Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

mardi 20 mars 2018

La Voie du Samouraï : Livres 27 et 28


Mon du clan Mitsukumi Uroko

Livre 27

Les gens sont à tempêter sans cesse. Ils s’articulent telle une masse sans véritable consistance. Combien sont-ils à se coller au décor, sans pour autant admettre en eux cette sublime réalité : La Vie est en cette extase apothéotique. Un Univers sans cesse en exponentialité de possibilités ! Aie bien en vue ce que représente une seule seconde. En elle, une infinité de mondes qui s’ouvrent simultanément. Si tu plonges en cette vastitude, en son effet si rapide, tu observes que se concentre chaque chose en un point unique et singulier. Ô Fils aimé, Il n’est aucune contradiction, ni paradoxe, en Ton Art, et sache que la minutie s’intensifie de l’exactitude en l’alignement répété de tes gestes unifiés à ton mental. Unification consciente en cette Triade de l’intention, de ton attention et de ton acte. Tu ne peux échapper à cette précision, car, se doit d’être unifiés en La Lumière, tous les aléas de ton être. Celle-ci ne saurait admettre ni confusion, ni décalage entre ton intention et ton acte. L’attention accrue et le perpétuel ajustement sont un viatique sûr. Chaque jour, apprivoise le Jour en toi, et pose délicatement, au rythme de ton souffle, ce pas de l’Union. N’oublie jamais de délester tous les encombrements sentimentaux, car aujourd’hui est précieux Jour de La Rencontre. D’aucuns pensent que Le Seigneur est inapprochable, ou bien qu’il n’est qu’une divinité qui exaucerait les moult passions de leur âme après moult offrandes. Ainsi en est-il de leur marchandage. Laisse cela aux gens du commun qui ont l’âme faible et infantile. Ils sont en un désir de pouvoir et ne dédaignent ni le mensonge, ni la traîtrise pour parvenir à leur fin. Leurs dieux sont à leur image. Idolâtrie sommaire au demeurant. Puérilité affirmée ! Néanmoins, nous nous devons de neutraliser leurs actions en les faisant basculer dans La Lumière. Le Seigneur nous a créés pour que nous puissions Le connaître. Ceci est La Réalité. Ceci est L’Acte fondateur de La Reliance. Cette dernière débute par soi-même. Or, qui sera à se connaître, connaîtra La Réalité de son âme. Les effets de concordances sont incontournables.


Mon du clan Mukou Hanabishi

Livre 28

Lors que tout ton être se consume des disparates éléments, lors que tu t’immobilises en cette chute, ne sois aucunement à désespérer. Le désespoir est un péché. De fait, ces écartèlements viennent de l’origine du magma et de la béance suprême, au lever d’un rideau qui déchire, en cette fulgurance, le voile de ton opacité. Le Retour est conjoint à la Descente. Ce périple intérieur est une Réminiscence permanente du Voyage de L’Âme. Or, tu n’es ni à t’en souvenir, ni à le voir, car tu es souvent en ce heurt immédiat des sphères qui se séparent et se veulent retourner à la matière sans s’unifier à l’essence tandis que les autres sphères se meuvent en leur progressive ascendance. Ô Fils, penses-tu que La Sagesse Suprême ne se connaît pas Elle-même ? Penses-tu qu’elle te réduise à ce que dont tu n’as pas conscience ? Soutiens assidument les exercices de ta compénétration et recentre-toi en chaque cohorte. Vois-tu comme La flûte suave résonne en toi des sons mélodieux de la perception subtile ? Jubilation de L’Âme Universelle qui danse de La Danse de L’Ondoiement. Le Prince qui s’étonnait de la présence de la servante lui demanda : seras-tu demain à me mener ce récipient de grâce ? – Qu’entendez-vous par-là, Ô Prince ? – Je désire ta compagnie qui me désaltère et apporte réjouissance à mon cœur. Ta Présence est une Corolle dont les effluves s’ouvrent à mon âme mélancolique. Chacune de tes paroles est mille pétales dont le velours caresse tout mon être. Je souhaite tes visites, et les veux quotidiennes. – Prince, si tel est votre désir, je suis à votre service et vous me voyez comblée par votre sollicitude. – Chacun des poids de mon temps s’allège en ta compagnie et mon esprit s’affute au tien qui n’est pas avare. Ce monde s’est élargi par les propos de ta présence. – C’est que le moment est sans doute venu, expliqua la jeune servante, de saisir la cause de votre humeur chagrine. Le remède vient lors que l’on le sollicite. Il est en sa justesse à épouser votre corps et votre âme.

