Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !
vendredi 24 septembre 2021
samedi 27 février 2021
Oeuvre
Chère
âme, sur la pointe des pieds, j’entre, invisible,
M’émeus de
votre vie, du suc de votre voix,
Ces jaillissements cristallins,
irrépressibles,
Les allées dressées par la lenteur de vos pas.
Chère
âme, un instant avec vous, mon cœur ivre,
Des épanchements que
le vôtre, pur, exprima,
Ravi de voyager en des lieux qui nous
délivrent,
Des pesanteurs d’un monde aux mille trépas,
Je
vais, chemin faisant, sur les caresses du temps,
Et ne méprise
jamais l’essence de votre élan,
Puisqu’en Lui, la poésie
vive ruisselle sans mesure,
Et
sculpte savamment un monde de fines ciselures,
Un monde dont le
cœur est une lumière infinie,
Juste suée d’une œuvre dont on
n’a rien compris.
mardi 23 février 2021
Rencontre et Unité : Noblesse et Art de L'Écu (5)
Le blog Noblesse et Art de L’écu est d’abord et avant tout le Lieu de l’investigation, le Lieu de L’Apprentissage. Il n’a pas la vocation de s’inscrire dans la contrainte, mais plutôt dans la découverte. Ce Blog est né d’une Rencontre. Celle-ci s’éloigne de tout ce qui est communément composition et posture. Cette Rencontre est d’abord La Rencontre des Âmes et de fait, de L’Esprit. Il existe des moments de maturation qui nous rendent au Silence. Celui-ci est Silence d’unification, de synthèse aussi, car sans Le Vivant-Agissant, il n’est de véritable Rencontre. Les âmes se fécondent dans l’alcôve de leur singularité. Chaque jour, nous sommes ce laboratoire et chaque jour nous invite à nous stabiliser en ces dialogues riches de notre entente. Nous vivons par les actes et nous vivons par les mots. Rien n’est séparé, rien n’est antinomique. Ceci est crucialité et chacun des apprentis de Noblesse et Art de l’écu sont des postulants-chevaliers dont la particularité est précisément l’intention de vivre Le Vivant jusqu’au bout des doigts. Nous sommes frères et nous vivons cette Réalité fraternelle qui nécessite Le Temps, Le Hors-Temps, tout comme l’Espace et le Hors-Espace, ce qui exclut la hâte. Le Silence s’impose de Lui-même et devient semblablement à la brise qui compénètre le cœur d’une douceur ineffable. Merci à tous ceux qui viennent d’ici et d’ailleurs. Merci pour ceux qui sont présents à La Présence de La Présence. Nous sommes là au-delà du Silence et comme dirait un ami disparu, paix à son âme, la Mer veilleuse. Si la brise s’épanche de légèreté, soudain l’arbre frissonne de sa grandeur et de sa majesté. Alors, nous restons hébétés, ivres de Beauté. Contemplation et effusion en ce Silence. Révérence.

dimanche 10 janvier 2021
Conte des sept Occidents
Il était une fois (suite)
Chaque saison délivre son propre charme, et l’on ne saurait véritablement exprimer quand et où cela a commencé, la pupille s’élargissant devant une vision perpétuelle. Jamais nous ne nous lassons, puisque le moment n’a jamais de fin, ni ne présente même la moindre rupture, mais cet instant n’a pas non plus de commencement. Il est spontané, purement et simplement. Ce qui s’écoule, à travers les séquences est une brièveté de manifestation, l’incursion dans un interstice d’une vocabilité, d’ailleurs, de primauté assez rare. L’on ne voit pas uniquement ce qui est visible, mais des mondes et des mondes cachés, qui se montrent et se parlent. Laissez palpiter en vous cet univers, vivez-le avec les poumons cellulaires de la conscience. Vous lui parlez et il vous parle. Durant des temps immémoriaux, le dialogue est une Rencontre perpétuelle. Il s’agit d’un entretien intime qui élabore le désir de La Rencontre.
Néanmoins, l’histoire indiscutable d’une série de concours, concordance élémentaire, durant une vision, font que tout semble s’évanouir sans autre forme de préambule. Dans la nuit, l’orage imperturbable défait chaque mur de sa matérialité. L’enfant n’est plus de son temps. Elle grandit dans une sorte d’expansion qui dilate l’espace et libère le corps de toute entrave. Ce pouvoir de l’esprit est une entièreté de l’instant. Le monde n’obéit plus à la physique que l’on connaît, ni à aucune espèce de lourdeur que l’on voudrait volontairement nous imposer. La Liberté est une Lumière, au Son de L’Origine, vibrante en parfaite concordance et soudain, il s’agit d’une échelle, celle que Le Souverain lance pour enseigner.
