Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

dimanche 10 septembre 2017

Appel solennel (2)


Blason de Wurmberg (Bade-Wurtemberg, Allemagne)


Une chandelle suinte des effets de La Béatitude,
Nul ne peut comprendre combien Le Jour se lève
En cette Torpeur qui s'invite en Ta Mansuétude,
Lors que Les Cieux embrasent nos cœurs endoloris
Des tortures que subissent d'autres sphères.
Nul ne soupçonne les affres que des suppliques
Cherchent dans L'oraison de La Profonde Nuit.
En cette Chandelle, La Douceur d'Un Appel :
Lumière sur les Mondes et Lumière rafraîchissante !
Ton Océan irradie des Grandeurs de Ton Illimité,
Des Lacs de Profusion, et des Réserves de Ton Caché,
Lors que Tu es, en Ta Pureté à décréter et à rendre manifeste,
Lors que les Vallées de Ton Amour sont Le Tout Possible,
Lors que Tu es en Ta Sagesse à ouvrir les couloirs,
Devenus des passerelles pour ceux qui se veulent s'abreuver,
Lors que Tes Pluies sont Les Bienveillantes Présences
Que Le Cœur, en ce Réceptacle, agréé et agréé Ta Réalité,
Lors que Les Assemblées du Monde Occulte Te font encore Allégeance,
Sans nul besoin de cueillir, puisque Tu es Le Seul et Te suffit,
Puisque Celui qui est, est La Satisfaction de L'Esseulé,
De par Les souffrances de La Vision du monde Fraternel,
Des frères de notre Origine, Révélation Christique,
Des Aubes de Ton Pouvoir qui n'ont pas de Commencement,
Lors que les cils de La Paupière sont en Une Majestueuse Révérence,
Et dévoile Le Temps en Son Atemporalité !
Seigneur, sauve-nous !
Extirpe-nous des négligences de notre ignorance,
Ouvre de Ta Rayonnance Les univers de Ta Gouvernance,
Unifie nos consciences en Ton Amour Infini !
Que cesse ces combats menés sur des fronts qui ne sont qu'illusion !
Le Royaume est en nous, et Il est Beauté que l'on oublie !
Le fracas est sourd de La Malentendance,
Certains fuient Ta Vérité et s'en vont en Ton Nom obstruer Ta Lumière !
Seigneur ! Sauve-nous en dépit de nous-même et libère L'Homme de ses aliénations !
Nous sommes sur le parvis de Ta Chapelle et nous nous tournons en L’Orient de notre Souffle !
Nous sommes sur Ton Minaret et appelons à La Vie qui est Pure Transcendance !
Nous sommes sur le seuil de Ta Synagogue et ouvrons les mains.
Toi, Tu es, et c'est en nous qu'est La véritable libération !
Des cimes vibratoires de L'Amour, nous nous élevons.
Le Refuge n'est certes pas celui que l'on croit !
Présence en Ta Présence est source de Pure Joie !



Lire aussi Appel solennel (1)

Copié-collé


Blason de Longjumeau (Essonne, Ile-de-France)

D'argent semé de tresfles de gueules à deux taus de même en chef surmontant
deux papegais de sinople becqués et membrés de gueules affrontés.


Rien n'est plus éphémère, plus illusoire que la foule,
Par les sentiments qu'elle inspire, trompeurs.
En elle, l'on n'est qu'un caillou que le courant roule ;
Et quand elle ne nous plonge tout entier dans la torpeur,

L'on en ressort barbouillé d'un trop plein de vide.
Conglomérat plasmatique de copiés-collés ;
Mêmes films, musiques et publicités qui évident
Les cerveaux que les marchands d'âmes viennent enrôler,

Experts en diversion et détournement d'esprits
Vers les seules préoccupations matérialistes.
Galerie des glaces ouverte sur champ narcissiste,

Où le prêt-à-soi est l'unique credo appris,
Quand, derrière les regards vitrés, des prunelles vagues
Se cherchent un sens à travers des routes qui divaguent.

Marc


samedi 9 septembre 2017

Fermeture


Blason de Belloeuvre de Charbon (Maine, Armorial de Rietstap, 1884)


Il n’est de la nuit que le retour du jour,
mais la lumière est si lente à venir que les âmes se languissent et se dessèchent.
et se meurent à force de se tendre et d’espérer si âprement une réponse à ce silence intolérable.

