Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

mercredi 7 décembre 2016

Réconciliation

Blason de Morancé (Rhône, Lyonnais)

Deux coqs voisins, Corses de sang autant que d'esprit,
Se menaient depuis longtemps une lutte sans merci.
Leur querelle était en vérité si ancienne
Qu'il n'est plus personne, à ce jour, qui s'en souvienne.

Était-ce une affaire de territoire ou de cœur
Dont on sait qu'elles peuvent nourrir longtemps la rancœur ?
Un jour pourtant, de guerre lasse, les deux duellistes
Décidèrent de mettre un terme à la longue liste

De leurs affrontements dont ils ne voyaient plus
Le bienfondé ; l'on se parla et l'on résolut,
Pour sceller la paix, de faire un pèlerinage.

Car il n'est rien de tel, pour se bien entendre,
Que d'aller dans le même sens et, tant qu'à prendre,
D'être compagnons de route dans le même voyage.

Marc
_____

D'azur au bâton prieural chargé d'un patrenôtre d'or, accosté de deux coqs affrontés du même, crêtés et barbés de gueules, au mantel aussi d'or chargé d'une tête de maure de sable tortillée d'argent.

Maître Coq et saint Ambroise de Milan

Blason de Mazamet (Tarn, Occitanie)

« L'on doit avoir toujours dans son cœur et sa bouche
La méditation de la sagesse. » Ainsi dit
Saint Ambroise de Milan et sa pensée me touche,
Au point même que je m'en suis fait un édit.

Un beau matin, lors que le tout petit Ambroise
Dormait quiètement dans son berceau, un essaim
D'abeilles, à l'insu de sa nourrice, une Gauloise,
Se posa sur sa tête. L'on sonna le buccin,

L'on s'affola devant la menace. Mille piqûres
Allaient cribler d'une famille la progéniture !
Pourtant, les abeilles s'envolèrent tranquillement

Et l'on cria au miracle. Devenu grand,
Lors qu'il accéda dans l'Église à un haut rang,
Ambroise prit l'abeille comme emblème, évidemment. *

Marc
_____

D'azur, à un coq hardi d'or crêté, becqué et barbé de gueules,
surmonté de trois abeilles aussi d'or en chef.

* Dans ses sermons, comme évêque de Milan, il citait fréquemment les abeilles, et déclarait par exemple qu’un monastère devait être tenu comme une ruche, « où règne l’ordre, l’obéissance, le silence et la propreté ». Quant aux religieuses, elles devaient selon lui, se comporter comme « l’abeille laborieuse et chaste, ne se nourrissant que de rosées du ciel et du suc des fleurs ». Les apiculteurs en firent leur saint patron.

mardi 6 décembre 2016

Le vol des mouettes

Kaiser-Wilhelm-Kanal (Schleswig-Holstein)

Depuis les miroitements que le vent fait osciller,
Les cristaux de la vague que seule L'Amitié
Des bleutés de L'Océan sait agrémenter,
Forment en cette danse les effets de L'Absence.
Que sommes-nous à survoler en cette Vallée,
Lors que nos ailes se veulent en une seule cadence,
Étreindre les distances et les effacer en cet intime Appel ?
Les Nobles paroles du pur Amour sont cette émouvance,
Et ces sillons du Jour, lors qu'ils tracent des dentelles,
Que la nuit ravive des langueurs de l'Âme suspendue,
Sont encore des souvenirs de La Seule Quintessence.
Alors, voyez comme l'horizon devient le bleu des Nues,
Et comme les lieux de La Subtilité font éclore des étoiles.
En elles sont guidance et en elles sont des fleurs Royales.
Il n'est pas une seule aile qui ne devienne preuve d'Amour.
Chaque effleurement en ce ciel est le gage d'un Retour.
Ce sont des Roses Lunaires et des dunes de Soleil !
Il est des ondoiements qui sourient à cette brise.
Chaque souffle est savamment, un Inspir qui se grise,
Lors que les mots volent si haut en ce Voyage Ascensionnel.
Voyez donc notre constance, et voyez notre aspiration !
Depuis nos cœurs, il n'est d'autres réalités, ni d'autres Respirs.
Les flux de L'Océan ont avivé les délices de cette Adoration.
En ces houles constantes est aussi notre ultime Désir.

Océan sans rivage

Le départ de Franck



Franck se mit en route sans plus tarder.

