Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

mercredi 11 octobre 2017

Brevitatis causa 1


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Maulbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

À l'impossible nul n'est tenu, dit l'adage,
Quand même chacun est à porter sa propre croix,
Sans qu'il soit question de condition ni d'âge.
Du reste, une chose vit en soi telle qu'on la croit :

Une charge, pour l'un, est lourde et, pour l'autre, légère ;
Ce dont l'on pleura un jour fera rire plus tard ;
Cette mine avenante cache la figure d'une mégère ;
L'on a un train d'avance, un autre de retard...

De cette sorte, les comptes s'équilibrent, toujours ;
Tout plus s'accompagne d'un moins, c'est sans détour.
Nos destins sont gravés Ailleurs, nul n'y échappe !

L'on ne peut être qu'à un endroit à la fois ;
Tout ce qui est ou sera le fut autrefois.
Donc, il ne sert à rien de brûler les étapes.

Frère Eugène


Peinture d'Adolf Humborg (1847-1921)

Brevitatis causa : dit brièvement.

Cygne de la Présence


En Écho à
Pleine Présence

Blason de Marc Le Trelle de Kerandré (Bretagne, 17e siècle)

Cygne de La Conscience en ces Rayons déclinants,
Lors que tu avanças vers nous si gauchement,
Que Ton corps féerique semblait comme alourdi,
Tes yeux plongèrent en notre regard ébahi.

Haute Présence et étonnante élégance,
Cygne de Joie et solarité du plumage...
Révérence, L'Ami, Noblesse d'un long Voyage.
Il est des instants d'Amour qui sont irradiances.

Sais-tu, Cygne au cou plein de grâce, le sais-tu ?
En secret, je Te couvrais de mille baisers.
Sais-tu, Cygne magnifié en Ta Pureté ?

Immaculée de vibrantes élocutions,
Nous nous inclinons et encor nous inclinons.
Cygne, le cœur a bien perçu et aussi reconnu.

Océan sans rivage

mardi 10 octobre 2017

En Vie


Blason de Neubois (Bas-Rhin, Alsace)

Il me prend des envies d'aller piocher la terre
Et de n'avoir d'autre pensée que celle d'être
Tout entier à l'acte. Ô ma bouche, veuille te taire
Quand les bras parlent, le silence est ton maître !

Blason de Heiligenhaus (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Il me prend des envies d'aller frapper le fer
Et de penser que je suis à forger mon âme,
Quand même elle ait déjà suffisamment souffert.
Mais certains recoins doivent repasser par les flammes.

Blason de Šútovo (Slovaquie)

Il me prend des envies d'aller couper du bois,
Au cœur d'une vaste forêt, sauvage et profonde,
Et d'y respirer la bonne odeur du sous-bois,
Loin du tumulte et des pestilences de ce monde !

Blason de Chaussin (Jura, Franche-Comté)

Parfois, il me prend juste des envies de nuit
Et de sommeil bienheureux au fond d'une alcôve ;
L'aiguille resterait longtemps bloquée sur minuit,
Tandis que je rêverais, le sourire guimauve.


Marc

Traversée du monde


Composition de l'auteur

Le coq d’or veut offrir son être à l’univers ;
Le chameau d’or l’emporte en une trajectoire
Où mille poulaillers honoreront sa gloire,
De la mer aux forêts, de la ville aux déserts.

Le coq est exalté par l’idée du voyage,
Il ne peut s’empêcher d’en tirer un discours
Qu’il prononce à loisir, tout au long du parcours,
Instruisant les badauds des prés et des villages :

- Je suis un être au cœur pénétré de vaillance !
Je viens jusqu’à chez vous, diffusant mon éclat ;
Quant aux poules, surtout, qui se trouveraient là,
Posez-les près de moi, je suis leur providence.

Ce regard


Blason de Brekendorf (Schleswig-Holstein, Allemagne)

T'es-tu déjà pris le temps d'écouter les feuilles
Bruisser dans les peupliers, quand l'orage menace,
Ou quand le vent d'octobre, peu à peu, effeuille
Ces fiers colosses de bois d'ancienne et noble race ?

