Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

lundi 12 décembre 2016

Poésie héraldique allemande - Berlin

In Silber, aufgerichtet, ein schwarzer Bär.

                                      Die Bärin spricht: Ich habe sie getragen,
                                      Die Stadt in meinem Schoße, Höhlenbrut.
                                      Uns kam der Jäger, und ich mußt' ihn schlagen.
                                      Ihr Schlaf in dickverschneiten Wäldertagen
                                      War gut.

                                      Ich wiegte sie mit diesem tiefen Brummen;
                                      Mein Tatzenschlag hieß sanft, doch ernst sie stehn.
                                      Ich lehrte Honigwachs, wo Bienen summen,
                                      Und süßes Kraut in erdgeformten Kummen
                                      Sie sehn.

                                      Den Klotz, die mörderische Eisenklemme,
                                      Den Grubentrug - denn Menschenlist ist viel -
                                      Verklagt' ich ihr. Und zeigte braune Schwämme,
                                      Gab graue Kiesel ihr und Kiefernstämme
                                      Zum Spiel.

                                      So wuchs sie auf und fand das Nest der Bienen;
                                      Nun häuft sie übermütig bunten Stein,
                                      Und ihre Pranke scherzt mit blanken Schienen,
                                      Läßt, klein und trüb, Insekten fliehn auf ihnen
                                      Und fängt sie ein.

                                      Sie dreht und lockt. Die Forste hallen wider.
                                      Das Singen unterm Bauerndach verstummt.
                                      Sie tappt ins Dorf. Das Buschwerk stampft sie nieder
                                      Den weißen Spierstrauch und den blauen Flieder,
                                      Und brummt.

dimanche 11 décembre 2016

Soyeuse Flamme

Blason de famille Orsini (Italie)

J'ai vu une Perle de Lumière dans le Lac de Ton Regard.
Depuis, je suis en l'iris des ondes de Ton Âme.
Les fragrances de Ta Présence sont des vagues de Brocart.
Lors que Ta Rose en ce Jardin est devenue Soyeuse Flamme.

Océan sans rivage
____

Bandé d'argent et de gueules, au chef du premier, chargé d'une rose du second.

Un étrange dialogue dans le buffet


Blason de Koenigheim et de Kandern (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

– Un thé de qualité se doit d'être servi
Dans une théière digne de cette boisson divine,
– Je suis, ma chère, tout à fait de votre avis,
D'autant qu'en cette matière, la douceur angevine

N'a rien à envier au raffinement anglais,
Et j'ai porté en mes flancs plus d'un noble cru.
Lors, si les objets vils inspirent des gestes laids,
L'élégance – une valeur hélas en pleine décrue –

Sied à la beauté, sauf si elle est une posture
Dont la vulgarité aime parfois se parer.
La forme ne donne pas nécessairement une stature.

– Voilà qui est bien asséné ! Je suis fort aise
D'entendre des propos aussi francs que carrés.
Selon la main, l'or est terne et noble la glaise.

Marc

L'Ami Corbeau, fils du Temps

Blason de la famille de Carhei (Loire-Atlantique)

L'Ami corbeau, fils du Temps qui écorchez le silence,
Des neiges flottantes sous les pas de mon adolescence !
C'est par le vent des lumières que je vous envoie,
Cette Missive, et voilà que surgit l'envolée lyrique.
Sont-ce les chants de nos retrouvailles ou le furtif émoi ?
Les bois de nos promenades hésitantes et les effluves oniriques,
Lors que notre cœur est ivre, s'unissent à votre humble présence.
L'Ami corbeau, c'est de velours qu'est votre insolite plumage.
J'ai souvenir des murmures du givre et des flocons de nos nuits.
L'Hiver glace les mains que nous tendons en cette longue marche.
C'est ainsi que le ciel emplit la poitrine qui s'extasie de la danse
Et des singuliers mouvements, lors que les écumes sont aussi des pluies.
Au loin, j'épouse votre douce solitude et vous interpelle, émue :
Ô Vous, les Amis qui nous apprenez l'élan fougueux et sauvage,
Dame Nature est semblable à un songe que trace ce beau voyage !
Sur les branches que vous habitez, s'étend l'extrême de votre regard nu.
L'Ami Corbeau, j'embrasse ce Ciel des mille grâces envoûtantes.
L'hiver est suave chaleur de l'intimité que nous sommes à partager.
L'Ami corbeau, survolez de vos ailes L'Amitié naissante !
Suis-je à embrasser les instants que nos souffles avivent ?
Le Temps est l'océan que des vagues ont su déployer.
Remous puis sérénité en l’Étincelle d'une Etoile vive.
Depuis les nudités d'une saison profonde, je suis à vous soupirer.

