Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

samedi 26 novembre 2016

Le pont

Blason de Amt Peitz (Brandebourg, Allemagne)

Le pont qui joint les deux rives est aussi le lieu
De la rencontre, la promesse d'une convergence,
L'union des quintessences qui tissent un lien précieux
Et fécond, suivant les voies de l'intelligence

Qui est l'acte de mettre en relation
Les événements de l'apparente contingence,
D'en établir clairement les associations
Et même, d'en saisir la possible émergence.

Le pont ouvre un espace de neutralité ;
Il enjambe la profondeur et la surplombe,
S'offrant comme une base à la verticalité

Qui devient l'axe et le support d'une montée.
La vie est ce pont-là, du berceau à la tombe ;
C'est par l'intérieur que se fait la remontée.

Marc

Voir aussi Le pont sur Meubles héraldiques




Et de même sur Naissance et connaissance
Rakotzbrücke (Saxe, Allemagne)

vendredi 25 novembre 2016

À la sainte Catherine, tout bois prend racine

Blason de Brettin (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Le mois de novembre est la meilleure période
Pour planter des arbres fruitiers en son verger ;
Tel est l'usage et de la pratique le bon mode,
Nul jardinier n'est sur ce point à diverger.

À la sainte Catherine, tout bois prend racine.
Ce proverbe est écrit dans tous les almanachs
Et se trouve souvent cité dans les magazines.
Jadis, nul planteur jamais ne le contourna.

Ainsi vont les saisons et le travail des hommes.
Il faut bien du temps pour cueillir la première pomme,
Pour peu de traiter Dame Nature avec respect

Et de ne pas vouloir manger le blé en herbe.
L'on se peut faire viatique de tous les proverbes
Qui sont à éclairer tout esprit circonspect.

Marc

Blason de Duplin (Slovaquie)

jeudi 24 novembre 2016

Histoire d'un frère et d'une sœur (2)

Blason de Oedheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

La Lumière a débordé des deux regards qui se rencontrent.
En ces yeux ruissellent les Soleils de L'Autre Monde.
En ce vis à vis, les rayons sont les joies profondes de l'innocence.

J'ai entendu les clapotis de la pluie qui dansaient sur les joues de ma sœur.
Elle a le sourire qui inonde les plaines de mes épanchements étourdis.
Le vent a fait valser les feuilles que l'on caresse et que l'on effeuille avec les doigts maladroits.
Je t'ai vu poser sur chaque nervure, ton souffle délicat et l'interrogé des arcs de tes yeux.
J'ai perçu tes pas contemplatifs sur les sentiers sauvages, que traversaient des lapins égarés.
Les brumes de l'automne matinal t'embrassait du léger frisson.
Ton capuchon en laine te grattait le front.
Tu as couru tant de fois et tu te retournais pour me sourire au vent.
Je sais que je suis ton frère qui te rencontre à l'Aube des firmaments.

J'ai trempé tant de fois les mains dans la glaise froide, et j'ai versé les flaques d'eau en ce pétrissage.
Je me suis assise sur le rocher et je t'ai attendu.
Mon frère.
Compagnon secret de mes incartades.
Je suivais les mouvements obliques et dansant des papillons bleus.
Au creux de la paume, je murmurais les ruisseaux de leur tendresse.
Ils étaient si subtils en leurs ailes de velours, et souvent, j'y sentais la soie de leur amour.
Les herbes faisaient glisser mes chaussettes.
J'ai longtemps observé les dentelles des champignons aux senteurs de la terre amoureuse.
Les châtaignes ont chauffé les mains glacées qui cherchaient à se réfugier dans les poches du manteau.
Au loin, les corbeaux croassaient et déchiraient le silence de la campagne.
Les champs se cachaient sous le manteau de neige.
Mon frère, je t'ai attendu en ce silence.
La Lune s'invitait sous notre regard ébahi. 
Comment le ciel noir devenait l'invitation d'un Astre qui luit ?
Tu traînais mon pas sur le sentier du retour et je t'appelais doucement, puisque l'on sait que quelqu'un, là-bas, nous attend.
Je t'ai vu en cet interstice glisser allègrement les collines sur des luges de fortune.
Certains finissaient dans l'eau froide du ruisseau.
Alors, je riais pliée en deux car, combien de fois, ne m'étais-je pas aussi trouvée au fond de l'eau ?
C'est un bain chaud qui nous accueillait à la maison.
N'ai-je pas attrapé un jour, une grosse fièvre après avoir joué dans la neige, sans pouvoir, ni vouloir m'arrêter ?
Bonnet, écharpe et manteau étaient trempés.
Comme était bon le lit, ces jours brûlants d'insomnie !
Comme j'aurais aimé ne jamais plus me réveiller de cet état duveteux !

