Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Affichage des articles triés par date pour la requête homo festivus. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête homo festivus. Trier par pertinence Afficher tous les articles

vendredi 15 mars 2024

Considérations sur l'entrisme

Logo du Club Med


Jadis, les bronzés se contentaient de la plage.
Il leur arrivait même, l'hiver, de faire du ski.
Certes, ils avaient ce côté futile et volage,
D'autant qu'à peine deux trois neurones étaient requis,

Mais pour le moins arrivaient-ils à être drôles,
Ce qu'ils ne sont absolument plus aujourd'hui.
Comme homo festivus, ils restaient sous contrôle ;
Mais voilà – et c'est là que commencent les ennuis –

Un jour, ils se prirent à faire de la politique,
À infiltrer l'État et ses institutions
Et à tordre dans leur sens la constitution.

La pensée devint binaire et monolithique
Et gare à quiconque s'éloignait de la doxa !
Peu à peu, le pays tout entier s'enfonça.

Le Spectre à trois faces
Ou quand on laisse la porte ouverte.

vendredi 14 juillet 2023

Une époque épique

Blason d'Aveux (Hautes-Pyrénées, Occitanie)

D'azur au mouton d'argent paissant sur une terrasse herbeuse de sinople, au chef d'argent chargé de l'inscription JUPITER en lettres capitales de sable, le I surchargé d'un demi-annelet posé sur une trangle alésée, le tout du même.

Ma chère Mado, nous vivons une époque épique ;
Partout, l'on se gargarise de bons sentiments
Et de belles paroles que les bouches médiagéniques
De Neuneuland* répandent très efficacement

Dans les cerveaux stérilisés de la molle masse ;
Partout, les professionnels de l'amusement
 Allaitent Homo Festivus, déjà à la ramasse,
Perfusé à l'Iphone assez profondément.

D'où la question : comment autrement gouverner
De telles quantités, quand tous tirent sur la ficelle,
S'empêtrent dans les fils, se prennent dans la nacelle,

Ne sachant plus à quel saint se vouer, bernés
Par ceux qui leur chantent la berceuse citoyenne,
Heureux, déjà, qu'ils puissent mener une vie moyenne ?

Le Spectre à trois faces

 

Les questions qui tuent.

* Dont la capitale est Gogolcity.

dimanche 7 août 2022

Considérations sur la docilité ambiante



Blason de Henrique Soares de Coimbra (Portugal, 16e siècle)


     Ma chère Mado, tu m'entends souvent te parler d'Homo festivus qui représente le stade décadent et terminal d'Homo sapiens, et peut-être même d'Homo tout court. La dernière crise covidiste (note bien l'emploi du suffixe -iste au lieu de -ienne, pour mieux signifier qu'il s'agit bien d'une idéologie) a surtout frappé cette catégorie, d'ailleurs largement majoritaire (quoique la plupart s'ignorant comme tel). Nous avons vu des individus renoncer à leurs libertés, voire à leur dignité, rien que pour s'asseoir à une terrasse ou pour partir en vacances, nantis d'une caution morale péremptoire, à clouer le bec donc : « Protéger les autres. » Nous savons aujourd'hui ce qu'il en fut réellement. Mais nous ne sommes pas tirés d'affaire pour autant : non seulement « ils » peuvent nous la resservir si besoin était, ayant éprouvé le degré de docilité de la masse, mais la crise politique, financière et économique actuelle leur offre mille et une possibilités de limiter encore davantage, voire de verrouiller les libertés, du moins ce qu'il en reste. Au final, c'est surtout Homo festivus, tout entier voué à l'amusement, qui en souffrira le plus car « ils » lui feront payer cher le moindre plaisir et jusqu'au moindre confort. Même en-dehors de l'idée qu'il puisse y avoir ou non un complot, à une échelle où même les dirigeants seraient les idiots utiles et inconscients d'obscurs tireurs de ficelle, ce modèle de société est à lui seul une usine à gaz, une fabrique de sacs de nœuds qui resserre son rets sur une humanité brouillonne et confuse, totalement perdue donc. Complot ou fatum aveugle, le résultat sera le même.


Certaines vies sont exclusivement digestives,
Des estomacs ambulants encombrés d'un corps.
Beaucoup ne nourrissent, à vrai dire, qu'une vision festive
De l'existence qui évacue l'idée de mort,

Une anomalie à telle enseigne indigeste,
- D'autant plus que tous, même les riches, doivent l'essuyer -
Qu'on en vient à traiter une grippe comme la peste,
Délire que tout un narratif vient appuyer

Et que les esprits sous perfusion assimilent
Bon gré mal gré, à coup de matraque s'il le faut.
On les noie dans les chiffres, des cents et des mille.

