Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

jeudi 11 octobre 2018

Le Calendrier des Bergers - Octobre


Blasons deTrenčianska Teplá (Slovaquie) et de Hallagarten (Hesse, Allemagne)

L’usage des calendriers remonte au XIIe siècle où ils entrèrent dans la composition des livres à usage des clercs tels que les psautiers, les missels ou les martyrologes. A la fin du Moyen Âge, les Livres d’Heures (livres liturgiques destinés aux laïcs) débutent toujours par un calendrier qui indique essentiellement les fêtes religieuses.

Inspirés d'ouvrages médiévaux dont ils compilent les contenus, à l'usage des laïcs, les calendriers et compost des bergers sont, quant à eux, destinés à enseigner la science des bergers qui est celle de l’âme, du corps, des astres, de la vie et de la mort. Outre de mettre en scène les travaux agricoles au fil des mois, ils indiquent les signes du zodiaque. De fait, l'astrologie s'y trouvera très présente, surtout aux 15e et 16e siècles.





           Celui qui de moi se souvient
           Se doit réjouir grandement
           Car nommé suis le moi d’octobre
           Qui fait vin cueillir et sarment,

           Dont on fait le saint sacrement
           Sur l’autel en maintes contrées ;
           Et car je fais bon vin vraiment,
           Ma maison doit être approuvée.

De la lecture du monde


Armoiries de l'Anatolie Centrale (Turquie)

L'analyse linéaire du monde ne sert à rien ;
Elle relève uniquement de la contingence,
S'en trouve par là même morcelée et ne parvient
Qu'à établir des causalités d'apparences
.*

C'est la limite des grilles de lecture, qu'elles soient
Historiques, sociologiques ou psychologiques.
Lors qu'elles ignorent, voire nient la transcendance du soi,
C'est-à-dire sa réalité métaphysique

Et jusqu'à l'idée même d'un Ordre supérieur
Et d'une Conscience originelle et destinale
Qui préside aux réalités phénoménales ;

De sorte qu'il n'est rien sur les plans inférieurs
Qui ne relève d'une Volonté absolutoire.
Voici le Mystère : c'est Dieu qui écrit l'Histoire.

L'Abbé Théophile

* Océan sans rivage

mercredi 10 octobre 2018

Considérations post-colonialistes


Blason de Schweinfurt (Bavière, Allemagne)

Si les anciens eussent été globalement sages,
Nous n'en serions pas là, avec nos sacs de nœuds.
Qu'avaient-ils donc à semer partout les orages
Qui nous valent aujourd'hui tous ces regards haineux ? *

À répandre leurs visions étriquées des choses
Et à transformer le monde en foire d'empoigne
Où ne règnent que ceux qui ont le gain pour cause ?
Lors, nous envoyons des mercenaires à poigne

Pour soumettre tous les régimes au même système,
La démocratie ayant valeur de saint chrême ;
Tout cela, pour sauvegarder nos modes de vie

Et pour pouvoir partir, insouciants, en vacances
Et faire de la planète un terrain vague d'errances
Où la plupart des humains sont en survie.

Le Spectre à trois faces

À l'Ouest, rien de nouveau

* Haineux et en même temps envieux car le modèle occidental est désormais le dénominateur commun à tous les pays.