T'es-tu pris à observer la petite fourmi
Besogneuse, allant et venant avec sa charge,
Et l'abeille, quoique non férue en agronomie,
Féconder une prairie entière de son vol large ?

As-tu jamais vécu le Vivant qui s'offre
En l'instant, d'un regard pur, vierge de toi-même ?
Sinon, de quoi ta mémoire est-elle le coffre ?

Qu'emporteras-tu, une fois le moment venu ?
Ton intention profonde sera aussi l'ultième
Et tu verras à quel point le choix est ténu...

Marc

Confiteor


 
Blason de Kremmen (Brandebourg, Allemagne)

Sans doute, en ces temps troubles, ai-je commis des mots
Dont je ne prendrai que plus tard la pleine mesure.
J'en ai lâché beaucoup qui se changèrent en maux,
Infligeant de cruelles et durables blessures.

Suis-je bien celui-là qui, alors, les proféra ?
Comment une chose pareille a-t-elle pu m'advenir ?
Mon âme le savait, mais mon ego préféra
Occulter cette Lumière. « L'on verra bien venir ! »

Me disais-je en moi-même, pensant qu'en fin de compte,
Surgirait une bonne Fée, un peu comme dans les contes,
Pour, d'un coup de baguette, me tirer d'embarras.

De fait, elle est bien venue, d'une certaine manière,
- Et j'en perdis jusqu'à mes illusions dernières -
M'aidant, de bien des scories, à faire débarras.

Marc

Omnia vanitas 3


Une causerie de Frère Eugène
 
 
Blason de la municipalité d'Eddersheim (Hesse, Allemagne)
 
Se croire meilleur ou plus que l'autre est toujours
Puéril car c'est se mesurer à son aune,
Lors que, souvent, l'on n'en perçoit que les contours ;
Idem pour l'inverse car c'est en faire une icône

Et ainsi le déchoir de sa réalité,
Par le fait de le figer dans son apparence.
Nous ne percevons des choses que leur unité
Relative et dont cette vie n'est qu'une séquence.

Que savons-nous d'une personne et de son destin ?
En toute croisée est une montée qui se propose,
Et à cela, nulle alternative ne se pose,
 
Sinon celle d'aller dans le sens de ses instincts,
Qui se veulent préserver l'illusion égotique,
Ou bien dans celui d'un esprit aphairétique.
 
Frère Eugène
 

lundi 9 octobre 2017

Obédience


Blason de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne, Ile-de-France)

D'azur semé de fleurs de lys d'or, au lion passant du même brochant sur le tout.

Lion qui de Ton Approche insolite m'émeut
Au delà de la raison, sans doute, te vois-je
Bien plus que Ton Apparence, et en Tes Yeux,
Le Monde entier bascule. Surgit alors Ton Image.

Je suis à Tes genoux, mon Roi, et Te visite,
Ou bien est-ce Toi qui nous viens en ce doux Parfum ?
Tu as volé mon esprit, et je devine Ton vaste Jardin.
En Ta marche, mon âme amoureuse s'invite.

Je ne sais plus rien que jouer auprès de Toi.
Tu accueilles L'Enfant de Ta grande Bienveillance.
Rivières et cascades en ces effervescences.

Tout semble soudain s'approcher et faire obédience.
Je tiens un parchemin que j'écris sous Ta surveillance.
Il se renouvelle des Quintessences d'un Roi.

Océan sans rivage


Pleine présence


Blason de Serrouville (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

D'azur à un cygne éployé d'argent accosté de deux cailloux d'or et accompagné
en chef et en pointe de deux croisettes recroisetées au pied fiché de même.


Tandis que certains arbres retiennent leur verdure,
D'autres, déjà, se sont drapés d'or et de feu.
Une brise légère caresse les feuilles dans les ramures
Et nos pas, sur le chemin, avancent, langoureux.

