Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

mercredi 12 décembre 2018

Paris flâne


Peinture d'Edouard Cortez (1882-1969)

Paris flâne des chemins qui bordent la Seine, et l'on s'émeut d'un air ancien qui vient rôder comme un bout de parchemin. L'hiver s'installe sur les toits obséquieux qui s'étonnent encore des corbeaux qui n'ont plus d'âge. T'en souvient-il des sentiers, parfois boueux, qui donnaient au silence toute son intensité ? Le vent soufflait, parfois, c'était un orage et je remontais le col d'un manteau bien usé. Quelques flaques d'eau s'en venaient soudain à geler, inopinément, sans que l'on puisse voir surgir le vent du nord. A ton bras, je m'émeus de retrouver les parfums de notre enfance, lors qu'à ton pas, je m'aligne sans souffler mot. Tout semble s'effacer en ces quelques notes de musique, ceux qu'un piano accorde à notre âme vagabonde. Paris se cache en son pudique regard, et la foule qui passe ne le voit pas. A peine respire-t-il. Ose-t-il même se dérober à nos yeux indiscrets ? Je caresse un instant les vagues que forme un bateau singulier, ivre des quelques secondes qui l'ont vu s'écouler au bras de l'amitié.

Océan sans rivage

Blason du IVe arrondissement de Paris (France)

Chevalier sans armes


Composition de l'auteur

Son âme est vigoureuse, et son visage est beau ;
C’est un fol chevalier, neveu de la tempête,
Qu’importe si, bientôt, c’est sa mort qui s’apprête,
Il saura se tenir très bien dans un tombeau.

Son orgueil d’autrefois est parti en lambeaux,
Et son goût de la drague, et son sens de la fête,
Car il a bien fini de se prendre la tête ;
À d’autres paladins il laisse le flambeau.

On le trouve affaibli, mais qu’à cela ne tienne,
Il poursuit son chemin sans rien qui le retienne,
Mais ne cultive plus les exploits décoiffants.

Dans la sérénité sur l’herbage il se pose
Près des fleurs qu’il aimait quand il était enfant,
Pour leur parler toujours du prince et de la rose.

mardi 11 décembre 2018

D'une devise


Blason de la République française

Une devise n'illustre pas la réalité
Mais donne à un idéal une perspective.
Liberté, égalité et fraternité
Ne sont pas en elles-mêmes des valeurs objectives

Mais demandent à se préciser dans un cadre.
Beaucoup confondent la première avec la licence
Et se voudraient qu'aucune limite ne l'encadre,
Disant : « L'on peut jouir de tout en toute innocence. »

La seconde n'est pas non plus sans effet pervers
Dès lors qu'elle amène à croire que toutes choses se valent,
Car à la fin, c'est au plus bas qu'elles se ravalent.

Quant à la troisième, d'entre toutes la plus larvaire,
Elle n'a de sens que par la figure paternelle.
La question est aujourd'hui cruciale : quelle est-elle ?

L'Abbé Théophile

Considérations sur la castration des cerveaux


Blason de Kushva (Oural, Russie)

Cesser de consommer les médias aux ordres
Qui sont entre les mains de quelques milliardaires
Leur nuira bien davantage que de les mordre
En vaines invectives et formules lapidaires.

Ce sont des entreprises de désinformation
Où l'on subit un matraquage publicitaire
Qui vous met l'esprit en une mentale castration
Et dont s'arrange fort une caste parasitaire.

En ses tours de verre, elle regarde les choses de haut ;
Mais ces donjons où grouille cette prétendue élite
Sont juste les excroissances d'un monde qui se délite

Et qui très souvent ne l'indexe que par défaut.
Elle ne prospère que par l'adhésion de la masse
Qui lui abandonne tous les trésors qu'elle amasse.

