Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

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mercredi 26 août 2026

Stultorum infinitus est numerus

  


     Ma chère Mado, le nombre des imbéciles est sans limite. Mais comme chacun voit midi à sa porte et charbonnier étant roi chez lui, l'on est soi-même, inévitablement, l'imbécile de quelqu'un. Mais cela n'a aucune espèce d'importance dès lors que ce quelqu'un, diplômé ou inculte, réputé ou illustre inconnu, est un esprit étroit ou une nuque raide, voire un demi cerveau. L'essentiel est de se comprendre soi-même d'abord, avant toute considération de l'opinion d'autrui. Combien s'imaginent voir le monde à travers une large baie vitrée, tandis qu'ils le lorgnent juste par un œilleton. Dans son bocal, le poisson rouge croit nager dans un océan. Plus d'un marin d'eau douce s'imagine naviguer au large et plus d'un navigateur ne fait en réalité que du cabotage le long des côtes de sa vision étriquée du monde.

     Le problème, avec les imbéciles, c'est qu'ils s'ignorent comme tels, certains l'étant même plus que d'autres, du genre qui osent tout et que c'est même à cela qu'on les reconnaît (dixit un certain Audiard). Parfois, ils se réunissent pour rire des autres imbéciles (car l'imbécile c'est toujours l'autre), ce qui est une façon de relativiser leur propre état, voire de le conjurer. Voilà pourquoi les clowneries ne font jamais rien avancer, bien au contraire. Il en est comme du quart d'heure philosophique à la fin d'un repas, quand les ventres bien repus se veulent alléger par un peu d'abstraction, en attendant la vidange.

     Certes, ce tableau brossé à la grosse truelle n'est pas très reluisant, encore que ceux qu'il dépeint sont peu enclins à lire ces lignes. On ne prêche jamais que des convertis, comme on sait. Du reste, nul n'est assez parfait pour désespérer complètement de l'humain, dans la mesure, bien entendu, où l'on a réellement affaire à des humains, ce dont on ne jurerait pas (ou plus) pour tout le monde. En ces temps apocalyptiques où tous les révélateurs sont au rouge et en action, la question n'apparaît plus si extravagante que cela. Les temps qui viennent, soyons-en sûrs, nous réserveront encore bien des surprises. Pour l'heure, la masse continue de fantasmer et de courir les chimères, pour le reste, imitant les fameux trois singes qui représenteraient plutôt leurs descendants que leurs prétendus ancêtres. (1)

 

Sans limite, donc, est le nombre des imbéciles 
Qui ont permis aux fripouilles de régner partout, 
Se voulant même pénétrer dans les domiciles, 
Avec la servitude volontaire pour atout,

Un fait que La Boétie, un esprit précoce, (2) 
A déjà fort bien analysé en son temps. 
D'autres, par la suite, auront la plume plus féroce 
Mais aucun écrit n'a rien changé pour autant.

Tout au plus ont-ils touché quelques rares personnes, 
Quand la masse demeurait sourde à la cloche qui sonne. 
Car il faut dire qu'en matière d’imbécillité,

Chaque génération prend le relais de la chose,
Déplorant les effets dont elle chérit les causes. (3)
C'est le plus sûr ferment de la docilité.

Le Spectre à trois faces

(1) Non pas les trois singes de la sagesse de la Chine ancienne, mais les trois singes de la bassesse.

(2) Discours de la servitude volontaire (1576).

(3) Attribué à Bossuet (1627-1704)

samedi 22 août 2026

Le Camino


 
Blason de Chauffailles (Saône-et-Loire)
 
De gueules à trois coquilles d'or ; à la filière du même.


Il semblerait que le chemin de Compostelle
Soit devenu une autoroute pour les piétons
Qui n'auraient pas tous des visées spirituelles
Et dont la tenue serait d'un tout autre ton

Que celui de pieux pèlerins en quête intérieure.
Pourquoi la chose n'est-elle pas à nous étonner ?
En cette époque qui se croit à toutes supérieure,
C'est le glas de l'âme des choses qu'on entend sonner.

Homo festivus investit tous les terrains,
Faisant feu de tout bois, montant dans tous les trains,
Pourvu que la partie s'annonce récréative.

Sa vie est tout entière tournée vers le plaisir ;
Lors, faire la fête demeure son principal désir
Que le vide et son ennui sans cesse réactivent.


