Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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vendredi 4 décembre 2020

Ambicoq de gueules


Composition de l'auteur


Ses femmes sont dix-sept, il a trois cents enfants
Entre lesquels il fait d’équitables partages ;
Lui qui ne se prend point pour un dieu triomphant,
Il veille sur les biens qu’il eut en héritage.

Tu peux le voir, à l’aube, errer dans le bocage
Auprès de la perdrix dont il devint l’amant ;
Il aime aussi la friche et le grand marécage
Où sont Dame Grenouille et Messire Flamant.

Il arbore un blason, la basse-cour l’admire,
On a fait son portrait sur un blanc parchemin ;
Les dames du canton l’appellent « Noble Sire ».

À la fin, voudra-t-il vivre comme un ermite ?
Cela peut arriver, mais ce n’est pas demain ;
De plus, il peut aussi finir à la marmite.

Cochonfucius


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Ambicoq de sinople & Ambicoq d'azur

mercredi 25 novembre 2020

Au royaume de Flore



Au royaume de Flore, Scarabée est le messager des amours florales. On apprend aussi que Sauterelle est secrètement amoureuse de Rose et que les Bourdons aiment le bon vin, tandis que Grenouille-Verte fait sentinelle... Six petits poèmes pour les petits et peut-être même pour les grands. Un peu de douceur dans un monde de brutes.

mercredi 28 octobre 2020

Le bœuf en héraldique



Le bœuf symbolise la force domptée et la fertilité. Au Moyen-Âge, son adoption comme meuble d'écu par les seigneurs indique la richesse des terres agricoles, notamment celles vouées à la culture du blé et aux pâturages. En héraldique, le bœuf se distingue du taureau par la queue, qui est pendante, tandis que celle du premier est dressée sur le dos.

jeudi 8 octobre 2020

Digression (28)

 

Blason de Novákfalva (Roumanie)


     Comment éluder certaines situations, récurrentes au demeurant, et comment ne pas se figer des propos rencontrés dans les boisements de nos effigies ? Comment contourner l’incontournable quand se délecte l’étang de nos impropres saturations ? Il était une fois l’incroyable, l’enchantement le plus délicat, et les mots nous aspergent de leur inconfortable confort. J’ai longtemps entendu dans les sous-bois, les indiscrets bohémiens, ceux des véritables grands chemins, ceux qui s’annihilent quand vient le jour. D’une petite libellule gracieuse, nous vîmes sur-jaillir une infinité de farandoles. De celle-là, vous n’en avez aucun souvenir. Chaque fois que l’un éternue, l’autre applaudit. Ne me demandez pas pourquoi le papillon aux motifs originaux, plutôt que de s’échapper vient se poser sur l’épaule amie. Ne me demandez pas pourquoi, quand tremble le nuage, il me survient une sorte d’euphorie. Quand nous marchons sur le sentier, petit homme, un âne et un mulet nous saluent. Je cours vers les brebis dont la tonte est certainement récente puisque leur peau est blanche et leur corps est d’une douceur étrange. Ne me demandez pas pourquoi ces moutons me semblent si gracieux et si beaux. Voilà qu’un agneau saute et fait des bonds joyeux. Ne me demandez pas pourquoi je ris en le voyant ainsi. Ne me demandez pas pourquoi les bosquets et les haies ont toujours été des pays magiques où des lutins se cachent subrepticement dès qu’ils nous voient. Mais, comment se fait-il que je sais qu’ils sont là ? Font-ils exprès de laisser quelque trace bien en évidence ? Sous les mauves, les insectes s’activent et je les suis empêtrée dans ma robe longue. Les ronces ne nous épargnent guère. Mon châle s’accroche à toutes sortes de branchages tandis que vous, petit homme, courrez après les champignons. Vous semblez vous promener comme une marquise, me lancez-vous, et je ris car l’image m’apparaît décalée et pourtant, d’une certaine façon, si proche de la réalité. Le vent joue dans les branchages et voici que les fusains ou ceux que l’on nomment aussi bonnets de curé nous saluent allégrement. Son compagnon le chêne nous confie qu’ils sont là depuis des dizaines et des dizaines d’années, et que le sentier a vu passer tant de monde qu’ils ont tenu ensemble un mémorable registre. Néanmoins, quand plus personne n’est là, nos deux amis se confient réciproquement leurs histoires et je puis vous assurer que celles-ci sont nombreuses et parfois même des plus cocasses. Petit homme, voyez comme le geai passe alors que vous l’attendiez ? Je n’ai pas voulu vous le dire, mais figurez-vous, que là-bas, près de l’étang, une grenouille jouait de la mandoline et il me semble même l’avoir vue me faire un clin d’œil.