Le Jardin est là, toujours, tel qu'en nos mémoires ;
Et pourtant, nous réalisâmes que c'est en nous-
Mêmes qu'il vit, que nous en sommes le vivant grimoire.
Ce qui en Lui se lie jamais ne se dénoue.

Ce n'est plus nous qui marchions sur les bords du monde,
Mais le monde qui frôlait l'adieu de nos regards.
À peine perçut-il nos silhouettes vagabondes

Qui s'estompaient, lors qu'elles eurent fait la révérence
Au gentil cygne qui fut, à plus d'un égard,
Le seul être qui nous offrit sa pleine présence.

Marc

dimanche 8 octobre 2017

L'Autre


Blason de Nurmijärvi (Finlande)

Qui suis-je pour toi ? Une fuite à ta solitude ?
Le remplissage du vide de ton illusoire ego ?
Le relief compensatoire de ta platitude ?
L'étendue de répercussion de ton écho ?


Un faire-valoir pour t'inscrire dans la sphère sociale ?
Des élans narcissiques le miroir complaisant?
La coupe offerte à tes humeurs discordiales ?
Tout juste un sourire pour rendre l'instant plaisant ?

Qui suis-je donc pour toi ? L'instrument du destin
Qui reteinte les couleurs du jour chaque matin ?
Oui, suis-je vraiment cet Autre qui t'est un mystère ?


Il est pertinent, s'agissant d'une relation,
De l'éprouver par le feu de telles questions.
Aucune ne tient dès lors qu'elle est utilitaire.


Marc


Lire aussi L'Autre ainsi que L'Autre est soi
                           
Et voir aussi sur Naissance et connaissance

Coq vagabond


Composition de l'auteur

Le coq d’or, explorant l’univers sans limite,
Est aujourd’hui porté par un éléphant d’or
Qui au champ de sinople avance sans effort,
S’éloignant vivement des lieux que l’homme habite.

Le fier gallinacé, qui pilote la marche,
Guide son compagnon, lourd et volumineux ;
Ils avancent ainsi, sous le ciel lumineux
Comme jadis Moïse emportant la grande Arche.

Ils franchiront la plaine, on ne les verra plus,
Ils parviendront au nid de la poule géante,
Dont les compagnes sont de belles éléphantes :
C’est, sur un parchemin, ce que le coq a lu.

samedi 7 octobre 2017

Les trois cœurs


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Großburgwedel (Basse-Saxe, Allemagne)

Un cœur dispersé est tel un Don Quichotte
Poursuivant et attaquant des moulins à vent ;
On le peut qualifier, comme la tête, de linotte,
Ne sachant plus après ce qu'il a fait avant.

Pourtant, je demande à mon Seigneur les trois cœurs :
Le premier pour Lui, pur et ardent comme une flamme,
Me tenant sans cesse en Sa Présence, faisant chœur
Avec les orants de tous les temps, nobles âmes !

Le second, empli de tendresse pour mon prochain,
Me portant à marcher avec lui en sa quête,
Comme un frère, moi qui ne suis qu'un humble témoin.

Le troisième, de bronze, car je me veux rigoureux
Pour moi-même et me plier, lors que je m'entête
En mes penchants, grâce à ce centre vigoureux.

Frère Eugène


Inspiré d'une prière de Benoît-Joseph Labre (1748-1783), un pèlerin mendiant français qui parcourut les routes d'Europe. Surnommé le « Vagabond de Dieu », il est considéré comme un mystique.

Sans les mots


Blason de la famille de Caupenne d'Aspremont
(Blason dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As)

D'azur à six pennes ou plumes d'autruche d'argent, accolées
et passées en sautoir par le pied, deux à deux en chevrons renversés.


Sans les mots, comment t'écrirais-je ? Te parlerais-je ?
Et comment les tairais-je si même l'indicible
Ne trouvait plus dans leur silence ce qui les protège
Des réductions hâtives ? Quand ils servent de cible

À leur propre perversion et leur galvaudage ?
Sans les mots, aucune table ronde n'a plus de sens ;
Sans les mots, la nuit couvrirait les anciens âges ;
Sans eux, comment remonterais-je à leur essence ?

