Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

vendredi 25 octobre 2019

Saint Martin Pêcheur


Composition de l'auteur (d'après le blason de Kallinchen, Brandebourg, Allemagne)


Qui aurait cru, Martin, que tu devais
Te transformer de manière aussi belle
Et devenir cet oiseau bien rebelle ?
Certainement, ton ange le savait.

Ce protecteur qui ton âme couvait
Avait prévu de t’offrir ces deux ailes
Et d’habiller ta substance immortelle
D’un pareil corps qu’agréable il trouvait.

Vers le ruisseau nous te voyons descendre,
Celui-là même où se baigne Cassandre ;
Au ras de l’eau tu files comme un trait.

En cet oiseau, bienheureuse est ton âme,
Tu peux voler et tu peux plaire aux dames ;
Sur ton blason figure ton portrait.

Cochonfucius


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Dictons de la fin octobre


Blason de Aischstetten (Bade-Wurtemberg, Allemagne)


Cette mouche importune qui s'attarde dans la cuisine
Ignore sans aucun doute que c'est la Saint-Crépin.(1)
La voici, comme provoquant la tape assassine,
À se promener sans vergogne sur le pain.

C'est dire qu'elle va bientôt tirer sa révérence
Puisque le lendemain, à la Saint-Dimitri, (2)
Selon l'ancien calendrier de référence
Que nous consultons chaque jour, le froid est bien pris.

Un autre dicton annonce qu'à la Saint-Amand (3)
Sont mûrs les glands, chose qui nous intéresse vraiment
Puisque nous en faisons chaque année la cueillette.

Ces fruits se peuvent apprêter de plusieurs façons
Et plus d'un cuistot en tirerait des leçons.
Peut-être un jour vous en dirai-je quelques recettes ?

Frère Eugène



                                (1) Lire À la Saint-Crépin, les mouches voient leur fin.
                                (2) et (3) Le 26 octobre

La conscience du poisson rouge


Blason d'Andrézieux-Bouthéon (Loire, Auvergne)


Qui peut le plus peut le moins ; l'inverse n'est pas vrai.
Les petits esprits réduisent tout à leur mesure,
Lors que ce qu'ils savent tient à peine dans un livret.
Ils sont du genre à castelliser leur masure,

Se pensant par le paraître monter d'un cran,
Mais en laquelle ils tournent en rond comme dans une cage
Qui ne sert guère que d'écrin à leur grand écran ;
Lors, rêvant d'évasions et de lointains voyages

Et exportant leur vision vers tous les confins.
Mais ces vues larges ont le regard plutôt mesquin
Dès lors qu'il s'agit de le porter sur le proche.

Le poisson rouge nage dans l'océan de son bocal ;
C'est une question de paradigme lexical.
La plupart des gens pensent dans un mouchoir de poche.

L'Abbé Théophile


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lundi 21 octobre 2019

Balance ton coq


Blason de Grémecey (Moselle, Lorraine)

De sinople à la terrasse d'argent maçonnée de sable soutenant
un coq d'argent crêté de gueules et sommé de deux cailloux d'or.

L'on me rapporte qu'il est parfois des citadins,
Passant à la campagne leurs fins de semaine,
Qui se plaignent de ce qu'un coq chante le matin.
De croire une chose pareille j'ai eu bien de la peine !

L'on aurait même, dit-on, intenté des procès,
Ce qui, il faut l'admettre, confine au délire !
Le monde va décidément très mal, on le sait,
Mais on apprend chaque jour que c'est de pire en pire.

Ces gens-là, qui prétendent respirer l'air des champs,
Devraient plutôt s'installer sur un terrain vague.
J'avais d'abord cru qu'on me racontait des blagues.

Eh non ! Certains imbéciles sont en plus méchants !
Que la justice enregistre ce genre de plaintes
Inspire à son sujet les plus légitimes craintes.

