Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

dimanche 4 décembre 2016

Maître Coq et les portes du Jardin d'Éden

Blason de Saint-Vincent-en-Bresse (Saône-et-Loire, Bourgogne-Franche-Comté)

Nul chemin qui ne s'élève ne peut converger ;
Les vraies rencontres le sont sur voies ascendantes,
Lors que les âmes sont parvenues à émerger
Du psychique dont elles ne sont plus dépendantes.

Depuis l'infime grain de poussière jusqu'à l'esprit
Le plus éveillé, rien n'existe en soi pour soi.
Ce fut une Aube du Monde, le jour où j'ai compris
Cela, et rien de rien, si pauvre que l'on soit,

Jamais ne saurait dépasser cette pleine mesure !
La vraie Joie se trouve à l'abri de toute usure
Quand elle puise dans un Trésor que rien ne corrompt.

Alors du Jardin d'Éden se rouvrent les portes.
Telle est la Bonne Nouvelle que je vous apporte :
Sertie d'Amour, la Lumière ouvre tout bourgeon.

Marc
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Tiercé en pairle renversé au 1) d’or au coq contourné au naturel, au 2) d’or à l’arbre arraché de sinople, au 3) de sinople au lac cousu d’azur ; au pairle renversé en filet de gueules brochant sur la partition.

Dans les bras de Morphée

Blason de Ferna (Thuringe, Allemagne)

Le temps est sable qui s'écoule de mes mains jointes
En calice d'offertoire aux dieux des anciens jours ;
La lumière du matin soude mes pensées disjointes ;
L'ombre du soir les renvoie au nocturne séjour. 

La nuit est un océan, mon lit m'est un vaisseau ;
Les rêves y sont îles promises et belles terres d'accueil ;
Mais parfois les eaux déchaînées montent à l'assaut,
M'entraînent vers d'hostiles rivages hérissés d'écueils. 

Les bras de Morphée ne sont pas toujours tendres ;
Fils d'Érèbe, ses songes soufflés sont souvent obscurs ;
Fils de Nyx, il apaise. Quel étrange Dioscure ! 

J'ai vu tant de choses difficiles à comprendre
Et bien d'autres encore, presqu'impossible à croire. 
Maintes fois je suis tombé, mais sans jamais déchoir.

Marc


Érèbe est une divinité infernale née du Chaos, personnifiant les Ténèbres, l'Obscurité des Enfers. Il est le frère et époux de Nyx (la Nuit), dont il a engendré Éther (le Ciel supérieur) et Héméra (le Jour). Il est décrit dans la Théogonie d'Hésiode. Il est métamorphosé en fleuve pour avoir secouru les Titans, et donne ainsi son nom à une région des Enfers où passent les âmes des défunts, située entre le monde des vivants et l'Enfer.

Nyx est la déesse de la Nuit personnifiée. Selon la Théogonie d'Hésiode, elle et son frère Érèbe (les Ténèbres) sont les premières divinités issues du Chaos primordial. Sa demeure se trouve au-delà du pays d'Atlas, à l'extrême Ouest.

Les matins

Blason d'Ostenfeld (Schleswig-Holstein, Allemagne)

J'ai toujours aimé les matins ; ceux, campagnards, 
Que chantaient les coqs à travers les cours de ferme,
Annonçant le jour de labeur ; ceux montagnards,
Ouverts sur un monde qu'aucun horizon n'enferme. 

Les matins de banlieue même, qui, sous la fraîcheur
De la prime aurore, retrouvent un air de province
Que n'a pas encore profanée la triste laideur,
Grâce infime que bientôt l'enfer urbain évince. 

Mais les matins de Paris ont ma préférence ;
L'on y sent toujours battre le cœur de la France,
Pour peu de lui prendre le pouls au bon endroit. 

J'ouvre grand ma fenêtre puis salue la ville
À travers une mer de toits aux vagues immobiles ;
Sera-t-elle d'espérance ou bien de désarroi ?