La nuit est un cercueil qui broie les os des vivants et des morts comme on écrase l’inutile et comme on abandonne aux chiens les oripeaux de nos corps épuisés.

C’est que la vie nous a trahis et nous berce dans la mollesse de ses jours qu’elle prétend sans fin, alors que nous savons l’échéance et le terme, tant est écrit dans la moindre de nos rides l’inéluctable fatalité.

Nos yeux sont noirs d’avoir pleuré tant de larmes sèches sur des illusions perdues et parfois retrouvées pour les perdre à nouveau,
nos bras sont lourds d’avoir tant porté les détresses enfouies de nos femmes et de nos enfants et de nos mères,
nos jambes ne savent plus ce que marcher veut dire et désormais nous refusent le moindre pas,
nos bouches n’ont plus de mots pour décrire le vide qui nous enserre,
nos oreilles voudraient que crève ce silence morbide et qu’il éclate en un chant vigoureux,
mais la peine est trop vive et le ciel trop sombre.

Alors que me dira-t-il celui qui sait tout à moi qui ai tout désappris, moi dont la mémoire à jamais effacée contemple un trou béant
et que dirai-je à ceux que j’aime qui peu à peu me quittent,
que me dira-t-il, maintenant que le désert m’a totalement vaincu ?

Il n’est de la nuit que le retour du jour, mais du jour que reste-t-il ?


Jean d'Armelin


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Poésie héraldique allemande - Eldagsen


Blason de la ville d'Eldagsen (Basse-Saxe, Allemagne)

Im blauen Feld eine silberne Rose.


                                             Der Himmel ist die graue Rose,
                                             Die sinnend Silberblätter schneit,
                                             Hinab auf das Besinnungslose,
                                             Das kluge Eis der Erdenzeit.

                                            Sie wandeln scheu, wo Schrei der Raben
                                            Mit jähem Ruck ins Blachfeld biegt,
                                            Weil tief erschlagen, unbegraben
                                            Ein Kinderleib der Sehnsucht liegt.

                                            Da schmiegen sie die Glitzerherzen,
                                            Die blühenden, an seine Brust
                                            Und wärmen, blasse kleine Kerzen,
                                            Das Stille, starr im Werkelwust

                                            Und glauben nicht, daß Dank und Leben
                                            Dies Beil der Schläfe eingepflanzt,
                                            Daß über Armen, die sich heben,
                                            Nie schwanweiß mehr die Feder tanzt

                                            Und daß dies Sichre und Gemeine,
                                            Die stete Spur zu Hof und Herd
                                            Ihr Liebeskleid, das zärtlich reine,
                                            Mit eiterbraunem Schorf versehrt …

                                            Der Himmel ist die graue Rose,
                                            Die träumend Silberblätter schneit
                                            Hinab in das Bedeutungslose,
                                            Das leere Licht der Menschenzeit. 


Les Allégories du Jardin - Le Basilic


Blason de la famille Hanke (Basse-Silésie, Pologne)

Allégorie 10 – Le Basilic


Voici le moment où ma fleur orne ton jardin, dit alors le basilic ; donne-moi donc tes ordres, et prends-moi pour ton commensal. Mes feuilles fraîches et délicates t’annoncent mes rares qualités :

De même que la danse ne saurait être agréable sans le son des instruments, ainsi l’esprit ne saurait être réjoui sans moi qui sers à le fortifier. Je suis promis aux élus dans le paradis ; ma couleur est la plus harmonieuse de toutes les couleurs ; dans ma forme, je n’ai point d’égal ; et mon sein renferme un parfum précieux, qui pénètre jusqu’au fond des cœurs, et que connaît celui qui vient me cueillir dans mon parterre. Je suis l’ami des ruisseaux, et le compagnon des fleurs ; je partage les secrets de ceux qui s’entretiennent au clair de la lune, et j’en suis le dépositaire le plus fidèle, Cependant tu auras peut-être entendu dire qu’il existe un délateur (la menthe ) parmi les êtres de mon espèce ; mais je t’en prie, ne lui fais pas de reproches : il ne répand que sa propre odeur ; il ne divulgue qu’un secret qui le regarde ; il ne dévoile enfin que ce qu’il peut découvrir. S’il manifeste ses trésors, il est bien le maître de les produire au jour ; s’il exhale son odeur, lui est-il défendu de se faire connaître ! Et voilà cependant l’unique cause qui lui a fait donner le nom injurieux de délateur. Mais celui qui est indiscret pour lui-même, ne peut être assimilé à celui qui révèle des secrets qu’on lui a confiés ; de même que celui qui prodigue le bien qu’il possède, ne peut être mis en comparaison avec celui que son naturel pervers porte à faire du mal. Quoi qu’il en soit, il est certain que tous les hommes conviennent, d’une manière irrévocable, que rien n’est plus blâmable que la délation. Mon fière, réfléchis là-dessus. Adieu.