Océan sans rivage

 

Digression
Digression

samedi 3 octobre 2020

Histoires fromagères : questionnement d'un kangourou

 

Tyrosème "Le bon kangourou" (Poitou, illustration de L. Gilbert, 1960)

 « Je ris d'écouter l'écrevisse et la grenouille,
Étant bien moins qu'elles un animal fromager.
Que ce soit en haute cuisine ou pour la tambouille,
J'ignore quelle place l'on me pourrait bien ménager,

Accompagné d'un produit tel que le fromage.
L'on comprendra donc sans peine mon étonnement
De retrouver sur un tyrosème mon image.
Il y a là une explication, forcément.

Peut-être est-ce pour un fromage que l'on exporte
Et que l'on destine aux habitants d'Australie ?
À moins que ce ne soit là que pure fantaisie ;

Une manière de se distinguer, en quelque sorte.
Mais ce qui pour une vache est tout à fait normal,
Est pour moi, un kangourou, loin d'être banal.
»


Marc


Histoires fromagères


Histoires fromagères : questionnement d'une grenouille


Tyrosème ancien du Pays de Bray (Lachapelle-aux-Pots, Oise)


« Que suis-je donc à faire dans une histoire fromagère,
Ne me voyant, pas plus que l'écrevisse, de lien
Avec ce milieu dont je me sens étrangère ?
Voilà un débat qui se promet cornélien !

Je n'ignore pas que l'on mange des cuisses de grenouilles
Qui se peuvent apprêter sous la forme d'un gratin
Ou qu'une recette chinoise accompagne de nouilles,
- Il en existerait même une au beurre de thym -

Mais de là à figurer sur un tyrosème
Pour devenir de quelque plat fromage l'emblème,
C'est comme mélanger les serviettes et les torchons.

Est-ce au pêcheur de batraciens qu'on le destine,
Pour l'inciter à le choisir pour ses tartines ?
Ce serait là pousser un peu loin le bouchon ! »

Marc


samedi 6 juin 2020

Histoires fromagères - Le recueil



      Les histoires fromagères viennent en parallèle des dialogues du blason, notamment des fabliaux, illustrées par des étiquettes de fromage (appelées tyrosèmes) dont l'imagerie profuse évoque tout ce qui de près ou de loin se rapporte à l'univers de ce produit phare célèbre dans le monde entier. Mais les étiquettes revisitent également et très largement la littérature, l'histoire, les personnages, le patrimoine, les spécificité culturelles et régionales, les paysages, les plantes, les animaux, le monde religieux, le monde du travail, des loisirs, etc. Là encore, l'imagination fertile des concepteurs est d'une incroyable richesse et le résultat est souvent truculent, autant que le produit qu'elle se destine à mettre en valeur est censé être succulent (du moins, est-ce fortement suggéré, voire affirmé sans détour). L'on ne s'étonne donc guère que ces images inspirent leur collection qui porte un nom plutôt singulier et peu connu : la tyrosémiophilie. Au lecteur qui voudrait aller un peu plus avant dans cet univers, nous recommandons les incontournables suivants : Le Club Tyrosémiophile de France et deux sites de collectionneurs richement documentés : Camembert Museum et Le Tyrosémiophile.

 

Jadis, les étiquettes racontaient des histoires
Que nous essayons ici de restituer
En allant puiser dans notre enfantine mémoire.
Le recueil, qui s'est peu à peu constitué,

Se veut suivre la tradition des fabulistes
Qui surent savamment user des allégories
Dont les correspondances forment un vrai jeu de piste.
D'être du genre fable une sous-catégorie,

Ces fabliaux, destinés à l'oralité,
Contiennent, pour certaines, des touches de moralité.
Ils ont, dans ce sens, la même fonction que les contes.

À cet effet, sachez que le premier lecteur
Auquel ils sont adressés, c'est à leur auteur,
Ne voulant être du genre qui se la raconte.