II


Le voici cheminant sur les chemins d'antan
Que les pénitents ont couverts de leurs prières.
La performance est solide, c'est un vrai battant.
Cette motivation lui tient lieu de vent arrière.

Égrainant les touches plutôt que le chapelet
Et portant le bermuda plutôt que la bure,
Il franchit les étapes et avale les relais
Où l'attendent ses effets transportés par voiture.

Ainsi, pèlerins et randonneurs s'entremêlent,
Beaucoup ne sachant pas trop ce qui les appelle.
On dit que c'est en chemin qu'on le découvre.

Et c'est peut-être cela, le pèlerinage :
La rencontre avec soi, un point de passage,
Une lumière dans l'âme, un autre monde qui s'ouvre...

Le Spectre à trois faces
 
Représentations héraldiques de la coquille Saint-Jacques

dimanche 21 juin 2026

Tenir la ligne

Blason de Stadtlauringen (Bavière, Allemagne)


N'attendre rien d'autrui est une vraie liberté ;
Seule une relation désintéressée est saine.
Combien d'assemblées n'avons-nous pas désertées,
Lors qu'en substance elles se sont avérées vaines !

Mieux vaut, dit-on, être seul que mal entouré. *
Si l'idée s'entend bien, la chose est moins facile,
Surtout s'il est beaucoup de vide à rembourrer.
Tenir cette ligne-là est donc très difficile.

Il ne s'agit pas de se prétendre parfait ;
Une telle perfection serait forcément précaire
Et nul, à nos yeux, ne serait jamais d'équerre.

Il n'est rien qui ne finisse par être défait,
Y compris, finalement, l'idée de soi-même,
Malgré, pour la conserver, tous les stratagèmes.

Le Spectre à trois faces

* « Mieux vaut être seul que mal accompagné. »
Pierre Gringoire, poète et dramaturge (1475-1539)

mercredi 3 juin 2026

Mémoire d'un futur

Blason de Bidovce (Slovaquie)


Les individualistes sont les plus grégaires ; 
 Coincés dans leur petit moi vu comme en chose-en-soi,
Ils effleurent le vaste monde qu'ils ne connaissent guère,
À peine dans les bulles partagées de l'entre-soi.  

De s'être crus préoccupés d'autrui, naguère,
Sous le prétexte d'avoir porté un masque,
Ils ont prêté le flan au narratif de guerre
Relayé sur les ondes de la pensée flasque.

Cette moutonnerie restera une triste mémoire
Que les non dupes ont consigné dans leurs grimoires.
Cette folie, sans doute, verra d'autres éditions,

La raison n'étant pas de la masse l'apanage.
Celle-ci s’accommode de tous les concubinages
Et peut donner, on l'a vu, dans la délation.

Le Spectre à trois faces


lundi 5 décembre 2022

Les oracles de Cumes (2)

La Sibylle de Cumes, peinture d'Edward Burne Jones (1833-1898)

 

Les années passèrent et ses mots le rattrapèrent.
Ils furent sincères ; juste un défaut d'ajustement.
Dieu est patient, c'est dans la durée qu'Il opère.
Les meules divines tournent lentement mais sûrement. 

Se croyant quelqu'un, l'on se découvre personne.
On reste longtemps sous l'effet d'un tel quiproquo.
Il n'est rien par soi semé que l'on ne moissonne.
C'est du fond de chaque instant qu'en remonte l'écho.

L'on comprend qu'apprendre c'est juste désapprendre,
D'autant que l'ego couve toujours sous la cendre.
« Qui suis-je ? » Est-il réponse à cela qui n'enferme ?

