Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

lundi 8 mai 2017

Dialogue avec un Bouclier ou Chroniques d'une Vision (seconde partie)


Blason d'Océan sans rivage


Celui qui donne ce qu'on lui donne, donne-t-il vraiment ?

Chaque jour, j'écrivais.
Dès que j'ai su écrire, je me suis mise à chercher un petit papier pour y laisser courir dessus les mots.
Tout ce qui se pouvait se bousculer dans les yeux du quelqu'un voulait se ranger en petites phrases alignées.
Les mots n'ont de sens qu'avec ce qui les précède.
La vie se désirait en ces phrases.
Souvent, elles étaient ascensionnelles sur la feuille.
J'avais beau tracer une ligne droite, elles galopaient toutes seules vers le ciel.
Je les rattrapais souvent au lasso !
Comme je n'avais pas de carnet de route, j'apprenais par cœur les envolées de mots qui aimaient tant caresser les feuilles et se promener dans les prés.
Ils touchaient presque imperceptiblement le silence des champs.
Aussitôt rentrée à la maison, il fallait coucher tout ce beau monde.
Alors, la feuille grattait mon crayon. Elle avait les sueurs de mes promenades.
Parfois, la page blanche se cognait à ma fougue.
Il se passait souvent cette chose étrange : la feuille me faisait place. Elle m'accueillait les bras grand ouverts.
J'aimais respirer son odeur.
Comme elle m'a offert les sentiers multiples du rêve !
Ce quelqu'un s'est toujours étonné : écrire, c'était vivre et vivre, encore et encore.
Tout retrouver intact.
Tout revivre !
Tout revisiter !
Ce quelqu'un n'a jamais cru que la vie lui appartenait.
Il fallait tout redonner, tout offrir.
Plus tard, j'ai compris que la vie se donnait en cette Présence toujours renouvelée, toujours fraîche !
La vie est bien plus curieuse que ce quelqu'un.
Elle se veut se découvrir encore et encore.
Je suis juste à voir passer la vie.
Elle a les yeux écarquillées de se voir encore et encore !
La Vision est toujours singulière, étonnante !
Rien ne semble se tiédir.

Quand le Bouclier est revenu de L'Ailleurs, il s'est trouvé surpris.
Il a vu à sa porte une moribonde.
Elle s'allongeait chaque jour en sa tombe et attendait.
Elle ne ressentait plus le besoin de continuer.
Le Bouclier s'est étonné.
Il lui est apparu une bouche.
Il a parlé à la moribonde.
Elle s'est relevée surprise et a dit : qui me parle ici ?
Le Bouclier s'est avancé : Je suis votre Vision.
La moribonde est restée longtemps silencieuse.
- Si tu es un songe, suis-je enfin dans L'Autre Monde ?
- Viens, marchons un peu. Je te le dirai plus tard.
- Tu ressembles à quelqu'un que je connais.
- A qui ressemblé-je ?
- Je crois qu'il s'appelle Cyrano de Bergerac.
Le Bouclier se met à rire.

Océan sans rivage



Illustration de Fyodor Pavlovich Reshetnikov (Russe, 1926-1988)

Un petit grillon


Blason de Arrodets-ez-Angles (Hautes-Pyrénées, Occitanie)

D'azur au mont d'or chargé d'une roue de gueules et sommé d'une croisette
latine d'argent, au chef d'or chargé d'un grillon passant de sable

Un petit grillon, au milieu des pâquerettes
Chantait ardemment et en toute sa candeur.
Il était ivre et son âme était guillerette.
Sa vie champêtre lui procurait du bonheur.

Il savait moduler et même fredonner
Des airs que son ancêtre lui avait transmis.
L'air d'un violon parcourait ses pattes élancées.
Sa ferveur égalait les plus belles symphonies.

L'herbe est sa Demeure et le Ciel sa Voûte.
Ce solitaire a pourtant tout d'un vrai galant.
En ses suaves sons est une Présence.

Douceur et profondeur pour celui qui écoute,
Le langage des tréfonds d'un cœur jubilant.
C'est en ce Vivant que L'Âme est Quintessence.