Ô toi qui veux pénétrer le secret de mon amour, cesse tes instances, je t’en conjure, et laisse-moi avec ma passion. J’ai reçu en dépôt le doux secret que m’a confié mon amie ; pourquoi veux-tu que je le divulgue ! je ne suis point un indiscret.
 

Soleil Balance


Blason de la famille Mouron du Carré
(Dessiné par O. de Chavagnac pour l'Armorial des As)

Taillé d'or et d'azur à une balance en équilibre de l'un en l'autre.


Vénus, qui règne en maîtresse dans la Balance,
Inspire à ce signe l'amour et la beauté.
Prompte à rendre service, elle sourit et s'élance,
Ayant autant l'esprit de communauté

Que se montrant attentionnée à chaque personne.
Spontanée, discrète, franche et loyale jusqu'au bout ;
Candide mais lucide, bien plus qu'on ne le soupçonne ;
Même meurtrie en profondeur, elle reste debout,

Quoique son émotivité la rende fragile.
Aussi, son existence n'est pas toujours facile.
Mais elle porte en elle les lois de l'équilibre.

Si elle monte, c'est alors tout entière qu'elle s'élève
Car désirant qu'en chaque partie coule le même sève.
C'est dans l'harmonie qu'au plus juste son âme vibre.

Marc


Blason de Brelingen (Basse-Saxe, Allemagne)

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Le signe de la Balance selon Johfra Bosschart et Viatique 29 - La Balance

Ainsi que

L'or


Blason ancien figurant l'aigle bicéphale alchimique
(Livre de la Trinité - Traité d'Alchimie datant de 1410 et attribué à Frater Ulmannus)

L'or symbolise la pureté, la majesté
Et surtout le principe divin dans la matière.
Chez les Grecs, il représente l'immortalité ;
Le feu est en lui, il possède un caractère

Igné. Chez les alchimistes, il est le symbole
De l'évolution de la corporéité,
Par transformation intérieure dite métabole,
Où l'homme brut se détache de l'animalité

De sa condition première ; tel est l'or sublime
Car point ne s'agit d'or vulgaire dit or-métal
Qui en est souvent le plus parfait antonyme ;

Comme monnaie, il nourrit l'exaltation impure
Qui est dans ce monde la cause principale du mal ;
Alors ses rayons répandent partout la souillure.

Marie-Louise

Une odeur de café


Une causerie de Frère Eugène


Peinture de Eugenio Zampighi (1859-1944)

De tous les repas, le meilleur - et de très loin -
C'est le petit-déjeuner : le café qui fume
Dans un grand bol, un nuage de lait, si besoin,
Et cette odeur, surtout, qu'avec plaisir l'on hume !

Un chanteau de bon pain au levain, bien beurré
Et nappé de miel doré ou force confiture,
Réjouit le ventre sans jamais le leurrer.
Les céréales font à côté bien pâle figure !

Je ne vous parle pas même du dimanche matin
Où je pétris la pâte à brioche de mes mains,
Ne lésinant ni sur les œufs, ni sur le beurre.

C'est que les moines, céans, sont forts en appétit
Et bien plus si la qualité est garantie !
Quand sonne la cloche du repas, ils sont tous à l'heure !

Frère Eugène



Peinture de Luis Meléndez (1716-1780)

jeudi 7 septembre 2017

Conscience atemporelle


Blason de Plobsheim (Bas-Rhin, Alsace)

D'argent à la fasce de gueules accompagnée de trois trèfles de sinople.