Mystère et silence de Dieu qui nous enseignent.
Que sa volonté soit faite ! Qu'arrive son règne !
C'est par l'abandon que toute chose arrive à terme.

dimanche 23 janvier 2022

La mode au cours des siècles (1)

Être à la mode vestimentaire consiste à se vêtir conformément au goût général d'une époque et d'une région donnée. Bon. Mais aujourd'hui, visiblement, la manière de s'habiller est la même de Paris à Tokyo, de Moscou à New-York ou de Pékin à Pretoria. La planète entière suit désormais la même mode ou sensiblement la même. Et cette mode est d'inspiration occidentale, sans conteste. On peut le déplorer ou s'en réjouir, c'est du moins un fait.

jeudi 26 novembre 2020

Le paon, héraldique et symbolique



Le paon est un très bel oiseau de la famille des gallinacés. Il est originaire de la région indo-malaise. Son plumage est composé de plumes aux couleurs vives et sa queue, très longue, peut se relever au-dessus de sa tête pour former un superbe éventail. Selon les cultures et les époques, il symbolise l'immortalité, la beauté, la fécondation ou l'orgueil. En héraldique, sa symbolique dépend de sa figuration et de son émail.

mardi 17 novembre 2020

Dis moi de quoi tu rêves...



... et je te dirai qui tu es. On rêve toujours de ce qu'on n'a pas. Et puis, a-t-on jamais ce qu'on veut ? Et veut-on encore ce qu'on a ? Il manque toujours quelque chose pour faire notre bonheur. Et quand nous pensons le tenir enfin, il nous file entre les doigts. C'est un peu comme les stars : elles font d'abord tout pour être connues et une fois qu'elles le sont trop, elles font tout pour ne l'être pas ! Toute chose comporte sa rançon. Et son poids est toujours équivalent.

dimanche 15 novembre 2020

Le Nouvel Ordre (8)


Blason de Boguchwala (Basses-Carpates, Pologne)
 

     Ma chère Mado, la litanie dépressive dont je te livre ici une infime partie a de quoi désespérer, pour peu que l'on se projette encore dans ce système dévoyé et d'en attendre autre chose que du vide, une réalité qui se révèle chaque jour davantage et qui plonge de plus en plus de contemporains dans une angoisse d'autant plus profonde qu'ils en ignorent la nature. Disons que c'est l'ontologie qui se rappelle simplement à leur mémoire, en ces temps où avoir se révèle n'être pas, eux qui croyaient - et qui croient encore - qu'avoir c'est être. Mais ce n'est jamais là qu'une gueule de bois, certes carabinée, du fait qu'elle résulte de plusieurs siècles d'ébriété aiguë, mais salutaire au demeurant, pour peu de briser en soi le point relais et donc de fermer la succursale du diable. Tu t'étonnes, n'est-ce pas, que je te parle du diable. Parce que ça ne fait pas sérieux dans un monde rationnel ? Rationnel ? Où a-t-on jamais vu, dis-moi, qu'il était rationnel ? Considérations faites de l'état des lieux, il est, à n'en plus douter, tenu par des fous.


La blablamétrie radiophonique vide-cerveaux
Entrecoupée en cadence de réclames débiles,
D'avis d'experts commentant des pseudo infos
Et de bouillies musicales dignes d'un asile ;

Une presse locale relayant le catéchisme
D'un système absurde qui célèbre sa dérive,
Taxant toute opposition de complotisme,
Tels des procès en sorcellerie qu'on ravive ;

Les écrans plats qui sèment partout la confusion ;
Les psychismes ouverts à toutes les intrusions ;
Des ânes savants lisant la messe aux imbéciles ;

Lesquels imbéciles se font donner le bâton,
S'ils ne sont pas devenus leurs propres matons...
Bref, nous vivons des temps oh combien difficiles.

Le Spectre à trois faces

mardi 16 juin 2020

Histoires fromagères : les chapardeurs


Tyrosème ancien « Le laboureur » (Meurthe-et-Moselle en Lorraine)


D'un déjeuner, le laboureur se réjouit,
Lui qui, depuis l'aube, est à retourner la terre
Où dormira la graine, en son rêve de pain cuit.
Les longues heures de labeur sont parfois bien austères,

Mais quand viennent les moissons et les récoltes, quelle joie !
Est-il travail plus digne qui nourrisse les hommes ?
Celui qui retourne à la terre fait le bon choix.
Foin de la vie de château et du majordome !

Exit les voyages autour de planète-center
Pour s'émouvoir de choses qui chez soi indiffèrent !
Fini le bougisme du pseudo sédentaire

Et son piétinement dans les aéroports !
Laissons donc ce monde courir après ses affaires
Où l'intérêt seul fait et défait les rapports.