Marc

samedi 3 décembre 2016

Si j'étais une sirène

Blason de Chens-sur-Léman (Haute-Savoie)

Si j'étais une sirène, je ne songerais pas
À me languir sur un rocher battu d'écume,
Ni à guetter le marin perdu dans la brume
Pour l'attirer à moi et en faire mon repas

Je plongerais, ma mie, au fond des océans,
Et ne craindrais pas même d'explorer les abysses,
Pour te chercher les trésors que des mécréants
Pillèrent pour en faire des objets de maléfices.

Je te rapporterais des colliers de perles,
Des rivières de diamants en forme de pairles,
Des bagues, des boucles d'oreille et même des couronnes.

Tu me dirais : « Sirène, je ne veux point de cet or
Pour lequel tant d'hommes périrent d'une bien cruelle mort ;
Tu sais que l'Amour est mon seul et unique trône. »

Justine

La petite Sirène

Blason de Isen (Bavière, Allemagne)

C’est le prix qu’a payé la petite sirène,
Le sacrifice vain qu’elle a dû consentir :
La sorcière des mers lui offre de sortir
Des eaux qui abritaient sa personne sereine.

Au vieux chaudron de cuivre elle jette son règne,
Mille vagues qui vont d’un mouvement sans fin ;
La lumière versant ses rayons les plus fins
Sur les murs du palais qu’elle adoucit et baigne.

Elle jette au chaudron ses souvenirs d’enfance,
Le coquillage blanc, l’anémone de mer,
L’hippocampe dansant sur un mystérieux air
Qui le rend tout rêveur et qui le met en transe.

Puisqu’elle s’en va vivre au milieu des mortels,
Elle perdra son rire aux intonations claires ;
N’ira plus sur la plage, en sa clarté lunaire,
Chanter une complainte au léger goût de sel.

Son chant, si lumineux et si sombre à la fois,
Elle ne l’aura plus, elle veut être humaine,
Elle abandonne ainsi sa force souveraine,
Son charme inégalé, sa douce et tendre voix.

Sa nageoire d’argent lui donnait la vitesse
Pour distancer la pieuvre, et son coeur corallien
N’éprouvait point de peine ; elle perd ces deux biens
Pour gagner la douleur, le doute, la tristesse.

Cochonfucius

Chant de la Sirène

Blason de Quiberon (Morbihan, Bretagne)

Ce sont mes larmes qui sont les colliers de l'Océan.
Des Rosées que les écumes éclosent en chaque vague,
Sont les poignantes oraisons de mon cœur implorant.
Des milliers de langueurs en ce crépuscule qui s'évade.
Les étoiles subliment ces scintillements que le ciel dévoile,
Lors que les humeurs marines sont encore les âpres douceurs,
Du souffle ondoyant de mon Chant maritime et augural.
L'Appel se suspend en cette plainte devenue cuisante douleur.
Quand donc, depuis les profondeurs, gagnerons-nous ce noble rivage ?
Les ondes insondables sont le silence vibratoire de notre âme.
C'est sur un Rocher que j'attends et que j'aspire au grand Voyage.
Il est des nues qui sont de véritables aspirations et notre unique flamme.
En cette Nuit qui se voudrait embrasser le Jour, est l’Éternelle Union,
Lors que Deux Âmes tendent les bras et sont en cette insensée ardeur.
Que sait-on des vagues qui sont à se désirer et se rejoindre en cet horizon
Lors que le monde perd chaque jour La mémoire du véritable Bonheur ?
Que ne fussé-je cette goutte oubliée en L'Océan noyé de mes larmes.
Oh que ne fussé-je cet éthéré nuage m'élevant vers L'Astre que l'on acclame !

Océan sans rivage
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D'azur à la fasce ondée d'argent chargée de quatre mouchetures d'hermine de sable, accompagnée en pointe de trois étoiles du second, et brochant sur le tout, une sirène d'or et aussi d'argent soufflant dans une conque de même.