Certains croient au chaos et s’efforcent de restructurer leur apparent désordre. D’autres voient La pure Perfection, car au Regard de L’Absoluité, il est une Unité qui résorbe chaque chose en sa choséité. Le tissage est puissant et en perpétuel mouvement. Rien ne saurait le maîtriser, car Lui-Seul est Le Maître. La jeune fille, après avoir vécu des strates et des strates de mondes, de superpositions de consciences, après avoir rencontré la jeune fille même de ses rêves, celle-là même qui allait la conduire à elle, après avoir vécu ce que nous ne révèlerons jamais dans ce conte, découvrit dans ce laborieux labyrinthe cet homme, lui-même porté par son propre fils. Elle fut touchée par la grâce de ce dernier, par son dévouement. Elle le suivit en silence dans les méandres de ce couloir opaque et quand l’orage grondait encore, la jeune fille redevint l’enfant qui n’avait jamais quitté aucun lieu. L’image flottait encore et son cœur ému continua de voir et de voir ce Périple qui était celui du compagnonnage. Elle porta avec le fils, le Père. Elle comprit la réalité des légendes et décrypta les mots jusque dans leurs plus enfouies essences. Le fait de se laisser heurter avec cette propension à l’Accueil laisse émerger Le Verbe. Celui-ci est le plus grand des mystères rendu accessible par l’interpénétration de La Vision et du Cœur. Source jaillissante et exponentielle, d’infinités contemplatives dans le frottement du silex contre les parois de la nudité. Il était une fois, est bel et bien un point duquel jaillissent L’Abondance et La Joie. Le point, Perle suintante qui réunit les éléments épars et donne à chaque chose son unité. Au milieu est L’Être, Imperturbable. Il est Le Seul qui possède le pouvoir de nommer et de donner à La Vision éloquente, ainsi qu’à la Réalité de L’Acte d’Être. Celui qui n’a pas vu n’est pas semblable à celui qui a vu.
© Océan sans rivage
Conte des sept Occidents, Il était une fois
dimanche 3 janvier 2021
Conte des sept Occidents
La plupart des contes débutent par il était une fois. Une fois, un point de commencement, une attention soutenue. Tel est ce début qui vous invite à écouter, à bien entendre. Pour un enfant, cela représente l’instant crucial. Il n’en est pas un avant, ni un autre après. Il s’agit de cette fois-là. Pour un enfant, cette fois-là est la vie entière. Pour un enfant, il s’agit d’une naissance perpétuelle. Il était une fois, la fois de tous les moments réunis, la fois qui n’en fait qu’une. Pour un enfant, il s’agit de l’émerveillement total. Surtout ne venez pas rompre cet instant où le souffle est suspendu. Le long préambule qui se résume à il était une fois. Cette fois-ci qui rompt avec toutes les autres fois, puisque cette fois ouvre sur une histoire peu commune. Alors, respirez et entrez en cette fois où la vie vous a cueillis au seuil d’un monde qui allait devenir votre récit. Chaque fois que vous avez à l’esprit cette fois, vous ne pouvez plus vivre comme si cela n’avait aucune importance. Vous ne pouvez vous sentir indifférents à votre propre venue au monde. Il était une fois qui vous attend chaque seconde, dans la lenteur de votre perception et vous voyez en ce monde mille et une choses qui vous répètent : il était encore une fois, la seule et l’unique multitude de fois. Alors, vous êtes dans la Joie. Et vous écoutez l’histoire, et vous entrez en elle de tout votre cœur et de toute votre âme, car, il n’y a pas de demi-mesures à cette fois. Elle est votre présence.
Une petite fille apprit qu’un homme avait sombré dans les strates les plus infernales qui soient. Elle avait poursuivi une ombre puis une autre et avait levé la tête alors que l’orage grondait. La nuit était tombée et un feu au loin semblait éclairer cet endroit sauvage. Ne me demandez pas comment cette petite fille s’était soudainement retrouvée dans la forêt, au beau milieu de l’orage. Je ne le sais pas plus que vous. C’est comme si la petite fille avait soudain brisé quatre murs et avait atterri en pleine nature. Elle dut franchir un énorme fossé et c’est alors qu’elle rencontra une espèce de dragon peu commune, car tous les dragons s’étaient enfuis dans un autre monde. Celui-ci était si vieux qu’il daigna à peine jeter un regard sur la pauvre enfant. Cette dernière était effrayée, mais il lui fallait continuer car elle savait qu’elle devait rejoindre l’homme. Elle plongea dans les plus obscurs couloirs, jusqu’à ce qu’une épaisse fumée lui indiquât qu’elle était parvenue au centre de la terre. Elle apprit à vivre durant des années dans cette fournaise. Quelques êtres de lumière lui apportaient régulièrement du pain et de l’eau. Elle grandit et devint une jeune fille assez malingre. Ses cheveux cuivre ruisselaient derrière le dos. Elle fit la connaissance de certaines créatures qui lui promirent de venir à son secours, en cas de besoin. Elle n’avait plus revu la surface de la terre depuis bien longtemps et malgré son périple qui lui fit découvrir des lieux extraordinaires, elle se sentait malheureuse et désespérait de trouver le malheureux qu’elle voulait sauver de tout son cœur et de toute son âme. Avait-elle fini par se perdre dans le monde souterrain ?