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï


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dimanche 18 mars 2018

La Voie du Samouraï : Livres 25 et 26


Mon du clan Inazuma Guruma

Livre 25

Le regard est avant tout à révéler le degré et la force de la dilation ou de la contraction de ta conscience. Plus La Lumière se répand et plus nous sommes en cette Vision reliante. Considère que ce qui se donne à ton intelligence est proportionnel à l’éclairage de ce que l’on appelle la grotte intérieure. En mettant assidument ton Art en pratique, tu entres en cette concentration. Sache, Ô Fils, que L’Art vient des noces qui se célèbrent entre l’instant et l’attention soutenue. Lors que tu médites, L’Art de trouver la droite cambrure intime débute d’abord par la formulation d’une intention conscientisée. Nul n’entre dans La Voie sans qu’il ne soit à trouver cette nécessité en lui-même. Une semence éclot de son désir de s’élever. Las, toutes les semences ne sont pas fécondes. Lors, respire profondément et bloque le thorax en ton énergie ventrale. Deviens le pérégrinant qui s’achemine en L’Orient de ton cœur, c’est-à-dire du côté de ton soleil levant, ou au Commencement du Commencement. Ne confonds pas l’organe et ce Centre que l’on appelle aussi intériorité en l’intériorité. Respirer est l’acte le plus important pour l’initié. Il veille au souffle comme l’on est à veiller sur la flamme d’un temple. Ne jamais te distrais de cette attention ! Dès lors que tu es en cette aspiration du but ultime de La Voie, Celle-ci te cherche et mets en place une stratégie que tu seras à observer au fur et à mesure de ta progression. Le Samouraï est à cheminer en cette Trame inouïe qui est une horizontale et une verticale. Lors que tu entres en cette méditation du Silence, tu entres aussi en La Proximité du Compagnonnage. L’Esprit te guide et ne jamais se délie de toi. Il te donne à voir. Est à Voir celui qui entre en la dilatation après avoir connu la contraction.

Mon du clan Oshidori

Livre 26

Nul n’entre en cette Voie s’il n’est à ressentir L’Amour. D’aucuns pensent que L’Amour est uniquement la manifestation d’une émotivité entre deux personnes, quelles qu’elles soient au demeurant, et que cette émotivité, certes chaleureuse et bienveillante, parfois passionnelle, se pourrait n’être qu’un acte d’assouvissement et de sociabilité, la plupart du temps coercitive. Sache, Ô fils, que l’Amour est ce qui unifie tout. L’Amour est Le Commencement par excellence, même si Le Tout-commencement est sans Commencement : tournoiement d’une réelle énergie qui est en son éclosion mouvante et perpétuelle. L’Amour est ce qui marque le début d’une tension. Il est Vie qui se cherche en permanence. Sans cet Amour, il n’est aucun pouvoir de concentration, ni d’aspiration. Le Désir que l’on assimile à la chair, est en vérité une Lumière exploratrice et aimantée par La Lumière elle-même. Seules les consciences inférieures compulsent en la charnalité des actes concupiscents. Les êtres dont la conscience évoluent sont en cet acte à vivre l’esprit de la chose. Mon maître me disait : si tu ne regardes pas la goutte d’Eau en sa toute réalité, elle ne sera jamais à t’offrir La Réalité de La goutte d’Eau en toi. Le miroir est un phénomène observable à travers le jeu des reflets de l’âme. Ce Prince qui remarqua que la servante lui parlait bien étrangement, éprouva pour la première fois de sa vie, une sorte de paix. Il l’observa attentivement et plongea en son lac intérieur. Il vit qu’elle s’effaçait complétement afin de le laisser entrer en sa prunelle. Il put y voir son reflet. Combien de temps le laissa-t-elle en cette apnée du souffle ? Soudain, il s’exclama : – Pour la première fois de ma vie, je me suis vu dans l’intimité d’un regard ! – C’est parce que, Ô Prince, vous n’avez rien projeté sur moi. Il n’est donc aucun obstacle dans la Vision, lors que l’intention est pure. Le Prince rétorqua aussitôt : – Il faut être Deux en cette intention, sinon, le miroir s’occulte. – Certes, dit la servante, la limpidité d’un regard vient de l’âme cristalline de Deux qui se voient. Car Deux n’est plus Deux, mais résorption en L’Un.

