Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


dimanche 28 janvier 2018

L'archerie en héraldique




Armoiries de la ville de Bălți (Moldavie)

Selon la symbolique traditionnelle, l'archer est l'homme qui s'identifie à son projectile. Il vise quelque chose et a déjà atteint son image. Le symbole de l'arc se projette sur le sens du but, ainsi que sur le désir et la possession. L'arc est en rapport avec le nombre 3, car il est ternaire : tension, détente et jet, arc, corde et flèche. Son symbolisme touche la sexualité et la partie guerrière de l'homme, pour des besoins de conquête. L'arc du Sagittaire évoque la sublimation des désirs. C'est la fonction royale du chasseur, un exercice spirituel. Pouvant établir un nouvel ordre des choses, pouvant abattre les ennemis, la flèche s'identifie à l'éclair et à la foudre. Le tir à l'arc zen évoque une attitude non agissante, on peut toucher la cible, à condition de ne pas avoir de soucis, de but ou de désir. L'arc symbolise parfois les sens, la tension d'où proviennent nos désirs, liés à l'inconscient. C'est aussi la fécondation, le destin, le pouvoir de décision, les peuples primitifs, la destinée inévitable. (Dictionnaire symbolique)



Selon Foulques-Delanos en son Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason (Limoges, 1816), un arc tendu symboliserait le courage décidé. Quand la flèche est représentée posée sur l'arc tendu, elle est dite « encochée » ou encore « ajustée » ; quand ses plumes sont d'une couleur différente, elle est dite « empennée » ; quand la couleur de la corde est différente du bois de l'arc, celui-ci est dit « cordé ».

Blasons de Rouraw (Biélorussie) et de Morsleben (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Blasons de Lieksa (Carélie du Nord, Finlande) et de Melhus (Norvège)

Blasons de Ullensaker (Norvège) et de la colonie rurale d'Alikovo (Russie)

Blasons d'Omsk et de Salavatsky (Russie)

Blasons de la colonie rurale de Bolshechemenevsky et de Kolchanovo (Russie)

Armoiries de l'ancienne famille nobiliaire Arco
(Trentin-Haut-Adige, Tyrol du Sud, Italie)

Wilhelm von Vangerow (1745-1816, Royaume de Prusse)

Blason de Zabaykalsky (Russie)

Armoiries du Groupe du quartier général du commandement des opérations spéciales, GCG-MOE (Armée espagnole)

Armoiries d'Omskaya (Russie)

Armoiries à identifier
Devise : Amat victoria curam : « La victoire aime l'effort (ou la préparation). »

Armoiries de la famille Banzhaf (Ulm, Allemagne, 14e siècle)


Armoiries de Jamundi (Colombie)


Le Centaure

Blasons des villes de Staryïa Darohi et de Halshany (Biélorussie)

Blasons des villes de Siesikai (Lituanie) et de Khimki (Russie)

Blason de la famille de Reille (Antibes) et de Sicambrin le Troyen (Table Ronde)

Blasons d'Étienne de Blois, roi d'Angleterre (1092/1096-1154) et de Pechatniki (Russie)

Armoiries du Wood Green Borough Council (Angleterre) et de Etschberg (Rhénanie-Westphalie, Allemagne)

Blasons de Kirov et de Vyatka (Russie)

Drapeau du Comté de Nottinghamshire (Angleterre)

Drapeau de Tikhoretsk (Russie)


Bligny-sur-Ouche (Côte-d'Or, Bourgogne)


De gueules à l'arc d'or posé en barre décochant une flèche d'argent posée en bande.


Bussy (Oise, hauts-de-France)

De gueules à la fasce denchée d’argent, au nuage du même mouvant de la pointe, à l’arc d’or cordé de sable brochant en pal sur le tout, au chef échiqueté d’azur et d’or de deux tires.