Maître Coq en son espoir

Blason de Corcelles-les-Monts (Côte-d'Or, Bourgogne)

Quoiqu'il advienne, je ne perds jamais l'espoir
Car je vise toujours plus loin que ma propre tête.
Je veille à me toujours jucher sur un perchoir
Pour voir plus haut, même si je suis une pauvre bête.

Les hommes ont des yeux pour voir, mais combien regardent ?
Des oreilles pour entendre, pour écouter quoi ?
Parfois, une brèche en eux s'ouvre, comme par mégarde,
Mais l'âme reste de marbre et le cœur de bois.

Tout lieu se peut être un milieu de nulle part
Ou l'endroit choisi pour s'élever d'une échelle.
L'ego apeuré se cache derrière ses remparts,

Sachant de tout le prix et de rien la valeur ; *
Se pensant le seul garant de la vie réelle
Et pointant ailleurs la cause de tous ses malheurs.

Marc
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De sinople au coq hardi d'argent, membré, becqué,
crêté et barbé de gueules; au chef ondé aussi d'argent.
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* De nos jours, ces gens savent le prix de tout et ne connaissent la valeur de rien.

Oscar Wilde (1854-1900), Le portrait de Dorian Gray (1891)

Jubilation

Blason de Barbizon (Seine-et-Marne, Ile-de-France)

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est mon peintre ;
Je suis née de toutes les couleurs de sa palette.
Il m'est si bon de sentir ses bras me ceindre,
Si apaisant de m'endormir sous ses ailettes.

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est ma raison ;
C'est lui qui me tient ; lors, peu m'importe d'être folle
Au yeux de ceux qui jubilent une fois par saison,
N'ayant que joies mesquines et satisfactions molles.

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est mon matin ;
Il me vêt de soie fine et de noble satin.
Je le veux chanter ici, encore et encore !

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est mon destin,
Et dans tes yeux où jamais l'étoile ne s'éteint,
Je vois – merveille ! - un nouveau monde en train d'éclore.

Justine
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De sinople aux cinq pinceaux renversés d'or posés en éventail et chargés de sable,
à la palette de peintre aussi d'or tachetée aussi de sable brochant sur le tout.

Sublimation

Blason d'Issou (Yvelines, Ile-de-France)

Ce qui naît des profondeurs se veut s'élever,
Par ce désir qui procède de sa vraie nature.
En toute dormance se prépare une future levée
Car la Lumière est du Vivant la nourriture.

Voici bien l'Appel qui fut en l'âme insufflé
Et dont l'Écho en elle déroule le fil d'Ariane
Que les Ténèbres, en vain, se veulent camoufler
Car toute chose est intrinsèquement diaphane.

Le semblable se veut unir au Semblable ;
L'étincelle garde en elle la mémoire d'une étoile ;
Une galaxie se rêve dans un grain de sable.

L'Amour Vrai est un chemin de sublimation
Car il déchire de l'opacité tous les voiles
Dont l'ego dormant drape sa légitimation..

Marc
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De sable à un alambic d'or au foyer de gueules, à la champagne d'azur chargé d'un

poisson contre-nageant d'argent, une burèle ondée aussi d'argent brochant sur la partition.

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Lumière devenue Connaissance

Bénédictines de l'Immaculée conception de Notre-Dame de Cosne (Nivernais, Bourgogne)

D'azur, à une sainte Vierge soutenue d'un croissant, le tout d'argent.