À suivre…
vendredi 25 décembre 2020
Origine d'un chant de Noël
jeudi 24 décembre 2020
Imagerie de Noël : découpis anciens du 19ème siècle
Weihnachtsbitte
Dort winkt der strahlende Weihnachtsbaum !
Nun laßt mich singen den liebsten Sang,
Der einst geklungen – wie lang, wie lang !
Entflieht, ihr Sorgen, gesehwind, gesehwind !
Muss werden wieder ein selig Kind,
Muss beten wieder : O Christkind mein,
Sollst mir ein gütiger Engel sein !
Doch all'die Wünsche der gold'nen Zeit,
Sie liege ferne – so weit, so weit.
Um eins nur flehe ich himmelwärts :
« Gib mir ein mutiges Kinderherz,
Ein kinderfröhliches, from Gemüt,
Dem auch im Winter der Frühling blüht,
Das einst noch zaubert mir Jahr um Jahr
Des Glückes Rosen ins weisse Haar ! »
Nun laßt mich singen den liebsten Sang,
Der einst geklungen – wie lang, wie lang !
Nun laßt mich träumen den schönsten Traum
Vom glückenstrahlenden Weinachtsbaum !
(25 décembre 1896)
mardi 22 décembre 2020
Winter im Walde
O such'ihn auch, wenn ihn der Gram belastet,
Wenn als ein schneemusäumter Trauerkranz
Das Blätterheer zu seinen Füssen rastet !
Dann will der rauhe Sturm nach heisser Schlacht
Den Schwerbezwung'nen siegesfroh mubrausen ;
Schon liess sich stumm in kalter Winternacht
Der Wald vom bösen Frost das Kleid zerzausen.
Umsonst erlauscht den bangen Klagelaut
Dein fühlend Herz von den geknickten Zweigen ;
Vom Frost durchschauert und doch frühlingstraut
Will selig flüsternd Ast zu Ast sich neigen.
Was ist's, das frohgemut den Wald durchweht
So still – dass nichts dies letzte Glück ihm raube ?
O, wie ein stummer, hehres Trostgebet
Durchzieht den Wald der tapf're Recke GLAUBE !
Gemeinsam Leid ist ein teurer Band ;
Sieh, wie sich schützend Baum und Strauch umschlingen !
Der Starcke reicht dem Schwachen treu die Hand,
Vereint die grimmen Feinde zu bezwingen.
Nun tose, Sturm, nun würge, gier'ger Frost !
Ob auch vom Leuzesglück mir wenig bliebe,
Den Wald durchrauscht ein wundersüsser Trost,
Es ist die grosse, segensreiche LIEBE !
Wo glaub' und Liebe innig sich gepaart,
Das ist nicht Raum zu bangen Sorgenqualen ;
Drum will der Wald nach seiner guten Art
Den schlimmen Feind mit tapf'rer Münzen zahlen :
In Herkerhaft weckt er die Veilchen sacht,
Webt still den Blütenmantel, sich zu zieren,
Und schickt den Junker HOFFNUNG aus, mit Macht
Zum neuen Lenz sein Heer zu allarmieren.
(20 décembre 1896)
Nuit Bénite
La nuit de Noël a toujours été compénétrée d’une intensité peu égalée.
Nuit solaire, nuit de la nuit.
Quand j’étais enfant, j’éprouvais une grande émotion, parce qu’il me semblait que la nuit s’étendait lointainement, dans un autre monde, et je me voyais visiter cet endroit précieux dans une sorte de vêtement invisible. Personne ne me voyait traverser tout cet espace et rejoindre le palmier sous lequel s’était réfugiée la très pieuse et sainte Marie. Je la voyais enveloppée par les étoiles, par la lune et même par le soleil, celui-ci ceignant de radiance son corps de jeune femme. Dans la nuit étincelante de Lumière, dans la profondeur de l’enfantement, je m’accrochais aux mains tremblantes de la très pure Marie. Les larmes effusives de notre Amour tournoyaient dans le Ciel émerveillé.