Tes longs cheveux au vent sont une invitation au voyage incessant.
J'ai pris refuge sous la tente du chaman et me suis laissée grisée par le vol de L'Aigle Puissant.
En volutes éternelles, L'Azur est devenu Le royaume des ailes qui épousent Le Ciel.
Sur les dunes océaniques, le Souffle s'est exacerbé des prières, et toutes les incantations sont devenues Réalité.
Près d'un Rocher bleu, les fleuves ont chanté les scintillements de L'Oraison Céleste.
Depuis les envolées qu'un cheval auguste a permis en L'Ailleurs mélodieux, les mains ont embrassé les nuages qui fuyaient.
La Rose sauvage nous a appelés et nous a offert une Roseraie que seuls les enfants qui gambadent en déchirant leurs vêtements peuvent approcher. 
J'ai souri aux gazouillis des oiseaux, et je me suis laissée à voler sur leur dos.
J'ai peint de mon regard leurs ailes.

Aujourd'hui, mon frère, c'est toi qui me cherches.
Je suis sur ce rocher peuplé de mondes féeriques qui se visitent en ces yeux troublés par les larmes de notre absence.
En cette prairie, ne m'oublie pas.
Les voûtes des arbres cérémonieux ont cette révérence que le temps est à magnifier en ce regard des jeux d’antan.

Océan sans rivage

Blason de Eisleben (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Son Amour

Blason de l'Oise

Taillé : au premier d’or aux trois bandes d’azur, au second aussi d’azur
semé de fleurs de lys d’or ; à la barre d’argent brochant sur la partition.



J'étais en Son Ultime Ciel, baignée de Lumière
Que dis-je, lumière et lumière en ce Mystère
Des chants étincelants d'Amour étreignant
En L'Innocence des vagues d'étonnement
De doux ravissements, du Lien mémorable
Mes yeux amoureux, rivés en Sa Glorieuse Beauté
Cela durait sans durée, un fusionnement ineffable
Quand IL m'annonça une descente, Ô mon Bien-Aimé
Le suppliai-je, gardez-moi en Votre Proximité
Comme Il m'est intolérable de Vous quitter
N'aie crainte, C'est Moi qui de toi m'occuperais
Alors, je courbai la tête et le laissai ainsi faire
De deux voiles de Lumière, Il me tint éloignée
J'en pleurais, et j'en pleurais, grand est mon désir
De revenir en Ce qui a tout commencé, en Son Amour
Et depuis des milliers d'années, je vis en ce Seul Souvenir
Le retrouver, et L'aimer, et L'aimer, et vivre Son Amour.

Océan sans rivage

Rencontrer Dieu en L'Autre (Réflexion de Gente Poule)

Blason de Égreville (Seine-et-Marne, Ile-de-France)

Coupé au parti palé d'argent et de gueules de six pièces et d'azur à une aigle
contournée et couronnée d'or, de gueules à une poule d'argent membrée de carnation.

