Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

vendredi 8 mars 2019

La vénération des animaux



La plupart des peuples primitifs considéraient l'homme et l'animal comme des êtres du même niveau moral et intellectuel ; bien plus, ils attribuaient parfois une puissance supérieure à certains animaux et leur rendaient des honneurs divins. Cette idée a persisté parmi les peuples de haute culture (comme les anciens Égyptiens, par exemple) et a donné naissance au culte de divinités plus ou moins apparentées au règne animal.


L’Étang aux poissons sacrés d'Ayacucho (Pérou)


La même chose se produisit chez les aborigènes du Pérou, les anciens Incas, qui étaient parvenu à un haut degré de civilisation à l'époque où les Espagnols vinrent conquérir leur pays. Les poissons étaient sacrés chez les Incas, et l'on se serait bien gardé de manger leur chair. L'étang poissonneux d'Ayacucho était considéré comme un lieu saint.


Les ibis vénérés au temple d'Isis


L'ibis apparaît annuellement lors de la crue du Nil. Aux yeux du peuple des pharaons, il symbolise le dieu de la sagesse, que l'on représente généralement avec une tête d'ibis et dans les temples consacrés à Toth, on entretenait toujours quelques-uns de ces oiseaux. Suivant la doctrine des prêtres d'Hermopolis, l'ibis était appelé à revivre dans l'au-delà ; en conséquence, son corps devait être embaumé comme celui du bœuf Apis et celui du chat, considérés également comme animaux sacrés.


Le dragon du bouddhisme mongol


Le dragon, animal fabuleux de proportions imposantes, participant du serpent et du crocodile, ailé par-dessus le marché et crachant du feu, joue un rôle important dans les légendes des peuples d'origine aryenne. Les Chinois également font grand cas de ce monstre mythologique et lui attachent une signification symbolique. Les livres saints des bouddhistes mongols le font intervenir dans la vie et la doctrine du fondateur de leur religion. Le dragon fut longtemps l'emblème de la nation chinoise et jouissait comme tel d'un véritable culte.


L'éléphant blanc du Siam


L'éléphant a toujours été bien vu en Inde ; les anciens poètes le célébraient déjà dans leurs chants. Il était à leurs yeux le symbole de la sagesse et l'animal cher à Ganesa (Ganesh), le dieu de la science. Dans nombre de légendes de la mythologie hindoue, l'éléphant joue un rôle prépondérant. Une variété de ce genre de pachydermes, l'éléphant blanc, espèce d'albinos, jouit d'une estime particulière. Au Siam, on le vénère comme un dieu.


La vache sacrée de Tandjore


L'espèce bovine fut également, de toute antiquité, l'objet d'un culte chez les Hindous. Cette vénération se basait sur un symbolisme compliqué de l'utilité de la vache et surtout sur la croyance générale à la métempsychose ou transmigration des âmes des défunts dans le corps de certains animaux. Le dogme de la métempsychose proscrit l'usage de la viande qui exposerait l'homme à se nourrir de la chair de l'un des siens. Les bœufs et les vaches en particulier sont intangibles ; en en nourrit dans l'enceinte des temples et on offre leur effigie à la vénération des fidèles.


L’Étang sacré des gavials à Karatchi


Le gavial ou crocodile du Gange, qui se rencontre du reste également dans l'Indus et les autres fleuves de l'Inde, est considéré comme sacré dans diverses contrées de ce pays. Les habitants dravidiens de Malabar l'ont consacré à Vishnou. Dans la région septentrionale du delta de l'Indus se trouve un temple célèbre au pied duquel s'étend un petit lac qui fourmille de gavials. Ces animaux remplissent pour les indigènes les fonctions de magistrats doublés d'exécuteurs des hautes œuvres : si un individu inculpé d'un crime parvient à traverser la pièce d'eau sain et sauf, il est considéré comme innocent. C'est l'ordalie, pratiquée également dans l'Europe médiévale et en Afrique jusqu'au début du XXe siècle.

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