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï


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samedi 17 mars 2018

Les songeries d'un poisson


Drapeau de la ville d'Afanasyevsky (Russie)

Maître Ours, il est une histoire bien singulière,
Le saviez-vous ? Le mur, d'une parure vous vêt.
D'aucun croit que je suis un tantinet distrait.
Or, vous le savez, ce mur est un grand mystère.

J'y vois une fenêtre donnant sur l'autre monde.
Vous marchez et vous avez l'air un peu perdu.
Qui est donc l'enfant qui vous suit et vous inonde
De rires ? Vous l'accueillez comme l'on cueille l'inattendu.

Le mur n'est point une tombe. Je vois bien que vous y êtes.
Chaque matin, il ruisselle de rosées perlées de lilas.
Même le vent n'arrache cette étrange silhouette.

Vous me le dîtes tantôt : qu'importe le trépas !
Ce n'est pas un singe qui nous imite et nous limite.
Il s'agit bien d'un ours que j'aime et qui me visite.

Océan sans rivage

Lire aussi

                 Le mur magique                        Paroles d'Ours                     Le Pays de Lyla

Laisse-moi te parler


La plupart des gens s'endorment quand ils ne disent plus « je ». Si vous leur parlez d'un sujet qui ne les concerne pas, directement ou indirectement, leur regard commence à vaciller puis à flotter, jusqu'à devenir fuyant. C'est le signe qui ne trompe pas. Et si vous avez le mauvais goût de ne pas vous en apercevoir, leurs yeux se mettent à rouler. Mais, inspiré subitement par une forme de compassion, vous renoncez à les exposer sûrement à une congestion cérébrale.

Blason de Gukovo (Russie)

Laisse-moi te parler, non pas de moi, ni de toi,
Encore moins des autres car c'est sans importance,
D'autant que parler des absents est peu courtois
Et puis trahirait de nos esprits l'impotence.

Laisse-moi te parler, non pas des événements
Qu'à longueur de journée les médias nous rabâchent,
Embrouillant plus qu'apportant un éclairement ;
Il n'y a là-dedans pas grand-chose de bon, macache !

Laisse-moi te parler de la beauté de l'instant,
Absolument et éternellement unique.
Qu'importe, s'il ne figure en aucune chronique !

Vois-tu, je me réjouis que revienne le printemps,
Pas tant celui du calendrier, éphémère,
Mais l'Éternel, qui fleure bon la Maison-Mère.


Le Spectre à trois faces



Des différentes catégories de personnes

Retour à Versailles


Blason de Versailles sous le Premier Empire

D'azur, au château d'or, surmonté de trois jets d'eau d'argent, au chef de
gueules chargé de trois abeilles d'or, qui est des bonnes villes de l'Empire.

     Il est des lieux de prédilection, porteurs de croisées en lesquelles se profilent des convergences insoupçonnées et inédites. Des lieux comme des portes vers un entre-mondes. Et des jardins chargés de mémoire et de prémices. Des lieux profondément enracinés dans l'Histoire mais d'où émane, étrangement, quelque chose d'atemporel. Des lieux très en vue et pourtant en retrait. Versailles est de ceux-là. Peut-être plus qu'aucun autre, d'ailleurs, car s'y sont noués et ourdis bien des événements aux conséquences inouïes.

     Versailles... Une sorte d'enclave nichée entre deux temps et qui porte toujours sur la proche capitale un regard un peu distancé, non dénué, quelque part, d'une certaine hauteur, sans pour autant s'assimiler à la province. Ce lieu a été, cela ne s'oublie pas, le centre névralgique du monde et d'une époque. L'archétype d'une royauté d'ostentation et d'une Cour d'apparat qui, d'une certaine façon, allait modéliser les monarchies d'opérettes et les principautés de pacotille des siècles suivants.