Le Spectre à trois faces

Chroniques d'outre-monde

Les précieuses ridicules


Blason de Guggisberg (Canton de Berne, Suisse)

L’Amour n’est pas une fleur à la boutonnière que l’on arbore avec artifice et condescendance. La vie n’est pas balayée d’un geste vague et négligeant de la main que l’on fait le soir, lors n’ayant de son poids que le ressenti d’un corps alourdi au milieu des draps froissés de sueur. La respiration n’est pas une simple anecdote, lors que l’on éprouve soudain comme un étouffement dans les parloirs de la conscience à l’air vicié. Le désir n’est pas le surgissement d’une bête vorace, avide et cupide de chair, lors que ce désir se veut réduire l’autre à soi sans autre considération et jouir de plus en plus violemment d’une rustrerie écœurante, en un mépris des plus accablant. Des vautours déguisés en costume et cravate, il en est de leur pointure aiguë que plante le bout de leurs chaussures sur les trottoirs macabres. De leurs regards vides et de leurs discours perclus de mots fantomatiques, en leur vulgarité qui fait du bruit, qui fait du bruit… sans cesse, en la faconde inconsciente des postures que l’on a, lors que l’on se croit en société. Des éclats de rire obscène, répandus en cette déraison acculée aux normes du groupe. Quel gâchis ! Quand donc, l’homme sera-t-il à s’arrêter ? Ces préciosités qui viennent des condescendances de politesses de salon, lors que même dans les milieux les plus spirituels, l’on offre des raccourcis de sagesse pour le développement personnel édulcoré comme au supermarché ! Superficialité d’échanges noyés dans la quantité et illusion de plaire ou peur de déplaire ? Tel est le commerce de l’homme : se dissoudre dans ses croyances. Pire que cela : l’homme ne croit plus en rien, alors l’on est à se demander comment il fait pour avancer jusqu’à l'heure ultime et fermer les yeux après avoir été, de La Comédie humaine, un simple leurre ?

Océan sans rivage


Se lit aussi sur Naissance et connaissance

lundi 10 décembre 2018

Amante


Blason de Bully (Loire, Rhône-Alpes)

Tiercé en bande : au 1er de sinople à la roue d'argent senestrée d'un bourdon de pèlerin du même, au 2e d'argent au calice de gueules accompagné de deux ceps de vigne de sable, fruités de gueules et feuillé de sinople, au 3e de sable au pèlerin contourné d'argent ; le tout enfermé dans une bordure coupé-crénelé d'azur et d'argent.


Du Commencement est la douleur de L'Absence ;
De La Présence est la limite que l'on atteint.
Mais entre les deux, Ton Royaume est Excellence :
Déploiements en l'aspect multiple du Chemin.

Se sont mis en route grand nombre de Pèlerins.
Ils ont tacitement bravé les épreuves,
Mais se sont enivrés sans limite de Ton Vin.
Leurs récits sont les larmes qui nous abreuvent.

A leurs pieds, je demeure et je lève La Coupe :
Ô gente communauté, j'aime partager le pain,
L'Eau qui ruisselle de votre Amour, sans doute,

Ravit chaque jour ce pauvre fou, ce vaurien.
En vos yeux hagards, en votre aspiration fidèle,
Il voit nuit et jour cette Amante venue du Ciel.

Océan sans rivage

Le nouveau Monde


Drapeau de Akseno-Butyrskoe (Russie)

                                 En nos pupilles fendues de Ta Lumière,
                                 En nos jougs d’inconscience et de rêves,
                                 Lors que Les larmes sont à notre cœur une sève,
                                 L’Épanchement est au Jour de notre Eveil.
                                 Et c’est en Ton Absoluité que l’Âme renaît,
                                 Lors que Ton Sein tremble encore de Ton Nacre,
                                 Que les pourpres et les ocres sont entremêlés.
                                 Sache, Ô mon frère, Le Cœur est un Royaume.
                                 D’aimer en cette Union, alors l’instant, tel un atome,
                                 Pourfend l’horizon, et les yeux de voir Le nouveau Monde.
                                 Telle est La Création perpétuelle, jaillie depuis Les Cieux,
                                 Lors que L’Inconnu est à tisser encore les fils de Soie.
                                 En L’Amour, Tout se renouvelle et Tout est Joie.
                                 La mort ne fige aucun instant et donne à La Vie hébétée
                                 Toute l’effusion en Sa Gloire qui est Le pur Espoir.
                                 En ce Linceul d’étoiles, douce drapure de nos certitudes
                                 Le Corps laisse à La Lumière le temps de circuler.
                                 Nous le savons que La Vie est un long couloir.
                                 Nous l’oublions et trébuchons en notre ingratitude.
                                 Lors, La Réalité Une est toujours de toute Beauté.


Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

Révolution


 
Drapeau de Barabinsk (Sibérie de l'Ouest, Russie)

Le mot « révolution » signifie tour de roue,

Le plus généralement autour d'un même axe,
L'ensemble fortement serré par des écrous.
Le changement n'est donc qu'un effet de parallaxe.

Cela signifie qu'à l'ancienne oligarchie
Se substitue immanquablement une nouvelle,
Après une période chaotique ou d'anarchie,
Pour bientôt courir sur une ligne parallèle.

Car un changement n'est pas une évolution
S'il n'est qu'une translation sur une horizontale,
Laquelle ne peut conduire qu'à la reproduction

De ce qu'au départ l'on prétendait corriger
Et qui tôt ou tard aura une issue fatale
Quand s'affaissent les valeurs en principes érigées.

L'Abbé Théophile

dimanche 9 décembre 2018

L’Alcôve


Drapeau du Khanat kazakh (1456-1847)


                 En ce siècle où l’oubli est roi, quand les luttes épuisent les hommes
                 Quand le ciel fuit à l’horizon, que tous vivent la contradiction
                 En ce siècle où la rose sombre dans l’artifice et les dogmes
                 En ce siècle quand le cœur puise dans les souffrances et les passions
                 En ce siècle des faux prophètes qui mélangent sagesses et dictons
                 Se trouve une Chambre secrète, alcôve pure, lieu d’adoration
                 Voûte nuptiale dans la délicatesse des voiles
                 C’est là que les pas légers se dirigent, effleurant le tapis Royal
                 C’est là que le Regard se porte quand le souffle devient Conscience
                 Il devient le point précis de chaque instant, cueillant le Firmament
                 Eurythmie en cette voix qui va à l’Unisson
                 Cherche debout l’accord du cœur, précieuse science
                 S’élève alors plus vite qu’une flèche atteignant sa cible
                 Une respiration devenue Lumière incandescente
                 Dans les Mystères de la Blancheur émanée, devenue magie puissante
                 La grâce volatile, fusionnement dans l’invisible
                 Extinction dans le soupir de la prestance
                 Nom Divin qui se cache dans le sanctuaire de la Magnificence
                 Et si retour il y a, le souvenir devient Echo de tous les parfums
                 Répète inlassablement le NOM, respire l’UN
                 Oublie tout, sauf l’Invitation, Appel de la Chambre secrète
                 Où règne L’Origine, Principe, Suprématie de l’Éloge Muette
                 Ô comme cette approche dans la nuit de la vie
                 Devient le Jour qui clame le Seul Bonheur Réel
                 Ô comme cette alcôve qui attend son Hôte essentiel

                 Étourdit l’âme qui pleure et désire le revoir, LUI.

Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

Question



Blason de Cabestany (Pyrénées-Orientales, Occitanie)

De gueules à la tête de maure de sable tortillée du champ, enclose dans un ouroboros contourné d’or, à la champagne d’argent chargée de deux trangles ondées de sinople.


Bien longtemps, en cette profusionnelle assise
D'une fenêtre toujours dardée d'étrangeté,
Le marronnier de flamme, que l'on tamise
Au temps mesuré de nos toutes perplexités,

Nous parle, tandis que le soleil, en cette franchise,
Nous encercle des mots qui nous ont invité
A suspendre notre Souffle et qu'enfin l'on réalise,
En ce Silence, la force de l'intériorité.

C'est ainsi qu'est à se formuler notre question :
Seigneur, pourquoi tant de complexité en l'homme ?
Qu'est-ce donc encor que cette absence de perception ?

N'est-ce pas le fruit d'un malentendu, en somme ?
Pourquoi l'homme tourne-t-il fatalement en rond ?
Mais qu'est-il donc à chercher ainsi dans le fond ?