Tu as dit : « Un mot vrai est toujours un vrai mot
Car il contient par nature le principe actif
Qui soigne du cœur les plaies et de l'âme les maux. »

Un vrai mot n'est jamais pauvre mais généreux ;
Il fait plus de bien que n'importe quel sédatif ;
Sans eux, comment chanterions-nous les jours heureux ?

ML, Le chemin des étoiles


Voir aussi sur
Naissance et connaissance

Dans l'âtre du Cloître (8)


Une causerie de Frère Eugène – Le chou

Blason de Jouard de Bouchevannes (Bourgogne)

Notre époque, éminemment aseptisée,
Boude certains légumes qu'elle écarte de l'assiette ;
De plus en plus, la nourriture standartisée
Relègue les mets traditionnels aux oubliettes.

Ainsi, le chou vert, qui fut aux côtés du pain
L'aliment principal durant deux millénaires,
N'est pas très loin de connaître le même destin,
À cause de son odeur forte et peu ordinaire.

Mais il suffit de le savoir bien cuisiner
Pour le faire monter en son plus suave arôme.
C'est un bon légume, généreux et économe,

Fort recommandé pour cette période de l'année.
Cuit à l'huile, à l'eau ou mangé cru en salade,
Le chou chante en nos ventres ses plus belles ballades.

Frère Eugène

Peinture de August Wilhelm Nikolaus Hagborg (1852-1925)

L'Envoyé


Blason de Verfeil (Haute-Garonne, Occitanie)

                 Sous le figuier,
                 Le passant est assis qui attend son heure
                 Dans la contemplation de la multitude unifiée.
                 Il s’efface et dépouille son vêtement d'autrefois,
                 Regard fermé à tout autre vision que celle de son Roi
                 Qui rassemble toute chose en sa main.


                 Sous l'olivier,
                 Le suivant authentique reçoit son ordre et son viatique éternel,
                 Il ouvre alors son regard 
                 Et saisit pour toujours la trace de l'Unique
                 Dans la procession incessante des créatures.
                 Le voici désormais à la cime du mont
                 Homme étendard de feu,
                 Phare des mondes et de l'univers.

                 Prophète investi, il dirige ses pas vers la Cité sacrée 
                 Pour l'ultime et première rencontre
                 Car il connaît l'origine et la fin
                 Et la beauté extrême 
                 Déposée en chaque être 
                 Du plus infime au plus insigne.

                 Le guide pleure la déchéance humaine,
                 Et la corruption du monde
                 Et les meurtrissures de la Terre

                 C'est pourquoi il dépose en lieu sûr
                 Les joyaux de la sagesse ancestrale
                 Et tend ses mains à la détresse
                 Et couvre de son manteau 
                 Les blessures et les larmes.

                 Il connaît son Seigneur et sa servitude
                 Il est parmi la foule et sa parole est claire.
                 Et bien que tous l'entendent, peu comprennent sa langue.

Jean d'Armelin

jeudi 5 octobre 2017

Coq de parade


Composition de l'auteur (Boeuf du blason des bouchers de Bourges ;
coq des anciennes armoiries de la famille Montgolfier.)


Je suis le grand coq d’or, aux fiers battements d’aile.
Je parcours mes États sur un bœuf bien portant,
Aimé des animaux dont je suis le sultan,
Le maître, l’empereur et le soldat fidèle.

Chaque poule, au printemps, me veut bien proche d’elle ;
Je ne refuse pas ce service important.
Mon œil voit la suivante, au lointain, qui attend ;
Au-dessus de la cour dansent les hirondelles.

Tel un triomphateur du peuple des Romains,
Sur mon bœuf engraissé je suis le grand chemin
Au rythme de sa marche, il est vrai, peu pressée.

Au hasard du trajet, j’annonce à pleine voix
Que le printemps viendra sur la plaine et les bois ;
Et les astres du ciel saluent cette pensée.


