et je m'y enferme.
Je suis dans le noir.
Je tends la main.
Je ne vois rien.
Mon propre bras échappe à ma vue.
Alors, il se passe une étrange chose.
Je pleure d'Amour.
Je sens Sa Présence.
Je lui dis : Tu vois mon bras, alors que je ne le vois pas !
Je suis en un état indescriptible.
Tout L'Univers me submerge.
Je pleure de Joie.
Je me sens unie à Lui.
Je lui dis : j'ai un Ami.
Je ne suis pas seule.
Tu es mon Ami.
Depuis, L'ai-je jamais quitté ?
Tout ce que je sais, c'est que Lui ne me quitte pas.

Océan sans rivage


Voir aussi sur Naissance et connaissance
et sur Soufisme, Voie du Milieu - Voie du Vivant

mardi 25 avril 2017

Là-bas


Blason de Pierre Cheppe, maire de Bar, anobli en 1721 (Lorraine)

                                          Je pleure sur les rives incertaines
                                          Les chants de Ton Amour poignant
                                          Je pleure emportée par Tes vagues
                                          L'Indicible d'une Coupe pleine
                                          Gisante en ces écueils, je crie
                                          Je pleure, glissant en ces torrents
                                          Désirant rejoindre Ton Immensité
                                          Brisant L'Espace et Le Temps mouvant
                                          Brisant les chaînes de L'Illusion
                                          Je pleure cet Amour saisissant
                                          Existé-je encore en ce tourbillon ?
                                          Quelle est donc cette intensité ?
                                          Que vais-je faire de mes nuits ?
                                          Que seront mes jours, ma soif ?
                                          Que l'on me dise quoi faire,
                                          En cette Étreinte, en ce Mystère
                                          Où puis-je poser mon Regard ?
                                          Où m'en aller, ainsi éplorée ?
                                          Fixant l'horizon, le Ciel est Destinée
                                          Paupières closes, je suis là
                                          En ce voyage, là-bas, là-bas...
                                          Que ne fus-je oubliée, évanouie
                                          A tout jamais, en Ton Éternité !

Océan sans rivage
____


D'argent, au chevron d'azur chargé de 5 larmes d'or, accompagné de 3 coupes de gueules 2 et 1. Cimier : un vol d'azur issant d'un armet morné, orné de son bourrelet et lambrequin, aux métaux et couleurs de l'écu.

Armorial de Lorraine par Dom Ambroise Pelletier (1703-1758)

Au cœur de L'Apocalypse




Coupé, au 1 d‘azur à une de femme de carnation vêtue d‘argent et à la chevelure d‘or issant de la partition tenant dans sa main dextre une fleur de lys d‘or, au 2 de gueules à la bande d‘argent

L'Amie, serrons-nous fort en cette crucialité.
Oserais-je clamer l’extension de cet Amour ?
Sais-je encor vivre sans notre fraternité ?
Ma pauvreté te chérit tout le long du jour.

Mille riens font de notre lien la vérité.
C'est en ton intimité que je veux résider.
Sais-je un seul moment penser à un lendemain ?
Je suis rivée à ton souffle et je suis en ma faim.

L'on me croirait exaltée et ivre, j'en conviens.
Je n'en éprouve aucun regret et je te viens
Renouveler ma gratitude, Noble Amie.

Je marche en ma solitude sur ce Chemin,
Lors que je me saisis de ta précieuse main.
Il est un secret qui à jamais nous unit.

Océan sans rivage

Chant de La Tortue


Blason de Grünheide (Brandebourg, Allemagne)