Océan sans rivage

D'une boîte de Pandore


Blason de la famille Schatzmann (Suisse)

L'homme de gain est si cupide qu'il vous vend la corde
Avec laquelle vous l'allez aussitôt pendre.
Ces mots s'inspirent de Lénine, je vous l'accorde,
Mais il n'est à leur sujet rien à reprendre,

Ils seraient même d'une criante actualité
Si l'on considère les transferts technologiques
Dont les conséquences sont d'une extrême gravité,
Eu égard à l'état du monde, catabolique.

C'est comme tendre le bâton pour se faire battre,
Et c'est au demeurant ce qui partout arrive
Par le fait d'une économie très agressive.

Nous ne manquons pas d'experts pour en débattre ;
Mais une fois qu'on a ouvert la boîte de Pandore,
Elle se voudra déverser jusqu'à la pléthore.

L'Abbé Théophile

Quelqu’Un


Drapeau de Tchaïkovski (Oural, Russie)

                                 Quelque Chose m’a surprise au matin,
                                 De mes pas qui ont basculé vers Toi,
                                 Quelque Chose qui Te prend La Main.
                                 Suis-je soudain comme enivrée de Toi ?
                                 J’ai vu un drôle de pélican danser,
                                 Puis je me suis approchée, aimantée.
                                 Les vagues m’ont éclaboussée.
                                 Des écumes, me suis laissée guider,
                                 Vers Le bord du sable saupoudré de Ton Sel.
                                 Une mouette m’a dit « Bonjour » et je l’ai saluée.
                                 Suis-je comme à m’envoler sur ses ailes ?
                                 Ne dis rien, c’est l’air marin…
                                 Quelque Chose me dit de T’aimer !
                                 Je ne sais y résister, Toi, mon secret !
                                 Je T’aime depuis si longtemps…
                                 Quelque Chose me dit de T’aimer
                                 Ce Quelqu’Un de Toi à Lui, je ne sais plus rien…

Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

Viendras-Tu ?


Blason de Severny (Russie)

L’Etoile au Nord de Ton Lever hivernal depuis les Lunes de L’Intimité a vu l’ombre courir après les semences poétiques, et celle qui t’attend au ciel de Ton Regard se baigne au lac de Ta Majesté. Lumière en cette Lumière qui rayonne est à Te demander : viendras-tu cette Nuit, en cette luminescence du cœur qui bat, viendras-Tu donc me parler, mon Poète Bien-Aimé ?

Océan sans rivage


Se lit aussi sur La Profondeur

jeudi 6 décembre 2018

La sortie d'Éden : épilogue


Blason de Offenbach-Rumpenheim (Hesse, Allemagne)

C'est ainsi que s'écoule la vie que le temps effeuille,
Lors que chaque instant se profile comme son orée.
Deux hivers avaient passé depuis ; d''autres feuilles
Jonchaient le chemin qui longeait les bords d'un pré

Et qui leur semblaient alors comme les bords du monde,
Quand les pas s'alignent sur le regard, droit devant,
Là où se tissent les croisées entre l'heure profonde
Et l'infini mouvant, au cœur même du Vivant.

Au-delà des réalités existentielles
En est une autre : la crucialité d'être,
Qui met à vif celle de sa raison substantielle.

Les événements du monde sont épidermiques
D'un chaos plus profond qu'il n'est à paraître
Et qui signera la fin de l'ère adamique.

Marc


mercredi 5 décembre 2018

Allégorie du Jardin de L’Âme (19)