Douceur en ces paroles pures
Lors que l'Enfant marche d'un pas ferme,
Lors que Sa Lumière court comme l'ondoiement
Des éternelles aspirations du Cœur Aimant.
Il est en un Lieu encore secret, le délicat Germe
D'un Monde Nouveau en une savante Lecture.
C'est alors que le fin voile des mille étoiles
En Son Accord Virginal, devient L'Ultime
Soubresaut, en ce sanglot que recueille Le Souffle Royal,
Les vagues que sont les discours subliminaux des cimes !
Humble est cette marche devant Le Temple Atemporel.
Les révérences deviennent incandescentes exaltations.
En ces Azurées soyeuses, vois comme est intense Sa Présence.
Est-il un autre Toi, lors que s'avance toute cette Assemblée ?
C'est Le Cantique et mille tremblantes oraisons,
Qui se veulent ici se magnifier à La Gloire de Ta Majesté.
C'est La Louange ascensionnelle qui révèle Les Beautés de Ton Excellence.
Noblesse et immaculée Enfant de notre Âme Universelle,
Te voici au seuil de l'élévation, lors que ton cœur s'illumine,
Des nouvelles que toi seul pressent, et qui sont nos soupirs,
Lors que ces marches sont les étapes du seul Voyage que l'on devine.
Noblesse et Vénération en ce Projet Divin, en ce pur désir.
Est-il un autre en ce moment qui se veut l’Éternité ?
Qu'a-t-on saisi de cette Vérité qui est Le Sentier de La Conscience ?
Est-il encore dualité ou Langage qui se devient La Seule Réalité ?
Que cherche-t-on encore, lors que les distances sont pliées,
Et que L'Amour est en Son Sommet, Lumière devenue Connaissance ?

Océan sans rivage


vendredi 2 décembre 2016

Le Sage Urbain rend visite à Franck Le Lutin



Quand Urbain, Le Sage Gnome vint rendre visite à Franck Le Lutin-elfe, celui-ci se cachait sous une grande feuille de platane.
Il en humait chaque nervure et soupirait en sa solitude.
- Que fais-tu là, petit fripon ? lança le Gnome.
Franck souleva la feuille en un geste quelque peu troublé. Il avait reconnu la voix d'Urbain le Sage.
Aussitôt, il se releva rouge de confusion.
Il ne put rien prononcer.
Aucun son ne sortait de sa bouche.
Il fit un geste en désignant une chaise, invitant ainsi Le Sage à s'asseoir.
Celui-ci ne se fit pas prier.
- Franck, pourquoi ne pars-tu pas à sa recherche ? demanda à brûle-pourpoint Le Gnome.
Le lutin écarquilla grands les yeux.
- Ne fais pas comme si tu ne me comprenais pas !
Je sais que tu es complètement dévasté depuis le départ de Lutine.
- Que dois-je faire, Maître ?
Je n'ai pas compris pourquoi elle est partie. Nous étions sa famille.
Elle nous a quittés.
- Lutine est une âme qui se cherche. Elle vient d'un autre Monde. Elle a besoin de renouer avec ses origines lointaines.
En vérité, nous avons tous cela en nous, mais nous sommes souvent à l'ignorer. Lutine, elle, le sait. Elle a entendu La Voix.
- Qu'est-ce donc que cette Voix ?
- Il s'agit de La Voix du Roi. Si nous entendons Son Appel, c'est qu'une Porte s'est ouverte depuis les abysses de notre être.
- Je ne comprends rien à tout cela. Pourquoi n'ai-je jamais entendu cette voix ?
Qui est ce Roi ?
- Ne pas l'entendre, ne veut pas dire que cela n'est pas possible. Ceux qui entendent ne peuvent plus vivre comme avant. C'est ce qui s'est passé à ton Amie.
- Je n'y comprends rien. Pourquoi d'entendre cette voix changerait-il quelque chose ? Qu'est-ce que cette voix est censée nous dire ?
Et où est donc ce Roi ?
- Il n'est pas simple d'y répondre. 
Chacun nous avons notre Appel.
Quant au Roi, Il est Celui qui nous a placé en cette Terre.
- Comment cela ?
- Tout a commencé en Lui, il y a très longtemps. Nous sommes comme Ses enfants. Pour chacun d'entre nous, il est un Mystère. Et ce Mystère est aussi une Sagesse.
- Toi-même, demanda soudain Franck, toi-même, as-tu entendu cette Voix ?
- Il y a très longtemps, j'ai dû quitter ma famille. Je suis parti jusqu'aux confins des limites.
- C'est donc que tu as entendu La Voix. On te nomme Le Sage Urbain. Certainement que tu connais ce Roi. Je me doute bien qu'il y a un Mystère chez toi.
Peux-tu me raconter ton histoire ?
- Ce serait trop long, et tu dois te mettre en route pour rejoindre Lutine. 
- Mais comment la rejoindre ? Je ne sais pas dans quelle direction elle est partie. Peut-on aller en ce Pays sans avoir jamais entendu cette Voix ?
- Non, je ne sache pas. Nul peut s'aventurer en ces régions qui bordent la limite du monde sans être guidé par Elle. Ce serait trop risqué. De même, personne ne peut trouver la porte sans avoir la clé pour l'ouvrir.
- Alors, je ne peux rien faire ?
Le Sage Urbain leva la tête un moment, et soupira. Puis, il dit ceci : 
- Il y a une solution. Elle est la seule qui puisse être envisagée. En vérité, tu n'as pas le choix, car je vais te confier quelque chose : Lutine n'est pas assez forte pour faire le voyage sans être accompagnée.
Il lui faut un compagnon. Tu es ce compagnon, depuis toujours. Personne ne peut aider cette enfant si ce n'est toi. Tu ne le sais pas encore, mais, cette mission t'est déléguée. Je le sais. Et je me dois de te le dire. Mon garçon, tu dois la retrouver, le plus vite possible. Si tu y consens, je vais te dire comment faire. Je connais la route.
- Je suis prêt à tout pour mon amie ! Tu le sais bien ! Apprends-moi, et j'irai.
- C'est bien cela la clé : ton Amour pour elle !  ( ... )