Tyrosème ancien « La souris » (Les Aulneaux dans la Sarthe)


Des rats des champs attirés hors de leurs trous
Par une odeur forte - mais pour eux un parfum suave -
Furent bientôt en émoi et furetèrent partout.
L'on est bien aise d'avoir son quotidien de raves,

L'on n'en boude pas pour autant l'annonce d'un festin.
Un sac de victuailles à l'ombre d'un grand chêne
Avait, ce jour, rendez-vous avec son destin,
Bien avant qu'au clocher ne sonnât l'heure prochaine

Qui fut aussi celle de l'angélus de midi.
Notre pauvre laboureur sera bien en peine
S'il trouve à croquer encore le moindre radis.

L'animal est certes chapardeur, jamais voleur.
Toute chose bonne à manger lui est heureuse aubaine,
La propriété n'entrant pas dans ses valeurs.




Quand même vivant sur un territoire, l'animal
Ne conçoit pas d'en être le propriétaire,
Contrairement à l'homme qui n'y voit aucun mal,
Quand même il est à spolier autrui de sa terre.

C'est la trame principale de l'histoire des nations
Que d'aller prendre ailleurs quand l'envie les mène,
Ceux qui marchent en tête s'offrant les meilleures rations.
Mais la roue tourne qu'une loi implacable entraîne

Et bientôt l'apogée cède le pas au déclin.
Un jour, le vilain prend la place du châtelain
Et les mêmes causes produisent les mêmes effets, sans cesse.

À ce titre, vouloir changer le monde est vain.
Y parviendrait-on, nul besoin d'être devin
Pour voir qu'en peu de générations, tout s'affaisse. *

Marc


* « Le but de la civilisation, c'est la culture et le luxe. Une fois ce but atteint, la civilisation se gâte et décline, suivant en cela l'exemple des êtres vivants. » 
Ibn Khaldoun (1332-1406)


vendredi 1 mai 2020

Les proverbes par l'image



24 célèbres proverbes illustrés par le peintre, illustrateur, affichiste et dramaturge Henry Gerbault (1863-1930) de manière un peu décalée, très ironique en tous les cas et souvent satirique.

Expressions pittoresques de la langue française (1)



Allonger la sauce, bayer aux corneilles, mettre les pieds dans le plat, manquer le coche... autant d'expressions métaphoriques et pittoresques dont la langue française est si riche. En voici quelques unes des plus courantes, mises en image...

jeudi 30 avril 2020

Le langage des couleurs


 

Nous possédons tous une sensibilité et des préférences chromatiques qui nous sont propres. Mais ce que nous inspirent les couleurs est souvent conditionné par des significations qui renvoient à leur symbolique, au sein d'une culture donnée.

samedi 4 avril 2020

Maître Coq et les vertus collatérales du confinement


Blason de Staré Ždánice (Pardubice, Tchéquie)


Maître Coq, qui régente la haute-cour du Cloître,
Malgré que s'étant mis en retrait de ce monde
Où, selon lui, beaucoup d'esprits sont bouchâtres,
Si profondément opaques que rien ne les sonde,

Se voulut bien réagir aux événements
Qui frappent l'humanité de manière inédite,
La jetant dans le plus total confinement
Puisque toute sortie inutile est interdite.

Maître Coq nous propose un autre point de vue :
Celui des bêtes dont il se fait le porte-parole
Et dont la cause inspira peu la banderole :

« Des méfaits des hommes l'on a vite fait la revue :
Cherchez l'appât du gain * derrière tous les problèmes
Car il en est ainsi depuis Mathusalem.

* * *

D'un confinement qui fait souffrir les humains,
Les bêtes, cela se comprend, ne se plaignent guère,
Ayant pour elles la nature pleine et ses chemins
Que sillonnaient encore les randonneurs, naguère.

Les voici tout heureuses de cet apaisement
Qui leur donne à sereinement se reproduire.
Elles aiment les jours qui s'écoulent paresseusement,
En ces vastes espaces que rien ne vient réduire.

De mémoire d'animal, nul n'a vécu cela
Car il faut remonter très loin, même au-delà,
Pour s'en retrouver une tranquillité pareille.

C'était avant que la machine n'envahisse tout
Et ne répande son bruit et son haleine partout.
Les hommes seraient-ils devenus sages ? Ô merveille !

* * *

Las ! la chose arrive de force et non de raison,
Alors qu'ils eussent pu en sentir les claires prémices
Et retrouver le rythme des quatre saisons,
Sans devoir mener dans la hâte des vies factices.