              Perpétuelle Naissance en ces jours qui se succèdent,
              Perpétuelle Réminiscence en ces secondes qui s'unifient,
              Magistrales Paroles qui se fondent en La Rivière de L'Absolu,
              Expectatives des sens révolus, lors que La Nuit épouse Le Jour,
              Ô Toi, Noble Passant, mendiant de La Fortune, transi des Souffles,
              Lors que les mains ont joint Les Imprécations Cosmiques,
              Ô Toi, le recueillant des auguraux soupirs de mon Expir,
              Ô Toi marcheur et Contemplatif Pérégrinant,
              Me voici vêtue des millénaires de Ton Désir.
              Des Pôles de La Subtilité, et de La Profondeur des Puits,
              Me voici en ce Périple qui se veut Tout reposer.
              Il est une Sagesse qui reste à tout jamais, La Lecture.
              Des signes de La Présence qui jouxtent les Réalités de Sa Volonté.
              En ces Feuillets, les discours puisent en ce Toucher.
              Il est une Vibrance qui est Le Choc, et L'Echo est à Tout rapporter.
              Les ondes sont les Chants de La seule Intelligence.
              Sache, Ô Toi qui es en cette apparente mobilité,
              Que les Cercles de Vie sont ceux qui sont à tournoyer.
              Il est une question et mille qui sont en Son Secret.
              Le Temps n'a aucun effet sur moi et je suis en cette Alchimie,
              La fusion de Tout qui se réunit, lors que La Voix est à appeler.
              Pose-moi toutes les questions, j'en suis les réponses.
              En cet Astre, je suis à veiller, et ce corps est le gardien des Âges.
              Observe ma lenteur, et sache qu'en elle, est mon adage :
              Les lignes de Sa Majesté sont les anciennes Écritures révélées.
              En elles sont le Traducteur de mes grands voyages.
              Chaque vision des mondes célestes sont une Mémoire.
              Je porte en moi les messages les plus occultes et La Tradition.
              Sur Le Chemin des initiés, je suis La Parfaite Stabilité.
              Aujourd'hui, mon Chant est Le Dernier que je suis à manifester.
              La Lumière poursuit Sa Cible et je suis en cet Axe, Le Temple de Sa Pérégrination.
              Il est un cheminant qui a vu les Anges écrire sur les pages de L'Azuré,
              Les paysages de L'Oracle bienveillant, et il est L'Espoir des malheureux.
              J'en suis Le Témoin et je viens ici Louanger Celui qui aux Cieux,
              Détient Le Pouvoir Universel et qui distribue La Manne à qui Il veut !
              Le Temps est venu, Celui qui est toujours en Sa Citadelle,
              Le Temps des Retrouvailles, lors que Le Ciel s'unit à La Terre.
              Voici le doux Baiser des Vents prestigieux, et depuis L'Eau de La Primordialité,
              Voici L'Effusion des Temps de L'Origine, lors qu'il n'est aucun Temps, en Sa Vérité.
              Les semences ensemencées de l'Aube sont enfin à germer.

Océan sans rivage

Le chant d'une terre


Blason de Reitzenhain (Rhénanie-Westphalie, Allemagne)

Il est une terre où j'entends chanter l'alouette
Dessus les champs et le grillon dans la prairie.
Sitôt que finit de hululer la chouette,
Le coucou prend le relais, en bonne confrérie,

Suivi du merle siffleur ; et dans le silence,
Moucheté par le piaillement des pierrots,
Maître Coq rappelle à tous sa haute présence
Car de la gente plumée, c'est lui le héraut.

Plus me plaît le chant des oiseaux que des humains
Les plus belles compositions, toutes de seconde main,
Car rien, jamais, ne peut égaler la Nature

Qui répand mille bienfaits en autant de splendeurs ;
Rien provenant d'elle jamais n'inspire la fadeur ;
Nulle vêture ne rivalise avec sa parure.

Marc

Blason de Guggerk (Suisse)

Typologie de la Ténèbre


Blason de Ponthoile (Somme, Hauts-de-France)

D'or au sautoir engrelé de sable, cantonné en chef d'une étoile du même.

L'Amie, il y a ceux qui prennent et ceux qui donnent ;
Ceux qui se servent eux-mêmes et ceux qui servent l'Autre ;
Ceux par qui la Vie en ce monde est belle et bonne
Et ceux qui en font une fange où l'on se vautre.

Ni leur sourire, ni leurs bons sentiments ne dupent
Ceux pour qui est transparente leur opacité.
Il n'est rien, en vérité, qui ne les préoccupe
Que leurs propres intérêts. Foin de la Cité

Dont ils n'ont cure, l'ayant déjà vendue aux forces
Cryptiques et centrifuges qui consomment le divorce
Entre la profondeur et la rotondité !

Car c'est bien en cette platitude-là, sans substance,
Que la Ténèbre se veut réduire l'existence.
Sens-tu planer son odeur de fétidité ?

Le Spectre à trois faces

Au coeur de l'Apocalypse

lundi 24 avril 2017

Doux parrainage


Blason de Bodenheim (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)

Un âne qui se mourait de soif pria le Ciel
De le mettre sur la voie de quelque fontaine
Où l'eau à boire serait aussi douce que le miel,
Faute, sinon, d'aller au devant d'une mort certaine.

La Providence n'est jamais sourde aux appels
De l'âme et sait se rendre aux sincères suppliques,
Sans distinction de confession ni de chapelle,
Bien au-delà des canons et des encycliques.

L'animal ne fut pas long à trouver un puits
Et dès qu'il fut devant, un arbre dans un vasque
Se courba pour faire le plus bienfaisant masque

Contre les brûlures cruelles du soleil d'été.
La bête de somme n'est point de celle que l'homme ménage ;
La Nature y palie par son doux parrainage.

Marc

dimanche 23 avril 2017

Éloquence d'une Tortue



Blason de Wettolsheim (Haut-Rhin, Alsace)

D'argent à une tortue de sable posée en pal.