Lettre à L’Amie


Blason de Marie-Louise de Beaulieu


L'Amie,

Des instants qui n’en sont qu’un au regard de notre rencontre, et depuis l’intention renouvelée à L’Aube de nos veillées, nous avons scellé notre amitié en Lui, lors que le pétrissage est une œuvre alchimique qui nous conduit au resserrement. Nous quittons nos errances et les chemins d’infortunes. Nous abandonnons nos illusions et notre silence est la réponse à notre transformation. La Lumière nous donne à saisir soudain l’incontournable. La passion se transforme au feu de la rédemption et nous nous regardons sans fard, sans nous perdre, parce que L’Appel est une Porte qui s’ouvre. Ce chemin fait de nos souffrances, est le chemin de Lumière sans plus de mensonge. L’Amie ! La Vie est ce bienfait qui nous rattrape au creux de La Main Ultime. Je n’ai pas crains de te parler, toi, ma sœur du Jardin, au vrai de la crucialité. Nous nous sommes regardées sans complaisance, mais nous nous sommes vues en L’Amour. L’Âme est plus fidèle que nos errances. Elle nous rencontre, au-delà de l’espace, au-delà des contingences. Elle nous murmure l’exactitude et nous renvoie au réel. De La Lumière en L’Origine, L’Amie entend et voit. Ni toi, ni notre frère, ni notre sœur n’avons manqué ce rendez-vous. Nous l’avons reconnu de l’avoir tant attendu. Des paroles qui forment une arche, de beauté et de rayonnance. L’Âme rencontre L’Âme. Soudain, tout Cela est une évidence. Que nous importe les leurres ! Nous savons que La Finitude est une véritable solitude qui nous rappelle à La Réalité. Nous connaissons les mots et leur substance pour ne jamais les dissocier de la vie. C’est en l’expérience que la confidence devient pure Amitié. Dame de Beaulieu, es-tu de ce monde ? Quelque chose qui se cherche en la sublimité, en l’accueil de l’authentique, en l’union sublimée. Telle est notre proximité qui efface et plie les distances, et du corps et de la conscience. Les mots ont devancé, puis se sont trouvés, n’est-ce pas ? Ici, je me veux témoigner de cette pureté de l’intention, de ce tremblement de rosée, à peine palpable au toucher du velours de nos cœurs. Nous avons entendu, tel le glas qui sonne et qui réveille pour dire : il est temps ! Nos âmes grossières sont taillées avec une force inouïe qui ne nous trompe pas. Celui qui aime, aime comme pour lui-même. Telle est la rencontre du charbon en la promesse du pur diamant. Telle est la force du retournement et de la conquête éprise de L’Âme qui fait acte d’abnégation. Un vent de douce miséricorde nous enveloppe tandis que nous titubons encore. Qu’importe le chancellement, puisque le trésor est en ce Lieu bien gardé et qu’Il ne périt jamais, lors que Le Souffle de L’Aimé réanime chaque éprouvé ! Nos mains se donnent en cette effusion. Je t’embrasse sur le front de la prosternation. Je pose sur tes épaules le baiser de l’alliance. Dame de Beaulieu, le Chemin est précisément La Présence en La Présence. Le Jardin est né de notre intention. L’ouvrage est un compagnonnage indéfectible puisque c’est en Lui que tout est à se rassembler. Nous marchons en ce pas cadencé. Nos silences sont nos prières et notre recueillement. Notre Amour est une fraîcheur à L’Ombre du Bien-Aimé. Nos mots n’ont fait que rejoindre la vérité de nos cœurs aimantés. Chaque jour, nous apprenons ce que la veille enroule au fruit du jour. Nous avons laissé ce monde à sa frivolité et nous avons uni notre souffle à la mendicité de nos âmes éplorées. Mais le sourire gagne nos visages en reliance et nous tissons en cette promesse, sans illusion, la beauté de notre intime Amitié. Le Périple est en Le Tout-Possible, car il n’est de retournement qu’en cette Réalité. Ainsi, nous savons que notre compagnonnage est le profond désir de ne jamais nous quitter. L’Âme rencontre L’Âme et Elle reconnaît.

mardi 9 octobre 2018

Déclin


Blason de Baulny (Meuse, Lorraine)

Une musique d'accordéon, qui indifférait
Les passants toujours pressés de la métropole,
Jouait des airs oubliés que l'on n'entendrait
Bientôt plus. Ils survivaient de quelques oboles

Qui semblaient plus des offrandes à la nostalgie
Que des aumônes qu'un fond de charité inspire.
Paris restait enfoncé dans sa léthargie,
Vivace de son mythe mais d'un vivant qui expire.