C''est par le nombre que l'on soumet les imbéciles.
« Ciel ! nous avons oublié la Dame à la Faux ! »
Une peur bien entretenue rend les gens dociles.

Le Spectre à trois faces
 
La crise nous dégrise.

mercredi 26 janvier 2022

Du degré zéro de l'ontologie

Blason de Hostovice (Slovaquie)


     Ma pauvre Mado, je suis à me demander pourquoi je m'obstine à t'écrire ces lettres complètement décalées de ta plate réalité communément partagée et dont tu ne te départiras sans doute jamais. Tu es définitivement, je crois, une homo festivus et donc, à ce titre, scellée dans une acception exclusivement triviale de l''existence, centrée sur la relation utile et le plaisir futile, au degré zéro de l'ontologie. Alors que rien ne t'y obligeait, tu as vendu ton âme pour pouvoir t'asseoir à une terrasse ou pour aller vivre au cinéma une aventure par procuration. Ainsi, pour préserver ton mode de non-vie et asseoir ta précaire sécurité, tu as bradé ta liberté et hypothéqué ton devenir. Si c'est à ce crépuscule qu'a abouti le prétendu siècles des lumières et la révolution qui a suivi, je te les laisse volontiers. J'en ai la nausée depuis longtemps mais ce n'est rien à côté de la gueule de bois qui t'attend, toi et tes semblables.


Quand tout le monde pense pareillement ou presque,
Il est grand temps de commencer à réfléchir. (1)
La chose est à l’œuvre, de manière grotesque,
Un phénomène que rien ne semble infléchir.

Certes, il ne faut pas s'étonner outre mesure
Que les neuneus soient à ce point gogolisés,
Après des décennies de télé-vomissure
Dont les cerveaux sont sortis lobotomisés.

Tout de même, d'en arriver à un tel degré
De bêtise et d'intelligence désintégrée
Dépasse de loin ce que l'on imagine de pire,

En tous les cas, les plus sombres appréhensions. (2)
Cela défie toute possible compréhension.
Après le bon sens, c'est toute raison qui expire.

Le Spectre à trois faces



(1) « Lorsque tout le monde pense la même chose, c'est que personne ne pense beaucoup. » Walter Lippman (1889-1974)

(2) « Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. » Albert Einstein (1879-1955)

jeudi 30 décembre 2021

Considérations sur l'aérophonie


Blason de Söhlde (Basse-Saxe, Allemagne)


Avez-vous remarqué que les médias mainstream
Sont toujours à interroger les plus gogols,
Ceux dont l'opinion va dans le sens du régime ?
À croire que les imbéciles ont le monopole !

Sans doute pensent-ils que leur avis est pris en compte
Alors qu'on leur demande juste de faire écho
À ce qu'à longueur d'écran plat on leur raconte.
Bref, des lieux communs servis par des bruits buccaux.

On leur a fait croire qu'ils ont quelque chose à dire,
Alors qu'ils n'ont pas même commencé à penser ! *
Leur bavardage n'en est que le vide compensé.

Ce qu'il arrive, quelqu'un pouvait-il le prédire ?
Oui, à l'ivresse succède toujours la gueule de bois.
N'est-ce pas Homo festivus qui est aux abois ?

Le Spectre à trois faces

* « Il y a très peu de gens qui pensent plus de trois ou quatre fois par an.
Moi, je dois ma célébrité à ce que je pense une ou deux fois par semaine. »
George Bernard Shaw (1856-1950)

mardi 21 décembre 2021

Le dindon de la farce


Carte postale ancienne (États-Unis, 1906)


Ma chère Mado, il apparaît maintenant clairement que ces gens-là nous mentent comme des arracheurs de dents, disant le lendemain le contre de la veille, le faisant sans vergogne et sans état d'âme, à telle enseigne qu'ils pourraient désormais déclarer ouvertement « Nous vous racontons des salades mais c'est par nécessité. », sachant qu'il y aurait toujours assez d'imbéciles heureux pour s'en satisfaire. Il apparaît de même évident qu'il faut littéralement entendre le contraire de ce qu'ils disent. Quand il n'y a plus de conscience, il n'y a plus de parole. Ils pratiquent à merveille la dissonance cognitive car rien n'est plus malléable qu'un esprit confus. Ma pauvre Mado, je sais bien que tu fais encore partie de cette masse de gobe-tout qui n'arrive pas à éteindre la télé et qu'on peut mener en bateau à volonté. Tu t'es même docilement prêtée au jeu des fléchettes, pensant de toute ta crédulité que tu retrouverais ta vie d'avant, à l'instar de tes semblables. Si demain on vous demandait de mettre un slip rose sur la tête, sous prétexte que cela protégerait du rhume, parions que les stocks seraient très vite épuisés.
 