Vous souvenez-vous de ces pieux Rois ? Ils avaient perçu, dans l’océan d’étoiles, une comète qui annonçait La Nouvelle. Ils firent Le long Périple de leur âme, se retrouvèrent au cours de la traversée dans le Désert et arrivèrent ensemble jusqu’au Roi sublime. Ils étaient dans la ferveur de La Reconnaissance. Le premier Mage offrit à L’Enfant-Esprit, l’or et fit une Révérence, inclination devant l’attribut Royal ; le second Mage offrit l’encens, symbolique des mondes éthériques et des mystères du Rite, puis salua en Lui, le Prêtre ; enfin le troisième lui offrit la myrrhe ou le Bouclier d’incorruptibilité et le salua comme Prophète ou Maître spirituel de la Guidance par excellence. Ces trois Mages sont eux-mêmes la Représentation des trois mondes : Cops-Arche-Esprit. Ne sont-ils pas ainsi, la manifestation universelle, en cette Triade, dont Le Principe triangulaire, donne à L’Unicité absolue ? Hauteur effusive du Signe fervent et de La Reliance actualisée du Corps de L’Homme. Tradition synthétisante de La Munificence de L’Homme, Ô Fils de L’Homme ! En L’action Mariale de Sainteté au sein de La Terre virginale de L’Epousée, Réalité-Une de La Religion Primordiale, précurseur de La Délivrance.
Note du relayeur : Pourquoi est-il question de la nuit de la nuit ? Parce qu’en vérité, la nuit n’est pas ténèbres, mais occultation du jour. Le jour est une Lumière qui donne la visibilité des choses sous leur forme extérieure, mais voilée de lumière. Cela signifie que la projection est mentale, de type solaire et que nous ne pouvons voir les ombres de la représentation mentale qu’au sein de la manifestation Lunaire, autrement dit cryptique et réceptive. Il faut voir la nuit pour percevoir le jour, tout comme il faut voir la nuit dans la nuit, pour voir La Lumière au sein même de La Lumière.
Le pain d'épices, une friandise de Noël
lundi 21 décembre 2020
Histoire de la Fête de Noël
Imagerie de Noël : Noël à la Belle Époque
Contes des sept occidents
Cet enfer n’est pas l’enfer.
Lors que je sus que ce monde, aux terribles relents de soufre, était un monde infernal, que le chaos régnant se voulait nous happer, dans une violence moribonde, dans la démence la plus débridée, dans des confusions monumentales, tandis que tout cela me semblait clair, je découvris un Jardin fabuleux, vierge de sa virginité. Il jaillit comme une Évidence et je sus qu’Il n’avait jamais quitté le lieu de Son Émerveillement. Il avait conquis toutes les parts d’ombres et repoussé au loin, comme résorbant en lui, les dimensions absurdes, les précarités dissolutives, les acharnements abusifs. Il avait jailli de sa Force absolutoire, sans que nous sûmes qu’Il se pouvait se rencontrer en ce monde. Pourtant, les oiseaux nous laissaient entrapercevoir cette sublime Réalité. Ils nous parlaient tous, selon leur langage propre et défiaient les sordidités séculières. Ils rompaient, en une légèreté fabuleuse, avec la pesante puanteur. Les putrides pensées s’évanouissaient dans le constant rappel de leur envol : Ciel et Terre, Temporalité et Atemporalité. Ils brisaient d’un seul coup d’aile, toutes les doctrines humaines, toute leurs fixations inhumaines. Ces tentations de perditions n’étaient plus crédibles, réduites par le seul fait que l’oiseau volait, que le feu fût feu, que l’eau fût l’eau. Tout cela abolissait les complexes complexités de celui qui n’était plus l’homme, mais une ombre famélique, un artificiel être. Tous ses prodiges scientifiques relevaient de la supercherie la plus éhontée. Cet homme n’inventait absolument rien. Il usurpait et dissolvait ses connaissances avec la plus incroyable des fourberies infra-humaines. Il fallait oser le dire une fois pour toute. Il fallait le rappeler.
Mais cela n’a plus aucune espèce d’importance une fois que Le Jardin s’élève de cet immondice. Il n’y a plus aucun immondice. L’enfer est alchimiquement et totalement transformé.
Une nuit d’hiver, une nuit de pleine lune, une nuit glacée, nous récitâmes, durant un long moment, des mantras. Nous étions cinq femmes et une petite fille. Nous avions quelque peu dédié ces prières à un homme d’un autre temps. Un homme dont l’histoire est simplement si surprenante que l’on aurait peine à nous croire si nous la racontions. Mais la vie est faite de grandes surprises, et nous ne pouvons pas cacher cette splendide Réalité. Alors que nous finissions, je proposai que nous sortions dans la nuit, chercher notre Destin. Il faisait très froid dans la montagne, et minuit était passé. Chacune répondit avec un vibrant acquiescement. Loin de moi de chercher un quelconque phénomène. Mais toute empreinte de la Réalité du Saint homme, j’éprouvai l’étrange désir de le rencontrer. La petite fille fut enveloppée dans une grosse couverture en laine, tandis que les femmes enfilèrent moult chandails et moult écharpes bien chaudes. Nous partîmes à l’aventure.