Cochonfucius

Les Allégories du Jardin - L'Hirondelle


Blason de Schieder-Schwalenberg (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Allégorie 18 – L'Hirondelle


         Tandis que je m’entretenais avec la colombe des qualités qui constituent la perfection, et de ce qui constitue la perfection de ces qualités, voilà que j’aperçus une hirondelle qui voltigeait autour d’une chaumière :

        Je suis étonné, lui dis-je aussitôt, de te voir toujours auprès des maisons, aspirer à l’amitié de l’homme ; ne serait-il pas plus sage de ne point quitter tes semblables, et de préférer la douce liberté des champs à ton emprisonnement dans nos demeures ! Pourquoi ne te fixes-tu donc jamais que dans les endroits cultivés et dans les lieux qu’habite l’espèce humaine.

        Puisque ton esprit est si peu délié et que ton oreille est si dure, ne répondit-elle, sache donc quel est le motif de ma conduite, et pourquoi je me sépare ainsi des autres oiseaux : si j’ai abandonné mes pareils ; si j’ai fréquenté des êtres d’une autre nature que la mienne ; si j’ai pris pour mon habitation les toits plutôt que les rameaux et le creux des arbres, c’est qu’à mes yeux il n’y a rien de préférable à la condition d’étranger, et que je veux me faire aux manières élégantes de la société. Je me mêle donc parmi des êtres qui ne sont pas de mon espèce, précisément pour être étrangère au milieu d’eux ; et je recherche le voisinage de celui qui est meilleur que moi, pour recevoir l’influence de son mérite ; je vis toujours en voyageuse, et je jouis ainsi de la compagnie des gens instruits. On traite d’ailleurs avec bonté celui qui est loin de sa patrie, et on l’accueille d’une manière obligeante. Lorsque je viens m’établir dans les maisons, je ne me permets pas de faire le moindre tort à ceux qui y demeurent ; je me contente d’y bâtir ma cellule, que je forme de matériaux pris au bord des ruisseaux, et je vais chercher ma nourriture dans des lieux déserts. Jamais d’injustice, jamais de perfidie envers celui auprès de qui je réside ; j’use au contraire avec lui des règles les plus exactes de la complaisance qu’un voisin doit avoir pour son voisin, et cependant il ne pourvoit point à ma subsistance de chaque jour. Comme j’habite dans les maisons, j'augmente le nombre des gens du logis, mais je ne demande point à partager leurs provisions ; aussi le soin que je mets à m’abstenir de ce qu’ils possèdent, me concilie leur attachement ; car, si je voulais prendre part à leur nourriture, ils ne m’admettraient point dans leurs demeures. Je suis auprès d’eux lorsqu’ils sont assemblés ; mais je m’éloigne lorsqu’ils prennent leurs repas ; je me joins à eux dans les moments de leurs prières, jamais lorsqu’ils se rendent à la salle des festins ; c’est à leurs bonnes qualités que je désire participer, et non à leurs banquets ; c’est leur état heureux que j’ambitionne, et non leurs richesses ; je recherche leur mérite, et non leur froment ; je souhaite leur amitié, et non leur grain ; me conformant, dans ma conduite, à ce qu’a dit celui à qui le Très-Haut a daigné révéler ses volontés ( que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut !) « Si tu sais te priver des plaisirs de ce monde, tu jouiras de l’amitié de Dieu ; et si tu t’abstiens scrupuleusement de ce que possèdent les hommes, tu auras leur affection. »


       Oui, abstiens-toi scrupuleusement de ce que possèdent les autres, et tout le monde t’aimera. Ne vois-tu pas l’hirondelle ! elle ne touche jamais à nos provisions ; aussi la recevons-nous dans nos foyers comme un pupille gue l’on presse sur son sein.
      J’ai entendu avec plaisir ton éloquent discours, dis-je alors à l’hirondelle ; que tu es heureuse ! ta conduite sensée est digne de louange ; tes paroles sont sages, j’en profiterai. Adieu.