Maître Coq

dimanche 20 octobre 2019

Digression (23)


Blason de l'Amt de Fionie (Danemark)


L’orage craquelle le ciel de lumières éblouissantes, et les toits se confondent sans ménager l’instant. Ce matin, nous étions à marcher sur les feuilles odorantes, puis de nouveau comme facétieux, le lutin vint nous rappeler les bois humides et les gouttes saupoudrées de soleil flamboyant. J’ouvre la fenêtre pour ne pas perdre un seul des grondements, là-bas, ceux des montagnes environnantes, et le ciel de se morceler de pâleur, enfilant les lueurs, tissant en l’abstraction les perles de chaque senteur. La pluie donne au mur d’en face des couleurs qui tracent des morceaux de sueur et le lutin m’amène comme par magie dans le pays des fleurs. Ne sont-elles point fanées, demandai-je, surprise. Nenni, il est une bougie dont l’étincelle a le pouvoir d’aviver chaque chose et les fleurs jamais ne meurent. Du moins, l’on dit qu’elles se renouvellent chaque fois que le vent qui souffle vient de la lointaine Arcadie. Alors, j’acquiesçais car le lutin dit toujours vrai lors qu’on lui pose une question. Ses réponses vous marquent pour toujours. Il sait quand tremble la terre, et quand les nains viennent jouer dans la nuit claire. Il connaît les maisons des petites fées et quand vous avez soif, très soif, il vous présente un bon chocolat parfumé de cannelle. Certains lutins vous préparent, dans les règles de l’art, du thé noir sucré de lait. Un délice. Tiens petit homme, le ciel s’éclaire au soir tombé et les nuages mélangent des couleurs allant du gris au rose incendié. La saison a ses humeurs et nous voilà à reposer près de l’âtre tandis que trois flammes chantonnent, trois flammes qui font le gué. Merci petit homme pour m’avoir compagnée lors que les toits ondulent sous le crépuscule, comme étonnés.



Digression

Chemin des mots


Blason de Volda (Vestlandet, Suède)


Nos mots sont du passé, mais ils disent l'avenir ;
Nous les posons en ces recueils comme dans une arche
Où reposent les semences des moissons à venir.
Le temps vient, où l'homme s'entend dire : « Lève-toi et marche ;

Laboure ta terre intérieure et creuse le sillon.
N'as-tu pas compris que tu es toi-même la graine
Du prochain monde, la chrysalide du papillon ?
Sinon, à quoi bon ces jours vains que tu égraines ? »

N'écoute pas nos mots comme voulant les comprendre,
Ils ne s'adressent pas à la raison mais à l'âme ;
C'est l'intention en eux qu'il te faut entendre.

Alors les miettes de pain se changent en cailloux blancs
Et tu suivras sans t'égarer le fil d'une trame
Qui tisse l'horizon vrai et non ses faux-semblants.

Marc


Se lit aussi sur La Profondeur

 Giacomo Pacchiarotto

C'est en faisant que l'homme se fait


Peinture d'Ernst Nowak (1851-1919)


Les produits sont conçus pour ne durer qu'un temps ;
Ce n'est pas que l'on ne sache plus faire du solide,
Un critère de qualité naguère important
Qu'aujourd'hui le consumérisme invalide,

Mais le but n'est plus de satisfaire les besoins,
Mais d'en créer et de les multiplier sans cesse.
D'une camelote bon marché, l'on n'a aucun soin ;
C'est déjà un déchet dès que l'on passe en caisse.

Ainsi disparaissent beaucoup de petits métiers,
- Et avec eux, des savoir-faire et l'outillage -
Qui savaient rendre à tout objet son usage,

Le Cloître d'Héraldie est l'un des rares moutiers
Où les moines forment une communauté artisane,
Autour d'une vie contemplative et paysanne.


Peinture d'Arnaldo Tamburini (1843-1901)


Frère Huguelin en est le maître cordonnier ;
Sa main vous remet à neuf tout ce qui se chausse,
Vous rendant le soir ce qu'à l'aube vous lui donniez.
Tout ouvrage est noble quand d'amour se rehausse.