La Fidélité se passe du flot des mots.
Noble Maître Coq, sachez qu'en ce mien silence,
Est toute la pauvreté qui se veut défaire les maux
De la solitude qui n'est pas absence.

Ce cœur indigent est Celui de L'Univers,
Qui d'étoiles recèle en toute abondance
Les Perles de La Demeure de mon Frère.
Je suis à vous sourire de Sa Rayonnance.

J'aime faire ce voyage en votre compagnie.
Nous sommes en cette perpétuelle Aspiration.
Nous gagnons d'étape en étape, La Force.

Je vous ai vu observer cette tortue Amie.
Lors, j'ai retenu très fort ma respiration.
Certaines pudeurs se suspendent à la gorge.

Océan sans rivage


La Nature s'exclame en silence des douceurs verbales.

Maître Coq en sa vraie demeure


Blason de Baudrémont (Meuse, Lorraine)

C'est en son âme que l'on trouve sa plus sûre demeure
Car aucun voleur n'y peut pénétrer, pour peu
Que l'esprit, toujours en veille, ne soit point dormeur,
Prompt à débusquer les discours sirupeux

Dont ce monde se fait fort de nous faire largesse.
Où que mes pas se posent, c'est sous l'Égide du Roi ;
Mes pauvres mots ne sont sages que de Sa Sagesse
Car hors de Lui, il n'est partout que désarroi.

L'on a cru me séduire par de la pacotille
Et me vouloir vendre, en guise de paradis,
Des parcs d'attractions où la raison s'entortille.

Ils tiennent pour génie leurs pitoyables broutilles
Et vous veulent faire avaler des mets affadis.
L'on perdrait son Éternité à ces vétilles !

Marc

____

Coupé voûté d'or à la tête de lion arrachée de gueules couronnée d'argent accostée de deux croix recroisetées aux pieds fichés d'azur; et de sinople au coq hardi d'argent crêté barbillé et allumé de gueules.

Poésie héraldique allemande - Freyhan

Blason de Freyhan (Basse-Silésie, Prusse ancienne)

In Silber ein roter Hahn zwischen drei goldenen Sternen.

Ich Hahn fress' alle Sterne,
Die aus den Wäldern gehn,
Doch die trübe Laterne
Lass' ich am Graben stehn.
Mein munteres Kleid zu striegeln,
Hab' ich ihr Gold zerscherbt
Und hab' mit tausend Siegeln
Den Fittich rotgefärbt.

Erzene Körner rollen
Durch meine Höfe stumm,
Die Gräser sind verschollen,
Die Mauern wandern um.
In meinen Federn wohnen
Möchte Mörtel und Staub;
Ich kräh' aus Zinnenkronen,
Zupfe steinernes Laub.

Meine Füße zerreißen
Wiesen wie vierfaches Schwert.
Dem Rosenkamm ist ein Gleißen
Kriegrischen Schimmers beschert.
Wenn zu die Tore mir fallen,
Sinkt meines Schwanzes Rad;
Aus dem Gefieder krallen
Lichter der nächtigen Stadt.


Gertrud Kolmar


Blason de Cieszków (Basse-Silésie, Pologne)

samedi 22 avril 2017

Maître Coq, frère Contemplatif Pérégrinant


Blason de la seigneurie de Biousse-du-Plan (Vivarais)

Maître Coq, en un temps, se voulut revêtir
D'un ordre contemplatif la rude robe de bure :
« Il s'en est fallu de peu pour m'y convertir
Car qui aime l'oraison ne craint pas la courbure.

Ne vaut-il pas mieux, me dis-je, se soumettre
À Dieu plutôt qu'au monde ? Plus d'un qui ne s'incline
Se voit pliant l'échine devant quelque maître
Dont l'âme à la miséricorde n'est point encline.

L'on est prompt à sacrifier aux idoles sa vie
Et des insensés bavards prendre les avis,
Plutôt que d'écouter ce qu'enseignent les Sages.

Lors, j'ai décidé d'être un contemplatif
Pérégrinant, alliant l'esprit méditatif
Au chemin faisant, cueillant du Ciel les messages. »

Marc

Les confessions de Gente Oie


Blason de Pinsaguel (Haute-Garonne, Occitanie)

Gente Poule, tant de beautés ici célébrées
Ravissent, je vous le dois dire, mon âme candide ;
Lors, de révérences, je me sens toute pénétrée
Car je pressens que la Vérité est Splendide.

Il ne tint qu'à moi de lever sur le Monde Crée
Un regard d'Amour car lui seul donne toute Lumière.
N'éclaira-t-elle pas ma Vie qu'en mon coeur j'agrée
Et n'ouvrit en mon ignorance de belles clairières ?

