Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

samedi 9 novembre 2019

Le petit Semainier - Cycle 40



Blason de Sammati (Uusimaa, Finlande)


Dimanche

Un châtaignier de l’autre monde,
Sur le talus, à l’orée de la forêt,
Nous a longtemps regardé :
Je l’ai vu et je l’ai remercié.



Lundi

Nous avons voyagé,
Si loin, qu’il nous fallut repartir.
Mais, nous ne sommes jamais revenue :
Nous l’avons toujours su.



Mardi

Chaque feuille sur la terre,
Comme unie par la vie,
Vernie de pluie,
Tant de choses à dire !


Mercredi

J’ai entendu la voix d’une femme.
Elle s’est assise sur le chemin,
En bordure d’un tremblant charme.
Ses yeux voguent jusqu’au ciel turquin.



Jeudi

Ces objets anciens qui nous parlent,
Ces couleurs façonnées par les mains :
Cuivres, bois, laiton, étain…
Ton cœur chaud près de l’âtre.


Vendredi

Lanterne au crépuscule,
Danse la flamme sans répit.
Le soleil courtise la nuit,
Où sont passées les libellules ?


Samedi

Le cœur danse.
J’y ai vu la Perse,
Les yeux byzantins,
Les rives du Tonkin.


Océan sans rivage



Almanach du Jardin
L'Almanach du Jardin

À la Saint-Théodore


Blason de Jokkmokk (Laponie, Suède)


Avec presque une quarantaine de Théodore
Que liste le calendrier officiel des saints
Tandis que l'on ne compte qu'une onzaine d'Isidore
(De quoi emmêler le latin d'un capucin),

Il convient de ne point se tromper de dicton,
Comme nous avons pu le constater sur des sites
Où parfois, lors de nos recherches, nous furetons
(Car il faut toujours vérifier ce que l'on cite).

Ainsi, certains annoncent qu'à la Saint-Théodore
(Celui de novembre), fleurit le bouton d'or,*
Ce qui, vu la saison, est pour le moins curieux !

Voici le bon : orage de la Saint-Théodore
Annonce (pour le laboureur) une année en or.
Au Cloître, nous prenons ces choses très au sérieux.

Frère Eugène


* Saint Théodore Trichinas, moine à Constantinople (IVe siècle)

vendredi 8 novembre 2019

La mère


Blason de Galargues (Hérault, Occitanie)


S’il faut tout quitter et tout laisser derrière soi
S’il faut pour ne pas fléchir, protéger son âme,
S’il faut sacrifier les rires fusains, aller droit…
Lors, nous baissons la tête mais portons haut la flamme.

Nous n’avons pas été nuance, ni compromis.
Nous choisissons ce qui fait de nous cette guerrière.
Peu importe, tant que le cœur va vers la Lumière :
Toute effusion, même amère, devient Alchimie.

J’ose le dire : tout ce qui n’est pas Lui périra.
Je brandis la lance de mon âme, ravale mes larmes.
Les temps sont cruciaux et c’est Lui mon oriflamme.

Enfants ! la mère dont le ventre était votre voyage,
Vous nourrissait jour et nuit avec ce même droit
De dire les mots justes qui sont aussi votre message.

Océan sans rivage

jeudi 7 novembre 2019

Souvenirs du Présent


Blason de Saby (Tatarstan, Russie)


Debout ou assise, forme qui semble passive
Derrière les longs feux brûlants de l’automnal vent,
Quand nous effleure le passé des rimes expressives,
Nos âmes se racontent les souvenirs du présent.

Qu’ai-je à désirer ferveur autre que la Tienne ?
Nous nous connaissons au-delà de nos vingt-ans,
Unis, en ce sentier, soudés comme deux lèvres,
Et, dans la prairie des feuilles que foulent les amants,

Ruissellent les flux rocheux d’une proche cascade.
Lors que tu franchis la forêt des grands sapins,
L’oraison de notre indicible Amour nous étreint.

Ce songe en L’Empyrée ne tolère aucune incartade.
Inlassable, il n’a de cesse de souffler sur la braise,
Et c’est un arbre qui respire la montée d’une sève.