    Ces bosquets, ces bancs, ces statues, ces allées qui furent les témoins de tant d'intrigues et de conversations, les unes badines ou cruciales, les autres secrètes ou emphatiques, des amoureuses, sans doute, ou fielleuses, très certainement. Ces jardins composés où Louis ne vient plus, comme l'écrit Albert Samain, mais que l'on imagine toujours s'y promener et que l'on s'attend à voir paraître subitement, quelque part de l'autre côté du temps, par une brèche qui se serait ouverte, l'espace d'un instant. Peut-être un sentiment partagé par toutes ces personnes qui demeurent plantées dans le parc, comme dans l'attente que quelque chose affleure...

     Des flots de visiteurs déversés quotidiennement par le train et une flotte d'autocars, en provenance du monde entier, pour admirer un décor, somptueux certes, mais immensément vide, presque accablant d'absences. Lourd, toujours, des événements tragiques qui marquèrent sa fin. D'interminables files d'attente pour s'étonner de la grandeur éteinte et des splendeurs patinées d'une France définitivement révolue et qui, étrangement, semble ne jamais s'être vraiment remise de la rupture irréversible de 1789, l'année de tous les basculements. Une boîte de Pandore qui ne s'est pas encore refermée. Oui, toute cette masse humaine convoyée par l'industrie du tourisme pour consommer du passé et ne contempler finalement rien, et dont la plupart aurait pu se satisfaire de feuilleter un prospectus sur la question. Ce qui est vrai, au demeurant, pour tous les lieux communément courus.

     Il est un autre Versailles, pourtant. Au-delà des clichés désormais numérisés qui saturent les réseaux sociaux. Un Versailles qui se découvre par ses bords, à petits pas, le longs des jours étirés par le silence intérieur et dilatés par le regard de l'âme. À ne considérer un lieu que dans sa seule réalité historique, c'est le figer dans sa dimension temporelle et n'en voir que l'ombre. Les hommes font l'histoire, écrit Raymond Aron, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font. Il faut ainsi donner au temps beaucoup de distance pour bien juger d'un événement ou d'une époque. Alors qu’on lui demandait son avis sur les impacts de la Révolution française, le premier ministre chinois de l’époque maoïste, Zhou Enlai, répondit qu'il était trop tôt pour le dire. Mais la seule distance temporelle ne suffit pas à couvrir tout la réalité quand le regard demeure en sa linéarité. Il faut encore qu'il se donne de la hauteur, en considérant ce qui n'est jamais qu'une factualité comme le reflet d'une réalité autre. L'Histoire n'est pas qu'une simple mécanique d'enchaînements de faits et d'occurrences en leur déroulement chronologique. Ainsi, tout lieu, tout événement, toute chose, et a fortiori tout être, révèlent une dimension atemporelle et, par là même intemporelle. C'est là aussi qu'est leur point de lumière et donc leur reliance à un ordre supérieur. Souvent les hommes pensent décider et agir tandis qu'ils sont simplement agis.