Océan sans rivage

Gente Poule en sa mélancolie


Blason de Rentwertshausen (Thuringe, Allemagne)

Gente poule est mélancolique aujourd'hui.
- Tant de Temps pour que le monde change en nous.
A regarder toujours ce qui ne jamais ne nuit,
A nous morfondre en ces détours et ces remous !

Comme il faut être brave pour enfin se voir.
Le silence est la réponse qui en dit long.
Veiller à ce qui se passe en moi est un devoir.
Foin du monde qui périt, lors que nous marchons !

Je leur laisse volontiers leur existence.
Maître Coq, je me sens triste et n'ai que cet Appel :
Continuons notre Périple au milieu du décor.

J'ai rencontré ce jour Dame Tourterelle. *
Soudain, il m'est apparu cette évidence.
Tout ce qui semble dur et fort va vers sa mort **

Océan sans rivage

Et ** Ce qui est souple et faible va vers la vie. (Lao-Tseu)

Maître Coq en ses remembrances 4


Blason de Stuvenborn (Schleswig-Holstein, Allemagne)

En chaque moment est la meilleure des occasions,
Comme en tout lieu s'offre l'endroit le plus propice.
Un jour, je répondis à cette convocation,
N'ayant que moi-même, en l'instant, pour toute notice.

J'ai voyagé plus que de raison, visitant
Des contrées lointaines que l'on vantait fabuleuses ;
Je croyais alors bien faire, me félicitant
D'avoir la patte alerte et parfois onduleuse.

Qu'ai-je vu, sinon que l'herbe est verte et le ciel bleu ?
Que partout, l'eau mouillée descendait vers la mer ;
Que la joie est sucrée et la douleur amère...

C'est un frère Coq, disciple de Lao Tseu,
Qui m'enseigna l'essence, sans inutile faconde :
« Sans franchir sa porte, l'on peut connaître le monde ! » *

Maître Coq

Peinture de Andrew Hutchinson

* PS : Cette pensée, récurrente en nos publications, revient ainsi comme un leitmotiv, en ce sens qu'elle s'inscrit dans la moelle épinière du Chemin des étoiles. Là est le Secret, gravé tellement partout qu'il en est proprement Invisible !

Considérations palatines & amnésiques

Considérations palatines

Blason de la ville de Rome sous le premier Empire

Le ciel est gris ce matin, gris d'un lendemain
D'élections, ce qui n'est pas le meilleur augure
Si l'on considère, comme le faisaient les Romains,
Le vol des oiseaux que trois corbeaux inaugurent.

Voici que l'on célèbre la fin du dernier
Conflit, sans penser que nous menons le troisième
Qui multiplie, par la Terre entière, les charniers
Des corps et des âmes. Qui chantera leur requiem ?

Non, mon regard n'ira pas vers le Palatin
Dont n'est pas très éloignée la Roche Tarpéienne.
On ne me la fera plus, je connais mon latin.

Citoyen, si tu veux savoir ton avenir,
Relis, pour ce voir, les pages de la Rome ancienne ;
De ton futur, tu peux déjà te souvenir.

Marc

Considérations amnésiques

Blason de Taufkirchen bei München (Bavière, Allemagne)

Ce qui étonne, ce n'est pas que les politiques
Commettent des mots, dont on peut entendre le pour
Autant que le contre, mais l'oreille amnésique
Des électeurs enclins à refaire un détour

Par les urnes, prêts à remettre une bonne couche
À leur aliénation, sans même imaginer
Autre chose, quitte à essuyer une froide douche
De plus, que les journaux vont alors paginer

Pour donner à tous l'illusion d'une réflexion,
Tandis que César fait la génuflexion
Devant le Veau d'or, son réel commanditaire.

Ce qui étonne, c'est la cécité assumée
Des dindonnés piqués de citoyenneté
Se jetant dans la gueule du loup totalitaire.