Crisolles (Oise, Hauts-de-France)

D'argent, à l'arc de gueule posé en barre ; au renard rampant d'azur, posé en bande et brochant sur l'arc ; à la bordure d'azur, chargée : en chef d'une croix pattée d'or accompagnée aux angles de deux besants d'argent ; sur les flancs deux calices d'or ; en pointe d'une billette couchée d'argent, accompagnée sur les flancs de deux autres besants du même.

Famille Quérard

D'azur à l'arc tendu et encoché entouré de quatre besants, le tout d'or.

Moulle (Pas-de-Calais, Hauts-de-France))

D’azur au sautoir d’or chargé en cœur d’un croisette ancrées de gueules, cantonné en chef et en pointe de deux arcs posés en fasce à la flèche encochée du même, aux flancs d’un épi de blé tigé et feuillé aussi d’or.
Puilly-et-Charbeaux (Ardennes) 

Tiercé en pairle : au 1) parti de gueules et d'azur à la croisettes recroisetée au pied fiché d'or brochant sur la partition, au 2) de sinople à l'arc d'argent à la flèche ajustée du même pointant à senestre, au 3) d'argent au dragon de sinople.
Les Arcs-sur-Argens (Var, Provence)

De gueules, à trois flèches d'or, ferrées d'argent, passées en sautoir et en pal, les pointes en bas accostées de deux arcs d'argent en pal, cordés d'or et encochés chacun d'une flèche de même, ces deux flèches ferrées d'argent, les pointes appointées en fasce.





Le Vaudreuil (Eure, Normandie)

D'azur à la face ondée d'argent, surmontée de trois fleurs de lys d'or et soutenue d'un arc couché du même, à la flèche ajustée d'argent.



Amou (Landes, Nouvelle-Aquitaine)

De gueules à l’arc posé en barre, à la d’une flèche posée en bande et brochante, le tout d’or.

Devise : « amou que soy » (je suis amour)
Cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo (Italie)

Armoiries du villagede Zato Sibirskiy (Territoire de l'Altaï, Russie)

Blasons d'Achinsk (Sibérie, Russie), de Poltava (Ukraine) et de Åse (Nordland, Norvège)

Blasons de Pinsk (Biélorussie), d'Alex Ivan Skoropadskyi (Russie) et de Poltawa (2e version)

Armoiries attribuées à la famille d'Arc (15e siècle) et de Bogenschützen (Berne, suisse)

Blasons de Brest (Biélorussie) et de Bílovec (Moravie-Silésie, Tchéquie)

Blasons de Eniseisk_et de Severo-Yeniseysky (Russie)

Grästorp (Comté de Västra Götaland, Suède) et de Offerdal (Comté de Jämtland, Suède)

Blasons de Joutsa et de Iisalmi (Finlande)

Blasons de Kuopio et de Mikkelin (Finlande)

Kuopion Maalaiskunnan (Finlande) et évêque Adam Joseph Arco (Tchéquie, 18e siècle)

Blasons de Lukov (Tchéquie) et de Lovcice (Moravie du Sud, Tchéquie)

Blasons de Minusinsky (Russie) et de Anif (Autriche)

Blasons de Savonranta et de Pohjois-Savo (Finlande)

Blasons de Stříbrné Hory (Tchéquie) et de Birtlingen (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)

Blasons de Vluki et de Bila Tserkva (Ukraine)

Blasons de Nyitranagykér (Slovaquie) et de Alatornio (Finlande)

Blasons de Podcrkavlja (Croatie), de Aginskoe (Russie) et de Drahichyn (Biélorussie)

Bielaaziorsk (Biélorussie), famille Câmpineanu (Roumanie) et Bogen (Bavière, Allemagne)


L'arbalète

Blasons de Feucht (Bavière, Allemagne) et de Panoší Újezd (Tchéquie)

Blasons de Schleibnitz Saxe-Anhalt) et de Allmersbach im Tal (Bade-Wurtemberg)

Blasons de la famille Guillén_(Navarre) et de Pierrelatte (Drôme)

Blasons de Kyiv, 17e-18e siècles (Ukraine) et de la famille Bicton (Angleterre, 14e s.)