Sauront-ils tirer profit de cette suspension
Pour se libérer de l'implacable matrice **
Qui les maintient de sa verge de fer sous tension ?
Sauront-ils y voir une épreuve libératrice ?

Ou alors se contenteront-ils de ronger leur frein
Pour après chanter encore les mêmes refrains ?
Je laisse aller les vœux pieux de mon âme candide

Car, dit-on, le meilleur est toujours possible
Et nul n'est d'une sombre destinée passible
S'il décroche d'avec un système aux fins sordides. »

Marc

vendredi 28 février 2020

Discontinuité et impermanence (9)


Insigne d'épaule de la 8e division d'infanterie américaine(1918-1992)


La connaissance de soi procède par éliminations : « Je ne suis pas ceci, je ne suis pas cela ; ni mon corps, ni mes pensées, ni mes sentiments ; pas plus la personne que je m'imagine que le personnage que je projette dans le monde, encore moins ce que celui-ci en perçoit. Ni je ne me réduis à l'un quelconque de ces aspects, ni je ne me résume à leur ensemble. »

Ces aspects, ces expressions, ces apparences, ces fonctions ne sont jamais que des compositions, nées du tissage de faisceaux multiples - l'héritage génétique, le contexte sociétal, le milieu social, les conditions existentielles – auxquels nous ajouterons le dessein antérieur à la naissance incarnée et dont la mémoire, même brouillée, voire ignorée ou insoupçonnée, qui régit le destin d'une existence, n'en œuvre pas moins, à travers les choix que l'on fait et que l'on croit avoir. La connaissance de soi consiste d'abord à en comprendre le sens et la sagesse.

Le sens : sa recherche naît d'un sentiment de vide, un état qui procède en réalité de la discontinuité et de l'impermanence (la non-chose-en-soi, le non-moi-en-soi). Cet état inspire à se donner des raisons de vivre et d'exister dans ce monde perçu comme une finitude, c'est-à-dire ayant sa fin en lui-même. Ainsi, l'éphémérité de la vie n'est pas vécue comme un passage, une étape dans ce qui n'est qu'une traversée, mais comme une parenthèse entre deux néants, une posture, au demeurant, qui ne satisfait pas l'être profond et dont aucune traduction sur aucun plan n'emplit le vide éprouvé. D'où la compulsion dans l'avoir pour combler ce vide... par encore plus de vide.

Tout est composé. Ce qui est composé se décompose. Rien n'est acquis, rien ne peut s'approprier : ni les choses, ni les idées, ni les personnes, ni les identités. Rien.

Le sens n'est pas un terme, le point destinal d'une direction, car rien ne le définit, rien ne le localise, quand même, paradoxalement, tout le balise. Toute représentation le réduit, toute formation le fige.

Le sens n'est pas une conquête mais une quête, qui consiste à éclaircir l'opacité de la conscience et à éclairer les fausses directions. Il ne se construit pas mais se découvre. Par le lâcher-prise (le non-agir du Tao). Le sens précède sa recherche. C'est lui qui nous cherche.

Ne pas se projeter au-delà du Réel. Être à l'instant. Non pas comme une pulsion dans l'immédiateté mais comme l'accueil de Ce qui Est. C'est par la Présence que se dégage le sens qui est un état de conscience, un ajustement constant à l'Ordre immanent.



                  1                            2                           3                         4                            5

                  6                           7                           8                                  Introduction

mardi 25 février 2020

Discontinuité et impermanence : introduction


Drapeau d'Onagawa (Japon)


Discontinuité et impermanence ou retour aux fondamentaux de la métaphysique, c'est-à-dire au cœur du questionnement ontologique.

La réalité tangible. Objective. Raisonnée et raisonnable. Ce décor physique, que la plupart tient pour le Réel. Comme le seul admissible. L'unique possible. Appréhendé dans la fugacité de l'instant dont l'apparente et lisse continuité linéarise le temps. De ce point de vue, Socrate appartient au passé. Mais pas davantage que soi-même car à peine franchit-on le seuil de l'instant que l'on s'y retrouve aussitôt. L'instant est irréductible. Alors, qu'est ce vraiment que la Présence ?