Le cœur n'y est plus, malgré quelques soubresauts.
Même les touristes, qui prennent chaque jour la ville d'assaut,
Sentent cette odeur de déclin qui biaise l'atmosphère.

L'agitation fait encore un peu illusion,
Comme le reste d'ailleurs, en ces temps de confusion.
Il souffle sur la cité un vent mortifère.

Marc

Les Souffles de l'Aube : L'Amour est Lumière


Blason de Kislovodsk (Russie)

La plus belle des choses que nous puissions vivre est de plonger en L'Autre en La Présence. La vibration qui nous unit à L'Autre est L'Amour. L'Amour est La Semence initiale. C'est L'Alpha et L'Oméga. L'Amour est Lumière. Tout Amour est relié à L'Un. Mais tous les amours ne sont que des sens figurés devant Le Grand Amour. Celui-ci est La Quintessence créatrice en la renaissance perpétuelle.

Océan sans rivage

lundi 8 octobre 2018

Révolutions agricoles


Blasons d'Annenkovskoe et du Collége d'Agriculture de Chuguev (Russie)

Il ne fut que deux révolutions agricoles
Depuis les lointains début de l'humanité :
La première, que l'on apprend dans toutes les écoles
(Une leçon que je pourrais encore réciter)

Qui fut le passage de l'ère paléolithique,
Où les hommes étaient des chasseurs et des cueilleurs,
À celle de la pierre polie ou néolithique,
Où les hommes devinrent éleveurs-agriculteurs ;

La seconde, qui changea le rapport à la terre,
S'est développée à partir de l'après-guerre
Et sera marquée par la mécanisation.

Exit les animaux de trait et d'attelage,
Ces nobles compagnons de nos villes et villages
Dont l'absence rime avec déshumanisation.

Marc


Lire aussi

            Le Bœuf et le Cheval                     Tristesse du bœuf

Ultimum clavem


Blason de Lučivná (Slovaquie)

La raison du fort n'est pas toujours la meilleure,
Loin s'en faut, pas plus que celle du faible, d'ailleurs.
Nul n'est, par sa condition, bourreau ou victime.
Il faut être avec quelqu'un longtemps intime

Pour le bien connaître, et encore, à peu près,
Car nul n'a de personne la clef de son secret.
C'est à Dieu Seul qu'appartient le mystère d'une âme
Car c'est Lui qui lui insuffla la première flamme.

L'on peut sonder quelqu'un et même le pénétrer,
Mais cela n'équivaut qu'à le périmétrer
Dans le cadre limité de son existence.

Que savons-nous sur la nature d'une entité
Et donc de sa véritable identité ?
Jamais une apparence ne réduit la substance.

L'Abbé Théophile



Ultimum clavem : « La dernière clef »

Saint Fonnik


Fonnik
Composition de l'auteur (d'après le blason de Pertteli, Finlande)

Honneur à Saint Fonnik, il compose pour Dieu
Un cantique nouveau sur un air que j’ignore;
J’adore ce qu’il fait, lui qui Dieu seul adore,
La musique, d’ailleurs, ça repose les yeux.

La voix des instruments s’élève jusqu’aux cieux,
Dans d’autres univers elle résonne encore ;
Les anges sont pensifs, ils ne chantent pas mieux
Que ce magique orchestre entendu dès l’aurore.

Saint Fonnik, chantes-tu tes anciennes amours ?
Nous dis-tu simplement la joie de chaque jour
Dans ces nobles accords que transportent les ondes?

Si ton art musical t’a fait devenir saint,
C’est que le Créateur en avait le dessein,
Désirant illustrer la beauté de ce monde.