Qui sommes-nous, si ce n'est L'Autre en nous ?
Tel que nous sommes à voir, telle est La Réalité de ce Monde.
Telle est La Réalité de nous.
Celui-ci est en son Odeur Originelle, loin des projections.
Il est sa suave Réjouissance, en une sorte d'hébétude atemporelle.
Il ne change pas.
Tu ne peux L'atteindre.
En marchant sur les allées que bordent les montagnes, j'ai vu les arbres être, sans avoir autre souciance que d'être en leur parfaite harmonie.
Arrête-toi, un peu au bord du monde, et c'est là que tu te verras.
En ce Silence, se murmurent les sagesses d'un Miroir aux multiples reflets, et aussi en cet Unique qui les englobe tous, lors que Le regard surplombant et profond est à voir.
Tout ce que ce monde est à réverbérer est notre inutilité et notre insouciance.
Il est à se laisser glisser sur des parois chaotiques, en des remous qui sont de même les décadences de celui qui a tout oublié.
Du narcissisme le plus avéré et le plus éhonté, des frustrations de celui qui se veut à vouloir, en sa lucarne rétrécie.
Du futile, et de l'égoïsme.
De l'ignorance.
Tout procède du Dedans.
Et c'est parce que cela est ainsi en nous, que ce monde glisse en la plus ignorante et ignorée destruction.
Le Néant n'est rien d'autre que l'échec d'une âme qui se voulait progresser, et qui est tombée en ses pièges les plus viles, lors qu'elle a désiré l'indésirable.
Lors, nous sommes tous responsables.
Lors, nous sommes tous à ne plus avoir que ce choix, celui qui est de revenir à La Pure Tradition.
Oeuvre Primordiale.
Source des Connaissances qui nous redonne à notre Humanité, et de même à la Création.
C'est elle qui est La Niche préservée, immaculée, intouchée.
En faisant acte de Retour en nous, puis en chacun de nos actes, alors, le monde sera Nouveau : Vierge des confusions et des rondes sans fin qui n'ont de but que de tourner en rond.
Rencontrer L'Autre, c'est se rencontrer soi-même.
Si tu ne le vois, alors, tu es à détruire ton propre être.
Ainsi est La Loi.
Si tu te vois en lui, tu verras les aspérités et les unités qui seront en rang serré à se désirer et s'unifier en Le Seul Être.
Ne sois pas celui qui se détourne.
Apprends à te voir en l'autre et à t'accepter.
Si ton reflet est encore en ce remous violent, alors apprends à te pacifier.
L'Autre est ta pacification.
L'Autre est Toi.
Tant que tu ne seras pas à te voir en lui, alors tu ne sauras Le voir Lui.
Et tant que tu ne verras pas Lui, tu ne verras rien.
Des images flottantes tout au plus, des rictus de reflets.
Sache-le.
Il n'est rien de plus Conscient qu'un Regard en Lui.
Le voir, c'est te voir.
Le voir, c'est rencontrer Dieu en L'Autre.
Et L'Autre, devient Lui.
Et Lui, ne trompe pas.
Comprends-bien.
Chaque parcelle de ton être, est la parcelle de ce monde.
Ce monde s'unifie en Lui, par toi.
Et ce monde se détruit, lors que tu n'es plus à L'accueillir en toi.
Comprends encore.

Océan sans rivage

Lointains rivages

Blason de Carantec (Finistère, Bretagne)

C'est ici que finissent les terres et que commence
L'infini mouvant ; c'est ici que gronde la mer,
Les jours de colère, quand elle sort de sa dormance
Et que les vents mauvais chevauchent l'écume amère.

Sur ce bord du monde, je marche le long de moi-même ;
Derrière moi, l'eau efface mes pas dans le sable ;
Et devant moi s'ouvrent les horizons extrêmes ;
Cet instant fugace, pourtant inépuisable,

Se dérobe, revient, sans cesse, plus fort, insistant ;
Il m'entoure, me pénètre, insaisissable ;
C'est lui qui me prend ; je le laisse faire ; je l'attends.
Cette présence est l'unique chose impérissable.

Là-bas, près d'un rocher, sur l'autre rive du temps,
Une ombre passe... La mer était belle et bonne ;
Je croyais que la vie le serait tout autant,
Chaude et douce, comme le ventre d'une mère qui fredonne

L'air d'un petit navire qui navigue sur les flots,
Dessus l'onde tranquille, vers les lointains rivages.
Aujourd'hui, n'en reste que cet instant, un îlot
Perdu sur un océan où s'effacent nos sillages.

Marc

Voir aussi sur La profondeur

À la sainte Flora, plus rien ne fleurira

Blason de Wennigsen (Basse-Saxe, Allemagne)

Déesse Flore, quiconque ne croit en ton existence
N'en aime pas moins les œuvres florales
Que tu prodigues avec tant de munificence ;
L'on te prête une figure purement picturale

Et allégorique inspirée des anciens mythes ;
Ainsi pour toutes les déités de la nature ;
Il ne demeure que quelques pâles coutumes des rites
Qui ont rythmé les saisons ; c'est bien cette rupture

D'avec le sentiment du sacré qui amène
L'homme à se conduire de manière aussi brutale
À l'encontre, autant de la sphère végétale

Que des animaux qui en subissent toute la peine ;
Sait-il seulement qu'il existe une réelle conscience
Dans toute forme de vie mais qui échappe à toute science ?