Le Sage Urbain lui confia, avant de le quitter, le Talisman des Subtiles Essences.
Il l'avertit : "N'ouvre cette fiole que si tu en ressens l'impérieuse nécessité. En elle, sont les effluves diaphanes des profondeurs de L'Esprit.
Ils ont des vertus spécifiques et épousent ta sincérité. Si tu n'es pas sûr de toi, ne les utilise pas, car cela te serait immédiatement hostile. C'est au cours du Voyage que tu en prendras la mesure et en comprendras assurément les effets. Je ne peux t'en dire d'avantage. Leur subtilité et leur mystère sont leur atout. Plus tu te rapprocheras de Lutine et plus tu comprendras leur réalité.
Sache que s'il est une chose sur laquelle tu dois veiller, c'est bien sur ta sincérité. En elle, est le gage de ta réussite. Je te donne aussi cette boussole magique. Au son des vibrations de ton Amour, elle t'indiquera La Voie à suivre. Consulte-là chaque soir et chaque matin, puis suis le sentier qu'elle t'indiquera. Je ne peux t'en dire d'avantage. Maintenant, va mon garçon et sois brave. Lutine t'attend quelque part."

Malgré l'oppression qu'éprouvait Franck, sa détermination était grande.
La forêt était si dense, et de cela, il n'avait nullement peur.
La forêt se touche et la forêt se voit.
Même ses dangers sont prévisibles.
Ce qui l’inquiétait n'était pas ces labyrinthes au milieu des arbres.
Il connaissait chaque recoin de la forêt, chaque ruisseau, chaque grotte, chaque rocher et même chaque caillou.
Non, ce qui lui semblait si nouveau et si déroutant, c'était ce langage énigmatique.
Il n'avait osé l'avouer au Sage Urbain.
Il était convaincu en son for intérieur que ce dernier avait deviné sa crainte et sa perplexité.
Aimer Lutine lui semblait naturel.
Avait-il seulement prémédité cela ?
Aimer est déroutant.
Aimer cette petite Elfe est aujourd'hui sa seule raison de vivre.
Pourtant, il se sentait démuni.
Tout lui semblait compliqué !

Ma Lutine !
Où t-en es-tu allée ?

Il s'engagea sous la voûte épaisse des arbres.
Combien de fois n'avaient-ils pas danser en ronde joyeuse dans cette partie du sous-bois ?
Lutins et Elfes étaient amis depuis si longtemps et se rencontraient souvent en ces occasions festives que nuls n'auraient voulu manquer.
C'est à l'aube qu'ils se séparaient, harassés, mais heureux d'avoir tant ri.




Le cœur de Franck battait très fort, et il ne savait guère pourquoi.
Tout lui semblait si singulier.
Il percevait comme une intense présence sans pouvoir se l'expliquer.
Souvent, il se retournait brusquement pour vérifier que personne ne le suivait.
Il se perchait dans les arbres et scrutait longtemps l'horizon.
Il marchait durant des jours entiers, et se reposait sur la mousse.
Il veillait à ne s'endormir qu'au creux d'un arbre.
Tous les arbres étaient ses amis.
Il avait appris à leur parler et quelques uns lui répondaient.
A la nuit tombée, il consultait la boussole comme le lui avait enseigné Le Sage Urbain.
Ne lui avait-il pas recommandé aussi de faire une prière avant chaque consultation ?

Tu saisiras très vite l'intérêt de se recueillir ainsi.
Ferme les yeux et respire lentement puis prononce ces paroles : De par La Connaissance Suprême des Anciens, guide-mes pas !

La boussole émettait une vibration particulière.
Franck entendait comme un souffle et le cadran prenait une teinte bleue.
Les aiguilles tournaient un moment puis se fixaient comme par enchantement.
Une sorte de chemin apparaissait alors au milieu de cette végétation dense.
A chaque fois, Franck en était surpris.
Dès l'aube, il recommençait le rite, et le sentier devenait encore plus apparent et se teintait de bleu.
Jamais il n'avait assisté à un tel prodige.
La Boussole devenait sa compagne.
Il l'enfouissait dans une de ses poches avec un grand soin.
Il vérifiait aussi que le talisman était bien protégé tout contre sa poitrine.
Il reprenait sa marche, et levait souvent la tête.
Le ciel était traversé par de beaux oiseaux blancs qu'il suivait comme fasciné.
Il avait cette étrange impression que ces derniers écrivaient des mots d'amitié et d'encouragement.
Alors en un élan spontané, il leur lançait : Oh Hé, les Amis, si vous rencontrez ma Lutine, dites-lui que j'arrive bientôt !
Oh oui, dites-lui que Franck est en route !