Blasons de Lempäälä et de Ristiina (Finlande)

Blasons de Madesjö (Suède) et de Gerra-Gambarogno (Tessin, Suisse)

Roemerberg-Dudenhofen (Rhénanie-Palatinat) et Roemerberg (Palatinat, Allemagne)

Blason et drapeau du Comté de Kronoberg (Suède)

Flèche

Lorsque sa pointe est dirigée vers le haut, la flèche est dite haute ; vers le bas : tombante ;posée en fasce, pointe vers la dextre : couchée ; pointe vers la senestre : couchée contournée. Deux flèches croisées et pointées vers le haut sont dites en sautoir et renversées si les pointes sont dirigées vers le bas.

Fixem (Moselle, Lorraine)

Fascé d'or et d'azur de six pièces, à la flèche haute de gueules brochant sur le tout.
Famille de La-Roque-Priele (Bayonne)

Écartelé, aux 1 et 4 d'or à la palme de sinople posée en pal ; aux 2 et 3 d'azur à deux flèches d'or passées en fasce, la seconde contournée.
Bonson (Alpes-Maritimes, Provence-Côte d'Azur)

D’azur au mont escarpé de six coupeaux d’argent, mouvant de la pointe et surmonté d’une flèche tombante du même.
Conquereuil (Loire-Atlantique, Pays de la Loire)

D'azur à une flèche tombante d'argent ; au chef d'hermine.
Hadancourt-le-Haut-Clocher
(Oise, Hauts-de-France)

D'or à l'église du lieu d'azur ; au chef du même chargé de trois flèches basses d'argent.

La Flèche (Sarthe, Pays de la Loire)

De gueules à la flèche d'argent haute, accostée de deux tours du même maçonnées de sable ; au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d'or.
Montdardier (Gard, Occitanie)

De gueules au chevron d'or surmonté d'une flèche couchée du même et soutenu d'une montagne d'argent mouvant de la pointe.

Mortcerf (Seine-et-Marne, Ile-de-France)

De gueules à deux flèches mises en sautoir et renversées d’or, cantonnées en 1, 3 et 4 d’un besant enfermé dans un anneau et en 2 d’une croissant pointé vers le chef, le tout d’argent.

Ottersthal (Bas-Rhin, Alsace)

De gueules à la flèche d'argent posée en bande.








Armoiries de Dnipropetrovsk (Ukraine)

Armoiries des comtes de Dzieduszycki (famille Drágffy, Pologne)

Armoiries de la famille Absak (Pologne)

Archers d'Umberslade (Angleterre), Sulzfeld (Bade-Wurtemberg) et Ähtäri (Finlande)

Blasons de Bezděz et  de Castolovice (Tchéquie) et de Jamijarvi (Finlande)

Braggio et Furna (Frisons, Suisse) et Drewenack (Rhénanie du Nord-Westphalie)

Famille Esparza (Pays Basque), Ružomberok (Slovaquie) et Amelsbueren (Westphalie)

Hünxe (Rhénanie du Nord-Westphalie), Kaltental et Essenbach (Bavière)

Jämsä (Finlande), Larraul (Pays Basque) et Alnashi (Russie)

Khorol (Ukraine), Krušovice (Tchéquie) et Sofrino (Russie)

Mnichov (Tchéquie), Glazov (Russie) et Langenhahn (Rhénanie-Palatinat)

 
Famille von Capol (Suisse), Uttenweiler (Bade-Wurtemberg) et Singenbach (Bavière)


 
Blasons de Tulcík (Slovaquie) et du district de Kolyshlaysky (Russie)

Drapeau de Zamoshinskoe (Oblast de Moscou, Russie)

Drapeau de la République d'Adyguée (Russie)

Pointes de flèches ou dards

Ogonczyk (Pologne 1384), Boniewo (Couïavie-Poméranie) et Iwanowice (Pologne)