L'horizon, c'est une question de regard. Qui ne trace le plus souvent que des parallèles. Rarement une perpendiculaire. L'horizon n'a aucune réalité objective. C'est une ligne de fuite qui tourne sur elle-même.

Le sens par les seuls sens. Le non-sens.

L'impermanence est le contraire du déterminisme. Nulle apparence ne réduit la substance. Ni aucune formation sur aucun plan.

Si rien n'est chose-en-soi, personne n'est un moi-en-soi.

De même que l'on n'isolera jamais la particule fondamentale de la Matière, on ne saisira pas davantage le corps premier de l'être.

La question foncière n'est pas « Qui suis-je ? » mais bien « Qui est ? » L'on serait tenté d'assimiler et de confondre les deux formes du questionnement. Elles n'induisent pourtant pas la même portée : le « Qui suis-je ? » vise la définité (l'on est finalement quelque chose ou quelqu'un), tandis que le « Qui est ? », du fait de dépasser une approche exclusivement personnelle centrée sur l'idée qu'il y aurait une identité-en-soi, et donc d'impersonnaliser le questionnement, celui-ci se raccorde à l'indéfinité, autrement dit, au Par-delà.



 Lire aussi

lundi 24 février 2020

L’Existant


Blason de Thonville (Moselle, Lorraine)


                                 L’Existant :
                                 Des Trois de l’énigme,
                                 Au Ternaire,
                                 L’Existant de par sa nature à exister ;
                                 Puis L’Existant en la représentation de L’Existant ;
                                 Puis Fécondité de L’Existant en L’Existé.



Cette prodigieuse énigme est dans la nature contemplative des choses, car du néant il ne saurait être ce qui apparaît et dès lors que la chose est chose en soi, elle lève son regard en L’Essence des choses apparues, car sans Existant, il n’est aucune possibilité de nier cet Existant et lors toute négation entraîne une affirmation. Le Poète naît dans la fécondité de ce qui apparaît depuis cette possibilité d’apparaître. Ainsi, Il entre en L’Origine des Noms. La Lettre devient Image et L’Image devient Le Verbe. Il parle, non pas à partir du Rêve, mais bien à partir de La Réalité en substance, comme les mots font SON-ECHO en Son CORPS-ARCHE de L’Autre Monde, Devenir au sortir de La Caverne. Telle est La Verticale qui a su rompre avec l’opacité mentale des représentations.




                 Trace le monde                              Verticale                                    Leurre

jeudi 13 février 2020

Terres conquises


Blason du District de Nizhnevartovsky District (Sibérie, Russie)


La réalité opaque ne nous enferme pas.
Quand donc laisserons-nous s’infiltrer les eaux-vives ?
Tel le goutte à goutte, la lumière ne cède pas.
A notre insu, la voici même vindicative.

Si L’Amour est plus fort, la vie l’est plus encor ;
C’est elle qui nous enseigne, c’est elle qui nous attrape.
J’en sais quelque chose, en l’esprit et l’âme, en ce corps ;
De la vacuité, il naît une étrange grappe.

Tel est le pur Jus au Silence d’un fruit goûteux :
Car du Mystère, le secret est Soi sans conteste,
Beauté dont la savante sève, par elle, nous atteste

Des phases successives d’un Soleil compendieux,
Lors que La Lune, Sa Promise, révèle les prouesses
Paisibles, celles des terres conquises avec allégresse.

Océan sans rivage



Le Chant du Barde

mercredi 27 novembre 2019

Ego ergo sum


Blason de Lidköping (Suède)


Qualifier de phobie un positionnement
Contre une idéologie ou des pratiques
Ne peut procéder que d'un conditionnement
Par des valeurs dont la nature dogmatique

S'impose aux esprits par l'entremise des médias ;
Et s'il en est encore à qui la chose échappe,
C'est parce qu'ils vivent confinés dans l'immédiat,
Le cerveau scellé sous la plus épaisse des chapes

Que seul un levier intérieur peut soulever.
Si tu tombes, qui t'aidera à te relever,
Dans un monde où chacun est dans ses certitudes ?

Voici venu ces temps où le soi-mêmisme
N'a plus que du Réel qu'une lecture en -isme.
La raison est perdue, sous toutes les latitudes.

Le Spectre à trois faces

Chroniques d'une poussière d'Univers.