Marie-Louise


Blason de Emleben (Thuringe, Allemagne)

Voir aussi sur Naissance et connaissance

mercredi 23 novembre 2016

Trois Larmes

Blason de Mions (département du Rhône)

Parti : au premier d'argent aux trois fasces ondées d'azur ; 
au second d'azur aux trois larmes d'argent.


Oscillations et ondulations en ce Chemin vivant.
S'il n'est point d'humidité, alors que nous vaut de vivre ?
Ce sont nos âpres vérités, n'en déplaise aux insouciants.
Elles sont les Parures des yeux qui sont nos souvenirs, ivres.
Ces goûts de l'océan sont une douceur à L'Âme fervente.
Il n'est qu'une seule crainte, c'est de mourir sans vivre L'Étreinte.
Riez donc, Ô vous qui de vos yeux secs, ne voyez rien !
Sur les vagues fougueuses est à ondoyer Un Azuré.
Il est des Perles que recueille un étrange Écrin.
C'est en la solitude suave que nous sommes à pleurer.
Les fleuves de Langueur sont les Respirs incessants du Souffle,
Et notre cœur sursaute en L'Amour qui s'unifie aux douces ondes,
Puissantes en cet infini et qui embrasent ce qu'un sanglot étouffe,
Dans le silence d'une cellule, en cette nuit hors du monde.
Riez donc, car il est un rire qui se veut dérision,
Lors que La Joie est une pleine Oraison.
Je suis le vent en cet hiver qui s'annonce.
Je me veux vous avertir de la singulière somnolence,
Et vous revêtir de cette Nouvelle : un Jour est à venir.
Il est à cueillir les désirs de votre négligence.
C'est en ce tournoiement, que trois Larmes sont une danse.
Ce lointain Zéphyr est encore à vous tous chérir.

Océan sans rivage

Maître Coq en sa fragrance

Blason de Feyzin (Département du Rhône)

Aurais-je pu avancer sans La main Aimée ?
Serais-je à Te voir sans rencontrer L'Autre ?
Le Ciel s'entrouvre en cette offrande inestimée,
Lors que se visite un Jardin qui est nôtre.

Les voûtes automnales sont à fuir sous le vent.
Maître Coq, votre chant épouse notre âme.
Voyez comme la missive est une flamme.
Les nuages ont porté notre cœur ardent.

Le Soleil ruisselle des doux rêves d'antan,
Sur chaque feuille qui court comme un Astre
En pleine circonvolution, Luminescent.

En cet Empyrée, lors que les prairies vastes,
Et qu'un fleuve poursuit cette itinérance,
L'on est à s'imbiber de votre fragrance.

Océan sans rivage
_____

De gueules à la bande ondée d'azur chargée d'un soleil non figuré d'or issant de la pointe, accompagnée en chef d'un fagot du même et en pointe d'un coq contourné aussi d'or, crêté et barbé du champ ; au chef aussi d'or chargé d'un dauphin versé d'azur, crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules.

Destin de Clytie

Blason de la famille Advisard (Vivarais)

Clytie, belle et douce nymphe qu'aima le dieu Soleil
Qui t'abandonna dès qu'il vit Leucothoé ;
Ainsi sont les dieux, ainsi les hommes, tous pareils !
Prenant, se lassant, toujours à affrioler !

Qu'avait-elle donc de plus, l'autre, que tu n'eusses pas ?
Le sein plus ferme, plus joli et la fesse plus ronde ?
Mal lui en prit : son père la mena au trépas ;
Enterrée vive, elle fut effacée de ce monde.

Hélios, pourtant, ne revint jamais dans tes bras ;
Désespérée, tu te mis nue et demeuras
Assise sur un rocher durant huit jours de temps,

Sans eau, ni nourriture – Ô destin funeste ! -
Tu suivis le char d'Hélios dans sa course céleste ;
Changée en tournesol, à jamais végétant.