Stralsund (Poméranie), Jean Buzewoy et de Strasz de Bialaczow (Armorial de Gelre)


Droužetice (Bohème, Tchéquie), Weilheim (Bade-Wurtemberg) Uezwil (Argovie, Suisse)

 
Gambsheim (Alsace), Averøy (Norvège) et Biscoprod (Armorial de Gelre)



 
Javornik (Tchéquie), Eize (Allemagne) et famille Froger de l'Eguille (France)


Archers célèbres de l'Histoire


Artémis/Diane



Artémis (la Diane des Romains), la soeur d'Apollon, est la déesse chasseresse. Ce sont les cyclopes qui lui offrirent son arc d'argent et un carquois. Généralement, elle se déplace avec une meute de chiens. Un jour, Actéon, petit-fils d'Apollon, élevé par le centaure Chiron qui lui apprit l'art de la chasse, la surprit, tout à fait par hasard, en train de se baigner nue. Ce voyeurisme involontaire lui coûtera cher : afin qu'il ne puisse jamais s'en vanter, Artémis le changea en cerf et le fit mettre en pièces par sa meute de chiens.

L'Artémis de Guillaume Seignac (1870-1924)

Monnaie de Syracuse sous la Ve République (212-214 av. J.C.) représentant sur une face la déesse Artémis bandant son arc et accompagnée de son chien.

Héraclès/Hercule

Héraclès archer, bronze d'Antoine Bourdelle (1861-1929)

Le roi Eurystos, trés fier de son arc, présent d'Apollon, promit d'offrir sa fille en mariage à qui le battrait au tir. C'est Héraclès qui fut vainqueur. Non seulement Eurystos refusa de tenir sa promesse mais il chassa Héraclès du palais.  Ailleurs, Hercule tua d'une flèche le centaure Nessos qui tentait de violer sa femme Déjanire.

Tétradrachme de Thasos (350 av. J.C.) représentant sur une face Héraclès bandant son arc.

Les Amazones

Les Amazones furent de farouches guerrières, cuirassées et casquées et en plus, de redoutables archères. Elles résidaient sur les rives de la Mer Noire. Longtemps tenues pour légendaires, elles correspondraient, historiquement, aux femmes guerrières des peuples nomades scythes et sarmates des steppes eurasiennes.

Couverture d'une BD, Amazones, de Jeronaton (alias Jean Torton) et affiche du film péplum La Reine des Amazones, réalisé en 1961 par Vittorio Sala.

Affiche du film Tarzan et les Amazones, d'Edgar Rice Burroughs, sorti en 1945

Hercule eut affaire aux Amazones quand il fut chargé de rapporter à Mycènes la ceinture d'Hippolyte, la reine des Amazones. Voici cette histoire, racontée par Alain Quesnel, un texte extrait de de l'album La Grèce, de la série Mythes et Légendes (Hachette 1990)...

Tandis que son navire fend les flots, Héraklès, appuyé sur sa massue, songe au travail qui l’attend. Le héros doit rapporter à Mycènes la magnifique ceinture d’Hippolyte, la reine des Amazones. Héraklès ne connaît pas la peur : il a déjà dû combattre un grand nombre de monstres et affronter bien des périls. Cependant, ce qu’il a entendu dire du peuple des Amazones l’inquiète. Il s’agit en effet de farouches guerrières, cuirassées, casquées, qui montent à cheval avec une remarquable habileté et dont l’adresse à l’arc est redoutable. De plus, la haine des hommes est chez elles si poussée qu’elles n’hésitent pas à mutiler ou à tuer leurs enfants mâles. On prétend aussi, car rares sont ceux qui les ayant vues ont pu revenir en parler, qu’elles empêchent leur sein droit de pousser afin de mieux tirer à l’arc.