Le Sphinx


Inéluctable abandon face au cœur resplendissant des œuvres de chaque seconde, lors que L’Amour s’illustre par La Beauté et L’Harmonie. Ni ne suis ce que tu désires, ni ne suis ce que tu ne désires pas. En L’Âme est Le Monde qui se déploie en La Seule Virginité, et soudain, rien qui ne se sépare et rien qui ne se dissocie, lors, qu’en pliant les distances, les étoiles, elles-mêmes ploient, en leurs luminescentes présences bienveillantes. Ici est Le Seul Royaume où tout est à sa juste place, lors que ces désignations sont les mots consubstantiés à L’Essence des Réalités, que l’on a usurpées depuis l’ère de l’assombrissement de la pensée. Les hommes ont volé aux mots leur beauté et les ont détournés de leur vérité. Qu’est-ce donc la réduction si ce n’est l’appropriation des vertus seigneuriales, parures des hommes de L’Esprit, au Souffle des effluves de leurs âmes, que l’on use et abuse en feignant de les connaître ! Les êtres du pouvoir éphémère sont semblables aux purulences des mondes putréfiés. La Royauté n’est pas celle que l’on croit. Aux âmes conquérantes de Lumière, les lèvres se lissent sur Le Lac d’un Miroir opale. Telles sont les confidences du Roi. Tel est Le Retour de chaque Roi en Son Épopée. Telle est le Jaillissement des Nobles comportements, lors qu’à L’Aube est un monde nouveau.

Il me tint longtemps en La Main de Régence, Celle qui alterne le Jour contre La Nuit. Celle qui accule tous les cœurs à Sa Puissante Révélation. Une Main inégalable, dont La Poigne est une Connaissance donnant à La Crainte et à L’Espoir, à La Nuit profonde et la dure obscurité, quand rien ne peut suffire si ce n’est la fermeté en L’Amour. Des abstractions, il en vint de tous les côtés, comme pour évacuer les faux-semblances, et la mer de tanguer à la marée houleuse des écumes de L’Être. Qu’est-ce que tout ceci ? demandai-je. Mais qu’est-ce que tout ceci ? Je compris que les distances viennent du seul fait de l’ignorance, et L’Inconnu est nous, mis à nu. Je me retrouvai en ce Lieu très lointain, aux pieds des pyramides et Le Sphinx se tenait immobile, imperturbable, telle L’Énigme colossale. Néanmoins, à ce moment, je ne me sentis guère menacée. Il ouvrit les yeux les plus improbablement gigantesques et Sa Nuit me sembla être l’espace le plus insondable. Il me posa alors une question, à laquelle je répondis sans difficulté. Puis, une autre et encore et encore. Finalement, je fus à lui dire : à toutes les questions, j’ai la réponse. Je suis l’océan des unions et je suis ce qui embrasse en ce cœur l’abondance de Ton Mystère. Je T’aime sans compter et L’Amour n’a pas de rivage. Il est L’Incandescence de L’Aspiration. Il est Le Cœur en Ta Vastité. C’est alors que cette reine, Cléopâtre, surgit. Elle était épouvantée et m’implora secours. Mon âme voulut la prendre, mais deux gardiens vigilants la ramenèrent en me disant : elle n’est pas de ton fait. Je la vis regagner son monde avec désolation. Le Sphinx referma les yeux en Sa Nuit Essentielle et je repartis aussitôt. Les noms sont à se déployer en multitude et les mots s’unifient en cette ascendance, singulière. C’est en ce Silence, assise en L’Arbre de L’Amour effusif, que La Lumière tournoie et me donne à cette vision. Des années ont passé, et pourtant, le Temps n’est plus Le Temps puisque L’Echelle atemporelle en cette Descente, nous offre cette Remontée au travers des mots subtils que Le Cœur voit en Collier d’événements.

Ô Cœur des Lieux de L’Alchimie, j’écris pour Toi, en Toi, de Toi, car il n’est autre Désir que ce Désir incendié de Ta Réalité qui transforme et non brûle des effets de la douleur et de l’opacité. Telle est La Joie qui pourfend les ignorances et telle est La Joie de L’Oeuvre. Ô nouveau monde ! Ô Rose frémissante de Rosée en ce rougeoiement des puretés éthérées ! Le Cœur ! Le Cœur ! Le Cœur ! Munificence du Palais ! Tombent les clivages et les restrictions aux vagues de La Remontée ! Ô Puissance de L’Éloge ! S’il n’est aucune exaltation, il n’est aucune épanouissance. Floraison constante et Printemps du Détachement ! Que vogue Le Ciel des Âmes et que s’unifie enfin Le Verbe à La Création Renouvelée !