Océan sans rivage

Un ours distrait

Blason de Libingen (Suisse)

Compère Ours est tout à son affaire, se sentant
Venir le sommeil, malgré le peu de froidure
De la saison qui se tâte encore, hésitant
Entre un automne qui se prolonge et perdure

Et l'hiver qui esquisse à peine ses premiers traits.
Nonobstant, l'ours se reproche fort son insouciance :
« Me voici bien en peine d'avoir été distrait,
Car de l'an, mon cycle arrive à échéance

Et je ne plus sûr de trouver une antre
Où je puisse dormir jusqu'à la saison nouvelle.
À croire que je n'ai rien dans ma pauvre cervelle !

Lors, je m'en vais de ce pas, sans plus attendre,
Me bâtir en bon bois une solide châsse,
Faute, sinon, d'être la proie de quelque chasse. »

Marc

Blason d'Orvin (Suisse)

Regard

Blason d'Egliswil (Argovie, Suisse)

Dès lors que l'esprit est centré, il se déploie
Sans plus craindre ni la dérive, ni la déviance,
Trouvant la juste mesure et le bon aloi
Car l'être-au-monde s'éclaire par la conscience

Qui est de l'Un Unique et Même l'acte posé
Et polarisé, en son infinie mouvance.
En ce regard unifiant, rien n'est opposé ;
La vision n'est plus une simple apercevance

De choses séparées mais la claire perception
Du Réel en ses cohérence et cohésion.
Nous nommons ce Centre Absolu Dieu, sans crainte

Des opinions réductrices nées de l'amnésie,
Ne voyant, hors de leur oeilleton, qu'hérésie
Et voulant de leur nature effacer l'empreinte.
____

Droit devant, l'horizon s'offre, infiniment ;
Élève ton regard, tu verras un firmament ;
Abaisse-le, tu verras la naissance d'une étoile.
L'endormi ne voit que des ombres sur une toile
.


Marc


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samedi 10 décembre 2016

Chant du cygne

Blason de Tönning (Frise du Nord, Schleswig-Holstein, Allemagne)

Au creux de ma main offerte courent les sillons
De ma vie ; c'est en mon cœur qu'est leur confluence
Car il est la coupe d'Amour où les tourbillons
Dessinent autant le bel entrelacs d'insouciance

Que la spirale qui enveloppe et monte mon corps
Dans la sphère de volupté, lumineuse, intense ;
Où la chair autant que l'âme jouent le même accord,
De manière si juste que tous deux approchent la transe.

Cet amour-là renferme la pierre philosophale ;
Il pose sur nos têtes l'unique couronne triomphale
Qui vaille d'être conquise ; c'est le chant du cygne,

Au-delà duquel s'ouvrent les nouveaux espaces
De la conscience unifiée ; qui alors nous replace
Au cœur même du réel, d'une splendeur insigne.


Marie-Louise

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Peinture d'Orina Kafe

vendredi 9 décembre 2016

Étranges tenues

Blason de la ville de Cordonnet (Haute-Saône)

L'Amie, quand tu suivras l'horizon ondoyant,
D'un regard qui se voudrait plonger dans la plaine
Où serpente, à travers les coteaux verdoyants,
Un chemin bordé de thym et de marjolaine,

Il te semblera voir une étrange silhouette
Tenant dans sa main un bâton de coudrier.
Si dans l'azur se découpe un vol de mouettes,
Il sera porteur du plus heureux des courriers.