Le trèfle qui a souvent vu fouler nos pas,
Est pure tendresse de l'enfance qui s'émerveille.
J'en ai les souvenirs que caressent mes joies,
Et c'est enfant que je reviens en Lui, L’Éternel.

Il a fait de mon cœur ce sourire perpétuel,
Des Réalités que je retrouve intactes.
T'ai-je jamais quitté ? Ce cœur qui se contracte,
Des regards de La Conscience atemporelle,

Le sait, en ce repos, que Tu es mon Ami.
Des couloirs du Temps, nous sommes à nous visiter,
Et je tiens, ce cœur qui aussi se dilate.

Tu m'as appris la Nature si délicate,
Lors que je pleurais en silence sur un sentier.
Ta Noblesse est encor à me toucher, mon Ami.

Océan sans rivage

Retraite


Une causerie de Frère Eugène

Peinture de Carl Spitzweg (poète et peintre allemand, 1808-1885) Le repas de l'ermite

Qui peut le plus peut le moins, ainsi dit l'adage.
D'une montée, l'on garde toujours en soi les étages.
À l'inverse, un grain ne fait pas un épi ;
D'un original l'on repère vite la copie.

Une fois que l'alchimiste sait fabriquer de l'or,
N'ayant plus avec les valeurs le même rapport,
Il se moque d'en avoir, n'en ayant plus l'usage,
Gardant pour lui le secret, ce qui est fort sage.

Celui qui a atteint certaines sphères de conscience
Sait bien qu'il est préférable de taire sa science.
Toute lampe ne contient pas toujours un bon génie.

En ces temps où c'est l'appât du gain qui domine,
Il vaut mieux demeurer en son humble chaumine
Et sauver son âme, sans plus de cérémonie.

Frère Eugène

Gente poule s'en rejoint Maître Coq


Blason de Jüchsen (Thuringe, Allemagne)

Gente poule s'en rejoint Maître Coq en sa retraite.
Elle lui ramène quelques colchiques des prés.
- Nos promenades me manquent et je regrette,
Nos veillées qui voyaient les chauves-souris voler.

Sur les bords d'un fleuve, je suis encor à vous voir.
Mes yeux se noient de vous chercher sans réserve.
Des montagnes se réveillent et sont à m'émouvoir :
Chacune se souvient de votre Chant qui s'élève.

Nulle amie intime ne peut rester indifférente,
Et chaque jour, je m'en vais quérir de vos nouvelles.
Je sais que vous êtes, en votre silence, à mûrir

Des pensées, qui sont à vous révéler Le Révérenciel
Des profondeurs d'une vie, souvent itinérante,
Contemplative aussi et qui se veut nous réunir.


Des moments cruciaux dont on connaît l'éternité des mots.

Océan sans rivage

mercredi 6 septembre 2017

Les Allégories du Jardin - Le Jasmin


Blason de la ville de Haguenau (Bas-Rhin, Alsace)


Allégorie 9 – Le Jasmin

Alors le jasmin proclama cette sentence, avec l’éloquence expressive de son langage muet :

Le désespoir est une erreur. Mon odeur pénétrante l’emporte sur le parfum des autres fleurs ; aussi les amants me choisissent-ils pour m’offrir à leurs maîtresses. On me tire des trésors invisibles de la divinité, et je ne me repose que dans les sortes de pièges que forment sur le sein les plis de la robe. L’homme dont le cœur est sensible aux charmes de la vie contemplative, distingue facilement l’odeur balsamique que j’exhale sans cesse ; et celui qui est en proie à un amour violent, ne méconnaît pas mon mérite. Mon parfum est préférable, je le répète, à celui des autres fleurs, et l’haleine embaumée qui s’échappe de mon sein, est bien au-dessus de celle de mes compagnes. En effet, l’homme dont les qualités sont pures est vraiment bon et religieux ; et celui dont les prétentions sont fondées, mérite d’acquérir du lustre et de l’éclat. Ô toi qui a désiré parvenir aux degrés les plus élevés du spiritualisme, cherche à acquérir des mérites et des vertus, afin de pouvoir franchir l’échelle de la vie intérieure ; mais si tu n’oses approcher de la carrière mystique, n’espère pas jouir de la protection spéciale que Dieu accorde à ceux qui s’y engagent.