Le sablier faisant foi


Blason de Peskovatskoe (Russie)

Les événements qui secouent la société,
Outre les considérations existentielles
Et de survie qui plongent beaucoup dans l'anxiété,
Réactivent et reposent les questions essentielles :

Celles du rapport au monde, aux autres et à soi,
Au sein du collectif et de la contingence.
L'ego occulte ce que l'âme intérieure perçoit
Mais son terme lui rappellera sa négligence ;

Il n'est rien de plus sûr, le sablier faisant foi.
Prendre les devants - et c'est là l'intelligence -
C'est déposer les oripeaux des allégeances

Dont s'armèrent nos vaines illusions, souventefois.
Le zénith n'annonce jamais que le crépuscule ;
L'on a écrit là-dessus plus d'un opuscule.

L'Abbé Théophile


mardi 4 décembre 2018

Jamais les loups ne s'entredévorent


Blason de Lupé (Loire, Auvergne)

Parti : au 1er d'or au loup ravissant de sable, allumé et lampassé de gueules, au 2e de gueules à trois fasces cousues d'azur et au loup ravissant brochant de l'un en l'autre.

La langue de bois et l'oreille de bois marchent de paire
Et font plutôt bon ménage chez l'homme de pouvoir,
Chose qu'il partage avec l'homme de gain, son compère.
On le devine aisément, faute de le bien voir,

Du moins sous les régimes qui se donnent la posture
De vouloir séparer les serviettes des torchons.
Mais plus d'un sou en Bourse provient de la questure
Et l'on s'en tient quitte d'une bataille de polochons.

Il faut bien faire illusion et donner le change ;
Et si quelque scandale éclate, l'on s'en arrange
Par une immunité ou une porte de sortie.

On l'a dit : jamais les loups ne s'entredévorent
Et si l'on s'étripe, c'est en milieu insonore.
Les larrons en foire sont toujours bien assortis.

Le Spectre à trois faces

Ventre affamé n'a point d'oreilles


Blason d'Auribeau (Vaucluse, Provence-Alpes-Côte d'Azur)

L'on dit qu'un ventre affamé n'a point d'oreilles
Et qu'à son instar, les plus beaux discours sonnent creux.
Une bouche pleine n'atteste pas d'une tête tout pareille ;
Les mots se laissent dire, ils ne sont guère onéreux.

Dans la novlangue, cela s'appelle communiquer
- L'art de faire passer des vessies pour des lanternes -
Une langue qu'au demeurant doit savoir pratiquer
Quiconque voulant s'adresser à des subalternes.

Cela s'apprend vite, c'est juste une question de prix
Car c'est lui seul qui conditionne les allégeances,
Ayant la vertu de plier les divergences.

Plus d'un dans sa jeunesse de beaux principes épris
Verse de l'eau dans son vin en prenant de l'âge ;
Du contenu perdu ne reste que l'emballage.

L'Abbé Théophile

lundi 3 décembre 2018

Lutin méditant


Composition de l'auteur
(d'après le blason de Heidenheim en Bavière, Allemagne)

Lui qui se dissimule entre les brins de paille,
De ma sombre taverne il n’est pas amateur ;
Ce n’est pas un mondain, ce n’est pas un flatteur,
La longue beuverie ne lui dit rien qui vaille.

Il a bien du respect pour les gens qui travaillent,
Mais préfère, pour lui, le repos enchanteur :
Il médite à loisir, il pense avec lenteur,
Ce lutin fort discret qui platement rimaille.

Les arbres sont présents, les nuages sont là,
Et son intelligence est dans un calme plat,
Je ne pourrai jamais le mettre à mon service.

Ce lutin m’a bien l’air d’être un homme sans loi,
Lui qui connaît pourtant le jardin et la croix,
Lui qui s’abstient pourtant de la plupart des vices.

Cochonfucius

dimanche 2 décembre 2018

Allégorie du Jardin de L’Âme (18)


La Réalité de tous les cœurs est la même, mais La Sagesse Révélatrice
en cette intériorité est très différente d’un cœur à un autre.