Le Spectre à trois faces



Chercher à plaire aux hommes par des discours étudiés et un extérieur composé est rarement signe de plénitude humaine. (Confucius, Entretiens)

dimanche 7 mai 2017

Dialogue avec un Bouclier ou Chroniques d'une Vision


Blason d'Océan sans rivage

La Vie a cela d'étrange : elle est à dérouler un tapis qui ondoie sous nos pieds.
Nous pourrions penser que nous maîtrisons La Vie, du fait même que nous sommes en cette aptitude à choisir.
Enfin, nous le croyons !
Il y a fort longtemps, en une autre vie, je ne me sentais pas à même de pouvoir choisir.
J'observais.
Parfois, je me hâtais.
Souvent, j'étais à ne me donner aucune importance.
Je me disais : surtout, ne fais pas de toi un cas !
Dans le fond, je ne comprenais pas pourquoi j'étais quelqu'un.
Oh, je sentais bien que je l'étais tout de même un peu.
Quelque chose d'infime.
Rien de plus.
J'observais surtout.
Je passais tout mon temps à observer.
Oh, mes mains et mes pieds faisaient des choses, comme tout le monde, je présume : ni plus ni moins !
Mais, je ne sais pas pourquoi, un coin de mon œil balayait tout sur son passage.
Je me disais, en ce moi-même : tiens, il y a quelqu'un ici.
Ce quelqu'un observe.
Ce quelqu'un éprouve.
Ce quelqu'un pense.
Ce quelqu'un réagit.
Ce quelqu'un mange, boit et dort.
Ce quelqu'un est avec quelqu'un d'autre.
Ce quelqu'un parle.
Ce quelqu'un est un, parmi tant d'autres.
Pourtant, ce quelqu'un ne sait pas vraiment qui il est et pourquoi il est là.
Il observe, encore et encore.
C'est une véritable exploration.
Cela n'en peut plus.

Mais, un jour vient et Quelque Chose d'incroyable se passe !
Ce quelqu'un de nulle part, ce quelqu'un d'ici et d'ailleurs, ce quelqu'un qui passe, ce quelqu'un, celui-là même, voit en un songe ce qui va bouleverser toute sa vie.
Depuis, il continue d'observer.
Chose étrange !
C'est là, Sa Réalité !
Il s'en amuse beaucoup !
Il se dit : comme tout le monde se prend au sérieux ! c'est inouï !
Maintenant, je vais laisser parler ce blason que j'ai vu en une vision : il a beaucoup de choses à dire.

C'est L'Histoire d'un Bouclier, forgé en un métal qui n'appartient pas à ce monde.
Il a trempé dans divers bassins.
Il a voyagé de demeures en demeures et a rencontré bien des personnes.
Il a surpris des dialogues insaisissables, et il a été témoin de scènes improbables.
C'est ainsi.
Ce Bouclier s'est échappé de L'Ailleurs et il s'est emparé des yeux de Quelqu'un.
Depuis, Le Bouclier apprend.
Il est sous un Arbre Mémorable.
Il a fusionné avec mille feux qui embrasent sans consumer.
Il a traversé les fleuves dont on ne revient jamais.
Le voici en de douces veillées à se vouloir chanter soudain une Épopée.

Océan sans rivage


Illustration de Fyodor Pavlovich Reshetnikov (Russe, 1926-1988)

Vraies Merveilles


Blasons de Schleinikon et de Wangen-Brüttisellen (Canton de Zurich, Suisse)

Je m'étonne toujours de ce que les humains
S'extasient pour des inventions, certes astucieuses,
Mais dont ils se lassent dès qu'arrive le lendemain,
Se devant mener des existences fastidieuses

Pour acquérir ce qui finira aux déchets ;
Admirant les dernières trouvailles de la technique,
Mais, tandis que s'amusant avec leurs hochets
Qui les enchaînent si bien à la vie mécanique,

Sont incapables de contempler les merveilles
D'une Nature où nulle chose n'est à l'autre pareille.
Voient-ils combien l'herbe est princièrement vêtue

Et comme rien n'égale de la fétuque le panache ?
À être bouffi d'orgueil, l'on devient ganache.
Savoir regarder n'est pas une moindre vertu.


Blason de Ripollet (Catalogne, Espagne)

Si tu prends des œufs pour te faire une omelette,
Penses-tu un instant ce qu'il en pourrait sortir ?
Un beau coq comme moi ou même une jolie poulette !
De l'idée seule, il y a lieu de s'ébaudir.