Océan sans rivage

Tristesse de Gente Oie

Blason de Lapoutroie (Haut-Rhin, Alsace)

Ce matin-là, Gente Oie traînait sa langueur
À travers une campagne d'infinie tristesse.
Le temps lui paraissait s'étirer en longueur,
Lors même que tout lui semblait frappé d'étroitesse.

L'absence de Gente Poule pesait sur son cœur.
« Las ! ma bonne Amie, quand reviendrez-vous, chère Âme ?
Moi qui buvais vos mots comme l'on boit une liqueur,
Me voici à errer comme sur la scène d'un drame !

Parfois me saisit l'irrépressible envie
De vous aller rejoindre car sans vous, la vie
M'est proprement insupportable ; c'est peu dire !

J'aimais vous ouïr parler de Dieu et de Son Ciel ;
Je voyais couler partout le lait et le miel !
Même les petits cailloux étaient à resplendir ! »

Marc

Dies Natalis

Blason de Altötting (Bavière, Allemagne)

La Vierge représente la nature immaculée
Qui fut en notre âme imprimée dès l'Origine
Et qu'aucune tâche jamais ne saurait maculer.
C'est vers cet état que le retour nous destine.

C'est encore la Vierge en nous, au plus profond
De notre être, qui devient l'intime matrice
De notre renaissance, et c'est par un Cordon
De Lumière que s'accomplit l'Oeuvre Créatrice.

Tel est de la voie verticale le sens réel :
Établir en ce lien une colonne nourricière ;
Telle aussi, la signification de Noël,

Car en nous est un enfant qui se veut naître,
Semence d'étoile au cœur de l'opaque matière,
Remontée de l'âme vers la plénitude d'Être.

Marc

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Peinture de William-Adolphe Bouguereau (1825-1905)

Maître Coq et saint Nicolas de Myre

Blason de Diefmatten (Haut-Rhin, Alsace)

Mon bon saint Nicolas, patron des écoliers,
Apporte-moi des bonbons dans mon petit panier.
Je promets d'être sage comme une belle image,
Au moins jusqu'à Noël et même jusqu'aux rois mages
.


Cette comptine remonte à ma mémoire, en ce jour
Qui marque de ce temps d'enfance l'heureux retour.
Comme l'on aimerait se réenchanter encore !
Écouter les anges du Ciel sonner du cor

  Auquel ferait écho des bergers la musette,
Lors que la neige cotonneuse recouvre les bois
Et que dans la chaumière brûle un bon feu de bois ;

Humer l'odeur des petits biscuits aux noisettes ;
Manger une brioche trempée dans le chocolat…
Telles sont les douceurs qu'inspire la saint Nicolas.

Marc
_____ 

Coupé, au premier d'argent à un buste de saint Nicolas de carnation, mitré d'or, vêtu pontificalement de gueules, au pallium d'argent chargé de trois croisettes de sable, tenant dans sa main dextre trois pains d'or, dans la senestre une crosse de même posée en barre; au second, de sinople au coq hardi d'argent, becqué et membré d'or, crêté et barbé de gueules.

La saint Nicolas

Blasons de Liptovský Mikuláš (Slovaquie) et de Landstraße (3e arrondissement de Vienne, Autriche)


Avec la Saint-Nicolas, fêtée le 6 décembre, débute véritablement la période de Noël, du moins dans les régions et pays de culture germanique et, plus généralement, en Europe du Nord et de l'Est. Nicolas, né en 270 et mort en 345, fut évêque de la ville de Myre en Lycie, située dans l'Anatolie du sud-ouest, près d'Antalya (Turquie actuelle). Sa vie est remplie d'anecdotes souvent représentées dans l'iconographie religieuse et héraldique : ainsi, il jette par la fenêtre de l'argent à trois jeunes filles pauvres pour qu'elles puissent avoir une dot et se marier (générosité rappelée et symbolisée par les trois pains d'or qu'il tient dans sa main droite sur certains blasons). Il ressuscite trois enfants qui, étant allés glaner aux champs, avaient été tués et découpés par un boucher. Il sauve de la tempête un bateau portant une cargaison de blé pour la ville de Myre. Il serait décédé un 6 décembre. C'est un saint très populaire, patron des enfants, des étudiants, des enseignants, des marins, de la Lorraine et de la Russie. Lors de sa fête, on distribue des friandises et parfois des cadeaux aux enfants.


lundi 5 décembre 2016

Dans les sillons du jour


Blason de Chambéon (Loire)

Le soir, quand ma pensée erre
dans les sillons du jour passé,
une profonde tristesse envahit et serre
mon cœur par le tien embrasé.