Présence du chemin des étoiles


 
Drapeau de Impilakhtinskoe (Carélie, Russie) 

Dame Océane, sans rivage autant qu'aux cent rivages,
Qui vous tenez droite aux confluences des courants
De la Tradition et dites : Il est mille visages
Mais Un Seul Regard en cet infini mouvant

Du Déjà-Accompli et du Tout-Possible.
Je me veux faire de cette pensée mon viatique.
Ces mots, qui viennent se poser sur l'Indicible,
Sont à devancer, je crois, toute vision quantique.

Il est une âme qui marche pieds nus sur le sentier,
Lors que la voie est un périple tout entier.
Car il est un savoir qui est pure con-Naissance,

Dont l'accès est fermé aux trop-intelligents
Et à ceux qui n'ont que leur ego pour régent.
Il est une porte qui ne se franchit qu'en conscience.

Marie-Louise


Se lit aussi sur Naissance et connaissance

dimanche 7 octobre 2018

Genèse de la guerre


Drapeau du Royaume de Bénin (Afrique de l'Ouest, XIIe siècle-1897)

La guerre réveille ce qu'il y a de pire dans l'homme,
Qu'on ne soupçonnerait pas même en temps normal ;
Ce bon fils de famille, avec son air bonhomme,
Peut sombrer demain dans toute la noirceur du mal.

Il suffit d'un contexte pour que se cristallise
La violence qui se livre à l'intérieur ;
Elle se renforce en convergeant, se banalise
Et ramène une nation à ses plans inférieurs.

Les événements se tissent dans les égrégores
Nourris de nos pensées ; aucune ne s'évapore,
Rien n'est jamais neutre, même le plus anodin.

Œuvrer pour la paix, c'est la trouver en soi-même
Car c'est là que naissent et se résolvent les problèmes
De ce monde, là aussi que se joue son destin.

L'Abbé Théophile

Considérations sur le tourisme de masse


Armoiries anciennes de Paris

Paris serait la ville la plus courue du monde ;
En effet, des charters déversent, au quotidien,
Des flots de touristes dont les agences se fécondent.
Greenwich n'est donc plus le premier des méridiens,

Tandis que l'anglais est le sabir planétaire
N'ayant plus avec Shakespeare qu'un lien éloigné,
De même le français avec la langue de Molière.
Du mythe - par les prospectus sans doute bien soigné -

À la réalité, il y a quelque distance
Qui échappe à la plupart, de toute évidence.
L'on vient du bout du monde pour juste se répéter,

Car dans le fond, ce n'est que le décor qui change ;
De quelques clichés de cartes postales l'on s'arrange,
Sans voir son regard qui est à s'y refléter.

Le Spectre à trois faces

Paris, certains jours

Considérations sur l'atrophie du monde


Blason d'Ostrov (Russie)

Penser comme tout le monde, c'est penser comme personne ;
L'on se pique d'avoir sa petite nuance, c'est tout ;
Aller plus loin, c'est la cloche d'une censure qui sonne !
Voyager où ? C'est bien la même mélasse partout !

Les gens adorent se promener sous les tropiques
Et ceux qui vivent là-bas rêvent de vivre ici.
Tout point du monde devient d'un autre la réplique
Et au final, notre planète se rétrécit !

Mais l'on se prend au sérieux dans le parc à cubes,
Ne voyant pas même que le capitaine titube
Et que le navire ivre menace de sombrer.

Et tandis que l'on consomme des pommes d'Argentine
Et du miel du Chili au lieu de la Gâtine,
Les peuples mélangés en viennent à s'encombrer !

Le Spectre à trois faces


Apocalypse now

Considérations bordurières


Blason des Samogètes (peuples baltes, Lituanie)

La plupart des personnes sont plutôt de braves gens,
Mais je ne mettrais ma main au feu pour aucune,
Non du fait que leur unique valeur soit l'argent,
Associant tout paradis à la bonne fortune,

Mais de celui que l'occasion fait le larron.
Homo festivus n'est pas une gente de confiance
Car son rire préfigure le rictus de Charon.
La gentillesse n'atteste pas de la conscience

Car une vache la pourrait inspirer tout autant.
Quand tout va bien, tout va bien ; survient un problème,
Et le troupeau vous lance aussitôt l'anathème !