Océan sans rivage

Illustration de Cicely Marie Barker (1895-1973)

Winter time

Sol Invictus

Blason de Sonnenberg-Wiesbaden (Hesse, Allemagne)

Décembre, lentement, glisse vers le fond de l'an,
Poussé par une bise dont les caresses mordantes
Se veulent donner à l'hiver son premier élan
Et ravivent le regret de la saison ardente

En laquelle se sont fécondées tant de pensées,
Lors que les heures vécues le furent en toute conscience.
La neige couvrira la terre réensemancée
Par le geste du semeur empli de confiance

Car il sait que le grain ne meurt que pour lever
En une tige nouvelle qui se voudra s'élever
Vers la Lumière, en le proche solstice, renaissante.

N'est-ce pas au plus profond de l'obscurité
Que l'aurore redonne au jour sa virginité ?
Tel est Sol Invictus, en sa Gloire rayonnante.

Marc

Peinture de Briar

jeudi 1 décembre 2016

Maître Coq et le chemin des étoiles

Blason d'Auge (Ardennes)

Le chemin des étoiles n'est pas une promenade
Poétique en laquelle l'on se donnerait
Une quelconque posture ; ce serait une turlupinade
Qui finirait par s'embourber dans les marais.

Ce n'est pas non plus une voie ouverte largement
Que l'on se pourrait prendre quand cela nous chante,
Tout en se bien ménageant ses attachements,
Prêt à reculer quand elle devient trop tranchante.

Elle n'est pas davantage une sorte d'exaltation
Qui se voudrait confondre la sublimation
Avec une simple compulsion émotionnelle

Très souvent doublée d'une mentale hypertrophie,
Dont on sait, du reste, qu'elle révèle une atrophie
De l'âme étouffée par la raison rationnelle.

Marc
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Taillé : au 1) d’azur aux trois étoiles d’or en orle ;
au 2) de gueules au coq hardi d’or.

La grenouille et la petite fée

Blason de Petersroda (Saxe-Anhalt, Allemagne)

La grenouille s'est cachée dans un bassin enchanté.
As-tu perçu son souffle léger et ses rayons de lumière ?
Ceux-ci ont souvent accompagné les lectures silencieuses de la petite fée.
Elle se venait auprès de cette grenouille attristée.
Elle lui disait les mots qui consolent.
Elle se voulait le sourire de L'Aube Nouvelle.
La grenouille la regardait très étonnée.
A quoi pense cette petite bête quand l'hiver semble s'annoncer ?
La petite fée lui dit que l'hiver est la plus magique des saisons.
Tous ont peur du froid.