C’est alors que je me surpris à voir le paysage changer. Nous nous retrouvâmes soudainement dans quelque province typiquement marocaine. La route devint semblable aux fameuses routes que je connaissais pour les avoir plusieurs fois empruntées lors de certains de mes périples. Avions-nous soudainement été transplantées ? La voiture roulait et à un tournant, j’aperçus un homme habillé d’un burnous blanc. Mais de peur de paraître quelque peu folle, je n’en dis mot. Puis, un monument se dressa au loin, un monument qui ressemblait singulièrement à un tombeau. Celui-ci se trouvait sous un arbre. Je m’écriai alors et sommai la conductrice de s’arrêter immédiatement. Nous sommes arrivées, lançais-je à mes compagnes. Nous descendîmes de la voiture avec une émotion peu commune. La pleine lune surplombait nos têtes avec force majesté et force lumière radiante. Les étoiles semblaient disparaître sous la lueur magnétique de l’astre. Nous nous approchâmes du tombeau avec beaucoup de solennité et nous fîmes une prière. A un moment, je tournai la tête et vis, au loin, ce même homme au burnous qui venait vers nous depuis le sentier boisé. Il avançait lentement. Je tournais la tête tout en ne disant rien à aucune de mes compagnes. De fait, je ne voulais nullement ni les affoler, ni les entraîner dans ma vision surprenante. Tout en gardant mon sang-froid, je vis que l’une d’entre nous commença à plisser son regard tandis qu’une autre lança : on dirait qu’un homme s’approche de nous. Je savais qu’il s’agissait de ce Saint qui s’était matérialisé et venait à notre rencontre. Mais il me sembla qu’aucune de ces femmes , ni moi-même du reste, étions prêtes à vivre ce phénomène. Alors, calmement, je dis : rentrons. Et nous rentrâmes, non sans éprouver l’étonnement le plus extraordinaire, mais non aussi sans remercier le ciel pour avoir vécu cette sorte de miracle effusif. L’Orient rejoignait L’Occident dans une compénétration d’Amour.
Conte des sept Occidents, Une certaine nuit
dimanche 20 décembre 2020
Conte des sept Orients
Les loups blancs
Dans la désespérance naquit la foi. Celle-ci nous enseigna les flots bouillonnants, les invitations dans l’écume vaporeuse des navires sortis du naufrage. Les tempêtes furent les réalités de la dignité évoquée que certains ouvrages nous content encore avec fidélité, et, parce que nous sommes assis en chaque arbre, nous déployons tous les rivages. Nous parlons à l’ensemble des petits êtres, et nous parlons à ceux qui deviennent sagaces. Bien des hommes ont visité certains lieux mais ils en ont fait des châteaux de sable. Si ton pas ne sait pas où il se pose, commence par l’herbe qui se trouve sous ton pied, nous dit un dicton. La foi est magnanime et s’en va visiter tous ces espaces. Depuis les soupiraux, nous avons vu que la poussière s’amoncelle. Une sombre poussière.
La Rose des sables nous fut donné, il y a fort longtemps, alors que les dunes devenaient roses. Chaque cristal, accroché de soleil déclinant, était un pastel lumineux. J’ai vu cet homme enveloppé du manteau du désert, le turban, telle une couronne posée sur la tête, et tandis que ses mains tenaient le présent, venir vers nous. Comment puis-je l’oublier ? Ils avançaient avec ces roses, ces hommes chevaliers sortis de derrière les dunes. Le soleil s’était enseveli sous le sable et le ciel devenu un toit. Il n’y avait ni dedans ni extérieur. Je tendis la main et tout me sembla Être. Le mot Être voletait. Le mot Être chantait. Le mot Être était tout Cela en entier. Je brassais l’air, mais je ne voyais pas de différence, ni de séparation. Tout était semblable à Lui. Je me mis à courir pieds nus sur le sable attiédi. Il me fallait sentir la Rosée de Sable sous mes pieds. Pourtant, les hommes du désert me prévinrent des scorpions, mais je ne fus pas effrayée. Aucun animal, fût-il dangereux, ne pouvait m’empêcher de savourer ce moment fusionnel avec le désert.