Ce monde d'apparences est par nature pivotant ;
Un brave type se peut couver une parfaite ordure.
Morale : ne jamais se fier à la bordure.

Le Spectre à trois faces

À rebrousse-poil


Note : une seule main avec ses cinq doigts suffisent à compter, non seulement l'essentiel, mais ses Amis. Je mets ce mot en majuscule pour le dissocier de son sens commun, largement galvaudé et banalisé sur les réseaux sociaux, communautés d'insignifiances qui mutualisent les vides narcissiques.

samedi 6 octobre 2018

Décadence


Blason de Pertteli (Finlande)

Rien de tout ce qui fut obtenu par la force
N'a tenu, d'aucune façon, dans la longue durée ;
De toute fin, l'intention de départ est l'amorce ;
Toujours tombent les remparts dont on s'est emmuré.

Il ne reste que poussière de l'ancienne Babylone ;
L'orgueilleuse Rome s'est momifiée dans les musées ;
C'est dans le fracas que se brisèrent ses colonnes.
L'on perd d'emblée ce dont on est à abuser,

Une leçon, tant de fois illustrée dans l'Histoire,
Que nul n'a gravée sur les arcs de la victoire.
Le démaillage du monde naît de cette amnésie.

Nul n'instaure une société juste avec des armes ;
Le temps des rires est suivi par celui des larmes.
La décadence est le sûr fruit des frénésies.

L'Abbé Théophile

vendredi 5 octobre 2018

Considérations fripières


Blason de Mantel (Bavière, Allemagne)

Tout dans ce monde est truqué, tout est en trompe-l'œil ;
Partout, il n'est que des paraîtres en parade.
Du sourire en berceau à la grimace en cercueil,
Quelle est la part de vie qui ne soit pas en rade ?

La plupart des gens vivent toutes les vies sauf la leur,
Sous couvert, très souvent, d'intégration sociale.
Ce vaccin contre la solitude n'est qu'un leurre,
Surtout pour ne mener qu'une existence triviale.

Passant, qui liras ces lignes, fais à ta guise,
Mais ces costumes avec lesquels tu te déguises
Ne pendront pas même demain dans une friperie.

Tout instant qui n'est pas vécu dans la Reliance
Ne mène qu'en détours, en impasses ou en déviances.
Notre nature ne tolère aucune tricherie.

Le Spectre à trois faces

jeudi 4 octobre 2018

Alpha et Omega 4


Blason de Pierre d'Ornellas, évêque de Rennes, Dol et Saint-Malo (né en 1953)

Tout système se veut totaliser son empire,
N'ayant de cesse que quand toute résistance expire.
Toute chose se veut croître et se multiplier,
Forçant le temps et l'espace qu'elle voudrait plier.

Telle une graine d'Absolu qui sommeille en l'infime,
La montée des âmes se fait en leur cœur intime.
Toute fin est à l'image du commencement,
Comme toute intention se révèle, finalement.

Le monde moderne, se voulant brûler les étapes,
Ne parvient qu'à multiplier les chausse-trappes,
Comme l'illustre la quotidienne réalité

De la marche funeste de ce monde erratique,
Lors que des postures faussement hiératiques
Nous voudraient faire croire à sa normalité.

L'Abbé Théophile


Alpha  et Omega
               1                        2                         3

Intériorité


Blason de Rousset-les-Vignes (Drôme, Auvergne-Rhône-Alpes)

De gueules au chevron d'or, accompagné de trois croisettes du même ;
au chef d'argent chargé d'un soleil non figuré de gueules.