Marc

Lire


ainsi que

                                       Versailles                                   Coq bicéphale

vendredi 16 mars 2018

La Voie du Samouraï : Livres 23 et 24


Mon du clan Hoso Asanoha

Livre 23

Toute chose que tu acquières, libère-la de ta libéralité et tourne-toi exclusivement en ce qui s’actualise en la conscience pérenne. Le Souffle que tu unifies à chacun de tes actes est Le Souffle de L’Unité en L’Apnée. En ce non-figement, tu es à percevoir que le « moi » périt et se disloque au vent de ta maîtrise illusoire. Laisse le Silence te plonger en ton absence et médite au dessus du Lac éternel de Ton Regard. Il s’ouvre tel le feuillet d’un parchemin subtil. Tu ne parviendras jamais à t’élever par la pensée rationnelle car elle a pour fonction de réduire chaque chose en sa temporalité. Lors que les oiseaux passent, écoute leurs ailes qui effleurent indéfiniment les grâces du Ciel, qui lui-même s’enchante de leur passage. Laisse passer ce qui passe, quand ce qui reste est à se lire au fulgurant regard. Bois en ce silence. Entends ton cœur battre. L’Expérience est Essence qui éclot en un Lieu qui n’est pas le seul Lieu de gestation. Nous serions en ce perpétuel désir dévié de fixer ce qui ne se fixe aucunement par nature. Pourtant, paradoxalement, ce geste n’est rien d’autre qu’à révéler le Désir Originel et Suprême du Retour. Ô Fils, laisse le vent intérieur être La Brise jubilante de ton âme au repos et que la flûte soit à retrouver les effluves de ton Discours intime. Les fleurs sont, en ce balancier, à parsemer les pétales de Ton Unité. Maintenant, Laisse-les se rassembler. Après les souffrances, et en cette discipline, observe ton âme qui se repose. La Paix est une douceur en cette certitude réalisée jusqu’au bout de tes doigts attentifs. Le feu a brûlé les derniers soubresauts de tes résistances. Si tu n’écoutes pas L’Appel, comment veux-tu avancer ? Sache, Ô fils, n’est à demeurer que ce qui est enraciné dans La Transcendance. Tout le reste est à basculer. « Dès le début de sa vie consciente et pendant le développement de celle-ci, me disait mon maître, l’homme est animé inconsciemment par la nostalgie de retrouver l’unité et de pouvoir en témoigner dans sa vie. C’est pourquoi le sens profond de tout ce qu’il perçoit et fait, en se fondant sur sa "conception naturelle" de la vie, lui est finalement révélé par l’action secrète de la transcendance au fond de lui-même. Mais il ne peut prendre conscience de cela que par l’intermédiaire de son mode de perception rationnel qui, par ailleurs, le ferme à la transcendance et à l’Être. » Dès lors, sache, Ô fils, que L’Esprit se meut au delà de la rationalité, qu’il revient ensuite en cette Descente et témoigne de son périple par Le Verbe de L’Eloquence, celui-là même qui est l’interprète de son expérience.


Mon du clan Izutsuni Migitomoe

Livre 24

Vivre le moment vrai est le temps réel de L’Eternité. Or, il n’est d’Eternité qu’en Son Semblable. Mesure tes gestes et fais, en chaque moment scrupuleux de ta conscience, acte de Reliance. Comment pourrais-tu oublier ce basculement, lors qu’une porte t’invite à entrer ? Reste fragile à son seuil et tremble des ruses de ton âme qui s’illusionne encore en ayant cette faiblesse de tout recentrer sur elle. Libère-toi de toutes pensées et de toutes attaches, puis entre en Son Jardin qui est une transition nécessaire afin d’abreuver ton mental par les fluidités de L’Aube et les discours lumineux de L’Âme supérieure. Sans forteresse, il n’est ni de Seigneur, ni de vassalité. Combien, pourtant, sont à ériger des palais qui ne recèlent ni trône, ni Souverain : leur prétention n’est qu’un déguisement d’apparat. Point n’est besoin de farder une enveloppe. Va en ta nudité, car, Le Ciel sera à te dépouiller tôt ou tard. Ô mon fils aimé, toi qui ne désespères jamais devant le combat que tu dois mener pour accéder à la clairvoyance et à la Délivrance, sache qu’une Assemblée siège en un haut Lieu et te soutient : Elle t’irrigue, jusqu’aux moindres de tes vaisseaux, de ces sagesses provenant du Tabernacle de Lumière. Elle n’est point à te méjuger, mais plutôt est à t’encourager en ce Périple. Avance lentement. Je t’ai vu au milieu des passants sourire. Nul n’est à s’inscrire en ces formes de signifiance, en ce langage, sans entrer en Le Verbe des Ondes Originelles, à travers les actes du quotidien. Tu as traversé, Ô héros, les voûtes les plus improbables, et chaque arc t’a révélé que nous étions tous à apprendre. Nous sommes les apprentis et nous œuvrons tous les jours, dans l’anonymat, lors que nul ne soupçonne notre présence. Ces feuillets s’ouvrent simultanément au Temps de La Marche. Noble fils, ne t’effraie pas des vallées que l’on traverse, des couloirs de l’ombre, et vois aux Cieux, ces deux coursiers qui chevauchent et te rejoignent dans la verte prairie. Tu rencontres le monde des vivants. C’est en ces transparences que l’Eau te parle. Ecoute les joies de leur discours. L’Âme se sauve, n’est-ce pas ? Un prince était malade. Nul remède ne venait à le délivrer de ses humeurs mélancoliques. Il s’enfermait dans une tour et se drapait de couvertures. L’Empereur, saisi par son malheur, avait fait mander tous les plus grands médecins de l’empire. Aucun n’avait réussi à trouver ni son mal, ni à le guérir. Une jeune servante lui apporta l’eau fraîche d’une rivière. Il but nonchalamment l’eau qu’on lui tendait dans un vase. La servante lui fit cette simple remarque : Ô Prince, voyez comme la rivière coule en vous maintenant ! le Prince sursauta et se mit à pleurer. La servante lui dit alors : Ô Prince, voyez comme la rivière coule sur les vallées de votre corps ! Elle s’en va s’irriguer la terre sèche. Surpris, Le Prince leva la tête et s’aperçut que la servante était une très belle femme. Elle lui fit un sourire. – Qui es-tu ? lui demanda-t-il – Je suis cette eau qui vous abreuve. – Es-tu réelle ? questionna-t-il – Je suis exactement ce que vos yeux perçoivent… lui répondit-elle.