Dans les bois, le vent d'Est
donne une dernière caresse
aux feuilles de détresse
dont ma main prolonge le geste.

Ô bel automne par qui la blessure
laisse l'hiver nous pénétrer et meurtrir
de mille déchirures !
Tu emportes nos premiers soupirs !

Ô songe de nous par qui l'Amour
transfigurant verse son aurore
sur le jour
que nos liens ne peuvent éclore !

Le sentier où je traîne mon ombre
est un fil tendu vers l'inconnu de toi.
Les images de l'éphémère sombrent
dans l'impossible de moi.

Dans les bois, la biche craintive
que les hommes pourchassent
pénètre furtive
dans la nuit qui trépasse.


Blason de la famille Labiche de Marsac (Limousin)
(Blason dessiné par O. de Chavagnac pour l’Armorial des As)


Le temps égraine sa longueur
sur le chapelet où s'enfilent
les langueurs
d'une étrange idylle.

Ô silence de nous par qui les mailles
se tissent en étreintes voluptueuses,
où la semence enfuie en nos entrailles
s'élève de ramure en couronne lumineuse !

Le jour pâle est un voyage
que l'absence prolonge ;
où le regard qui pare nos visages
enfante un songe.

Dans les bois nus que l'hiver livre
aux vents d'inquiétude,
l'hiver s'habille de givre
et moi de solitude.

Des terres retournées montent les senteurs
de l'amour oublié
que le ciel azuré recueille en lueurs
de gerbes par nous liées.

Les baisers dilués dans l'océan de nous
s'infiltrent en ondes cristallines
dont les courbes se nouent
en édifice de racines.

Dans les bois que la sève déserte
gît un linceul blanc
qui prépare la flambée verte
d'un printemps

Ô Printemps de nous
je te chanterai
maintenant
Je t'aimerai
ici

Marc

Blason de Le Tourne (Gironde, Aquitaine)


Chambéon : d’azur à deux épis de blé d’or, ployés et adossés, accompagnés en pointe d’une nymphale [feuille de nénuphar] d’argent; au chef voûté et bastillé de sept pièces d’or, chargé de deux fleurs de lis d’azur défaillantes et mouvant des flancs dextre et senestre.

Labiche de Marsac : d’azur au chevron d’argent accompagné de deux étoiles d’or et en pointe d’une biche passant de même.

Le Tourne : d'or à trois peupliers de sinople rangés en fasce, à la champagne d'azur chargée d'une alose d'argent, au chef aussi d'azur chargé de trois coquilles aussi d'argent.

Lune Noire et Astre d'Amour

Symbole astrologique de la Lune Noire et blason de Marnay (Haute-Saône)

En ce voile, épaisseur des troubles, lors que tu vois, n’es-tu pas à me voir ?