Homo festivus a du souci à se faire.
N'est-il pas au centre de toutes les restrictions ?
Aussi est-ce peu dire qu'elles ne font pas son affaire.
À la frustration succédera l'affliction

Quand il se découvrira dindon de la farce.
À moins que ses possibilités de réveil,
Considérations faites de sa raison éparse,
Ne lui donne comme seule perspective que la bouteille,

Une pratique, au demeurant, déjà bien assise.
S'étant soumis pour retrouver sa vie d'avant,
Ce n'est que lui qu'il retrouve : Gros-Jean comme devant !

Ainsi en est-il des leçons jamais apprises,
Dont celle-ci : plus l'on se soumet au dictateur,
Plus celui-ci resserre son système prédateur.

Le Spectre à trois faces
 

jeudi 19 novembre 2020

Unhappy Hour


Blason de Vannes-le-Châtel (Meurthe-et-Moselle, Lorraine)

Parti coupé ondé d’argent et d’azur et coupé ondé abaissé d’argent et d’azur ;
au chef bastillé de gueules chargé de trois verres d’argent.


J'ai vu manifester contre le port du masque
Des gens qui ont oublié d'enlever... le leur !
De temps à autre, une interview un peu flasque
Où l'on n'ose pas dire que tout cela n'est qu'un leurre.

L'on a changé en fléau une simple gripette
Dont on gonfle artificiellement le taux.
Quand la parole officielle ne vaut plus tripette
Et qu'on la gobe quand même, on peut serrer l'étau.

Le virus, on sait, prise moins les supermarchés
Que les boutiques où il n'y a presque personne.
Mais il préfère de loin les terrasses de café.

Aussi est-ce la déprime chez homo festivus
Car l'heure du Happy Hour plus nulle part ne sonne.
Il peut toujours boire sa bière sous un abri-bus.

Le Spectre à trois faces


     Happy Hour - Planet Center - Considérations soporifiques

lundi 9 novembre 2020

Le Nouvel Ordre (6)


Blason de Boguchwala (Basses-Carpates, Pologne)

      Ma chère Mado, tout comme il existe un courant pédagogique préconisant une approche ludique de l'enseignement (apprendre en s'amusant), il existent des stratégies politiques de même nature qui visent, quant à elles, la domination des personnes par le divertissement (vivre c'est s'amuser). La société des loisirs a permis l'avènement d'homo festivus qui conçoit la planète comme un immense bac à sable, un lieu d'amusements donc (où l'on s'éclate, un mot d'ailleurs très éloquent) et où le sens de la vie, confinée dans l'idée d'un monde de finitude, est exclusivement centré sur la réussite matérielle et le bien-être égotique. L'incompréhensible docilité de la masse, sa crédulité même, s'éclairent en partie par cela, son état d'infantilité n'ayant comme évolution logique que celui de sa sénilité.

      Homo festivus, c'est l'homme scellé dans son éclatement, un adulescent perpétuel, geignard et revendicatif, reconnaissant de rien mais à la merci de tout. Au moins pire, un hypertrophié du mental ; en moyenne, un imbécile cuculturé ; au pire, un crétin décervelé. Branché en permanence à sa prothèse narcissico-communicationnelle qui lui maintient la tête immergée dans un monde factice, virtuel et pixelisé où on lui donne la becquée en temps réel, il se retrouve à n'avoir plus le temps de rien, pas plus, d'ailleurs, que l'espace de quelque chose car il ne tient pas en place. Bougisme et voyagisme sont les deux mamelles de son inconstance et de son insignifiance partagées. La Communauté du Vide battant son plein.


À force de nous comporter robotiquement,
Les robots finiront par prendre notre place.
Nous en sommes d'ailleurs presque là, pratiquement,
Tant la technosphère est à resserrer sa nasse.

La série Terminator n'est certes qu'une fiction,
Elle ne nous avertit pas moins d'une telle menace.
Quelle sera demain notre latitude d'action
Quand on nous injectera la puce qui nous trace ?

Soyons certains que la chose est dans les tuyaux.
Ceux qui à ce système se montreront loyaux
Verront vite que leur « paradis » n'est qu'un enfer.

Si les Troyens avaient écouté Cassandre,
Leur ville n'aurait pas été réduites en cendres.
Mais les hommes, semble-t-il, ne sont pas à refaire.