Océan sans rivage



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jeudi 15 mars 2018

La Voie du Samouraï : Livres 21 et 22


Mon du clan Tsukiwa Mamekutsuwa

Livre 21


La Mort est Le Moment fatidique où l’on se retrouve seul face à soi-même. Celui qui meurt avant de mourir est à vivre les étapes anticipées du Réveil Suprême. Ni mensonges, ni illusions possibles. La Réalité sera Une alors et l’on sera à comprendre nos distorsions et nos manquements. Ô fils, ne passe pas à côté du rappel, et vois combien le sommeil de la plupart des mortels est le temps qu’ils sont à perdre en ne voulant pas se réveiller. Il n’est de véritables souffrances et de véritables larmes qu’en celles du regret : celui d’avoir manqué le moment du passage. Ne t’associe pas aux soubresauts d’un monde dans lequel tu serais à t’enfermer, car tu serais vraiment injuste envers toi-même. Ne cherche pas à jeter les amarres là où il n’est que désolation. Ne te lamente pas sur tes souffrances qui sont La Volonté Céleste en une Sagesse que tu es loin d’avoir comprise. Ne récidive pas en ces cercles qui t’encerclent, mais dépasse la raison et vois avec les yeux qui transpercent. Sache, Ô fils, que La joie est une conquête contre L’aveuglement. Ne persiste jamais en tes erreurs, car elles seront à se répéter en ta propre cécité. La répétition sclérosée du désir illusoire et figée du « moi » ainsi que la nostalgie sont les plus grands pièges de l’âme inférieure qui ourdit, à son insu, incessamment, sa propre illusion. Elle a pour vocation intrinsèque de s’anéantir afin de faire place à ce qui est nouveau. L’Enfer est cette répétition imitative de l’imaginaire qui s’enlise en sa compulsion et se sépare toujours de Son Principe. Ne fais pas de ta douleur le sens de ton existence. Ne pense jamais que l’on te doive quelque chose. Or, tu te dois plutôt garder intacte ton intégrité, qui est un dépôt solennel et qui est Ta Reliance en L’Alliance avec Le Seigneur. Ne pense pas que ce monde t’est hostile, tu serais en une illusion grave. Ne considère pas que ce qui t’advient de mal est un acte de malveillance. Tout est ajustement précis et sage, qui t'est devenu aujourd’hui étranger de par ta limitation. Ainsi est à se révéler ton obstination orgueilleuse à perdurer dans l’ignorance. Or, le Samouraï sait qu’il n’est de Réalité qu’en L’Unique Réalité. C’est cette Vérité même qui se révèle être La Beauté du dépassement. Se donner la mort, n’est pas un acte lié au déshonneur, ni au désir de fuir devant la difficulté. Se donner la mort, c’est avant tout agréer de faire acte de conversion. C’est à dire de Retour à Soi, avant que le Retour inéluctable soit en son implacabilité. L’on a, à tort, transformé cette ascèse en sordide acte suicidaire. Pourtant, il est un geste qui le révèle aussi en son secret.