     L'univers des tyrosèmes (étiquettes de fromage) est riche de dizaines de milliers d'images qui sont, pour bon nombre d'entre elles, des œuvres graphiques remarquables et donc artistiques indéniables. L'on en serait même parfois tenté de s'écrier : « Quel gâchis de talent pour un produit aussi commun ! » Pas si sûr que cela, ni pour le gâchis, ni pour le commun. Car en vertu de quelles considérations, l'éphémère (la boîte étant jetée une fois son contenu consommé) devrait-il être exclu de l'art ? Quant au produit en lui-même, il n'est commun que parce qu'il est courant. Mais jusqu'à quand le sera-t-il ? Bien des choses et bien des objets ont quitté notre vie quotidienne pour finir sur les étalages des brocanteurs. Rien n'est pérenne.

     Des milliers de petites fromageries que comptait la France, il n'en reste qu'une portion congrue. Quant aux étiquettes actuelles, elles ont perdu le charme des anciennes. C'est là un point de vue, nous dira-t-on. En effet, c'est le nôtre et nous le partageons volontiers avec tous ceux qui aiment ce charme souvent qualifié de désuet. Certes, le concept de vintage (au sens de rétro) a contribué à réhabiliter des objets sorti de l'environnement courant et quotidien, en élevant un attrait, jusqu'alors plutôt perçu péjorativement comme du passéisme, au rang de « genre », dont le goût singulier s'inclut désormais dans les choix admis sur l'éventail des possibilités. Mais ce n'est jamais là encore qu'un artifice de consumérisme, occupant un créneau commercial et qui joue plus sur la posture qu'il ne témoigne d'un mode vie.

jeudi 21 mai 2020

Le temps qui passe : le calendrier des champs



Jusqu'au milieu du 20e siècle, la vie de la plupart des Français était rythmée par les travaux des champs qui suivaient le fil des saisons. Aujourd'hui, il est fréquent d'entendre les gens se plaindre de ce qu'il n'y en ait plus, tandis qu'eux-mêmes mènent désormais des existences totalement décalées du rythme naturel des choses... Des saisons, qui ne sont déjà plus respectées dans l'assiette, on ne considère plus, au mieux, que les vacances d'hiver, celles d'été et la période des fêtes de fin d'année, le reste se confondant plus ou moins dans une suite de jours que l'on voudrait à son gré. Ainsi est notre époque, désirant une nature immuable que l'on malmène par ailleurs.

Cette série de douze chromolithographies, éditée par Eau de Carmes Boyer et imprimée par Hérold, est complétée par les dictons paysans qui appartiennent à la tradition orale.

jeudi 7 mai 2020

Le bateau en héraldique



Avec pas moins de 27 départements métropolitains ouverts sur la mer, le long des côtes de la Mer du Nord, de la Manche, de l'Océan Atlantique et de la Mer Méditerranée, la France est un pays maritime d'importance. Cette vocation est évidemment attestée par les nombreux blasons des villes côtières qui arborent comme meuble héraldique un bateau. Suivons le littoral, du Nord au Sud...

samedi 15 juin 2019

Le petit Semainier - Cycle 19


Blason de Kiili (Estonie)



Silence des nuages,
Sur les toits ordonnés,
Du gris écumé,
Prélude au voyage.



La Paix est diffuse en Ton Silence,
Et c’est là que je vogue éternellement.
Est-il un seul de nos inspirs
Qui ne soit en Ton Expir ?


Mardi

S’il n’est aucun Temps,
Il est une Éternité,
Au Jardin de L’Amitié,
Qui se veut Jubilant.



 Le soupir court,
Jusqu’au Souffle,
Du Désir d’Amour,
Ainsi naquit Le Jour.


Jeudi

Libellule, je t’attends,
Et toi aussi grenouille.
Luciole et farfadet,
Je ne vous oublie jamais.


Vendredi

La pluie lave-t-elle les carreaux ,
Embrouille-t-elle la vue
Des soifs d’un miroir qui a bu ?
J’aimerais bien le savoir…


Samedi

Samedi fait écho :
De La Vue, tout est à voir,
Mais du cœur, je t’en dirai bien plus,
Quand même, toute la journée, il a plu.
 