Le Spectre à trois faces

lundi 26 octobre 2020

Du Nouvel Ordre (1)


Blason de Boguchwala (Basses-Carpates, Pologne)


     Ma chère Mado, toi qui aimes tant faire la teuf avec tes potes (pourquoi détesté-je ce mot ?), ces temps de Convide, avec un couvre-feu par-dessus le marché, doivent vous mettre particulièrement à l'épreuve. Il semblerait bien qu'homo festivus ait du plomb dans l'aile, ce qui n'aurait sans doute pas déplu à notre regretté Philippe Murray. La vision festive de l'existence est en train d'éclater en morceaux et c'est tout un pseudo mode de vie qui part en sucette. Normalement, les périodes de crise sont propices à la réflexion et invitent à prendre du recul. À marquer un temps d'arrêt. Lors, ce qui aurait pu se faire librement se fera désormais sous la contrainte. Comme quoi, les événements finissent toujours par nous rattraper. Toutefois, j'ai peu espoir que la masse des gens se requestionnera en profondeur ; elle préférera plutôt ronger son frein, dans l'idée bien accrochée que le monde d'après se remettra sur les rails de celui d'avant. Sauf que ça n'arriva pas. 


Tu crois que les médias sont là pour t'informer ?
Alors ils te feront avaler tout, sans peine,
Et tu n'auras du monde qu'une vision déformée.
Ils te diront qui aimer, qui tenir en haine,

Ne t'accordant que la liberté d'expression
Pour autant qu'elle se range à l'opinion permise.
À défaut, ils sauront te mettre la pression,
N'ayant de cesse que ta raison se soit soumise.

Leur système ne peut tolérer les divergents ;
La pensée unique est le seul point convergent.
Tu peux ranger ton cerveau, il est inutile.

C'est encore heureux qu'on te permette d'exister.
Dans ce Nouvel Ordre, tu n'es qu'un assisté.
Alors tais-toi et continue ta vie futile !

Le Spectre à trois faces

Ni con ni vide 

mercredi 26 août 2020

Considérations covidiennes


Insigne de la 460th Space Wing (US Air Force, 1943-2020)


     Ma chère Mado, le système néo-libéral de marchandisation du monde et du Vivant arrive à bout de souffle, l'affaire du Covid 19, organisée à l'échelle planétaire, en est l'un des symptômes marqueur et révélateur. Le Nouvel Ordre Mondial cherche à s'imposer par la force et dans la hâte car « ils » sentent que la chose va leur échapper bientôt. Il y a là comme une odeur d'énergie du désespoir. Encore faut-il que les gens se réveillent impérativement et massivement, en France notamment, où les endormis sont encore trop nombreux. Ce pays-phare (une prétention aujourd'hui pitoyable) qui devrait être à la pointe de la résistance mondiale, a étrangement sombré dans une léthargie incompréhensible, comme s'il n'avait plus de moelle. Voilà des décennies que l'on aspire le cerveau des gens. La France est en déclin à tous les niveaux et les branquignols qui la gouvernent actuellement lui renvoient un miroir peu reluisant, outre de l'enfoncer chaque jour un peu davantage. À ce titre, l'apathie de la masse est proprement effrayante et je ne suis pas loin de la qualifier aussi de criminelle car qui ne dit mot consent. Il faut qu'homo festivus sorte d'urgence de son bac à sable, ce qui n'est pas gagné. Dieu veuille nous délivrer de ce cauchemar !


Me reviennent ces mots de feu Commandant Cousteau
Qui en son temps avait pris la mesure du drame,
Après avoir sillonné le globe en bateau,
Disant qu'il ne nous restait qu'à sauver nos âmes.

Sauf que cette âme, il faut déjà la retrouver
Et ne plus, devant des hommes vils, courber l'échine.
Mais nous n'avons pas fini d'être éprouvés
Car déjà « ils » ourdissent la Machine des machines. *

Transformer un paradis en décharge publique
Est le digne héritage des fils de Caïn
Qui n'ont plus même le niveau des anciens païens,

Changeant tout état en bananière république
Par la pratique générale de la corruption
Pour se livrer sans frein à la spéculation.



dimanche 24 mai 2020

Considérations sur le creusement


Blason de Krupka (Tchéquie)