« Ils ne savent pas que lorsque l'hiver approche, c'est là que les plus petits secrets deviennent des bonbons sucrés. Sous les feuilles mortes, une autre vie est à se préparer. Petite grenouille, je t'ai vue tant de fois pleurer, les soirs d'été. Tes larmes sont des perles que le soleil a vêtu de sa dorure. C'est près de toi que j'aime me reposer, et voir les plis du bassin argenté. Vois, les arbres autour respirent la brume des montagnes. Petite grenouille, ton corps est drapé des vertes prairies. Il s'y reflète des marguerites et des boutons d'or. Je suis fière d'être auprès de toi. C'est ici qu'un autre cycle se prépare. Allons, petite grenouille, je te vois enfin sourire ! »

Océan sans rivage

La promesse de Franck, le lutin-elfe des bois

Illustration de Cicely Marie Barker (1895-1973)

Nous a quittés notre petite elfe.
Elle rêvait des lointains pays, de ceux dont on ne revient pas.
Elle nous venait nous visiter et nous soupirer ses mélancolies.
Je suis à pleurer notre lutine, elle, qui se voulait nous ressembler et jouer tel un lutin.
Notre petite amie est partie.
Les bosquets de lamentent de son absence.
La nuit, nous n'entendons plus son furtif pas.
Notre Lutine ne trouvait pas le sommeil et veillait souvent en grimpant sur un bouleau.
Quand elle nous racontait ses rêves, nous l'écoutions avec beaucoup d'attention.
Elle était intarissable.
Je l'entends encore et la vois qui parle en levant les bras.
Elle nous disait :

Je sais que ce pays existe quelque part.
Je le sais, c'est au fond de moi.
Des images flottent au vent qui me les ramène.
Je ne suis pas folle.
Ce pays est mon Pays d'Origine.
J'ai perçu le clapotis des ruisseaux.
J'ai vu des vignes géantes.
La poussière des sentiers est dorée.
Les oiseaux sont tous transparents et l'on voit mille et un paysages sur leur plumage.
Ils volent si haut et laissent pleuvoir des nues de rosées.
J'ai vu les montagnes qui se balancent.
Le jour étreint la nuit, et là-bas, le silence est un chant qui vibre dans les cœurs et nous raconte l'incommunicable.

C'est sur la pointe des pieds, que je l'ai vue, une certaine Aube partir.
Je n'ai rien dit.
J'ai hoché la tête et je lui ai dit tout bas : Adieu ma Lutine.
Un jour, je te rejoindrai.
Ton ami Franck le Lutin des bois ne t'oublie pas.
Nous a quittés, cette petite qui avait dans les yeux des milliers d'étoiles.
Ai-je rêvé son compagnonnage ?
N'est-elle qu'une terrible hallucination ?
Je n'ai jamais compris ce qu'elle cherchait.
J'ai dit :

Va ma Lutine. Tu trouveras le Pays de Ton Origine.
Quelque part, je sais que je te retrouverai, même si tu n'es qu'un songe.
Je traverserai les mille vallées, et les mille forêts.
Je combattrai le Dragon de La Voûte Secrète.
Je brandirai l’Épée de Lumière et je pourfendrai les monstres du vieux lac.
Pour toi, je serai le Lutin-Elfe. Pour toi, je serai ce que tu veux de moi.
Les brumes se dissiperont comme par miracle et je te verrai.
Tu seras là.
Simplement, à nous chanter comme autrefois.

Océan sans rivage

Illustration de Takato Yamamoto

L'étoile en héraldique


L'étoile est un meuble luminaire très usité en héraldique. Elle a généralement cinq branches ou pointes appelées rais. Quand elle en a plus, on spécifie le nombre. Quand les rais sont ondoyants, l'étoile est dite rayonnante. L'étoile filante est souvent appelée comète.

Présence des étoiles

Blason de Malcor Deydier de Pierrefeu (Normandie)

Mille étoiles d’or au-dessus des plaines
Ignorant ce monde et sa cruauté ;
Suivant leur horloge avec loyauté,
Elles dont la voie n’est pas incertaine.