J’ai vu tes abysses plonger en mon être et j’ai vu tes approches qui n’avaient aucun impact sur moi.
J’ai entendu tes susurrations et reconnu ta langue acérée.
Depuis longtemps tu es à hanter ta propre réalité.
C’est toi qui es à te lacérer sur les plaines de ton opacité.
Le monde subtil par lequel tu es à opérer est le monde de l’illusion.
Tu es à répandre partout les putrides déviances de cette croyance.
N’es-tu pas à user des stratèges les plus sournois lors que les morceaux sont de plus en plus morcelés ?
Un jour, tu m’as dit : ne t’ai-je pas appris ?
J’ai levé la tête bravement et je t’ai dit : oui, tu m’as appris qui tu es.
Une autre fois, tu as chuchoté ces mielleux propos : tu es si faible et tu commets encore tant de fautes !
J’ai levé très haut la tête et je t’ai répondu : oui, je suis faible et je commets des fautes, mais je demande pardon.
Tu m’as dit : je connais Dieu.
J’ai alors rétorqué : certes, mais tu ne L’aimes pas, car, si tu L’avais aimé, tu te serais soumis à Son Décret.
Je sais aujourd’hui que tu es le seul qui ne sait pas aimer.
Le Rayon d’Amour ne t’a pas transpercé.
Tu ne sais pas ce que vibrer pour Lui, même en la faiblesse, peut représenter.
Aimer est un Grand Secret.
Par Lui les mondes tombent, et par Lui, les mondes sont à se renouveler.
L’Amour est La Véritable Connaissance.
Sache-le !
Je n’ai pas peur de toi.
La Lune Noire n’est un danger que pour celui qui ne sait plus voir La Lune Pleine.
J’ai vu depuis longtemps L’Astre de Lumière insufflant la Complétude.
Il est L’Astre de L’Amour.
Toi, lune noire, je sais qui tu es, et tu es en moi celle qui s’est éclipsée à tout jamais en L’Astre de Lumière !
Il n’est de voile que dans celui qui ne voit pas.
Dès lors que La Lumière est L’Origine du Cheminement, il est un Retour de Conscience qui se réjouit en La Suprême Conquête.
Aucun stratège n’atteint les serviteurs de Dieu.

Il est dit en cette Oraison de L’Aube :

De par Tes Sources Luminescentes et Tes Océans d’Amour,
De par La Clarté montante, et de par les Chants de Ta Pré-science,
De par les ondes du vibrant Cœur Ardent de Ta Puissante Descente Divine,
De par Ce Réceptacle virginal et perpétuellement alimenté par Les Fleuves bouillonnants,
De par ce qui ne jamais stagne et de par les courants de Ta Vivacité,
De par les unifications lors que L’Appel se fait entendre, et lors que Les seigneurs en rangs serrés sont à ployer Le genou de la Vassalité,
De par ceux qui s’inclinent les nuits durant,
Et de par ceux qui se prosternent face à L’Orient de Ta Clémence, puis s’élèvent en L’Occident de Ta Présence,
De par le bruissement subtil des ailes des Anges,
Et de par Le Calame suintant des mers de Ton Excellence,
Prémunis-nous contre Toi,
Ô Seigneur des seigneurs,
Ô Roi Magnanime,
Ô Toi, qui suscitas Le Verbe Clair de Ton Prophète Aimant,
Ô Toi, qui manifestas La Miséricorde aux Mondes,
Ô Toi, L’Unique Glorieux en Sa Gloire,
Ô Toi, qui attires de par Le prodigieux Discours de L’Origine,
Ô Toi, qui dis « Sois » et Cela est,
Ô Toi, qui détiens Les Deux Clés des Cieux et de La Terre,
Ô Toi, Le Seul à désirer, et Le Seul Désirant,
Celui qui ramènes toutes les singularités,
Toi, qui rassembles Fidèles et infidèles, et qui couvres d’un Voile de Clémence les négligences, lors que Tu sais ce que les Anges ne savent pas,
Toi, Le Pardonneur qui fais descendre La Grâce du Pardon,
Toi, Le Connaissant qui soulèves les voiles et les transformes en Unicité,
Toi, qui vêts les mendiants et les tremblants de froid devant Toi,
Toi, qui répands les grâces de Ta Contemplation et suscites les Témoignages de par Ton Noble Témoignage,
Toi, dont les largesses sont inépuisables,
Toi, dont Les Mains sont éternellement offertes à qui Tu fais tendre les mains vers Toi,
Ô Toi, Le Soleil de La Présence,
Celui qui est Le Tout Protecteur, enfouies nos manquements et fais-en des Signes pour les indigents, enveloppe-nous de Ta Toute Seigneurie et voiles-nous à Toi, de sorte qu’Il ne subsiste que Toi, Ô Miséricordieux de toutes Les Miséricordes !


Océan sans rivage

Ode à La Vierge Marie, Réalité de La Pleine Conscience

Le Beausset (Var, Provence-Alpes-Côte-D'azur)

D'azur, à une sainte Vierge d'or, soutenue d'un croissant d'argent,
et la tête entourée de sept étoiles du même
.