     Ma Chère Mado, le jour où j'ai pris la plume sous le Spectre à trois faces, j'étais alors loin de me douter de la pertinence de mes propos... impertinents qui frisaient souvent l'insolence. Avec mon côté rentre-dedans, sans aucune espèce de filtre ou à peine, j'ai dû paraître outrancière et même sulfureuse à plus d'un. Tu me diras que je n'ai guère changé depuis. Sans doute. Mais le monde n'a pas changé non plus car chaque jour se découvre pire que le précédant et ce qu'ils appellent l'après ressemble furieusement à l'avant, la pesanteur en plus. Certes, homo festivus a du plomb dans l'aile et son consumérisme effréné a subi la pire récession de son histoire, frôlant même le rationnement d'une époque dont les mentalités ne demandent qu'à se réveiller. Nous nous étions dit que ce que les gens auraient dû faire librement et consciemment leur a été finalement imposé, somme toute assez violemment. Nous nous disions encore que le confinement leur offrait fort opportunément ce temps de recul et de réflexion qui les invitait à prendre leur distance d'avec un système insensé qui allait les broyer tous. La classe moyenne, sur tout son éventail, par ailleurs déjà fortement menacée, est en voie de liquidation. Du moins commence-t-elle à sentir les frôlement de la précarité car c'est un horizon qui se rapproche. Un confinement en suit un autre. L'espace de la projection en avant s'est ainsi considérablement atrophié et avec lui, le champ de la dispersion. Je le répète : ce que les gens n'engageront pas volontairement et volontiers leur tombera dessus comme un couvercle de fer. Et s'ils ne sentent pas que l'étau est à se resserrer et s'obstinent néanmoins à vouloir coller à ce système compresseur, eu égard à tout ce qu'il se passe, alors ils ne seront plus même à plaindre. À cet effet, je laisse la conclusion à Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. »


Attention au contenu de ce que tu dis
Car ils viennent de sortir une loi contre la haine
Qui fait de la France le pays des interdits. *
C'est à se demander quelle sera la prochaine...

Ils prétendent judiciariser les sentiments
En se fondant sur des concepts tarte à la crème,
N'ayant de la pensée pas même les rudiments
Et ignorant de tout bon sens le théorème.

C'est l'hôpital qui se moque de la charité ;
Ces donneurs de leçons sont à peine exemplaires :
Leur dire et leur faire sont loin de la parité.

Certains confondent le plancher avec le plafond.
L'on en perd son latin et son vocabulaire.
Les voilà qui creusent, en ayant touché le fond.

Le Spectre à trois faces

Plié de rire.

jeudi 14 mai 2020

Dernière sommation


Blason de Harold Watkinson (1910-1995), homme politique britannique


Ma chère Mado, à l'occasion du confinement, les gens avaient comme semblé redécouvrir, pour beaucoup, qu'ils étaient mortels. Ciel ! Plus moyen, pour personne, d'échapper à cette pensée que les médias de propagande ont réussi à rendre quasi obsessionnelle. Le virus avait comme dissous tous les autres problèmes de société et l'on ne parla plus que de lui, encore de lui et toujours de lui. À lui seul, donc, il a réussi à faire diversion et à imposer la trêve sociale, à ralentir l'activité fébrile de la fourmilière et à tiédir cette fournaise dévoratrice du monde et de l'âme. Fini l'incessant et infernal ballet des avions qui déversaient aux quatre coins de la planète des fournées de touristes blasés. Fini l'éparpillement général de tous et l'encombrement plasmatique des foules désœuvrées. Fini la bougeotte motorisée et l'engorgement des routes par des sédentaires nomadisés. Homo festivus, assigné à résidence, baignait dans l'ennui saumâtre de son plat quotidien, rongeant son frein, mais docile, néanmoins.


Nous en rêvions. Et quand la Chose est advenue,
Nous avions peine à le réaliser de suite.
Nul appel à la raison n'y est parvenu
Et c'est par la contrainte qu'elle s'est alors produite !

Telle est l'une des leçons de cet événement :
Ce que l'on ne veut pas faire de libre manière
S'imposera autrement et plus lourdement.
Après plusieurs sommations arrive la dernière.

N'en attendons plus d'autre car celle-ci l'était !
L'opinion de masse ou la conscience collective,
Le repentir salutaire ou la récidive...

Autrement, ce qu'aux calendes grecques l'on remettait
Sera scellé, à cause des verrous du système.
Vos peines et pleurs feront au Veau d'or diadème. *

Le Spectre à trois faces


* Étranger, les jeux sont faits sur la Terre
Les peines et les pleurs font diadème au veau d'or