Souviens-toi d'un Jardin où s'est ouvert l'instant
Qui ne finira plus ; d'un autre tout autant,
Qui posa ses scellées, près d'une table en chêne

Où nous fûmes mandés à de bien étranges tenues,
Lors que le sentier n'était plus qu'un fil ténu.
Chaque jour se voyait poser le maillon d'une chaîne. *

Marc
____

De gueules à la bande vivrée d'or, à l'anneau câblé de sinople
feuillé vers l'extérieur de sept pièces du même brochant sur le tout.

* La chaîne est ici entendu au sens de relais.

Franck rencontre Nathanaël



Après plusieurs jours de marche, qui lui semblèrent interminables, Franck se retrouva face à un immense château.
Il voulut le contourner, mais la boussole lui indiquait obstinément cette haute demeure, perdue au milieu d'un étrange vallon.
Il remarqua que des algues géantes encerclaient le Donjon.
Il ne s'agissait nullement de lianes.
Il en était sûr.
Elles étaient teintées du même bleu turquoise que le cadran de la Boussole.
Le lutin crut voir ondoyer une lumière de même couleur tout le long de la tour.
Il lui sembla que des coquillages luminescents y étaient incrustés.
Franck s'approcha de l'immense voûte qui surplombait une impressionnante porte en bois.
A sa grande surprise, celle-ci s'ouvrit en faisant un bruit sourd.
Un frisson parcourut l'échine de notre ami.
Que devait-il faire ?
Il crut entendre une injonction.
On lui intima l'ordre d'entrer.
Sans pouvoir résister à cet appel, Franck avança.
Il traversa un long couloir humide et froid avant de se retrouver face à l'escalier en pierre.
Celui-ci était éclairé par des torches.
Il se mit à gravir les escaliers avec beaucoup de peine.
Lorsqu'il arriva à l'étage, il entendit une voix qui semblait discourir.

- Je t'ai dit de ne plus jamais laisser cette échelle au beau milieu de la chambre !
Combien de fois avons-nous échappé de justesse aux irréductibles.
Maintenant, je suis obligé de fabriquer le Joyau rare qui servira de diadème à l'Empereur.
La petite fille aux pieds nus a de nouveau perdu ses poussières de Lune Rose.
Voyons, comment pouvons-nous remédier à cela ?
Je vais lui ouvrir un passage secret à travers la route des marchands de cristaux.
Je n'envisage pas d'autres solutions pour le moment.
Cela fait trop longtemps qu'elle pleure.
Il lui faut voir les lueurs de l'espoir.
Chacune de ses larmes est maintenant une perle de corail.
Je m'afflige de la voir refuser les soupirants qui lui propose leur Royaume.
Ils n'ont rien compris.
Pensent-ils qu'une si petite fille puisse agréer leur Palais ?
Ils savent parfaitement que Léna est nostalgique de son Pays d'Origine.

Franck entra sans se faire annoncer.

- Qui cherche donc son Pays d'origine ? Est-ce de ma Lutine dont tu parles ?

C'est alors que le lutin-elfe réalisa qu'il avait enfreint tous les bons usages et qu'il s'était introduit avec brusquerie, dans la pièce.
Il découvrit un jeune garçon penché sur un livre qu'il était à scruter avec beaucoup d'attention.
L'enfant était complètement absorbé par cet étrange recueil dont les pages se mouvaient tel un lac.
Franck vit que les images flottaient.

Était-ce un miroir ?

Franck toussota et se présenta :

- Je suis Franck, le lutin-elfe de la forêt des deux Arches.
La porte de ton château s'est ouverte à mon approche et j'ai entendu une voix m'inviter à entrer.
Le garçon restait silencieux et semblait suivre une scène avec beaucoup d'intérêt.
Soudain, il leva la tête et apostropha le Lutin :
- Entre, Franck. Tu es le bienvenu. Je t'attendais.
Franck fut comme hypnotisé par les yeux clairs de cet enfant singulier.
- Je me nomme Nathanaël. Contrairement aux apparences, je ne suis pas un petit d'homme.
J'appartiens au peuple de La Montagne Bleue. Je vis ici depuis des milliers d'années.
Pourtant, c'est toi que j'attendais.