Océan sans rivage
 

L'Almanach du Jardin

dimanche 25 novembre 2018

Baisers célestes


Blason de Tinn (Comté de Telemark, Norvège)

Pluie fine des matins heureux qui mouille la cité
De mille baisers célestes ; en chaque goutte est un ange
Descendu de sa nuée pour nous visiter.
Ce que je dis là est vrai, même si c'est étrange.

Lors qu'un jour tu te promènes sur quelque chemin,
Écoute les feuilles frémir et chanter sous la brise ;
Si tu sens comme les caresses de mille petites mains,
Les sylphes dansent autour de toi et te font la bise.

Tiens, ce clapotis qui monte d'un petite ruisseau,
C'est, n'en doute pas, le gazouillis d'une ondine.
Ne crois pas que ce soit la nature qui badine :

Elle travaille ; tout en elle est du Vivant le sceau.
Cette science par les contes et légendes transmise
Se veut être redécouverte et mieux comprise.

Marc


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samedi 10 novembre 2018

Discours d'une cigogne


Blason de Storkow (Brandebourg, Allemagne)

Moi qui suis de l'Alsace l'oiseau emblématique,
Terre en laquelle, jadis, je portais les bébés,
Survolant des paysages quasi idylliques
Qui firent dire au roi Louis* les découvrant, bouche-bée :

« Quel beau jardin ! » C'était à l'issue d'une longue guerre
Qui laissa le territoire presque dépeuplé,
Lors que de villages debout, il n'en restait guère,
Au point de les devoir presque tous repeupler.**

Moi-même, j'ai failli m'éteindre, me faisant rare
Quand diminuèrent les prés humides et les mares,
Lors que la grenouille devint une proie d'exception.

Compère Héron, qui a les envolées plus larges,
Se donne, sur ce chapitre-là, bien plus de marge,
Allant jusqu'en Sologne, sans hésitation.

Marc

* Louis XIV (1638-1715)    ** La Guerre de Trente Ans (1618-1648)


La Geste des Échassiers

          Le Cycle de la Cigogne                   Le Cycle du Héron
Blasons de Janík (Slovaquie) et de Golm-Potsdam (Brandebourg, Allemagne)

dimanche 6 mai 2018

Le Canard et le Brochet


Blason et drapeau de Novopokrovski (Russie)

Un canard vint se poser sur un vaste étang
Bordés richement des plus belles plantes aquatiques ;
Jamais, nulle part ailleurs, il n'en a vu autant
Et le vivant tableau le rendit extatique.

Un brochet, affleurant, le prévint aussitôt :
– Sachez que je n'apprécie guère vos barbotages
Qui viennent troubler un affût que j'aurai tantôt ;
Donc limitez-vous, je vous prie, au cabotage ;

Vous trouverez le long des berges, à profusion,
De quoi vous réjouir, tant la grenouille abonde,
Autant que l'insecte qui est une espèce féconde.

– Compère, je ne me voulais point faire intrusion ;
Lors, nous chasserons chacun dans notre domaine.
À se parler bien et franc, l'on s'entend sans peine.

Marc


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mercredi 7 mars 2018

Oiseau de bon aloi


Blason de Počepice (Tchéquie)

La cigogne est un oiseau de bon aloi
Avec lequel nul jamais ne chercha querelle ;
Nul emblème ne l'arborait comme le coq gaulois,
Quoique l'héraldique lui fit une part plutôt belle.

Jadis, elle annonçait d'une naissance la nouvelle
Et même, dit-on, en apportait elle-même le fruit :
Tantôt un damoiseau, tantôt une damoiselle !
Mais plus personne ne croit cette légende aujourd'hui.

Le chant d'une cigogne ne se peut mesurer
Aux trilles et aux fins trémolos de l'alouette
Car pour chanter tout en volant dans l'azuré,

Il convient d'être dans les deux bien assuré.
L'on n'est pas non plus un volatile d'opérette,
Ce créneau-là étant déjà bien saturé !

Blason du volost de Polnovsky (région de Pskov, Russie)

Son long bec ne lui permet guère de gazouiller ;
Quant à ses hautes pattes qu'elle ne craint pas de mouiller,
Elles lui servent à arpenter, tout à son aise,
Les prés humides, ce qu'à la grenouille ne déplaise !

Dans les airs, elle peut tenir, s'il faut, la longueur ;
Si ses claquements secs font piètre sérénade,
Elle n'y met pas moins que quiconque tout son cœur
Et se révèle gracieuse en sa nuptiale parade.