Glenmor (1931-1996), Table d'Hôte, 1978

mercredi 13 mai 2020

Les écuries d'Augias


Blason de Roßtal (Bavière, Allemagne) *


      Ma chère Mado, quand un pouvoir n'a plus de légitimité, il devient proprement inauthentique et ne fait donc plus autorité. C'est à cause de cela, justement et paradoxalement, qu'il devient autoritaire, avant de basculer tout à fait dans la dictature. Peut-être penses-tu que je parle des temps passés ou de quelque république bananière d'un lointain tropique ? Détrompe-toi et suis mon regard car nous sommes servis à domicile ! Je sais bien qu'il t'est génétiquement impossible de l'imaginer car, en dépit de tripoter un Iphone dernier cri (produit d'une société dont le fondateur rêve de nous pucer par vaccin interposé), dans ta tête c'est encore les années soixante, avec l'avènement de la machine à laver, du téléviseur, de la cuisine formica, de la voiture individuelle généralisée et envahissante, des supermarchés et du bronzage sur les plages, sous l'égide complaisante d'un régime déjà roublard, certes, mais encore bon papa et un peu chahuté, sur sa fin, par des révolutionnaires d'opérette, sur fond de variétés télévisées et de musiques yéyé, aussi niaises, au demeurant, que les chansonnettes nasillardes du temps de la TSF, le Club Dorothée, Dimanche Martin et le Juste Prix ayant achevé, durant les deux décennies suivantes, d'infantiliser ceux que de Gaulle qualifiait déjà de veaux et que l'on découvre aujourd'hui mûrs pour l'abattoir. L'avènement d'homo festivus viendra poser là-dessus ses scellées que le politiquement correct et la bienpensance, armés de terrorisme intellectuel, souderont durablement. Assez, du moins, pour castrer les cerveaux et laisser ainsi le champ libre à la grande braderie du pays à laquelle l'arrière-garde actuellement aux commandes veut donner la touche finale. Bon, je prends quelques raccourcis mais c'est bien assez pour illustrer le propos et le résultat est le même.
      Ma chère Mado, demain peut-être, ne pourrai-je plus t'écrire sur ce ton libre et décomplexé qu'est le mien car la censure nous guette. Je leur fais confiance pour réinventer la lettre de cachet, sauf que la Bastille est désormais dans les têtes. C'était couru. Aussi, que s'avise-t-on d'avoir l'insolence d'une pensée divergente à une époque où l'uniformité est de rigueur ! Et que s'avise-t-on, par ailleurs, d'être en bonne santé ou d'administrer des remèdes simples et peu coûteux qui menacent gravement le marché immensément juteux du médicament ! Les adorateurs du Veau d'or mugissant n'entendent pas se laisser damer le pion et sont prêts à mettre la planète à feu et à sang pour conserver leurs richesses et leurs privilèges.


Il faudra nettoyer les écuries d'Augias
Pour nous débarrasser de tous leurs immondices ;
Ensuite procéder à une révision Midas
Des institutions qui, selon tous les indices,

Sont dans un état avancé de congestion.
Autant dire que l'affaire tient des travaux d'Hercule.
Qui voudra s'y atteler ? Telle est la question.
Ça promet de chauffer pour certains matricules

Car sentant que tôt ou tard ils vont dérouiller,
Ils s'empressent de tout museler et verrouiller.
Mille cinq cents ans d'histoire pour en arriver là !

Je ne parle pas même de la Révolution
Dont les idéaux connurent la dissolution,
D'abord sous la Terreur puis sous le Consulat.

Le Spectre à trois faces


* Note : Roßtal, en allemand, signifie littéralement« écurie ». Le blason de cette cité bavaroise, qui montre un cheval sortant (ou issant, en langage héraldique) d'une église ou d'une chapelle, fait donc allusion à la période révolutionnaire où certains édifices religieux furent effectivement transformés en écuries.

mardi 12 mai 2020

Considérations sur la déclinaison identitaire


Blason de La Valette


      Ma chère Mado, j'ai appris que vous avez été, très récemment délogés du canal Saint-Martin par les forces du désordre. M'en étonné-je ? Car une fois le déconfinement rendu effectif, Homo festivus s'est aussitôt rué vers ses lieux de désœuvrement habituels, sans respecter la distance réglementaire, bien entendu. Quelle irresponsabilité ! Quelle inconséquence ! Quel incivisme, aussi ! Ne disais-je pas que cela repartirait comme avant et de plus belle ? Sauf que, désormais, vous vous amuserez à tel moment et de telle façon que les autorités l'auront décidé. J'entends par là le pouvoir auquel vous avez donné le bâton pour vous faire bastonner et dont bon nombre d'entre-vous n'ont pas encore bien saisi (ou ne veulent pas saisir) la nature. Aussi m'est-il difficile de compatir, ce que tu comprendras fort bien, je n'en doute pas.
      J'ai aussi appris que le test du machin 19 tenait de la farce et attrape, si j'en crois ce que l'on m'a rapporté sur des expériences pratiquées au Tanzanie. Où l'on apprend que des tests effectués sur des papayes ont donné des résultats positifs... Outre la sidération (pas tant que cela, en vérité, car nous n'étions pas dupe non plus), la chose prête du moins à supposer que d'autres fruits et légumes pourraient l'être aussi et qu'il faudrait, subséquemment, les poser sur les étalages des marchands et les rayons des magasins à des distances respectables, chacun soigneusement et sanitairement emballé, au cas où il lui prendrait la malencontreuse idée de tousser ou d'éternuer. Cela entraînerait, de facto, un rallongement des zones de marché ainsi que des rayonnages, si jamais l'on désirait maintenir les quantités proposées. Question : la surface ainsi augmentée donnerait-elle lieu à un surcoût pour le marchand ou les institutions compétentes prendraient-elles cela à leur charge, c'est-à-dire du pigeon contribuable ? Seigneur ! Que de soucis pour nos administrateurs !