Nathanaël se pencha de nouveau sur les pages du Livre.

- Il n'est pas impossible que Léna finisse par comprendre que l'un de ses soupirants soit celui qui sera à même de la protéger et de la mener en lieu sûr.
Ces irréductibles sont de deux sortes : les uns sont des proscrits, et les autres ont encore quelques souvenirs. Accordons-leur une rémission !
Je suis certain qu'ils finiront par retrouver le soupirail des élémentaux. C'est à cette seule condition qu'ils pourront retrouver un semblant de leur intégrité humaine.
Pour le moment, ils errent comme des fantômes dans les couloirs de l'entre-deux-mondes. Faut-ils qu'ils comprennent que chaque jour est un nouveau jour et que même balbutiants, ils peuvent renouer avec la brèche des discours de La Clémence ? Je vais leur envoyer Athanor, car il est le seul à pouvoir leur enseigner les règles de la transformation latente.
Les vieux procédés sont toujours les meilleurs. Ha Ha. Je le savais !
Toutes ces activités cérébrales sont le lieu de La Quintessence. Chaque millième de secondes occupe un espace sidéral. Le mieux c'est de leur donner assez de force pour qu'ils entrent en cet autre espace que je ne vais pas encore nommer. Apprenons-leur qu'ils sont aussi cette belle énergie reliée à la plus ancienne souche de leur origine.

Nathanaël releva la tête et sourit :

- Ne t'inquiète pas Franck, je suis certes très occupé, mais je suis aussi avec toi. Il faut que je clos ce premier chapitre. Tout avance à une allure si rapide.
Te rends-tu compte qu'en dépit des années qui s’amoncellent, je dois apprendre encore à maîtriser le feu.
Tandis que parfois, c'est la lumière qui me bouscule. Elle va si vite que je suis contraint de la rattraper. Il me faut sans cesse la devancer. C'est comme si je me déplaçais sur un cheval Céleste. Le connais-tu ? Il est irradiant d'Amour. Nul ne peut le chevaucher sans parvenir à acquérir son intense vibration.
- Nathanaël, je suis à la recherche de mon amie Lutine qui s'en retourne vers son pays d'Origine. Cette Léna dont tu parles, est aussi à la recherche de son Pays Natal. Peux-tu m'en dire d'avantage ? osa formuler Franck qui ne comprenait pas un traite mot des propos de ce garçon.
- Lutine est une Léna qui se cherche. Toutes les Léna ont des origines lunaires. Pourtant, il y a autant de Lunes que de Léna. Toutes les Léna ne sont pas des Lutines. Il existe aussi de nombreux Lutins, gnomes et fils d'homme qui aspirent à retrouver Cette Origine. La Porte des secrets s'est ouverte en eux. Ils doivent avancer pas à pas. Car ils doivent traverser de nombreux pays avant de pouvoir retrouver celui qui est le leur.
- Toi-même, as-tu entendu La Voix du Roi ? interrogea Franck.
- Assurément. Nous sommes tous des voyageurs. Mais la plupart des gens ne le savent plus. Ils avancent comme des aveugles. Cependant, ils avancent. C'est le paradoxe !
- Je n'ai jamais entendu cette voix ! Je suis certainement un gros benêt ! s'exclama Franck.
- Ha ha ! Franck ! Tu es extraordinaire ! Je vais te confier ce secret : je te le dis en vérité, tu as entendu la voix du Roi. Seulement, tu ne sais pas encore la discerner. Je pense que cela ne saurait tarder ! Je le vois, tu es le plus obstiné des obstinés. J'aime beaucoup cette force en toi.
- Je n'ai jamais été courageux. J'ai toujours aimé m'amuser. Pourtant, le jour où Lutine est arrivée au village, je ne sais pas ce qui s'est passé. Je n'ai plus vécu comme avant.
- Félicitation !
- Comment ? demanda ahuri notre héros.
- Je vais t'apprendre quelques petites choses et tu pourras continuer ton périple.
- Je n'ai pas le temps d'apprendre quoi que ce soit. Chaque jour qui passe m'éloigne de Lutine d'avantage.
- Aie confiance en moi. Je t'aiderai à plier le temps et l'espace qui se seront écoulés en ma compagnie.
Reste encore ici et je te dirai comment retrouver Lutine.
- Non, merci. Je n'ai pas le cœur à rester, rétorqua le lutin, le temps de mon cœur n'a aucune mesure. Je dois le suivre ! J'ai trop mal.
- Bien comme tu le veux Franck. je te suivrai grâce à mon Livre Magique. Bonne chance l'ami.