Marc


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jeudi 22 février 2018

Pareo ergo sum


Blason de Zvyozdnoe (Saint-Petersbourg, Russie)

Sait-on encore d'où l'on vient et où l'on habite,
En ces temps où un chat n'est plus vraiment un chat ?
Ce qu'à force les médias modélisent dépite
Plus d'un, à voir certains vivre comme des pachas.

Lors qu'aujourd'hui, même un chapelet de diplômes
Ne vaut plus grand-chose sur le marché de l'emploi.
Molière réécrirait son Bourgeois gentilhomme
Ainsi que La Fontaine d'une grenouille les exploits.

Un monde trop changeant est instable et menace
De déclassement quiconque n'en suit pas les traces ;
L'on n'est jamais loin de s'y trouver arriéré.

Aussi s'use-t-on à tenir les apparences
Et, l'âge venant, à renforcer son adhérence,
Quitte à vendre son âme et s'en exonérer.

L'Abbé Théophile



Pareo ergo sum : « Je parais donc je suis. »

vendredi 26 janvier 2018

Alchimie de Grenouille


Blason de Bohutín (République tchèque)

Se nourrir des narcisses de L’Étang,
Des mares de la Grenouille solitaire,
Effigies des autels limitants,
Partition de faux dignitaires.

Grenouille des larmes du vieux bassin,
Viens, je sais que tu ne comprends rien.
Nous rirons ensemble des poussières
Qui volent dans les neiges de l'hiver.

Chauffons nos mains de mitaines
Et toussons des cuillerées au miel.
Hourra, Grenouille, tu n'es pas vilaine !

Viens, un jour, batracien, demain Ciel.
Au Printemps, nous courrons si folles
Jusqu'à L’Été des beaux tournesols.

Océan sans rivage


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lundi 15 janvier 2018

Genèse d'une rupture


Blason de Stockhausen-Illfurth (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)

Des élémentaux, les hommes ne savent plus grand-chose,
Sinon qu'ils font désormais partie des légendes.
C'est au fond des grimoires que ce savoir repose,
Dans le secret des forêts et au bout des landes.

Un édit des plus étranges avait interdit
Tout rapport avec les esprits de la Nature
Dont alors le caractère sacré se perdit,
Reléguant aux enfers les subtiles créatures. *

Mais du fait des survivances, la chasse aux sorcières
S'est ouverte pour longtemps, envoyant aux bûchers
Ceux auxquels l'Inquisition avait arraché

De faux aveux, selon des méthodes outrancières
Que l'on a aujourd'hui peine à imaginer.
Des milliers de gens furent ainsi assassinés.

Marc

* « Sous Charlemagne, un texte daté de 789 condamne les païens qui continuent d'allumer des feux en hommage aux entités féériques. » (Gilbert Monbaron, Tibul(le) compagnon du devoir, les secrets d'un druide Helvète, tome 2, p. 72)


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mercredi 18 octobre 2017

Paris certains jours


Blason du 5e arrondissement de Paris

D'azur au livre ouvert tenu par une main d'argent sortant d'une nuée du même mouvant du chef, accompagné de trois fleurs de lis d'or, deux en flancs une en pointe; à la bordure de gueules chargée de huit coquilles d'or.