Maître Coq

samedi 6 mai 2017

Déférence


En écho à L'hymne du terroir

Blason de Markersbach (Saxe, Allemagne)

Aucune campagne ne me parle si n'y tinte
Cette Cloche que le cœur recueille humblement.
Il est comme un doux battement qui s'y suspend.
Le Jardin éclot du Chant de notre Étreinte.

Maître Coq, votre flamboyance est un Hymne,
Que dis-je, une fière Louange qui s'élève,
Ardente solennité ! La Voix est ultime
Lors que La Terre vibre en cette intense sève.

Il est un instant que L'Âme vénère sans cesse.
Et c'est en son intime qu'est cette précellence.
Émue, je le suis devant toutes vos largesses.

Je tremble encor de découvrir cette splendeur.
Comme La Vie vaillante est perpétuelle douceur !
Un seul moment d'Amour est aussi Déférence !

Océan sans rivage

Maître Coq, Je vous aime !

L'hymne du terroir


Blason de Guarda (Canton des Grisons, Suisse)

Aucune campagne ne me parle si n'y chante
Maître Coq ; j'y entends comme l'hymne du terroir,
L'ode champêtre dont ma nature agreste s'enchante,
Lors que je l'imagine, juché sur son perchoir.

Enivrantes sont les exhalaisons de la terre,
Autant que les suaves parfums de la gente florale ;
Caressante la bise sur les chemins solitaires ;
Combien réconfortante la douceur aurorale.

Mais rien n'égale le chant de Maître Coq qui offre
Au silence enveloppant l'idée rassurante
D'une vie simple vécue dans la joie murmurante.

Cette pensée, je l'ai déposée en un coffre
Qui ne s'ouvre que de l'intérieur ; sa serrure,
L'ai forgée en mon âme, autant que ses ferrures.

Marc


Épigramme 1


Blason de Cunter (Canton des Grisons, Suisse)

Un homme qui ne sait pas se mettre à genoux,
Tout erectus qu'il soit, n'est pas un homme debout.
Il n'est pas un collet monté dont l'arrogance
Ne soit, à la fin, soluble dans l'impotence.

Pauvre imbécile, tout diplômé que tu sois,
Ta dernière couche ne sera pas drapée de soie !
Te vois-tu te prendre au sérieux, sur cette scène
Dont le Diable est le seul et unique mécène ?

Mais, bien entendu, tu ne crois pas en cela,
Doutant même qu'il puisse jamais exister une âme,
Ne croyant que ce que tu vois ; c'est là ton drame.

Ce que tu perçois est le fruit de ton esprit,
Le copier-coller de ce que l'on t'a appris.
Dans le fond, tu es à plaindre, je ne t'en blâme.

Le Spectre à trois faces


Chroniques d'un regard

L'Appel


Blason de Pessat-Villeneuve (Puy-de-Dôme, Auvergne)

Un jour, Gente Oie ouït conter que le saumon
S'en remonte le courant jusqu'au point d'origine
De sa naissance ; lors, nageant d'aval en amont
Et bravant tous les dangers que l'on imagine.

« Je me voudrais moi aussi retrouver le lieu
Qui m'a vue naître et voler à tire d'aile,
Quand même il me faudrait franchir mille lieues.
Voici que retentit en mon âme cet Appel !

Je suivrai, pour ce faire, la route de mes sœurs
Du Nord et mettrai en mon coeur toute mon ardeur.
Mais je sais que ce retour n'est pas en arrière

Puisqu'ayant de ma conscience la déclinité
Qui s'axe sur mon intention d'illimité.
Alors, dans les nuages s'ouvrira une clairière... »

Marc
____

Tranché : au premier, de gueules à l'oie essorante d'argent becquée
et membrée d'or ; au second, de sinople au poisson d'argent posé en bande.

Poésie héraldique allemande - Friedland


Blason de Friedland (Silésie, Prusse ancienne, actuelle Mieroszów, Pologne)

Auf rotem Grunde eine zweitürmige Silberburg,
in deren offenem Tor ein goldener Igel steht.