Océan sans rivage

Blason de Gordeevsky (Russie)

Nouvel Ordre


Blason de Kella (Thuringe, Allemagne)


Qui, désormais, gouverne les états ? Les marchands.
Ce fait est à lui seul marqueur de décadence
Et de servitude, surtout. Ayant libre champ,
Ils ouvrent à Kali la Noire une piste de danse

Où se jouent une musique aux plus basses vibrations
Qui détruit à coups de marteau l'espèce humaine
Partout jetée sur les routes de la migration.*
Car telles sont les claires intentions de ce système

Dont nous savons le nom - Nouvel Ordre Mondial -
Au mode d'action essentiellement martial,
Sans foi ni loi et sans aucune miséricorde.

Croire l'inverse, c'est fatalement se méprendre.
Et lors qu'il t'invitera à t'aller pendre
- C'est de nature - il te vendra aussi la corde.

L'Abbé Théophile



* Dépossession des peuples de leurs racines, de leur souveraineté et destruction de l'humanité pour établir l'homme nouveau, en attendant de le remplacer, tout à fait, par la machine.

mercredi 6 novembre 2019

Cheval qui plane


Blason de Polevosundyrsky (Tchouvachie, Russie) 


Pégase, toujours jeune, aime encore voler
Et plonger vers le sol près des volcans qui fument.
La brise boréale ébouriffe ses plumes ;
Il contemple d’en haut les jardins bariolés.

Il traverse les mers tout droit, sans s’affoler ;
Il conserve son cap au milieu de la brume.
Tout au long d’une nuit son ardeur se consume ,
Puis un nouveau soleil s’en vient l’auréoler.

Pégase, emporte-nous vers la lointaine étoile
Que les gens de Bayeux ont brodée sur leur toile
En un trait aussi fin que celui d’un pinceau !

Nous danserons au ciel (ou ce seront nos ombres)
Comme, dans un jardin, d’aimables jouvenceaux ;
Plus rien dans notre cœur ne se montrera sombre.

Cochonfucius

mardi 5 novembre 2019

De la servitude volontaire



Blason de Bönen (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)


Le monde moderne n'a ni racines ni poésie
Et multiplie plus que jamais les servitudes.
Quand nous lisons les discours de La Boétie,
Nous mesurons de la question toute l'amplitude

Et surtout de sa criante actualité.
Car chaque jour, nous sentons se resserrer l'étreinte
D'un système qui ne cache plus son ambiguïté,
Exigeant pour un peu de confort mille contraintes.

L'esclave antique portait les chaînes de fer aux pieds,
L'esclave moderne les a avalées tout entières.
Plus ne valent les mots en bouche, ni sur le papier

Quand le mensonge est un mode de gouvernement.
Du bien et du mal sont floutées toutes les frontières ;
Il n'est rien qui ne subisse un détournement.

L'Abbé Théophile


 

Mais ils ne font guère mieux ceux d'aujourd'hui qui, avant de commettre leurs crimes les plus graves, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux. 

lundi 4 novembre 2019

Sur la route de Langeac


Blason de Castagniers (Alpes-Maritimes, Provence)


Ce jour-là, elles avaient pris la route de Langeac
Qui serpente à travers une campagne rieuse,
Dans l'intention d'emplir de fruits leurs havresacs.
Elles avaient l'âme cueilleuse et la main ramasseuse.

Un noble châtaignier se dressa fièrement
Et se promettait fort de faire leur bonne fortune.
Las ! d'autres sont passés ici, apparemment ;
Lors, de castagnes n'en trouvèrent que quelques unes,

À peine de quoi faire, le soir, une petite grillée.
Compère Sanglier n'en verra pas davantage,
Bien heureux s'il aura quelques glands en partage.

D'une abondance, la saison n'aura guère brillé.
L'année prochaine, c'est sûr, sera plus généreuse
Et donnera à tous prospérité heureuse.

Marc

Sur les pas de novembre


 
Armoiries de Sankt Hubert bei Kempen (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne) 


Le 3 novembre, nous fêtions la Saint-Hubert
Qui, ce nous semble, fut évoqué en ces pages *
Car c'est le jour où les oies sauvages fuient l'hiver,
Lors que dans la futaille reposent les bons cépages.