Mon du clan Yokomigiku

Livre 22


Le temps nous tue, ou bien nous le tuons. Son Sabre est acéré et pourtant, là est l’entier secret. Ô fils, je te parlerai des éclosions infinitésimales du Temps qui deviennent objets de Connaissance. Son Lotus est vénération créationnelle des instants uniques de La Perception. Des lors que tu cesses de coller au personnage que tu crois être, tu entres en cette distanciation possible de l’acuité et L’Œil, qui est Le Regard Témoin par excellence des Deux-mondes, te renvoie à La Vision multiple en son unité et tu sais de Source sûre que L’Esprit ne sera jamais anéanti. Cette Réalité, au delà des émotions, des attachements, des goûts, du déroulement événementiel de l’existenciation, te donnent à saisir la fugacité de La Lumière incessamment jubilatoire de Sa Joie Suprême. Elle dit : Je suis apparue telle que Tu as décrété et je suis à tournoyer des effets de notre Union ! Le Samouraï parvient aux confins de l’insondable. Il dépasse Le Temps qu’il a lui-même tranché de par son observance quotidienne du Rappel. Ni il se détourne, ni il enfouit ce qui lui parvient, ni même il argue du contraire. Il a appris que Le Silence est Le Premier pas de la haute maturité et le bruissement léger des feuillages de son arbre intérieur est, en fait, les éclosions multiples d’une ramification, non seulement intelligente, mais aussi celle d’une architecture vibrante de Présence. Le Lotus est L’Œil de L’Amour expansif. Il s’élève des putrides marées du dispersement et monte jusqu’au Ciel de Sa Beauté. Le Samouraï ne nourrit aucune rancune, ni amertume et voit en toutes choses L’Un. Il courbe la tête et apprend en silence, car son mental est purifié de l’égocentrisme insidieux. Sache, Ô Fils, que les effluves te parviennent, et lors, lie-toi à La Fleur, et non uniquement à Son Emanation, car le parfum se disperse, tandis que La Fleur est Eternelle, et en cet acte de chevalerie suprême, honore Celui qui est à t’honorer présentement, car Il est Le véritable Honneur Seigneurial. Ton humilité est le juste acte de bravoure. Déjà ton regard s’anéantit en Lui, et La Fleur est à naître, lors que tu es à mourir.

Océan sans rivage


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lundi 12 mars 2018

Mémorable Présence


Blason de Lipetsk (Russie)

Le sourire ému sur les lèvres de Ton Regard,
Les plis des nuages sur L'Ondée tremblante de pluie,
Le pas entrecroisé de nos marches, jusqu'au soir
Ivre des printemps de notre unique cœur épris.

Oublierai-je jamais ces balbutiements de nous ?
Oublierai-je jamais le rire du Platane complice ?
Lors que dans la journée je pliais le genou,
Et posais mon front sur le sol de nos délices.

Ce sont les réalités de nos âmes qui se cherchent,
En cet ultime Appel depuis notre Berceau,
Je vois en Toi Dieu qui nous tous recherche.

Des élans profonds d'Amour dans L'Infime Echo
Je courbe la tête et Te fais cette Révérence.
L'Ami de L'Ami, notre mémorable Présence !

Océan sans rivage

samedi 10 mars 2018

Samedi de Carême


Blason d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine, Ille-de-France)

D'azur au filet en sautoir d'or cantonné en chef d'un aéroplane d'argent,
en pointe et aux flancs de trois moulins à vent du même ouverts de sable.

Paris, place de l'Opéra, en ce samedi
Que le désœuvrement fait courir les boutiques,
Si j'en crois la mine des gens que rien n'irradie,
Comme si nous vivions sous un régime soviétique.

Même le tourisme semble être une corvée,
À voir le regard des visiteurs où ne brille
Aucune joie. Venus de loin pour se cultiver,
Il n'est rien, apparemment, dont leur œil pétille.

Les voici à déambuler, en brandissant
Un télescopique relié à leur numérique.
Ils sont venus de loin, d'Asie ou d'Amérique,

Pour se photographier devant des monuments...
Car il n'est rien de plus remarquable qu'eux-mêmes.
Hors de ces instants bénis, c'est tête de carême.