Nathanaël baissa de nouveau la tête et reprit son élocution mystérieuse.

- Il n'est de temps qu'en ce vague instant. Le sourire d'un cœur est une valeur inestimable. Si l'on trouble ses aspirations, alors, le temps échappe à toute instance. Vous, les irréductibles, je ne gage pas de votre victoire sur les tendres. Il est une clarté du jour qui imbibe l'esprit et lui donne sa pleine vivacité. Soyons prêt à dresser cette barrière contre les poursuivants inlassables. Les mers ont unifié les flux de leur contradiction. Si un Rocher devient cristal, alors les souvenirs ont cette limpidité. Ne pleure plus Léna, car vois-tu, ton Aimé, te cherche tel le plus vaillant des Amants...

Franck referma la porte et dévala cette fois-ci les escaliers.

Ma Lutine, je ne t'ai pas oubliée.
Je cours vers toi et peu m'importe ces moments passés.
Je vais les plier seul.
Mon Désir est Ardent !

Océan sans rivage

Les arbres en héraldique - Le Houx


Depuis la nuit des temps, le houx est le symbole de fêtes religieuses ou païennes exprimant à l'origine la persistance hivernale de la vie végétale. Dans la mythologie celtique le houx est l'arbre jumeau du chêne. Le chêne gouverne la partie claire de l'année tandis que le houx règne sur la partie foncée. Le blason de Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime) figure cette symbolique.

Les apocryphes de Maître Coq


Blason de Duszniki-Zdrój (Basse-Silésie, Tchéquie)

Avant que le coq n'ait chanté, je te l'annonce,
Tu m'auras renié trois fois. Et tu dis m'aimer ?
Quand je serai devant le procurateur, Ponce
Pilate, toi et les autres auront essaimé,

Chacun voulant sauver sa pauvre existence.
Et c'est à toi que je remettrais les clefs
D'une Église mort-née ou, du moins, en instance
D'être déviée, lors que la peur t'a déssoclé ?

Beaucoup d'autres paroles, passées en apocryphes,
Furent transmises dans le secret, échappant aux griffes
Des faussaires autant que des récupérateurs.

Nous, les pauvres bêtes, observons l'espèce humaine
Depuis des siècles. Elle se donne beaucoup de peine
Pour rien mais n'aime que tièdement son Créateur.

Marc

Blason de Sankt Peter im Sulmtal (Autriche)

Oiseau sans rivage - Le recueil de Naïla


                   Oiseau, je suis, ma vocation est de voler, mon Pacte Premier
                   Oiseau, je suis et comme les montagnes que l'on ne sait écouter
                   Je chante, je chante, je chante, ivre de mon jour, ivre aussi de ma nuit
                   Oiseau, je suis et oiseau je resterai, ainsi est ma Destinée
                   L'Oiseau est né pour être libre en ce Ciel océanique, mon ciel Alchimique
                   Je ne suis pas de ce monde, m'en suis échappée, sans aucun regret
                   Les effluves de mon Roi ont ce pouvoir de L’Étreinte magique
                   De voyage en voyage, les mondes sont possibles, et c'est là que je vais. 