Comme je me dandinais, en croyant tout savoir !
J'étais – vous le dois-je confesser ? – une oie stupide,
Mon cerveau n'étant pas non plus des plus rapides.

Des futilités, dont j'aimais à m'émouvoir,
Il ne resta bientôt plus grand-chose de solide ;
Plus qu'amer, le goût de ce monde est insipide.

Marc

D'azur à la clef d'or, accostée à dextre d'une oie de sable
et à senestre d'un roc d'échiquier d'argent.

vendredi 21 avril 2017

Janus ou Le Visage de L'Un


Blason de Riksarkivet (Suède)

Que La Terre nourricière au Ciel s'unisse.
Que les aspérités du violent tumulte
En rangs serrés et révérenciels, s'aplanissent.
Vois La Danse des Rayonnances du Pur Culte.

Il est un Chant Solaire qu'absout L'Horizon.
Se sont entrelacés les fleuves en doux heurt,
Lancinances que révèle la Floraison
Des longs chemins, dont s'imprègne encor le cœur.

Une sorte de Lieu est lors maturité.
Quand La Conscience pleine est reliée à ce Tout,
Fulgurance et basculement sont un Chemin.

Ma Noble Cigogne, vous parlez d'acuité.
Or, cette douce pensée me vient, je l'avoue :
Janus est à cacher Le visage de L'Un.

Océan sans rivage

Les Souffles de l'Aube - Vénération du Merle


Blason de Tkon (Dalmatie, Croatie)

Les Grâces Divines ruissellent en cette gorge reconnaissante du Merle.
Sa joie est semblable au frémissement de L'Amour naissant en sa virginité éternelle.
« J'ai recueilli les effets de Sa Descente, dit-il, lors que le jour est le berceau de Sa Présence.
Ô mon frère, L' Étreinte est vive de Sa Bienfaisance.
Il a versé en cette poitrine les lumières de la Quintessence.
Ce sont les transparences des pas de Son Éloquence.
Il est un Chant qui rend compte de notre limitation.
Mon élan rencontre La Voûte Sacrée , et me voici en la pleine nostalgie du voyage.
Le mystère de L'Aspiration est égal à cette distance qui cache La Proximité.
Mon bec effleure les Portes Célestes et ma vocation est de Le chanter.
Vois comme j'épouse Sa Délicatesse : elle est mille raffinements, lors que l'instant est à se cristalliser sur les roches de la transparence.
Mon coeur en est le sanctuaire. Et je dépose à tes pieds ma tremblante vénération.
Vois-y La Seule Réalité de mon Oraison. »

Océan sans rivage

jeudi 20 avril 2017

Considérations autophagiques 2


Blason de Ingolstadt alt (Bavière, Allemagne)

Bon, me dis-je, chacun est enfermé dans sa bulle
Cimentée par sa prothèse digitalisée
Et traverse le jour blafard comme l'on déambule,
S'identifiant au jeu d'une scène globalisée.

L'Amie, chaque matin, des milliards d'individus
Font le rêve américain d'une vie mécanique,
Persuadés, pour le moins, que ce leur est dû ;
Ainsi le modélisent les miroirs médiatiques.

Produire pour consommer, consommer pour produire,
Sauver la Terre pour la manger durablement,
Sans trop se soucier où cette folie va conduire.

Recycler la matière pour dévorer encore,
Puis s'étonner du général dérèglement,
Lors que l'on ne cesse d'ouvrir les boîtes de Pandore.

Le Spectre à trois faces


Au coeur de l'Apocalypse

mercredi 19 avril 2017

Laïcité : quelle transcendance ?


Blason de Chavenay (Yvelines, Ile-de-France)

Parti au pal d'argent ondé, au premier d'azur à la vierge à l'enfant d'argent, au second
de gueules au bonnet phrygien d'or brochant sur trois épis de blé empoignés de même.

L'Ami, la République se cherche une transcendance ;
L'on n'entend plus parler que de laïcité ;
Mais nul ne sait trop sur quel pied ce dieu-là danse ;
Donne-t-il espérance ? Procure-t-il félicité ?

L'irons-nous prier, les jours de désespérance ?
Nous fera-t-il monter en verticalité ?
Nous sauvera-t-il des noirs chemins de l'errance ?
Et quels en seront les prêtres habilités ?

Ceux-là même qui en doivent chanter la feinte louange
Sont fort éloignés de la condition des anges.
Je me hâte d'en rire, de peur d'en devoir pleurer.

J'ai trop d'ire en moi et ne sais plus comment l'écrire.
Quelle comédie ! Comment autrement la décrire ?
N'est pas né qui fera de moi une vierge épeurée.

Le Spectre à trois faces


Pour la séparation de l'Etat et du Veau d'or