Mon nom offre une énigme dont le sens propre ne peut que plaire aux novices dans la vie spirituelle ; il est composé de deux mots différent : désespoir et erreur ; or le, désespoir est une erreur, et l’erreur, une honte. Quand donc les mots désespoir et erreur sont réunis, ils indiquent la cessation du malheur, et pronostiquent la félicité et la joie.

Je vois l’augure venir m’annoncer le bonheur en me donnant le jasmin. Cesse de te chagriner, le chagrin a quelque chose de honteux ; et ne désespère point, car le désespoir est une erreur.


L'Autre


Une causerie de Frère Eugène


Il nous faut parfois creuser profond pour trouver
L'eau et suer la nôtre en taillant la roche.
Mais nous préférons bien souvent la soutirer
Chez les autres et plus encore s'ils nous sont proches.

Les liens d'intérêts sont bien éphémères liaisons,
Et s'ils durent, ce n'est pas pour autant qu'ils nourrissent
Le plus intime de l'âme. L'Amour est sans raison
Et il n'est pas un mal qu'enfin il ne guérisse.

Me trouvé-je avec quelqu'un pour ce qu'il me donne
Ou pour ce qu'il est, en sa singulière personne ?
Belles, les amitiés fraternelles libres de tout !

Hors de cela, il n'est que banals copinages ;
Ce marché de dupes est d'un commun apanage.
Refait-on les hommes ? Ils sont bien les mêmes partout !

Frère Eugène

Une question de rapports


Blason de Bellegarde-du-Razès (Aude, Occitanie)

L'on s'étonne qu'en ce monde, il y ait tant d'esprits
Si différents, au point d'en être disparates ;
Un monde que l'on quitte sans vraiment l'avoir compris,
Faute d'en avoir saisi les multiples strates.

Entre les uns, qui nous paraissent quasi des anges,
Les autres, qui se comportent pire que démons,
Et la plupart, qui entre ces deux pôles s'arrange,
Plus ou moins vers l'aval, plus ou moins vers l'amont,

L'on se demande ce qu'on vient faire dans cette galère !
La beauté sublime côtoie la plus vile laideur
Et l'absurdité, même, trouve ses savants plaideurs.

L'on en perdrait aisément son vocabulaire
Si l'on ne voyait pas au-delà du décor.
Tout est cohérent, c'est une question de rapports.

Marc

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Signes


Blason de la ville de Plavilla (Aude, Occitanie)

D’azur aux trois fasces d’argent et au sautoir de l’un en l’autre.

Le ciel, dessus nos têtes, est un vrai parchemin
Où s'écrivent d'un livre fabuleux d'étranges pages
Aux signes tracés par une mystérieuse main.
Le profane n'y verra guère que des nuages

Et le savant de la vapeur d'eau concentrée.
« Tout phénomène, dit-il, est physique ou chimique ;
La raison demeure sur cette vérité centrée,
Et toute autre ne peut être que délire psychique. »

Ça vous liquide la profondeur en quelques mots,
Lors que ce monde tangible n'en est que l'écho !
L'océan est pour le poisson rouge une évidence,

Sauf qu'il le réduit aux dimensions du bocal,
Sa propre conscience lui servant de point focal,
Ignorant que la Réalité le devance.

Marc

Nef d'azur et d'argent


Blason de Sainte-Marie-du-Mont (Manche, Normandie)

Le cycle est dernier de mon instant
C'est en Toi que soufflent mille Vents.
Toutes Voiles dehors ! Nef d'Azur et d'Argent,
Vole mon cœur jusqu'au Firmament.

Mon Âme de moussaillon, trempe en La Houle !
D'écumes ferventes, les vagues, contre la coque,
Révèlent La Tempête d'un Voyage qui se déroule,
Dans les Cieux, et rejoint la supplique de Job.

Des douleurs de l'enfantement, j'apprends.
Je noue cette cordée et laisse chavirer le navire.
C'est à Lui que je m'enchaîne, c'est à lui que je me livre.
Percée, des nues de L'Âme, La Vie est L'Aimant !