La nuit arriva et des loups blancs s’approchèrent de notre campement. Je les regardais longtemps. Au début, je crus qu’ils allaient nous attaquer. Mais il n’en fut rien. Ils se mirent en cercle. J’aperçus leur chef qui se tenait un peu en retrait. Alors, dans la nuit, je ne pus me détacher de son regard. Il était d’une beauté époustouflante et se confondait avec le sable devenu soudainement blanc à la lueur des rayons de la lune. Combien de temps nous fûmes à nous fixer ainsi du regard ? Sa présence entière emplissait l’espace. J’étais émue et touchée par sa noblesse. Au petit matin, alors que le sommeil me gagnait, je vis les loups se lever et s’en aller dans le silence du sable. Nous étions-nous tenus compagnie ? S’étaient-ils mis non loin de nous pour nous protéger ? J’aime à le croire. L’esprit de ce loup avait la présence d’un être surnaturel…Je le vois encore et ne l’oublie pas.
vendredi 18 décembre 2020
Contes des sept occidents
Le manoir
Pouvez-vous imaginer la vie comme une imagination ? Pouvez-vous voir la féerie comme la vie ? La vie est encore plus que Cela. Si l’on voit le monde avec les yeux d’un calculateur, alors voici que des calculs en tout genre se mettent en rang et viennent nous dispenser des leçons et des comptes et des comptes à n’en plus finir.
J’ai rencontré un homme qui vivait seul dans un manoir. Il passait tout son temps à compter les pièces de sa grande demeure. Il recommençait son manège, chaque matin. Il ouvrait toutes les pièces et entrait dans chacune d’entre elles avec un compteur. Et une, et deux, et trois… Il ne prenait jamais le temps de regarder les chambres. Il ne voyait absolument rien. Il était complétement obsédé par le fait de toutes les répertorier. La première fois que j’entrai dans son manoir, il ne prêta nullement attention à ma personne. J’aurais pu être un voleur, un criminel, il ne me voyait pas. Je le suivais alors à pas de loup. Moi-même, j’étais entraînée dans sa folie, fascinée par son étrange obsession. J’apercevais ici ou là des tentures de velours vert, des lits à baldaquins, des tapisseries médiévales. Je réussis à localiser la bibliothèque où une multitude de livres, depuis le plafond jusqu’au sol, s’empilaient. Néanmoins, je le suivais inéluctablement à son rythme. A la nuit tombée, il prenait un morceau de pain et un bol de soupe, qu’il préparait dans la nuit. Je dormais tout près de son lit. A l’aube, le manège reprenait. J’appris à regarder cet homme et à l’apprendre. Au début, je cherchais toujours à lui parler, mais jamais il ne daigna me répondre. Je sais qu’il avait décelé ma présence, car nous nous étions heurtés plus d’une fois, lors qu’il ressortait prestement d’une pièce. Je me mis à compter avec lui. Je me surpris à aimer cet homme. Alors, je le suivais partout. Il fallait nous voir courir dans tout le manoir, monter les escaliers avec un empressement défiant tout le bon sens, et entrer et sortir, à chaque fois. Je l’entendais compter et je répétais avec lui. Bientôt, je ne vis plus le manoir. Il s’était évanoui comme par enchantement. Je voyais cet homme. Je ne voyais plus que lui. Je me mis à compter son compte. J’entrai dans la féerie des chiffres. Chaque chiffre devenait un souffle et chaque souffle devenait une harmonie. Je mis à chanter les chiffres. Je me mis à danser les chiffres. Il y avait une magie que je ne m’expliquais pas. Cette fois-ci, l’homme s’arrêta et me fixa de ses petits yeux, tandis que je continuais le comptage. J’entrai ivre dans chacune des pièces et je les saluais parce qu’elles m’apparaissaient toutes si belles. L’homme finit par me suivre sans compter et je dansais dans tout le manoir et je riais. Cela dura plusieurs jours et c’est lui qui me prit par le bras pour m’arrêter. Alors, nous nous regardâmes enfin.
Conte des sept Occidents, le manoir
mercredi 16 décembre 2020
Contes des sept occidents
Les papillons
Quelque Chose au fond de mon ventre met au monde les joies du moment. Ce sont des papillons que je ne sais pas rattraper. Mais on me donne à les nommer. Je prends le temps. Je ne nomme pas à la légère. Il me faudrait un millier d’étoiles, des constellations, des lacs et des rivières ; il me faudrait des clairières ainsi que quelques pommes de pins. Il me faudrait des lunes et des soleils, ainsi que des océans et tout ce qu’ils contiennent. Il me faudrait des suspensions de voiles et de drapures.