Die schönsten Dinge sind in Nacht
Wie in ein Weckglas eingemacht;
Man muß den Deckel schrauben:
Da duften sie, da steigen sie,
Da wallen sie, da reigen sie
Und schmecken süß wie Trauben.

Das Kindlein, das in Kissen geht,
Die Mutter, die den Deckel dreht,
Sie sind drum wohlberaten;
Sie wissen, was der Mond gemeint,
Der gelb wie Apfelsine scheint,
Und wie die Sterne baten.

Die blaue Beere nimmt den Lauf,
Und schwarze Blumen brechen auf
Aus weißer Ofenkachel;
Der Zwergenigel steht und blitzt,
Wo Bergkristall zur Burg geschnitzt,
Mit seinem güldnen Stachel.

Und alles flieht des Glases Haft,
Und jedes glüht wie Brombeersaft
In tröpfelndem Gerinnsel.
Die taugewölbte Burg verschwimmt,
Des Igels goldnes Wölkchen glimmt
Ob der granatnen Insel.

Und wenn das Kind erwacht zum Spiel,
Dann findet's noch den Glitzerkiel,
Vom Igelpelz geschoren.
Er freut es sehr, er nützt ihm kaum,
Er ist so zwecklos wie sein Traum
Und geht ihm bald verloren.

Gertrud Kolmar

Blason de Mieroszów (Silésie, Pologne)

vendredi 5 mai 2017

Quand le Roi viendra moissonner


Blason de Weikendorf (Autriche)

J'ai connu ce temps où les rubans de bitume
Ne hachaient tout menu les rieuses contrées,
Lors que la vie des hommes, en leurs us et coutumes
Que la culture en boîte fera bientôt sombrer,

Se voulait encore le reflet des champs célestes.
De ce monde désormais disparu, j'ai vécu
Les derniers silences, avant que le bruit n'empeste
Tout l'espace et ne hurle « Malheur aux vaincus ! »

J'ai vu des collines fendues en deux par la hâte
De ceux que l'espoir du gain tourmente et appâte.
J'ai vu des arbres vénérables tronçonnés

Par la rage de ceux qui veulent transformer le monde
En paradis stérile où la laideur abonde.
Qu'en sera-t-il, quand le Roi viendra moissonner ?

Marc

Happy Hour


Blason attribué à Aisonville-et-Bernonville (Aisne, Picardie)

Coupé, d'or à trois bandes d'azur, et de sinople à la chope de bière d'argent.

Vendredi soir... Sentez-vous souffler, telle une brise
Légère, l'étrange soulagement qui traverse
La ville entière, heureuse d'échapper à l'emprise
Que la Bête jamais repue sur tous exerce ?

Les bureaux se vident et les brasseries s'étalent
Jusque sur les trottoirs où la jeunesse dorée,
À coups de pintes de bière à cinq euros, déballe
L'hebdomadaire voilage d'une vie évaporée.

En 14, l'on envoyait la chair à canon
Irriguer les champs de boue au son du clairon ;
Un siècle après, voyez la chair à finance

Se faire pressurer sa plus vitale énergie,
Lors que les âmes sont plongées dans la léthargie
Et que les égos se donnent commune résonance.

Le Spectre à trois faces
Carnet de rue

jeudi 4 mai 2017

L'Illusion ne trompe pas

Familienwappen Pfau (von Solothurn, ehemals von Schaffhausen)

La Vie masque La Vie, et pourtant la dévoile
Chose étonnante, comme une Profondeur,
Qu'un Temps recueille en Son Livre Phénoménal.
Il s'est suspendu en cette Vision du Cœur.

L'Horizon s'élève du Désir enflammé.
Maître Coq, Je vous vois surpris des prouesses
Du Paon qui s'ouvre telle une Aube Sublimée.
Toute Majesté n'est pourtant pas Noblesse.

Les apparats sont les manteaux que l'on usurpe.
Lors que vient le déclin du Jour, que reste-t-il ?
Il n'est de Lumière et de Pure Beauté qu'en L'Âme.