Marins, voyez comme vogue le capitaine !
Il tient le gouvernail et ne souffle plus mots.
Le vent traverse les plaines du Ciel étoilé.

L'Ardent Désir submerge son cœur en sanglot.
Nul ne soupçonne combien L'Océan qu'il aime
Est à son être, Doux Tumulte et perplexité.

Océan sans rivage
____

D'or au gousset d'azur chargé d'une épée d'argent surmontée d'un drakkar du même, la voile surchargée d'un léopard de gueules, ledit gousset accosté de deux fleurs de lys du même.

mardi 5 septembre 2017

Dans l'âtre du Cloître (6)


Une causerie de Frère Eugène – Le poulet

Peinture de Lucius Rossi (1846-1913)

D'un menu, le poulet est toujours plat royal
Car bien cuisiné, il n'est narine qu'il ne flatte
Et d'avance, souvent, l'estomac s'en dilate.
Certes, sa consommation est un fait banal

Lors qu'on le fait rôtir partout en ribambelles.
Le fumet promet ce que ne tient pas le goût ?
C'est qu'on fut, sur les agréments, un peu grigou !
Je ne veux point faire ici œuvre de libelle

Car plus d'une gargote y perdrait toutes ses étoiles !
Et plutôt que de prendre tout à rebrousse-poil,
L'on est avisé d'aller soi-même aux fourneaux.

L'on n'est jamais si bien servi que par soi-même,
D'ici à ce qu'autrui nous chante le requiem.
L'aigle vole seul, contrairement aux étourneaux.

Frère Eugène

Mémoire d'Orphée


Blason d'Alzey-Worms (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)

Orphée, qui fus du voyage de la nef Argo,
Aux côtés de Jason, d'Hercule et d'Atalante
Ainsi que de nombreux autres vaillants héros
Dont la vie fut traversée d'épreuves accablantes

En terres étranges où le temps semblait aboli.
Souvent ta lyre avait adouci la rudesse
D'un périple et des hommes la mélancolie,
Empêchant plus d'un à sombrer dans la détresse.

Pour que tes compagnons pussent saisir la Toison,
Tu pinças les cordes pour endormir le dragon.
L'on dit que même les rochers étaient sous ton charme

Et que les arbres te suivaient pour t'écouter.
Le conteur en a probablement rajouté.
Est-ce parce que ta musique lui tirait des larmes ?

Marc

Blason de Klingenthal (Saxe, Allemagne)

L'Anémone


Blason de la ville de Winnipeg (Province du Manitoba, Canada)

De sinople à une anémone pulsatille (Pulsatilla patens) tigée au naturel,
au chef d’azur soutenu d’une divise d’or chargé de treize étoiles du même.

L'Anémone se disputait la précellence
Du Vent, qui se penchait sur ses odorants
Pétales et faisait rougir Le Firmament :
Volutes au cœur du soupir de Reconnaissance.

Les boutons de Roses au brûlant velours naissant
Frémissaient à L'Aube et Le Jardin de pourpre
S'élevait des peupliers, gracieux, évanescents,
Et fragiles, qu'une Lune encore en ce Ciel saupoudre.

De sincérité délicate, L'Anémone est d'humilité
La Sœur éternelle. L’Été s'abandonne au Temps.
Cet heureux enlacement du Cœur des Aimés.

Point de sortilège, ni aucun envoûtement.
Juste cet instant, que L'Âme qui se désire,
Retrouve en La Force du plus profond Inspir.

Océan sans rivage


Deux tours d'églises


Blason de Marksuhl (Thuringe, Allemagne)

Deux tours d'églises appelées aussi campaniles
Se retrouvèrent comme meubles sur un bel écu.
Elles étaient fort anciennes mais point encore séniles ;
Solides de naissance, les siècles leur étaient dus.

Parti de gueules et d'argent de l'un à l'autre,
Elle furent, en des époques plus pieuses, le sanctuaire
D'un saint oublié ou d'un obscur apôtre
Qui ne figure dans aucun écrit scripturaire.

Un jour, les fidèles autant que les pèlerins
Les désertèrent pour monter dans un autre train,
Préférant, de loin, les terrestres nourritures.

L'on processionne toujours, mais plus devant l'autel,
La vie triviale ayant ses propres rituels
Et le code-barre faisant office d'imprimatur.