Le moine porte la sandale, quelle que soit la saison ;
Il lui faut donc, une fois l'an, changer la semelle ;
La tannerie locale fabrique du cuir maison ;
L'on possède, céans, de tous métiers les ficelles.

Les frères, il est vrai, ne sont pas des bras cassés ;
Le cœur à la prière l'est de même à l'ouvrage ;
Savoir où l'on va donne le nécessaire courage.

Celui qui vit l'instant n'est jamais dépassé,
Ne se souciant ni des engouements ni des modes
Car il n'est rien en ces choses que le temps n'érode.

L'Abbé Théophile



C'est en faisant que l'homme se fait. (Lanza del Vasto)


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samedi 19 octobre 2019

Le petit Semainier - Cycle 37


Blason de Castasegna (Canton des Grisons, Suisse)


Dimanche

L’autre monde s’ouvre chaque jour.
En cette pluie du silence,
Qu’est-ce donc L’Amour ?
Ton Parfum, Ta Présence.


Lundi

La cité fleurit
Du souvenir présent,
L’allée au vent,
Ton pas léger courant.



Mardi

Promesse, et L’Azur
Te poursuivre en riant,
Gorgé de nacre pure,
Seul instant.


Mercredi

L’Aube est une nuit nouvelle,
Démesure du Temps,
Feu follet et enchantement,
Ainsi mûrissent les châtaignes.


Jeudi

Quelles sont ces cerises,
Perlées aux senteurs éprises,
Quand passe lestement,
Ivre des jours qui nous grisent ?


Vendredi

Le vent se pose,
D’avoir surpris le silence,
Des roses en prose,
Écloses de Ton Essence.


Samedi

Bien savamment,
La Réalité ne résiste pas
Devant la cohérence,
Alors, laisse parler l’ignorance.


Océan sans rivage


Almanach du Jardin
L'Almanach du Jardin

vendredi 18 octobre 2019

L'oncle


Peinture d'Eduard von Grützner (1846-1925)


L'oncle aimait tout ce qui se boit et se mange,
Mais sans aller à tout ce qui bouge, comme certains.
« Les produits de terroir suffisent, je m'en arrange,
D'autant qu'en cette matière-là, je sais mon latin. »

Nul ne lui aurait fait boire du lait d'Argentine,
Pas plus, d'ailleurs, que du vin de Californie.
Hors décembre, point d'orange ni de clémentines,
C'eût été, à l'égard des coutumes, un déni.

« Chaque chose en son temps, laissons les saisons se faire ;
La nature est parfaite, elle n'est pas à refaire.
Je ne tiendrais pas, sur les hommes, le même propos ;

Il y a longtemps qu'ils ont perdu la boussole.
Mais je les connais trop pour que je m'en désole ;

 Ils ont des vues de taupe et sont sourds comme des pots. »

Marc

jeudi 17 octobre 2019

Succube des mots *


Drapeau de Zaboryinskoye (Russie)


La publicité vide les mots de leur substance
Et se propose de nous aspirer le cerveau.
Cette homologue de la journalistique jactance
Nous veut faire de sa creuse religion les dévots.

Cette succube nous dévore l'esprit autant que l'âme,
Faisant feu de tout bois et tirant les marrons.
En affaires, dit-elle, rien n'est vil, rien n'est infâme ;
Les bonnes occasions font aussi les bons larrons.

De sa bouche carnassière ne sortent que des blasphèmes
Car le Veau d'or est brochant sur tous ses emblèmes,
Avec pour devise : travaille, consomme et tais-toi !

Telle est de cette prostituée l’œuvre perverse
Car il n'est valeur qu'elle ne détourne et renverse.
De rien ne se retient, sur rien ne s'apitoie.

L'Abbé Théophile



* Succube des mots... Nous tenons cette expression d'Océan sans rivage 
à qui elle fut soufflée au cours d'un songe.