Arrivé à l’embouchure du fleuve qui baigne le pays des Amazones, le héros décide de jeter l’ancre dans le premier port qu’il aperçoit. A la minute même où le navire accoste, sur les collines avoisinantes, apparaît une cavalerie impressionnante et chamarrée. Armées jusqu’aux dents, les cheveux au vent, les Amazones descendent vers le port. Héraklès se dirige vers la horde de guerrières. Parmi elles, il a tôt fait de reconnaître Hippolyte : dans son splendide costume de combat, la reine est facile à distinguer.

Autour de sa taille, le héros remarque la magnifique ceinture, présent d’Arès, le dieu de la guerre. Hippolyte a, elle aussi, remarqué Héraklès. La haute stature du colosse, sa puissante musculature ont séduit la reine. Elle a calmé l’ardeur combative de ses femmes et parle maintenant tranquillement avec le héros. Ce dernier invite Hippolyte à se reposer sur son bateau. La reine accepte et, sur le pont du vaisseau, entre en grande conversation avec Héraklès qu’elle contemple avec des yeux pleins d’amour. Pour prouver cette naissante affection, elle détache sa ceinture et en fait don au demi-dieu, le premier être de sexe masculin qui ait su lui inspirer de la tendresse. Héraklès reçoit joyeusement ce cadeau, heureux d’avoir réussi à accomplir ce travail sans le moindre combat.

Cette bonne entente déplaît à Héra qui déteste Héraklès. Elle prend donc l’apparence d’une Amazone, puis, se glissant dans les rangs des femmes de guerre, répand le bruit calomnieux que les étrangers veut enlever la reine Hippolyte. Folles de colère, les Amazones ceignent leurs cuirasses, saisissent leurs armes, enfourchent leurs montures, déferlent en hordes vociférantes en direction et agressent les sentinelles qu’Héraklès a postées. Surpris par les cris, le héros sort de sa cabine : sous ses yeux, un féroce combat oppose ses hommes aux terrifiantes Amazones. Croyant à une trahison, Héraklès tue Hippolyte puis se jette dans la mêlée. Faisant tournoyer sa terrible massue, il se fraye un chemin parmi les ennemies. Parvenu au cœur du combat, le demi-dieu à la peau de lion fait front, esquive les flèches et rend coup pour coup. Les farouches guerrières comprennent vite qu’elles n’ont pas face à elles un adversaire ordinaire. Plusieurs d’entre elles gisent sur le sol poussiéreux et un immense désarroi s’empare du reste de l’armée. Quelques Amazones prennent peur : jusqu'à présent, elles se croyaient invincibles, mais Héraklè montre durement qu’il n’en est rien. Prises de panique, elles s’enfuient au grand galop. Héraklès donne l’ordre d'appareiller. Arrivé, quelque temps plus tard, à Mycènes, il remet la ceinture à Eurysthée qui s’empresse d’en décorer le temple d’Héra.

Ce prodigieux exploit ne satisfait pas encore le poltron souverain. Il oblige Héraklès à ravir les merveilleux troupeaux de bœufs du géant Géryon que l’on dit l’homme plus fort de la terre. Malgré ses trois têtes, six mains et trois corps réunis à la taille, le monstre ne parvient pas à rattraper le héros et doit lui abandonner son bétail. En effet, il se lance à la poursuite d’Héraklès le long des côtes de l’Afrique du Nord, mais le héros passe en Europe et, pour rendre impossible la poursuite de Géryon, sépare les continents. S’arc-boutant aux rochers, Héraklès ouvre la Méditerranée à l’endroit que nous appelons détroit de Gibraltar et que les Anciens nommaient les Colonnes d’Hercule. Envoyé ensuite à la conquête des pommes du jardin des Hespérides, Héraklès les rapporte à Eurysthée. Il ne lui reste plus qu’un travail à mener à bien mais c’est le plus difficile ! Il doit descendre aux Enfers pour y capturer Cerbère, l’horrible chien à trois têtes qui garde ces sinistres lieux. Au terme d’un combat où il subit force morsures, Héraklès maîtrise l’affreux animal. Il le ramène à Eurysthée qui, terrifié par la hideuse apparence du monstre, court en tremblant se cacher dans une jarre. Ayant accompli ses douze travaux, Héraklès est enfin libre de partir par le vaste monde pour y mettre sa force et son courage au service de la justice.