Marc

lundi 4 septembre 2017

Perplexité d'un hibou


Blason de la famille Hauri (Hirschthal, Suisse)

Les humains sont, en vérité, une drôle d'espèce.
Quelle est cette fièvre qui les fait bouger sans cesse ?
Un air à n'être jamais content de leur sort ;
S'activant, courant, comme voulant hâter leur mort !

Certes, nous autres non plus ne demeurons en place,
Car il faut bien, pour manger, aller à la chasse ;
Mais c'est toujours sur un territoire limité
Dont nous ne menaçons jamais l'intégrité.

L'espèce humaine est, de loin, la seule à détruire
Son milieu de vie. Elle n'est donc guère à reluire !
La cause est que ses désirs dépassent ses besoins.

Ainsi, prise dans les compulsions de l'appétence,
Elle écume la planète sans aucune tempérance,
Lors qu'elle lui fut confiée pour qu'elle en prenne soin.

Marc

Blason de Waldstadt-Karlsruhe (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

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dimanche 3 septembre 2017

Coursiers Célestes


Blason de la famille Laplace

D'azur, aux deux planètes de Jupiter et de Saturne avec leurs satellites et anneaux d'argent, placés en ordre naturel en pointe ; en chef à dextre un soleil d'or, et à sénestre une fleur à cinq branches du même.


Voyage des Cieux, Les Etoiles te courtisent.
En Ces Nues que des soies soulèvent lentement,
Lors que Ton Regard patient fixe sans surprise,
Les Voiles qui ondoient au cœur du Firmament.

Bois, Ô Ferveur des heures que l'on sait nous étreindre,
Le Dôme s'éclaire de Ton Visage Vénérable.
Bois, en ce Calice que La Noblesse veut rejoindre.
Ton Éblouissant Lac est désormais Invulnérable !

Il est en Ton Cœur, le plus étrange Réceptacle :
Les Océans côtoient les Montagnes les plus hautes.
Des Constellations, Les Lunes surprennent L'Oracle.

N'est-il pas du Zodiaque, des coursiers les plus sûrs ?
Voici que ses cheveux filent plus loin que L'Azur.
L’Étreinte est vive et accueille pour toujours L'Hôte.

Océan sans rivage

Le Voyage


Une causerie de Frère Eugène

Peinture de Adolf Humborg (1847-1921)

Une chose me paraît étrange, voire extravagante :
Les gens, lors qu'ils désirent voyager, pour le plaisir,
S'y préparent avec une attention étonnante
Prêts, pour ce, à tout sacrifier à leurs loisirs.

Rien n'est laissé au hasard, rien ne s'improvise ;
L'on emprunte même, s'il faut ; l'on verra bien venir !
Et entre deux sorties, l'on se plaint de la crise,
Déplorant que ternisse le rose de l'avenir.

Oui, ce qui me laisse perplexe, c'est que Le Voyage,
Le Plus Grand ! Le Plus Lointain ! Le Définitif !
Et pour lequel l'on n'a besoin d'aucun bagage,
D'aucune réservation, d'aucun choix sélectif,

Est justement celui que l'on prépare le moins !
L'on fait mine que l'évènement n'aura pas lieu,
L'on n'est point pressé de rendre son âme à Dieu.
Mais beaucoup, n'y croyant pas, n'en prennent aucun soin.

Frère Eugène

La Vigne et le Chêne


Blason de Buchthalen (Suisse)

Une vigne, rescapée d'un ancien vignoble
Vit son piquet vermoulu tomber dans les ronces.
La pauvre, qui n'était point d'un cépage noble,
Vit sa dernière heure venue, celle où l'on renonce

À vouloir, vaille que vaille, s'accrocher à la vie.
Un chêne séculaire se trouvant à quelques toises,
Elle voulut, de l'arbre sage, recueillir l'avis
Et s'adressa à lui en ces mots, très courtoise :

« Las ! Sans tuteur pour me porter, je suis perdue
Et ramper sur le sol est pour moi trop ardu ;
Mes baies se réduisent, bientôt je serai stérile. »

Le Vénérable, fort ému, lui répondit :
« Il y a assez de soleil pour nous deux, pardi !
Le fort se doit de soutenir le plus fragile. »

Marc