Si un jour je devais rencontrer un Alien,
Je ne lui parlerais pas de mon origine ;
J'aurais honte d'être associée à une Terrienne.
C'est que nous en sommes vraiment là, tu imagines !

Tu te trompes à croire que je suis à plaisanter ;
J'aimerais n'avoir pas à le dire, je te l'assure ;
Si donc je le fais, c'est pour ma mentale santé,
Pour rester bien dans ma tête et dans mes chaussures.

Car l'hôpital psychiatrique est à ciel ouvert.
Vois-tu comme tout est inversé et à l'envers ?
Il y a de quoi attraper des sueurs froides ;

L'impression d'être dans la série des bronzés,
Mais dans une version autrement plus défoncée...
Avoue, quand même, qu'il y a de quoi être roide !

Le Spectre à trois faces

Déconfiné mais pas encore fini.

jeudi 7 mai 2020

Considérations antéchristiques


Blason du Mordor (Tolkien, Le Seigneur des Anneaux)


      Ma chère Mado, toi qui ne crois ni en Dieu ni au Diable, disant ne pas fumer de cet opium-là ou de ce qu'on t'a fait passer pour, te voici à devoir donner ta foi à des gugusses sans foi ni loi, ayant le vice et le mensonge chevillés au corps. Toi qui tiens les lois divines pour des fables de grand-mère, te voici à devoir te plier à mille interdits et autant de contraintes, tellement, d'ailleurs, que ta pauvre cervelle d'homo festivus bisounoursé ne pourrait même pas les retenir sans l'aide d'un juriste. Et ce n'est pas fini, ma pauvre : demain, si on te le propose, tu courras te faire vacciner et pucer par la même occasion. C'est pour ta sécurité, qu'ils te diront. Et tu le croiras. Comme ça, ils pourront veiller sur toi par satellite et te suivre jusqu'aux latrines pour vérifier si tu n'es pas à lire quelque publication prohibée.
      Qu'est-ce que tu t'imaginais ? Qu'ils en ont à faire de toi ? Mais que tu existes ou non les indiffère totalement. Tu es parfaitement interchangeable puisque tu penses et agis comme des milliards d'autres individus. Et qui invoqueras-tu aux heures sombres de ton âme ? L'État ? Autant te flanquer tout de suite contre un mur ! Tes amis, qui seront probablement dans la même mélasse et qui ne penseront qu'à sauver leur propre peau ? Trouveras-tu assez de ressources en toi, dont la vie intérieure est complètement désaffectée et opacifiée par un psychique chaotique ? Qui donc invoqueras-tu quand tu ne pourras plus te vouer ni te fier à personne ? Seras-tu la proie des philosophes de salon ou des marchands de développement personnel ? Mais peut-être même continueras-tu d'écouter les branquignols de la politique et des médias ? C'est vrai, dans le fond, on ne se sèvre pas si facilement de l'opium...

À force de mener des vies sans queue ni tête
- Et c'est l'une des tares de ladite modernité -
Les gens sont devenus littéralement bêtes.
Que vaut encore la devise de fraternité

Dans un système qui rend les gens si infantiles
Qu'ils se pensent faire œuvre de citoyenneté
En pratiquant la délation, idiots utiles
De causes dont on ne tire ni honneur ni fierté ?

Les portes du Mal sont désormais grand ouvertes
Et les institutions sont au Diable offertes.
Voyez ô combien s'activent ses fidèles agents !

Ils ont réussi à fermer les lieux de culte,
Ce qui fait l'affaire de l'Antéchrist qui exulte.
Et ça ne fait que commencer, mes pauvres gens !