L'Oiseau, 23 juin 2016



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jeudi 8 décembre 2016

Ivre et sans mesure

Blason de Molsheim ( Bas-Rhin, Alsace)

D'azur à la roue d'or de six rayons auxquels est attaché
et lacé un homme nu de carnation nimbé aussi d'or.


Plus rien n'existe en ce Périple, si ce n'est l'intensité,
Cette Voie étroite en La Lumière du Chant Ineffable
Le Rayon orienté en ce Royaume de La Préciosité.
Je suis l'esseulée en ces étranges dunes de sable.
Je suis Le fou, s'abreuvant de sa pauvreté.
Qu'importe ce monde-là, si ma faim est un chemin !
Je dévore ces aspérités en l'Aube de ma Réminiscence.
Ceci est ma conscience, un monde qui tremble d'émoi.
Je m'abandonne en la joie du Retour, mon autre naissance.
Ce fou, en son cri secret, a la certitude de la Rose et de son parfum.
Depuis qu'il respire Son haleine, le fou est ivre de son Roi.
Il titube comme l'ivrogne, chancelle en son désir incessant.
Écorché par les grains de l'éternel désert, il brûle du feu ardent.
N'a plus sa raison, hébété en la Roseraie de L'Âme.
Sa joie est exhalaison, son île, une intime étreinte.
Lors que la nuit est Rosée Seigneuriale en cette Lune d'or,
Vacillement en ce remous astral que lui rappelle L’indélébile Empreinte.
L'extase de la Rencontre qui lui murmure inlassablement: « Viens, mon âme »
C'est en ce murmure suave qu'il tire sa force, l'allégresse du corps.
En cette seconde, ici, se féconde une semence d'Amour.
En cette seconde, ici, chaque grain est une Perle, gorgée d'eau pure.
En cette seconde, je suis à genoux, sur les cimes de l'humble discours.

Océan sans rivage

Gente Poule en sa nostalgie

Blason d'Oye-Plage

D'azur à l'oie couronnée d'argent becquée et membrée de sable.


Gente Oie, recevez Noble Amie, mon Amitié.
De vous, je me languis, et ma peine est grande.
Les secondes sont des grains longs en ce sablier.
Il n'est pas un seul de vous qui ne me hante.

Joies ainsi que peines, nous avons partagées.
Fusionnées, nous sommes en ce lien éternel.
En ce bord du monde, je suis à penser
A nos retrouvailles, qu'avive cet Appel.

Vous soupirez, reçois-je votre nostalgie ?
Il n'est pas un seul de vous qui soit mon désir
D'être en votre douce et belle compagnie.

Fugitive cette larme que l'on cache,
Lors qu'il nous faille en l'étreinte du lent soupir,
Ne pas faillir et poursuivre cette marche.

Océan sans rivage

Frère d'armes, soeur de larmes

Blason de Büderich-Wessel (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Elle ne descendit pas de son destrier car la route était longue encore. Elle allait là où les terres apaisées se jettent dans l'écume qui gronde. Son regard, mêlé de zénith et de nadir, avait du large la promesse et de l'infini la certitude. D'une main de velours dans un gant de fer, elle me tendit un rouleau que je n'ouvris qu'après son départ. Et quand les lourdes odeurs de cuir et de métal s'évanouirent, il demeurait étrangement une fragrance de fleurs blanches. Je lus ses lignes tracées comme des estafilades sur la virginité indulgente du papier. L'altière guerrière n'était que l'étui d'une âme noble. Lionne le jour et la nuit blanche biche, quand les draps suffisent à couvrir la fragilité intacte. Je la saluai comme on salue un frère d'armes. Soeur de larmes, la terre des hommes est trop petite pour ton coeur, et ce monde qu'un écran plat pour illusions mesquines et pensées en codes-barres. Sa demeure est dans un au-delà du vide d'ici. Où irait-elle sinon ?

Marc

Esprit de Lumière

Armorial des chevaliers de la table ronde : Yvain l’Avoutre (Fils naturel du Roi Urien, Demi-frère d'Yvain)

D’azur au pal d’or.