L'intériorité en Lui est, certes, Unique.
D'un point à l'autre, n'est-elle pas soudain à jaillir,
En ce début qui se défait puis vient s'unir,
La Présence, Regard d'éternité et authentique ?

Le Soleil sanguinole sur les toits de Paris
Au rougeoiement flottant de vagues frémissantes
Dans une mer d'Azur et une voilure de gris,
Vogue cet instant en l'écume des distances,

L'Une, cette Conscience, et éprise de fougue
Mon âme, sur le pont d'un navire, rejoint L'Ici,
Ce Souffle, cette brise, nos mains qui encor nous soudent,

Lors que Le Soleil en émoi s'intensifie
En La Présence, soudain émue de Cohérence :
L'Intériorité annule toutes les distances.

Océan sans rivage

Blason de Port-la-Nouvelle (Aude, Occitanie)

Taillé : au premier d'or à la croix cléchée de gueules, au deuxième d'azur à la tour de gueules maçonnée de sable, brochant sur le tout un navire de sinople aux voiles d'argent sur un soleil de gueules.

mercredi 3 octobre 2018

De l'immortalité (la fausse)


Blason du canton de Sarajevo (Bosnie-et-Herzégovine)

L'immortalité ? Pourquoi pas. Ça dépend où.
Sur notre belle Terre, oui, mais libre de ce monde
Qui a de plus en plus l'air d'un asile de fous.
Il faudrait qu'il fût loin, à mille lieues à la ronde,

Mais avec un bouclier anti-vibrations.
Mieux vaut le quitter et changer de sphère,
Plutôt que d'ainsi vivre dans la claustration
Ou de s'étourdir en courant les hémisphères !

Il y a dans la mort une sorte de sagesse
Dont la perspective, par ignorance, nous oppresse,
Voulant garder à la forme sa pérennité.

À quelle époque remonte cette dérive amnésique,
Lors que l'on veut encore, à coups d'anesthésiques,
Annihiler en nous toute intériorité ?

L'Abbé Théophile

Adsum


Blason de Strelníky (Slovaquie)

Le centre d'un cercle infini est partout
Et donc celui d'une sphère infinie de même.
Cette pensée, dont il m'arrive de faire le va-tout,
Donne à l'évidence, point besoin de théorème.

Lors, où que j'aille, je ne quitte jamais le centre
Et c'est en l'Ici-et-Maintenant qu'il se place ;
Chaque instant qui s'ouvre à moi m'y recentre.
Combien vaines sont les chimères que les hommes pourchassent

Et combien plus apaisé serait notre monde,
S'ils ne cherchaient pas ailleurs ce qu'ils ont en eux.
Se croit-on prolonger sa vie d'une seule seconde

Quand le destin en a déjà fixé le terme ?
Un concept que les mécanistes tiennent pour douteux,
Rivés à celui de hasard de manière ferme.

L'Abbé Théophile


Adsum : « Je suis ici. »

lundi 1 octobre 2018

Instant du secret


Blason de la famille de Fougères

Le cœur a cogné, et soudain, s'est arrêté
Au soleil des pins de la forêt profonde,
Puis s'est élancé à l'émoi de l'heure féconde.
Le Temps a éclos en sa superbe majesté.

Depuis que le vent se balance dignement,
Voici la roche pure qui parle et nous raconte
Le furtif passage du lézard, l'insigne rencontre
Des opulentes fougères qui murmurent doucement

Les secousses de la terre, les senteurs passagères,
Lors que le houx se pare des perles de notre Amour,
Sauvage en ce vernissage du secret mystère.

Le sentier est effluve de beauté en ce jour,
Et sans doute, mon Ami, le cœur encor s'étonne
Qu'à cet instant fragile, mon âme pour toi frisonne.

Océan sans rivage

Blason de Hohrod (Haut-Rhin, Alsace)

D'argent à deux feuilles de houx de sinople,
les tiges posées en sautoir fruitées de gueules.