Mille étoiles d’or, quelque peu hautaines,
Lointaines lueurs, lointaines beautés,
En en ciel pareil, nul ne peut monter,
Rien ne servirait de s’en mettre en peine.

Rien ne les atteint, rien ne les affecte,
Leur vision du monde est simple et directe :
Et bien peu leur chaut qui veille ou qui dort.

D’une nuit à l’autre, ainsi, nous reviennent
Mon étoile ici, et plus loin, la tienne,
Et celles des gens, mille étoiles d’or.

Cochonfucius

S'il pleut à la saint Éloi

Blason de la commune de Košťany nad Turcom
(Slovaquie, région de Žilina)
           
Saint Éloi, patron de maintes corporations,
 Mais surtout des laboureurs et gens de la terre,
Travaillant dur, souvent pour bien maigres rations,
Et que la misère précocement enterre.
                                                                                                  
La terre est basse ; pour s'en nourrir, il faut courber
Le dos, des jours entiers, de l'aube au crépuscule.
Et le Ciel est si haut qu'il se faut débourber.
Sur ces chemins, bien peu de monde se bouscule.

En voici le dicton : s'il pleut à la saint Éloi,
Dagobert, fêté le vingt-trois, aura trop froid.
Mais cela dépend de la lune, nouvelle ou pleine.

C'est elle qui régit le temps et les quatre vents.
Ce savoir est simple, il vient en l'observant,
Que l'on demeure en montagne ou bien en plaine.

Marc

Décembre héraldique

Illustration de Jenny Nyström (Suède,1854-1946)

Décembre s'annonce lors qu'un cycle s'achève.
Es-tu L'Habit des tempêtes ou la blancheur des toits ?
Lors que tu es là, je suis en toi.
Jamais je n'ai manqué ce rendez-vous-là.
Il est les lunes chaudes des chaumières de mes lointains poèmes, le bon feu de joie en l'âtre flamboyant.
Il est le capuchon des étoiles qui clignotent au firmament.
Il est La Lumière resplendissante, lors que le jour décroît.
Il est cette intention qui couve toutes les tendresses du monde.
Il est les rougeurs des enfants qui courent dans les bois.
Décembre est l'ultime moment qui se veut suspendu aux volutes d'un doux chocolat.
Il est les caresses d'un chat miaulant sous nos mains attendries.
Il est l'odeur des trottoirs dans la froideur des pas qui se pressent pour rentrer chez soi.
Il est l'écharpe que l'on laisse parfois glisser négligemment et les gants recousus que l'on cache vivement.
Il est Le candélabre qui murmure l'espoir des scintillements des veillées chaleureuses.
Il est la buée sur les carreaux d'une vitre que l'on ne quitte pas.
Décembre est mille chansons que l'on fredonne et des rires et des larmes que l'on ne retient pas.
Il est aussi suave solitude dans le noir, lors que la chambre s'éclaire des songes d'un enfant.
Décembre est un bruissement langoureux et les mélancolies d'une profonde présence que l'on ne nomme pas.
Il est le soupir des matins écumeux de givre et des poudrées de soie.
Décembre est L'instant qui se visite et qui se veut soudain encore en sa pure quintessence.
Il est des rites que l'on n'oublie pas.
Il est des saveurs qui ont le goût des agrumes gorgés du soleil d'été.
Il est des épices qui effleurent les narines des curieux, lors que le café répand ses effluves dans toute la maison.
Décembre est le mois de tous les parfums qui se cachent et se laissent aussi surprendre dans le creux des petites mains.
Il est le regard amoureux des enfants que sont les candides cœurs des grands-parents.
Il est le retour des jours que l'on a cru perdu, lors que la vie se concentre en cette main tendue.
Alors, il n'est de Bonheur qu'en cette offrande fraternelle.
Décembre nous accueille.
Ici et maintenant, en ce par delà du par delà.

Océan sans rivage


Peinture de Robert Duncan (artiste américain, né en 1952)