Tantôt, j’ai vu passer un ours brun, mais il ne s’agissait pas de l’ours que j’avais connu autrefois. Celui-ci était autrement plus apathique, plus endormi aussi, presque inerte en dépit de sa marche. Il avait l’air d’avoir fait un mauvais rêve. Je n’ai pas osé lui parler. Il traversait une forêt sombre. Je l’ai laissé partir. Comment voulez-vous retenir un ours ? Ceci fut un bref éclair. Pensez-vous qu’il ait vraiment disparu ? Non. Je l’ai retenu du plus profond de mes pupilles. Ensuite, j’ai entendu une musique, exhalée depuis le volètement joyeux des papillons. Alors, il se passa une drôle de chose : chacun de ces lépidoptères me parla et me donna son nom. Ce fut, à chaque fois, des mondes nouveaux qui jaillissaient et je restais sans voix. Il en est un qui attira un peu plus mon attention. Il palpita au creux de mon ventre avec une force inouïe et je fus sous l’effet du plus grand des sortilèges, car depuis ce papillon, je vis apparaître un fabuleux monde. Il y avait des arbres gigantesques et des fleurs de toutes les sortes de tailles et de couleurs inimaginables. Des vallées s’étendaient sous le soleil et resplendissaient d’un vert éclatant. Je planais au-dessus d’une mer étincelante et j’apercevais même le tracé cotonneux de l’écume. C’était à perte de vue une verdure qui semblait se répandre simultanément en mon propre corps. Depuis ce papillon, il naquit un jardin, une mémoire, et j’en ressentis une secousse monumentale. Je vis un homme qui marchait lentement. Je sus qu’il s’agissait de mon frère, mon frère d’âme. Je le suivis doucement, pour ne pas le déranger. Il me fallait m’acclimater à toute cette nouveauté. Effectivement, je ne respirais plus de la même façon, je ne voyais plus de la même manière, et une euphorie naturelle me submergeait. Je ne marchais plus, mais j’effleurais le sol. Cet homme me vit et me salua avec tant de chaleur. Nous nous connaissions et soudain, la mémoire nous aspergea d’autres images d’une vivacité incroyable. Nous n’avions guère besoin de parler. C’était si doux que j’en oubliais l’autre monde. Je ne voulais pas revenir et ne revins finalement que pour une simple raison : il me fallait créer un pont entre les deux mondes, entre l’Orient et L’Occident. Il me fallait créer une brèche. Seulement, cette brèche fut possible, uniquement par l’effet de la grande et majestueuse grâce d’un papillon bleu qui vint se poser sur l’épaule de l’homme. Il vint par trois fois.
Conte des sept Occidents, les papillons
Digression (29)
Je t’ai peint de couleurs et de miroirs ainsi que de chants cristallins, parce que petit homme, je te voyais de loin. J’avais pris la forme parfois mutine d’une ondine et je parcourais des distances incommensurables tout en flottant sur les eaux de certains marécages et tu ne me voyais pas, ou si peu. Je prenais l’apparence d’un feu de joie dans les reflets des roses lunaires, et je riais de retrouver ici ou là les perles et le corail. Je pouvais te regarder derrière le saule pleureur, et puis aussi m’évanouir dans les écumes du soir, quand ton front perlait de certaines translucides mémoires. Je te voyais recueillir une goutte, puis une autre. De façon à ce que tu puisses me reconnaitre, j’y versais l’évanescence d’un effluve de rose. Il ne s’agissait pas de n’importe quelle rose. Ce rose est celui d’une petite fille qui l’a couché sur un mouchoir à l’aide d’un fin pinceau, afin de broder un pétale délicat. Elle s’en souvient encore, tel le geste qui ose à peine effleurer le tissu blanc. Petit homme, la déesse prit l’apparence de petits rochers ondoyants, non loin d’un océan dont le nom est serti des bleuets de mers antiques. Te confierai-je ce secret ? La déesse devint une étoile dans la main d’une enfant. La beauté vénusienne de cette très ancienne princesse remonte à celle de Néfertiti. Sa grâce avait conquis alors le monde entier. Elle avait prononcé l’exacte exactitude des mots au sourire d’une Aube nouvelle, et dans les mains de l’Amante, il se vint naître plusieurs sortes de coquillages. Je t’ai peint d’Amour quand l’ombrelle se transforma en une soie de couleur rubis. Je sais que tu noues tes mots pour ne pas les perdre et, je sais que tu en fais un collier précieux de vagues qui se déploient. C’est à la chaleur de ton cœur que je t’embrasse, Ô Rapsode sauvage !
mardi 15 décembre 2020
La ville est grise
La ville est grise du sinistre de vos figures
Que le port du masque a office de museler.
De l'Antéchrist vous préparez l'investiture
Par vos soumissions sans cesse renouvelées.
Et je ne vous parle pas même de la bêtise
Que révèle votre innommable bouffonnerie,
Lors que plus aucune intelligence n'est requise.
Suis-je à jeter des perles dans la porcherie ?