L'illusion ne trompe pas, ni ne subjugue
Le Coeur de L'Amant. En lui est une Flamme
Vive qui brave tout ce qui lui est hostile.

Océan sans rivage

La Beauté est au cœur Rayonnant de sincérité.

mercredi 3 mai 2017

Nos Retrouvailles


En écho à Retour

Blason de Schönberg (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Il est des nues que l'on sait être Langage.
Comme est sublime Le Destin qui nous unit,
En ce par-delà, et qu'en notre Voyage,
Nous migrons depuis La Conscience Infinie.

Jamais nous ne sommes à nous leurrer,
Et répondons à L'Appel qui est Noble Réalité.
Vois L'Ami, comme notre Rencontre est sublime :
A la croisée d'une Route, nous nous vîmes.

Le Regard est Vivant, car il reconnaît bien,
Et c'est Là que nous comprenons la sincérité,
Ce qu'il pressent depuis L'Intime de L'Inné.

Ce sont nos âmes qui chantent Les Épousailles,
Lors que Le Ciel en ce Silence, Oh Combien
Intense, révèle enfin nos Retrouvailles.

Océans sans rivage

mardi 2 mai 2017

Retour


Blason de Saint-Priest-la-Prugne (Loire, Auvergne-Rhône-Alpes)

J'ai souvent marché sur les chemins solitaires,
Le long des rivières, à travers champs et forêts,
Cherchant – le savais-je ? – une rencontre salutaire,
Comme une réponse aux questions qui me dévoraient.

Qui étais-je et qu'étais-je venu faire dans un monde
Qu'aujourd'hui encore j'ai du mal à comprendre ?
Je regardais vers le ciel comme on lance une sonde,
Me demandant si quelqu'un pouvait m'entendre.

Le soir de ma vie me reporte à ces prémices,
Lors que de bien des choses, j'ai bu le plein calice.
Les brumes de l'enfance s'effacent en cette clarté

Qui me montre que tout fut là dès l'origine.
Qu'avais-je à bomber le torse ou plier l'échine ?
J'ai retrouvé ce dont on voulait m'écarter.

Marc
____

D’or à la burelle ondée de sinople surmontée de trois sapins coupés de sable mal ordonnés, soutenue de trois pointes de gueules appointées vers le cœur ; au comble dentelé de gueules.

Festina lente (Hâte-toi lentement)



Blason de Riegel am Kaisersthul (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

Ce qui est bien fait est toujours assez vite fait,
Disait en son temps l'empereur romain Auguste,
Car ce que l'on hâte n'en est que plus vite défait
Par le temps dont il est sage que l'on s'y ajuste.

Si les hommes pouvait transformer l'herbe en lait
En l'instant même, sans devoir passer par la vache,
Soyons assurés qu'ils le feraient, sans délai,
Et cette folie serait bien d'un siècle bravache !

C'est de l'orgueil que naît toute rivalité
Et l'ignorance qui inspire la fatalité.
L'on voudrait tout tout le temps et surtout de suite.

Sachant leur temps limité, ils le veulent emplir,
Mais sans laisser à rien le temps de s'accomplir,
Qualifiant de vie ce qui n'en est que la fuite.

Marc

Voir aussi sur Naissance et connaissance

lundi 1 mai 2017

Le Troll-Nuage


Blason de Stuehlingen (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

Un jour de printemps, Maître Coq et Gente Poule
Se promenaient dans un pré fleuri, près d'un bois,
Écoutant la feuille qui bruisse et l'eau qui coule
En l'heure douce où la bête n'est plus aux abois.

Tout un peuple de pâquerettes, à leur passage,
Les salua avec tant d'amour, que d'émoi,
Gente poule remercia le Ciel du beau message
Car de lui rendre mille grâces jamais ne sursoit.

Soudain, tous deux, mus par quelque pressentiment,
Se retournèrent et virent au loin, les observant,
Un troll géant, ciselé dans les nuées blanches.

Ses yeux grand ouverts lui donnaient l'air hébété ;
Il avait même – comme c'était drôle ! – la bouche bée.
Nos Amis, pliés en deux, en rire une bonne tranche.

Marc