Au patron des chasseurs succède la Saint-Charles
Dont le nom est un véritable hagionyme.
Le dicton nous apprend que la gelée parle
Ou que le temps se montrera peu magnanime.

Le jour se lève plus tard et la nuit tombe plus tôt ;
On sort les effets d'hiver, écharpe et manteau,
À moins que l'été indien ne vienne faire clairière.

L'on s'imagine devant un feu de cheminée,
À rester bien au chaud, jusqu'au bout de l'année,
Dans une contrée bucolique, au fond d'une chaumière.

Marc


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dimanche 3 novembre 2019

Les boutefeu


Blason de Tchapaïevsk (Volga, Russie)
 

Au risque de vous paraître iconoclaste,
Je ne crois pas beaucoup au réveil des Français,
Quand même j'eus la tentation d'être enthousiaste
Quand le mouvement des gilets jaunes commençait.

Mais je me rappelai à bon escient cette chose :
Il n'est rien à attendre d'Homo festivus
Qui ne se reconnaît jamais qu'une seule cause :
Son amusement. Pierre qui roule n'amasse pas mousse,

Et je crois qu'elle roule depuis la Révolution
D'où naîtra de tout ordre la dissolution.
Est loin de se refermer cette boîte de Pandore

D'où sortiront deux siècles de fer et de feu,
Car depuis se sont succédés les boutefeu
Qui, aujourd'hui plus que jamais, sévissent encore.

L'Abbé Théophile

 

Boutefeu : métaphoriquement, celui qui suscite et exacerbe les querelles et les passions.

Poissons musicologues

 
Composition de l'auteur


J’entendis les poissons fredonner sous les eaux,
Eux qui improvisaient sur des rythmes sauvages ;
Le son se propageait tout au long du rivage,
Amusant les pêcheurs, surprenant les oiseaux.

Cependant les grillons chantaient dans les roseaux,
Faisant même danser les vaches sur l’herbage ;
Un invisible chat miaulait dans le bocage
Et l’aragne du bois dévidait son fuseau.

Sommes-nous en avril, que les poissons délirent ?
Ou peut-on croire qu’ils deviennent poissons-lyres,
Ou poissons d’un poème, ou poissons de roman ?

Peut-être ont-ils reçu des lumières divines,
Personne ne le sait, mais certains le devinent ;
Il leur reste à trouver des auditeurs cléments.

Cochonfucius

Ad finem


Blason de Asendorf (Basse-Saxe, Allemagne)


Celui qui veut vraiment retrouver son cerveau
Éteint tout d'abord sa télé, de toute urgence,
Sans la moindre hésitation, ni indulgence,
Car hors ce premier geste, aucune action ne vaut.

Ensuite, il faut sortir du tout-consumériste
Qui veut tous nous transformer en produits marchands.
Rompre avec l'idéologie globaliste
Qui ne promeut jamais que le culte de l'argent.

Aux élections, surtout, retrouver sa mémoire
Pour en finir avec les promesses dilatoires,
Et donc introduire dans l'urne un bulletin blanc.

N'être plus de toute cette comédie les complices
Et donc de tous ceux qui bien leurs poches se remplissent,
Se voulant nous berner avec des faux-semblants.

L'Abbé Théophile

 

Ad finem : « Pour en finir »

samedi 2 novembre 2019

Le petit Semainier - Cycle 39


Blason de Dulliken (Canton de Soleure, Suisse)


Dimanche

Beaucoup de dérives,
Beaucoup de silence,
Mais beaucoup de chants,
Même la mort est dedans.



Lundi

Quand les choucas se réunissent,
Les ailes s’attendrissent,
La prairie silencieuse,
Accueille leurs âmes rieuses.



Mardi

Aimer, c’est laisser L’Amour apprendre
Laisser l’Océan naviguer
Sur les silences qui parlent,
Lors que L’Esprit est né.



Mercredi

Effluves du ciel,
De constance inouïe,
Courage des ailes,
Le cœur s’épanouit.



Jeudi

S’écrit la gloire,
Le Soleil ardent,
Puis au couchant,
Le Souffle aimant.



Vendredi

La pluie ne chasse pas le temps,
Ni le temps ne chasse l’étang,
Ni le bruit le Silence :
Tout se tisse savamment.