Ce par quoi tout est Grâce est aussi un Flambeau.
Que sait-on de L'Âme et du noble Voyage ?
Il est à lui seul l'expectative d'une question,
Celle qui vient depuis le fin fond des âges,
Lors que L'Appel est solennel, et se veut acclamation.
Ce sont les Chants de L'Âme qui sont aussi de douloureux ruisseaux,
Lors que Les lamentations de La Conscience sont une sombre prison.
En ce Temple vénérable, il est une Lumière qui est Son Oraison.
Par les Vallées qui sont des réalités fluviales,
Et que La raison ne peut embrasser de sa limitation.
Noble Réalité qui est La Permanence Royale,
Serais-tu éteinte lors que les souffles sont à s'épuiser ?
Le Vivant est-il seulement cette approche horizontale,
Lors que les Temps et les distances s'effacent en L'Unicité ?
Que sont ces ignorances qui se creusent en la dualité magistrale,
Et que les pas des écorchés sont encore bafoués par les insouciants ?
Qu'ont-ils à ne pas s'élancer vers les rives de L'Êtreté ?
Ont-ils à ce point négligé de chercher Ta Munificence ?
Noble Réalité de La Sainteté et Grâce de L'Amant !
En Toi, Dame de la Seule Présence qui est en nous,
Te relègue-t-on à l'idolâtrie qui est simulacre d'Amour ?
Ma Lumineuse et immaculée Enfant du secret Temple,
En ce sanctuaire, Tu es Ta Visitation, et le Gardien jaloux,
Chasse tous les intrus qui font ce sacrilège de l'aveugle parcours.
Le bruissement de ta suave solitude qui se veut prière flottante,
Sur l'ensemble de l'humanité, lors que ton cœur semble déchiré,
Des férocités de l'ignorance et de l'oubli avéré.
Ma Fleur Révérencielle, lors que tes petits pas sont légèreté,
Les soies de Ta Présence épouse les nuits de Ta Veillée.
Que n'a-t-on vu l’Épée que tu as brandie pour trancher
Les troubles devant Le Miracle de Ta Pleine Sacralité ?
Ma Rose de L'Incandescent Amour que l'on a négligé,
Tu es Celle qui virginise toutes les âmes esseulées.
Mon Lac et ma Lune Argentée, Aurorale Beauté,
Pureté des Terres et des Cieux de La Toute Majesté,
Que sait-on aujourd'hui du Berceau que L'Esprit a enfanté ?
Que sait-on de Tes sublimes pas en ce Chemin de La Conscience ?
Ce sont Tes Parures qui vêtent les gueux et les va-nu-pieds.
Les Vagues de Ta Généreuse Luminescence sont La Gloire de L'Omniscience. 
Corps et Esprit pour ceux qui ont été nimbés de L'Effluve de Ta Réalité.

Océan sans rivage


Peinture de James Tissot (1836-1902)

dimanche 4 décembre 2016

Le renard en héraldique



Le renard est généralement associé à la flatterie, au mensonge, à la malice, à la ruse et donc à la tromperie. Cela n'arrange pas sa réputation de nuisible, entretenue par les chasseurs dont on sait que beaucoup s'abritent derrière maints prétextes pour jouer de la gâchette en bonne conscience. On retrouve cet animal couramment en héraldique.

Voici pour le côté ombre auquel le renard est malheureusement trop souvent réduit et confiné. Côté lumière, la symbolique qui lui est attachée est bien plus riche et profonde. Cet animal exprime la sensibilité développée, autant physique que mentale, l'art de voir à travers la tromperie et donc celui du discernement, l'aptitude à trouver ou à retrouver son chemin malgré les détours ou les embûches et la capacité à réagir rapidement devant les situations difficiles. D'une manière générale, le renard inspire l'acuité de l'attention et la vigilance aigue.


Sagesse de Renard

Blason de Pierrevert (Alpes-de-Haute-Provence)
(Dessiné par Jean-Paul Fernon)

Coupé: au 1er de gueules au renard d'or, la tête de front,
arrêté sur un mont du même, au 2e d'or à la bande de sable.