Marie-Louise
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D'azur, au soleil d'or, naissant et rayonnant en chef à dextre ;
au tournesol en pointe à senestre, tigé, feuillé, fleuri et terrassé d'or.




Voir aussi sur Naissance et connaissance

Héraldique et symboles : l'œil

Blasons de Erbstetten et de Bad Krozingen, Bade-Wurtemberg, Allemagne)

L’œil, c'est le regard. Il symbolise la perception du monde. Mais qui donc se tient derrière l’œil ? Mystère... La pupille, insondable trou noir, est comme un miroir qui ne renvoie que notre propre image. Aussi peut-on regarder quelqu'un dans les yeux sans le voir jamais.

Acuité

Blason de Bad-Krozingen représentant l'Œil de Dieu
(Bade-Wurtemberg, Brisgau-Haute Forêt Noire, Allemagne)

Au début, tout semble opaque, illisible.
Qu'est-ce qui est quoi ? Les éléments se confondent ;
Le visible fait écran à l'invisible.
Il faut laisser faire le regard, c'est lui qui sonde ;

Mais c'est de la conscience qu'il tire son acuité,
Selon le plan pénétré et l'échelle atteinte.
En vérité, il n'y a aucune fortuité ;
L'esprit affuté débusque la moindre feinte.

De fait, la plupart des personnes sont prévisibles ;
L'ego est collé à une seule architecture
Et ses voies communes se révèlent de même texture.

Avancer, c'est se constituer un crible
Pour séparer le grain de l'ivraie, en toute chose,
Car toujours le faux cherche à glisser sa clause.


Marc

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Maître Coq et le bestiaire héraldique


Blason de Villeneuve-lès-Bouloc (Hérault, Languedoc)

Messire Lion appartient aux plus hauts lignages
Du bestiaire héraldique. Le roi des animaux
A jadis présidé aux plus grands paréages,
Toujours rampant d'or et brochant sur champs d'émaux.

Moi, Maître Coq, ne suis point quelqu'un qui dispute
Ses quartiers de noblesse, ni à se comparer ;
Là où je me suis hissé, c'est de haute lutte
Et il est bien des coups durs que j'ai dû parer

Pour franchir les neuf marches de la parfaite maîtrise
Et déjouer en moi les mille et une traîtrises
Du mental inférieur voué aux illusions.

Le guerrier se moque de la réussite mondaine,
Ayant du reste passé l'âge de la fredaine,
Quoique ne rougissant pas de ses effusions.

Marc
_____

Écartelé au 1) d’azur au lion d’or armé et lampassé de gueules, au 2) d’or au coq de sable crêté et barbé de gueules, au 3) de gueules à la bordure componée d’or et aussi de gueules à la bande haussée d’or chargé d’azur brochant sur le tout, au 4) de sable aux neuf besants d’or ordonnés 3, 3 et 3.

Bal de la licorne


Es-tu licorne, es-tu jolie belette ?
Au long du jour le demande mon chant ;
Je m’interroge, et, doucement marchant,
J’atteins la plaine où mon âme est seulette.

Un arbre mort valse comme un squelette ;
Le vent fredonne un air en le touchant,
Il fait bien chaud, même au soleil couchant,
Même dessous la lune rondelette.

Licorne pure, au jour que je te vis,
Mon cœur en fut totalement ravi,
Saisi fut-il par ta sublime danse ;

Mais, vivra-t-il pour apprendre à danser,
Lui qui n’a plus cet art de s’élancer ?
Il est toujours plus tard que l’on ne pense.

mardi 22 novembre 2016

Poésie héraldique allemande : Schloppe

Blason de Schloppe (Prusse Occidentale, actuel Człopa, Pologne)

Auf schwarzem Grund eine goldene Krone, unter
der Krone drei silberne Sterne und unter den
Sternen ein silberner Sichelmond.

In schwarzem Laube schwellen die Gestirne.
Erst wenn sie faulen, stürzt der Himmel ein.
Dann schmilzt der Mond vor Quittenfrucht und Birne
Und mischt dem Frühtau seinen blassen Wein.

Auf öden Feldern wachsen noch Dämonen.
Die Tote jagen, reiten nachts den Wind,
Und andre ziehn aus Sümpfen ihre Kronen,
Die triefend schwer von Schleim und Schnecken sind.