Samedi 

Quelques pas au marché du matin.
Dans un panier de pleine lune,
Du bon pain au levain,
Et du pain d’épice pour nos lutins.


Océan sans rivage


Almanach du Jardin
L'Almanach du Jardin

Intelligence de l'Ours


Blason du Raïon d'Oust-Bolcheretsk (Russie)


L'Ours, à ses heures perdues, aime pêcher le poisson
Qu'il surprend, à même le courant, d'un coup de patte,
Et plus d'un pêcheur le voyant faire s'en épate.
Quand même il y aurait d'une telle proie à foison,

Il ne prélève pour sa faim que le nécessaire,
N'ayant jamais les yeux plus grands que le ventre
Et sans emporter le surplus dans son antre.
Il est certes gourmand de miel, c'est là son dessert.

L'instinct est une intelligence qui tout régule
Et nul animal n'en ôterait une virgule,
Une grammaire de la vie que l'homme a oubliée

Et dont il subit les plus fâcheuses conséquences,
Tout en persistant dans sa folle inconséquence.
Lors, il semblerait bien qu'il soit fou à lier.

Marc

Le Cycle de l'Ours

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vendredi 1 novembre 2019

Plaie de l'âme (1)



Blason de Krasnopahorskoe (Oblast de Moscou, Russie)


À l'heure où les fracas des vagues déchaînées,
Se heurtent sur les rochers des algues desséchées,
Gémissent lentement telles des âmes blessées.
Soleil sanguinolent soupire à l'horizon le jour délaissé.

Le ciel fuit au loin pour ne pas entendre

La plainte du soir agonisant sur les rives de l'enfer.
Les oiseaux survolent une dernière fois la mer,
Dont le râle expire dans l'affreuse tourmente.

Mal infini qui détruisez l'harmonie de l'été,

Mal, vous me tuez à l'ombre du jour où tout renaît.
Les rochers anciens ne résistent plus au temps,
Et soudain dans le noir, le fracas se fait plus grand.

Il s'écoule un flot de coucher de soleil ;

Il s'écoule chaud tel un filet de sang vermeil,
Et la plaie s'entrouvre de plus en plus amère,
Agitée dans les entrailles, douleur plaintive de la mer.

Océan sans rivage, Écrits de jeunesse (17 ans)

Élégie


À ma sœur Geneviève (1967-1996)

Blason de Tarbek (Schleswig-Hostein, Allemagne)


Mille visages se rappellent en moi de leur passage
Et m'appellent à n'être, moi aussi, qu'un passant,
Puis d'aller, sans peser sur cette terre, d'un pas sage.
C'est de l'avoir hâté qui m'a rendu absent

Aux lieux et aux choses, mais bien plus encore : aux âmes.
Me suis-je bien arrêté et t'ai-je bien regardée ?
Ce n'est pas ta disparition qui fut un drame
Mais le souci de moi-même dont j'étais bardé.

Je t'ai manquée, ma sœur, passée sur l'autre rive ;
Faute de te l'avoir dit, permets que je l'écrive.
Peut-être ces mots te parviendront-ils, là-haut...

Vois, j'ai le cœur à penser qu'en cette pluie qui tombe,
Le Ciel m'offre des larmes que je verse sur ta tombe ;
Joie et tristesse mêlées, en leur plus doux clapot.

Marc

Il pleut, il pleut, bergère...



Y a-t-il encore des bergères ? Une espèce en voie d'extinction, en tous les cas. Comme tant d'autres d'ailleurs... Il paraît pourtant qu'il en reste quelques unes. Quelque part sur les Causses, dans le Rouergue oriental, la région de Roquefort-sur-Soulzon. Peut-être qu'au lieu de tricoter, elles pianotent désormais sur leur Ipod... C'est amusant d'y penser. D'un autre côté, le numérique n'inspire pas vraiment de sentiments bucoliques. Il nous reste donc, sinon le souvenir d'avoir encore vu ces scènes d'un temps révolu, voire le vécu pour certains, du moins les images. En mémoire des temps passés et en hommage à toutes ces bergères des siècles écoulés et à jamais anonymes, dont les rêves flottent peut-être encore au-dessus des champs et des prairies.