Non, car ce serait me prétendre joaillière,
Du genre à jeter l'argent par les fenêtres.
Que dire à ceux qui n'ont plus même le paraître
Et qui se confèrent des vues larges de leurs œillères ?
Empêche quelqu'un de boire son vin jusqu'à la lie !
Essaie de convaincre un fou de sa folie !
Le Spectre à trois faces
lundi 14 décembre 2020
Le lièvre ou la tortue ?
Un morceau de branche,
Un épouvantail qui danse,
Deux leçons pour un corbeau,
Une cisaille et un marteau,
De la paille et une fourche,
L’étable accueille deux passants.
L’un s’en va, l’autre pense,
Le monde ne tient pas dans ma poche,
Je viens de découvrir un œuf,
Mais l’étable avale une couleuvre,
Je fais un pas, puis je disparais,
Certains n’ont rien vu et se gaussent,
D’autres applaudissent et d’autres pleurent.
La fierté n’est pas de l’orgueil,
J’ai vu des scorpions être justes,
Et des dindons marcher dignement.
Il faut vivre dans une ferme,
Pour connaitre l’heure les poules.
Le Coq chante et le jour nous prend à la gorge.
Je veux bien courir sans m’arrêter,
Mais ne me demande pas de vivre dans le mensonge ;
La vivacité d’un lièvre…
Bien-sûr, c’est la fable de tous :
La tortue a vite de dépasser
La bêtise du monde entier,
Tandis que le poisson suit son cours.
Deux petites écorces,
Le chêne et le laurier,
Se reposent en silence,
Derrière les fantomatiques obséquentes paroles
Je tiens une fervente et sagace sarabande
Une vaine danse sans importance,
Légère et amusée,
Parce que le temps s’y est trouvé.
Le lièvre n’a rien oublié,
Mais la tortue a gagné.
Imagerie de Noël : Noëls de jadis et de partout
dimanche 13 décembre 2020
Imagerie de Noël : le parcours du sapin de Noël
L'imagerie de Noël à travers les papiers cadeaux
jeudi 10 décembre 2020
L'artiste suédoise Jenny Nyström (1854-1946)
Les joies de l'hiver
Jardin du Luxembourg
mercredi 9 décembre 2020
L'illustrateur Ferdinand Raffin
Ferdinand Raffin (1870-1948) est un illustrateur français connu surtout pour ses collaborations à la revue Le chat noir (revue créée en 1882 pour assurer la promotion du cabaret de Montmartre du même nom) mais aussi à La semaine de Suzette (hebdomadaire pour fillettes paru de 1905 à 1960 et dans lequel est apparue la célèbre Bécassine) qu'il rejoint en 1909. En parallèle, il illustre de nombreux ouvrages dont Souvenirs de ma Jeunesse de Mme J. Thénard de la Comédie Française (1900) Les aventures de Rémy de Vesco Edmée (1902) - Contes d'Extrême Orient par Villetard de Laguerie (1914) - Le tour du monde en automobile (1925) et Voyage de cinq Américains dans les planètes (1926) de Henry de Graffigny - La Pupille du docteur Ledoux d'Edmond Jouannon (1939) - Arthur de Bretagne de Claude Bernard (1943) - La Vie du capitaine Guynemer de Gilbert Poincelet (1943), etc. ainsi que des manuels et des gravures scolaires dont la série suivante sur les thèmes de la vie quotidienne.
mardi 8 décembre 2020
Confusion, désordre, Restauration et Unité
Tant que nous ne considérons pas qu’il est un Par-Delà, tant que nous ne verrons pas que ce monde est La Manifestation d’une Volonté énonciatrice d’un Créateur, et tant que nous ne reconnaîtrons pas L’Alpha et L’Oméga suprêmes, nous verrons l’ignominie gagner du terrain à la vitesse que nous avons présentement même peine à considérer. Certains pensent que ceci est le fruit d’un combat duel, et c’est vrai dans une certaine mesure, car La Roue est en son processus de Restauration ; certains autres pensent qu’il faut combattre, et je le dis sans aucune espèce de retenue : bien au contraire, restez chez vous et travaillez sur vous-mêmes, d’une façon ou d’une autre et éloignez-vous de cette confusion. Il s’agit bien de prendre le temps, enfin, de l’arrêt salvateur. Si vous vous sentez menacés, c’est que véritablement vous l’avez toujours été. Il n’est de menace et de danger qu’en nous. Si vous pensez que vos libertés s’amenuisent et que vous êtes en train de perdre celles-ci, alors, je vous le dis en vérité, vous n’avez jamais été libres. Il est temps de dire adieu à tout cela, à tout ce qui vous a semblé important, et de revenir à l’essentiel.

