Des idées et des idéologies


Blason de Schonnebeck in Essen (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)


Entre les idées et les idéologies
Qui naissent de leurs applications dans le réel
Et dont aucune ne mérite une apologie,
Étant toutes à jeter aux orties, sans appel,

Il peut y avoir des univers d'écart.
Si vous donnez une bonne idée à une âme grise,
De deux choses l'une : ou elle la mettra au placard,
Ou elle vous la retournera comme une chemise.

Toute idéologie tend au totalitaire,
Se voulant, avec obsession, contrôler tout ;
De ce fait, elle est aussi concentrationnaire,
Se voulant étouffer toute dissidence, surtout.

D'une pluralité, elle s'accommode par défaut ;
L'on voudrait une démocratie sans alternance ;
L'adversaire ayant tort d'office et donc tout faux,
L'on peut, d'une fonction, assurer les désinences.

Sous couvert de valeurs, chacun défend sa place ;
La soupe est bonne, l'on se pousse au portillon ;
Il vaut mieux rouler en première qu'en seconde classe ;
L'on a son cocher, aux autres le postillon !

L'Abbé Théophile


mercredi 16 octobre 2019

Autophagie


Blason de Jarjayes (Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur)


La société moderne détruit tout ce qu'elle touche
Puis, le mal fait, veut faire passer pour un progrès
Sa réparation et, de fait, ajoute une louche
Au tout-technique, en se redorant le portrait.

Le serpent se mange par la queue jusqu'à la tête
Et il n'est rien qu'on puisse faire pour l'en empêcher.
Plus les choses se dégradent, plus le système s'entête,
Se pensant que la science le viendra repêcher.

Voici une société prétendue rationnelle
Qui s'accroche ferme à sa croyance irrationnelle
Au dogme absurde d'une croissance illimitée,

Accélérant le processus autophagique *
Par un consumérisme quasi névrotique
Qui plonge le monde entier dans la servilité.

L'Abbé Théophile


D'une escroquerie consentie


Blason de Merijärvi (Ostrobotnie du Nord, Finlande)


L'on pourrait parler de tout autant que de rien ;
C'est ce que font, je crois, la plupart des personnes :
Des propos sans queue ni tête et sans aucun lien ;
Des bruits de bouche dont l'écho dans le vide résonne.

La société moderne est bavarde à souhait,
Ce qui en révèle l'absence de vie intérieure ;
C'est pour l'homme de silence une véritable plaie ;
Du jamais vu dans aucune époque antérieure.

L'une des plus grandes escroquerie de notre temps
Est de faire croire aux gens qu'ils ont des choses à dire,
Mais sous la condition de ne pas contredire

La pensée autorisée, jamais, pour autant
Qu'on puisse parler de pensée dès lors qu'elle s'impose ;
Bien au contraire : c'est le cerveau que l'on dépose !

L'Abbé Théophile

À la Saint-Gall


 
Blason de Roucy (Aisne, Picardie)

De gueules à la cotice en barre d'argent chargée de dix fleurs de lys de sable posées dans
le sens de la bande, accompagnée en chef d'un chou d'or et en pointe d'un lion d'argent.


Le dicton du jour : coupe ton chou à la Saint-Gall
Et ce sera pour tout l'hiver un vrai régal ;
Par contre, si le saint coupe ton raisin, prends garde :
Tu n'auras qu'une piquette au lieu d'un vin de garde.

Le calendrier marque aussi le nom d'Edwige
Qui est en Pologne une sainte de haut prestige.
Deux jours plus tard, le dix-huit, viendra la Saint-Luc
Où le jus de betterave, dit-on, devient suc.

Il est suivi, de très près, par la Sainte-Ursule (1)
Où, selon les éphémérides, le froid recule ;
Mais sitôt que Jude et Simon seront passés, (2)

L'hiver, petit à petit, se mettra en place
En aiguisant, sous le manteau, ses griffes de glace.
Plus d'une pauvre bête s'en trouvera terrassée.

Marc


(1) et (2) Successivement, les 18 et 21 octobre.