Poésie héraldique allemande - Bocholt


Blason de Bocholt (Rhénanie-du Nord-Westphalie, Allemagne)

Auf grünem Grund eine silberne Buche.

                                       Einmal bin ich in die Welt gegangen :
                                       Blumen lachten, wie die Quellen sangen,
                                       Vor der Scheune tanzten Spatzenschwärme,
                                       Brot und Sonne schien voll goldner Wärme.

                                       Doch dann fiel ich von der Menschen Wegen,
                                       Unter Tieren hab' ich lang gelegen ;
                                       Kam der Engerling, mich anzustaunen,
                                       Fand der Maulwurf her, mir zuzuraunen.

                                       Als die Augenäpfel mir verdarben,
                                       Schwanden zart getuschte Wangenfarben,
                                       Beinern blieb vom Bilde nur der Rahmen.
                                       Aber nieder sanken Kern und Samen.

                                       Bin in jene Frucht ich eingekrochen ?
                                       Hab' ich jene Schale dann zerbrochen?
                                       Sprang ich fort von meiner eignen Hüfte,
                                       Da ich silbern aufwuchs in die Lüfte ?

                                       Als der Tag die Sonne mitgenommen,
                                       Ist ein armer schwacher Hund gekommen.
                                       Jeder hetzt ihn, keiner will ihn haben ;
                                       Der ihn liebte, wurde längst begraben.

                                       Zitternd leckt er seiner Wunde Rinnseln
                                       Und beklagt sich scheu mit leisem Winseln,
                                       Bis mein Arm ihn wärmt in grünem Tuche
                                       Und mein Antlitz aus der Silberbuche.

Langueur d'une saison


Blason d'Adenstedt (Basse-Saxe, Allemagne)

L'Automne a Son Jardin des allées qui se voûtent,
Des rumeurs de l'été, lors que les feuilles s'embrasent.
Le Ciel épouse La Forêt primordiale, et l'on doute
Presque de l'échappée rythmée de nos pas en phase.

La Table nous accueille encor, et je sens tes soupirs.
Les feuilles du Platane et celles d'un chêne m'attirent.
Des frémissements à la cime étreignent le cœur,
Des douceurs de L'Amour que Le visage pleure.

Je sais les prières silencieuses et que sais-je encor ?
Chaque visite en ce Jardin est un Rappel.
L'Ami, de l'impossible est née cette passerelle.

Nous apprenons... Que dis-je ? Nous sommes à découvrir.
Nous respirons La Saison des langueurs d'un décor.
En cet élan de L'Âme, Il est à nous unir.

Océan sans rivage

mercredi 4 octobre 2017

Coq de gueules


Blason de Colomars (Alpes-Maritimes, Provence)

Dans le ciel d’or un grand coq rouge
Veut s’en prendre à tout ce qui bouge ;
Tant que le jour n’est pas couché,
Il change le monde en bûcher.

Aussitôt que la nuit va naître,
Il rêvera, près des fenêtres,
Aux plumes des poules d’antan,
Il y songera bien longtemps.

Auprès du miroir déformant,
Disant une histoire qui ment,
Il scrutera d’un œil avide
Les trésors d’une boîte vide.

mardi 3 octobre 2017

Diadème


Blason de Trois-Fonds (Creuse)

De gueules à trois lis des jardins d'argent, tigés et feuillés de sinople ;
au chef d'or chargé de trois fontaines jaillissantes d'azur.

Je souris à mon Amie, La mort qui m'appelle
De Son Automne des jours sans fin de mon Amour.
J'ai préparé la Terre Nourricière des larmes du Ciel.
Ô Odeur de L'Humus qu'épouse Le déclin du jour.

Mon Âme, Ô mon Epouse Bienveillante,
J'ai longtemps marché, et là je m'allonge.
Le cœur a frémi des senteurs accueillantes.
C'est une étrange Fleur qui n'est pas de ce monde.

Elle étreint mon cœur et caresse mon corps.
Au bout du sourire est une Flamme qui tremble.
Mes lèvres gouttent à La Présence d'un Trésor.