Le Spectre à trois faces

Ami, entends-tu...

dimanche 26 avril 2020

Le dernier train


Blason de Sinelnikovy (Russie)


Ma chère Mado, peut-être est-il arrivé jusqu'à tes oreilles qu'ils profitent du confinement pour installer partout et à forte cadence des antennes 5G, sans se soucier le moins du monde des effets pervers sur l'homme et la nature, faisant foin de tout principe de précaution. Et ce sont les mêmes qui prétendent s'inquiéter de notre santé en voulant nous protéger du machin 19 dont il gonfle l'importance en truquant les chiffres que les officines de propagande, alias les médias, répètent en boucle, histoire de bien entretenir la peur. Et tu as peur, n'est-ce pas, Mado, comme des millions de gens qui ont donné dans le panneau. En tous les cas, ce confinement est une excellente couverture pour viabiliser, politiquement, socialement, économiquement et techniquement, le Nouvel Ordre Mondial, c'est-à-dire leur désordre notoire institué par la force et verrouillé à double tour, avec la complicité servile des élus et l'adhésion bovine de la masse. Grâce à toi, Mado, et à des gens comme toi dont le silence est tonitruant. Je ne te rappellerai pas les mots d'Einstein que je t'ai maintes fois cités mais qui dans ta tête n'ont guère plus d'effet qu'une blague Carambar. Si demain, on vous enlève le peu de droits qu'il vous reste et qu'on vous traitera comme des esclaves, vous n'aurez pas même le droit de vous plaindre. Juste vous taire et plier l'échine.

Ainsi, vous pensiez toujours vivre de la sorte,
Homo festivus en pays de Cocagne
Où les vents mauvais pénètrent par toutes les portes
Mais qui, devant vos yeux, se transforme en bagne.

Oui, tandis que vous ne pensiez qu'à faire la fête,
En déposant vos cerveaux à la consigne,
Vous nourrissiez d'une insouciance fautive la Bête
Dont l'avènement s'annonçait par mille signes.

Le monde qui vient n'est jamais qu'à votre image.
Lors, ne manquez surtout pas le dernier virage
Car d'ici un an à peine, il sera trop tard.

Il est grand temps de rejoindre la Résistance ;
Montez dans le bon train et pour la bonne partance ;
L'autre, le mauvais, file droit vers le Tartare.

Le Spectre à trois faces

Ami, entends-tu...

jeudi 23 avril 2020

Considérations soporifiques


Blason de Groß Schwechten (Saxe-Anhalt, Allemagne)


      Ma chère Mado, je ne pense pas qu'il faille sortir de Polytechnique ou de Saint-Cyr pour comprendre ce qui est en train de se tramer devant nos yeux. Ne te disais-je pas un jour, lors que nous longions les grands boulevards, au sortir des bureaux, à l'heure où homo festivus, par grappes entières, se donne du happy hour à coups de pintes de bière, dans une insouciance genre meilleur des mondes, que cela finira très mal ? Toute cette chair à finances se faisant aspirer le cerveau et qu'on allait, demain, jeter aux encombrants, tous diplômes confondus, me semblait alors comme l'écho anticipé des années folles. La start-up nation baignant dans le jus de son autosatisfaction et de son narcissisme communautarisé sur les réseaux sociaux, forums de l'insignifiance partagée, croisées superficielles et éphémères des copier-coller de la pensée convenue et dont le relief ne dépasse guère les dialogues d'une série moyenne sur Netflix.
      N'avais-tu pas remarqué les regards qui devenaient fuyants dès que je faisais simplement mine d'évoquer les côtés troubles du système, voire une certaine hostilité à mon encontre quand tombait, péremptoire, le fameux « C'est du complotisme ! » ? En certaines périodes du Moyen-âge, l'on m'eût soupçonnée d'avoir commerce avec le démon et d'être, à cet effet, du gibier d'Inquisition. Toi-même, je te vois parfois rouler les yeux dans leur orbite quand je te parle d'autre chose que de la vie triviale à laquelle, ma pauvre, tu résumes tout le contenu de l'existence. Et c'est parce que vous êtes nombreux à fonctionner de la sorte que ces choses arrivent.

Aussi te dis-je : ne crois plus tout ce qu'ils racontent ;
Ils te font manger de la vache en guise de bœuf
Et gonflent sans complexe les chiffres et les comptes
Pour faire passer leur machin baptisé « dix-neuf ».

Je t'avoue que la chose apparaît si énorme
Qu'on a l'impression de s'exprimer en martien
Dès qu'on en parle aux gens (dont la plupart dorment),
Objectant que tout ça n'est pas très cartésien.

Je crois plutôt qu'ils ont la trouille, en vérité,
Car les pseudo valeurs dont ils ont hérité
Ne leur donnent plus des événements la lecture.

C'est pourquoi, se voulant prolonger l'illusion,
Considèrent-ils toute clarté comme une intrusion
Dans leur petite bulle qui exclut toute quadrature.

Le Spectre à trois faces