Le Spectre à trois faces


Carnet de rue

L'Armorial d'Hozier de 1696



Charles-René d'Hozier (1640-1732) fut écuyer, conseiller du roi et généalogiste de sa maison, juge d'armes, garde de l'armorial général de France. Charles d'Hozier est une référence majeure de l'héraldique. Outre ses recherches sur les armoiries de Bourgogne et sur la noblesse de Champagne, il est l'auteur de plus de 600 feuilles et écussons enluminés sur vélin. Mais il est surtout célèbre pour l'armorial de 1696, vaste compilation nationale, en application de l'édit de Louis XIV exigeant de la bonne bourgeoisie d'alors, et marginalement de la noblesse, l'enregistrement d'armoiries familiales moyennant le versement d'une redevance souhaitée. Les registres aquarellés, classés par provinces, sont conservés au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, numérisés et donc consultables en ligne.

La Voie du Samouraï - Le Recueil



La Chevalerie, qui compénètre toutes les cultures, est un état d'esprit fondé sur une éthique ancrée dans la Tradition qui irrigue les valeurs qui inspirent son code d'Honneur et donc ses actes, l'on pourrait presque dire, pour en marquer la cohérence et l'unité, son Acte : Honnêteté, Droiture, Courage, Fidélité et Service. Telle est sa Solarité, qui soutient et éclaire son Ascendance, autrement dit, sa quête intérieure, qui devient ainsi une voie spirituelle singulière. Singulière et convergente. Car c'est à cette hauteur que les passerelles s'établissent, donc que les ponts se posent et qu'elle se raccorde à l'universalité ; par elle, encore, qu'elle touche à son intemporalité. La Voie du Samouraï se veut rendre témoignage de cette Rencontre intérieure, à une époque, justement, entrée en amnésie et qui voit se perdre tous ses repères, avec l'oubli de la Tradition, toutes cultures confondues. Mais elle est surtout un Rappel, non pas de ce qui a été, mais de ce qui se donne à être, en l'Essentiel, Ici et Maintenant. La Voie du Samouraï est celle de la Verticalité retrouvée et affirmée avec force. Elle s'inscrit véritablement et pleinement dans le processus du Raccord et donc du Retour. Il s'agit là, précisons-le, d'une œuvre inspirée, c'est-à-dire ne relevant pas d'un quelconque travail de compilation et de composition, au sens que son auteur, Océan sans rivage, n'a pas initialement un savoir de la voie. Cette approche est véritablement originale et inédite et trouve ainsi, par son propos, une place centrale sur Noblesse et Art de l'écu. Ce fut aussi l'occasion de découvrir l'héraldique japonaise, d'une richesse, d'une beauté et d'un symbolisme surprenants.

Marc

Une Voie exclusivement exotérique se fonde en la connaissance de l’intériorité, aujourd’hui, las, quasiment occultée. Pourtant, nous sommes une véritable Mémoire, une bibliothèque gigantesque que nous ne soupçonnons pas. Nous sommes en une Possibilité connective, une possibilité de Reliance presque totalement méconnue. D’avoir estropié l’histoire nous rend aujourd’hui incapable d’entrer en la profondeur des pensées et des actes. Si la routine envahit nos jours, alors, il n’est de vie qu’en l’éphémérité obséquieuse de rites rendus totalement profanes. (extrait du Livre 2)

                    Samouraï                          Sous un Merisier                Promesse de Samouraï

                 Livres 1 et 2                                   Livres 3 et 4
                 Livres 5 et 6                                    Livres 7 et 8
                   Livres 9 et 10                              Livres 11 et 12
                  Livres 13 et 14                             Livres 15 et 16
               Livres 17 et 18                              Livres 19 et 20
                Livres 21 et 22                              Livres 23 et 24
                Livres 25 et 26                              Livres 27 et 28
                 Livres 29 et 30                              Livres 31 et 32
                        Livres 33 et 34                               Livres 35 et 36
               Livres 37 et 38                                Livres 39 et 40
                   Livres 41 et 42                             Livres 43 et 44
                        Livres 45 et 46                              Livres 47 et 48
                        Livres 49 et 50                               Livres 51 et 52
                Livres 53 et 54                               Livres 55 et 56
                 Livres 57 et 58                              Livres 59 et 60
                  Livres 61 et 62                               Livres 63 et 64



Se lit aussi sur Naissance et connaissance