Illustration de Jean Torton

La déesse égyptienne Neith

Neith est peu connue. Il s'agit pourtant d'une déesse primordiale qui conjugue de nombreuses fonctions.

Bas-relief du temple de Louxor et statuette en bronze (musée du Louvre)



Neith est la déesse maîtresse de la ville de Saïs, dans le delta du Nil. D'un caractère guerrier, elle est souvent représentée debout, coiffée d'une couronne rouge de Basse-Egypte et munie d'un arc et de flèches. Certaines conceptions la tiennent pour la mère des dieux. C'est elle qui aurait créer le monde. Outre d'être également la maîtresse du tissage, des arts domestiques et de la femme, protectrice du sommeil, des sarcophages et des vases canopes, elle commande à la destinée du Nil dont elle régit les inondations et se promène sur ses rives sans craindre les crocodiles qui s’y prélassent (illustration ci-dessus à droite). Surgie de Noun, l’Océan primordial, elle est née de sa propre volonté. Asexuée, sans partenaire masculin, elle renferme, en elle, tous les principes mâles et femelles constituant chaque élément de la nature.

Le talon d'Achille

Tout le monde connaît l'histoire d'Achille que sa mère, la Néréide Thétis, a trempé dans le Styx, en le tenant par le tendon, ce qui eu pour effet de le rendre invulnérable, cette partie du corps exceptée, devenue un point faible qui lui sera fatal, quand Pâris y décochera une flèche, lors de la guerre de Troie. Ce tir à l'arc est un des plus fameux de l'Histoire.

Pâris (Orlando Bloom) bandant son arc  (scène du film Troie réalisé en 2004 par Wolfgang Petersen.

Ulysse

En rentrant à Ithaque après vingt années de guerre et d'odyssée, Ulysse élimine tous les prétendants qui voulaient s'emparer de son royaume et de sa femme Pénélope. Il se sert de son arc qu'il est le seul à pouvoir bander.

Ulysse illustré par Jean Torton 
La Grèce, série Mythes et Légendes, Hachette 1990.

Cupidon

Cupidon est un autre archer célèbre. Fils de Vénus, il est le dieu de l'amour chez les Romains. Il est souvent représenté sous la forme d'un enfant dénudé, entre quatre et huit ans, l'air malin et espiègle, s'amusant à tirer ses flèches enchantées et ardentes dans le coeur des mortels. 


Robin des Bois

Héros archétypal du Moyen-Âge anglais, Robin des Bois est un brigand au grand cœur qui vivait caché dans la forêt de Sherwood, détroussant les riches au profit des pauvres. Son arme de prédilection est l'arc et c'est souvent ainsi que l'iconographie le représente.

Drapeau du comté anglais de Nottinghamshire

Kevin Costner (1991) et Russel Crowe (2010) dans le rôle de Robin des bois.



Guillaume tell


Héros de l'indépendance suisse, figure légendaire, Guillaume Tell s'oppose au bailli impérial de Schwyz et d'Uri, au service des Habsbourg, qui tentent de réaffirmer leur autorité sur la région. Le bailli, Hermann Gessler, fait ériger un mât surmonté de son chapeau, exigeant, pour les humilier, que les habitants le saluent comme s'il était effectivement présent. Guillaume Tell passe devant le chapeau en l'ignorant. Gessler le condamne alors à tirer un carreau d'arbalète dans une pomme posée sur la tête de son fils. Par la suite, Tell tue Gessler d'un carreau d'arbalète en plein cœur alors qu'il passait dans un chemin creux.