Blason de František Vešeléni (1605-1677), Grand Palatin de Hongrie

Le Lion


Inaction en L’Accompli et en L’Inaccompli, au regard de L’Évanouissement certain. Plus l’obscurité de la nuit bouillonne en cet oubli, et plus Le Silence se recueille au loin. T’es-tu échappé, en mille pensées volées, ou bien t’es-tu éteint en ce qui est vain ? Soudain, mille vagues éclatent en ce matin et les gouttelettes sur tes cheveux ondulés ont suspendu les souffles qui se sont amusés de tant de légèreté et de tant d’intérêt. Est-il étonnant qu’à ce point, la nef survole l’horizon et trace tous ces sillons ? L’enfant s’amuse sur les bancs et le sable devient tel son firmament. Nul ne soupçonne comme sont à rire les nues aux cimes de l’écume. Rien n’est à ôter, ni à ajouter : c’est en Toi que les mille mains de Saturne, celles qui plongent et ramènent le vent des Abysses, fusionnent en La Fulgurance des mots surgis depuis l’abîme. Tempétueuses dimensions alchimiques, lors que le charbon côtoie le diamant. Tel est ce qui se murmure à la brise marine et telles sont aussi les confidences des coquillages que l’on retrouve ici et là, au gré de L’Ecoute. Comme est miraculeuse la pêche, tandis que les voiles se hissent jusqu’au ciel de L’Océan, car à l’embouchure, il est le secret subtil des rencontres et des douceurs réelles du sourire qui connaît L’Oeuvre ultime.

Après que l’on eut rencontré la délégation Traditionnelle, et que Le Chant eut été La Résonance suspendue au cœur des choses, l’on se surprit à rester encore en ce Silence, longtemps, éternellement… En ces profondeurs des mondes parallèles, des mondes invisibles, des mondes que l’on soupçonne de fait par intuition et non par déduction mentale, ces mondes qui sont les étendues infinies et que L’Âme se veut se déployer tel Le Grand Oeuvre, perpétuel, et défiant toutes les logiques et les raisonnements, lors l’on est à marcher même sur L’Eau, flottante en Son Épuré, de concrétude souriante et sérénisée. L’Unité est un tournoiement qui n’est plus conditionné. Il est Au-delà. Ceci est telle l’érosion cristalline des vagues auxquelles l’on ne s’identifie plus. Chaque jour cueille les fruits de ce polissage. Un Lion vint vers moi et me demanda : que désires-tu ? Une réponse s’en suivit, en une sorte de dédoublement de ma personne et celle-ci se résorba en sa propre réponse : je désire Le Temps. Le Lion magnanime réitéra la question : Que désires-tu ? Cette fois, celle qui était au centre répondit en la plus grande des paix : Je ne désire rien. C’est alors que Le Lion se transforma en Lion des mers et m’emmena au plus profond de L’Océan. Là, je découvris une Baleine d’une beauté irréelle : Son Chant inconnu me compénétra de Son Amour patient. Puis, Le Lion se transforma de nouveau en Lion des Terres et me fit survoler les contrées de l’autre monde. Sa Bienfaisance m’enveloppait de Sa douce Chaleur et de Son absolue Puissance. Là où Il m’emmena, les animaux étaient des frères. Je vis passer tout près de moi un tigre sans qu’il manifestât aucune hostilité à mon égard. Puis, je vis la hyène impassible et lors que je fus quelque peu surprise, je n’éprouvai aucun dégoût. Elle était là, et j’étais à la regarder en cette simple joie : rien n’est plus comme avant, me dis-je. Tout est aplani en ce Royaume de La Souveraineté de L’Âme. Abondance et Paix. C’est alors que j’entendis le chant du Lion, le plus suave et le plus doux des chants qui se puisse être :

En ces Terres virginales de L’Âme, observe ce qui se passe en toi. Telle est La Promenade au Jardin des effluves Quintessenciées, lors que La Réalité est un prisme au cœur de ton être. Je suis Celui qui te suis, en cette Descente Manifeste et c’est là que tu es en Mon Souvenir. Je te chante les Regards de Mon Océan d’Amour et nul qui ne s’en sépare, quand bien même le croirait-il, car tel est Mon Décret et Telle est Ma Souvenance. En cette Action de L’Étant, Le Monde se déploie et change. J’ai donné à L’Esprit le goût du Voyage et Le Goût du Goût. La Splendeur est en L’Âge d’Or, lors que rien n’est figé ; le Monde en Sa Grandeur s’étend, depuis cette Majesté et depuis cette Beauté. L’Exaltation est au corps, L’Essence d’une Fleur. Lors que Tu es en Mon Visage, La Sagesse est Le Printemps de L’Éternité.



Décembre


Blason du district municipal de Ponazyrevsky (Russie)

Illustre décembre telle une brume au matin,
Lors que la vitre, éternue des montagnes.
Et si le soleil se cache, d'une enfantine main,
J'écarte soudain la grisaille qui le compagne.

Nous avons encor nos pantoufles un peu mutines,
L'édredon est duveteux et certes bien câlin.
Comment mon frère ? Il nous faut préparer le pain ?
Du beurre, du miel, de la confiture, des tartines ?

Viens, ne laissons pas que ce jour ainsi décline,
S'enfuir sur des chemins boueux et incertains.
J'ai entendu l'écureuil ; je le sais taquin.

Offrons-lui des noisettes. Mais non, pas d'épines !
Des châtaignes cuites aux crépitements de joie !
Mon frère ! Voilà bien un festin digne des rois !

Océan sans rivage

Paroles d'une Rose


Blason de Ringsheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

Une Rose se tint droite, au milieu des flots.
Elle s'émut des flocons cristallins de neige,
Puis se pencha comme surgissant des mots,
Enlaça la douce branche et suinta de florilèges :

- Ô Toi, sans nul autre pareil, j'aime ta constance,
Tandis que moi, je pleure sans cesse mon printemps.
Lors que Tes majestueux bras toujours s'élancent,
Je suis en ce froid comme éprise de tourment.

Puis-je donc poser mon cœur au centre de Ton Tronc ?
Ton écorce murmure la toute puissance.
M'accueilleras-tu sans honnir mon humble présence ?

Nous serons éternellement cet électron...
- Ô ma Rose, quelle grandeur de m'accueillir.
Je vois Ta Noblesse et à Toi veux bien m'unir.


Océan sans rivage

samedi 1 décembre 2018

Le Calendrier des Bergers - Décembre


Blasons de Lauta (Saxe, Allemagne) et de Buguruslan (Russie)

L’usage des calendriers remonte au XIIe siècle où ils entrèrent dans la composition des livres à usage des clercs tels que les psautiers, les missels ou les martyrologes. A la fin du Moyen Âge, les Livres d’Heures (livres liturgiques destinés aux laïcs) débutent toujours par un calendrier qui indique essentiellement les fêtes religieuses.

Inspirés d'ouvrages médiévaux dont ils compilent les contenus, à l'usage des laïcs, les calendriers et compost des bergers sont, quant à eux, destinés à enseigner la science des bergers qui est celle de l’âme, du corps, des astres, de la vie et de la mort. Outre de mettre en scène les travaux agricoles au fil des mois, ils indiquent les signes du zodiaque. De fait, l'astrologie s'y trouvera très présente, surtout aux 15e et 16e siècles.




         Je suis décembre le courtois
         Qui sur tous doit être loué,
         Car en mon temps le roi des rois
         Fut de la Vierge enfanté,

         Et délivré de son côté,
         Dont le monde se réjouit
         D’honneur ay tout outrepassé
         Quand en mon temps Jésus naquit.

Une stèle


Blason de Colnrade (Basse-Saxe, Allemagne)

Une pierre qui parle enseigne un monde, en vers ;
Explique-t-elle aussi nos cœurs inconsolables,
Nos minutes formant chacune un grain de sable
Dont plusieurs contenaient, peut-être, un univers…

La pierre ni les mots n’ont de penchant pervers.
Le scribe qui orna de ces signes la table
Suivait, à tous égards, des codes respectables
(Sauf à ce qu’il traça, peut-être, à son revers).

Or, ce scribe n’a pas un immense mérite
Pour avoir simplement observé les bons rites ;
D’une antique sagesse il était le vecteur.

Puissions-nous imiter ce propos salutaire,
Même si ce forum n’est pas un sanctuaire :
Et si nous y manquons, indignez-vous, lecteurs.