Paris des instants de la prime enfance. Sais-tu combien ce Paris est La Perle de mes merveilles enfilées sur les bords  d'une fenêtre ?
Sais-tu combien l'intensité d'une pièce revêt les profondeurs de ce qui est l'éternité des paupières écloses ?
J'ai plongé longtemps en ces ruelles du coin de notre fenêtre, devenue cadre ou tableau vivant des élans de mon âme.
J'ai suspendu chaque crucialité des lenteurs de mon rythme intérieur.
Paris, citadelle de mes joies et parfois, effroi des nuits solitaires, lors que le sommeil ne sait plus venir en cette conscience aiguisée.
Paris de mes sensibilités extrêmes, et des amours de mon regard qui butine sans cesse, découvrant le monde avec un étonnement que rien ne sait rompre depuis toutes ces années.
Paris des pensées qui flottent sur les ondulations d'une Seine me surprenant au détour des longs quais.
Des rumeurs douces du matin, lors que l'on dépose encore la bouteille de lait au seuil des portes silencieuses.
Paris des pavés que mes pas cherchent avidement, lors que le plus grand défi est de ne perdre aucune de ces rondeurs sous mes pieds joyeux.
Paris de mes récréations dans la cour d'une école qui ressemble à un couvent.
Des chants entraînants, des liesses que l'on n'oublie jamais.
La vie est vraie d'elle-même, lors qu'elle nous étreint de Son Langage suave.
Les jours de pluie, l'on m'accordait, je ne sais comment, cette grâce de faire le tour de la cour, courant sur les bancs disposés tout le long d'un petit muret.
Avec une petite camarade, nous chantions : il pleut, c'est la fête à la grenouille !
J'étais amoureuse de ce batracien qui se réjouissait de la pluie festive.
Je partageais sa joie.
N'étais-je pas soudain cette grenouille ?
Paris des doigts qui pianotent sur le piano à queue, lors que cette petite dame m'enveloppe de sa douceur bienveillante.
Paris de mes extases quand le ciel semble danser soudain au milieu des immeubles à l'architecture si particulière.
Paris des cours qui deviennent des jardins sans fin de leur secret bien gardé.
Paris des promenades qui semblent interminables en l'éclosion de l'hébétude contemplative de l'enfant qui est saisi de la vie si surprenante.
Paris des bassins sur lesquels, chaque dimanche, la main pose un petit voilier.
Je le suis avec tant d'émotion que je ne sais plus si lui navigue, ou bien si je suis devenue le bateau qui vogue au vent.
Je te raconterai combien la vie sauvage de Paris bien rangé me donnait déjà les envolées du firmament.


Océan sans rivage


Blason du 1er arrondissement de Paris

Écartelé : au 1er d'azur au clocher de Saint Germain l'Auxerrois d'argent accosté de deux rosaces d'or, au 2e de gueules à la colonne de Vendôme d'argent accostée de deux couronnes de laurier d'or, au 3e de gueules à la Bourse du Commerce d'argent, au 4e d'azur à l'Arc de triomphe du Carrousel d'argent.

dimanche 17 septembre 2017

Les petites fées


Blason de Kungsbacka (Suède)


Les petites fées sont de l'enfance la pleine réalité.
Te souviens-tu ma sœur comme la maison devenait la forêt de Brocéliande, et comme une journée devenait à elle-seule, l’Éternité ?
Nos yeux voyageaient à travers les bosquets et les mousses enchantées.
Nous volions comme emportées par la saveur des branchages luxuriants.
La Terre nous enlaçait des bruyères sauvages, et les champignons exhalaient les chaudes présences de leur humus délicat.
Je ne savais plus si j'étais à exister.
La Beauté nous étreignait si vivement que je me mettais à rire.
Souvent, nous levions les bras et chantions.
Comment aurions-nous pu parler ?
Seul le chant nous prenait en otage de son ardente douceur.
Nous avions signé ce fameux pacte des fées.
Tu étais Morgane et j'étais Éléonore.
La forêt nous révélait les moments magiques de ses sous-bois et nous nous couchions à la belle étoile.
Le loup ne nous faisait pas peur, et le renard était notre ami.
Parfois, c'est une grenouille qui nous suivait partout.
Je l'observais longtemps et je la trouvais si belle !
Une chose si verte ! Une chose si vivante !
Nous nous allongions sur les bruyères hospitalières, et nous laissions le doux vent nous caresser les cheveux, ou bien était-ce nos mollets ?
Fée Morgane, nous devons aller au plus profond de la forêt, car, il est un secret étrange qui nous y attend !
Peut-être rencontrerons-nous Merlin ?
Nous serons sages et nous le laisserons nous parler.
Il nous apprendra tout sur tout !
Si si, te dis-je !
Dans les vieux grimoires, j'ai lu de merveilleux récits.
Mais, chut ! Dormons au pied du lierre.
Demain, je te raconterai l'histoire des sept cerfs volants.
Il paraît qu'ils ont réussi à quitter cette sphère, et qu'à présent, ils séjournent dans la forêt bleue.
Une forêt bleue, me demandes-tu ?
Oui, je sais, cela semble improbable. Mais ne l'oublie pas, tu es Morgane et je suis Eléonore.

Océan sans rivage


Peinture préraphaélite représentant une fée
Sophie Anderson (1823 - 1903)