En cette clairière, subrepticement, tu m'as fixée du regard si intensément.
Soudain, ai-je su que tu étais à me voir ?
Ai-je su que tu étais en cette pleine apparition ?
Qu'es-tu donc à me dire ?
N'es-tu pas celui qui nous visite en notre maisonnée, durant cette veillée que toi seul apprivoises ?
J'ai couru sur les sentiers pour te retrouver, car, de toi, j'ai beaucoup appris.
Tantôt tu me sembles un grand farceur dont il faut se méfier, et tantôt tu es le maître que j'aime patiemment écouter.
C'est en ces bois que j'ai aimé te rencontrer et ton poil fauve est semblable à une lumière qui cherche à percer les grands mystères.
Je ne me suis pas trompée.
J'ai vu que tu me voyais.
J'ai aimé que tu vois ce qu'il y a en moi.
Dès lors, j'ai pu comprendre l'image que tu étais à me renvoyer.
Tu n'es pas un trompeur.
Ton regard perce et va droit au cœur.
En cet écrin de verdure, les rais du soleil ont tracé un chemin.
C'est ainsi que celui qui te rencontre peut comprendre.
Es-tu un ami ?
J'ai su que ta proximité est une science et tu es à me dire que tout est dans le regard intérieur.
Tout est Lumière.
Tu m'as dit aussi : observe bien et va lentement.
Il existe deux sortes de feu. L'un brûle et ne donne rien. L'autre est une flamme dans la Nuit.
J'ai étudié ton corps entier et il m'a révélé ses secrets.
Tu m'as dit : prends ton temps. En lui, il est une sagesse.
J'ai vu comment tu t'élançais en cette vallée.
Tu m'as dit : mes pas sont feutrés et je m'entends marcher. Il n'est pas un seul bond que je ne fasse sans en mesurer l'impact.
J'ai fondu en la couleur chatoyante de tes mouvements.
Tu m'as dit : c'est en ton cœur que Les mondes ondoient.
Tu m'as laissée venir tout près de toi.
Je t'ai entendu me dire : tout périt excepté Le Grand Secret.
J'ai alors su.

Océan sans rivage

Histoire d'un frère et d'une sœur (3)

Illustration de Norman Rockwell (1894-1978) pour Little woman, de Louisa May Alcott (1832-1888)


C’est être en cet accord secret, que sont à se recueillir, en L’Esprit d’immédiateté, les flux abondants de La Juste Présence.
Vois comme les effluves viennent de cette extinction, lors que Rien s’efface et que Tout apparaît.
C’est en ce bruissement pur du moment que sont à éclore les vagues de L’Êtreté.
Vois comme Cela Se fait une Révérence et comme Cela est à Se laisser regarder.
Les yeux sont grands ouverts devant les jaillissements de Son Essence.
Je ne soufflerai pas le Mystère.
Je ne Le divulguerai pas.
Je Le laisserai juste Être.
Il est là.
Se révélant en Sa Juste Grâce.
Se cherchant en Son occultation.
Se reconnaissant en Sa Vibration.


Mon frère, seize années de ma vie se sont écoulées.
Je suis en cette chambre, dans la pénombre d’un hiver.
Au loin, des lumières scintillent et j’entends le bruit des gens qui s’animent à travers ces vitres.
Il est alors à se vivre cette cruciale plongée et je me sens à la fois être et disparaître.
Le vide m’étreint et me glace.
Il est à me dire des choses que je sais se bousculer en cette effervescente intensité.
Le froid est soudain comme mille étendues qui appellent les profondeurs, ces profondeurs que l’on sait avoir un sens, être aussi une beauté qui tremble et qui n’a qu’un Nom.
Il veut jaillir.
Je ne Le laisse pas.
Il est si Grand, qu’Il ne peut apparaître.
Ce n’est pas encore le moment.
Le regard a plongé si loin qu’il en revient avec une force qui lui donne toute la Vie, toute Sa Puissance Universelle.
Mon frère.
Je me voulais te rejoindre.
Tu es si loin que je n’ose pas te toucher.
Et comment cela se peut-il être ?
Mille voiles nous séparent encore.
Le temps s’est plié en ce souffle que j’ai retenu.
Tu as levé la tête.
Mille voiles et ce sont eux qui nous rapprochent.
La nuit m’a enveloppée.
J’aimerais encore jouer sur le bord des trottoirs.
Nous chantions et faisions des rondes.
Je devenais ce coq que tu plaçais à l’arrière de ton vélo, aménagé de quelques bâtons.
Entre nous, je faisais le fier, et gardais bien le torse bombé, pourtant, comme j’avais peur !
Je me suis accrochée de toutes mes griffes.
Ne m’as-tu pas vu rouler des yeux ?
J’ai aimé que tu me promènes partout ainsi.
Les passants souriaient.
Personne ne pouvait se douter que j’étais là.
Même pas toi !
Je t’ai accompagné partout.
Une sœur ne perd jamais de vue son frère.
Je me glissais souvent dans une de tes poches.
Je ne faisais pas toujours le bon choix : elle était la plus part du temps trouée !
Une nuit, en secret, je t’ai emmené jusqu’à ma petite cabane dans l’arbre.
J’avais couché de la bruyère sur le sol, et tressé des feuilles qui devenaient alors des cloisons bien vertes.
Je t’installais près de moi et te lisais les légendes de l’ancien monde.

