Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

samedi 12 septembre 2026

Allégorie d'un déluge

 
Blason de Frohnleiten (Styrie, Autriche)


Le nouveau déluge qui submerge l'humanité,
C'est le tsunami du Web, de toute évidence.
Les esprits moyens, alias la majorité,
Se jettent dans cet océan sans la moindre prudence.

À trop boire la tasse, on finit par se noyer,
D'autant plus que des courants contraires se déchaînent.
Un frêle esquif s'y fait facilement broyer,
À moins d'avoir une ancre au bout d'une grosse chaîne.

Celui qui n'est pas solidement arrimé
Court le risque d'être ballotté par les vagues
Ou d'errer en eaux troubles et d'y mariner.

Face à tout ce déferlement d'informations
Et à tous les paumés de ce monde qui divague,
Plus d'une raison sombre après dislocation.

Le Spectre à trois faces

Crains fort de surfer sur le Net
Si tu n'as pas l'esprit très net.
Les écumeurs ne vont pas te rater.
C'est ton cerveau qu'ils cherchent à pirater.

mercredi 9 septembre 2026

Les bancs-reposoirs d'Alsace

 

 
Jadis, les paysannes se rendaient au marché
Pour y vendre les produits de leur ferme.
Ces femmes vigoureuses ne craignaient pas de marcher
Et parcouraient parfois plusieurs lieues d'un pas ferme.

Elles portaient souvent de lourds paniers sur la tête,
Ce qui les obligeait à marquer des arrêts.
Le retour, à vide, pouvait se faire d'une seule traite.
Parties dès l'aube, elles rentraient tard dans la soirée.

Au bord des chemins se trouvaient des reposoirs
Comportant deux niveaux : le plus bas pour s'asseoir
Et le plus haut pour y poser la pesante charge.

C'est sous les deux empires qu'ils furent aménagés
Et font lors partie du patrimoine à protéger,
Témoins d'un temps où l'horizon semblait plus large.

mardi 8 septembre 2026

Autant en emporte le vent


Blason de Bel-Air-Val-d'Ance (Lozère)

D'azur à deux Aquilons d'argent mouvant des angles du chef, leurs souffles prolongés par deux bouffadous du même passés en sautoir et cantonnés en chef d'une abeille , à dextre d'une épée posée en barre et à senestre d'une clé posée en bande, le tout d'or; au mont de trois coupeaux posés en fasce d'argent et chargé d'une roue de moulin de gueules.


Celui qui aujourd'hui te loue demain te blâme.
Le vendredi Saint suit le dimanche des Rameaux.
Il n'est pas rare que l'euphorie précède le drame.
Un bien apparent peut parfois couver mille maux.

Vivre comme si tout était acquis est stupide
Car personne ne peut jurer de l'instant suivant.
Que sert-il, au final, d'être avide et cupide
Puisqu'à tout moment autant en emporte le vent !

Il ne faut jamais, dit-on, contrarier les fous ;
D'humeur instable, ils ont la gâchette facile.*
Les esprits infantiles finissent souvent séniles.

C'est dire que si l'on prend les gens par les deux bouts,
La plupart sont infréquentables à haute dose.
C'est aujourd'hui plus vrai que jamais, et pour cause.

Le Spectre à trois faces

 
* Cela peut s'entendre au sens littéral
mais surtout au sens figuré : injure et imprécation.

dimanche 6 septembre 2026

D'un certain cinéma

I

Le cinéma français est plus que fatigué :
Il est, pour ainsi dire, au bout de la bobine.
La boutique n'est plus au niveau de la vitrine.
À cet effet, plusieurs agents se sont ligués

Dont le plus influent est l'idéologie
Que l'on qualifie aujourd'hui de progressiste.
Doivent s'aligner sur un contenu moraliste
Les ingrédients dictés par la posologie.

Cela fait sans doute partie du cahier des charges
Auquel s'oblige le cinéma subventionné,
Faute, sinon, d'être sévèrement rationné.

Cela explique que les films n'en mènent plus large,
Le public désertant les salles, ne s'y trompant pas.
À ce stade, on est plus proche que loin du trépas.

II

Sans vouloir pointer les téléfilms pour autant,
Le cinéma français est cucul la praline,
Mis à part quelques rares perles de temps en temps.
La critique est acerbe, on la voudrait câline.

Sauf que nous ne brossons pas dans le sens des poils
Car c'est avec nos sous qu'on nous sert la tambouille.
Si la meilleure cuisine se fait dans les vieilles poêles,
Celle qu'on nous propose n'est pas du genre où l'on touille

Car elle est aussi mijotée qu'une betterave,
Servie par une langue indigente et affaissée
Et qu'une diction désastreuse enfonce et aggrave.

L'abus des gros mots est une pratique courante,
Comme si l'époque était encore à déniaiser !
L'ensemble laisse une impression des plus navrantes.

III

La critique est facile quand l'art est difficile ?
Sauf que l'art, justement, consiste à élever
Au lieu de n'être que l'exécutant docile
D'une idéologie dont il faut relever

Qu'elle macère davantage dans bas-fonds psychiques
Qu'elle ne monte vers les hauteurs de l'esprit humain.
Même quand elle se veut légère, comme dans le comique,
C'est genre « Arrache-moi la jambe, repasse donc demain ! »

Même des acteurs connus font dans l'alimentaire
Et prennent ce qu'on leur offre car dans ce métier,
On n'a pas toujours les moyens d'être altier.

L'on préfère jouer dans un film rudimentaire
Plutôt que d'avaler la poussière de l'oubli.
Plus aucune place n'est solidement établie.

Le Spectre à trois faces


Pas cinéphobe pour autant.

vendredi 4 septembre 2026

D'une reconquête

Blason de la République de Venise (697-1797)

I

Tu votes à droite, tu te tires une balle dans le pied ;
Tu votes à gauche, tu te tires une balle dans la tête.
Ou est-ce l'inverse ? La question se laisse étudier.
Le pigeon votant est rarement de la fête ;

On lui promet tout pour ne tenir presque rien,
La carte du joker étant la conjoncture.
Or, comme ceux qui sont aux commandes sont des vauriens,
L'on obtient plus de mélasse que de confiture.

Du reste, on a les gouvernants que l'on mérite.
Telles seraient les vertus de la démocratie.
Sauf que c'est surtout de ses tares dont on hérite.

La France est un pays où les mots se laissent dire
Mais seuls certains jouissent de la suprématie,
Et peu importe que les faits viennent les contredire.

II

La Politique doit s'inspirer des bons principes,
Le premier étant celui de réalité,
Sans toutefois donner lieu à des stéréotypes
Ni dépendre du fil de l'actualité,

Mais simplement considérer ce qu'il se passe,
Non pas par le prisme de l'idéologie
Qui cherche à plier le réel à son espace,
Quitte à user, s'il le faut, de démagogie.

C'est dire qu'aujourd'hui, on n'ose plus nommer les choses
Car les mots sont piégés d'être trop connotés
Et finissent ainsi par être déconnectés.

Les reconquérir est alors une noble cause,
Quitte à devoir raboter les oreilles de bois,
Plus sensibles au gros tambour qu'au doux hautbois.

Le Spectre à trois faces
 
Politique parallèle