Souffle cette brise en ce tréfonds.
M'envole sur La monture de L'Esprit.
Ma vie en ce murmure, parfois si fort,
S'élargit des vallées traversées en Toi.
Ma vie, unifiée en ce sein qui T'aspire
Miracle intensifié, Ô ma soif qui se respire
A pleins poumons, Ô ma source inépuisable !
Qui me porte ainsi sur Tes cimes, ivre.
Quelle est donc cette échappée qui me ravit ?
Ô ma brise, qui brise mes résistances
Viens, cet air sent si bon, j'ai tout laissé pour Toi.
Ne le regrette pas, ne le regrette pas.
Ma vie, saisie en cet insaisissable sans fin.
Qui m'étreint que j'étreins ainsi en ma faim ?

Océan sans rivage

Maître Coq sous haute Égide

Blason de la famille Regnaud de Saint-Jean d'Angély (1760-1819)

Deux principes, d'apparence antinomiques, entourent
Mon espace de vie, en un cadre componé :
De sable, qui est d'humilité, qu'ajoure
L'or de noblesse, qui teinte toute vertu élevée.

Le quatre représente le monde de la matière,
Le tangible, l'ordre et la stabilité.
Je m'y pose mais sans me laisser par ses frontières
Enfermer, ni dévier vers la rigidité ;

Les pieds bien sur terre et la tête haut dans le Ciel,
Le cœur au centre réunissant l'essentiel.
Le carré se veut monter en pyramide,

Alors la conscience, parvenue à ce sommet ,
Se peut incarner, à travers l'épistémè, *
Et se déployer, sous la plus haute des égides.

Marc
_____

D'azur chargé en abîme d'un coq d'argent ayant la patte droite posée sur un 4 de sable, surmonté en chef d'une étoile d'argent ; bordure componée d'or et de sable de seize pièces.

* C'est-à-dire, selon les philosophes grecs et notamment Aristote, de la science, à la fois comme savoir établi et comme vertu par l'action savante.

Les trois joyaux

Blason de Sankt Stefan ob Stainz (Autriche)

Le premier joyau consiste à prendre la voie
Avec une détermination sincère, sans faille,
En liant la Tradition à sa propre voix
Pour que l'advenu et l'advenant s'entremaillent.

Le second joyau consiste à se maintenir
Éveillé, par l'attention et la vigilance,
Car sans relâche, le monde nous voudrait désunir
Et nous réduire à notre mode de bivalence.

L'être sensible désire toujours comprendre
Afin d'avoir une intelligence aussi vaste
Qu'un océan, sans chercher ni pouvoir, ni faste.

Le troisième joyau consiste à bien s'entendre
Avec tous ceux qui partagent notre foi intime,
Libres du regard des hommes et de leur estime.


Marc


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mercredi 7 décembre 2016

Mon beau sapin

Blason de Feuchtwangen (Franconie, Bavière, Allemagne) et de Trachselwald (Suisse)

Mon beau sapin, roi des forêts profondes du Nord,
Que j'aime ta verdure, ta bonne odeur de résine
Qui parfume la maison, lors qu'il neige dehors
Et qu'un bon feu de bois flamboie dans la cuisine.

Je t'ornerai de guirlandes, de boules colorées,
D'oiseaux et même de papillons ; et à ta cime,
Je mettrai une étoile aux mille rayons dorés,
Puis je te chanterai une ode ourlée de rimes.

Je me souviendrai des Noëls de mon enfance,
Quand l'âme était pleine de candeur et d'innocence
Et que la vie était la promesse d'un Jardin.

Je demanderai pardon pour toutes les blessures
Que j'ai infligé et dans ma petite chaussure,
Je verrai, peut-être, le sourire du Destin.

Marc

Blason de Bad Hindelang (Bavière, Allemagne)

Les arbres en héraldique - Le Sapin


La France est un pays particulièrement montagneux et forestier. Il n'est dès lors pas étonnant de voir figurer le sapin en bonne place sur les blasons des communes forestières. Chez les anciens Celtes, cet arbre symbolisait l'espoir toujours renouvelé des forces de lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort.