Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

vendredi 6 avril 2018

Les Templiers


Blason de Voulaines-les-Templiers (Côte-d'Or, Bourgogne)

De sable à deux chevaliers montant un cheval d'argent,
à la champagne du même chargée d'un château à deux tours aussi de sable.


Ceux-là avaient fait, dit-on, vœu de pauvreté,
Coeurs vaillants dont jamais ne faiblit le courage,
Menant vie rude, se battant avec âpreté,
Ils essuyèrent mille tempêtes et autant d'orages.

Vrais frères, chevauchant à deux le même destrier,
La chevalerie leur doit ses plus nobles pages ;
Moines dans l'âme autant que redoutables guerriers,
Leur flotte comportaient les plus fameux équipages.

En terre d'Orient, ils eurent secrètes révélations
Qui leur valurent les plus perfides imprécations.
De découvrir les dessous du plus grand mensonge

De l'Histoire causera la perte de l'Ordre,
Une tragédie d'où naîtront de grands désordres
Et sur laquelle jamais ne passera l'éponge.

Marc

Blason de Bussière-Poitevine (Haute-Vienne, Limousin)

D'azur au templier vêtu et coiffé de mailles d'argent, croisé et ceinturé de gueules,
accosté de deux rameaux de buis d'or, au chef d'argent chargé de trois croisettes ancrées de gueules.

jeudi 5 avril 2018

L'ours de la fenêtre


Blason de Chelm (Pologne)

L'ours se garde de perturber l'enfant qui s'évade en son Bouclier.
La fenêtre s'ouvre sur un mur qui semble enfin s'effacer.

Des douceurs des pas de ton approche, Tu es là.
L'Ami, comme jamais je ne voudrais te perdre !
Comme est tendre ta lourdeur en ta superbe !
Je chante les promesses du printemps de l'au-delà.

Parfois je me surprends en ton regard bienveillant,
Et je m’étonne encor que tu sois près de mon être.
Si proche est cet enlacement qui est à naître.
Lors que tu murmures les mots si savamment.

Mon ours des étoiles de mon ciel éblouissant,
Ton Chant est aussi puissant que ce firmament.
Les lumières vives sont mille de Ton Azur.

Comme je cours ivre de tes bras en cette embrasure !
Mon ours des précieux émois ! Sans cesse je suis là.
Toi qui me regardes tant et me veux toute à toi.

Océan sans rivage

La Voie du Samouraï : Livres 39 et 40


Mon du clan Maruni Umenoji


Livre 39

Toute activité est une contemplation que l’on a souvent occultée par la hâte et l’affairisme. La lenteur est le prodige d’une minutie qui se concentre encore et encore sans que l’on puisse jamais mesurer le don en cet acte. Toute contemplation est aussi activité en la non-activité, comme si le temps devenait Le Seul Moment, l’Unique, L’Éternel. Telle est La Réalité des Épousailles. Une pratique assidue, constante, précise de cette méditation ouvre la porte aux miracles de La Joie, de La Paix et de La pleine Mansuétude. Ce sont là des qualités qui se révèlent et se cristallisent à tout jamais en La Lumière de L’Être, sans que celui-ci ne soit à détourner la moindre de ces attributions en se les appropriant et en faisant d'elle son profit personnel. La compagnie de mon maître a eu des effets prodigieux sur mon être. Parfois, cela se traduisait par des secousses phénoménales. Il se passait cette chose notable : je n’étais plus moi. Je n’étais plus rien. Mon Maître me disait : « Tu es à cuire et à recuire. » Il avait mille fois raisons. Il me disait : « Sans Amour, La Voie est sèche. Elle est impraticable. » Seule l’intensité de L’Amour peut nous maintenir en cette aspiration. Si tu souffres, L’Amour couvre tes blessures. L’Amour te délivre de toutes les aliénations de ton moi et te rend à toi-même. Que peut un initié s’il n’est pas en cette confiance absolue ? S’il doute, il sera à vivre son poison qui finira par le ronger inévitablement et assombrir sa destinée. Si, au contraire, le fiel du doute ne le touche pas, sa poitrine s’élargira du feu rayonnant de L’Amour. Ce feu ne brûle pas. Il résout les imperfections de la vision en consumant uniquement les impuretés et a ce pouvoir alchimique d’unifier les éléments épars de l’être en les concentrant en une Sphère de joie. Celui qui se met en marche consciemment, en ce désir ardent de trouver La Délivrance, passera par les épreuves de l’abstinence et celles de la pauvreté. Il n’est pas toujours nécessaire de jeûner, ni de prier continuellement pour y parvenir. Du reste, celui qui prétend être parvenu par le biais de ses œuvres rend compte de sa supercherie. Il est une Conscience qui nous donne à La Connaissance et Elle est en Sa toute Réalité L’Éclosion de L’Évidence. Mon maître m’avait bien prévenu : « Ce que tu trouveras ici n’est rien autre que toi-même. Sache que ce que tu es, est déjà là. » L’Évidence est semblable à une somme de pages que l’on tourne au gré du vent, et aucune ne se contredit, quand bien même l’instant ressemble à l’autre, tout en lui étant différent. Ce Bruissement furtif est semblable au soupir de L’Âme qui respire entre deux apnées. La Première révèle L’Unité, tandis que la seconde, qui semble la défaire, renforce et stabilise cette Unité. Ô fils aimé, tu comprendras alors ce que veut dire Un. Ton rêve se repose au Souffle de L’Un. Il n’est de division qu’en l’apparence.


Mon du clan Torii Tomoe Kakine


Livre 40

Ce qui s’amorce est rarement à se défaire, surtout si ce qui se lie est en cette Verticale. Peu sont à comprendre ce que cette Echelle signifie réellement. Qu’importe ! Chacun doit apprendre à se taire face à ce qui le contrarie. Car la contrariété est signe d’ignorance. Un Sage est indifférent aux critiques comme aux éloges. Il n’a nullement besoin de se nourrir à cette écuelle. Aujourd’hui, l’on se cherche moult reconnaissances, triviales au demeurant. Puis, l’on s’aperçoit que l’on finit seul. Les désagréments dus à la solitude sont à révéler le vide des hommes – à ne pas confondre avec la vacuité qui est La Plénitude absolue. Se rassurer en la quantité physique de l’autre est une faiblesse et un fondamental déni de ce dernier, que le Samouraï ne connaît pas. Il n’a pas cette tentation, puisque son Art sert avant tout les autres et non lui-même. Il est en cette convivialité avec l’autre parce que l’autre représente sa propre réalité révérencielle. Le Samouraï ne se connaît pas d’angoisse, ni de désir compensatoire, car, il remet jour après jour sa vie en la conscience de La Présence Reliante. Autrement dit, il meurt chaque jour de son moi, sans le voir autrement que comme un ruisseau qui s’écoule lentement, en un mouvement, qui tout en semblant aléatoire, est en vérité L’Évidence qui le donne à La Vision pérenne. Lors, le ruisseau devient les clapotis qui chantent la poésie du Retour. Le cheminement est si subtil que nous mettons des années à nous rendre compte des effets de celui-ci. Chacun sera à récolter les fruits d’une semence qui est de nature pré-éternelle, une semence qui parle de son périple depuis L’Origine. Rien de plus ! Lors, celui qui sait que Cela n’est pas de lui, ne peut s’égarer, car le moi anéanti ne peut se gargariser de rien, tout au plus est-il à rire de la vanité de son ignorance. Il n’est jamais dupe et souvent dans l’auto-dérision. La servante fut installée dans une aile du palais impérial. Nul ne put s’opposer à ces fiançailles. La nouvelle fit le tour de l’empire. Les humbles y virent un miracle et une beauté sans pareille ; les notables s’offusquèrent mais ne purent influencer de leurs mots insidieux la détermination du Prince. Quant à L’Empereur, il rit. Son fils était guéri. Cela suffisait à lui donner la joie. L’on apprit bien plus tard que la servante était issue d’une haute lignée. Elle avait maintenu son anonymat dans le seul but de gagner le cœur du Prince en l’amenant à sa sincérité la plus profonde et la plus absolue. « Qu’importe de connaître son lignage temporel, finit-elle par dire un soir, il n’en est qu’un, véritablement, et celui-ci relève de L’Esprit. L’Âme rencontre L’Âme. En Elle, mille palais qui incessamment se font et se défont, tandis que Les Jardins se déploient des promenades du Temps qui ne jamais s’épuise ! »

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï


Se lit aussi sur Naissance et connaissance

mardi 3 avril 2018

La Voie du Samouraï - Livres 37 et 38



Mon du clan Hachiman Kabuto

Livre 37


Il n’est pas rare de constater que la vie possède ses propres résonances, qu’elle est en sa manifestation conscientisée, telle une Question suspendue au battement du cœur qui ose s’exprimer. Un jour, au détour d’un sentier, l’on sait que cette présence est une Ode à La Toute Présence. Lors que les bruissements se font légers en chaque palpitation, l’on sait que jamais nous ne pouvons ni froisser, ni oser blesser, car les effleurements sont transparents de Noblesse en cette Beauté. Nous ne sommes pas à nous servir, mais à servir. De quoi devrions-nous nous émanciper, lors que nous pensant libres et tels des enfants de l’insouciance, nous rêvons de butiner les florales saisons d’une vie qui est à s’écouler ? La Lumière nous fait pressentir l’ivresse d’une Larme, la pâleur d’un matin qui s’embrase, soudain, du regard ébloui alors que le jour se lève en sa quiétude implacable. L’on demeure témoin en cette fenêtre de l’étonnement, et l’on entend le fluvial murmure d’une pure Grâce. Les effeuillements de l’indicible se cognent et s’unifient à l’évidence. L’on est à ne plus pouvoir porter en cette Réalité de L’Amour, la moindre limitation. Le Samouraï est en une Voie qui prend racine en L’Intelligence. Or, qu’est-ce que L’Intelligence ? Est-elle sans se pouvoir se questionner de Sa propre Hébétude ? Celui qui est à L’Oeuvre, peut-il être en Sa propre rivalité ? Certains parlent du diable comme s’il était une entité dont la puissance échapperait à L’Omniscience Seigneuriale. Éludent-ils volontairement cette unique possibilité : rien n’est en dehors de Lui ? Sont-ils à se mettre des bannières en épousant des dogmes qui se sont figés en l’interprétation erronée d’une conscience qui n’a pas su vivre L’Unicité ? Demeurer en la cécité volontairement est la manifestation d’une obstination qui sert les paresseux et ceux qui se gargarisent d’une pseudo-identité. Pensent-ils échapper à La Vérité qui tranche ? Pensent-ils posséder Celui qui est Le Seul à posséder ? Le Samouraï qui ploie le genou et se met au service de Son Seigneur, connaît l’entièreté de La Fidélité. Jamais il ne sert aveuglément. Jamais il ne boit sans regarder avec amour L’Eau dans Le Récipient. Jamais il ne néglige un seul instant de La Cohérente vassalité. Il sonde son cœur et puis il se soumet. Jamais il n’affiche un quelconque orgueil au-dessus de L’Orgueil de Son Maître et jamais il ne mésestime L’Intelligence et la plie à sa limitation. Quand donc serons-nous à comprendre que nous ne sommes pas une identité qui se proclame, mais bien une Conscience collective et universelle qui se fait Révérence en Sa Multiplicité ? Le mal est dans la pupille qui se fige en un manichéisme réducteur de La Seigneurie. Dieu n’est ni deux, ni trois. Dieu est Dieu. Le Samouraï saisit ces subtilités et en cette Sagesse, toutes les fluctuations de ce monde lui apparaissent comme étant Les Lieu et Prétexte de L’Apprentissage, Le Lieu de L’Evolution, Le Lieu de La Transformation. L’Oeuvre Divine est La sublimité Alchimique d’un Périple merveilleux en Sa toute Beauté. Ô fils aimé, j’ai vu ton cœur s’élargir des propos de la Sagesse et se rétrécir de douleur quand l’on te limitait. Celui qui limite Son Seigneur, se limite lui-même. Celui qui se limite, limite Son Seigneur. Lors, est-il donc à nier Ses Bienfaits ? Est-il à s’exclure de L’Oeuvre Alchimique du miracle de La Vie ?


Mon du clan Yatsugumi Kaku

Livre 38


Observe le caillou sur le sentier. Il est à t’apprendre un grand nombre de choses que tu n’oses pas toujours t’avouer. Si minuscule, si arrondi du temps de La Présence ! Si tu le regardes bien, il est à te voir de ta propre attention. Avant de pouvoir réaliser avec l’agrément de la certitude, avant que d’accéder au pouvoir des mots et des concepts, j’ai vécu la vie d’un petit caillou. En vivant chez mon maître, je vis ce qui est de nature à nous usurper notre profondeur et qui nous veut nous maintenir en la superficialité la plus éhontée. Lors que mon maître m’ignorait, j’étais à tempêter en moi-même. Je m’imaginais tous les droits sur lui. Comme il a ri de mes prétentions ! Je l’injuriais des pires noms lors qu’il m’envoyait à des kilomètres du monastère pour une course qui me semblait ridicule. Il me faisait faire des centaines de fois le tour de l’enceinte, puis me disait : recommence ! Je mangeais la poussière. Je pestais contre lui. Il était imperturbable. Parfois même, il riait et je voyais ses petites dents perler au soleil. Il me plongeait dans le plus grand désarroi et me disait : m’aimes-tu ? Je partais en hurlant qu’il était fou. Pourtant, je n’ai jamais pu le quitter. Quelque chose d’irrépressible me maintenait auprès de lui. Je lui lavais ses vêtements. Je le parfumais. Il se laissait faire comme une poupée entre mes mains. Un matin, il me lança : tu dois mourir et me laisser te laver comme on lave les morts. Je fus saisis par ses propos. Cette question revenait souvent en boucle : m’aimes-tu ? Je baissais la tête et je pleurais. L’aimer ? Oui, L’Amour me donnait à lui. L’Amour de La certitude me liait à lui. Quelque part, je savais qu’il m’aimait. Je savais qu’il me donnait à me réduire à n’être plus qu’un petit caillou sur la route. Qu’ai-je donc vu ? Cette âme rebelle qui ne souffre rien d’autre qu’elle-même. Le double, la dualité de mon être. Lors que nous voyons l’usurpateur, il tombe sous l’effet magique de La Vérité qui le dissout. Il ne trouve abri nulle part. Il est nu en sa toute cruciale nudité. Là, Le Soi lui dit : je t’ai vu. Je sais qui tu es. Tu ne me gouverneras plus. Rejoins L’Océan Cosmique de Mon Unicité. ! C’est ainsi que Le Prince déclara : – Ô ma Dame, je ne te quitte plus et tu ne me quittes plus : je déclare officiellement nos fiançailles. Nulle autre que toi ne sera à me gouverner et à m’apaiser. Nulle autre que toi ne sera à me voir comme je te vois. Nul ne siégera en mon cœur hormis Ta Présence. Je T’honore et Tu m’honores. Tel est Le Séjour de mon âme en Ton âme. M’agrées-tu, Ô Noblesse de La Noblesse ? – Je T’agrée du seul agrément de Ton agrément, Ô Prince ! répondit la servante.

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï



Se lit aussi sur Naissance et connaissance

Le seigneur de la Taïga


Blason de Vladivostok (Russie)

Confondu avec la panthère du Caucase,
Le tigre de Sibérie est peu armorié.
Seigneur impitoyable, ne faisant nulle grâce,
Il fit son compte à plus d'un fol aventurier.

Les chasseurs de jadis se tenaient à distance
Et évitaient soigneusement de le croiser
Pour ne pas se trouver en état de défense
Et ne pas le devoir tuer après l'avoir toisé.

Hélas ! l'appât du gain causera sa perte
Car il n'y a plus ni respect, ni code d'honneur :
Le braconnier sans foi ni loi se fit tanneur.

À le laisser faire, la taïga serait déserte !
La Terre est rongée par la plus étrange tumeur ;
Partout les mers sont vidées par les écumeurs.

Marc


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Empereur des tigres

Fatum (3)


Blason de Brodno (Slovaquie)

Comme les engouements de la jeunesse font rire
Une fois arrivé l'âge de la bourgeoise raison !
Souvent nécessité fait loi et c'est peu dire ;
Puis, quand surgit l'aurore de la dernière saison,

L'on repense aux temps où elle paraissait lointaine,
Quand la vie se donnait à croquer à belles dents.
L'on marchait au gré, suivant des voies incertaines,
Ne doutant de rien, prenant tout comme évident

Et noyant les vraies questions dans les faux problèmes ;
Inventant mille ruses et autant de stratagèmes
Pour ne pas voir la plus cruciale réalité :

Celle de n'être en ce monde que de passage
Et d'en repartir sans emporter de bagages,
Solitaire et dans la plus complète nudité.

L'Abbé Théophile



La Mort ne surprend point le sage ;
Il est toujours prêt à partir,
S'étant su lui-même avertir
Du temps où l'on se doit résoudre à ce passage.

Jean de La Fontaine, La Mort et le Mourant, Fables, Livre VIII

Le Héron et le Lion


Blason de Schwarzbach (Thuringe, Allemagne)

Le héron, sans qu'il y paraisse, est un oiseau
Du genre contemplatif, d'allure tranquille,
Avec une certaine prestance et loin d'être sot ;
Le poisson le respecte, c'est un pêcheur habile.

Un jour, il demanda audience au roi Lion :
– Sire, il est parfois une question qui me taraude :
À qui me dois-je faire acte de soumission
(Voulant d'une vassalité honorer le code),

Est-ce à vous ou à l'aigle qui domine les airs ?
Je me veux être sur ce sujet bien au clair.
– Maître Héron, lors que vos pattes se posent à terre,

Vous êtes, sans aucun doute, sous ma juridiction ;
Mais quand vous volez, vous changez de condition
Et relevez ainsi du céleste ministère.

Marc

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lundi 2 avril 2018

L'Aigle et le Taureau


Blason de l'arrondissement de Dahme-Forêt-de-Spree (Brandebourg, Allemagne)

Du bestiaire héraldique, l'aigle est le premier ;
Seul le lion lui pourrait disputer cette place
Si la chose se devait jouer sur un damier,
Mais l'ordre est bon, nul ne veut qu'on le remplace.

Quand les grands seigneurs se battent, ce sont les petits
Qui essuient les pots cassés, la chose est notoire.
L'ambition augmente la mesure de l'appétit
Et met à l'étroit plus d'un sur son territoire.

Le taureau ne nourrit point de telles prétentions
Car un bon pacage lui est suffisante pension,
Préférant à la gloire guerrière la paix rustique

Et veillant plus que régnant sur sa maisonnée.
Les nombreux écus qui sont à le blasonner
Rendent hommage à sa force et à son sens pratique.

Marc

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                     Taureau Ascendant                                       Le Taureau et le Lion

   Exaltation du Taureau               Solarité du Taureau                     Taureau ailé

La Voie du Samouraï : Livres 35 et 36


Mon du clan Shimabara Ogi

Livre 35

Être permanemment en La Haute Conscience tient du fait de Sa Seule Volonté, puisque c’est Elle-même qui est Le Tout Commencement en Sa Toute Réalité. Elle étend Une Main vigoureuse et nous tient fermement. Nous nous demandons pourquoi Cela est plutôt que Cela n’est pas. Néanmoins, tous, nous nous cherchons et nous nous heurtons à nos limitations. S’accomplir en cet ici-bas, c’est parvenir à saisir de l’intérieur, depuis cette étincelle de L’Origine qui ne cesse de nous interpeller, toutes les étapes du cheminement, d’en atteindre le plein discernement, de vivre en cette pluralité de l’Unicité retrouvée. Cela est notre réel devenir. Cela est Le But de l’existenciation. Nous sommes à nous le rappeler, constamment, d’une manière ou d’une autre, parce que nous sommes tous des frères. Parce que nous sommes encore loin de comprendre comment cela agit. En L’Unification, nous découvrons que rien n’est un mal en soi, ni même un bien, mais nous nous transformons et ouvrons les mondes du Tout Possible en fonction de notre recentrage ou bien nous nous enfermons du fait de notre éloignement du Centre Suprême. Tout ce que nous ne réalisons pas ici, nous le réaliserons tôt ou tard. Pourtant, l’enjeu est capital. Tout ce que le cœur reçoit est à se verser en sa plénitude. Il est une Toute Puissance qui écartèle la poitrine d’un faisceau de Lumière. Ainsi Le Soleil de L’Origine est visible en Sa Resplendissance. Mon maître me disait : Nous sommes tous des marcheurs mais nous ne sommes pas tous à le savoir. Nous avançons ou reculons au gré de nos choix et de nos fluctuations. Ces ondulations ne sont nullement blâmables dès lors que nous avons cette aspiration qui vient du plus profond de notre nature essentielle et que nous sommes à entendre. Lors, soumettons-nous à La Réalité, car de toutes les façons nous sommes soumis à toutes sortes de choses. Soumettons-nous au Vrai. Il ne sera jamais à nous égarer. L’on reconnaît l’état du marcheur par sa propension à s’émerveiller de la création. Or, voici que La Lumière s’esclaffe. « J’ai marché, a dit le promeneur, et je suis resté étonné. – Ton Aspiration ne t’a pas trompé, lui répondit-on. Elle te mène exactement là où tu dois aller. » Telle est La Joie du cheminant. Il sait que Cela est Vérité. Elle se promène en lui et lui se promène en Elle. Le cheminant éclate de rire au sein même de la douleur. Ô Samouraï, attache-toi en permanence à La Merveille. Ne te laisse jamais envahir par les fluctuations qui passent.


Mon du clan Tobi Houou

Livre 36

Tout ce que nous sommes à faire, faisons-le sans hâte et faisons-le bien ! Ô fils aimé, je sais que la fragilité est aussi une force. En elle est une sagesse qui nous donne à observer les hommes et la vie avec beaucoup d’attention. Nous ne sommes pas en ce déni de l’autre, mais plutôt à nous bien nous chercher pour mieux trouver L’Essentialité de tous. Sinon, rien n’aurait aucun sens. En niant la cohérence, l’homme se nie lui-même et fait montre d’une absurdité, au demeurant, bien mensongère. Le Prince se surprit à voir dans le creux de l’arbre des yeux grands ouverts. Il eut chaud au cœur du regard pénétrant de celui-ci. La servante alluma discrètement une lanterne et lui proposa une promenade dans les bois. Sans savoir pourquoi, il se trouva à marcher et à l’écouter en ce silence. Elle ne prononçait aucun mot, et pourtant, le sourire dont elle était à le gratifier lui disait des choses qu’il reconnaissait sans besoin de chercher à mieux comprendre. Tout était là, dans la magie du sentier, dans la complicité de L’Être. Tout semblait posséder des yeux et tout semblait délivrer une douceur incommensurable. La Nuit ne semblait pas s’achever et il se surprit à saisir la main de cette noble femme. « Tu es l’épouse de mon âme et tel est désormais le regard que j'ai en moi de toi. Tu es la perpétuelle fiancée d’une Aube nouvelle, et je ne saurais te voir autrement, toi qui me satisfais sans jamais que rien ne s’amenuise en mon cœur, toi qui me combles sans que jamais je ne sois rassasié. Les épines de ma douleur sont ôtées et pourtant je demeure en ma faim insatiable. Lune à l’éclat des rayons de mon aspiration, tu es plus douce que les soieries et plus profonde qu’un océan ! Je souffre, mais ne suis pas malheureux et mon cœur ne peut survivre à aucune de tes absences. Qui es-tu, Ô Âme ? – Je suis toi. – Je n’ai de cesse de fuir ce que je suis et tu me ramènes à moi ? – Non, Ô Prince. Je te ramène au Soi de Ta Réalité. – Que s’est-il passé pour que soudain, je sois à te rencontrer ? Qui t’a envoyé à moi ? – Tu es celui qui a pleuré ma présence, lors je suis venue à toi. Tes larmes ont fait pousser L’Arbre de La Sagesse ancestrale, et je suis tel l’oiseau qui se pose sur la branche. Je chante ta propre présence et je danse la joie de tes retrouvailles. »

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï


Se lit aussi sur
Naissance et connaissance

Le ver de terre


Armoiries de la famille Bajbuza (République des Deux Nations, Pologne-Lithuanie, 1569-1795)

De gueules à une flèche tombante d'argent entrelacée d'un lombric d'or,
trois champignons aussi d'argent posés en pointe 2 et 1.

C'est un petit ver de terre qui se transforma
Sans souci, au pied d'un arbre centenaire :
Il décida d'offrir une marguerite, du lilas.
Les senteurs toujours abondent, et même les primevères

Voulurent être de la fête. Aussi, Le Coucou ?
Voici la fourmi, les herbes et ses farandoles.
Je l'ai vue bien perplexe ; elle dit être sans le sou.
Quoi ? Ce n'est pas étrange puisque la fourmi est folle.

Ne soyez pas comme ces pauvres gens qui comptent
Sans cesse leur temps et leur argent. Leur sourire
Fardé de tristesse en dit long sur leur compte.

Quant à notre ver de terre, il parle avec plaisir
Au vent, à la glaise et même à la pie des champs.
Il rit d'avoir eu cette conscience, juste un instant.

Océan sans rivage

Mémoire du Cloître


Peinture d'Aldof Humborg (1847-1921)

Frère Maurice et Frère Eugène qui, en le Cloître,
Étaient connus comme compagnons de la barrique
N'étaient pas non plus des choses de l'esprit bourriques.
En eux, les Vignes du Ciel cherchaient à croître

Car l'on y goûte, dit-on, le vin le plus fameux.
Souventefois, dans les profondeurs de la cave,
Se tenait, à huis clos, le plus étrange conclave :
L'Abbé Théophile se venait joindre à eux

Pour leur faire de ses dernières pensées la lecture.
Les frères, que l'on savait de nature exaltée,
Se voulurent à leur tour entrer en écriture.

Elle les emporta plus loin qu'ils ne l'eussent eux-mêmes
Imaginé, la chose fut ici relatée.
En garde la mémoire ce recueil de poèmes.

Marc

Cloître d'Héraldie - Le recueil
              Saison 1                   Saison 2                    Saison 3

Le Calendrier des Bergers - Avril


Blasons deTrenčianska Teplá et de Sokol'any (Slovaquie)

L’usage des calendriers remonte au XIIe siècle où ils entrèrent dans la composition des livres à usage des clercs tels que les psautiers, les missels ou les martyrologes. A la fin du Moyen Âge, les Livres d’Heures (livres liturgiques destinés aux laïcs) débutent toujours par un calendrier qui indique essentiellement les fêtes religieuses.

Inspirés d'ouvrages médiévaux dont ils compilent les contenus, à l'usage des laïcs, les calendriers et compost des bergers sont, quant à eux, destinés à enseigner la science des bergers qui est celle de l’âme, du corps, des astres, de la vie et de la mort. Outre de mettre en scène les travaux agricoles au fil des mois, ils indiquent les signes du zodiaque. De fait, l'astrologie s'y trouvera très présente, surtout aux 15e et 16e siècles.


  
   Je suis avril le plus joli
   De tout en honneur et vaillance
   Car nous fûmes tous affranchis
   En mon temps par un coup de lance

   Par la sainte digne souffrance
   De Dieu qui le monde créa
   On en doit avoir souvenir (souvenance)
   Car en mon temps ressuscita.

dimanche 1 avril 2018

Du lapin de Pâques


Blason de la ville d'Unteröwisheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

Le lapin de Pâques pond des œufs en chocolat,
Mais allez savoir si la chose est véridique !
Le Père Noël, qui succède à saint Nicolas,
Apparaît dès fin octobre dans les boutiques ;

S'en suivent très vite le jour des Rois, la Chandeleur
Et la saint Valentin ; puis arrive le Carême
Qui ralentit fort peu le réflexe picoleur.
Comment se passer, le matin, de café crème ?

Consommer n'est-il pas une raison de vivre
Suffisante dont peu veulent qu'on les en délivre ?
Les hommes de gain s'entendent à souffler sur les braises ;

Il leur faudrait plus de fêtes encor, une par jour !
Les voici à brader les tropicaux séjours ;
Les affaires marchent peu quand les désirs s'apaisent.

Marc


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Cardinal Lapinot

Fatum (2)


En écho à Stabilité (Les Souffles de l'Aube)

Blason de la municipalité d'Unterleinleiter (Bavière, Allemagne)

La plupart vivent l'instant comme un enfermement,
N'ayant du temps vécu qu'une conscience linéaire
Où se produit souvent un enchevêtrement
De projections vers un passé sédimentaire

Et vers un avenir déjà hypothéqué
Par des attentes fondées sur les mêmes bases.
Les translations ne donnent que des vies décalquées.
Il ne s'agit pas de faire de tout table rase,

Mais plutôt de rassembler les points de conscience.
Et c'est par la Verticale seule qu'ils se peuvent voir,
Hors laquelle l'existence n'est qu'un obscur couloir.

L'instant devient Instant en l'acte de Présence ;
L'on comprend alors qu'il est graine d'Éternité.
Ainsi posée, l'échelle trouve sa Stabilité.

L'Abbé Théophile