Puis, au petit matin, je te ramenais chez toi.
Je te quittais avec une nostalgie qui me tenaillait le ventre.

Le vide de toi.
Le plein de toi.
C’est dans le froid de l’hiver que j’avais le plus chaud de nous.
Je courais si vite que tu ne semblais pas me rattraper.
J’avais le souffle coupé !
Je riais pour masquer ma défaite.
Ce jeu de chat qui me laissait toujours comme hébétée.
Des chats, il y en avait partout.
Je me souviens que j’avais une peur bleue de descendre à la cave.
Lors que je m’y rendais, j’appuyais sur tous les interrupteurs pour que la lumière éclaire ce lieu devenu hostile à la nuit tombée.
Des chats noirs bondissaient, leurs yeux jaunes m’impressionnaient.
Je t’ai souvent tenu la main.
Je m’attendais toujours à en voir surgir un.
Tout le long du parcours, je me préparais mentalement : je sais qu’un chat est là. Il va avoir aussi peur que moi. Je le laisserai sauter et il s’enfuira. Il ne peut rien m’arriver de mal !
Je me répétais cela jusqu’au seuil de la porte. Je bloquais ma respiration.
Il y en avait toujours un qui bondissait depuis le rebord de la fenêtre.
Mon frère, si tu savais comme je tremblais de peur !
De grosses larmes roulaient sur mes joues d’enfant.
Je n’ai jamais osé avouer à ma mère que j’étais pétrifiée.
Je me disais qu’elle devait bien le savoir.
La peur s’apprivoise dans le noir d’une cave.
Oh oui, mon frère !
Ta petite sœur a souvent éprouvé ces sortes d’angoisse qui font perler de sueur le front.
C’est sans doute pour cela que nous savons rire aujourd’hui !

Océan sans rivage

Blason de Wust-Fischbeck (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Poésie héraldique allemande - Tütz

Blason de Tütz (Poméranie Occidentale, Prusse ancienne, actuel Tuczno, Pologne)

Auf Silbergrund eine Jungfrau in blauem Kleide,
die mit jeder Hand ein rotes Rad emporhält
.



Es dreht sich meines rechten Rades Nabe.
Wenn Tag und Kleider ich gelassen habe,
Aus Sternennebeln tritt ein kleiner Knabe.

Er müht sich strauchelnd durch der Betten Wust
Und setzt den nackten Fuß auf meine Brust,

Die reinen Füße auf ein weißes Kissen.
Er steht ob meinem Leben ohne Wissen

Und schaut und lächelt: wie mein Haar zerzaust,
Ein Qualschrei keuchend ringt mit meiner Faust,

Viel winz'ge Ängste fest mein Herz umkrallen,
Daß es nicht klopfen möge und er fallen.

Dann treibt er fort. Und Schwärze hockt, ein Rabe.
Es dreht sich meines linken Rades Nabe.
Ich träumte lebend, träume nun im Grabe.

Gertrud Kolmar

Maître Coq en son loyal hommage

Blason de Champonnay (département du Rhône, Lyonnais)

Je suis né d'une maison de hardis hobereaux
Qui croisèrent leurs ergots sur maints champs de bataille.
Chez nous, l'on ne se rend pas, l'on meurt en héros,
Après un vaillant combat d'estoc et de taille.

Que l'on entende sonner le cor de l'Ost royal,
Nous voici prompts à courir, toutes affaires cessantes,
Pour rendre au Vrai Roi notre hommage loyal.
Sa Main posée est à elle seule anoblissante.

Il n'est de récompense que de Le bien servir ;
C'est notre fierté, nul ne nous la peut ravir.
D'azur baigne nos cœurs vifs d'une ardeur fidèle,

Lors que notre plumage se pare du plus bel or.
Ce nous donne une allure altière, de prime abord,
Mais c'est la Lumière de l'Amour qui nous modèle.

Marc
_____

D'azur aux trois coqs d'or barbés et crêtés de gueules,
au chef cousu du même chargé d'un lion léopardé aussi d'or.