La légende de Dame Carcas

... selon Guillaume Besse, avocat à la Cité (version de 1645 extraite de Histoire des Antiquitez et Comtes de Carcassonne) :
. . . "Une dame sarrasine qu'on appelle dame Carcas, non pas que ce fut vraysemblablement son nom, mais pour ce qu'elle fut réputée comme la Dame et la reyne de Carcassonne, et peut-estre estoit-ce la femme de Balaach (Roi musulman de Carcassonne tué par Charlemagne), voyant ce prince mort s'introduit elle-même à la deffense de la place, devant laquelle S. Charlemagne demeura cinq ans, et à raison duquel siège, la famine s'y mit, et dit-on qu'elle y perdit tous ses soldats, et se trouva seul la deffenseresse de la ville. Mais comme elle était döuee d'un esprit aussi grand que le coeur, elle s'advisa de ce stratageme de faire paroistre aux tours de la ville des hommes de paille, chacun avec son arbaleste, et continuellement faisant le tour des murailles, elle ne cessoit de decocher des traits sur les ennemis. Et dit on de plus qu'après avoir ramasé tous les bonnets des morts, elle se monstroit icy avec un rouge, là avec un blanc, ailleurs avec un gris, ou un blû, et par les changements de bonnets de differentes couleurs, elle abusoit le camp et persuadoit sans peine aux Chrestiens que la place avoit encore bien de Soldats pour la gerder. Quoy plus ?

Se voyant après tout cela réduite à l'extrémité par le deffaut des vivres, elle fit manger à un pourceau toute une eymine de bled (mesure de blé) qui lui restoit, et à l'instant le précipita en bas des murs, en sorte qu'il se creva, et fit croire par là aux François qu'il falloit bien que la Ville fut abondament pourveuë de bleds, puiqu'on en avoit à manger jusqu'au pourceaux.
Dans un vieux Poëte (Jean Dupré en son Palais des Nobles Dames), il est parlé de cette Dame Carcas en ces termes :
                                        Pour abreger; quand je voulus sortir 
                                        Dame Carcas me voulut avertir,
                                        En me disant, amy, je te suplie
                                        Par tes écrits ne m'obmets, ne oublie
                                        Comme par moy toute seule personne
                                        Fut deffenduë la Cité de Carcassonne,
                                        Dont à présent par très bonne raison
                                        Ont pris de moy leur titre et leur blason ;
                                        Car moindre los n'est garder de destruire 
                                        Une forte Cité, que de la faire construire
On veut nous faire accroire sur ce propos que Charlemagne leva enfin le siège, mais Carcas voyant dessus le haut des murailles de la Ville defiler les troupes,elle sortit en mesme temps, et suivit le camp, appelant Charlemagne, de sorte que celuy le premier qui en advertit l'empereur, luy dit, Sire, Carcas te sonne, et de là, dit-on, est venu le nom de Carcassonne.

Alors elle soumit sa Ville et sa personne mesme à Charlemagne, et promit de se faire Chrestienne, et ensuite le roy entra dans Carcassonne, lequel admirant le courage de l'Amazone, voulut qu'elle demeura toujours la maistresse de la Ville, et incontinent après son baptesme, il luy donna pour espoux un Gentilhomme
d'illustre race qui suivoit l'armée appelé Roger, d'où l'on veut dire que sont descendus ces Roger Comtes de Carcassonne de qui nous avons à parler dans la suite."





À l'entrée du pont-levis, le buste de Dame Carcas accueille (ou surveille) les visiteurs. Il s'agit d'une réplique. L'original, datant du XVIe siècle, est conservé au château. 


Divers logos d'archeries


Montaigu (Vend)

Compagnie d'arc de Bondy (Seine-Saint-Denis)


Lire aussi

             Meuble héraldique : l'Arc               Saint-Sébastien en héraldique

2 commentaires:

  1. Puilly-et-Charbeaux (Ardennes) blason et blasonnement ne correspondent pas.

    RépondreSupprimer