Die Echse weint. Aus ihren Kinderblicken
Tropft goldengrün ein glänzender Smaragd,
Zersprüht im Moos mit zaghaft feinem Ticken
Am roten Hexenhaar der jungen Magd:

Sie liegt bei Tieren. Läßt die schmalen Hände
Dem blauen Werwolf, der sie hündisch leckt,
Und lächelt sanft, wenn ihre bleiche Lende
Der Geiermönch mit dunkler Kutte deckt.

Gertrud Kolmar

Blason de Człopa (Pologne)


Sur fond noir une couronne dorée, sous
la couronne trois étoiles d’argent et sous les
 étoiles une faucille de lune argentée

Dans le feuillage noir croissent les astres.
Quand enfin ils pourrissent le ciel s’effondre.
Alors la lune fond sous les poires et les coings,
Dilue son vin pâle dans la rosée matinale.

Sur les champs arides poussent encore des démons.
Qui pourchassent les morts, chevauchant le vent de nuit,
Tandis que d’autres pêchent aux marais leurs couronnes
Dégoulinantes de denses glaires et limaces.

La lézarde pleure. De ses yeux d’enfant
Goutte vert-dorée une luisante émeraude
Éclatant dans la mousse en fine secousse frissonnante
Sur les cheveux roux-sorcière d’une jeune fille :

Elle est couchée parmi les bêtes. Offre ses frêles mains
Au bleu loup-garou qui les lèche chiennement,
Et sourit à peine quand ses reins blancs
Sont couverts d’une sombre bure par le moine-vautour.

Source : Gertrud Kolmar : Preußische Wappen, Berlin 1934.
Traduit de l’allemand par Jean-René Lassalle.

lundi 21 novembre 2016

Maître Coq en sa fécondité

 

L'on n'est pas trop de deux quand la progéniture,
Par son nombre, l'exige. L'on se doit en cela
Seconder sa Dame que – Dieu merci – la nature
A rendu si féconde, et même, au-delà !

Je suis certes quelque peu débordé sous mes plumes
Où l'on se pousse et pépie à qui mieux mieux !
Lors, je ne m'étonne plus de prendre du volume !
Il nous faudra bien trouver un juste milieu.

L'on se trouve, à me voir ainsi, plié de rire,
Si bien, qu'à mon tour, cela me prête à sourire.
Toute cette joyeuse marmaille est à me rappeler

Que je fus moi aussi un poussin. Quand j'y songe,
J'aurais bien aimé que cette époque se prolonge...
  Lors, me voici avec une ferme à repeupler !

Marc

Blasons de Eibergen (Pays-Bas) et de Matrei am Brenner (Tyrol, Autriche)

dimanche 20 novembre 2016

Conscience

Blason de Bischofszell (Thurgovie, Suisse)

Par la verticale qui se courbe en spirale
Se revisite ce qu'il s'est donné à vivre,
Car la conscience éveillée se déploie, fractale,
Et, sans dévier de l'axe qu'elle est à suivre,

Se veut éclairer chaque recoin de l'existence.
Pas un seul instant qui ne prenne alors du sens
Ni aucun voile qui ne cède enfin sa résistance !
Tôt ou tard, le vrai s'en vient exiger son cens.

Les ombres s'effacent, le faux tombe ; seule demeure
L'intention, mise à nu et à vif, puis posée
En l'état sur la balance de l'âme. Le semeur

Est aussi le moissonneur. Tout grain monte en tige
Et produit un épi. Un jour, il faut oser
Marcher au bord du monde, sans craindre le vertige.

Marc


Blason de Freiamt (Argovie, Suisse)

Voir aussi sur Naissance et connaissance

samedi 19 novembre 2016

Trois

Blasons de Wiesbaden (Rhénanie-Palatinat), Bochow (Brandebourg) et Durxberge (Saxe-Anhalt)

Trois marque le retour à l'unité perdue,
Comme brisée par le deux de la conscience duelle.
Il est de l'Un l'efflorescence, son étendue
Au nombre, en son expression universelle. (1)

Il représente les trois fonctions du Christ Naissant :
Roi, Prêtre et Prophète. (2) De même, il symbolise
Les vertus théologales : la foi déplaçant
Les montagnes, l'espérance de l'âme soumise

À Dieu, la charité, en la pure compassion. (3)
En lui aussi, le Yin et le Yang, que dépasse
Et unifie le Tao ou la voie qui passe

Par le milieu, en laquelle la conciliation
Accomplit le Réel, en l'Un, Unique et Même,
Depuis son point infime jusqu'à son point ultième.