L'Ecrin est une Oraison perpétuelle, et je L'aime.
Lui, le Secret intime devenu Temple.
La Saison porte Son étincelant Diadème.

Océan sans rivage

Son Rappel


En Écho à Intuition d'Éternité

Blason de Sainte-Consorce (Rhône)

D'azur au bâton d'or accompagné d'une feuille de marronnier d'argent
en chef et de sainte Consorce en pied du même en pointe.

L'allée de marronniers est devenue témoin
De la langueur du Temps des jours qu'avive notre Amour,
En ces pas saccadés, avançant sans détours,
Au gré des battements d'un cœur soudain serein.

En Toi, mon Aimé, je ne sais plus que vivre ;
Du Souffle de Ta Présence, est une seconde
D'Eternité. Elle s'éprend sans cesse et, ivre,
S'élance sur les cimes d'un Nouveau Monde.

Envol nacré des mouettes en la danse du Ciel.
Le bassin fait miroiter le cœur en scintillance.
Vibrante Eternité. Jamais je ne Vous oublie.

L'Âme cherche et trouve L'Ami de Ses Nuits.
Je peux mourir. C'est à Sa toute Clémence,
Que je m'abandonne. J'attends juste Son Rappel.

Océan sans rivage

Une étrange passion


Blason de Hemelveerdegem (Flandre-Orientale, Belgique)

C'est un lion qui tomba amoureux d'une reine ;
Ce sont là des choses qui arrivent entre maisons
Princières, et plus encor si elles sont souveraines ;
Le cœur n'est pas exclu d'une alliance de raison.

Sauf que dans le cas qui ici nous intéresse,
Un problème de taille s'allait poser sûrement :
L'élue, qui n'en était pas moins royale altesse,
Régnait sur une ruche qu'elle gouvernait rondement.

Un lion peut-il convoler en justes noces
Avec une abeille ? Cela n'aurait pas une once
De bon sens, d'autant que stérile serait l'union !

Las ! Le beau Sir dut se rendre à l'évidence
Et implora en vain la divine Providence
Qui l'invita à méditer sur sa passion.


Marc


Élévation

Blason d'Abella de la Conca (Catalogne, Espagne)

L'Abeille qui de son esprit a pour vocation
D'aller butiner L'Or d'un pollen éthéré,
S'épanche des rappels d'Une Rose Bien-Aimée :
Suave Chant qui creuse L'Essence d'un Sillon.

« Ô Roi de nos Épousailles, en vous est L'Ultime.
C'est en cette Union de L'Âme que vous me voyez.
En Elle est La Chair de mon Esprit, corps sublime,
L'Alcôve de nos Etreintes est pleine Réalité.

Aujourd'hui, je suis vôtre, et je le suis à tout jamais.
Ô Roi, votre Passion est La Chrysalide de notre Union.
Vous m'aimez et vous êtes à me donner Le Jour.

En ce secret, Il est une pure Elévation.
Désir n'est pas concupiscence, et Il me plait
De vous dire : Le Ciel, lui-même, célèbre notre Amour. »

Océan sans rivage

lundi 2 octobre 2017

Intuition d'Éternité


Blason de Kühlungsborn (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Allemagne)

Le soir, quand les reliefs du jour épousent la nuit,
Dessus les toitures grises que caressent les nuages,
Et que d'une ville apaisée monte à peine un bruit,
L'on peut jouir, un court moment, d'un Paris sans âge.

C'est là, souvent, que l'on entend le cri plaintif
Des mouettes en provenance des jardins proches
Regagnant leur gîte en vol groupé et hâtif,
Bien après qu'eût sonné de l'angélus la cloche.

L'instant invite à l'intemporalité
Qui inspire comme un sentiment de permanence.
Est-ce d'être né d'une intuition d'Éternité ?

Il est certains crépuscules comme il est des aubes
Virginales, drapées de promesses et d'espérance.
Ce soir encor, le ciel a mis sa plus belle robe.

Marc