Marc


(1) Uni-versus : tourné vers l'Un.
(2) Le Roi est le Principe régnant et unifiant ; le Prêtre est le Principe reliant (et donc transcendant) ; le Prophète est le Rappel (et donc le Principe immanent).
(3) La foi naît de l'évidence, lors que la conscience est évéillée ; l'espérance est une marque d'humilité, la conscience révérencielle par rapport à cette évidence car la Connaissance et l'Agir n'appartiennent qu'à Dieu ; la charité est la conscience active de l'omniprésence de Dieu au sein de Sa Création.

Bestiaire fantastique : le Sphinx


En héraldique, la représentation du sphinx est extrêmement rare. Il n'est donc pas facile de trouver des blasons où figure cette créature mythologique. Le sphinx est à la fois le gardien et le protecteur d'un temple, d'un sanctuaire mais aussi d'un savoir secret, réservé aux initiés. Il est donc réputé poser des énigmes. Telle est sa symbolique.

Le Sphinx et Gente Poule

Blason de Henndorf am Wallsee, Autriche (à droite)

Il est une étonnante Pérégrination,
Près du Nil, le vent souffla et parla lentement.
L'imprévisible Sphinx, de son Œil transperçant,
Scruta Gente poule, posa mille questions.

Les augustes colonnes encerclaient notre Amie,
Chaque énigme est secrète Révélation.
Le Roseau dont le chant à l'Aube frémit,
Garde intime les longues conversations.

Gente Poule leva le Regard en cet Azur.
Indicibles leçons, et au creux des Vagues
Les limons que charrie un Fleuve pur,

Sont les prémices des âges de L'Oraison.
Au Sphinx, avec fermeté, Gente poule Répond :
En tout Mystère est une Perle de Jade.

Océan sans rivage

Compère Loup de sable et Compère Ours d'argent


Blasons de Wulferstedt (Saxe-Anhalt) et de Bechtheim (Rhénanie-Palatinat)


Compère Loup, sentant venir les premiers frimas
Se voulut enquérir d'une chaude et sûre tanière.
Il vit venir dans son dos, marchant à grands pas,
Un ours dont la couleur lui parut singulière.

Celui-ci, aussitôt, le héla : « Mon Cousin,
Dieu est bon et je rends grâce à la providence
De te croiser. Connaît-on du Ciel les desseins ?
Je me suis égaré et t'en fais confidence.

– Cousin, tu n'es point du pays, ce me semble...
– En effet, je viens d'une terre de neiges et de glaces
Menacée de disparaître bientôt, hélas.

Lors, je me suis mis en route, allant à l'amble,
Pour avertir le monde du danger qui menace
Et dire aux hommes de regarder les choses en face.

_____


– Si tu ne crains pas de prêcher dans le désert...
Car tu peux toujours parler, les mots se laissent dire.
Sur les bonnes intentions, l'on se montre disert ;
Quant à leurs effets, nul ne les saurait prédire.

L'on se préoccupe davantage de son confort
Que de l'intégrité de notre belle planète.
La vie matérielle concentre tous les efforts
Et l'on n'y considère que ce qui fait recette.

Après que l'on nous eût quasi exterminés,
L'on nous voulut réimplanter dans des espaces
Brisés par l'asphalte multipliant les impasses.

Et dans les réserves où nous fûmes confinés,
Nous ne pûmes plus vivre selon notre nature.
L'homme est ainsi, faisant de tout réécriture.

Marc

jeudi 17 novembre 2016

L'oie en héraldique


Associée à la ferveur dans le bestiaire médiéval, mais aussi liée aux rumeurs malicieuses, l'oie domestique symbolise, de manière générale, la maison, les femmes, la fidélité et la vie maritale. L'oie sauvage est, quant à elle, associée à la coopération et à la vigilance. Elle incarne également la loyauté car elle est censée veiller sur ses pairs malades. D'après L. Foulques-Delanos en son Manuel héraldique ou Clef de l'art du blason (1816), l'oie symbolise un gardien fidèle quand elle est d'azur.